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Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Margaret Laurence

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Message par bix_229 le Ven 30 Déc - 18:24

Margaret Laurence
(1926-1987)


Margaret  Laurence Lauren10

Margaret Laurence - 1926-1987- est née à Neepawa, Manitoba (Canada).
Après avoir voyagé et vécu plusieurs années en Afrique, elle est retournée au Canada où elle a écrit son oeuvre, notamment le cycle de Manawka : 5 volumes.
Femme courageuse et à la forte personnalité, elle a été controversée à cause de son combat pour les droits de l'homme et notamment ceux des métis du Manitoba.
Peu connue en France, où seuls deux romans ont été traduits, elle fut admirée par Robertson Davies, Margaret Atwood et Alice Munro.

Bibliographie en français :

1964 : L'ange de pierre
1966 : Une divine plaisanterie
1969 : Les habitants du feu
1970 : Un oiseau dans la maison
1974 : Les devins
1976 : Heart of a Stranger


Dernière édition par bix_229 le Ven 30 Déc - 18:30, édité 1 fois
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Message par bix_229 le Ven 30 Déc - 18:28

Margaret  Laurence Divine10

UNE DIVINE  PLAISANTERIE

Rachel Cameron a 34 ans. Elle enseigne dans un CM 1 d'une petite ville du Manitoba.
Plutôt solitaire, elle n'est pas très bien dans sa peau. À 34 ans elle a des envies ou plutôt des velléités qu'elle met en veilleuse.
Elle est intelligente pourtant, sensible, lucide, mais rien d'important ne s'est produit dans sa vie. On n'a pas l'impression qu'elle existe, mais passivement, en spectatrice de sa vie.
Elle se rend parfaitement compte qu'elle se fait manipuler par ceux qui sont conscients du pouvoir qu'ils exercent sur elle. Elle l'accepte par manque de confiance et par absence d'intérêt pour elle-même mais elle se tue littéralement à force de questions.

«Honnêtement, je ne sais pas pourquoi je me sens taraudée par des ennuis imaginaires. Dieu m'est témoin que j'en ai assez dans la réalité.

Je ne dois pas me laisser aller à ce genre de pensées. J'ignore pourquoi je le fais. Si ce n'est pour visualiser quelque chose de nettement pire que tout ce qui pourrait arriver ; du coup, quoi qu'il arrive, ce ne sera jamais aussi redoutable en comparaison.»
P. 81-82

À travers le perpétuel monologue intérieur qu'elle nous livre, il lui arrive de manifester son désaccord avec les autres, mais cela dépasse rarement les intentions. Et si par hasard elle le fait, elle culpabilise aussitôt, elle regrette. «Désolée» est l'une de ses expressions favorites et ça s'arrête là.
Elle est consciente que les êtres humains -pas seulement les hommes et les femmes- ne se comprennent pas vraiment, et d'ailleurs, la plupart du temps, ils se bornent à monologuer et à entendre...
Elle est morbide aussi et craint constamment que son corps ne la trahisse.
Elle vit avec sa mère, asphyxiante représentante des conventions sociales et du formalisme. Hypocrite, égoïste, fouineuse, elle pratique le chantage affectif avec la meilleure conscience.

Lorsque Rachel rencontre enfin l'homme de sa vie, en fait le seul qu'elle ait jamais connu, elle va vers lui avec confiance, amour et la plus grande naïveté du monde en entretenant le désir profond aussi d'avoir un enfant de lui. Mais lorsqu'elle le lui avoue, il la rejette immédiatement, la plongeant dans la douleur et le chaos.
Mais cet échec devient aussi une issue. Elle a enfin une réaction de libération et de volonté.
Elle sort de cette crise profondément blessée, frustrée, désabusée, mais fermement décidée à aller de l'avant, parce que c'est sa volonté et qu'elle le décide elle-même. Elle quitte la ville.

«Là où je vais tout peut arriver. Ou alors rien du tout.

Peut-être vais-je épouser un veuf d'âge mûr ou bien un débardeur, ou encore un charron, ou un homme de loi, ou un voleur. Et j'aurai mes enfants en temps voulu. Ou peut-être pas. Il y a très peu de chances que ça ait lieu. Aucune même. Il arrivera ce qu'il arrivera. Il se peut que mes enfants demeurent putatifs et que je ne les tienne jamais dans mes bras. Mais il en est de même pour tout un chacun.

Je serai différente. Je resterai la même. Je continuerai d'avancer… J'aurai peur. Parfois, j'aurai le coeur léger, parfois la tête légère. Il se pourra que je chante fort, même dans le noir.

Je me demanderai si je deviens folle, mais si ça m'arrive, je ne m'en rendrai pas compte...»


Une divine comédie est un livre profondémént humain et profondémént féminin aussi. L'univers mental d'une femme vu de l'intérieur d'une femme libre mais trop longtemps empêchée. C'est écrit avec beaucoup de maîtrise et de style.

Message récupéré


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Message par kashmir le Lun 25 Déc - 14:36

Je suis venue voir s'il y avait un fil d'un de mes auteurs préférés ... et oui, cheers , je tente la lecture du volet "Les habitants du feu " ayant lu les deux premiers même si la chronologie n'est pas si impérative !

Je dis "je tente" car je vis actuellement une panne de lecture comme jamais et je compte sur un  écrivain que j'apprécie tout particulièrement pour me sortir de cette triste période !!

Je promets un commentaire si j'arrive au bout du livre... Wink
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Message par Bédoulène le Mar 26 Déc - 0:46

kashmir j'espère que cette auteure comblera ta panne ! Smile

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Message par Bédoulène le Mar 26 Déc - 0:49

Margaret  Laurence Divine10


Divine plaisanterie

je ne voudrais pas trahir mon plaisir et je ne pose ici que quelques réflexions.

Je trouve que Rachel se censure parce qu'elle est contrainte :  d'une part par la société à laquelle elle appartient et qui met en exergue" l'apparence" ; être correct c'est le mot qu'elle emploie souvent  et d'autre part par le  chantage affectif de sa mère, laquelle d'ailleurs continue à vivre dans son temps.

Comme, malgré tout elle se sent différente de cette société elle se corrige en disant "ce n'est pas moi ça, ce sont les mots de ma mère". Et les mots de sa mère ne témoignent pour moi que d'un égoïsme et d' une injustice envers Rachel, qui tout de même a sacrifié ses études et sa vie.

Sa rencontre amoureuse avec un homme appartenant à l' autre  communauté de la ville (à la réprobation de la mère), va lui permettre de se libérer quelque peu  de ses rapports avec  elle mais c' est  l' opération qu'elle subit la décidera à s'émanciper totalement, à s'avouer qu'elle a le temps pour une autre vie, une vie qu'elle se choisit.

Vu le dilemme alors que Rachel se croit enceinte -la divine plaisanterie- qui résulte du  poids de la société exprimé d'ailleurs par le Dr Raven,  il semble que l'avortement ne fasse pas encore partie des libertés accordées aux femmes, notamment  sur leur corps et  revendiquées  dans  les années soixante.

Les dialogues intérieurs de Rachel sont révélateurs à la fois de la pression qu'elle subie mais aussi de ses désirs (voir par exemple son regard sur les mains du directeur, son attention pour James son élève, voire sa réaction hystérique dans la crypte, les dialogues imaginés avec Nick)

Hector, le propriétaire du service funéraire, parle justement à Rachel, sur son père et sur elle-même, ces deux visites ne sont pas anecdotiques.

Certain livre nous sont plus disponible, c'est le cas pour moi avec celui-ci.

J'ajoute que la postface de Margaret Atwood était intéressante.





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mots-clés : #amour #conditionfeminine #relationenfantparent

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