Anne Marie Schwarzenbach

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Anne Marie Schwarzenbach

Message par bix_229 le Sam 31 Déc - 16:35

Anne Marie Schwarzenbach (1908-1942)



Annemarie Schwarzenbach (* 23 mai 1908 à Zurich; † 15 novembre 1942 à Sils en Engadine) était une écrivaine, journaliste et aventurière suisse.

Petite-fille du général Ulrich Wille, Annemarie Schwarzenbach  a grandi dans un milieu zurichois aisé. À partir de 1927, elle étudie l’histoire et la littérature à Zurich et à Paris. C'est à cette époque qu'elle a écrit ses premiers textes pour la presse ainsi que des textes littéraires. En 1930,elle intégre le cercle d’amis des enfants terribles Klaus Mann et Erika Mann. Sous l’influence de ce cercle elle devient rapidement antifasciste.

En 1931 elle obtient un doctorat. Elle a 23 ans et publie son premier roman Freunde um Bernhard.

Sa production littéraire est cependant entravée par sa dépendance à la morphine qui l’oblige à de fréquents séjours en clinique. En 1933 Annemarie Schwarzenbach fait un premier voyage en tant que journaliste qui la mène en Espagne, avec la photographe Marianne Breslauer. La même année elle se rend en Perse où, bien qu' homosexuelle, elle épouse en 1935 un diplomate français, Claude Clarac, afin de ne plus être dépendante de ses parents.

Cependant, elle retourne en Suisse et repart pour la Russie et les États-Unis. En 1939 elle fait des séjours dans des cliniques pour une cure de désintoxication. Pendant ces séjours elle écrit La vallée heureuse (Das glückliche Tal).

En 1939/1940, alors que l'Europe s'enfonce de nouveau dans la guerre, profitant de la neutralité suisse, elle voyage avec Ella Maillart en Afghanistan. Ensuite elle retourne de nouveau aux États-Unis où sa dépendance à la morphine, ses tendances dépressives et ses tentatives de suicide l’obligent à suivre plusieurs traitements psychiatriques. Elle se lie d’amitié avec Carson McCullers. Après un voyage dans le Congo belge, elle retourne en Suisse en 1942.

Le 7 septembre 1942 une chute de bicyclette en Engadine la blesse grièvement à la tête. Le 15 novembre elle meurt des suites de cet accident à l'âge de 34 ans.
Source : Wikipédia

Oeuvres traduites en français

La Vallée heureuse
Nouvelle lyrique
La Mort en Perse
Loin de New York, Reportages et photographies (1936-1938)
Où est la terre des promesses ?
Le Refuge des cimes
Rives du Congo / Tétouan
Hiver au Proche-Orient. Journal d'un voyage
Les Quarante colonnes du souvenir
Lettres à Claude Bourdet (1931-1938)
Annemarie Schwarzenbach, Ella Maillart, Nicolas Bouvier, Bleu immortel, Voyages en Afghanistan
La Quête du réel
Les Amis de Bernhard
De monde en monde, Reportages 1934-1942
La Cage aux faucons et autres récits
Le Fleuve[/b]


Dernière édition par bix_229 le Sam 31 Déc - 16:56, édité 1 fois
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Re: Anne Marie Schwarzenbach

Message par bix_229 le Sam 31 Déc - 16:45

"La Quête du réel", d'Annemarie Schwarzenbach : l'appel de l'ailleurs



Journaliste, écrivain, photographe, elle a vécu à toute allure et fait de sa brève existence une oeuvre.


Ceux qui ont eu la chance de lire Annemarie Schwarzenbach (1908-1942) grâce à Dominique Laure Miermont - qui s'est attachée à faire découvrir son oeuvre en français et lui a consacré une passionnante biographie (Payot, 2004) - seront enchantés de la retrouver dans ces textes de la collection "Voyager avec...". Pour les autres, ce livre est une excellente manière de découvrir celle que Thomas Mann décrivait comme "un ange dévasté" et dont Roger Martin du Gard admirait "le beau
visage d' ange inconsolé."

Cette fille d'une riche famille suisse de langue allemande a traversé la première moitié du XXe siècle comme un météore. Voyageuse, journaliste, écrivain, photographe, cette amoureuse des voitures rapides a parcouru le monde, a vécu à toute allure, faisant de sa courte existence sa plus belle oeuvre. Elle est morte à 34 ans, des suites d'une chute de bicyclette, en Suisse.

Dans ce livre magnifiquement présenté et édité, La Quête du réel, qui propose notamment des reportages inédits en français et des extraits de correspondance, on accompagne avec bonheur cette jeune fille à l'étrange beauté androgyne, qui séduisait femmes et hommes, et épousa, à Téhéran, en 1935, un diplomate plutôt attiré par les hommes, Claude Clarac.

Bien qu'elle ait voyagé en 1939 et 1940 en Afghanistan avec Ella Maillart, rencontrée en 1938 - on lira ce qu'Ella Maillart a conservé du Journal en Afghanistan d'Annemarie Schwarzenbach -, il est difficile de qualifier celle-ci d'"écrivain voyageur", tant sa conception du voyage est singulière. Dès l'introduction de La Quête du réel, le lecteur est prévenu : "Voyager avec Annemarie Schwarzenbach, cela s'annonce comme une expérience particulière." Non seulement aux antipodes du tourisme, qu'elle détestait, tout comme ces hôtels de luxe identiques dans le monde entier, mais dans un étrange mélange de désir de fuite - qu'elle trouvera aussi dans l'usage des drogues - et de recherche de rédemption : "Le moyen d'échapper à un terrible sentiment de culpabilité", dans une Europe qui se défait, où s'installe le nazisme. Après une visite d'Annemarie Schwarzenbach, Catherine Pozzi écrivait à son fils Claude Bourdet - lui aussi amoureux d'Annemarie : "Elle vous donne le mal d'Europe." Un mal qu'on retrouve dans toute la première partie de La Quête du réel, "Europe, sous le nuage noir".

"C'est en fait une maladie chez moi de tout vouloir savoir", écrivait Annemarie Schwarzenbach pour expliquer cet "appel de l'ailleurs" qu'elle ressentait. Il la conduira beaucoup en Orient, "la steppe épineuse de la réflexion". Les textes choisis dans cette partie par Dominique Laure Miermont et Nicole Le Bris, en particulier les articles pour le National Zeitung, sont ceux qui donneront envie au lecteur de découvrir certains livres d'Annemarie Schwarzenbach, La Vallée heureuse (L'Aire Bleue, 2001), Hiver au Proche-Orient (Payot, 2006), Les Quarante Colonnes du souvenir (Esperluète, 2008).

Les familiers des Etats-Unis et les lecteurs de Carson McCullers - qui eut une folle passion malheureuse pour Annemarie Schwarzenbach et lui dédia son plus beau roman, Reflets dans un oeil d'or - seront à coup sûr séduits par le récit des voyages en Amérique, "Amérique, terre des promesses". Outre sa belle description de New York, sa lucidité sur le "modèle américain" de société, qui ne lui paraît pas nécessairement un exemple à suivre, on trouvera dans ses reportages une évocation très pertinente de la Grande Dépression, du Sud "en perdition". Mais aussi des portraits féroces, comme celui des deux vieilles dames riches avec lesquelles Annemarie déjeune à son retour du Sud, et qui s'étonnent qu'elle ait pu voir des pauvres en Amérique : "Nous, nous avons l'impression de vivre dans un pays très heureux, où tous les gens travailleurs et de bonne volonté peuvent gagner assez d'argent et même devenir riches."

Dans cette Amérique chaotique, Annemarie Schwarzenbach a pourtant trouvé, lors de son quatrième séjour, en 1940, une "île de la paix", au charme de laquelle, même si elle est devenue une oasis pour riches, on ne saurait résister : Nantucket, dont les habitants, en parlant du continent, disent "l'Amérique", "comme s'ils n'en faisaient pas partie". Un lieu de rêve, qui ne permet pourtant pas d'oublier son "mal d'Europe".

LE MONDE Par Josyane Savigneau


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/07/21/la-quete-du-reel-d-annemarie-schwarzenbach_1551235_3260.html#bxjTYozqJHt7ieWb.99

Une petite introduction pour cette femme complexe, courageuse, malheureuse. Loser magnifique
pour nous. B

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Re: Anne Marie Schwarzenbach

Message par bix_229 le Sam 31 Déc - 16:50


ORIENT EXILS

Annemarie Schwarzenbach était une femme admirable. Courageuse, lucide, intelligente et belle. Mais sa vie fut infiniment malheureuse. Elle dut lutter très jeune contre sa propre famille pro nazis. Elle voyagea beaucoup et notamment en compagnie d' Ella Maillard. Et la mystérieuse fascination qu' elle exerçait sur ceux qui la connaissaient et l' appréciaient ne put la sauver de la drogue et de sa fuite éperdue dans le temps et l' espace...

. Elle était liée à Klaus et Erika Mann
et plus ou moins amoureuse des deux. Mais ses amours ne furent pas payés de retour. Elle mourut accidententellement à 34 ans. Son désir vital d' écriture aurait pu l' aider à vivre. Mais ses premiers écrits ne furent pas publiés de son vivant. Et c' est très dommage parcequ' on découvre à la lire une véritable écrivain.

Le nazisme la força à s' exiler. Et c'est ainsi qu' après un long périple, elle participa à des fouilles archéologiques sur le site de Rey. C' est lors de son troisième voyage en Perse qu' elle termine le recueil de nouvelles qu' est Orient exils qui ne sera pas publié de son vivant, malgré les interventions de Thomas Mann et Stefan Zweig. Mais seulement en 1989. Entre temps, six nouvelles ont été perdues. Et c' est dommage !

Dans ces nouvelles A.S. fait preuve d' un art très sur dde al narration et de la conduite d' un récit. Son style est à la fois sobre, précis, lyrique, évocateur. On pense au meilleur Hemingway, celui des nouvelles. Et ces nouvelles rendent compte de cette personnalité à la fois libre et humaine.

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Anne Marie Schwarzenbach ou le mal d'Europe de Dominique Laure Miermont

Message par Marie le Lun 2 Jan - 4:18

Je ne sais pas s'il faut mettre cette biographie ici?

Anne Marie Schwarzenbach ou le mal d'Europe
Dominique Laure Miermont


J'ai découvert Annemarie Schwarzenbach en lisant La voie cruelle d'Ella Maillart (sacré personnage aussi, mais beaucoup plus solide) , le récit du voyage qu'elles ont fait toutes deux en Afghanistan en 1939. C'était un voyage: « essai de sauvetage», Annemarie s'était engagée à ne pas se droguer, et Ella Maillart y croyait..» Je l'ai retrouvée en lisant Klaus Mann.

Dominique Laure Miermont est la traductrice attitrée de Annemarie Schwarzenbach pour Payot. Elle a utilisé pour cet ouvrage un important fonds comprenant de nombreux inédits déposés aux Archives littéraires suisses à Berne.Hélas, presque toute sa correspondance, très abondante, a été détruite par sa mère après sa mort. C'est une biographie passionnante d'un personnage qui l'est aussi. En elle-même, mais aussi par ce qu'elle représente inscrite dans son époque.

Comme l'écrit Klaus Mann dans Le Tournant:

«Toute vie humaine est à la fois unique et représentative; dans chaque destin individuel, dans chaque drame personnel se reflète et se module le drame d'une génération , d'une classe, d'un peuple et d'une époque.»

En ce qui concerne la biographie elle-même, elle est très complète , et, effectivement, y insérer certains extraits de textes écrits par Annemarie Schwarzenbach permet d'encore mieux la découvrir, et donne envie de la lire. Le personnage lui même.. c'est le propre d'une biographie de raconter et de ne pas expliquer, ni interpréter. . J'ai complété par la vision d'un documentaire qui m'a semblé apporter quelques éléments supplémentaires. On la décrit comme étant en rupture avec les images dominantes de l'identité suisse de l'époque, rebelle très engagée contre l'inertie des autorités suisses .
Oui, bien sûr... Elle est en tout cas d'une lucidité extrême et d'une intelligence remarquable. Douée pour tout, magnifique, et on se dit pourquoi ce gâchis, car sa vie est un gâchis intégral.

Sans doute parce que tous ces talents ne sont pas suffisants pour résister à l'emprise de la tradition familiale. Et qu'elle n'arrivera jamais à se situer, continuellement en recherche de ce qui lui manque quelque part, toujours en demande, et des demandes tellement fortes que personne ne peut y répondre:

«Il faudrait choisir ses ennemis comme ses buts, en fonction des forces dont on dispose.»

Et oui, et quelle force mentale il faut pour résister , se couper complètement de son identité première. Elle ne l'avait pas visiblement et était elle-même son propre drame. Elle a été en tout cas très mal traitée par sa famille (vers laquelle elle se retournait en permanence.. là était son problème comme lui avait longuement expliqué Ella Maillart dans le courrier échangé) et il y a dans cette biographie une lettre de son frère qui fait frémir. Calculant le prix à payer , prix demandé par une institution psychiatrique américaine pour lui permettre d'éventuellement rebondir , et concluant qu'Annemarie ne valait pas ce prix... Quant au titre, Le Mal d'Europe? Il vient d'une lettre de Catherine Pozzi adressée à son fils , Claude Bourlet, amoureux d'Annemarie:

«On a auprès d'elle un sentiment d'instabilité curieux. Elle vous donne le mal d'Europe.»




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Re: Anne Marie Schwarzenbach

Message par animal le Lun 2 Jan - 6:29

oui, c'est bien ici (j'ai mis le titre complet et l'auteur dans le titre du message comme ça en cas de recherche tout se passe bien). cat

je vais profiter de l'occasion pour noter le nom dans un coin de ciboulot.

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Re: Anne Marie Schwarzenbach

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