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Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    François Mauriac

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    églantine

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    François Mauriac

    Message par églantine le Sam 3 Déc - 15:20

     François Mauriac (1885 – 1970)



      François Mauriac, né le 11 octobre 1885 à Bordeaux et mort le 1er septembre 1970 à Paris, est un écrivain français. Il est élu membre de l'Académie française au fauteuil no 22 en 1933. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1952.

    Dernier d'une fratrie de 5 enfants, François Mauriac est orphelin de père à vingt mois. Elevé par une mère très pratiquante, il fait ses études dans des institutions privées où il fera la rencontre d'un ami d'une vie, André Lacaze.
    En 1902, la mort de sa grand-mère Irma est un profond choc pour l'adolescent qu'il est, constatant la profonde hypocrisie de sa famille religieuse et bourgeoise qui se partage déjà l'héritage à côté de l'agonisante.
    En terminale, il a pour professeur Marcel Drouin, beau-frère d'André Gide, qui lui fait découvrir les textes de Paul Claudel, Francis Jammes, Henri de Régnier, Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Colette et Gide, tous proscrits dans sa famille et chez les pères, finissant ainsi de constituer son corpus littéraire personnel.

    Son premier volume de poèmes, Les Mains jointes, publié en 1909, retient l'attention des milieux littéraires. Mais Mauriac ne sera connu du grand public qu'une dizaine d'années plus tard. En 1913, il épouse Jeanne Lafon. Ils auront 4 enfants.
    Sa carrière littéraire est interrompue par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il s'engage un temps, bien que réformé et de santé précaire, dans un hôpital de la Croix-Rouge. Après la victoire de 1918, il reprend ses activités et publie, en 1921, Préséances, qui le brouille pour longtemps avec la bonne société bordelaise.

    Dans une vie d'abord marquée par les mondanités littéraires puis par des engagements politiques guidés notamment par un idéal chrétien socialisant, Mauriac est avant tout occupé par la composition d'une œuvre romanesque. Il se révèle un remarquable analyste des passions de l'âme et un virulent pourfendeur de la bourgeoisie provinciale. La plupart de ses romans évoquent, avec une certaine intensité tragique, le conflit entre la foi et la chair et développent plusieurs images récurrentes comme le fameux « désert » spirituel que les personnages doivent traverser.
    La qualité de ses romans et de sa poésie lui vaut d'être triomphalement élu à l'Académie française le 1er juin 1933 au premier tour.

    Tout en poursuivant son œuvre littéraire, il prend part à de nouveaux combats politiques, notamment au moment de la guerre d'Espagne, d'abord en faveur des Nationalistes avant de se ranger, dès le drame de Guernica connu, avec les chrétiens de gauche. Cet engagement provoquera une première rupture avec sa famille politique. Robert Brasillach lui dédicacera son ouvrage sur la guerre d'Espagne : « à F.M. égaré ».
    Sous l'Occupation, après quelques hésitations, il publie en 1941 La Pharisienne, qui peut se lire en creux comme une critique du régime de Vichy. Au sein de l'académie française, il fait partie avec Georges Duhamel, Louis Gillet et Paul Valéry du petit groupe tenant tête à la fraction pétainiste de l'institution. Il adhère au Front national des écrivains et participe à l'œuvre de Résistance à travers la presse clandestine. Il fait paraître en 1943, aux Éditions de Minuit, sous le pseudonyme de « Forez », Le Cahier noir, qui est diffusé sous le manteau.
    Au moment de l'épuration, il intervient en faveur de l'écrivain Henri Béraud, accusé de collaboration, et signe la pétition des écrivains en faveur de la grâce de Robert Brasillach, qui est condamné à mort et qui sera malgré cela exécuté. Cet engagement lui vaut le surnom de « Saint-François-des-Assises ».
    Entre 1946 et 1953, éditorialiste au Figaro, F. Mauriac s'illustre par la virulence de son anticommunisme dans le contexte de la Guerre froide.

    En 1952, François Mauriac reçoit le Prix Nobel de littérature. Polémiste vigoureux, d'abord absent du débat sur la guerre d'Indochine, il prend ensuite position en faveur de l'indépendance du Maroc et de la Tunisie, puis de l'Algérie, et condamne l'usage de la torture par l'armée française. Il préside aussi le Comité de soutien aux chrétiens d'URSS. Il s'exprime notamment dans son fameux Bloc-notes, qui paraît dans différentes revues au fil du temps.
    Il soutient un temps Pierre Mendès France sous la IVe République, mais le putsch des généraux à Alger précipite son ralliement sans faille au général de Gaulle auquel il demeurera fidèle jusqu'au bout.
    François Mauriac meurt à Paris le 1er septembre 1970.

    Œuvre

    Romans, nouvelles, récits

    1913 : L'Enfant chargé de chaînes
    1914 : La Robe prétexte
    1920 : La Chair et le Sang
    1921 : Préséances
    1921 : Dialogue d'un soir d'hiver (nouvelle)
    1922 : Le Baiser au lépreux
    1923 : Le Fleuve de feu
    1923 : Genitrix
    1924 : Le Mal
    1925 : Le Désert de l'amour (Grand prix du roman de l'Académie française, 1926)
    1927 : Thérèse Desqueyroux
    1928 : Destins
    1929 : Trois récits : Coups de couteau, 1926 ; Un homme de lettres, 1926 ; Le Démon de la connaissance, 1928
    1930 : Ce qui était perdu
    1932 : Le Nœud de vipères
    1933 : Le Drôle (conte pour enfant)
    1933 : Le Mystère Frontenac
    1935 : La Fin de la nuit
    1936 : Les Anges noirs
    1938 : Plongées comprenant Thérèse chez le docteur, 1933 ; Thérèse à l'hôtel, 1933 ; Le Rang ; Insomnie ; Conte de Noël
    1939 : Les Chemins de la mer
    1941 : La Pharisienne
    1944 : Les Arbres et les Pierres
    1951 : Le Sagouin
    1952 : Galigaï
    1954 : L'Agneau
    1969 : Un adolescent d'autrefois
    1972 : Maltaverne (posthume)
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    Allumette

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    Re: François Mauriac

    Message par Allumette le Sam 3 Déc - 15:26



    Thérèse Desqueyroux

    Eu égard aux commentaires des lecteurs qui l'avaient déjà lu, je m'attendais à un livre qui me fasse plus d'effets, plus vibrer. Certes, l'écriture de ce livre est belle, le sujet intéressant, mais il me reste à la fin comme une impression d'inachevé, un point d'interrogation.
    Au demeurant, l’enfermement de Thérèse dans un monde qui ne lui correspond pas est bien rendu, son passage par le rejet de son mari, puis le rejet d'elle même est poignant.
    Mais, Thérèse reprendra-t-elle vraiment sa liberté - imposée par Bernard ? Ou finalement n'est-elle pas abandonnée à sa personnalité fragile ? Avant un destin tragique ? J'aurais aimé lire une suite !

    Lu en octobre 2014
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    églantine

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    Re: François Mauriac

    Message par églantine le Sam 3 Déc - 15:32

    Emissions Podcast La compagnie des auteurs
    Il suffit de cliquer .

    Episode 1 François Mauriac tel qu'en lui-même
    Episode 2 : Grands thèmes Mauriaciens
    Episode 3 Mauriac et les convulsions du monde
    Episode 4 Mauriac en son domaine


    Dernière édition par églantine le Jeu 8 Déc - 21:51, édité 1 fois
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    églantine

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    Re: François Mauriac

    Message par églantine le Sam 3 Déc - 15:38

    Le Noeud de vipères




    Sentant sa fin prochaine Louis , avocat brillant et fortuné , motivé par un dernier sursaut de haine revancharde, autant que par une volonté de faire amende honorable à l'égard de sa famille ,écrit une longue lettre destinée à être lue par sa femme haie une vie durant .

    Un roman surprenant, par l'audace de l'auteur qui dénonce avec violence mais subtilités , sans aménités aucune , un milieu social qu'il décrit comme perfide , sournois , vil : cette société catholique bien-pensante dont il est lui-même issu .
    Mais ce que je retiens surtout , au delà de cette maestria pour tirer à boulets rouge sur ce qu'il considère comme la médiocre petite bourgeoisie Bordelaise , c'est l'immense talent de l'écrivain pour mettre en lumière la vaste comédie humaine : dans cette histoire familiale chacun y va de son rôle , qu'il s'attribue par voie de conséquences , victime du passé ou du regard des autres ! Et comme il est difficile de détourner le cours des choses dès lors que les processus psychologiques sont enclenchés ! Enfermé dans des schémas réactionnels , des définitions , chacun mènera sa vie conditionné par l'attente de l'autre, par les automatismes mis en place pour survivre ...

    Dès lors on prend conscience ,à travers le portrait de ce Louis pétri de contradictions que les hommes , au delà des apparences , du sens qu'ils ont voulu donner à leur vie se rejoignent dans leurs travers , leurs noirceurs autant que dans une certaine grandeur d'âme ....
    Dans cette confession d'un vieillard qui n'a plus rien à attendre , Mauriac souligne toutes les facéties de l'être humain : celui qui se définit toute sa vie comme un être méprisable , cruel , capable des pires actes possède en lui une part de pureté ....Au bout du chemin seule l'espérance peut libérer l'homme de sa grande solitude et l'unique salut possible semble celui qui émanerait d'une force supérieure : tel est le constat de Louis aprés cette vie uniquement occupée à nourrir rancoeur , haines en cultivant l'appât du gain !

    Mais Mauriac n'assène pas une vérité catholique , c'est une réflexion toute en finesse et ouverture , à l'opposé de ce qui se dégage de prime abord de son personnage inflexible , intransigeant :" le bien et le mal ne s'épouse-t-il pas "chantait Jacques Brel ...
    L' écriture est d'un classicisme aigu , d'une précision chirurgicale pour dépeindre avec incision et éclat la psychologie de ses personnages , aucune fioriture qui tendrait à détourner le lecteur : un texte tendu , écrit presque au cordeau , froid et laissant pourtant éclater par les fissures de celle- ci une sensibilité extrême .
    Belle découverte d'un roman riche comme un puits sans fond .

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    Re: François Mauriac

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