Gyula Illyès

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Gyula Illyès

Message par Bédoulène le Sam 31 Déc - 18:52

Gyula Illyés

(1902-1983)



Gyula Illyés, né en Transdanubie méridionale le 2 novembre 1902 et mort à Budapest le 15 avril 1983, est un poète, nouvelliste et homme de théâtre hongrois. Il est né dans une ferme du comitat de Tolna appartenant à une grande propriété où son père était mécanicien. Il vient donc d'un milieu social qui n'avait jamais encore produit d'œuvres littéraires, celui des domestiques agricoles vivant dans les latifundia hongroises. Élève au lycée de Budapest, il y rencontre le milieu syndical et milite sous les deux révolutions hongroises (1918 puis la révolution de Béla Kun en 1919), s’engageant même dans un régiment ouvrier de l’armée pour participer aux combats sur le front roumain. Lié au parti communiste clandestin, Illyés doit prendre la fuite et émigre à Paris, où il étudie à la Sorbonne tout en travaillant comme ouvrier. Il côtoie le milieu du surréalisme français : Tristan Tzara, Louis Aragon et devient ami avec Paul Éluard. De retour à Budapest en 1925, il est employé de banque.

Ses premiers poèmes appartiennent à cette décennie avant-gardiste des années 1920, mais il finit par se détourner des revues hongroises de l’émigration de Vienne. Le jeune poète se fait remarquer par Mihály Babits. À la fin des années 1920, il est un écrivain connu. Illyés est l’une des figures principales du groupe népi (populiste en français) en cours formation et l’un des rédacteurs de la revue Válasz (Réponse). L’influence d’Illyés dans le regroupement des écrivains népi est sans conteste majeure. L’historien Miklós Lackó voit en Illyés le principal penseur du groupe et met l’accent sur l’importance de son idéologie. Il analyse les écrits de l’écrivain pendant les quelques années qui suivent la crise économique comme la manifestation du désir d’Illyés de remplir un « rôle de médiateur » et de créer l’unification entre le radicalisme et le socialisme.

La naissance de son idéologie se lit dans son texte publié dans Nyugat en septembre 1933, Pusztulás (Disparition) : il s’agit d’un carnet de voyage écrit à l’occasion d’une exploration du comitat du Baranya en juillet de la même année, où l’écrivain était allé rendre visite à Lajos Fülep. Fülep était un historien de l’art qui avait accédé à un poste de professeur à l’université sous la République des conseils, et qui, depuis la contre-révolution, vivait retiré en tant que pasteur dans ce bourg. L’écrit a un aspect de cri de douleur ; c’est un appel à l’aide qui frappera ses lecteurs : l’écrivain sonne l’alarme en montrant les ravages du système de l’enfant unique, du contrôle des naissances, et parallèlement, en signalant la croissance naturelle forte des Souabes.

Illyés n’avait pas été le premier à tirer un tableau alarmant de la situation de la démographie hongroise : en 1927, János Kodolányi avait écrit « Le mensonge tue » sur ce sujet et l’avait remis au vice-président de la Chambre des députés. En 1929, Fülep lui-même avait rédigé une série de deux articles regroupés sous le titre de « La disparition de la race hongroise », publiés dans le journal gouvernemental Pesti Napló (Journal de Pest). La théorie d’Illyés est que la disparité des propriétés agricoles est malsaine. Les paysans auraient adopté le système de l’enfant unique par peur de la division des terres liée à l’héritage, mais aussi par crainte de la prolétarisation. Illyés clame donc la nécessité de la réforme agraire : « Ce n’est pas la pauvreté qui est la cause [de la disparition] mais la peur réelle de la pauvreté, donc comme résultat final, la destruction économique est tout de même la cause. »

En 1934, Illyés participe au Congrès des écrivains avec Lajos Nagy en Union soviétique, dont il tire un récit, Oroszország (Russie). En 1918 et 1919, beaucoup d’écrivains avaient été attirés par la révolution communiste, mais la défaite de la République des conseils et la répression contre-révolutionnaire les frappent tragiquement. Les courants progressistes sont brisés dans les années 1920, ce qui permet le renforcement à l’intérieur du pays des tendances conservatrices et de droite. Le parti communiste ayant été réduit à la clandestinité par la loi III de 1921, il se retrouve incapable de regrouper la gauche, en raison de son dogmatisme rigide, de sa mauvaise connaissance des problèmes de l’époque et des directives volontaristes données depuis Moscou. Il ne peut représenter un autre pôle d’attraction. Son rejet de la social-démocratie « traître » le fait apparaître comme une secte. La bureaucratie autoritaire du Komintern, sa faiblesse idéologique, son incompréhension du phénomène fasciste en tant que mouvement de masse de l’extrême-droite et son impossibilité d’interpréter les phénomènes de la culture hongroise, lui interdisent de devenir une force qui compte. Lorsque le parti réévalue à partir de 1934 le véritable danger fasciste, Illyés comme les écrivains du groupe népi s’en sont déjà éloignés au profit de la recherche d’une « troisième voie ».

De 1941 à 1944, Illyés est rédacteur en chef de la revue qui a pris la succession de Nyugat : Magyar Csillag (Étoile hongroise). La revue est supprimée au moment de l’occupation nazie de la Hongrie. Illyés est d’ailleurs inquiété et doit se cacher en province. Après la Libération, Illyés adhère au Parti National Paysan et participe dans les premiers temps à la vie publique. Il relance une version renouvelée de la revue Válasz. Mais la prise de pouvoir par les communistes en 1947 le met à l’écart de la scène politique. En 1950, il écrit Une phrase sur la tyrannie, montage de visions d’épouvante et de faits quotidiens, passé sous le manteau avant d'être publié en 1956 dans l’hebdomadaire Irodalmi Újság (Journal littéraire). Certains de ses écrits sont censurés par le régime communiste, comme son drame Le favori, écrit en 1963, qui ne sera joué qu’à Paris où il a gardé de nombreux contacts et amitiés littéraires. Illyés participe pourtant à certaines cérémonies, et cède aux sollicitations du pouvoir. Il intervient de ce fait plus facilement en faveur de certains écrivains opposants menacés.
(wikipedia)

Traduits en français

Ceux des pusztas
Vie de Sándor Petőfi
Ordre parmi les ruines
Les Magyars
Les Huns à Paris
Racines capillaires


Dernière édition par Bédoulène le Dim 1 Jan - 0:56, édité 1 fois

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Re: Gyula Illyès

Message par Bédoulène le Dim 1 Jan - 0:56



Ceux des Pusztas

Qu’est une Puszta ? un domaine : un château où vit soit un aristocrate, un membre de l’église ou un régisseur, au gré des siècles ou des années et autour sous leur responsabilité, mais à distance respectable, car dérangeantes, des familles vivant dans une grande promiscuité  dans un long bâtiment scindé en pièces, s’y ajoutent les bâtiments indispensables à la vie d’une ferme, étable, porcherie etc.
C’est dans une grande misère qu’au début du 20ème siècle ces domestiques agricoles vivent exploités par les propriétaires du domaine, à l’écart des villages, du reste de la Hongrie. L’auteur est né dans une de ces pusztas, s’il raconte la vie de sa famille c’est simplement pour faire connaître au monde, et  honorer à travers eux tous les habitants des pusztas.

Dans les pusztas aussi, il y a une hiérarchie sociale, les Bergers sont par exemple d’une classe supérieure et les statuts sont hérités par les fils : le fils d’un valet ne sera à son tour que valet etc.
La plupart des gens des pusztas  ont pour origine les Magyars, il ne faut donc pas s’étonner qu’ils aient malgré des siècles conservé les traits de caractères de cette tribu. (Je reprends un passage de la LC 13ème tribu car là aussi étaient les Magyars : Les Magyars qui ont été les alliés des Khazars, de nombreuses années ont reculés (harcelés par les Pétchénègues) à l'ouest jusqu'au territoire actuel de la Hongrie)

L’auteur rappelle les différentes invasions subies par la Hongrie et les dates importantes de l’Histoire.
J’apprécie que l’auteur ne se dérobe pas quand il avoue qu’ après avoir vécu en dehors de la puszta, à l’étranger, qu’à son retour dans le foyer familial il soit lui aussi dérangé par l’atmosphère prégnante, difficilement supportable.
Il explicite les conditions de vie de ceux de la puszta en citant les textes de lois et des documents comme les « conventions » qui un temps liaient les domestiques agricoles au propriétaire du domaine. Souvent personne parmi les domestiques agricoles ne peut bénéficier des « avancées » sociales inscrites dans les lois.

La génération des grands-parents de l’auteur restait aussi esclave après la guerre d’Indépendance qu’avant ou pendant celle-ci.
Lorsque les parents de l’auteur quittent la puszta pour habiter une maison dans un village la mère et le fils sont apeurés par toutes les habitations, ils craignent les villageois, se cachent.
Alors qu’ils se rendent avec appréhension dans une mercerie acheter du fil :

« Nous rapportons la bobine de fil en souriant, comme si elle était un trophée de victoire.
C’ est alors que nous avons pris conscience vraiment que nous étions des gens d’une puszta. »


-------------------------------

Ce récit rend justice à ceux des puszta et représente pour l’auteur je pense un rachat pour les années où il n’ a pas mesuré l’importance qu’ils avaient pour lui, pour la force et l’humanité dont il a hérité de ce lieu de vie. Il s'agit d'une bonne lecture! Je poursuivrai avec un petit texte de cet auteur.

Extraits :

« Le droit de participer aux affaires nationales se trouvait lié à la propriété terrienne : l’histoire de la Hongrie était donc celle des grands propriétaires ; le compte-rendu de leurs querelles. »

« Combien l’évolution historique est rapide chaque fois qu’elle peut se faire dans un sens inhumain ! »

« Bien sûr le servage a été aboli en 1848 et le Parlement a supprimé les droits féodaux. C’eût été très beau de sa part, s’il l’avait fait plus tôt. Dans ce cas là, la noblesse aurait mérité le qualificatif de magnanime, mais étant donné qu’elle avait pris ces mesures, acculée et morte de peur, elle n’a pas le droit d’y prétendre. »

« Malheureusement, il ne leur était pas donné souvent de devenir des êtres humains. Les blasphèmes et les rixes réveillent l’ambiance des pusztas plus souvent que les rires. »

« Moi, j’avais des ennuis surtout avec mon odorat, ce qui n’ a pas échappé à la perspicacité de ma grand-mère. Elle ne me reprochait ni ma lavallière, ni mes souliers cirés d’une façon ostentatoire ; mais elle observait, avec inquiétude et méfiance, mon idée fixe de l’aération. « Ferme donc cete fenêtre, disait-elle en croisant frileusement sur la poitrine son vieux châle tricoté. Ne peux-tu même plus supporter notre odeur ? » Effectivement, je la supportais mal et j’en rougissais. Je me faisais d’amers reproches, je me santais un traître. »

Je dirais que l'affectif a amené l'objectif mais comme le dit Louis Guilloux dans l'intéressante préface

«En lisant Ceux des pusztas, on sent partout que l'auteur lui-même paysan par naissance, l'est resté aussi par sa manière de savoir et de voir, de dire, qu'il a hérité des qualités foncières des paysans de tous pays qui sont la prudence, l'exactitude dans le jugement, l' honnêteté quand il s'agit d'expliquer les choses ou de prévoir le Temps qu'il fera.»

«Avant  d'être bonne ou mauvaise, une chose est vraie ou elle ne l'est pas. Gyula Illyès ne triche jamais. On ne triche pas avec l'évidence. Si on se pose en témoin, on ne triche pas non plus avec soi-même. On fait attention. L'art de Yula Illyès en fait à chaque instant la preuve.»


Un autre extrait car je pense qu'il faut connaître la vie de ces gens :

«La nature procède par bonds, le processus de réadaptation ne se fait pas sans excès. Il a fallu que j'échoue sur les rives de l'océan atlantique, que je fasse l'orateur enflammé aux réunions des débardeurs noirs de Bordeaux, avant de comprendre les raisons qui m'avaient mis en route. Il a fallu que je retourne souvent chez moi, en rechignant, que je trouve non seulement les étables et les bicoques sans charme, mais même les couchers de soleil de la puszta plus tristes qu' ailleurs, avant de pouvoir y rapporter mon coeur. Ensuite, il a fallu du temps pour que mes yeux voilés par l'amour fanatique de la paysannerie et l'enthousiasme des enfants prodigues rentrant au bercail, s'ouvrent et contemplent le paysage dans sa réalité. Les vallées et les collines me connaissaient mieux que je ne les connaissais»

La 4ème de couverture explique l'intérêt du récit suivant, Déjeuner au château :

«Complément indispensable, où, à travers les rapports complexes qui se sont établis entre les aristocrates déchus et leurs anciens domestiques, se dessine, sur l'ancien tableau en ce qu'il a de permanent la figure nouvelle des pusztas.»


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°



Le déjeuner au château

L'auteur à présent «reconnu» fait des séjours au château de la puszta de son enfance, il est invité par le dernier propriétaire le Comte au château de Ürgöd car le seigneur de la puszta n'y vivait pas. À la réforme agraire de 1945 les terres des aristocrates ont été redistribuées aux paysans, domestiques agricoles qui travaillaient pour beaucoup depuis plusieurs générations pour les seigneurs des pusztas. Ce passage des terres est appelé "la relève". Le Comte se retrouve donc hébergé par son ancienne secrétaire et ne dispose que d'une surface très modeste.


«L'aristocratie Hongroise, dépouillée de ses terres, a vécu une expérience curieuse : elle s'est approchée de l'humain.»

«Depuis des siècles, l'aristocratie hongroise redoutait la couche de la population à qui elle devait ses fabuleux privilèges  - ceux qui travaillaient sur ses terres la faisaient trembler. D'ailleurs cette peur hystérique était justifiée. Les grands propriétaires méprisaient, opprimaient le peuple, avec une rigueur qui dépasse l'imagination. Jadis les manants étaient mieux traités.»


Ce déjeuner est l'occasion pour l'auteur d'une joute verbale avec celui pour lesquels ses grands-parents et parents travaillaient. Le Comte essaie de convaincre Illyès de sa proximité avec le peuple paysan en flattant son grand-père berger, lequel était apprécié, mais l'auteur mène la conversation, à chaque tentative du Comte sur le grand-père de la Princesse (la femme du Comte) Metternich qui a inculqué à sa petite fille, la peur du Hongrois.

«Elle jeta un regard embrasé sur son mari, puis sur moi aussi . L'angoisse brillait au fond du brasier. Ce n'est pas la surdité qui l'empêchait de répondre.»

Je l'ai rassurée; le peuple Hongrois, tout au moins la partie du peuple qui sème et laboure les champs voisins, n'éprouve pas les sentiments de rancune incoercible à l'égard du noble chancelier que ses cauchemars lui faisaient croire. Et, pour la première fois, le démon de la familiarité insolente des subalternes s'exprimait par ma voix :

«Grand-papa exagérait !»

L'auteur qui est retourné sur la puszta pour écrire dans un lieu tranquille (son étude de la puissance sur la psychologie), explique à son hôte qu'il n'est intéressé que par l'état psychologique des aristocrates. Le Comte pense que l'aristocratie a contribué à faire l'Histoire ; Illyès lui répond qu'«Ils ont guidé cette nation vers l'une des plus sanglantes catastrophe de son Histoire.»

C'est à l'aide d'exemples que l'auteur fait entrevoir au Comte les exactions, les turpitudes, les actions les plus saugrenues des aristocrates sur le peuple des pusztas. Nombres d'aristocrates sont morts, délaissés par leurs anciens domestiques, ne sachant ni s'habiller, se nourrir etc.... «être servi à ce point devient une servitude» Seule une tranche plus en phase avec la Nature, donc plus proche du peuple paysan a été soutenu et a pu se reconvertir.

La secrétaire à propos d'une parente démunie du Comte -«Pourquoi ne regretterait-elle pas ce qu'elle possédait légalement, puisqu'elle en avait hérité?»

Silence. Un silence légèrement accusateur qui m'incitait à répondre :

- Je crois qu'on ne peut hériter légitimement l'injustice.

Le Comte : Et si vous aviez hérité une ferme ?

- Hériter un outil de travail, à l'usage personnel, c'est différent. Hériter un moyen d'exploitation, c'est illégitime, puisqu'on avait déjà dû le prendre à la communauté de manière illégitime.

L'intervention de la parente du Comte relevant certainement d'un état pathologique l'auteur a hâte de quitter le château mais comme le Comte le pique encore c'est sur une correction grammaticale vexante pour ce dernier qu'Illyès prend congé de l'«aristocratie»!

Le Comte : - Vous aviez dit que vous étiez le dernier Petchenègue qui en ait conscience !

Pour la première fois, le rire du Comte était dur et son ton n'admettait pas de contradiction.

- Le dernier Petchenègue qui en eût conscience, aurais-je dit, monsieur le Comte.

Conclusion d'Illyès : «Une gifle vieille de cinq cents ans, a dû m'être rappelée par un de mes gènes, ce coup de malotru devait être sa réaction.»

Je le regrette.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

C'était une lecture intéressante car contradictoire avec Ceux des pusztas. Par l'Histoire qui y est intégrée, par la connaissance des deux peuples, celui des paysans et celui de l'aristocratie.



mots-clés : #autobiographie #social

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