Daniel Pennac

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Daniel Pennac

Message par Bédoulène le Dim 1 Jan - 9:59

Daniel Pennac
(Né en 1944)



Daniel Pennacchioni, dit Daniel Pennac, né le 1er décembre 1944 à Casablanca au Maroc, est un écrivain français. Il a notamment reçu le prix Renaudot en 2007 pour son roman autobiographique Chagrin d'école. Il a également écrit des scénarios pour le cinéma, la télévision et la bande dessinée.

Daniel Pennacchioni est le quatrième et dernier garçon d'une famille d'origine corse et provençale. Son père est un polytechnicien devenu officier de l'armée coloniale, ayant atteint le grade de général en fin de carrière et sa mère, femme au foyer, est une lectrice autodidacte. Il passe son enfance au gré des garnisons paternelles, en Afrique (Djibouti, Éthiopie, Algérie, Afrique équatoriale), en Asie du Sud-Est (Indochine) et en France (notamment à La Colle-sur-Loup). C'est son père féru de poésie qui lui donnera très vite le goût des livres qu'il dévore dans la bibliothèque familiale ou à l'école.

Sa scolarité est désastreuse. Dans Chagrin d'école, il prétend avoir mis un an à assimiler la logique et la complexité du caractère « A » ; son père, militaire, général, ne s'en serait toutefois pas inquiété, affirmant que son fils maîtriserait parfaitement l'alphabet au bout de vingt-six ans. Cancre, il se dit victime d'une dysorthographie enfantine. Ces versions plus ou moins romancées de ses difficultés scolaires ne l'empêchent pas de décrocher son baccalauréat et devenir maître ès lettres à Nice.

Adulte, il travaille comme chauffeur de taxi et illustrateur, avant de devenir en 1969 professeur de littérature de secondaire d'abord au collège Saint Paul à Soissons, puis à Nice enfin à Paris. Il coupe son patronyme (Pennacchioni) en Pennac par peur d'embarrasser son père en signant son premier écrit en 1973 Le service militaire au service de qui, un pamphlet sur le service militaire. En 1979, désespérant de la transformation de son quartier d'adoption de Belleville, à Paris, il réalise un séjour de deux ans au Brésil avec sa première femme Irène Pennac qui y a décroché un contrat de professeur dans l'Université fédérale du Ceará, séjour qui sera la source de son roman Le Dictateur et le hamac. Il revient en France et commence à écrire pour les enfants tout en continuant son métier de professeur. Il finit par proposer Au Bonheur des Ogres en 1985 à la Série noire. C'est ainsi que Benjamin Malaussène et ses amis de Belleville font leur entrée dans la littérature. En 1995, il arrête son métier de professeur pour se consacrer entièrement à la littérature.

Daniel Pennac garde de son enfance une nostalgie du foyer et une tendresse pour la famille d'élection. Si ses écrits sont drôles et pleins d'une imagination débridée, Pennac peut aussi écrire Comme un roman, un essai de pédagogie active, lucide et enthousiaste, dans lequel il présente ce qu’il appelle « Les droits imprescriptibles du lecteur ». Que l'on songe à cette phrase qui pourrait guider tout enseignant : « On ne force pas une curiosité, on l'éveille. » L'album de bande dessinée La Débauche, qu'il a signé avec Jacques Tardi, révèle sa conscience sociale et civique, révoltée par le licenciement sauvage, par la situation d'un chômeur victime d'un chef d'entreprise corrompu. Depuis ses débuts, Pennac étudie et critique les institutions qui nient l'individu. On pourrait dire de lui comme de son personnage principal : « Vous avez un vice rare, Malaussène, vous compatissez. » (La Petite Marchande de prose).

Daniel Pennac défend le « plaisir de la lecture à voix haute » : grand amateur de livres audio, il a lui-même enregistré plusieurs de ses livres pour les éditions Gallimard et pour l'association Lire dans le noir. Et sur scène, après avoir interprété Merci au théâtre du Rond-Point, il lit Bartleby le scribe à la Pépinière Théâtre. Bartleby en coulisses est le documentaire réalisé par Jérémie Carboni sur la préparation de cette lecture-spectacle. En octobre 2012, Daniel Pennac lit Journal d'un corps, aux théâtre des Bouffes du Nord ; sa pièce Le 6e Continent sera jouée dans la même salle de spectacle. En 2013, Daniel Pennac apporte son concours à la quatrième édition du livre Audio Solidaire10 (enregistrement audio de Au bonheur des ogres par les internautes au profit des personnes aveugles ou malvoyantes). En 2016, il est élu président de la foire du livre de Brive.

(wikipedia)


Œuvres

Cliquer ici pour consulter la bibliographie:
Saga Malaussène
Au bonheur des ogres
La Fée Carabine
La Petite Marchande de prose
Monsieur Malaussène
Des chrétiens et des maures
Monsieur Malaussène au théâtre
Aux fruits de la passion

Série Le Cas Malaussène
Ils m'ont menti

Série Une aventure de Kamo
Kamo
Kamo et moi
Kamo : L'Agence Babel
L'Évasion de Kamo

Romans pour la jeunesse
Cabot-Caboche
L'Œil du loup
Le Roman d'Ernest et Célestine

Autres romans
Les Enfants de Yalta
Père Noël
Messieurs les enfants
Le Dictateur et le Hamac
Merci
Chagrin d'école
Journal d'un corps

Essais
Le Service militaire au service de qui ?
Comme un roman
Gardiens et Passeurs

Théâtre
Monsieur Malaussène au théâtre
Le 6e Continent, suivi de Ancien malade des hôpitaux de Paris

Livres illustrés
Les Grandes Vacances
Photographies de Robert Doisneau
La Vie de famille
Le Sens de la Houppelande
Vercors d'en haut : La Réserve naturelle des hauts-plateaux
Le Grand Rex
Némo
Écrire

Albums pour enfants
Sahara
Le Tour du ciel
Sur les tableaux de Miró
Qu'est-ce que tu attends, Marie ?
Sur les tableaux de Monet

Bandes dessinées
Nouvelles aventures de Lucky Luke
Lucky Luke contre Pinkerton
Cavalier seul, Lucky Comics

Bande dessinées indépendantes
La Débauche
Un amour exemplaire

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3233
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Daniel Pennac

Message par Bédoulène le Dim 1 Jan - 10:06



Chagrin d'école

Ce livre est plus un documentaire qu'un roman. L'auteur endosse tout à tour le statut d'élève cancre et celui d'enseignant. Un témoignage lucide et honnête sur les affres du cancre et, sans complaisance, sur certains enseignants qui les ont laissés s'installer dans un «non-avenir». Un constat de l'échec de l'Education Nationale par déficit de formation : l'ignorance des Enseignants devant les élèves ignorants. La transmission du savoir pour être efficace doit intégrer les problèmes sociaux, économiques, environnementaux... L'auteur dénonce notamment la prépondérance de la consommation qui fait de l' élève un «élève-client» donc une perte de l'élève Individu au profit de l'élève Marketing. La métaphore finale résume dans une envolée l'essentiel de la méthode que l'auteur enseignant honore. Quelques passages répétitifs mais la lecture de ce livre est agréable, c'est avec tendresse, humour et honnêteté que l'auteur nous délivre son message. De plus ce récit est très argumenté.

quelques passages :

«- les profs, ils nous prennent la tête, m'sieur !

- tu te trompes. Ta tête est déjà prise. Les professeurs essayent de te la rendre.
Cette conversation je l'ai eue dans un lycée technique de la région Lyonnaise. Pour atteindre l'établissement il m'avait fallu traverser un no man's land d'entrepôts en tous genres où je n'avais rencontré âme qui vive. Dix minutes de marche à pied entre de hauts murs aveugles, des silos de béton à toit de fibrociment, c'était la jolie promenade du matin que la vie offrait aux élèves logés dans les barres alentour.»

«- et toi Samir, qu'est-ce que tu portes, là ?

Même réponse instantanée :

-C'est mon L, m'dame !
Ici j'ai mimé une agonie atroce, comme si Samir venait de m'empoisonner et que je mourais en direct  devant eux, quand une autre voix s'est écriée en riant :

- Non, non c'est un pull ! Ca va m'sieur, restez avec nous, c'est un pull, son L c'est un pull !

Résurrection :

-Oui c'est son pull-over, et même si pull-over est un mot d'origine anglaise, c'est toujours mieux qu'une marque !

[...]

parce que ce sont les marques, Maximilien, qui vous prennent la tête, pas les profs !
Elles vous prennent votre tête, elles vous prennent votre argent, elles vous prennent vos mots, et elles vous prennent votre corps aussi, comme un uniforme elles font de vous des publicités vivantes, comme les mannequins en plastique des magasins!»


mots-clés : #biographie


Dernière édition par Bédoulène le Mer 16 Aoû - 9:11, édité 1 fois

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3233
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Daniel Pennac

Message par topocl le Dim 1 Jan - 11:29

J'aime beaucoup Daniel Pennac. Comme un roman est un livre culte pour moi. Les Malaussènes, c'était quelque chose! J'avais été un peu déçue par

Journal d’un corps




Qu'on se le dise, Daniel Pennac ne veut plus entendre parler de sentiments, d’émotions ou d'opinions, et, quand il fait écrire à son héros un journal, ce n'est pas le classique journal intime , c'est le  « journal d'un corps » où il recense scrupuleusement le vécu et les sensations de celui-ci à l'exclusion de tout sentimentalisme ou intellectualisme. D’aucuns disent que c’est révolutionnaire, que cela n'a jamais été fait. Mais est-ce que ça n'a jamais été fait de parler de sexe, et de petites misères physiques ? Est-ce que c'est révolutionnaire de parler de la crotte de nez que l’index décolle soigneusement de la narine, roule doucement contre le pouce avant de l'éjecter en direction du sol ? Est ce que là il ne fait pas simplement un peu son malin, à jouer la provoc ? Regardez comme j’arrive à écrire sur n’importe quoi ! Ca ne me choque pas, cela m’ennuie et cela ne me parait pas génial. Si « cela n’ a jamais été fait »  comme cela se disait avec enthousiasme au Masque et la plume, ce n’est peut-être pas sans raison, parce que ça n’a guère d’intéerêt..

Il est certain que j'exagère, que je caricature. L'absence de pudeur comme un défi ? Il n'y a là  que du descriptif, rien de vraiment excessif, et contrairement à ce que j'avais pu redouter avant ma lecture (appréhension qui est partagée par beaucoup je crois) ce livre ne doit pas effrayer. Il n’est ni choquant, ni salace, ni vulgaire, ni trash, je l’ai plutôt trouvé  un peu VAIN par rapport à l’objectif annoncé. Certes brillant, Pennac a des capacités d’écriture, d’intelligence et d’humour qui ne se démentent pas ici. Il y a des passages auxquelles on adhère complètement, brillants , percutants parfois même éblouissants, des choses touchantes (c’est dans le touchant qu’il est le meilleur, bien meilleur que dans le trivial,. Je note aussi que les moments les plus touchants sont ceux où il s’écarte un peu , consciemment ou non , de son pari initial pour laisser parler son cœur ou son cerveau à la place de son corps) .


Cela a un petit côté catalogue, j’ imagine Pennac faisant la liste de toutes les choses dont il veut parler autour du corps (on trouve d’ailleurs cette liste dans l’index de la fin du livre, comme si j’allais rechercher toutes les pages du livre où il  a parlé de…la varicelle, par exemple , ou des poils…), et cochant sa liste chaque fois que l’un de  ces sujets a donné lieu a un développement (je regrette qu’il ait oublié le baiser). Cette sensation de liste est aggravée par la présentation sous forme de journal, avec de multiples petites entrées et sans lien narratif fluide. Il me manque un souffle. Cet homme réduit à son corps est totalement… désincarné !
Peut-être parce que je ne peux me passer d’un peu de cœur derrière le corps ?

Donc d’excellents moments pour un exercice que j’ai trouvé plutôt démonstratif et artificiel. Un défi que Pennac s’est lancé , qu’il a réalisé du mieux qu’on peut le faire, un exercice talentueux, mais qui sonne assez creux
Un peu d’âme par pitié, ne serait pas du luxe !


mots-clés : #biographie

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2358
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Daniel Pennac

Message par Nadine le Dim 1 Jan - 13:00

J'ai lu un livre de Pennac dont je me souviens mal, mais je me souviens en revanche qu'on me le conseillait si vivement que je n'ai pas osé exprimer le profond manque d'intérêt que sa lecture avait laissé en moi.

Je n'ai jamais rééssayé, et je suis pleine d'à priori que je n'oserai même pas exprimer tant ils sont fats et non documentés. Ce fil va me donner l'occasion de réessayer un jour si l'un ou l'une de vous ferre mon envie, super.
avatar
Nadine

Messages : 1910
Date d'inscription : 02/12/2016

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Daniel Pennac

Message par Tristram le Dim 1 Jan - 13:25

@Topocl a écrit:Comme un roman est un livre culte pour moi.
Il faut évoquer cet essai, qui a toute sa place sur ce forum, puisqu'il parle de la lecture.
Romancier, professeur de français, Pennac nous raconte ses expériences et convictions, ou comment faire entrer les élèves en lecture par le plaisir, sans forcer, hors protocole et clichés. Cela me paraît d'ailleurs un livre à conseiller à un "débutant", compte tenu de l'aisance à le lire, du point de vue des réfractaires et de la valeur de ses réflexions.
L'auteur écorne au passage les productions commerciales sans création.
Je me suis arrêté juste avant la fin, le dernier des dix droits imprescriptibles au lecteur : « Le droit de nous taire » sur nos lectures...

« Sans le savoir, nous découvrions une des fonctions essentielles du conte, et, plus vastement de l’art en général, qui est d’imposer une trêve au combat des hommes. »

« Il est devenu le héros de ses lectures, celui que l’auteur avait mandaté de toute éternité pour venir délivrer les personnages pris dans la trame du texte _ afin qu’eux-mêmes l’arrachent aux contingences du jour. »
avatar
Tristram

Messages : 1450
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 60
Localisation : Guyane

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Daniel Pennac

Message par Nadine le Dim 1 Jan - 15:54

Voilà qui nourrira ma posture Tristam. Merci
avatar
Nadine

Messages : 1910
Date d'inscription : 02/12/2016

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Daniel Pennac

Message par topocl le Dim 1 Jan - 17:09

Comme un roman : Pennac et la lecture à haute voix comme transmission.
j'ai tellement lu des heures et des heures à haute voix, tout ce corpus partagé, ces heures d'intimité...on en parle encore!

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2358
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Daniel Pennac

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains européens francophones

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum