ArenSor_T_Williams

Alors parle-moi comme la pluie et laisse moi écouter (laisse-moi m'étendre ici et écouter).

Tennessee Williams, Parle moi comme la pluie et laisse moi écouter

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    In vino veritas

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    Aventin

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    In vino veritas

    Message par Aventin le Dim 1 Jan - 10:01

    Adossée au bar à bières de Maître Panda, ouvrons ici une cave œnophile, œuvre hautement civilisatrice, afin qu'honneur fut fait aux très sages préceptes du bon François Rabelais et ardeur fut mise à "physicalement philosopher et désormais être du conseil bacchicque".
    Bonnes gens, beuveurs très illustres et vous goutteux très précieux...,

    vous non plus n’êtes point jeunes, qui est qualité compétente pour un vin,

    non en vain, plus que physicalement philosopher et désormais être

    du conseil bacchicque, pour opiner des substances, couleur, odeur, excellence,

    éminence, propriété, faculté, vertus, effet et dignité du benoît et désiré piot.

    Ontañón Condado de Teón Ribera del Duero Roble 2013



    L'appellation Ribero del Duero s'étend en pleine Espagne à climat continental marqué (d'aspect désertique évocateur), au sud de Burgos.
    Ce vin-ci est mono-cépage, c'est le fameux Tempranillo et son goût d'amande caractéristique qui, lorsqu'il est bien vinifié (et c'est le cas de cette bouteille-ci), fait passer une bouchée de jambon accompagnée d'un morceau de pain pour un met impérial.

    Vin de paysan, rustique, dit-on ?
    Dans ce cas-là je suis fier et heureux de compter parmi les paysans !
    C'est un vin simple, traduisez peu complexe, robe rubis-dans-la-pénombre, assez gras si vous le faites pleurer avant d'avancer votre nez au-dessus.

    Assagi en cave, sûrement moins tempétueux que s'il avait été bu plus jeune (mais point trop il ne faut attendre, je ne miserai pas dessus comme vin de garde) il a développé quelques rondeurs, une attaque restant franche, et des finales certes peu nuancées ni très subtiles, mais toutefois harmonieuses.

    Plus difficile à trouver -encore que la Toile regorge de possibilités d'achat sans se déplacer- qu'onéreux (ce flacon-là fut ramené de vacances ibériques, acheté dans la zone de production).
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    Jack-Hubert Bukowski

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    Re: In vino veritas

    Message par Jack-Hubert Bukowski le Dim 1 Jan - 10:16

    Vous êtes bien chous les Chosiers... Pour ma part, je n'irai pas plus loin dans la description, juste dire que j'ai été un buveur sur le tard, que j'ai vraiment commencé à boire après vingt-deux ans et que j'ai le bec sucré. Mais je suis avant tout ce ceux qui «cuvent leur vin» et que je l'aime rouge.

    Au Québec, nous achètons notre alcool à la société d'État de la SAQ. Je bois en compagnie de ma famille pour le principal. Ma copine ne boit pas vraiment de vin et je dois faire attention aux maux d'estomac en raison du facteur acidité...

    Il y a un vin argentin que j'ai tendance à conseiller. Je ne sais plus si je le conseillerais autant aujourd'hui, mais à défaut d'avoir lu Borges et Gombrowicz de façon assidue, je milite pour ce vin, le Trapiche.



    Dernière édition par Jack-Hubert Bukowski le Dim 1 Jan - 11:47, édité 1 fois
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    Re: In vino veritas

    Message par animal le Dim 1 Jan - 11:38

    ça fait envie ce fil.


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    Jack-Hubert Bukowski

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    Re: In vino veritas

    Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 2 Jan - 10:10

    Je persiste et signe sur ce fil. Nous avons fêté en famille «hier». J'en ai profité pour prendre un vin Liano. Je ne sais pas si ce vin a une variante biologique mais il est en tout cas apprécié et bu régulièrement par ma famille. Il y en a tout autant en blanc qu'en rouge.

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    Aventin

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    Re: In vino veritas

    Message par Aventin le Mar 23 Mai - 9:36

    Château Cardinal, Montagne Saint-Emilion 1996

    C'est un mathusalem, c'est-à-dire un flacon de 6 litres (on dit une impériale en bordelais).
    Nous avons dû demander un tire-bouchon ad hoc dans le voisinage, le morceau de liège était en rapport avec la taille hors-normes !

    Oublié volontairement au fin fond de notre cave, il était couvert d'une épaisse poussière, que madame s'est employée à plumeauter derechef, à mon grand dam, trouvant que celle-ci ajoutait un surcroît de noblesse à l'artefact vineux sur la table, une parure pulvique.

    Il est difficile de remplir des verres-ballons, paraissant de dînette pour poupées à l'échelle de la lourde bouteille, d'un maniement exigeant. Concentration et doigté de rigueur.

    Heureuse surprise ensuite. Mol, suave à l'entame, mâche légère et caressante, grande libération aromatique, façon bouquet final de feu d'artifice, en secondes.
    Impeccable charpente, discrète comme dans tout édifice élégant, de bon ton.

    Vin qui a traversé les vingt dernières années comme un charme, révélant aujourd'hui tout ce que le merlot âgé, sûrement vinifié sans faute, contient.
    Arômes complexes, multiples, à dominantes de baies rouges et noires (mûres, groseilles ?), de fleurs (sureau, chèvrefeuille ?)  et quelques évocations de fruits secs en un second temps (noisette, pignon de pin ?).

    Le sourire léger et mobile, les yeux clignés de manière à peine perceptible, la longue expiration nasale, les langues déliées se retenant de claquer (mais pourquoi se retenir ?), les propos badins...
    Il faut être nombreux pour un tel partage, et ce vin, immiscé à la place centrale de cet instant, agit sans coup férir en diapason sur lequel s'accorde l'humeur des convives.

    Volupté ? Vous y êtes.
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    Re: In vino veritas

    Message par Bédoulène le Mar 23 Mai - 10:14

    eh bien j'ai plaisir à lire cette révélation !


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    Re: In vino veritas

    Message par Tristram le Mar 23 Mai - 12:42

    Ce qu'il y a de bien pour les chosiens, c'est qu'à défaut de tâter du vin évoqué, on peut savourer tout le vocabulaire afférant !
    "pulvique", qu’es aquò ? variation sur pulvérulent, mais encore ? pur néologisme juste né ?
    Quant à la photo du château Cardinal, dommage qu'un convive ne s'y appuyât point, pour donner l'échelle !
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    Aventin

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    Re: In vino veritas

    Message par Aventin le Mar 23 Mai - 19:16

    @Tristram a écrit:  "pulvique", qu’es aquò ? variation sur pulvérulent, mais encore ? pur néologisme juste né ?

    Mot que j'ai inventé aujourd'hui (enfin, je crois), bâti à partir de pulvis (poussière en latin).
    Pulvérulent provient en effet du même pulvis.
    Un peu autorisé par Rimbaud, qui aurait créé viride (viridis signifie vert en latin), à ceci près que viride est à présent passé en français, je ne pense pas que pulvique en prenne le chemin Laughing .

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    Re: In vino veritas

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