Tim O'Brien

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Tim O'Brien

Message par topocl le Dim 1 Jan - 17:19

Tim O'Brien
Né en 1946



William Timothy O'Brien, dit Tim O'Brien, né le 1er octobre 1946 à Austin dans le Minnesota, est un écrivain américain. Il raconte, pour l'essentiel, son expérience de la guerre du Viêt Nam et de l'impact de cette guerre sur les soldats américains qui y ont combattu. Alors qu'il a douze ans, la famille déménage à Worthington (Minnesota). La ville est située sur le lac Okabena, dans la partie occidentale de l'État, et servira de cadre à certains de ses récits, en particulier dans le roman The Things They Carried.

O'Brien est diplômé en sciences politiques de Macalester College, où il a été président de l'association des étudiants, en 1968. Cette même année, il est enrôlé dans l'armée américaine et envoyé à Viêt Nam, où sert de 1968 à 1970 dans le 5e bataillon de la 23e division d'infanterie. Sa division comprenait l'unité qui fut impliquée dans le massacre de Mỹ Lai. Après avoir terminé son service, O'Brien poursuit ses études supérieures à l'université de Harvard et effectue un stage au Washington Post.  O'Brien vit dans le centre du Texas, où il élève ses jeunes fils. Il enseigne à l'université du Texas-San Marcos.
wikipedia

Œuvres traduites en français

1973 : (If I Die in a Combat Zone, Box Me Up and Ship Me Home) Si je meurs au combat. Mettez-moi dans une boîte et renvoyez-moi à la maison
1978 : (Going After Cacciato) À la poursuite de Cacciato
1985 : (The Nuclear Age) En attendant la fin du monde
1990 : (The Things They Carried) À propos de courage
1994 : (In the Lake of the Woods) Au lac des bois
1998 : (Tomcat in Love) Matou amoureux
2002 : (July) July

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Re: Tim O'Brien

Message par topocl le Dim 1 Jan - 17:21

A propos de courage



Alors qu’il n’avait pas encore 20 ans , Tim O’Brien après avoir bien réfléchi, décida de partir au Vietnam avec les autres. Il se dit qu'il ne pourrait plus regarder en face ses parents, ses amis, les gens de son village s'il ne le faisait pas. Il n'est pas sûr que cette décision lui ait réellement éét dictée par le courage…

À 43 ans, devenu écrivain et père de famille, Tim O'Brien nous livre sa guerre à travers de petits récits précis et oniriques. Ou plutôt l'histoire de sa guerre, car il a bien notion des distorsions que le temps, la volonté, la mémoire apportent à son récit. Il nous parle de l'ambiguïté de la guerre, cet enfer, cette terreur, et pourtant, l'étincelle du défi de l'aventure ; cette période insoutenable de sa vie qu'il a tant de mal à quitter. Il nous parle des amis qui ont partagé son quotidien, de l'insoutenable humour macabre qui seul leur permettait de tenir, de joies douces et éblouissantes au milieu de l'horreur boueuse, et surtout, surtout, de l'émerveillement d'être encore en vie après le combat.

   Une blessure devrait être une expérience dont on puisse retirer quelque fierté. Je ne veux pas parler de machisme. Tout ce que je veux dire c’est qu'on devrait être capable d'en parler : l'impact brutal de la balle, comme un coup de poing, la manière dont elle vous fait perdre le souffle et tousser, comment le bruit du coup de feu vous parvient environ 10 ans plus tard, et la sensation de vertige, l'odeur de soi-même, les choses que l'on pense et que l'on dit et que l'on fait immédiatement après, la manière dont le regard se focalise sur galet blanc ou sur un brin d'herbe et comment on se met à penser : Mon Dieu, c'est la dernière chose que je verrai jamais, ce galet, ce brin d’herbe, et ça vous donne envie de pleurer.

   Quelque chose était allé de travers. Quand j'étais arrivée dans cette guerre, j'étais une personne calme et réfléchie, diplômée d'une université, appartenant à la fraternité Phi BetaKappa et titulaire du tableau d'honneur, j'avais toutes mes lettres de créance mais, après sept mois dans la jungle, je réalisais que tous ces grands honneurs de la civilisation avaient été plus ou moins écrasés sous le poids de la banale réalité du quotidien. J'étais devenue méchant à l'intérieur de moi-même. Si ce n'est parfois un peu cruel. En dépit de toute mon éducation, de toutes mes excellentes valeurs libérales, je ressentais maintenant une immense froideur, quelque chose d'obscur et au-delà de la raison. C'était difficile à admettre, même pour moi, mais j'étais capable de faire du mal.

   C'était une plaisanterie éculée. D'ailleurs, tout était éculé. Le film, la chaleur, l'alcool, la guerre

   Ensemble nous comprenions ce qu'était la terreur : vous n’êtes plus humain. Vous êtes une ombre. Vous glissez hors de votre propre peau, comme lors d'une mue, abandonnant derrière vous votre propre passé et votre propre futur, laissant tout ce que vous avez jamais été ou souhaité ou cru. Vous savez que vous allez mourir. Et ce n'est pas un film et vous n’êtes pas un héros et tout ce que vous pouvez faire, c'est gémir et attendre

   Nous sommes maintenant en 1990. J'ai quarante trois ans, ce qui aurait semblé impossible à un élève du huitième, mais cependant lorsque je regarde des photos de moi tel que j'étais en 1956, je réalise que dans les grandes lignes je n'ai pas changé du tout. On m’appelait alors Timmy ; maintenant on m’appelle Tim. Mais l’essence reste la même. (…). À l'intérieur du corps ou à l'extérieur du corps, il y a quelque chose d'absolu et de constant. La vie humaine est une chose cohérente, comme une lame traçant des arabesques sur la glace : un gamin, un sergent d'infanterie de vingt trois ans, un écrivain entre deux âges ayant connu la culpabilité et le chagrin.



(commentaire récupéré)


mots-clés : #autobiographie #guerre

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Re: Tim O'Brien

Message par topocl le Dim 1 Jan - 17:22

Au lac des bois



   D'une manière ou d'une autre, semble-t-il, nous effectuons tous des escamotages, effaçant l'histoire, verrouillant notre vie, et glissant jour après jour dans les ombres grisaillantes. Notre position est incertaine. Tous les secrets mènent à l'obscurité, et au-delà de l'obscurité il n'y a que des peut-être.

John Wade, homme politique qui a le vent en poupe, voit sa carrière s'effondrer à la révélation du secret bien gardé de sa participation au massacre de My Lai. En même temps que sa carrière, c'est toute sa vie qui est remise en cause, son couple,  sa façon d'accommoder la vérité pour la rendre tolérable, d'escamoter ce qui dérange, de faire croire à une personnalité solide et bienheureuse là où tout n'est que fragilité et masque.

Bien au-delà du traumatisme central de la guerre du Vietnam, toute la personnalité de John Wade, depuis l'enfance -  mais de façon beaucoup plus générale tout le roman - vise à une manipulation de la vérité, une culture de l'illusion. Magicien de l'enfance pour séduire un père alcoolique suicidaire, espion de son épouse, homme incertain et fragile,  John enfouit, sous l'apparente réussite, sa quête d'amour, de reconnaissance et de bonté. Par le silence il croit pouvoir défier le mal qui tout au long de sa vie, s’impose à lui.

   Il y avait longtemps, encore enfant, il avait appris le secret qui permettait de transformer son esprit en tableau noir. Efface tout ça. Dessine des jolies images à la place.

Tim O'Brien mène magistralement ce récit complexe mais éblouissant de la perte et de la fuite . John et Kate après la défaite se retirent loin de tout dans un lieu de nature idyllique où Kate va a son tour disparaître. L'auteur alterne efficacement la description de cette pause supposée ressourçante, des recherches, des hypothèses, des éléments antérieurs de la vie des personnages qui ont amené à cette situation, avec des témoignages ultérieurs recueillis lors de l'enquête, des citations littéraires en rapport avec les traumatismes de guerre, la façon d'y faire face, la disparition… Il décortique, comme on enlève les couches d'un oignon dit un des personnages, la fragilité de ce couple, apparemment résiliant, mais dont l'étayage se base sur les silences et ce, jusqu'à une certaine folie.

Cela donne un enchevêtrement brillant d' éléments qui pourraient paraître disparates, mais confèrent au contraire une extraordinaire richesse au récit et à l'étude de la personnalité de cet homme tragique, insaisissable parce qu'il l'a voulu tel, se croyant protégé derrière ses non-dits, en quête perpétuelle d'une reconnaissance. Témoin de la précarité de chacun, le mot peut-être est le fil rouge de ce récit qui n'affirme jamais rien, mais aborde ses personnages avec  une totale humanité .

(commentaire récupéré)


mots-clés : #psychologique

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Re: Tim O'Brien

Message par topocl le Jeu 5 Jan - 11:38

Juillet, juillet



C'était la 30e réunion et pour beaucoup d'anciens élèves de la promotion 69, si ce n'est pour tous, le monde se réduisait à une simple question : maintenant ou jamais.

En ce mois de juillet 2000, c'est la réunion des anciens élèves de la promotion 69. À l'époque, ils croyaient en leur avenir,  Peace and Love était leur slogan. Les voilà bedonnants, épongeant leur amertume dans l'alcool, déballant leurs petits riens et leurs grands regrets, courant toujours après leurs rêves, jouant sans doute leur dernière carte.

Toi, moi, toute notre génération de rêveurs. Autrefois on parlait des accords de Genève, de la résolution du golf du Tonkin. Maintenant on ne parle plus que de liposuccion et d'ex-maris.

(commentaire récupéré)

Dans une construction habile, Tim O'Brien nous livre en fil rouge les péripéties de cette journée de retrouvailles : on va de l'un à l'autre, on suit les regroupements, les confidences, ils sont de plus en plus saouls et donc de plus en plus sincères... S'intercalent des  chapitres, comme autant de nouvelles  qui , chacune, raconte l'histoire d'un des membres, à travers un moment crucial où tout a basculé. L'histoire de la réunion des anciens élèves  nous avait déjà été jouée par Philip Roth, dans Pastorale américaine, mais c'en est ici  une version plus intime, moins universelle ou politique, que nous dresse Tim O'Brien. Alliant mélancolie, humour et tendresse, il nous raconte des histoires de gens, quelque chose qui fait  penser à une comédie à l'italienne. On a de la sympathie et de la compassion tout à la fois pour ces quinquagénaires qui ont connu une certaine réussite sociale, mais qui ont été si maladroits avec leurs sentiments, qu'ils restent encore, comme à 20 ans, dans l'attente de moments vraiment heureux.

«Il vaut peut-être mieux renoncer à espérer, dit-elle. C'est peut-être ça le truc. Ne jamais espérer.»

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