Per Petterson

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Per Petterson

Message par topocl le Dim 1 Jan - 17:37

Per Petterson
Né en 1952



Per Petterson , né le 18 juillet 1952 à Oslo, est un écrivain et un romancier norvégien. Cet osloïte, bibliothécaire-documentaliste de profession, a travaillé comme libraire ou employé de librairie à Oslo, traducteur et critique littéraire avant de se tourner vers la littérature à temps plein vers la fin des années 1990. Ses premiers textes sont des histoires courtes ou nouvelles, puis des recueils de novels, comme Aske i munnen, sand i skoa (cendre en bouche, sable dans les chaussures). Il cite l'écrivain Knut Hamsun et Raymond Carver parmi ses influences. Il a traduit en norvégien pour Tronsmo bokhandel en 1987 John Fante, en particulier le roman 1933 was a Bad Year. Sa vie privée et familiale a été marqué par la disparition de ses parents (père, mère, jeune frère, nièce) en 1990, au cours du naufrage d'un ferry dans le Skagerrak entre Oslo et le Danemark.Il habite aujourd'hui un petit village norvégien isolé.

Bibliographie en français

   1996 – Til Sibir (Jusqu'en Sibérie), 2002.
   2000 – I kjølvannet (Dans le sillage ), 2005.
   2003 – Ut og stjæle hester (Pas facile de voler des chevaux), 2006.
   2008 – Jeg forbanner tidens elv (Maudit soit le fleuve du temps), 2010.
   2012 – Jeg nekter ( Je refuse ), 2014.

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2358
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Per Petterson

Message par topocl le Dim 1 Jan - 17:39

Pas facile de voler des chevaux



Ce livre se construit sur le thème assez classique de l'homme au crépuscule de sa vie, qui tire un trait, se retire dans la solitude, dans l'espoir d'une vieillesse sereine, basée sur l'amour de la nature et le travail manuel,. Il reconnaît en son voisin un garçon qu'il a connu lors de l’ été de ses 15 ans, en 1948, lequel fut bien particulier pour lui, et les souvenirs remontent peu à peu. Entre promenades et travaux campagnards, il nous raconte ce fameux été qui fut sans doute le dernier de son enfance , ses joies et ses bouleversements.

Il ne faut pas chercher une cohérence, un départ et une fin, ou des réponses dans cette démarche. Il faut aimer la nature, le travail des hommes, les lumières et les odeurs. Il n'y a pas de but : c'est comme dans la vie il n'y a que la cohérence d'une personne, qui se construit, puis vieillit. J'ai beaucoup aimé la lecture au fil des pages : une écriture fluide, des descriptions, une façon de voir la vie donnent un réel plaisir de l'instant au lecteur. Mais d'une certaine façon j’ai trouvé que le livre manquait de sens, les faits sont là, les pistes n'aboutissent à rien. Il y a une façon de ne pas tout livrer qui me déstabilise. Et cela laisse, une fois le livre fermé, une certaine insatisfaction.

Toute ma vie j’ai désiré vivre seul dans un endroit comme celui-ci. Même quand la vie était belle, et elle l’a souvent été. Ça, je peux l'affirmer. Qu’elle l’a souvent été. J'ai eu de la chance. Mais même dans ces moments-là, au milieu d'une étreinte par exemple, quand on me murmurait à l'oreille les mots que je voulais entendre, j'ai parfois ressenti un brusque désir d'être loin, dans un endroit où tout ne serait que silence. Pendant des années, je n'y ai pas pensé, mais ce désir était quand même présent. Et maintenant je vis ici, et tout ressemble presque à ce que j'avais imaginé.

Les gens aiment bien qu'on leur raconte des choses avec modestie et sur le ton de la confidence, mais sans trop se livrer. Ainsi ils pensent vous connaître, mais ce n'est pas vrai. Ils connaissent des choses sur vous, ils ont appris certains détails, mais ils ne savent rien de vos sentiments ni de vos pensées, ils ignorent comment les événements de votre vie et les décisions que vous avez été amené à prendre ont fait de vous celui que vous êtes. Ils se contentent de vous attribuer leurs propres sentiments et leurs propres pensées ; avec leurs suppositions, ils construisent une vie qui n'a pas grand-chose à voir avec la vôtre. Et vous êtes en sécurité.

Maintenant, au cinéma, il n'y a plus que des idées. Des idées bien minces et quelque chose qu'on voudrait faire passer pour de l'humour. Tout est censé être si drôle. Mais j'ai horreur de me laisser divertir, je n'ai plus assez de temps pour ça

(commentaire récupéré)


Dernière édition par topocl le Dim 1 Jan - 18:38, édité 1 fois

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2358
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Per Petterson

Message par topocl le Dim 1 Jan - 17:41

Après, j'ai été "un peu" déçue :

Maudit soit le fleuve du temps



Notre narrateur est bien malheureux. Déjà, tout petit, il voulait être blond et non brun, pour ressembler à sa maman plutôt qu'à son papa, et ne pas se sentir exclu de la famille. Tout jeune , communiste, il a abandonné ses études pour l'usine, et cela l'a éloigné de sa maman qui voulait le voir sortir de cette condition ouvrière. C'était une erreur, d'ailleurs. Là, il est en train de divorcer de l'amour de sa vie (ils étaient pourtant très amoureux, au début). Ah... et puis sa maman a un cancer. Sans vouloir le reconnaître, il s'en fout un peu, ses malheurs étant quand même bien suffisants, mais cela leur donne l'occasion de nous convier à des espèces de retrouvailles distantes, (manquées ou pas, on ne le saura pas) au Danemark , pays natal de cette mère. Pour comble de tout, il tombe à l'eau maladroitement en descendant d'une barque (où il ruminait sombrement), et sa mère lui donne d'anciens habits de son père pour se changer. Ils lui vont comme un gant (vous voyez le symbole?). Ça se passe au moment de la chute du mur de Berlin, alors, dans ce paysage grisaillou, il y a peut-être un espoir, veut-il bien concéder à la dernière page (c'était ça, le retournement final dont j' espérais qu'il allait donner un sens au roman et qui m'a fait tenir jusqu’au bout).

Je vous la fais courte, les poncifs ne s'arrêtent pas là. C'est d'un pointilleux dans le détail pas intéressant côté description, terre-à-terre dans le dialogue, creux à force de réserve et de « pudeur ». Ça veut nous faire sentir à quel point l'auteur maîtrise les émotions . C'est tellement réussi dans cette distance, qu'on se fout complètement des paysages sauvages de plages désertes balayées par le vent. C'est d'un ennui...

(commentaire récupéré)

_________________
Comme d'autres soulèvent des haltères pour se garder en forme physiquement,certains soulèvent des idées et des émotions pour que leur esprit ne s'étiole pas.
Dany Laferrière
avatar
topocl

Messages : 2358
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Per Petterson

Message par bix_229 le Dim 1 Jan - 19:46



JUSQU'EN SIBERIE

Ce livre est l'histoire d'une femme depuis son enfance jusqu'à la soixantaine. L'enfance, c'est le Danemark des prolétaires et des paysans pauvres dans les années 1930, et ensuite la Norvège.
La réalité que décrit Petterson est rude et parfois violente. Le Danemark agréssé et occupé par l'Allemagne nazie.
Il y a plusieurs façons de voir la réalité, de l'imaginer, de la recréer et bien entendu de la raconter. Celle de Petterson est de faire en sorte que ce roman baigne dans une sorte de lumière et que cette lumière émane de cette femme inoubliable qu'il nous présente.
Cette manière est simple ou le paraît, mais elle est émouvante, parce qu'elle met en relief des moments privilégiés ou décisifs. Et puis, il y a cette façon extraordinaire qu'il a de s'identifier à ce point à ce personnage féminin.
Ce livre est un enchantement.

Je suis au milieu de la boutique, à bonne distance de tout, et je me dis que je me souviendrai de tout ça, de l' obscurité et de moi dans mon chemisier jaune, debout sur le carrelage noir et blanc.

Je lève les bras, je les écarte et je commence à tourner lentement sur moi-même.

J'exécute une danse si secrète que personne d'autre ne peut la comprendre, j'exécute une danse pour me souvenir de mon corps en ce moment précis.

J'ai 17 ans, et j' exécute une danse lente pour que demeure en moi l'image de celle que je suis.

J'exécute ma danse jusqu'au bout et je me vois d'en haut et je me vois de profil et j'enregistre chaque détail de ce que je vois, et tout est encore tranquille, et je vais jusqu'à la porte et je m'assieds sur les marches, et je vois la lumière toute jaune se répandre dans la rue éclairant le haut de la maison d'en face où Herlov Beniksen écate les rideaux et regarde au dehors...

Message récupéré


mots-clés : #initiatique
avatar
bix_229

Messages : 2669
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: Per Petterson

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains de Scandinavie

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum