Antonin Artaud

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Antonin Artaud

Message par bix_229 le Lun 2 Jan - 16:39

Antonin Artaud (1896-1948)


Né à : Marseille (Bouches-du-Rhône) , le  04/09/1896
Mort à : Ivry-sur-Seine , le 04/03/1948

Antonin Artaud, de son vrai nom Antoine Marie Joseph Artaud, est un poète, romancier, acteur, dessinateur et théoricien du théâtre français.

Théoricien du théâtre et inventeur du concept du « théâtre de la cruauté » dans Le Théâtre et son double, Artaud aura tenté de transformer de fond en comble la littérature, le théâtre et le cinéma. Par la poésie, la mise en scène, la drogue, les pèlerinages, le dessin et la radio, chacune de ces activités a été un outil entre ses mains, « un moyen pour atteindre un peu de la réalité qui le fuit. »

Souffrant de maux de tête chroniques depuis son adolescence, qu'il combattra par de constantes injections de médications diverses, la présence de la douleur influera sur ses relations comme sur sa création. Il sera interné en asile près de neuf années durant, subissant de fréquentes séries d'électrochocs.

En 1938 paraît un recueil de textes sous le titre Le Théâtre et son double dont Le Théâtre et la peste, texte d'une conférence littéralement incarnée, plus que prononcée, Artaud jouant les dernières convulsions d'un pestiféré devant une assistance atterrée puis hilare.

Déçu par le théâtre qui ne lui propose que de petits rôles, Artaud espère du cinéma une carrière d'une autre envergure. En 1935, il apparaît deux ultimes fois dans Lucrèce Borgia d'Abel Gance et dans Kœnigsmark de Maurice Tourneur.
Antonin Artaud aura tourné dans plus d'une vingtaine de films sans jamais avoir obtenu le moindre premier rôle ni même un second rôle d'importance.

Atteint d'un cancer du rectum diagnostiqué trop tard, Antonin Artaud meurt le matin du 4 mars 1948. Il est enterré au cimetière Saint-Pierre à Marseille.
source : wikipédia

Bibliographie sélective

L' Ombiilic des limbes
Le Pèse-nerfs, Leibovitz, 1925
L'Art et la Mort, 1929
Les Nouvelles Révélations de l'être, 1937
Le Théâtre et son double, 1938
D'un voyage au pays des Tarahumaras, 1945
Van Gogh, le suicidé de la société, 1947
Artaud le Mômo, 1947
Ci-gît, précédé de la Culture indienne, 1947
Pour en finir avec le jugement de Dieu, 1948
Les Cenci, in Œuvres complètes, 1964

Publications posthumes
50 Dessins pour assassiner la magie, 2004
Artaud Œuvres, choix de textes par Evelyne Grossman, 2004
Cahier d'Ivry, janvier 1948, fac-similé, 2006
Nouveaux Écrits de Rodez, 2006.

source : Esprits Nomades pour la bibliographie.

Mot-clé : #poésie
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Re: Antonin Artaud

Message par bix_229 le Lun 2 Jan - 16:57



VAN GOGH LE SUICIDE DE LA SOCIETE

Van Gogh est le livre que je préfère d' Artaud. Artaud s'est en partie identifié à Van Gogh, et c'est ainsi qu'on a un portrait sensible sinon ressemblant de Van Gogh et un autoportrait d' Artaud lui-meme en suicidé de la société...

Personnellement, j'aimais Van Gogh avant d'avoir lu Artaud, mais la lecture d'Artaud m'a fait connaître un Van Gogh que personne d'autre n'aurait pu me montrer.
Question d'empathie comme on dit. Artistes tous les deux, mais bien au delà de la fêlure. Artaud dans sa vie malheureuse ne connut pas beaucoup de moments heureux. Et il était beaucoup trop souffrant et hérissé pour avoir beaucoup d'amis.
Alors je pense qu'il a trouvé une parenté réelle avec Van Gogh.

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mots-clés : #creationartistique


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Re: Antonin Artaud

Message par bix_229 le Lun 2 Jan - 17:02

J' espère que Constance/Elvire viendra compléter le tableau

Elle connait Artaud sous toutes ses facettes.
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Re: Antonin Artaud

Message par bix_229 le Lun 2 Jan - 17:07


LE THEATRE ET SON DOUBLE

Le 6 janvier 1936, Antonin Artaud (1896-1948) soumet à Jean Paulhan plusieurs textes (articles, conférences, lettres) destinés à composer un essai sur le théâtre. Au mois de décembre de la même année, il écrit à Gaston Gallimard pour défendre son travail « qui touche à des problèmes d'une extrême actualité ». Mais Le Théâtre et son double ne sera publié qu'en 1938, alors qu'Artaud vient d'être interné.
1.  Restaurer la fonction sacrée du théâtre

Le Théâtre et son double regroupe un ensemble de conférences (« Le Théâtre et la peste », « La Mise en scène et la métaphysique »), d'articles (« Le Théâtre alchimique », « Sur le théâtre balinais »), deux manifestes sur « le théâtre de la cruauté », et de nombreuses lettres rédigées entre 1932 et 1937. À travers ces textes, Antonin Artaud expose ses conceptions du théâtre et secoue la complaisante torpeur dans laquelle se fige la culture occidentale. En y voyant davantage qu'un simple traité de la pratique théâtrale, Jacques Derrida insiste sur le fait qu'il s'agit là plus particulièrement « d'un système de critique ébranlant le tout de l'histoire de l'Occident ».

Le Théâtre et son double reçut son unique illustration avec la mise en scène des Cenci, drame tiré de Shelley et de Stendhal qu'Artaud monta en 1935, mais qui ne resta que dix-sept jours à l'affiche. Par la mise en scène et par l'interprétation, Artaud affirmait alors vouloir porter « au cours du spectacle, l'action, les situations, les images à ce degré d'incandescence implacable qui dans le domaine psychologique ou cosmique s'identifie avec la cruauté ».

Parce que l'idée de théâtre s'est perdue, Artaud entend la restaurer dans sa fonction sacrée, celle d'une métaphysique aboutissant à l'unité originelle. En s'inspirant du théâtre balinais, qui possède son propre langage de signes, il en vient à opposer la conception d'un théâtre occidental, assujetti à la parole et aux texte...
Extrait de l' Encyclopaedia Universalis


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Re: Antonin Artaud

Message par bix_229 le Lun 2 Jan - 17:27



LES TARAHUMARAS
Les Tarahumaras
par Antonin Artaud
Gallimard
Collection Folio
1987

Voyage au pays des Tarahumaras, le livre qui a fait connaître ce peuple indien du Mexique et son fameux rite du peyotl

Si, en 1936, un poète désespéré par l'Europe n'avait cherché, au prix de difficultés et de souffrances incroyables, à se porter à la rencontre des Tarahumaras, mangeurs de peyotl, leur nom ne nous serait pas aussi familier, il ne serait pas devenu ce vocable évocateur de fabuleux paysages : montagnes peuplées d' « effigies naturelles » et gravées de signes magiques, ciels qui auraient inspiré leurs bleus aux peintres d'avant la Renaissance, cortèges de Rois mages apparaissent à la tombée du jour dans un « pays construit comme des pays de peinture »; et, pour beaucoup d'entre nous, les Tarahumaras ne seraient pas ce peuple fier et intact, obsédé de philosphie, qui a su maintenir, en des danses accompagnées de miroirs, de croix, de clochettes ou de râpes, les grands rites solaires : rite du peyotl au cours duquel un mystérieux alphabet sort du foie du participant et se répand dans l'espace, rite des rois de l'Atlantide déjà bien étrangement décrit par Platon, rite sombre du Tutuguri avec son tympanon lancinant.
Préface de Paule Thévenin

Gallimard
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Re: Antonin Artaud

Message par animal le Lun 2 Jan - 22:36

ça m'avait solidement impressionné Le suicidé de la société, un titre encore plus sec que punk. ça m'a aidé aussi à être plus réceptif à cette peinture très particulière.

reprise de message :


Van Gogh le suicidé de la société


« Je vois à l'heure où j'écris ces lignes, le visage rouge sanglant du peintre venir à moi, dans une muraille de tournesols éventrés,
Dans un formidable embrasement d'escarbilles d'hyacinthe opaque et d'herbages de lapis-lazuli.
Tout cela, au milieu d'un bombardement comme météorique d'atomes qui se feraient voir grain à grain,
Preuve que Van Gogh a pensé ses toiles comme un peintre, certes, et uniquement comme un peintre, mais qui serait,
Par le fait même,
Un formidable musicien. »

Dans Van Gogh le suicidé de la société, publié en 1947, quelques mois avant sa mort, Antonin Artaud rend au peintre un éblouissant hommage. Non Van Gogh n'était pas fou, martèle-t-il, ou alors il l'était au sens de cette authentique aliénation dont la société et les psychiatres ne veulent rien savoir. "Mais quelle garantie les aliénés évidents de ce monde ont-ils d'être soignés par d'authentiques vivants ?" (Aliénation et magie noire)


L'avant propos est légèrement inquiétant mais heureusement le texte lui même se révèle nettement plus lisible, même si le sens de certains passages mérite réflexion. Une écriture vivace d'apparence rageuse mais très douce, une sorte de grand écart démonstratif qui se resserre autour de plusieurs forme d'un même motif d'opposition du vrai et du tuant ? ... folie supposée et médecine improbable, réalité communément tangible et révélation de la peinture... la concrétisation, l'hommage donc, se fait dans la peinture mais ce motif pas loin d'être effrayant est comme la grande toile d'un cauchemar.

Je n'avais jamais lu Artaud et je connais peu Van Gogh que ce soit sa vie ou son œuvre qui me vient comme par à-coups... cette lecture m'a donc permis de découvrir une vision très précise et concrète de cette peinture, une peinture goûtée dans un absolu sans retenue, projetée hérissée de tous ses enjeux dans la plus parfaite actualité (le passage évoquant la tenue de l'exposition est très riche de sens). Il décrit ainsi la force vibrante et écorchée de l'inanimé, une transcendance de la simple peinture et du simple motif d'ailleurs choisis, et revient par ce chemin au sens et à une grandeur qui n'a plus vraiment de raison, une certaine normalité mais réalisée... L'attachement au peintre et à sa peinture est sincèrement poignant, pas tant dans la démesure qu'on peut trouver à la forme mais quelque chose de plus intime, face à de l'humain à nu presque étranger à une pudeur qui serait dévoilée grossière.

ça ébranle au fur et à mesure, après...

ça nécessite également de poursuivre vers cet auteur et regarder autrement la peinture.

très très grand merci à l'homme oiseau !


Et extrait :

Une exposition de tableaux de Van Gogh est toujours une date dans l'histoire,
non dans l'histoire des choses peintes, mais dans l'histoire historique tout court.
Car il n'y a pas de famine, d'épidémie, d'explosion de volcan, de tremblement de terre, de guerre, qui rebrousse les monades de l'air, qui torde le cou à la figure torve de fama fatum, le destin névrotique des choses,
comme une peinture de Van Gogh, - sortie au jour,
remise à même la vue,
l'ouïe, le tact,
l'arôme,
sur les murs d'une exposition, -
enfin lancée à neuf dans l'actualité courante, réintroduite dans la circulation.
Il n'y a pas dans la dernière exposition Van Gogh, au Palais de l'Orangerie, toutes les très grandes toiles du malheureux peintre. Mais il y a parmi celles qui sont là, assez de défilés giratoires constellés de touffes de plantes de carmin, de chemins creux surmontés d'un if, de soleils violacés tournant sur des meules de blé d'or pur, de Père Tranquille et de portraits de Van Gogh par Van Gogh,
pour rappeler de quelle sordide simplicité d'objets, de personnes, de matériaux, d'éléments,
Van Gogh a tiré ces espèces de chants d'orgue, ces feux d'artifice, ces épiphanies atmosphériques, ce "Grand Œuvre" enfin d'une sempiternelle et intempestive transmutation.

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Re: Antonin Artaud

Message par Jack-Hubert Bukowski le Dim 22 Jan - 8:07

Je vais rapatrier de l'ancien forum le poème suivant :

«VITRES DE SON»

Vitres de son où virent les astres,
Verres où cuisent les cerveaux,
Le ciel fourmillant d'impudeurs
Dévore la nudité des astres.

Un lait bizarre et véhément
Fourmille au fond du firmament;
Un escargot monte et dérange
La placidité des nuages.

Délices et rages, le ciel entier
Lance sur nous comme un nuage
Un tourbillon d'ailes sauvages
Torrentielles d'obscénités.


mots-clés : #poésie
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Re: Antonin Artaud

Message par Tristram le Dim 22 Jan - 13:06

« Car pour moi les idées claires sont, au théâtre comme partout ailleurs, des idées mortes et terminées. »
Antonin Artaud, « La mise en scène et la métaphysique », in « Le théâtre et son double »

« Avoué ou non avoué, conscient ou inconscient, l'état poétique, un état transcendant de la vie, est au fond ce que le public recherche à travers l'amour, le crime, les drogues, la guerre ou l'insurrection. »
Antonin Artaud, « Le théâtre de la cruauté (Second manifeste) », in « Le théâtre et son double »
« …] Antonin Artaud. Il disait qu’il ne savait pas écrire mais qu’il écrivait quand même et qu’il fallait le délivrer en le publiant. »
Jean-Luc Godard, entretien avec Pierre Assouline, mai 1997, Lire n°255
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