Honoré de Balzac

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Honoré de Balzac

Message par ArenSor le Lun 2 Jan - 17:46

Honoré de Balzac (1799-1850)


Honoré de Balzac est un écrivain français. Romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur, il a laissé l'une des plus imposantes œuvres romanesques de la littérature française, avec plus de quatre-vingt-dix romans et nouvelles parus de 1829 à 1855, réunis sous le titre La Comédie humaine. À cela s'ajoutent Les Cent Contes drolatiques, ainsi que des romans de jeunesse publiés sous des pseudonymes et quelque vingt-cinq œuvres ébauchées.
Il est un maître du roman français, dont il a abordé plusieurs genres, du roman philosophique avec Le Chef-d'œuvre inconnu au roman fantastique avec La Peau de chagrin ou encore au roman poétique avec Le Lys dans la vallée. Il a surtout excellé dans la veine du réalisme, avec notamment Le Père Goriot et Eugénie Grandet, mais il s'agit d'un réalisme visionnaire, que transcende la puissance de son imagination créatrice.

Comme il l'explique dans son Avant-Propos à La Comédie humaine, il a pour projet d'identifier les « Espèces sociales » de son époque, tout comme Buffon avait identifié les espèces zoologiques. Ayant découvert par ses lectures de Walter Scott que le roman pouvait atteindre à une « valeur philosophique », il veut explorer les différentes classes sociales et les individus qui les composent, afin « d'écrire l’histoire oubliée par tant d’historiens, celle des mœurs » et « faire concurrence à l'état civil ».
L'auteur décrit la montée du capitalisme et l'absorption par la bourgeoisie d'une noblesse incapable de s'adapter aux réalités nouvelles. Intéressé par les êtres qui ont un destin, il crée des personnages plus grands que nature, au point qu'on a pu dire que, dans ses romans, « chacun, même les portières, a du génie ».
Ses opinions politiques sont ambiguës : s’il affiche des convictions légitimistes en pleine Monarchie de Juillet, il s’est auparavant déclaré libéral, et défendra les ouvriers en 1840 et en 1848, même s'il ne leur accorde aucune place dans ses romans. Tout en professant des idées conservatrices, il a produit une œuvre admirée par Marx et Engels, et qui invite par certains aspects à l'anarchisme et à la révolte.

Outre sa production littéraire, il écrit des articles dans les journaux et dirige successivement deux revues, qui feront faillite. Convaincu de la haute mission de l'écrivain, qui doit régner par la pensée, il lutte pour le respect des droits d'auteur et contribue à la fondation de la Société des gens de lettres.
Travailleur forcené, fragilisant par ses excès une santé précaire, endetté à la suite d'investissements hasardeux et de dépenses somptuaires, fuyant ses créanciers sous de faux noms dans différentes demeures, Balzac a aussi eu de nombreuses liaisons féminines avant d'épouser, en 1850, la comtesse Hańska, qu'il avait courtisée pendant dix-sept ans. Comme l’argent qu’il gagnait avec sa plume ne suffisait pas à payer ses dettes, il avait sans cesse en tête des projets mirobolants : une imprimerie, un journal, une mine d'argent. C’est dans un palais situé rue Fortunée qu’il meurt profondément endetté au milieu d’un luxe inouï.

Lu et admiré dans toute l'Europe, Balzac a fortement influencé les écrivains de son temps et du siècle suivant. Le roman L'Éducation sentimentale de Gustave Flaubert est directement inspiré du Lys dans la vallée, et Madame Bovary, de La Femme de trente ans. Le principe du retour de personnages évoluant et se transformant au sein d'un vaste cycle romanesque a notamment inspiré Émile Zola et Marcel Proust. Ses œuvres continuent d'être rééditées. Le cinéma a adapté La Marâtre dès 1906 ; depuis, les adaptations cinématographiques et télévisuelles de cette œuvre immense se sont multipliées, avec plus d'une centaine de films et téléfilms produits à travers le monde.

La Comédie humaine

1829 : Les Chouans, Physiologie du mariage
1830 : La Maison du chat-qui-pelote, El Verdugo, La Vendetta, Le Bal de Sceaux, Étude de femme, Une double famille, Gobseck, La Paix du ménage, Une passion dans le désert, Adieu !, Petites misères de la vie conjugale, (Traité de la vie élégante), Les Deux Rêves
1831 : La Peau de chagrin, La Grande Bretèche (Autre étude de femme), Sarrasine, Le Chef-d'œuvre inconnu, Les Proscrits, Le Réquisitionnaire, L’Auberge rouge, L'Élixir de longue vie, Jésus-Christ en Flandre, L'Enfant maudit
1832 : Madame Firmiani, Le Curé de Tours, Louis Lambert, Maître Cornélius, La Bourse, Le Colonel Chabert
1833 : La Femme abandonnée, La Grenadière, Le Message, Eugénie Grandet, L'Illustre Gaudissart, Le Médecin de campagne, (Théorie de la démarche)
1834 : La Femme de trente ans, Ferragus, La Duchesse de Langeais, La Recherche de l'absolu, Les Marana, Un drame au bord de la mer, Séraphîta
1835 : Le Contrat de mariage, Le Père Goriot, La Fille aux yeux d'or, Melmoth réconcilié
1836 : Le Lys dans la vallée, La Vieille Fille, L'Interdiction
1837 : Illusions perdues 1 (Les Deux Poètes), La Messe de l'athée, Facino Cane, César Birotteau, La Confidence des Ruggieri, Gambara
1838 : Une fille d'Ève, La Maison Nucingen, Les Employés ou la Femme supérieure, Le Cabinet des Antiques
1839 : Autre étude de femme, Béatrix, Illusions perdues 2 (Un grand homme de province à Paris), Massimilla Doni, Pierre Grassou, Les Secrets de la princesse de Cadignan, Pathologie de la vie sociale (Traité des excitants modernes)
1840 : Pierrette, Un prince de la bohème, Z. Marcas
1841 : Mémoires de deux jeunes mariées, Ursule Mirouët, Une ténébreuse affaire, Le Curé de village
1842 : La Fausse Maîtresse, Albert Savarus, La Rabouilleuse (Un ménage de garçon), Un épisode sous la Terreur, (Avant-propos à La Comédie humaine)
1843 : Honorine, Illusions perdues 3 (Ève et David ou Les Souffrances de l'inventeur), La Muse du département
1844 : Modeste Mignon, Un début dans la vie, Gaudissart II, Sur Catherine de Médicis (Le martyr calviniste), Un homme d'affaires
1846 : Les Comédiens sans le savoir, La Cousine Bette
1847 : Le Cousin Pons
1838-1847 : Splendeurs et misères des courtisanes (1 Comment aiment les filles, 2 À combien l'amour revient aux vieillards, 3 Où mènent les mauvais chemins, 4 La Dernière Incarnation de Vautrin)
1848 : L'Envers de l'histoire contemporaine (1 Madame de la Chanterie, 2 L'Initié)

(source Wikipédia)
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Re: Honoré de Balzac

Message par ArenSor le Lun 2 Jan - 17:47



Le Père Goriot

L’un des chef-d'œuvre de Balzac est avant tout une galerie de portraits et une atmosphère, celle de la pension Vauquer. Destinée aux bourses plates, la pension pue la misère, le sordide. La maîtresse de maison qui veut jouer à la bourgeoise n'est pas insensible aux plaisanteries et aux avances de Vautrin, colosse qui joue lui les boute-en-train mais dont on devine rapidement les aspects inquiétants. Il y a là un jeune noble désargenté monté de la province, Eugène de Rastignac, son camarade étudiant en médecine, Bianchon, une jeune fille, Victorine et sa gouvernante, une vieille fille, Me Michonneau et un retraité, Poiret ; enfin le père Goriot, qui avait fait fortune sous la révolution en spéculant sur les blés mais dont les biens sont amoindris. Goriot a tout sacrifié pour ses deux filles, Anasthasie qui a épousé le comte de Restaud et Delphine qui a épousé le baron de Nucingen.  

L'intrigue a pour point de départ la récupération des diamants mis en gage auprès de l’usurier Gobseck pour couvrir les dettes de l’amant d’Anasthasie. Pour cela, Goriot abandonne ses dernières ressources. Ne voulant pas faire de jaloux, il offre également un appartement meublé pour les amours de Delphine et d'Eugène de Rastignac. Celui ci est plein de compassion pour Goriot qui devient rapidement la risée des autres pensionnaires. Pendant ce temps, un mouchard de la police approche Mle Michonneau et son soupirant Poiret pour l'aider à démasquer Vautrin en qui il voit un dangereux forçat échappé du bagne. Ledit Vautrin a proposé un marché sulfureux au jeune Rastignac désargenté. Il lui offre la main de Victorine, en échange il fera tuer son frère en duel pour qu'elle puisse hériter de la fortune paternelle. Rastignac sait résister à la tentation. Vautrin démasqué est enfin arrêté, Goriot, épuisé par ses sacrifices et au désespoir de ne pouvoir faire plus, tombe gravement malade.
Son dernier espoir est de revoir ses filles avant de mourir. Espoir déçu. L'agonie de Goriot, abandonné par ses filles et ses beaux-fils, est terrible "A quoi cela lui sert de vivre encore ? - A souffrir". Rastignac qui avec Bianchon soigne le vieil homme doit mettre sa montre au clou pour payer un linceul et une place dans le cimetière. Endurci par ces événements, Rastignac décide de prendre la société à bras-le-corps "Paris, à nous deux".


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Re: Honoré de Balzac

Message par ArenSor le Lun 2 Jan - 17:53



Le Colonel Chabert

Le colonel Chabert décide de la victoire d'Eylau par sa charge héroïque, mais il y perd la vie. Tout du moins, tout le monde le croit. En fait, Chabert se réveille au soir de la bataille dans la fosse commune dont il réussit à s'extraire malgré l'horrible blessure sur son crâne. Sauvé par des paysans, il regagne Paris. Mais entre-temps, son épouse a épousé le comte Ferraud avec lequel elle a eu plusieurs enfants. Donc, Chabert vient trouver l'avoué Derville pour faire reconnaître ses droits.

Balzac nous donne en ouverture du roman une savoureuse description de l'étude avec les plaisanteries des clercs qui fusent de tous côtés. En attendant que Derville puisse constituer le dossier, Chabert loge misérablement chez un compagnon d'armes, le "nouriceure" Vergniaud. Vient enfin la confrontation de Chabert avec son épouse qui refuse de reconnaître le colonel, celui ci lui rappelle à mots couverts qu'il l'a sorti du ruisseau et qu'elle lui doit toute sa fortune. Au sortir de l'entrevue, madame Ferraud aborde Chabert et l'amène à son pavillon près de Montmorency. Son but, en mèche avec l'avoué Derville, est d'apitoyer Chabert pour le faire renoncer à son nom contre une pension. Elle lui met sous les yeux ses enfants, le bonheur d'une famille. Son stratagème échoue. Chabert refuse de renoncer à son nom. De plus, il apprend que sa femme l'a joué et qu'elle menace de le faire interner à Charenton. Chabert, lors d'une dernière entrevue avec sa femme, lui déclare son mépris et promet de disparaître. De nombreuses années plus tard, Derville reconnaît le colonel dans le misérable vieillard qui mendie quelques brins de tabac à la porte de l'hospice.
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Re: Honoré de Balzac

Message par Mordicus le Lun 2 Jan - 18:59


(Qu'est-ce que j'ai pu détester Le lys dans la vallée, d'ailleurs, je n'ai plus r i e n lu de Balzac depuis. Je reconnais sa force de travail, mais c'est tout.

Déso Balzo !)

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Re: Honoré de Balzac

Message par ArenSor le Lun 2 Jan - 19:09

Mordicus a écrit:
(Qu'est-ce que j'ai pu détester Le lys dans la vallée, d'ailleurs, je n'ai plus r i e n lu de Balzac depuis. Je reconnais sa force de travail, mais c'est tout.

Déso Balzo !)

Le Lys, c'est très très érotique Very Happy

« Aussitôt, je sentis un parfum de femme qui brilla dans mon âme comme y brilla depuis la poésie orientale. Je regardais ma voisine et fut plus ébloui par elle. que je ne l’avais été par la fête ; elle devint toute ma fête. Si vous avez bien compris ma vie antérieure, vous devinerez les sentiments qui sourdirent en mon cœur. Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules rebondies sur lesquelles j’aurais voulu pouvoir me rouler, des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois, de pudiques épaules qui avaient une âme et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie. Ces épaules étaient partagées par une raie, le long de laquelle coula mon regard, plus hardi que ma main. Je me haussai tout palpitant pour voir le corsage et fus complètement fasciné par une gorge chastement couverte d’une gaze, mais dont les globes azurés et d’une rondeur parfaite étaient douillettement couchés dans des flots de dentelle. Les plus légers détails de cette tête furent des amorces qui réveillèrent en moi des jouissances infinies ; le brillant des cheveux lissés au-dessus d’un cou velouté comme celui d’une petite fille, les lignes blanches que le peigne y avait dessinées et où mon imagination courut comme en de frais sentiers, tout me fit perdre l’esprit. Après m’être assuré que personne ne me voyait, je me plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère et je baisai toutes ces épaules en y roulant ma tête. Cette femme poussa un cri perçant, que la musique empêcha d’entendre ; elle se retourna, me vit et me dit « Monsieur ! »

Honoré de Balzac : Le Lys dans la vallée
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Re: Honoré de Balzac

Message par Mordicus le Lun 2 Jan - 19:10


Ho bordel.
Désolée, je me suis endormie au milieu.
Ça sonne comme "50 shades of Grey" en encore un peu plus chiant.

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Re: Honoré de Balzac

Message par Armor le Lun 2 Jan - 19:18

J'ai toujours eu un rapport à Balzac très bizarre. Plus jeune, si je commençais un de ses livres, il fallait que je le lise d'une traite (en deux jours maximum) ; sinon, j'étais incapable de le reprendre.
J'ai retenté l'aventure il y a deux ou trois ans, ça m'a fait exactement la même chose !
Je crois qu'en fait, je n'adhèrerai jamais au style, que je trouve assez lourd.
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Re: Honoré de Balzac

Message par Tristram le Lun 2 Jan - 19:54

ArenSor a écrit:Le Lys, c'est très très érotique Very Happy
J'abonde à l'avis de Mordicus : l'érotisme de l'épaule grassouillette date un peu.
De même, je n'ai pas pu regarder les 50 nuances grises _ ça me rassure, je me pensais la libido en berne...
Par contre, Balzac reste intéressant  _ et, comme dit indirectement ArenSor, c'est une borne incontournable du cheminement littéraire (il a beaucoup inspiré [pas qu'en France], et on ne comprend pas certaines références ou modulations ultérieures sans connaître son oeuvre).
Outre les "classiques", il y a des choses étonnantes, comme La Peau de chagrin ou Séraphîta. J'ai encore un bon souvenir de Splendeurs et misères des courtisanes...

« Un homme ne peut pas se marier sans avoir étudié l'anatomie, et disséqué une femme au moins. »
Honoré Balzac, « Physiologie du mariage », XXVIII (« Catéchisme conjugal »)

Spéciale dédicace @Barcarole :

« Je vis que beaucoup apprendre, c’est amasser des doutes. »
Honoré Balzac, « Voyage d’un moineau de Paris »
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Re: Honoré de Balzac

Message par ArenSor le Lun 2 Jan - 20:30

Tristram a écrit:  l'érotisme de l'épaule grassouillette date un peu.
Désuètes ou pas, j'aime bien les épaules grassouillettes. Je n'ai pas l'impression de jouer au mikado ! Very Happy
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Re: Honoré de Balzac

Message par Mordicus le Lun 2 Jan - 20:35


(Hé. On critique pas les grassouillettes ! C'est moelleux. Et tendre. Et chaud.)

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Re: Honoré de Balzac

Message par animal le Lun 2 Jan - 21:37

J'avais adoré le Lys dans la vallée. C'est vrai qu'il y a parfois une idée de longueur et de remplissage mais c'est tellement mieux que trop peu et ça fait tellement partie du "trip".

J'ai aimé cet excès, cet acharnement à en faire trop vers un idéal romantique, un aveuglement presque. Il en fait beaucoup trop mais c'est chouette, il y a un regard sur ce réflexe, cette démarche qui est un besoin de réconfort et en même temps on sent le plaisir, son plaisir à décrire. Comme l'extrait proposé par Arensor ou toutes les descriptions de coin. C'est juste à côté de chez moi et le peu que j'en connaissais m'apparaissait toujours intensément. Et il en fait des tonnes là aussi mais jamais trop loin de la réalité. C'est vrai aussi, ça ne peut être que trop vrai ces demeures, ces châteaux, les recoins de douceur, de tranquillité à quelques galopades de cheval de la ville.

Il manie un beau mélange de mélancolie et d'humour, il n'est pas vache. C'est généreux.

Et c'est ce qui m'a manqué dans La Vieille fille, les descriptions à rallonge, l'ampleur et de pouvoir me laisser baigner dans cette atmosphère pas très nette c'est vrai mais agréable !

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Re: Honoré de Balzac

Message par Bédoulène le Mar 3 Jan - 10:02

moi aussi j'avais beaucoup aimé Le lys dans la vallée mais lecture trop lointaine pour argumenter

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
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Re: Honoré de Balzac

Message par Aventin le Mar 3 Jan - 15:05



Les contes drolatiques
(colligez ez abbayes de Touraine et mis en lumière par le Sieur de Balzac pour l'esbattement des Pantagruélistes et non aultres, nous informe la page de garde).

Quand Balzac s'essaye à Rabelais.
C'est succulent et peu goûté, curieux combien ce livre ne hante pas les ré-éditeurs.




J'ai de cet ouvrage une assez agréable édition reliée (Garnier, 1926) et illustrée de 425 dessins de Gustave Doré, et ai connu la petite joie émouvante d'avoir à en trancher certaines pages, non déflorées par celui, celle (ou ceux ou celles) qui, l'ayant eu avant et devant, je soupçonne, s'en sont servi de livre-bibelot en vue sur un rayonnage.
Merci en tous cas de l'avoir laissé en un tel état, on peut dire neuf.

C'est un hommage à Rabelais bien sûr, et aussi à toute la matière médiévale (fabliaux, fonds d'abbayes, etc...).
Balzac, sont on connaît la puissance de feu et de travail en documentation lorsqu'il entreprend d'écrire, laisse pourtant traîner des anachronismes, des erreurs et autres impossibilités historiques, et compose dans une langue proche de celle de Rabelais, mais sans hésiter à créer des mots, idiomes et tournures lorsqu'elles lui font défaut.
Des néo-médiévismes, en somme (on trouve aussi quelques néologismes incongrus, d'ailleurs).
Mais qu'importe.

Le projet ?
C'est créer à nouveau, "se ressouvenir" d'une possible forme archaïsante, et de ne traiter que de sujets assez légers (fussent-ils horriblement graves), en cent contes.
Il n'en écrivit que trente (est-ce le verdict implacable de l'insuccès, chez un auteur ambitieux ?).

Ici, tout est verve, truculence, paillardise, grivoiserie et même obscénité.
On y rit gras, pour truffé, alambiqué que soit le langage.
L'époque se situe, selon les contes, entre 1270 environ et la moitié bien tassée du XVIème, et la langue utilisée, ou plutôt revigorée, greffée par Balzac, est celle du XVIème.

Seuls deux personnages se retrouvent dans plusieurs histoires (deux, en général): La Belle Impéria (surtout) et le Senneschal Bruyn (un peu).
Ma petite sélection de contes préférés ?
Dans le premier dixain:
-Le péché véniel,
-Les ioyeulsetez du Roy Loys le Unziesme.

Second dixain:
-Les trois clercs de Sainct-Nicholas (le seul à être à boire et de table, plutôt que paillard),
-Les bons Proupos des religieuses de Poissy,
-Le Succube.

Troisième dixain:
-D'ung iusticiard qui ne se remembroyt les chouses,
-Sur le moyne Amador, qui feut ung glorieux Abbé de Turpenay.

Conseils de lecture:
Ne pas hésiter à parfois lire à voix haute, c'est un bouquin sonore.
Ne pas se laisser rebuter par la langue.
C'est une œuvre qui fut écrite non sans maestria, mais qui n'est pas hermétique ni destinée à quelques happy-fews experts en Rabelais & contemporains.

Les sens des mots peu communs, oubliés, remaniés (ou inventés pour la circonstance) visent à faire sonner juste, pas à ralentir le débit de lecture, lequel doit rester fluide.
Ils se devinent ou se déduisent, il n'est pas nécessaire de mettre chaque tournure ou mot sur un moteur de recherche, outre qu'en général vous ne trouverez rien par ce biais !



Rapatrié et modifié de Parfum, message du 31 mars 2013.



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Re: Honoré de Balzac

Message par Tristram le Mar 3 Jan - 15:16

Et hop, dans la LAL (ce qui me permettra de reporter ma relecture de Rabelais) !
@Aventin : tu donnes vraiment envie de les lire, ces contes !
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Re: Honoré de Balzac

Message par Tristram le Sam 14 Jan - 13:55



Contes drolatiques

Autre tourangeau, Balzac jubile à renouer avec le style de Rabelais dans ces contes où transcription et vocabulaire sont repris intégralement ‒ ce qui constitue certainement un écueil sérieux pour y entrer. Après une période d’adaptation, on s’habitue à cette étrange graphie, qui participe du charme. J’avais plus ou moins en mémoire le glossaire, ce qui aide ; sinon, il y a le plaisir de recourir aux dictionnaires de français moyen, en ligne ou non (si on ne trouve pas, soupçonner un néologisme) ‒ les amateurs d’étymologie apprécieront, ceux qui affectionnent les archaïsmes et autres latinismes (voire la cacographie) aussi. Les thèmes de ces contes sont le répertoire traditionnel, chahutant hommes de loi et d’église (l’autorité), femmes par définition infidèles, etc. (paillardise non omise), le vieux fonds commun, repris et passé d’un conteur à l’autre.
Balzac (mais pas celui auquel on s’attend, un autre, étonnant, et aussi génial) fait ainsi revivre un peu de Brantôme (Les vies des dames galantes, son œuvre la moins méconnue) et de Verville (Le Moyen de parvenir, idem), mais aussi du Décaméron de Boccace, et de l’ensemble du Moyen Age. Lecture laborieuse où je me suis pourtant esclaffé plus d’une fois : c’est après tout une plongée aux sources de notre art de rire (et d’écrire).

Echantillons :

« Aucun de ceux à qui la littérature est encore chère ne voudra répudier la reine de Navarre, Boccace, Rabelais, l'Arioste, Verville et la Fontaine, génies rares dans les temps modernes, car ils ont presque tous été Molière, moins la scène. Au lieu de peindre une passion, la plupart d'entre eux peignaient leur époque : aussi, plus nous allons vers le terme auquel meurent les littératures, mieux nous sentons le prix de ces œuvres antiques où on respire le parfum d'une naïveté jeune et où se trouve le nerf comique dont notre théâtre est privé, l'expression vive et drue qui peint sans périphrase et que personne n'ose plus oser. »
« Avertissement du libraire » à « Contes drolatiques »

« Ores le paige advisa le pied de sa dame, lequel estoyt chaussé menu dans ung brodequin mignon de couleur perse. Elle l'avoyt singulièrement assis sur ung escabeau, veu qu'elle estoyt trop élevée dedans la chaire du senneschal. Cettuy pied estoyt de proportions estroites, légierement recourbé, large de deux doigts et long comme ung moyneau franc, compris la queue, petit du bout, vrai pied de délices, pied virginal qui méritoyt ung baiser comme ung larron la hart ; pied lutin, pied lascif à damner ung archange, pied augural, pied agaçant en diable et qui donnoyt dezir d'en faire deux neufs tout pareils, pour perpétuer en ce bas monde les beaulx ouvraiges de Dieu. Le paige feut tenté de defferrer ce pied persuasif. Pour ce faire, ses yeulx, allumez de tout le feu de son aage, alloyent vitement, comme battant de cloche, de ce dict pied de délectation au visaige endormy de sa dame et maistresse, escoutant son sommeil, beuvant sa respiration ; et, de rechief, ne sçavoyt lequel seroyt plus doulx de planter ung baiser, ou sur les fresches et rouges lèvres de la senneschalle, ou sur ce pied parlant. Brief, par respect ou crainte, ou peut-estre par grand amour, il esleut le pied, et le baisa dru, comme pucelle qui n'ose. Puis aussitost il reprint le livre, sentant sa rougeur rougir encores, et tout travaillé de son plaizir, il cria comme ung aveugle : – Janua cœli, porte du ciel !… Mais Blanche ne s'esveigla point, se fiant que le paige iroyt du pied au genoil et de là dans le ciel. Elle feut grantement despitée, quand les litanies finèrent sans autre dommaige, et que René, qui croyoyt avoir eu trop d'heur pour ung jour, yssit de la salle, tout subtilizé, plus riche de ce hardy baiser qu'ung voleur qui ha robbé le tronc des paouvres. »
« Comment du dict péché d’amour feut faicte griefve pénitence et mené grant deuil »

« Mais, quand pleins sont les iours, point ne faut faire la moue à la mort ; et l'espée des marys est ung beau trespas de guallanterie, s'il y ha de beaulx trespas ! Ainsy debvoyent finer les belles amours de la connestable. »
« La connestable »

« "Quand vous me l'aurez osté, me le rendrez-vous, hein ?" Puis en d'aultres temps disoyt : "Quand i'auroys autant de pertuys qu'en ont les cribles, il n'y en auroyt pas ung seul pour vous, tant laid ie vous treuve !" Ce bon vieulx prenoyt ce proupos de villaige pour fleurs de vertu, et ne chailloyt point à faire de petits signes, longues harangues et cent mille sermens ; car, force de veoir les bons gros avant-cueurs de ceste fille, ses cuisses rebondies, qui se mouloyent en relief, à certains mouvements, à travers ses cottes, et force d'admirer aultres chouses capables de brouiller l'entendement d'ung sainct, ce bon chier homme s'estoyt enamouré d'elle avecques une passion de vieillard, laquelle augmente en proportions géométrales, au rebours des passions des ieunes gens, pour ce que les vieulx ayment avecques leur foiblesse qui va croissant, et les ieunes avecques leurs forces qui s'en vont diminuant. »
« – Monseigneur, si vous y estes, comme ie pense, donnez, s'il vous plaist, ung peu plus de volée à vos cloches. »
« La pucelle de Thilhouze »
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Tristram

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Re: Honoré de Balzac

Message par Chamaco le Lun 21 Aoû - 14:34



Une passion dans le désert

Une passion dans le désert texte écrit en 1830 participe à l'oeuvre "La Condition Humaine"; Quoi que bien différente par le choix des lieux et des personnages, du reste du corpus.
Honoré de Balzac la définissait comme une petite nouvelle mettant en scène la vie militaire et la vie de campagne. Cet ouvrage représente une des premières oeuvres fondatrices de la légende napoléonienne.
Une passion dans le désert tranche avec les autres oeuvres de Balzac par son aspect minimaliste : 17 pages, 2 personnages : un  homme etune panthère,le désert,un palmier, une grotte.
" - Qu'y sentiez vous ? lui ai-je demandé.
- oh ! cela ne se dit pas, jeune homme. D'ailleurs, je ne regrette pas toujiours mon bouquet de palmiers et ma panthère...
Il faut que je sois triste pour cela. Dans le désert, voyez-vous, il  y a tout, et il n'y a rien..."
[center]

Sur l'exposition à la Maison de Balzac, voir ici





mots-clés : #nouvelle
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Re: Honoré de Balzac

Message par Arturo le Lun 21 Aoû - 14:46

un rapport avec l'orientalisme naissant, ou pas du tout ?
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Re: Honoré de Balzac

Message par Chamaco le Lun 21 Aoû - 14:55

oui sans doute, j'ai d'ailleurs un passage qui en dira plus long, le temps de le recopier. Very Happy

voilà :
"Le ciel avait un éclat oriental d’une pureté désesperante, car il ne laisse alors rien à désirer à l’imagination. Le ciel et la terre étaient en feu.Le silence effrayait par sa majesté sauvage et terrible. L’infini, l’immensité, pressaient l’âme de toutes parts  :pas un nuage au ciel, pas un souffle dans l’air, pas un accident au sein du sable agité par petites vagues menues ; enfin, l’horizon finissait, comme en mer quand il fait beau, par une ligne de lumière aussi  déliée que le tranchant d’un sabre."
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Re: Honoré de Balzac

Message par Tristram le Jeu 7 Sep - 13:31

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