La Grosse Flemme / One-shot

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par topocl le Jeu 26 Jan - 14:09

Dans la gueule du loup par Olivier Bellamy



Olivier Bellamy est un journaliste, animateur radio, auteur, présentateur, passionné de musique et qui a publié une biographie de Martha Argerich. Je me réjouissais de faire la connaissance de Prokofiev à travers  ce roman, au titre et à la couverture attractifs, après avoir fait connaissance avec Chostakovitch grâce à Julian Barnes. Déception complète. Je savais déjà que Prokofiev avait écrit Pierre et le loup, ainsi que la musique des films propagandistes de Eisenstein, et qu'il était mort  le même jour que Staline. J'ai appris qu'il était arrogant et égocentrique, sans amour pour sa femme Lina qu'il a laissée partir au goulag avec un sentiment de quasi-satisfaction puisque cela laissait avantageusement la place à sa maîtresse Mira. Le récit s'en tient à quelques scénettes chronologiquement éparses, assemblées en une pseudo pièce de théâtre (souvent vaudevillesques sur ce sujet tragique) aux didascalies un peu développées. Pas grand-chose à retirer pour moi de cette lecture, et en tout cas, pas de plaisir.

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 2666
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Bédoulène le Jeu 26 Jan - 20:41

dommage le titre me plaisait ! Smile

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3764
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par animal le Jeu 16 Fév - 21:54



Sylvester Stallone héros de la classe ouvrière

De David Da Silva

C'est le hasard du Salon de l'autre livre qui m'a fait tombé dessus. La filmo de Stallone regorge autant de films iconiques que de films très improbables, sans compter les oubliés et il est un personnage, une figure du cinéma populaire. Impossible de passer à côté ?

Et moi aussi il y a des films que j'aime bien chez lui : Rocky, Rambo et d'autres... les suites c'est des fois plus compliqué et je n'oubliais pas tombé dans le pas possible les côtés pourtant sympathiques d'un scénario signé par l'acteur (Over the top ça reste gentil dans le fond). Bref, j'étais curieux, convaincu avant lecture même.

Mais je suis resté sur ma faim parce qu'une fois passée l'affirmation des valeurs positives qui se superposent au parcours personnel ou la démonstration de la générosité du bonhomme ça tourne un peu à vide. De façon maladroite on a l'opposition d'une critique 'intello' d'époque qui jugeaient Rocky 4 (contre le russe joué par le suédois) et Rambo 2 (retour au Vietnam) et Rambo 3 (Afghanistan) réac-reaganiens au possible et la réception populaire ou des spectateurs du genre qui valorisent l'humanisme pourtant bien présent et le mélange détonnant de blessure-sacrifice-dépassement de soi.

Quelques timides percées vers d'autres réalisateurs (Capra souvent cité par Stallone), des extraits d'interviews mais beaucoup de répétitions et un propos qui semble vite délayé pour meubler le bouquin.

A mon avis le problème est de ne pas aborder le fait qu'un film peut mélanger consciemment ou non les influences. De ne pas aborder non plus, et pourtant ça pèse lourd dans le cinéma américain, les regards divergents de l'écriture et de la production (combien de films gâchés ?). Il manque tout ça alors que ça serait intéressant de voir si l'humanisme ne peut pas être récupéré pour vendre et formater une pensée de guerre froide ?

Pas désagréable, pas mal écrit mais pas très bien construit et trop léger et réducteur. Et il aurait fallu ratisser plus large en panorama cinématographique.

Petite déception.

_________________
Keep on keeping on...
avatar
animal
Admin

Messages : 4413
Date d'inscription : 27/11/2016
Age : 36
Localisation : Tours

Voir le profil de l'utilisateur http://deschosesalire.forumactif.com
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par shanidar le Ven 17 Fév - 10:14

Stallone ? Le type qui vend une fortune des peintures barbouillées (à moins que ce ne soient des sculptures ?) et dont les filles défilent pour les grands couturiers : héros de la classe ouvrière... ah bon. A priori cet essai est essentiellement tourné vers le cinéma 'défendu' par Stallone et je dois dire que je n'ai jamais vu de films avec lui (non, non, même pas Rambo que mon beaup' me 'vend' pourtant régulièrement !) mais ce que tu dis d'un humanisme au service des idées guerrières donne amplement à réfléchir...

avatar
shanidar

Messages : 1600
Date d'inscription : 02/12/2016

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par topocl le Ven 17 Fév - 10:32

Pour t e consoler, animal, je vais ouvrir un fil Morrell.

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 2666
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Bédoulène le Ven 17 Fév - 11:39

pas compris le livre est basé que sur sa filmographie ?

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3764
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par animal le Ven 17 Fév - 18:39

Stallone le fils d'immigré de Hell's Kitchen et tout et tout. Filmo, critiques, biographie et interviews.

_________________
Keep on keeping on...
avatar
animal
Admin

Messages : 4413
Date d'inscription : 27/11/2016
Age : 36
Localisation : Tours

Voir le profil de l'utilisateur http://deschosesalire.forumactif.com
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Bédoulène le Ven 17 Fév - 18:48

merci Animal

j'ai bien aimé Rambo 1, Rocky et d'autres films comme Copland, l'expert...

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3764
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par topocl le Lun 19 Juin - 10:03

Tombé dans l'oreille d'un sourd

Gregory Mahieux et Audrey Levitre.



BD sur le combat quotidien d'un couple de jeune parents: deux jumeaux, dont l'un est atteint de galactosémie congénitale et l'autre sourd profond. Témoin du désarroi pas toujours bien accompagné, un vrai parcours du combattant et une tendance générale de l'entourage, familial et professionnel à fermer les yeux devant les difficultés. Touchant.

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 2666
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Bédoulène le Lun 19 Juin - 14:04

merci topocl, malgré la grosse flemme ! Smile ça doit être intéressant

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
avatar
Bédoulène

Messages : 3764
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 72
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Nadine le Mer 19 Juil - 9:30

Maryline Desbiolles
Une femme drôle



In babelio, résumé : a écrit:Cette " femme massive tout en noir, sans maquillage, sans mèche affriolante, les cheveux tirés et la robe noire comme une paysanne ", c'est Zouc. Maryline Desbiolles l'a découverte un jour à la télévision, dans les années 70. Depuis, elle ne l'a jamais quittée. Zouc, cette comédienne étrange, pourvue d'un accent suisse et d'une voix capable de monter très haut dans les aigus lorsqu'elle se livre à l'une de ses incarnations : en scène, elle est à la fois la petite fille capricieuse, la mère exaspérée, la maîtresse d'école, la paysanne du Jura... Zouc, drôle à faire peur. En suivant le fil de son obsession, Maryline Desbiolles explore son propre passé. Souvenirs d'une enfance niçoise - la place Masséna, les camarades de classe -, mais aussi savoyarde, avec la campagne où l'on passe les vacances, les odeurs fortes, le lapin qu'on saigne.

J'ai trimballé à la plage ce court livre, pour me rendre compte au bout d'un tiers de celui-ci que je l'avais déjà lu cet hiver. Même sentiment d'être sur du contenu sincère, mais sans pouvoir accrocher véritablement.

Ceci posé,
je crois que c'est dû au fait que l'entreprise du livre vise à une mise en abime du sentiment, étrange, de décalé/ familier que la connaissance de zouc a produit dans la vie de Desbiolles .
Du coup, on se sent un peu décalé , en effet, dans la réception.
L'auteur sait très justement transmettre ce drôle d'effet que Zouc produit, et je crois avoir donc compris le projet du livre, croquer ce qu'un ton, (celui de zouc), impressionnant, a d'étrange et de persistant, au cours d'une vie, après l'avoir rencontré avec force. On note l'arrivée de cette réminiscence, sans la souhaiter, sans la reconnaitre, sans l'aimer, sans en tirer réconfort. Même si on la reconnait et l'aime. C'est à dire qu'elle arrive avant tout. Comme un effet Pavlov, un effet totem.

En somme, c'est un livre qui parle de ça : quand on vit un truc et qu'une persistance rétinienne ou auditive brode en parallèle à un présent une réminiscence totalement hors contexte, une image type . Qui enclôt autant qu'elle appuie le réel, le dédouble, et le désincarne de réalité, le kidnappe.

Cela m'a permis de découvrir l'existence de ZOUC, humoriste suisse étrange et douée.
sketch de ZOUC sur le site INA
avatar
Nadine

Messages : 2064
Date d'inscription : 02/12/2016

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Jack-Hubert Bukowski le Mer 19 Juil - 9:42

J'a la flemme de ploguer un titre, mais dans ce registre, il y a également Marie de l'Incarnation, Marie Guyart de son vrai nom. Françoise Deroy-Pineau lui a consacré une biographie. Alors, en matière de curiosités, on peut être servis aujourd'hui... Smile
avatar
Jack-Hubert Bukowski

Messages : 849
Date d'inscription : 04/12/2016
Age : 36
Localisation : Montréal

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Nadine le Mer 19 Juil - 10:06

Tu veux dire qu'elle est évoquée par Deroy-Pineau sur le même mode, en décalé /réminiscence ?
avatar
Nadine

Messages : 2064
Date d'inscription : 02/12/2016

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par topocl le Mer 19 Juil - 10:12

JHB, tu serais peut-être intéressé par la BD dont j'ai parlé plus haut:
topocl a écrit:Tombé dans l'oreille d'un sourd

Gregory Mahieux et Audrey Levitre.




_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 2666
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Arturo le Mer 19 Juil - 10:27

Nadine a écrit:
J'ai trimballé à la plage ce court livre, pour me rendre compte au bout d'un tiers de celui-ci que je l'avais déjà lu cet hiver.

avatar
Arturo

Messages : 935
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 31
Localisation : Par-delà le bien et le mal

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Jack-Hubert Bukowski le Mer 19 Juil - 10:31

Nadine a écrit:Tu veux dire qu'elle est évoquée par Deroy-Pineau sur le même mode, en décalé /réminiscence ?

Non, non, juste qu'on parle d'une figure qui sort du passé et comme l'image de ton livre semble être celle d'une religieuse, j'ai pensé tout de suite à Marie de l'Incarnation. Je viens de voir par ailleurs qu'elle est née à Tours.

Topocl,

J'ai apprécié cette référence. Toutefois, avec mon côté sociologue dissimulé, j'ai tendance à accumuler les monographies à valeur de témoignage historique et à propos de théorie sur la condition sourde en général. J'ai même amassé des films, et il y en avait plusieurs qui me manquaient... quoique mon angle de traitement du sujet ne soit pas déterminé encore à ce trait. Donc, pour une BD, il faut vraiment qu'elle m'allèche... à ce propos, les divers travaux de Véro Leduc sont intéressants (C'est tombé dans l'oreille d'une Sourde pour citer un exemple).


Dernière édition par Jack-Hubert Bukowski le Mer 19 Juil - 10:34, édité 1 fois
avatar
Jack-Hubert Bukowski

Messages : 849
Date d'inscription : 04/12/2016
Age : 36
Localisation : Montréal

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par topocl le Mer 19 Juil - 10:33

Aucun problème JHB, c'était juste pour que tu sois au courant.

_________________
Il y a plus de personnages dans la littérature que d'habitants en Chine
Héctor Abad
avatar
topocl

Messages : 2666
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 57
Localisation : Roanne

Voir le profil de l'utilisateur https://topocleries.wordpress.com/
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Jack-Hubert Bukowski le Mer 19 Juil - 10:36

Topocl,

Il faut relever l'ironie de la reproduction du titre... mais l'expression tomber dans l'oreille d'un-e sourd-e est tellement galvaudée.
avatar
Jack-Hubert Bukowski

Messages : 849
Date d'inscription : 04/12/2016
Age : 36
Localisation : Montréal

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Tristram le Jeu 20 Juil - 0:56

Nadine a écrit:J'ai trimballé à la plage ce court livre, pour me rendre compte au bout d'un tiers de celui-ci que je l'avais déjà lu cet hiver.
Bienvenue au club ! (on se sent moins seul)
avatar
Tristram

Messages : 1760
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 61
Localisation : Guyane

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Tristram le Dim 27 Aoû - 18:17

Christine Angot, Pourquoi le Brésil ?



La narratrice s’exprime à la première personne du singulier : épuisée (pour une raison non explicitée), elle se lamente rageusement, et très vite on comprend que ce qui importe pour elle, c’est « trouver LA personne », peu importe le genre, mais qui la supporte. Elle a fait beaucoup d’essais, et distingue deux sortes de prétendants : « d’un côté les tocards et de l’autre ceux qui ne voulaient pas souffrir ». La maman de la narratrice, qui l’aide jusqu’à s’occuper de son emménagement à Paris (elle quitte Montpellier), lui souhaite judicieusement de tomber sur quelqu’un qui ne veut pas souffrir, mais prendrait quand même le risque.
Le personnage principal est assez chargé, à la limite de la caricature (mais nous avons tous croisé de tels individus, dont la société actuelle est féconde) : égocentrique avec une bonne dose de mégalomanie et des incursions dans la paranoïa et la dépression, hystérique avec des alternances de pulsions contradictoires de fuite et d’exhibition, possessive, outrancière, agressive, méchante, parfaitement insupportable et pitoyable.
La narratrice ramène tout à elle, les fours crématoires, la torture pendant la guerre d’Algérie, Molière ; elle est d’une impudicité certaine, médit de presque tout son entourage (quand elle ne le prend pas à témoin) ; elle somatise, se bourre de médicaments, consulte en psychanalyse ; elle subit une lourde hérédité et une enfance difficile (juive, inceste paternel), crise, angoisse, pleure, hurle, colère, insulte, pratique le chantage au suicide ; et, bien sûr, elle pâtit du blocage de l’écrivain _ avant d’écrire à nouveau (situation qui s'avère tout aussi insupportable).
Le style est absolument idoine pour rendre le ressassement hargneux du désagréable personnage, mêlant rabâchage et débit précipité dans un tableau clinique percutant de véracité, à la limite de l’incohérence : un long soliloque assez lassant en langage vulgaire, illustrant à merveille le toc.

« Quand j’appelais au journal la première moitié de la semaine, j’appelais rarement, c’était surtout lui qui m’appelait, il voulait savoir si j’allais bien, c'est-à-dire si je résistais, est-ce que je tenais, parce qu’il n’avait que moi, il le savait, malgré ses désirs de retourner à la niche, comme il l’avait dit. C’était un dimanche. Depuis six mois ça se passait mal tous les week-ends, la semaine ça dépendait des soirs. Un samedi, où il allait chercher une chemise qu’on avait commandée chez Agnès b., une chemise bleu clair [… »
Christine Angot se réclame de Proust (d’ailleurs cité en exergue du livre).

L’intrigue, outre le regard appesanti sur soi et son destin déplorable, s'enrichit d'une tentative de vie en couple avec un candidat qui se révèle rapidement défaillant, un calque flou peut-être un peu plus névrotique et perdu, avec des tendances masochistes plus marquées : une belle paire de pathétiques éclopés, se jetant réciproquement leur folie à la tête dans un conflit incessant, piégés dans un déni perpétuel et l’ennui de la vie parisienne (malgré de nombreux voyages en province et à l’étranger).
Ça ne se passe bien qu’au lit (quand ils font l’amour, sinon c’est l’autre qui prend toute la place).
Il semblerait qu’une certaine part d’autobiographie prenne place dans ce roman. Mais Christine Angot n’est pas madame Bovary, même si son personnage compose une Thérèse Desqueyroux exemplaire.
Il est intéressant de constater le progrès en sortant d’une lecture de Montaigne (qui ne parle pratiquement que de soi).

Cri du cœur :
« Tout allait bien, sauf l’écriture, dès que je me levais j’allumais l’ordinateur, quand j’arrêtais j’avais envie de tout envoyer balader, j’en avais marre de faire le commerce de tout ce qui m’arrivait, j’avais envie d’effacer tout ce que je venais d’écrire et de disparaître à jamais, je commençais à trouver ce système impitoyable. Mais ce besoin décrire [coquille, ou intention mal élucidée ?] était vital, physique. Je n’avais pas le choix. »

Au fait, "pourquoi le Brésil ?" C’est un extrait d’une lettre de son père, récemment décédé, et qui portait le même prénom que l'amant sus-décrit.
avatar
Tristram

Messages : 1760
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 61
Localisation : Guyane

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Re: La Grosse Flemme / One-shot

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Page 2 sur 3 Précédent  1, 2, 3  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Discussions autour des livres :: Nos lectures

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum