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Hermann Hesse

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Message par Quasimodo le Lun 9 Avr - 11:54

Une longue nouvelle : Le dernier été de Tristan Klingsor. Je ne sais plus trop ce qui avait coincé (j'aime le romantisme allemand), mais en partie... c'est idiot : la place du paysage y est importante, et je l'ai trouvé laid. L'étrangeté mélancolique de ces scènes de la vie de campagne, qui aurait pu me séduire, s'en est trouvé annulée.

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Message par Nadine le Lun 9 Avr - 12:02

Oui je me souvenais que tu étais sensible au romantisme allemand, j'aurais pensé que tu affectionnais Hesse du coup. ça viendra peut-être.
Et ta remarque semble en tous cas rendre hommage au talent de l'auteur, si il a à ce point su faire suindre l'ambiance, chapeau. Pour Narcisse et Goldmund j'ai eue aussi une impression d'ambiance très marquée, finalement. c'est une remarque intéressante je trouve, pas idiote dutout.
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Message par Nadine le Lun 9 Avr - 12:12

Je lis attentivement les autres commentaires du fil : manifestement , Hesse décline fréquemment les thèmes que j'ai discerné dans Narcisse et Goldmund. Et du coup je crois voir ce qui ne me séduis pas trop dans le fond : c'est ce spleen terrible qu'il excelle à décrire, oui un truc comme ça. Cela met les pieds dans le plat avec trop d'acuité pour moi, car j'y suis très vulnérable. C'est très mélancolique en fait, la vision de Hesse, mais je suis très contente d'avoir eue l'occasion d'approfondir grâce à ce beau cadeau de livre. C'est beau.
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Message par Quasimodo le Lun 9 Avr - 12:42

@Nadine a écrit:Oui je me souvenais que tu étais sensible au romantisme allemand, j'aurais pensé que tu affectionnais Hesse du coup. ça viendra peut-être.
Et ta remarque semble en tous cas rendre hommage au talent de l'auteur, si il a à ce point su faire suindre l'ambiance, chapeau. Pour Narcisse et Goldmund j'ai eue aussi une impression d'ambiance très marquée, finalement. c'est une remarque intéressante je trouve, pas idiote dutout.
Oui, à te lire je crois que ça viendra. Avec Narcisse et Goldmund ! (le cadre du monastère, d'autant plus si l'ambiance comme tu le dis est marquée, est fait particulièrement pour me séduire)

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Message par Bédoulène le Lun 9 Avr - 16:30

merci Nadine, je pense que "le loup des steppes" que je lirai un de ces jours, me conviendrait mieux (suis encore "trop terrienne" comme tu le dis ? Smile

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Message par animal le Lun 9 Avr - 20:34

Par rapport à du Stifter ça se positionnerait comment ?

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Message par églantine le Lun 9 Avr - 20:44

Plus spirituel peut-être ....
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Message par Arturo le Mar 10 Avr - 17:05

@Bédoulène a écrit:merci Nadine, je pense que "le loup des steppes" que je lirai un de ces jours, me conviendrait mieux (suis encore "trop terrienne" comme tu le dis ? Smile

Pas certain que Le loup des steppes convienne trop à une terrienne ! clown Assez mystique et déstabilisant comme livre.

Merci Nadine pour ton commentaire fouillé, qui me donne envie de me plonger dans ce livre de Hesse !
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Message par Bédoulène le Mar 10 Avr - 17:20

oh ! Arturo là Hermann Hesse - Page 2 2042282828

toi tu l'apprécies Hesse Arturo ?

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Message par Nadine le Mar 10 Avr - 18:59

(Stifter je connais pas...) de rien Arturo, merci.
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Message par Arturo le Mar 10 Avr - 19:37

@Bédoulène a écrit:oh ! Arturo là  Hermann Hesse - Page 2 2042282828

toi tu l'apprécies Hesse Arturo ?

Je suis un romantique mélancolique, alors oui ! Twisted Evil
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Message par Nadine le Mar 10 Avr - 19:37

Hiiiiiii Evil or Very Mad
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Message par bix_229 le Mar 10 Avr - 19:55

Il y a plusieurs périodes dans la vie de Hermann Hesse et ça se retrouve dans son oeuvre.
Je conseille aux amateurs de Hesse un recueil de textes écrits entre 1900 et 1960
comme Description d' un paysage. - Corti.
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Message par Nadine le Mar 10 Avr - 19:57

Si j'en lis un autre je dirigerai mes pas vers celui-là, le titre est beau et forcément, avec Gracq en filigranne et Corti.. Merci !
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Message par Avadoro le Mer 19 Sep - 23:59

Hermann Hesse - Page 2 Gerh1_10

Gertrude

Dans cette oeuvre de jeunesse, Hermann Hesse développe des thèmes qui lui sont chers et évoque la solitude de l'artiste face à un monde extérieur qu'il ne parvient pas à cerner. Kuhn, compositeur marqué par une infirmité, est en quête d'absolu à travers le ressenti d'une sensibilité exacerbée qu'il cherche à transcender par la création. Mais ces émotions intériorisées le confrontent à une souffrance, à une détresse qui ne seront que davantage cristallisées par l'empreinte de l'amitié puis de l'amour.

Gertrude est un roman parfois inégal dans sa structure qui contient cependant toute la richesse de l'univers littéraire de Hesse, de l'évocation d'une fragilité incomprise à une mélancolie causée par le passage du temps, et l'impossibilité d'un dévoilement total de soi dans la relation à l'autre.
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Message par Bédoulène le Jeu 20 Sep - 11:04

merci Avadoro, je pense que ce livre devrait me plaire

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Message par chrysta le Lun 8 Avr - 11:37

Le loup des steppes
Hermann Hesse - Page 2 Loup_s10


Je tente de jeter quelques mots sur papier (écran) peu après la fin de lecture du « Loup des steppes », de crainte que chaque instant m’en éloignant me fasse perdre un peu de sa teneur, et émousse mon ressenti « à chaud » si je puis dire et mon désir d’écrire au sujet de cette œuvre complexe, mêlant spiritualité, psychanalyse et philosophie et dont je manque de connaissance notamment du côté de l’histoire allemande pour en saisir des éléments qui y sont fortement liés. Pour autant, ce livre pourrait alimenter de nombreuses pages, il serait nécessaire de l’analyser de bout en bout et de le relire. Je me contenterai de ma prime lecture et de quelques réflexions.

Hesse écrit ce roman en 1927, entre les deux guerres. Son écrit est de ce fait empreint de l’impact de la première guerre, et suinte l’inquiétude d’une seconde à venir. Il exprime, au travers de son personnage, l’incompréhension de ces gens qui s’amusent  alors que la perspective d’une prochaine guerre est présente. Il s’imprègne également du contexte en Allemagne de l’époque où la culture américaine envahit le pays, bousculant les anciennes valeurs, où l’art surréaliste émerge et où les théories d’Enstein introduisent l’idée d’un temps relatif et non plus absolu. Ces éléments font partie intégrante de l’œuvre. Ce roman est en effet un regard porté sur l’homme moderne et sur le monde nouveau dans lequel il évolue. Cette nouveauté est marquée par exemple par la question de la musique qui, de Mozart et Bach, devient une musique « dégénérée » (Fox trot, etc). On y retrouve également des préceptes inspirés du bouddhisme, voire de certains autres courants spirituels ; nous sommes également embarqués dans une stylistique surréaliste.

Hermann Hesse s’inspire de son époque, voire est imprégné de celle-ci, mais aussi de son histoire.  « Le loup des steppes », avec son personnage, Harry Haller, qui est un avatar de Hesse (même âge, mêmes initiales), parle de la crise existentielle que traverse Hesse à cette période de sa vie et de l’histoire, tout en mettant en jeu des éléments bien plus anciens de sa propre histoire.

Ayant vécu un temps en Inde avec des parents, missionnaires chrétiens, Hesse insuffle un peu de l’esprit boudhiste à son œuvre, tout en même temps que ce choix, conscient ou non, peut s’entendre comme une éventuelle opposition à son milieu et ses parents. Ce serait une opposition à ajouter à celle, nettement déployée, à l’égard des « bourgeois », envers lesquels il nourrit forte aversion tout en continuant à évoluer, d’une certaine manière, dans ce monde dans lequel il a grandi.

Il fait référence également à l’éducation des enfants qui avait cours à l’époque, rigoriste, érigeant l’adulte en autorité toute puissante avec le but de « briser la volonté » des enfants, de les dresser si je puis dire. Ceci est chez Harry certainement à l’origine de son surmoi très présent qui rejette avec violence tout ce qui se décale de la voie à suivre, et l’amène à un jugement féroce sur lui-même et son inadéquation à un idéal (parental). Certainement c’est une possible cause de la scission si nette qu’il perçoit entre l’homme et le loup, en tous les cas entre ces deux personnalités assez tranchées dont souffre Harry dès le début, même si par la suite il intègre l’idée que chaque être est fait de multiples facettes ou personnalités, ce qui est assez joliment mis en scène vers la fin par les figurines qui jouent ensemble une même scène, sorte d’intégration des différents éléments de personnalité.

La question des personnalités est très intéressante dans le livre, et elle parle déjà à l’époque d’un débat encore d’actualité. A cette époque, cela fait référence en partie à la schizophrénie dont le terme a émergé seulement 16 ans plus tôt de la pensée de Bleuler, mais pas exclusivement je pense à cela étant donné que Ferenczi publie dans ces mêmes années sur le clivage du Moi en différentes personnalités fragmentées suite à des événements traumatiques. Cette hypothèse controversée par Freud a fait débat à l’époque et aujourd’hui encore. Pour autant, la première personne ayant été jugée avec prise en compte de trouble dissociatif de l’identité, c’est en 1972 environ…. Un trouble dissociatif encore de nos jours pas toujours reconnu et assimilé trop souvent à la schizophrénie mais qui fait partie des tableaux traumatiques.
Bref, je m’égare… Ou  pas, le fait est qu’il est probable que l’éducation reçue par Hermann Hesse / Harry Heller ai pu produire un clivage de son moi avec deux personnalités qui se reconnaissent mais ne sont pas intégrées l’une à l’autre.

D’autre part, sans entrer dans l’histoire de Hesse plus avant, il est notable que l’écriture du « loup des steppes » intervient dans un moment de crise existentielle de l’auteur, tant par la fin de guerre que par des soucis dans sa famille : mort de son père, maladie grave de son fils et crise de schizophrénie de sa femme.

Concernant la schizophrénie, il est à penser avec ce qui était mis derrière ce terme à l’époque. Il ne me semble pas justifié de l’assimiler purement et simplement à ce qui est dit « schizophrénie » aujourd’hui. Le personnage, bien qu’il emploie parfois le terme « schizophrénie », développe plutôt l’idée, de différentes manières, de posséder deux personnalités, l’une axée sur l’intellect et l’autre sur les pulsions et instincts. Cela peut renvoyer à un clivage corps-esprit, et à un habillage de certains éléments de la nature humaine pour les étouffer dans le socius. Freud l’évoque pas mal dans « malaise dans la culture », et évoquant l’évolution depuis les premiers hommes, et comment le corps et son fonctionnement va peu à peu être caché, habillé, paré, et comment les fonctions naturelles deviennent pour certaines honteuses.

Harry est un personnage en rupture avec ses origines, sa patrie, son temps. Il traverse une crise existentielle où vivre ne trouve plus son sens mais où mourir, bien qu’il l’envisage, reste sujet à une profonde peur. C’est dans le fond de son mal être qu’il engage, se vouant aux demandes d’Hermine, un tournant dans lequel il va expérimenter les plaisirs de ce temps en décalage avec l’avant-guerre, un temps qu’il rejette mais dans lequel il va tout de même s’engager et au travers duquel il va pouvoir un peu renouer avec des parts de son être jusqu’alors réprimés, rejetés.

Le personnage d’Hermine, dans toute son ambiguïté, est extrêmement intéressant. Portant le prénom féminisé d’un ancien ami de Harry, elle revêt les apparats de la femme mais également ceux de garçons par moments, ce révélant toute l’androgynie donnée au personnage, et interrogeant sur le propre rapport à son genre de Harry.
Hermine est le « miroir » de Harry, elle le reflète, elle est comme la part qui n’apparait pas chez lui et cache la part qu’elle a de similaire à Harry. Elle va l’ouvrir à cette part réprimée, et c’est quand il l’a plus ou moins intégrée que son personnage disparait.
Hermine incarne également la dimension maternelle, et sa relation à celle-ci, dans un jeu où, ce qu’il retrouve en Hermine, c’est le fait de devoir obéir, et de jouir d’obéir quelles que soient les demandes, comme une régression infantile lui ôtant en un sens le poids de faire des choix, de prendre des décisions et, par là même, mettant un peu à distance son mal être dans son rapport à la vie.
Positionnée en place de mère dans le transfert, il semble impossible qu’il puisse y avoir quoi que ce soit de charnel entre eux, et sa mort intervient au moment où quelque chose de cet ordre semblerait prêt à advenir, inscrivant la dimension oedipienne dans l’histoire et comment Harry y est assujetti, donc plutôt du côté de la névrose que de la psychose.

Maria est désignée comme amante pour lui par Hermine. Elle va l’ouvrir à certains plaisirs charnels, tout en restant à la place de celle qui correspond au désir de la mère qu’il ait cette liaison.

Pablo, quant à lui, est un personnage riche dans son refus d’accéder au besoin d’intellectualiser d’Harry jusqu’à ce que celui-ci se soit connecté au corps et aux plaisirs. Il orchestre la réorganisation des multiples personnalités/facettes d’Harry.

Tous les personnages qui traversent la vie d’Harry mériteraient d’être plus creusés. Ils nt en effet tous un sens par rapport à Harry, si tant est qu’ils ne soient pas chacun des parts de lui, personnalités ou instances psychiques.

Concernant la structure psychique d’Harry, étant donné que cela a fait partie des points évoqués dans les échanges, je ne le pense pas psychotique. Il y a plusieurs éléments qui me font penser que ce n’est pas le cas, comme sa capacité de transfert, le fait qu’il puisse se juger fou, insensé, son aptitude à la métaphore, aucun néologisme ou éléments faisant penser à des difficultés au niveau de cours de la pensée, un surmoi très présent, etc.

Après, ayant suivi une analyse avec Jung, je pense que nombre de points sur lesquels s’articulent ce roman émanent de la psychanalyse jungienne avec laquelle je ne suis pas familière. Donc j’aurai du mal à relever ces éléments.

Dans le théâtre magique à la fin, Harry semble revisiter sa vie : la tentative de domptage du loup par un dresseur face à un animal qui joue le jeu jusqu’à ce que les rôles s’inversent ; ses différentes amours et comment ils l’ont impacté, comment aussi cela aurait pu être différent s’il n’avait pas été aussi bridé par son mode d’être au monde hérité de son « formatage » ; les multiples personnalités et comment elles coexistent en celui qu’il est, comment il serait possible de les rassembler, de les faire vivre ensemble autrement sans s’exclure l’une de l’autre ; l’industrialisme et le rejet de cette ère clivant les industriels et le reste du peuple

Concernant mon ressenti sur le roman, j’ai trouvé très lourd le traité bien que riche, mais certes trop prolixe, en informations. Le reste du roman a un grand intérêt pour le prêter au décorticage et à l’analyse, je pense qu’il serait possible d’écrire un petit livre rien que pour en parler. Pour autant, dans mon désir de trouver quelques détentes au fil des pages que je parcours, j’ai été trop happée par maints points pour pouvoir me laisser porter par la lecture et lâcher prise. J’ai maintenant besoin de quelque chose de plus léger…
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Message par bix_229 le Lun 8 Avr - 12:05

Merci pour tes impressions détaillées.
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Message par Bédoulène le Lun 8 Avr - 13:29

merci Chrysta de nous avoir rejoints sur la LC ICI

et pour ton commentaire argumenté qui éclaire mon ressenti !

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Message par ArenSor le Lun 8 Avr - 19:47

Un grand merci Chrysta pour ce commentaire particulièrement détaillé  cheers.  Comme Bédoulène, je n'avais pas vu le côté maternel d'Herminie (mais dame Aren qui a lu le livre me l'a fait remarquer). Ce que tu dis sur la notion de transfert entre cette personne et le loup m'interpelle ainsi que plusieurs de tes réflexions.
La LC permet ces différences d'approche d'un même ouvrage. La tienne enrichit notoirement la vision que j'avais de ce livre Very Happy .
Encore merci !
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