Durian SUKEGAWA

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Durian SUKEGAWA

Message par Armor le Mer 4 Jan 2017 - 10:03

Durian Sukegawa
Né en 1962



Durian Sukegawa, né en 1962 à Tokyo, est un artiste éclectique, à la fois est poète, écrivain et clown, et diplômé de philosophie et de l'École de pâtisserie du Japon. D'abord scénariste, il fonde en 1990 la Société des poètes qui hurlent, dont les performances alliant lecture de poèmes et musique punk défraient la chronique.

De 1995 à 2000, il anime sur les ondes d'une radio nationale une émission nocturne plébiscitée par les collégiens et les lycéens.

Il est l'auteur de nombreux romans et essais. "Les délices de Tokyo" est son premier livre traduit en français. Il a été adapté pour le cinéma par Naomi Kawase.
source : Babelio

Ouvrages traduits en français :

Les délices de Tokyo


Dernière édition par Armor le Sam 1 Juil 2017 - 21:00, édité 1 fois
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Armor

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Re: Durian SUKEGAWA

Message par Armor le Mer 4 Jan 2017 - 10:09



Les délices de Tokyo

Pour honorer sa dette envers l’homme qui l’a aidé à sortir de prison, le jeune Sentarô se retrouve gérant d’une petite boutique de doryaki. Lui qui n’a aucun goût pour la pâtisserie confectionne jour après jour ces sortes de pancakes fourrée à la pâte de haricots azuki. Les ingrédients industriels et le peu d’intérêt qu’il porte au sujet ont un résultat logique : ses doryaki sont médiocres, et la boutique végète. Malgré tout, (et sans que l'on comprenne bien pourquoi, dans de telles conditions…) Sentarô cherche un employé ; la seule candidate est une vieille femme de 76 ans. Les refus successifs de Sentarô n'y font rien, elle s’acharne, proposant même de travailler pour presque rien. Plus que sa ténacité, c'est son talent qui finalement l’emporte : Tokué est une magicienne, sous ses doigts naissent des délices… Il y a toutefois une ombre au tableau : son aspect physique. Instinctivement, Sentarô décide de dissimuler à la clientèle cette employée aux doigts tout tordus et au visage en partie figé…

Tout l’intérêt du livre réside dans la relation qui s’établit peu à peu entre ces deux êtres cabossés par la vie que rien ne prédestinait à se rencontrer. Nous sommes au Japon, il n’y aura donc pas de drames ou de grandes envolée lyriques ; tout comme son héroïne, l'auteur est plutôt du genre contemplatif et c’est par petites touches qu'il regarde ces deux-là se jauger, se parler, s’apprivoiser peu à peu.
L'on pourrait arguer avec raison que ce thème a été maintes fois traité ; à cela s'ajoute le fait que le style, s'il est agréable, est sans grande originalité. Mais il se dégage de ce roman une sensibilité, une pudeur et une justesse qui m’ont personnellement touchée.

Impossible de dévoiler ici le secret au coeur du livre, même s'il est assez rapidement éventé au cours de la lecture. Tout juste puis-je dire qu'en traitant d'un sujet méconnu, l'auteur a su donner à son récit une tension et une dimension supplémentaires. La capacité des sociétés à broyer certains individus en leur niant toute individualité est une fois encore démontrée de façon saisissante...
Ce roman dégage une atmosphère toute nipponne. Entre révolte et résilience, nostalgie et espérance, il traîne son spleen tout en véhiculant une vraie force de vie. Réussissant sans être docte à nous faire passer quelques messages.
En un mot, c'est un roman profondément mélancolique qui fait du bien…

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #segregation #pathologie
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