Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Wajdi Mouawad

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Message par topocl le Mer 4 Jan - 14:40


Wajdi Mouawad
Né en 1968


Wajdi Mouawad Image280


Wajdi Mouawad, né le 16 octobre 1968 à Deir-el-Qamar au Liban, est un homme de théâtre, metteur en scène, auteur, comédien, directeur artistique, plasticien et cinéaste libano-canadien (québécois).
Wajdi Mouawad quitte son pays natal à l’âge de huit ans à cause de la guerre civile au Liban et émigre avec sa famille à Paris en France, puis au Québec dans la ville de Montréal en 1983. Durant sa scolarité il rejoint la troupe de théâtre de son Cégep puis, encouragé par son professeur de français, il entre à l’École nationale du théâtre du Canada dont il sortira diplômé en 19911.
Débuts au théâtre

De 1990 à 1999, il codirige la compagnie Théâtre Ô Parleur avec Isabelle Leblanc, comédienne dans une des pièces de son frère, Naji Mouawad. Il crée à Montréal de nombreuses mises en scènes et adaptations dont Macbeth ou encore L’Exil de son frère. En parallèle il écrit ses premières pièces Willy Protagoras enfermé dans les toilettes, Journée de Noces chez les Cromagnons, Alphonse et Les Mains d'Edwige au moment de la naissance. Littoral et Incendies, les deux premiers volets de ce qui deviendra avec le temps une tetralogie intitulée Le Sang des promesses sont écrites respectivement en 1997 et 2003.

En 1998, sa création Willy Protagoras enfermé dans les toilettes est élue meilleure production montréalaise par l’Association québécoise des critiques de théâtre.

De 2000 à 2004, il dirige le Théâtre de Quat'Sous à Montréal. C'est en 2005 qu'il fonde les compagnies de création Au carré de l’hypoténuse en France et Abé carré cé carré à Montréal avec Emmanuel Schwartz.
Reconnaissance
Ses nombreux succès outre-Atlantique, tels que Littoral (1997) ou encore Incendies (2003), lui apportent la reconnaissance du public et lui offrent la possibilité de revenir en France. L’ensemble de son travail sera à maintes reprises remarqué et récompensé par des prix. Ainsi, en 2000, il est lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général du Canada dans la catégorie théâtre.

wikipedia, plus d'infos ici

Œuvre littéraire

Théâtre
   Partie de cache-cache entre deux Tchécoslovaques au début du siècle, 1992
   Alphonse, 1996
   Les Mains d'Edwige au moment de la naissance, 1999
   Pacamambo, 2000 (littérature jeunesse)
   Rêves, 2002
   Willy Protagoras enfermé dans les toilettes, 2004
   Assoiffés, 2007
   Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face, 2008
   Seuls - Chemin, texte et peintures, 2008
   Journée de noces chez les Cromagnons, 2011
   Sœurs, 2015
   Une chienne, 2016
   Inflammation du verbe vivre, 2016
   Les Larmes d’Œdipe, 2016
   Victoires, 2017

Cycle Le sang des promesses
   1) Littoral, 1999
   2) Incendies, 2003
   3) Forêts, 2006
   4) Ciels, 2009

Romans
   Visage retrouvé, 2002
   Un obus dans le cœur, 2007 (littérature jeunesse)
   Anima, 2012    
   
Essais
   Seuls - Chemin, texte et peintures, 2008
   Le poisson soi, 2011

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Message par topocl le Mer 4 Jan - 14:44

Anima

Wajdi Mouawad Image281

On se sent tout petit face à un tel livre, d’une telle ampleur, d’une beauté aussi déchirante, d'une violence aussi définitive.
Un livre que je ne saurais conseiller , tant il est cru et impudique, mais qui parviendra à’ s'y colleter sera payé en retour par une émotion qui laissera en lui une trace, qui n’est pas près de s’effacer. Il faut en être prévenu, et plus d'un abandonneront la lecture. C'est d'ailleurs une des questions que pose le livre : Mouawad a écrit un chef-d'oeuvre douloureux à la noirceur flamboyante, mais il est certain que ce qu'il gagne en majesté, que ses excès lyriques, vont lui faire perdre une bonne part du public. Ce que son message gagne en force risque de n'être accessible qu'à un petit nombre  – et il en est de même dans le choix de ne pas traduire les dialogues prononcés en anglais, même en note, qui a un petit coté élitiste gênant.

Les premières pages décrivent le meurtre atroce de Léonie. Quand son mari découvre son corps violenté, cela déchaîne en lui l’émergence d'un déchirement refoulé et inexploré que Wahhch Debch n'aura de cesse de ramener au jour, la révélation du traumatisme étant le passage obligé pour un possible retour à une vie plus normale. Ainsi Wahhch Debch, muré comme pierre dans sa douleur, étranger aux hommes qui l'entourent, part pour une errance à travers le Canada et les États-Unis, à la rencontre de son passé-destin (que je ne révèle pas mais qui le lie à l’histoire d’aujourd’hui dans ce qu’elle a de plus atroce, histoire des Etats Unis à travers la guerre de sécession et le destin indien, histoire du monde à travers la tragédie palestinienne). C’est une odyssée désespérée qui le mènera à la découverte de son propre sens dans un dénouement en apothéose cathartique d’une violence sauvage.

Cet homme est lié par une étrange communion aux animaux qu’il frôle et rencontre. Et ce sont eux, les animaux, chats et chiens familiers, chevaux, mais aussi oiseaux de passage, insectes, mulots…, étonnant chœur antique, qui se passent le relais pour raconter l'histoire, histoire d'un homme tellement désespéré des hommes que seuls les animaux peuvent le comprendre. Il ne s'agit pas là d'un anthropomorphisme niaiseux, mais d'une façon autre de voir notre monde et de le décrire. Eux seuls savent que :

 
le monde est vaste, mais les humains s’entêtent à aller là où leur âme se déchire.

Ce qui pourrait n'être qu'une astuce, un procédé, nous emporte dans des moments d'émotion littéraire intense. Le style de Mouawad alterne des enchaînements de petites phrases haletantes, sujet-verbe-complément, puis une envolée magique nous fait perpétuellement retourner sur le texte, pour mieux le savourer, en apprécier la portée.

Il faut donc savoir qu'on aborde un livre cruel, insistant dans cette cruauté humaine, souvent à la limite du soutenable, mais un livre totalement unique, bouleversant dans l'écriture, ouvert sur l'histoire et les racines, émerveillant dans une compréhension noire des hommes, crûment descriptif de leurs déchaînements les plus atroces. Mais pas un livre dont on redemande, on en sort épuisé : il prend justement sa valeur parce qu'il est totalement unique et qu’on va l’assimiler peu à peu, On se sent boa, digérant cette prose sublime et malfaisante qu'on a pris un plaisir farouche à avaler.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #psychologique #violence

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Message par Gnocchi le Jeu 5 Jan - 22:47

Ah, ce roman m'intrigue beaucoup depuis sa parution.
Ton commentaire est très séduisant. Merci beaucoup Topocl.
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Message par topocl le Ven 6 Jan - 9:09

Il faut avoir le cœur solidement accroché car il est extrêmement violent. Mais il nourrit aussi.

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Message par Tristram le Ven 5 Avr - 14:11

Anima

Wajdi Mouawad Anima_10


Quelque narrateur décrit un homme découvrant sa femme sauvagement assassinée : c’est le chat, et l’homme c’est Wahhch Debch. Puis ce sont des moineaux qui observent ce dernier, tétanisé par le traumatisme, dans sa chambre d’hôpital. À chaque chapitre, c’est une autre espèce qui le décrit ; comme elle est relativement individuée, le lecteur, s’il ne lit pas les titres en latin, peut deviner progressivement l’espèce en cause. Ce procédé est habilement, systématiquement déroulé. Pour mémoire, anima en latin signifie souffle, air, vie, âme, être animé, et a notamment donné animal, animisme… Les bêtes perçoivent nettement toutes les scènes qui permettent au lecteur de suivre l’histoire ‒ et parfois elles perçoivent un peu plus que ne le pourrait un homme ‒ intuition, pressentiment, innocence…
« Au-delà de sa parure humaine derrière laquelle il se camouflait, cet être était emmailloté au cœur d’une toile invisible tissée d’une soie née de sa propre chair, et la bête odieuse qui le tenait prisonnier, se nourrissant à même ses viscères, n’était nulle autre que lui-même. Il était sa propre proie et son propre piège. »

« Quelque chose d’humain est venu m’effleurer et les ténèbres m’ont envahie. Je me suis reculée et je me suis enfuie par une fissure du mur pour le sortir de ma vue et retrouver l’obscurité profonde des arachnées, bien plus lumineuse, bien plus rassurante que cette nuit effroyable que je venais d’entrevoir et qui est, je le sais à présent, le propre des humains. »
Ce regard des bêtes crée une distanciation, au sein des animaux, avec la sauvagerie monstrueuse des humains. Parfois cependant ils éprouvent de l’empathie pour ce spécimen distinct de leurs dangereux adversaires. Leurs jugements des hommes sont quelquefois l’occasion de considérations métaphysiques un peu creuses.
Wahhch poursuit donc le meurtrier dans une réserve mohawk du Québec, puis aux USA ; Angola, Lebanon, Thebes, Cairo, Oran, Carthage, Cabool…), étrange road movie sur l’atlas, de part et d’autre de la Mason-Dixon Line (à ce propos, on consultera avec grand intérêt Mason & Dixon, de Thomas Pynchon), aussi ligne de partition entre Nord et Sud lors de la guerre de Sécession.
Avec une curieuse récurrence, Wahhch s’imagine être l’assassin de sa femme,
« J’ai vu mon regard me voir »
et le drame lui fait se rappeler vaguement qu’enfant on l’avait enterré vivant sous terre, à Sabra et Chatila. Mouawad rapproche ce massacre de la manière de « régler la "question indienne" une fois pour toutes » au moyen des lois d’intégration canadiennes, qui consistent à exiler les jeunes enfants indiens loin de leurs familles et cultures.
Les rappels et renvois internes de ce thriller très travaillé sont efficaces ; outre les récits des animaux, j’ai apprécié les passages en anglais et même en arabe ("littéral", si j’ose dire) (pas certain cependant que ce soit agréable pour tous les lecteurs), mais l’aspect trash m’a au mieux paru inutile, et surtout je regrette que tout cela tourne un peu à vide, avec des considérations gratuites, voire sans signification.
J’ai pensé à Fred Vargas (peut-être le ton ?)


Mots-clés : #polar

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Message par topocl le Ven 5 Avr - 15:53

Ah, c'est drôle je n'aurais pas mis polar comme mot-clé. Mais bien sûr l'interprétation du lecteur est libre, et c’est le risque des mots clés!

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Message par Tristram le Ven 5 Avr - 15:59

C'est plutôt un thriller (mais y a pas thriller comme mot-clé). C'est vrai que cette dénomination est un peu réductrice, on n'y pense pas forcément à la lecture, mais si on veut le faire rentrer dans une boîte, quitte à pousser un peu...

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Message par topocl le Ven 5 Avr - 18:02

Bon, alors on demande la création du mot clé "Thriller" et on arrête de se disputer?

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Message par Tristram le Ven 5 Avr - 18:36

C'est quand même pas deux réfractaires à la mise en boîte catégorielle (voire caractériels) qui vont réclamer un mot-clef de plus ?!
(Je ne me dispute jamais avec toi, Topocl _ t'es trop forte.)

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Message par topocl le Ven 5 Avr - 18:43

Oui, tristram.

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Message par Tristram le Ven 5 Avr - 18:44

Je l'avais dit.

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Message par Cliniou le Ven 5 Avr - 19:49

Oulaaaa, quel flood ici, il vous faut des vacances, vous deux.

Sinon, merci pour le commentaire Tristram.
Je verrai peut-être un jour du côté du théâtre....
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Message par Bédoulène le Ven 5 Avr - 20:01

cette vision par les animaux devrait me plaire, merci Tristram !

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Message par topocl le Sam 6 Avr - 9:43

@Cliniou a écrit:Oulaaaa, quel flood ici, il vous faut des vacances, vous deux.


C'est mal de papoter?

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Message par kashmir le Sam 6 Avr - 18:07

@Bédoulène a écrit:cette vision par les animaux devrait me plaire, merci Tristram !

-Bédoulène, je pensais comme toi quand je l'ai commencé : alors oui, j'ai aimé cette idée de narration mais par-contre, autour, la cruauté humaine dépasse largement la nécessité de la chaîne alimentaire animale.
Ce que j'essaye de te dire, c'est qu' un moment on ne voit plus que la monstruosité des hommes et cela emporte tout.


Par contre, la langue qu'emploie Wajdi Mouawad est absolument magnifique: c'est une écriture que l'on veut retrouver...
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Message par Bédoulène le Sam 6 Avr - 19:57

ah! kashmir la cruauté des hommes je la connais et si tu as pu lire le livre je le ferai Smile (je pourrai maudire les méchants)

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Message par topocl le Dim 7 Avr - 15:57

@Tristram a écrit:mais l’aspect trash m’a au mieux paru inutile,
Je réfléchis à ça.
Est-ce que moi aussi j'aurais me même jugement, cinq ans après?
Est-ce vraiment inutile de montrer la violence du monde telle qu'elle est?
N'est-ce pas ce que fait l’expressionnisme, en art pictural?
Tout ce que je sais c'est que je n'ai pas de réponses.

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Message par Tristram le Dim 7 Avr - 16:17

C'est bien sûr un point de vue personnel. J'ai peu de goût (même morbide) pour ce genre d'images, qui me frappent moins qu'elles ne me dégoûtent. Je trouve que la surenchère générale dans le gore et le trash édulcore et banalise la violence et l'horreur. Un détail significatif me paraît plus parlant qu'une inondation d'hémoglobine.
C'est peut-être aussi une aversion dans le moment, mais le côté gratuit de cet étalage m'insupporte un peu.
"montrer la violence du monde telle qu'elle est" (dans la tête de l'auteur ? ou alors évènement réel ?), ça va, tout le monde a compris que l'homme est un loup pour la lune, même ceux qui dorment au fond de la classe.
Je me demande simplement si c'est justifié en fiction, à grande dose. Dans ce cas précis, rester dans l'allusif aurait peut-être été plus efficace ? Ou en rester au seul premier massacre ?
Dans l'expressionnisme en peinture, l'image s'adresse directement au spectateur, on ne la lui narre pas par le menu, on la lui met dans la gueule.
Continuons à réfléchir...

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Message par topocl le Dim 7 Avr - 17:37

@Tristram a écrit:qui me frappent moins qu'elles ne me dégoûtent.
Je comprends bien ça, et donc oui, je me demande donc pourquoi çà ne m'a pas dégoûtée

@Tristram a écrit:Je trouve que la surenchère générale dans le gore et le trash édulcore et banalise la violence et l'horreur.

ben non, je pense, puisque justement çà pose problème, c'est donc bien que ça ne banalise pas.

@Tristram a écrit:
"montrer la violence du monde telle qu'elle est" (dans la tête de l'auteur ? ou alors évènement réel ?), ça va, tout le monde a compris que l'homme est un loup pour la lune, même ceux qui dorment au fond de la classe.
Et comme tu as compris que le nazisme c'est le mal, tu ne lis plus les Bienveillantes? que l'amour c'est bô, tu ne lis plus de romans d'amour?


@Tristram a écrit:
Dans l'expressionnisme en peinture, l'image s'adresse directement au spectateur, on ne la lui narre pas par le menu, on la lui met dans la gueule.
oui, mais inversement on lui visualise quelque chose, alors que le texte ouvre la possibilité de broder à sa façon, et surtout de sauter!

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Message par topocl le Dim 7 Avr - 17:39

En outre, cette idée du traumatisme initial, ça m'intéresse.
Et curieusement ce qui me reste de ce bouquin, c'est les animaux qui racontent, qui bruissent , qui surveillent l'homme qui marche.

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