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Zakhar Prilepine

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Message par topocl le Mer 4 Jan 2017 - 16:27

Zakhar Prilepine
Né en 1975


Zakhar Prilepine Image234

Zakhar Prilepine (en russe : Захар Прилепин) est un écrivain, linguiste, journaliste et homme politique russe né le 7 juillet 1975 dans le village de Ilinka (oblast de Riazan). Son vrai nom est Evgueni Nikolaevitch Prilepine (en russe : Евгений Николаевич Прилепин). Prilepine est membre du Parti National-Bolchevik depuis 1996.

Zakhar Prilepine, est le fils d’un professeur et d’une infirmière russes. Il termine la faculté philologique (linguistique) de l’Université d’État de Nijni Novgorod. Il est commandant dans le service des OMON et prend part à des combats en Tchétchénie entre 1996 et 1999.

Les premières œuvres de Prilepine sont publiées en 2003 dans le journal Den’ Literatouri (Jour de la Littérature).

Il a été le rédacteur principal de l’organe de presse du Parti National-Bolchevik de Nijni Novgorod Narodnyi Nablioudatel’ (l’Observateur du Peuple). Il a participé au séminaire des jeunes auteurs Moscou-Peredelkino en février 2004 et aux IV, V et VI Forums des jeunes auteurs de Russie à Moscou.

Prilepine est l’un des dirigeants de l’antenne régionale du Parti National-Bolchevik de Nijni Novgorod et prend part à de nombreuses actions. Il a notamment participé à la Marche des Mécontents qui a eu lieu le 24 mars 2007 à Nijni Novgorod, ce qui lui a valu d’être arrêté comme de nombreux activistes de la coalition L'Autre Russie. Il est également le principal rédacteur de la section régionale de Nijni Novgorod de l’Agence des nouvelles politiques.

Prilepine est marié et a quatre enfants.
wikipedia

Œuvres en français

Romans
2004 : Pathologies
2006 : San'kia  ; Page 1
2007 : Le Péché
2012 : Le singe noir
2017 : L’Archipel des Solovki ; Page 1

Recueils de nouvelles     
2008 : Botinki
2008 : Des chaussures remplies de vodka chaude ; Page 1
2015 : Une fille nommée Aglaé : Page 1

Essais, recueils d'articles
2008 : Je viens de Russie, essai
2014 : De gauche, jeune et méchant
2017 : Journal d'Ukraine
2018 : Ceux du Donbass, Chroniques d'une guerre en cours

MAJ de l'index le 15/06/2019

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Message par topocl le Mer 4 Jan 2017 - 16:29

San'kia

Zakhar Prilepine 97827414

   - Nous n'avons aucune chance, dit-il. Mais est-ce que ça a de l'importance ?

Sacha, dit San'kia est emblématique de la jeunesse russe d'aujourd'hui. Plus radical certes, plus courageux peut-être, ou plus naïf ? Mais ancré dans un paysage politique dévasté comme l'ont été en d'autres temps ses grands-parents, survivants fantomatiques d'un village bloqué par la neige une bonne partie de l'année, ou  sa mère travailleuse effacée et  son père, mort d'alcoolisme.

Sacha n'a pas de programme politique précis, mais croit en la Russie, une entité de puissance qui fait parfois froid dans le dos, et considère que « son président » et « son gouvernement » la bafouent ignominieusement. Face à cela, ce jeune homme solitaire et désœuvré a rejoint un groupuscule extrémiste où il trouve la chaleur de l'amitié et le courage de l'action, une action qui va monter en puissance au fur et à mesure qu'il se heurte à la sauvagerie des autorités.

C'est la description d'un univers qui a quelque chose de kafkaïen,  l'acte est si désespéré qu'il en devient absurde et paradoxalement jouissif.
Ces jeunes gens ne rappellent pas les révoltés de Sartre ou de Camus, ils ne réfléchissent guère, ils sont dans une action intuitive et provocatrice dont ils connaissent et assume d'avance l'échec prévisible.

   La solitude, lui semblait-il, était inaccessible parce qu'il était impossible en fait de rester seul avec soi-même – à l'écart des reflets qu'ont laissés sur vous tous ceux qui vous ont côtoyé, et des offenses, des erreurs et des chagrins que la vie vous a infligés. De quelle solitude peut-il s'agir, alors que l'on a une mémoire ? Toujours à côté, sévère et tranquille.


mots-clés : #politique

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Message par tom léo le Mer 15 Fév 2017 - 17:30

Zakhar Prilepine 97827414

San'kia


Originale : Санькя  (Russe, 2006)

CONTENU:
Présentation de l'éditeur (légèrement abrégé) a écrit:« San 'kia » témoigne du parcours d'une certaine jeunesse russe.

Sacha, militant d'un groupuscule d'extrême gauche, hantise de tous les services de sécurité, vient se réfugier un temps à la campagne auprès de ses grands-parents, après une manifestation qui a mal tourné. Il a cessé de travailler, vit d'expédients chez sa mère, qui se tue à la tâche à l'usine pour un salaire de misère et ne comprend pas les aspirations révolutionnaires de son fils. En plus de ses amis, avec qui il picole énormément, comme son père, mort d'alcoolisme, il y a Yana, une jeune fille responsable de la même organisation, dont il s'est épris. Arrêté quelques jours plus tard, torturé, humilié, laissé pour mort par la police, Sacha ne peut que se radicaliser davantage...

Anna Politkovskaïa, la journaliste assassinée, avait de la sympathie pour ces jeunes, les seuls à oser affronter, à leurs risques et périls, le pouvoir en place. Des jeunes à qui on ne laisse que la liberté de se fracasser la tête contre les murs et de passer à l'action directe. "Zakhar Prilepine est à la mode, expliquait un critique russe. Crâne rasé et chemise noire déboutonnée, il pourrait jouer au cinéma un killer ou un anti-killer. Il plaît à tous : aux uns pour son réalisme, aux autres pour un antilibéralisme militant ; aux radicaux de gauche pour son héros révolté, qui hait la société de consommation avec sa liberté d'entreprendre et son délitement social ; aux adversaires libéraux de toutes les révolutions parce que ce héros-là est condamné, et que ces gamins enragés qui cassent les vitrines et brûlent les voitures ne pourront jamais accomplir aucune révolution." A quoi l'auteur de San'kia répondait d'avance : "La Russie se nourrit des âmes de ses fils, c'est cela qui la fait vivre. Ce ne sont pas les saints, ce sont les maudits qui la font vivre." Pas étonnant qu'en quelques années Zakhar Prilepine soit devenu, dans son pays, l'un des écrivains les plus populaires et son roman San 'kia un best-seller sur internet.

Sur l'histoire de l'édition et les premières échos en Russie voir aussi :  http://sankya.ru/about.html

REMARQUES :
San'kia est le deuxième roman de Prilepine, écrit entre 2005/06 à Nishni Novgorod, en treize chapitres numérotés. Et la reconnaissance par les lecteurs en Russie ne se laissait pas attendre : l'auteur semble pouvoir vraiment décrire le sentiment d'une génération, de toute une couche de la societé, surtout des jeunes.

Au centre : un jeune, San'kia (diminuitif de Sacha/Alexandre), qui fait partie d'un groupuscule extremiste cherchant le renouvellement : en ceci ils lient d'une façon géniale innocence et être prêt à la violence, une aspiration à une Russie forte, unie, voir nationaliste et e rejet complet de cette Russie actuelle.

En tout cela on pressent la proximité au parti national-bolchévique qui fut interdit justement en 2005, fondé dans les années 90 par un certain Limonov. L'un ou l'autre lecteur du roman/biographoe d'Emmanuel Carrère se souvient peut-être aussi de ses activités politiques assez « bizarres » dans ses années-là. Et en fait : Prilepine en fait partie de ce parti depuis 1996.

On trouvera des critiques claires et nettes, sans détours, sur le gouvernement en Russie, seulement légèrement dissimulées derrière des formules comme « notre président », « notre gouvernement » (sans citer des noms). Cela est assez étonnant... Dans cette Russie-là on trouvera la torture, la suppression de liberté de presse et d'opinion... belles perspectives ! Et ainsi il fera dire à un personnage : « Rien n'a changé dans ce pays et changera jamais. »

Par ailleurs, une certaine proximité des noms dans une prononciation russe rapide, rapproche « San'kia » de Zakhar, le prénom de l'auteur. Dans d'autres livres aussi, le Russe semble très proche et en sympathie de son héros principal...

Mais qu'on ne se trompe pas avec ces considérations plutôt d'ordre politique : Il s'agit bien de plus qu'un pamphlet politique caché. La lente radicalisation du héros, diverses opinions politiques, des manifs et action assez douteuses sont bien décrites, mais derrière tout cela (ou : aussi en tout cela) il s'agit à mon avis d'un bon morceau de littérature !

Dans ces personnages du groupuscule des « soyouzniki », et avant tout dans le personnage principale de Sacha, on trouvera au milieu de ces accès de folie, de perte de patience etc., une forme de poèsie, de tendresse qui touche le cœur. Oui, ces gens vivent à leur façon (très critiquable?!) un désir, un soif d'une autre societé et d'autres hommes qui semblent si loin de la Russie actuelle avec sa corruption, le matérialisme etc.

Donc : il y a bien d'autres fils dans ce romans : une histoire d'amour (bien sûr) ; la camaraderie avec les amis ; l'alcoolisme qui a tellement détruit la famille de San'kia, mais aussi la Russie ; l'isolement de la province, des villages, tout en y voyant un peu « la vraie » Russie ; les clivages entre riche et pauvre ; le Dieu lointain et pourtant si proche ; voir des descriptions purement belles et « gratuites »...

Donc : on pourra sans doute voir avec un œil très critique cette radicalisation du héros, d'une partie de la societé russe, l'extremisme décrit, mais ce roman nous fera comprendra un peu plus la Russie actuelle et, en outre, un regard melangeant dureté et tendresse, dont Prilepine semble avoir le secret.

En ce qui me concerne, je continuerai l'exploration de son œuvre...
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Message par tom léo le Lun 21 Mai 2018 - 9:25

Des chaussures pleines de vodka chaude

Zakhar Prilepine 97827410

Originale: «Ботинки, полные горячей вод , сборник рассказов, Russe, 2008)
Traduction: Joëlle Dublanchet (Übersetzer)

Récueil de 11 nouvelles

C'est une très bonne façon de faire connaissance avec un auteur (à mon avis) de lire des nouvelles : on saura après quelques unes peut-être un peu mieux s'il nous parlera ou pas. Si dans le cité « San'kya » le ton politique, voir la violence, est redoutable, on trouvera ici aussi quelque chose qui marque l'écriture de Prilépine. Je trouve cela vraiment rare, qu'une certaine forme très crue, violente puisse se marier ici avec une tendresse touchante, des bribes extrêmement nostalgique. Par là même on comprendra peut-être aussi un des traits de ce pays ? Et de cet auteur un peu, voir beaucoup, controversé pour nos yeux occidentaux ?!

Et sur ce niveau-là je pense que la lecture de ces nouvelles peuvent nous aider. Elles ont quelque chose d'authentiques, de raleur, mais aussi d'humain. Toutes les nouvelles sont racontées de la perspective d'un narrateur (première personne). Certains personnages comme « ma femme, mon frère, mon ami » apparaissent ici et là. Et ainsi on a l'impression (est-ce vrai?) de participer à la vie de l'auteur même. Donc, cela paraît très authentique, même si certaines choses paraissent un peu incrédibles.

Pour moi une vraie découverte.

mots-clés : #contemporain #nouvelle #viequotidienne #violence
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Message par topocl le Lun 21 Mai 2018 - 9:33

Et il y a un thème général commun, tu dirais?

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Message par tom léo le Lun 21 Mai 2018 - 9:45

Sujet commun? Peut-être plutôt un "ton, une tonalité" communs.

Les sujets peuvent parler des femmes, des "amis", de la campagne russe, la trahison, de la guerre, du pays russe mourrant..., mais peut-être ils sont liés par le destin de jeunes gens un peu déboussolé dans la Russie nouvelle?

Néanmoins je garde surtout en mémoire (la lecture date) la coexistence de quelque chose de "cassé, sombre, désorienté", avec des éclats de lumière... A découvrir.

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Message par Bédoulène le Lun 21 Mai 2018 - 21:30

merci Tom Léo ! encore un auteur que je veux lire !

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Message par tom léo le Ven 25 Mai 2018 - 22:05

Zakhar Prilepine 51vf0k10

L’Archipel des Solovki


Originale : Oбитель (Russe, 2014)

CONTENU :
Zakhar Prilepine ose et assume le romanesque pour raconter les Solovki - premier camp du régime soviétique, à cent soixante kilomètres du cercle polaire. Créé quelques années après la révolution d'Octobre, il a été installé presque symboliquement dans un haut lieu monastique. Sans craindre les scènes de genre, les discussions métaphysiques, la folie meurtrière, Prilepine réussit à nous faire croire à l'histoire d'amour d'un détenu et de sa "gardienne" tout en maîtrisant brillamment, sans jamais être pris en défaut quant à l'exactitude historique - il a lu Soljénitsyne -, une narration riche d'une foule de personnages. Artiom, jeune homme parricide (allusion assumée aux Frères Karamazov) déporté aux Solovki, se retrouve ainsi immergé au milieu d'une population, haute en couleur, de droits-communs, de politiques, de membres du clergé, d'officiers de l'Armée blanche, de soldats de l'Armée rouge, de tchékistes...
REMARQUES :
Les îles Solovki sont plus qu’un Archipel quelconque dans la Mer Blanche, mais à plusieurs titres un lieu significatif dans l’Histoire aussi bien de la Sainte Russie, que la Russie tsariste moins glorieuse et enfin les horreurs du premier Goulag. Depuis le XVème siècle il y avait eu les premiers moines et éremites qui avaient trouvé le chemin à travers la mer vers ces îles isolées. Plus tard, le monastère influent, aussi lieu de pélérinage, haut lieu de spiritualité orthodoxe, est aussi devenu un prison pour des incommodes au régime tsariste. Après la révolution d’Octobre, et déjà dès 1920, s’est créé un camp, un goulag, où on internait des gens les plus différents, réprésentatnt topute la palette de la société pas en phase avec le nouveau pouvoir, ou simplement des criminels.

Ce roman joue plutôt dans la deuxième moitié des années 20 : Nogteev, l’ancien commandant, a disparu, et c’est Eikhmanis le chef actuel. Parmi les détenus Artiom Gorianov qui va connaître une relation mouvementé avec Galia, gardienne ou sécretaire personnelle de Eikhmanis. Néanmoins une reduction de cette œuvre à un roman d’amour serait vraiment trop court. Encastré dans le concret du cadre plus que réaliste du camp, et dans une certaine ampleur de brasser les différentes éléments de vie, assez contrasté, ce roman donne à comprendre la complexité de la vie sur les Solovki. Qui garde qui ? On utilise les uns contre les autres. Parfois le sentiment bizarre, qu’au milieu de la crasse et de travaux lourdes et pénibles, on « soutient » encore les études, les dons des uns et des autres. Signe aussi : la grande bibliothèque (dont Rolin avait fait le sujet d’un livre). Ou des pièces de théâtre, jouées par des détenus. Ou des competitions « olympiques ». Ou les recherches quasimment scientifiques de certains spécialistes. Ici, à leur façon, on n’avait pas juste voulu « punir », mais éduquer une société nouvelle, un homme nouveau… - mais par quels moyens !

Cette ambivalence semble traverser le roman et pourrait bien être un mot clé plus universel pour décrire la Russie ?! Habitué aux excès (politiques) de Prilèpine, on pourrait se demander si parfois il aimerait justifier certains choix. Mais ailleurs il semble clair et lucide. Puis, des irriptions pas tellement de « justifications » que plutôt de lumière au milieu de cette obscurité. On connaît – peut-être sujet unifiant une littérature des camps – l’obscurité de ces lieux où l’homme peut devnir loup pour loup. Mais aussi : quelques hommes ici, qui gardent une bonté foncière. Cela rappelle « La maison des morts » de Dosto par ex, et autres. Et rappelle que cet écrivain, dans sa violence parfois, peut d’un coup être d’une tendresse, d’une profondeur « toutes russes ».

On a pu apprécier Prilepine déjà comme maître de la forme plus courte. Ici il s’attaque à une forme d’épopée, large. Un vrai pavé qu’il faut attaquer, ou dans lequel il faudrait se plonger . Cela pourrait valoir la peine !


Mots-clés : #captivite #historique #regimeautoritaire
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Message par Armor le Ven 25 Mai 2018 - 22:11

Intrigant, ce Prilepine...

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Message par Cliniou le Ven 25 Mai 2018 - 22:25

Je suis heureuse d’avoir lu ton commentaire, Tom Léo.
C’est une lecture que j’envisage mais, en ce moment, sa taille me rebute.
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Message par topocl le Sam 26 Mai 2018 - 9:37

Ha! tu es arrivé à le finir, alors! Et apparemment tu en es satisfait!
En fait, je m'interroge si j'ai envie d'une forme romanesque sur ce sujet scratch ...

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Message par Bédoulène le Sam 26 Mai 2018 - 11:40

mais la réalité n'est pas occultée me semble, Tom Léo ?

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Message par tom léo le Sam 26 Mai 2018 - 12:19

@Bédoulène a écrit:mais la réalité n'est pas occultée me semble, Tom Léo  ?

Non, il me semble pas. Sinon on aurait eu aussi des commentaires l'attaquent... Il y a des descriptions cruelles, ou disons, pas tendre, mais le tout aussi baigné dans certaines trouées d'autres choses. La "réalité" est souvent plus complexe et ambivalent qu'on ne croie? Mais je ne pense pas que Prilépine se fait complaisant avec le système...
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Message par Bédoulène le Sam 26 Mai 2018 - 16:24

merci Tom Léo !

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Message par topocl le Dim 29 Juil 2018 - 16:24

L'archipel des Solovki

Zakhar Prilepine 51vf0k10

Zakhar Prilepine fait  le choix du romanesque pour rapporter l'enfer vécu par les détenus des îles Solovki, aux mains de geôliers sadiques et pervers, se donnant bonne conscience avec l'idée d'une rééducation  passant par le sport et la culture. Les détenus, ces russes acceptant leur destin, se perdant en palabres sans fin, espérant l'aide d'une certaine spiritualité, n'en  vivent pas moins en permanence dans la crasse, le froid, la faim, la peur.

Autant cette lecture, appuyée sur une documentation scrupuleuse, est riche en enseignements, autant le côté romanesque est mal maîtrisé, desservi par un manque d'humilité de l'auteur face à l'ampleur de son entreprise. C'est long, très long, malgré quelques passages où les personnages et les sentiments prennent corps, et puis à nouveau, c'est long, très long. C'est mon intérêt personnel pour les iles Solovki qi m'a permis d'en venir à bout.

(Et surtout, ne lisez pas le quatrième de couverture qui révèle beaucoup trop.)


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Message par Bédoulène le Dim 29 Juil 2018 - 18:18

merci topocl, si je m'y lance je tiendrai compte de ton info)

je vois que la longueur avait aussi été relevé par Tom Léo

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Message par tom léo le Sam 15 Juin 2019 - 17:48

Une fille nommée Aglaé

Zakhar Prilepine 41yol710
Originale : Восьмерка (Russe, 2013)

CONTENU :
Notes de l'éditeur a écrit:« Une fille nommée Aglaé » rassemble sept nouvelles qui reprennent les thèmes chers à Zakhar Prilepine - la figure tutélaire du père, absent ou présent, les rapports impossibles entre hommes et femmes. Ces histoires se passent toutes dans la Russie profonde - campagne abandonnée et triste (Le Petit Vitia) où la nature parfois préservée magnifie tout (La Forêt), ville de province sinistrée où de singuliers policiers (Mon père) font régner l'ordre à leur façon (Une fille nommée Aglaé, L'Interrogatoire), où l'on s'échoue aussi (Le Brancard), mais encore lieu propice aux amours clandestines vouées à l'échec (L'Ombre d'un nuage sur l'autre rive).

Zakhar Prilepine a une façon bien à lui de décrire ces hommes pris au piège, et qui tirent réconfort de l'amour d'un père, unique consolation dans un monde où les femmes, pour eux, ne sont que malentendu et faux-semblant. Il ne reste plus alors qu'à faire le deuil de son enfance, grandir obligatoirement, s'endurcir, pour devenir un homme, un vrai... Mais à quel prix ?

Publié en 2013, ce recueil a connu un grand succès dans son pays - Aglaé a été porté à l'écran -, comme pour confirmer qu'un écrivain russe digne de ce nom se doit d'exceller dans un genre où Tchékhov reste un maître inégalé

REMARQUES :
Tous ces récits sont racontés par un narrateur vivant ces rencontres, ses souvenirs. Cela donne à l'oeuvre de Prilepine constament l'impression d'une forme de travail de l'auteur sur ses souvenirs personnels. Cela m'avait déjà touché dans d'autres livres de lui. Néanmoins ils se trouvent pas sur les mêmes niveaux temporaires, et on ne voit pas des liens directs entre ces récits. Plusieurs fois apparents souvenirs d'enfance, des fois histoires d'amour plus ou moins réussies…, plutôt pas ! Le récit « Une fille nommée Aglaé » me semble le plus urbain dans un sens contemporain, s'approchant par exemple à Sankya : des OMON (force de sécurité) qui vivent un peu selon leurs règles, dans une atmosphère de violence. Image plutôt violent d'une Russie ue nous ne comprenons probablement très peu. Néanmoins justement cet auteur est apparemment aimé en Russie pour la proximité : les gens se réconnaissent dans son écriture.

Et on y trouve un melange si propre et unique entre justement une certaine noirceur et puis une tendresse infinie, des touches d'une grande humanité où le lecteur est sous le charme. Je pense spécialement aux récits très courts (Aglaé me paraissait, à moi, le plus loin…). Le dernier récit parle p ex des souvenirs à une enfance lointaine, près d'une rivière, du Père-héro, adoré par l'enfant (où est la mère?) avec lequel on va partir monter la rivière à pied pour aller jusqu'à une monastère. Récit si bien ficelé qu'à la fin on ne sait plus si l'enfant est le père (nommé Zakhar!), où le père l'enfant…

Quand on connaît les fréquentations douteuses de Prilepine on est un peu refroidi, mais quelle écriture ! Pour certains de ces récits cela touche, pour mon goût, à la perfection.


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Message par Bédoulène le Sam 15 Juin 2019 - 18:10

merci Léo ! (pour "Quand on connaît les fréquentations douteuses de Prilepine on est un peu refroidi," voir une de mes signatures "Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

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"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
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