John Clare

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John Clare

Message par animal le Mer 4 Jan - 21:15

John Clare (1793 - 1864)


John Clare, poète romantique qui a la particularité non pas d'être né dans la campagne anglaise (Northamptonshire) mais d'être issu d'un milieu très modeste ses parents étant de simples ouvriers agricoles.

Il fréquentera l'école jusqu'à ses onze ans puis finira d'apprendre ce qu'il a pu par lui même et par ses lectures. Une double vie de futur poète et de travailleur qui lui vaudra le succès avant de disparaître sans jamais lâcher sa plume. Il mourra au Northampton General Lunatic Asylum.

C'est son autre particularité, les troubles psychiques et l'internement volontaire.

Bio recomposé de la lecture de son Voyage de la page wikipedia

Ouvrages traduits en français :

- Poèmes et Proses de la folie de John Clare
- Voyage hors des limites de l’Essex & autres textes autobiographiques

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Re: John Clare

Message par animal le Mer 4 Jan - 21:38



Voyage hors des limites de l’Essex & autres textes autobiographiques

À l’époque du romantisme tardif, entre le Lenz de Büchner et l’Aurélia de Nerval, l’écriture autobiographique de John Clare (1793-1864) témoigne d’une volonté et d’une nécessité de préserver « l’identité propre », d’un combat mené contre une double aliénation, sociale et mentale.
Issu d’une famille « illettrée au dernier degré », ignorant orthographe et ponctuation, John Clare écrivit très tôt de nombreux poèmes dont certains furent publiés par John Taylor, le premier éditeur de Keats et Thomas de Quincey. Il fut cependant accusé de ne pas être l’auteur de son premier recueil. La célébrité atteignit pourtant le « poète-paysan », qui rencontra Coleridge et De Quincey à Londres, mais elle fut de courte durée, et les publications s’espacèrent. Sujet à des crises de plus en plus fréquentes dont l’origine remontait à l’enfance, Clare décida de se faire interner en 1837. C’est en s’évadant de l’asile en 1841 pour retourner chez lui et les siens, vivants et morts, qu’il rédigea les notes au rythme heurté, haché, du Voyage hors des limites de l’Essex. Recueilli quelque temps par sa véritable épouse, Patty, John Clare retourna finalement à l’asile et y resta jusqu’à sa mort en 1864, écrivant lettres et poèmes.
L'éditeur Grèges

Il est un des motifs qui revient dans London Overground de Iain Sinclair et à peine posé la question à mon libraire que j'avais le livre dans les mains. Parfois les lectures s'imposent.

Avec ce voyage on survole peut-être une oeuvre ou on la contourne puisqu'il n'y a que très peu de morceaux de la poésie de l'auteur, par contre on plonge au cœur du problème, ou du système, ou du sujet, selon la branche à laquelle on veut se raccrocher.

Pas de poésie mais une autobiographie fragmentée qui précède le Voyage. Une longue lettre adressée à son éditeur qui n'est pas une justification, pas non plus vraiment une explication, un témoignage pas forcément. Ca ressemble plus à un aveu, une mise à nu ou livraison à nu, une affirmation de soi pour ce poète qui n'aurait pas du l'être. Un homme qui n'aura peut-être jamais été tout à fait lui-même.

Dans l'exercice de sa profession de foi de poète comme dans sa vie sentimentale il semble à la fois coincé dans sa condition d'origine (sociale) et motivé par le fossé à franchir. Mais ça c'est en second. En premier lieu c'est l'affirmation. De la poésie, de la nature, du besoin de dire et d'écrire. De célébrer comme de créer sa propre planche de salut ?

Le texte respecte au mieux le manuscrit : absence de ponctuation, espaces pour marquer des séparations et sans syntaxe des articulations de phrases qui utilisent certains mots comme pivots. mots qui terminent une phrase en étant déjà le début d'une autre. Le rythme peut-être, un phrasé et la nudité du propos rappellent une voix comme celle de Pierre Rivière (ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère... ), ce que souligne d'ailleurs aussi le traducteur.

C'est par moments autre, incertain et néanmoins indiscutable.

Plus on s'approche du voyage plus se fait évident un phénomène de déconstruction-réassemblage de certains repères, temporels notamment et probablement une réécriture de soi qui n'en est pas exactement une de réécriture. Le sens "remplace" un autre sens antérieur ou "réel" pour les autres. Toujours est il que c'est dans cette ambiguïté qu'on ressent la continuité de la poésie, de sa poésie.

C'est le genre de lecture qui fait partie des voyages accompagnés à la frontière de nous-mêmes. Un autre rapprochement avec un auteur comme Stanislas Rodanski peut-être, des personnalités très différentes mais qui sont passées de l'autre côté de la barrière mais on écrit, se sont écrites et ainsi élevé le sens de ce geste. On peut se détacher de ce type d'expérience, il y a fatalement une pointe de vertige au bord de ce gouffre. Troublant et étrangement instructif.


mots-clés : #biographie

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