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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Tristan Tzara

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Message par Jack-Hubert Bukowski le Ven 6 Jan 2017 - 11:44

Tristan Tzara
(1896-1963)

Tristan Tzara Tzara_10

J'ai pris le temps d'arriver à Tristan Tzara. Le voyage en a valu la peine. J'étais prêt à encaisser. L'écrivain et poète québécois Jean-Simon Desrochers est un adepte quasi inconditionnel de Tzara et du mouvement dadaïste dont il est devenu le chef de file au cours des années. Pour ma part, je connaissais Tzara de loin. Il est continuellement revenu, a nourri les allusions et les conversations. Il a fait une incursion à Paris et le mouvement dadaïste a précédé de peu les diverses générations et courants d'avant-garde surréalistes. Le dadaïsme est en soi une révolution poétique. Le véritable nom de Tristan Tzara est Samuel Rosenstock. Son nom d'artiste renvoie à une mythologie dont nous pouvons anticiper les provenances. Avec Robert Walser, Tristan Tzara partage le fait d'armes d'avoir été décédé le jour de Noël. En tant que Roumain et cosmopolite des principaux mouvements d'avant-garde littéraires d'Europe, Tristan Tzara a pris fait et cause pour une défense du communisme. En se liant avec les précurseurs du surréalisme à commencer par André Breton lui-même, Tristan Tzara a toujours gardé sa position de devancier par rapport à ce mouvement. Il s'en rapprochera non pas sans avoir défendu la paroisse du dadaïsme dont il fut l'infatigable ambassadeur.

Oeuvres

La Première Aventure céleste de Mr Antipyrine, 1916, avec des bois gravés et coloriés par Marcel Janco
Vingt-cinq poèmes, 1918
Cinéma calendrier du cœur abstrait maisons, 1920
Le Cœur à gaz, juin 1921
Le Cœur à barbe, 1922
De nos oiseaux : poèmes, 1923
Sept manifestes Dada, 1924, avec des dessins de Francis Picabia : color=#2181b5]Page 1[/color]
Mouchoir de nuages, 1924
Sonia Delaunay, 1925
L’Arbre des voyageurs, 1930
Essai sur la situation de la poésie, 1931
L’Homme approximatif, 1931 : Page 1
Où boivent les loups, 1932 : color=#2181b5]Page 1[/color]
L’Antitête, 1933
Grains et Issues, 1935
La Main passe, 1935
Ramures, 1936
Sur le champ, 1937
La Deuxième Aventure céleste de M. Antipyrine, 1938
Midis gagnés, 1939
Ça va, 1944
Signe de vie, 1946
Entre-temps, 1946
Terre sur terre, 1946
La Fuite : poème dramatique en quatre actes et un épilogue, 1947
Le Surréalisme et l’Après-guerre, 1947
Phases, Éditions Seghers, 1949, avec un portrait (lithographie) de Tzara par Alberto Giacometti
Le Poids du monde, 1951
La Face intérieure, 1953
L'Égypte face à face, 1954
À haute flamme, 1955
La Bonne Heure, 1955
Parler seul, 1955 : color=#2181b5]Page 1[/color]
Le Fruit permis : poèmes, 1956.
La Rose et le Chien, 1958, livre animé, illustré par Picasso
Juste présent, 1961
Lampisteries, précédé de Sept manifestes Dada, 1963

Editions posthumes
40 chansons et déchansons, 1972
Œuvres complètes, Flammarion, 1975-1982, 5 volumes
Cinéma calendrier du cœur abstrait maisons, 2005
Découverte des arts dits primitifs, suivi de Poèmes nègres, Hazan, 2006

Source : Page Wikipedia de Tzara

màj le 4/11/2017


Dernière édition par Jack-Hubert Bukowski le Ven 6 Jan 2017 - 15:25, édité 4 fois
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Ven 6 Jan 2017 - 12:06

Extrait d'Où boivent les loups... Je dois dire à la lecture de cet extrait que la dernière strophe avait attiré mon attention. Puis, je me suis attardé à l'ensemble du poème. C'était ce poème que je devais consacrer pour initier le fil à Tristan Tzara. Il m'a fallu recopier la plus grande part du poème puisqu'il semble difficile à dénicher sur le Net dans son ensemble.

XVIII

d'une douleur ancienne d'un rivage éteint
d'un remous de rêve comme d'un puits sans fond
des lèvres de la terre des nuits qui hurlent à la mort
des têtes qui filent au fil de l'eau
au ras de la mort
des terres qu'on mord avec des dents d'éclair
où l'on s'agrippe et ne se suffit pas
des retours lumineux on ne trouve plus de place
sous la motte de soleil

j'ai remué le fond des ombres
il va et vient l'automne désemparé
qui circule dans le sang il n'y a plus de place
cours insaisissable c'est l'étoile c'est la tête qui court
sur les nattes des routes les villages de constellations
les plages sourdes au froid zénith c'est le départ d'un être aimé
c'est l'algue attachée au corps qui fuit la source
et l'éternel ondoiement du sourire jusqu'à la lèpre des tempêtes
l'impatience de se réveiller avec l'éclat de l'été en son écho puissant
ruisselant des haillons d'étoiles traînantes
dans une poussière de rires et une végétation de lumière dense

ouvre encore les yeux la tête est pleine de mondes
le rire poignardé au cœur
que le regard s'achève par la puissance des bras
et du vent et du sifflement qui remue les figurations de doutes
l’impatience de saisir lorsque fuit le souffle et la voix
l’indestructible mot qui vous tenaille
et les enfances taciturnes qui remontent à la surface

infatigables et vous alourdissant et vous entraînant au fond peuplé
de mille triomphes
à ressorts de plantes migratrices où se confondent les larmes de joie
et celles de douleur
et celles qui vont encore venir sans raison dans la ferveur
dans la paix profonde du sang de la nuit
ou à l’aube de la chair rayonnante et des rumeurs impénétrables au
sourire

ouvre encore les yeux
les distances fuiront entre les doigts
les portes se démasqueront
la rive s'approchera des lèvres de la terre
même sous la meule de sommeil il n'y aura plus de solitude
tout sera plein profondément dans l'odeur de foin et de soleil
les mots cesseront quand l'insatiable secret
qui habite à l'écart des enclos et des corps
aura fait taire la nudité des mots
les mots cesseront – ouvre encore les yeux –
les sens profonds seront ensemencés
et le fenil des paroles de soleil en sera plein
les ombres tomberont en poussière

Pour cet extrait, je dois remercier la lecture de la poésie de Michaux, Artaud et Geneviève Desrosiers en plus de Josée Yvon, Paul-Marie Lapointe, Shawn Cotton et Jean-Simon Desrochers. En outre, je veux garder en mémoire ma démarche d'atelier des flâneries urbaines à l'automne 2015 et mon engagement au cœur de l'action syndicale. Enfin, c'est un peu une manière de souligner mon passage sur le nouveau, nouveau forum, et oui...


mots-clés : #poésie
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Message par Nadine le Ven 6 Jan 2017 - 14:18

Nous sommes témoins, alors ! Smile
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Sam 21 Jan 2017 - 3:52

Toujours dans Où boivent les loups, je puise deux autres poésies. Je commence tout d’abord par un poème dans la partie «Pièges en herbe» :

IV

j’ai éteint mon amour sur le sentier de la terre
froid devenir de ce bruit qui me cuit
je te fuis invincible charme sous le signe du joug
charmeuse de folies aux marées de douleurs

mémoire suivie de tant d’âpres légendes
vitreuse conscience que brûle le diamant
sur les traces éperdues de mes désirs de chaos
chasseur de nuits givrées ou troubles confiances

d’heure en heure plus serrées aux terres profondes
de sommeil que découvrent les réveils de glace
et sans regret, des chairs fondues en larmes sombres
fuir l’onde rayonnante et le repos de fer

fuir les yeux aux doux rappels de cendre
les mains perdues qui s’offrent aux voluptés
des chevelures maîtrisées par les regards patients
les mains de soleil — ainsi s’en va-t-il

que le froid le guette
sans âge aux détours des vergers
où le sort s’engouffre — ainsi s’en va-t-il
à sortir des plantes aventureuses les rumeurs de vie

Il y a un peu ce qui me rappelle le motif de la vitre utilisé par Antonin Artaud dans un de ses poèmes.

Je poursuis avec un poème dans la partie «Le puisatier des regards» :

IX

l’eau monte jusqu’au sourire
les paupières des choses où s’attache un souvenir violent
baissées sur la lampe du corps

par un matin duveté de corps jeunes
s’arrime le pacage des rires mordorés
qu’en d’autres incohérences labourèrent la chair
cernée de phénomènes aériens

le jour des douloureuses ramifications d’étoiles
s’éponge le front lumineux de buissons
plus bas que la neige que nourrit une mémoire
la cascade des corps de femme et de soufre
la peau chaude des nids
dans l’odeur toujours viciée des amours ligotées
une femme qui naît à chaque tournant d’eau folle

En concluant ce tour d’horizon d'Où boivent les loups, j’ose espérer que vous saisirez mieux la démarche de Tristan Tzara. Il y a quelque chose d'assez sauvage et brut, mais la poésie est très bien travaillée et ciselée. C'est difficile de dire mieux d'un certain sens.
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Ven 17 Fév 2017 - 4:44

Je viens de reprendre la lecture de Tzara. Je viens d'attaquer Parle seul. Il s'agit encore une fois d'une poésie qui coule de source. Un poète québécois que j'ai nommé plus haut sur le fil m'y a guidé d'une certaine manière. Je vous dirais qu'il s'agit d'un des recueils de Tzara où on pourrait tout citer d'un bout à l'autre tellement c'est bon et bien songé, en même temps que ce fut sûrement repris comme motif poétique.

Voici deux extraits picorés et comparés avec d'autres :

III

truite de la parole aimée
prends racine à mes pieds
vienne la coquille mûre
de soleil pourri
mettre à l'envers des choses
l'eau à la bouche
je t'ai prise à la colère
brève rive
je t'ai tordue dans le rire
de la lessive
je t'ai plongée prolongée
tout le long du Missouri
longée comme fleur
aiguë à la sauterelle
minuscule de sapin
tu es partie

il n'y a plus qu'à tirer l'échelle
tu es cousue à la courte paille
gagnée sur la sagesse immobilière
avalée à la hâte du feu noir
de trouver la bonne manière

IX

brebis l'une dans l'autre
vous battez le sommeil de mousse
jusqu'à ce que jour s'ensuive
dans la paume de la main

la tendresse tourne ivre de lenteur
ou ne serait-elle que semoule
l'interdite certitude
semée de dents ferrée d'amour

je vous vois à la foire
roulant de grands yeux
dans le pain blanc de la chanson
comme un miroir de grande personne
enfarinée jusqu'au cou

il y a peut-être une croyance
qui se dépense au jour le jour
qui sait
l'automne

On sent cette poésie. Elle va droit où elle ouvre des chemins. Quand nous dénombrons la multitude des chemins ouvrés, nous pouvons comprendre l'importance de l'intuition en poésie.
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Message par Bédoulène le Ven 17 Fév 2017 - 6:57

détonnant !

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Message par Anatomia le Mar 18 Avr 2017 - 5:04

Pour faire un poème dadaïste
Tristan Tzara - 1916

Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez les consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Ven 14 Juil 2017 - 3:14

Je prends le temps de revenir à Tristan Tzara. Il y a un extrait de L'homme approximatif qui m'a particulièrement marqué et qui semble donner le ton à son projet poétique :

qui nous  sortira des encombrements  des  choses et de la chair
les applaudissements de la mer se brisent contre toi
digue tragique et raidie sur la première marche de l'amphithéâtre
vieux pli de pierre sur le front éprouvé du monde
les épaves et les décombres jetées dans la mer
et celles de la mer dans le monde
soucieuse ride de terre congestionnée
amarrée dans la gorge des ténèbres marines
cramponnée à la noirceur de la poupe hardie de l'avenir
faisant face aux griffes fonçant  dans les vagues debout
sillon trempé dans l'inconcevable imprécation du temps
jusqu'à la consommation des siècles
jusqu'à l'épuisement des cyclones dans les entrepôts élyséens
pauvre petite vie perdant pied chaque jour
culbutée basculée précipitée pauvre vie
pauvre vie harcelée par les présages fauves piétinée
et pourtant : mâchoire d'inébranlable éternité et insolence
fortifiée et crénelée jusqu'au sommet de dieu
que nul œil n'a pu gravir
nulle joue chauffer d'humaine tendresse
mais à quoi bon gravir le pic filtrer les nues
quand l'humaine tendresse ne sait plus chauffer mes joies
qu'importe l'ami le seul la nuit l'ennui
je porte en moi la mie de pain la mort l'ami
et le degré de froid chaque jour augmente en moi ami
devient ami qu'importe l'habitude
qu'importe l'ami le seul la nuit l'ennui
un jour un jour un jour je mettrai le manteau de l'éternelle chaleur
sur moi
enfoui oublié des autres à leur tour oubliés des autres
si je pouvais atteindre le lumineux oubli

Je dois d'ailleurs remercier pour la reproduction de l'extrait, le site suivant : http://vide-et-sans-forme.tumblr.com/post/147009168569. Je vous invite par ailleurs à consulter le poème au complet.
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Ven 14 Juil 2017 - 3:29

Suite de L'homme approximatif :

dans chaque pore de la peau
il y a un jardin et toute la faune des douleurs
il faut savoir regarder avec un œil plus grand qu'une ville
sur la glace dansent les loups
on mène sa clarté en croupe
sur sa verdure on fait des sports on joue à la bourse
et souvent on chante sur le toit
de chaque note il monte des lignes de la main sur la misaine
il descend des animaux aux racines
car chaque note est grande et voit
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Message par Baleine le Sam 15 Juil 2017 - 4:19

Merci pour ce fil, les extraits invitent à la découverte et ma curiosité est piquée.
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Message par Bédoulène le Sam 15 Juil 2017 - 9:56

merci Jack !

je vais regarder mes pores de plus près !

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Message par Jack-Hubert Bukowski le Dim 16 Juil 2017 - 3:04

Baleine, Bédou, ça me fait plaisir de vous accompagner dans ces découvertes que je fais dans l'œuvre de Tristan Tzara. Il me semble voir à chaque fois que nous avons affaire à un poète exceptionnel, dont la réputation n'est pas surfaite. En fait, il ne s'agit pas de réputation, mais d'une manière de voir la poésie qui n'aura plus été la même par la suite.
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 4 Sep 2017 - 1:53

En tant que gage de fidélité, je vous fais lire un extrait de poésie dans Dada est tatou. Tout est Dada. Il s'agit du poème «Arc» :

Tristan Tzara Trista10

Je viens de lire ce poème et je tenais à vous le partager.
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Message par Bédoulène le Lun 4 Sep 2017 - 2:43

étrange, écriture sur un fil : celui de l'acrobate ? un cirque

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Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 4 Sep 2017 - 14:15

Il me semble qu'il y a une écriture un peu disposée à la forme d'un arc, du moins des éléments de ce poème. Les thèmes et les motifs de cette poésie me semblaient si familiers qu'il fallait que je vous le montre. Sur le fil de Reverdy, nous pouvons également avoir droit à des poèmes qui répondent à des sensibilités particulières, notamment en matière d'assonances et de rimes. Je dirais que la poésie de Tzara compte sur un élément de rusticité, ce qui lui donne un aspect de liberté sauvage.
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Message par Jack-Hubert Bukowski le Lun 1 Juil 2019 - 1:15

Tiré de L'homme approximatif, extrait partiel de la XIVe partie :

et pourtant les objets sont là consolation côtoyant les
sensations
il n'y a que leurs noms qui soient pourris vermoulus
insalubres
la lumière nous est un doux fardeau un manteau
chaud
et quoique invisible elle nous est tendre maîtresse
consolation
je chante l'homme vécu à la puissance voluptueuse du
grain de tonnerre
qui s'enveloppe aussi de la somptuosité sidérale de la
poussière et brille
consolation
et lorsqu'un après l'autre nous aurons passé par le
tourniquet suprême
infatigable tournesol carrousel de soleil
et que la tristesse de notre séjour aura été balayée de ce
monde
du sommet de la coupole de rayons tomberont des
larmes claires
et l'amour sera assez fort pour marcher à côté de la
lente conscience des plantes
consolation
dans les berceaux volants où grandit la lente
conscience des plantes et des choses
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Message par Arturo le Lun 16 Sep 2019 - 13:03

Un autre extrait de l'homme approximatif :

[...]
l'eau de la rivière a tant lavé son lit
que même la lumière glisse sur l'onde lisse
et tombe au fond avec le lourd éclat des pierres
les cloches sonnent sans raison et nous aussi
les soucis que nous portons avec nous
qui sont nos vêtements intérieurs
que nous mettons tous les matins
que la nuit défait avec des mains de rêve
ornés d'inutiles rébus métalliques
purifiés dans le bain des paysages circulaires
dans les villes préparées au carnage au sacrifice
près des mers aux balayements de perspectives
sur les montagnes aux inquiètes sévérités
dans les villages aux douloureuses nonchalances
la main pesante sur la tête
les cloches sonnent sans raison et nous aussi
nous partons avec les départs arrivons avec les arrivées
partons avec les arrivées arrivons quand les autres
partent
sans raison un peu secs un peu durs sévères
pain nourriture plus de pain qui accompagne
la chanson savoureuse sur la gamme de la langue
les couleurs déposent leur poids et pensent
et pensent ou crient et restent et se nourrissent
de fruits légers comme la fumée planent
qui pense à la chaleur que tisse la parole
autour de son noyau le rêve qu'on appelle nous
[...]
Arturo
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Message par Bédoulène le Mar 17 Sep 2019 - 2:37

c'est parlant ça : "les soucis que nous portons avec nous
qui sont nos vêtements intérieurs
que nous mettons tous les matins
que la nuit défait avec des mains de rêve"

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Message par Jack-Hubert Bukowski le Mar 17 Sep 2019 - 4:29

J'avais accroché exactement sur le même bout, Bédou! Smile Merci, Arturo pour cette belle découverte...
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