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Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Craig Johnson

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    Craig Johnson

    Message par topocl le Sam 7 Jan 2017 - 13:59

    Craig Johnson
    Né en 1961



    Craig Johnson, né le 1er février 1961 à Huntington dans l’État de la Virginie-Occidentale, est un écrivain américain, auteur d'une série de quatorze romans policiers consacrés aux enquêtes du shérif Walt Longmire. Craig Johnson fait des études de littérature classique et obtient un doctorat en art dramatique. Avant d'être écrivain, il exerce différents métiers : policier à New York, professeur d’université, cow-boy, charpentier, pêcheur professionnel, ainsi que conducteur de camion. Il a aussi ramassé des fraises. Tous ces métiers lui ont permis de financer ses déplacements à travers les États-Unis, notamment dans les États de l'Ouest. Il finit par s'installer dans le Wyoming où il vit actuellement. Il est l’auteur d'une série policière ayant pour héros de shérif Walt Longmire. Les aventures du shérif se déroulent dans le comté fictif d'Absaroka, Wyoming, États-Unis. Par son cadre géographique, la série lorgne vers le genre du western. Elle a été adaptée à la télévision américaine sous le titre Longmire, avec l'acteur australien Robert Taylor dans le rôle-titre.


    Œuvre en français

    Romans

       The Cold Dish, 2004. Publié en français sous le titre Little Bird
       Death Without Company,2006. Publié en français sous le titre Le Camp des morts
       Kindness Goes Unpunished, 2007. Publié en français sous le titre L'Indien blanc
       Another Man's Moccasins, 2008. Publié en français sous le titre Enfants de poussière
       The Dark Horse, 2009. Publié en français sous le titre Dark Horse
       Junkyard Dogs, 2010. Publié en français sous le titre Molosses
       Hell Is Empty, 2011. Publié en français sous le titre Tous les démons sont ici
       As the Crow Flies, 2012. Publié en français sous le titre À vol d'oiseau
       The Spirit of Steamboat, 2013. Publié en français sous le titre Steamboat

    Nouvelles isolées et recueils de nouvelles

       Old Indian Trick, 2006. Publié en français sous le titre Un vieux truc indien
       Slick Tongued Devi, 2010. Publié en français sous le titre Le Diable à la langue fourchue
       Fireburg, 2010. Publié en français sous le titre Incendiaire
       Ministerial Aid, 2012. Publié en français sous le titre Tombé du ciel
       Unbalanced, 2012. Publié en français sous le titre Déréglée
       Messenger, 2012. Publié en français sous le titre Messagère


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    Re: Craig Johnson

    Message par topocl le Sam 7 Jan 2017 - 14:14

    Dans l'idée de peut-être fournir des pistes pour la LC polars, voici les compte-rendus de ma lecture du début de la série (où il faut privilégier une lecture dans l'ordre). On n'est pas obligé de  lire tous ces comemntaires, çà pourrait  bien donner une indigestion, mais ramener l'un sans les autres n'avait guère de sens pour moi.



    Little Bird

    Je vais tout de suite vous dire qu’à la fin de ma lecture, je me suis précipitée à faire des recherches, et… Quelle joie !… Craig Johnson a publié 11 romans en anglais, 7 sont traduits en français, dont 4 en poche… Que de plaisirs en perspective !
    (Par contre il paraît que la série, Longmire, est décevante)

    Quatre ans plus tôt, quatre jeunes gens ont violé la petite indienne Melissa Little Bird et sont restés presque impunis. Personne n'a oublié. Surtout pas le shérif Longmire, et, apparemment,  encore moins l’inconnu qui commence par descendre le premier des quatre.

    Cela part comme un polar délectable. Le shérif est désabusé à souhait. Il s’est lié d’amitié lors de la guerre du Vietnam avec l’indien Henry Standing Bear, plein de sagesse et de bienveillance, une amitié qui s’exprime plus par les actes et les silences que par de grandes déclarations. L’enquête piétine. Ce n’est pas faute d’assistants passionnés et attachants, qui ont chacun leur sale caractère, leurs secrets, leurs sarcasmes facétieux et leur dévouement. Ce n’est pas faute non plus, on l'apprendra à la fin, d'indices déposés avec discrétion par l'auteur.
    Peu à peu, tranquillement,  le suspense monte, tant par la progression de l’intrigue, par l'opacité du mystère que par l’enrichissement des liens qui unissent les personnages. La spiritualité indienne, l’évocation d’une nature sauvage,  les effroyables conditions météo, qui nous valent quelques scènes d’anthologie, contribuent à la progressive montée en puissance.
    Et puis la fin… comme une claque: bien installé dans son fauteuil, on a cru savourer un excellent roman, et c’est bien plus que ça…  la fin est dérangeante et déchirante…

    Il faut parler des dialogues. Je n’aime pas trop les livres qui regorgent de dialogues ; mais ceux –ci sont des dialogues de taiseux à l’humour décapant, pleins de mordant pour mieux cacher leurs fêlures. Les réparties,  des plus concises, s‘enchaînent en échanges décoiffants. Elles alternent avec les silences, les gestes ébauchés, les regards. Nul besoin de fioritures, cela claque, Craig Johnson ne recule devant aucune réplique monosyllabique. Et cela donne une ambiance de délicieux vieux westerns d’amitié virile. Mais justement il y a des femmes aussi, et pas des moindres.  

     
     Les morts veulent simplement la même chose que les vivants : qu’on les comprenne.

    C’est vraiment excellent, ce mélange de douceur et de violence, de mélancolie et d’humour, de légèreté et de tragique..
    Ouaip.








    Le camp des morts

    J'ai un peu moins aimé ce roman que Little Bird, mais peut-être, pour quelqu'un qui n'est habituellement amateur ni de polar ni de séries, aurait-il mieux valu faire une pause plus longue entre les 2 opus. Ainsi j'aurais été moins gênée par un scénario qui reprend un peu trop les grands axes du livre précédent : une mort dont le caractère criminel n'apparaît que dans un 2e temps, un suspect numéro 1 qui est un des intimes du shérif, une belle femme entreprenante prête à sauver Longmire de son marasme privé, la mise en avant d'une communauté minoritaire (les Indiens dans Little Bird, les Basques dans Le camp des morts), la montée progressive du récit, avec un long temps de mise en route avant l'accélération, le rôle capital des conditions climatiques effroyables dans le déroulement de l'intrigue.

    Inversement, ce côté déjà-vu a ses avantages : on retrouve Durant, et comme c'est une petite ville, tout le monde se connaît, et nous aussi on finit par connaître tous les protagonistes, les importants et les secondaires, on se retrouve comme chez soi  dans tout ce petit monde, c’est un plaisir de voir les caractères se confirmer, et les répliques fuser. De profiter des silences, aussi, qui sont des temps forts du livre. Et cette nouvelle tempête de neige, bien différente de la première, il faut le reconnaître, ça a une sacrée gueule. Plus on avance dans la lecture, plus ce sentiment de familiarité fait qu'on s’y sent à l'aise, en empathie avec les personnages, prêt à savourer pleinement l'humour soigneusement distillé au fil des pages.  Le rythme s'accélère, l'intrigue se complexifie, et on finit par n'avoir qu'une envie, c'est tourner les pages, avancer - mais en prenant son temps, aussi, pour déguster le tendresse des personnages, cachée derrière leurs réparties incisives. Au final, c’est assez compliqué, la solution, moins sobre.

    Bon, donc je ne pense pas lâcher Longmire, mais, je vais le laisser se reposer (il en a bien besoin , le pauvre) Et quand j’y reviendrai, ce sera comme rencontrer un vieux copain, retrouver ses tics et ses marottes,  ce sera peut-être le printemps, et j’aurai plaisir à découvrir ce qu’il va perdre, cette fois, lui qui déjà n’a plus d’illusions,  mais en plus a laissé au fil des livres une oreille et un œil.








    L'indien blanc

    Peut-être que la mort n'existe pas, peut-être que la vie nous use à force d'amour, c'est tout.

    Ce troisième tome m'a emportée.

    Foin de l'intrigue policière,comme d'habitude assez compliquée,  et qui tient par moments du jeu de piste. Je m'en suis contre-fichée pendant toute ma lecture, tant j'étais embarquée par les personnages, par l'humain, par l'émotion. Je ne vais donc pas  parler de l'intrigue, mais pour ceux qui ont lu les précédents , sachez que Walter Longmire et Ours Debout (et le chien) vont à Philadelphie retrouver Cady, la fille du shérif, qui, à sa façon, a un rôle important dans l'affaire cette fois-ci, et que leur duo marche super bien. Cette amitié aussi rêche que solide est une source vivifiante pour l'auteur. Ils entrent en contact à titre personnel et professionnel avec toute la fameuse famille flic de Vic, et là aussi c'est une grande réussite. Pas de tempête de neige ici, (on est en avril) mais une scène cruciale en forêt sous une pluie battante, et quelques épisodes de visions indiennes.

    Malgré le drame qui prend à la gorge, on retrouve tout au long des pages l'humour désenchanté de Craig Johnson, et notamment, on  découvre ici la clé de la tactique d'enquête de Walter Longmire :

       
    Lorsque je cherche des bonbons, je vais dans un magasin de bonbons.

    Surtout, surtout, c'est le livre le plus déchirant que j'ai lu depuis longtemps(peut-être depuis un certain autre livre de chez Gallmeister). Je n'aurais jamais cru qu'un polar puisse m'émouvoir à ce point. La tendresse et le respect entre les personnages, l'attention amicale, et surtout l'amour indicible des parents pour leurs enfants adultes : il y a des pages et des pages où l'on est dévoré de compassion pour les personnages qui se débattent dans leur détresse. Quant à Longmire, totalement désespéré ,  il n'en met pas moins tous ses espoirs et sa confiance dans la jeunesse, ce qui est assez admirable chez un homme aussi désabusé.

    Enfin, pour ceux qui connaissent Philadelphie, il y a d'incessantes ballades, déambulations, courses poursuites dans la ville qu'il doit être encore plus agréable de partager en la connaissant.

    Et puis,  les dialogues, cette fois-ci, sont parfaits.








    Tombé du ciel (nouvelle)

    C’est une petite nouvelle (12 pages) offerte gracieusement par les libraires aux fidèles de Gallmeister, (histoire de faire un peu de pub au passage pour Molosses, le sixième tome sorti récemment). Je l'ai donc plutôt mérité.

    On y retrouve le shériff Longmire, le 1er janvier 2000, deux mois après la mort de sa femme Marta. Il n’est pas encore sorti de son vieux peignoir crasseux, et il fait peine à voir. Mais il n'en continue pas moins à s'occuper des chats écrasés du Comté, et n'est pas loin de se prendre pour Jésus Christ.

    Savoureux et drôle.







    Enfants de poussière

    Une fois passé le premier chapitre qui est un morceau choisi d'émotion tendre et triste (Longmire voit Cady, sa fille adulte, en même temps l'aimer  et lui échapper),...

     
    Elle était belle, et le casse-pieds là-dedans, c'était qu'elle le savait.
       Cela lui permettait d'obtenir à peu près tout ce qu'elle voulait. La beauté, c'est le télépéage de la vie. Moi j'ai la chance de pouvoir emprunter les bandes  d'arrêt d'urgence.

    ...on passe à l'exposé de l'intrigue, une fois de plus fort compliquée, et j'ai eu mon moment de déception. Et puis, après le premier tiers, j'ai retrouvé le Longmire que j'aime, cet homme meurtri et sensible.

    Comme la jeune femme assassinée est vietnamienne, les traumatismes de la guerre du Vietnam remontent, l’histoire vietnamienne avec les flashs-backs qui s'intercallent, n'est d 'ailleurs pas toujours à la hauteur de l'intrigue principale, même si elle gagne beaucoup sur la fin.  

       Elle [la guerre] avait aussi épuisé son stock de nourriture, de munitions et de médicaments  - les morts étaient une des rares choses qui semblaient toujours se trouver en abondance.

    Walt a bien besoin de l'aide  matérielle et affective de toute sa bande : l'Ours toujours fidèle mais droit, Cady qui se remet courageusement de l'épisode précédent et retrouve Michael, Vic dont il ne sait toujours pas si elle l'aime ou a pitié de lui, et tous les autres qui se décarcassent autour de lui. Il y a aussi cette hallucinante ville-fantôme protégée par les serpents à sonnette,...

       Il semblait  que la vie avait choisi de déserter pour aller se cacher dans les fissures aux bords déchiquetés de ce paysage rude et qu'elle avait oublié de revenir.

    ... ce géant indien psychopathe, et les éternelles interrogations existentielles de Walt. Sans parler de la sueur qui transperce les chemises.

    L'émotion  revient, la réserve et la pudeur de cet homme qui a toujours besoin  d'être dans le vrai . Ce poor lonesome shérif. J'ai rarement vu autant de drôlerie mêlée à tant détresse.

    On referme  le livre, on soupire d'aise et... Mais qu'est-ce qu'ils vont devenir ?... ils sont tous si attachants...







    Dark Horse

       Je déteste être celle qui t'annonce ça, à toi, qui as vingt quatre ans de métier, mais certaines personnes sont en prison parce qu'elles sont coupables.

    Oui ,mais si Walt Longmire, le shérif solitaire, a décidé que Mary Barsad, qui est enfermée dans l'une  des cellules dont il a la responsabilité, est innocente, il ne va pas hésiter à mouiller la chemise pour le prouver. Il part donc pour Absalom, où celle-ci est censée avoir tué son mari de 6 balles dans la tête pendant son sommeil, et qui n'est pas particulièrement une petite ville accueillante à l'étranger. A l'entrée du cimetière, est écrit en lettres gothiques : VOUS QUI ENTREZ ICI, ABANDONNEZ TOUT ESPOIR, et cela pourrait bien être inscrit en grosses lettres à l'entrée de la ville.

    C'est l'occasion de quelques beaux portraits de paumés sympathiques ou de fieffés salauds. La présence que Craig Johnson parvient à leur tailler, compense un peu le fait que cette fois-ci, Craig Johnson fait  pour l'essentiel  cavalier seul, c'est le cas de le dire, heureusement soutenu par son ami Le Chien et les conversations qu'ils partagent, et que, si l'on voit passer Vic et l'Ours dans des passages plutôt puissants, ceux-ci restent rares.

    On aura donc peu de nouvelles de la tribu  Longmire, juste un coup de fil de Cady, et c'est un peu frustrant, évidemment. Par contre l'intrigue policière, quoique bien tordue, échappe à l'excessive complexité qui a pu dérouter parfois dans les précédents opus. Et on approfondit notre connaissance du toujours généreux shérif Longmire,    qui notamment  retrouve les lieux de son enfance et révèle sa grande tendresse pour les chevaux. Quant à sa capacité à s'impliquer physiquement, qui donne quelques scènes d'action et chevauchées dignes des meilleurs westerns, elle n'est pas nouvelle, mais n'a pas fini de nous étonner…







    Molosses

    Quel plaisir de lire cette excellente cuvée !

    Longmire, le shérif mélancolique qui aime mieux les chiens que les hommes, ou en tout cas sait mieux leur parler, se lance, pour la Saint-Valentin, dans une nouvelle enquête alors que l'hiver n'en finit plus de proposer ses températures de -20°, sa neige et son blizzard. Il va évidemment y récolter quelques blessures et bleus à l'âme supplémentaires. Vic, qui se découvre des besoins de stabilité et jure toujours comme un charretier , est au meilleur de sa forme, ce qui n'est pas le cas du Basque qui a perdu son bel entrain. Quant à Cady elle vit sa vie à Philadelphie, présente-absente éternelle. On les connaît de mieux en mieux et c'est un réel régal de retrouver leurs répliques afutées ..Et les nouveaux personnages, ceux qui alimentent l'enquête,  ont leur présence époustouflante bien à eux.

    L'intrigue est une fois de plus compliquée à souhait, mais pour la première fois, je crois que j'ai absolument  tout compris (je ne sais pas si c'est Craig Johnson ou moi qui progresse).
    Toujours le rire et le désenchantement, , la petite ville perdue du Wyoming, les vieilles bagnoles, et cette fois-ci, cerise sur le gâteau, l’essentiel se déroule sous l’œil de deux molosses qui gardent un casse de voitures-déchetterie municipale d’anthologie.








    Tous les démons sont ici

     
     Je restais là, dans la neige tourbillonnante, planté comme une sentinelle des montagnes, mais c'était bon d'être debout, de ne pas tomber, de ne pas céder, de ne pas mourir - à nouveau.

    Et nous voilà repartis pour une aventure avec Walt Longmire ! Et pas  des moindres. L’exposition  de la nouvelle situation (un géant psychopathe pire que psychopathe qui défie le FBI et la mémoire d'un jeune indien assassiné)  nous fait renouer avec l'humour féroce de Craig Johnson. Ce début drôle comme tout amène   Longmire à se jeter comme un fou qu'il est dans une chasse à l'homme hallucinante, à l'assaut une  fois encore  des Bighorn Mountains, dans le froid, le vent , la neige et le  brouillard pour une quête hallucinée. Hallucinée est le mot car au fil du temps la quête, placée sous l'emblème de l'Enfer de Dante, prend une  intensité pathétique, troublante, fascinante. Difficile d'en dire plus, mais Longmire est une fois de plus protégé par les Esprits Cheyennes, obstiné jusqu'à l'épuisement, mais transporté par une force aussi magique que poétique. Et la fin, que je ne vais surtout pas dévoiler, réinvente complètement le roman et invite à une relecture.

    On en reste tout retourné, captivé par cette lutte entre réalité et magie indienne. C'est un épisode où Longmire fonctionne presque en solo, mais si bien mené, si inventif et haletant que l'équipe du shérif (qui suit son chef à la trace à distance) ne nous manque presque pas.

    Craig Johnson est décidément très fort, formidablement créatif, ce n'est pas le genre à tourner en rond dans une série planplan, il invente, il défie le lecteur, il l'épate !


    (commentaires récupérés)
    Voilà, j'en suis là, faiut que je me trouve À vol d'oiseau, et Steamboat


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    Re: Craig Johnson

    Message par bix_229 le Sam 7 Jan 2017 - 15:20

    Ah que ! Quand meme... Depuis le temps que je l' attendais Longmire.
    Et son copain indien et toutes ses femmes...
    Sans parler des criminels sans lesquels il n' y aurait pas de polars...
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    Re: Craig Johnson

    Message par topocl le Jeu 8 Juin 2017 - 14:04

    Steamboat



    Craig Johnson le dit lui-même, c'est un opus à part dans la série des aventures de notre cher ami Longmire. Plus du thriller que du polar.

    Contre tous les avis raisonnables, seule solution pour sauver une enfant japonaise largement brûlée, Longmire embarque quelques amis, dont l'ex-shérif Lucian, (qui a allègrement bombardé les Japonais pendant la guerre), discrètement éméché, pour un transfert en pleine tempête à bord d'un avion qui a tout de la carcasse. Advienne que pourra, il a décidé que "quand on veut on peut", et évidemment, chaque situation dramatique trouvant solution à force d'énergie et de volonté, puis cédant la place à une autre complication, au final ...ça marche! (je peux le dire car l'auteur le révèle dès le début).

    Longmire est tout jeune shérif, sans son équipe pour une fois. On les regrette, amis on a un pincement au cœur en voyant passer Martha, sa femme adorée, décédée dans les autres épisodes.

    Il manque au lecteur novice un peu de science en aviation , et en réanimation pédiatrique aux mains nues, pour apprécier pleinement les multiples péripéties.

    Donc, ce n'est pas l'euphorie habituelle, mais le simple plaisir de retrouver un vieil ami, qui, avec son humour et ses valeurs habituelles, le temps d'une soirée, raconte un souvenir sorti d'une époque où il n'était pas encore désespéré, et qu'il avait cru enfoui dans l'oubli.



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    Re: Craig Johnson

    Message par bix_229 le Jeu 8 Juin 2017 - 16:28



    Little Bird


    Je vais tout de suite vous dire qu’à la fin de ma lecture, je me suis précipité pour faire des recherches, et… Quelle joie !… Craig Johnson a publié 11 romans en anglais, 7 sont traduits en français, dont 4 en poche… Que de plaisirs en perspective !
    (Par contre il paraît que la série, Longmire, est décevante)

    Quatre ans plus tôt, quatre jeunes gens ont violé la petite indienne Melissa Little Bird et sont restés presque impunis. Personne n'a oublié. Surtout pas le shérif Longmire, et, apparemment,  encore moins l’inconnu qui commence par descendre le premier des quatre.

    Cela part comme un polar délectable. Le shérif est désabusé à souhait. Il s’est lié d’amitié lors de la guerre du Vietnam avec l’indien Henry Standing Bear, plein de sagesse et de bienveillance, une amitié qui s’exprime plus par les actes et les silences que par de grandes déclarations. L’enquête piétine. Ce n’est pas faute d’assistants passionnés et attachants, qui ont chacun leur sale caractère, leurs secrets, leurs sarcasmes facétieux et leur dévouement. Ce n’est pas faute non plus, on l'apprendra à la fin, d'indices déposés avec discrétion par l'auteur.
    Peu à peu, tranquillement,  le suspense monte, tant par la progression de l’intrigue, par l'opacité du mystère que par l’enrichissement des liens qui unissent les personnages. La spiritualité indienne, l’évocation d’une nature sauvage,  les effroyables conditions météo, qui nous valent quelques scènes d’anthologie, contribuent à la progressive montée en puissance.
    Et puis la fin… comme une claque: bien installé dans son fauteuil, on a cru savourer un excellent roman, et c’est bien plus que ça…  la fin est dérangeante et déchirante…

    Il faut parler des dialogues. Je n’aime pas trop les livres qui regorgent de dialogues ; mais ceux –ci sont des dialogues de taiseux à l’humour décapant, pleins de mordant pour mieux cacher leurs fêlures. Les réparties,  des plus concises, s‘enchaînent en échanges décoiffants. Elles alternent avec les silences, les gestes ébauchés, les regards. Nul besoin de fioritures, cela claque, Craig Johnson ne recule devant aucune réplique monosyllabique. Et cela donne une ambiance de délicieux vieux westerns d’amitié virile. Mais justement il y a des femmes aussi, et pas des moindres.  

    Citation :
       Les morts veulent simplement la même chose que les vivants : qu’on les comprenne.


    C’est vraiment excellent, ce mélange de douceur et de violence, de mélancolie et d’humour, de légèreté et de tragique..
    Ouaip !

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    Je ne pouvais pas passer sous silence un auteur de polars, pour moi une révélation de ces dernières années.
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    Re: Craig Johnson

    Message par bix_229 le Jeu 8 Juin 2017 - 16:32



    L'Indien blanc


    A peine arrivé à Philadelphie où il est allé rendre visite à sa fille Cady, le shérif Longmire apprend qu'elle est hospitalisée et dans le coma.
    Le voilà donc loin de sa base d' Absaroka, Wyoming, et mort d' angoisse.
    Quand on apprend que son ami Henry Standing Bear l'accompagne, on est déjà à moitié rassuré.
    Henry est Cheyenne et medicine man et c'est un homme précieux et aux moyens inédits.

    Bien que loin de sa juridiction, Longmire déclanche une opération commando sur le siège de redoutables dealers avec l'aide de la police locale jusque là impuissante.
    Il expliquera plus tard que s'il a réussi, c'est grâce à une "vieux truc indien" !

    Loin de toutes ses femmes, il va rapidement tomber amoureux de la belle Lena, la mère de Vic, son adjointe bien-aimée.
    Mais avant qu'il ait pu passer à l'acte, Vic débarque à son tour à Phillie, sa ville natale. Et la première question qu' elle pose à Longmire en le voyant, c'est :
    "Et alors, tu essaies de sauter ma mère" ?

    Jalousie,  intuition, désir inopiné ? Vic prend les devants. Oui, vous avez bien compris. C'est elle qui saute le shérif !

    Je dis ça, j'ai rien dit. Je voudrais seulement insisister sur un détail rémanent dans la vie de Longmire. Une sorte de  magnétisme fatal et et de cristallisation subite qui le lie à des faits généralement violents et dramatiques.
    Mais l'effet de surprise n'est jamais long chez Longmire. Il réagit à la seconde près et presque toujours à bon escient !

    Et puis, on retrouve de livre en livre un humour specifique. Humour de mots et de situations, lorsque le shérif est confronté à des femmes vers qui il est irrémédiablement attiré.
    Il se présente souvent comme un veuf éploré -et peut-être sicnère- mais c'est un attrait supplémentaire pour les femmes que de le séduire. Malgré !
    Ces manipulations sont d'une drôlerie irrésistible. D'autant que lui est ostensiblement héroïque, mais modeste. Et que son humour à lui ressemble beaucoup à celui de Philip Marlow.

    Enfin, et pour mon plaisir personnel, il y Henry Standing Bear, représentant omniprésent de la nation Cheyenne, dont le rôle - en dehors de séduire tout élément féminin- est d'être voyant et clairvoyant.

    J'ai hâte de retrouver ces personnages à Absaroka, Wyoming,  ou ailleurs.

    Récup.

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