Rosie Dastgir

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Rosie Dastgir

Message par Armor le Dim 8 Jan - 2:01

Rosie Dastgir


Rosie Dastgir est née à Bedford en Angleterre, d'une mère anglaise et d'un père pakistanais.

Diplômée de l'université Oxford, elle a poursuivi ses études aux Etats-Unis, obtenant une maîtrise en cinéma.
De retour à Londres, elle a travaillé durant plusieurs années pour le service documentaire de la BBC, puis pour le fond européen de scénarios, avant de se lancer dans l'écriture de scénarios en free lance.

Rosie Dastgir a vécu à Brooklyn aux USA de 2005 à 2012. Durant cette période, elle a écrit son premier roman, Une petite fortune.

Rosie Dastgir vit aujourd'hui à Londres avec son mari et ses deux filles.
source : site de l'auteur

Ouvrages traduits en français :

Une petite fortune
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Armor

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Re: Rosie Dastgir

Message par Armor le Dim 8 Jan - 2:21



Une petite fortune

Après ses études d'ingénieur, Harris n'est pas retourné au Pakistan épouser la femme qui lui était destinée ; tombé amoureux d'une anglaise, il a choisi de faire sa vie au Royaume-Uni. Désormais divorcé, il tient dans le nord du pays une petite épicerie de quartier qui vivote tant bien que mal.
Harris est un homme infiniment complexe, qui entretient des relations compliquées avec son entourage, et notamment avec sa fille Alia. Son amour maladroit et envahissant, tout comme son incapacité à comprendre les désirs d'émancipation de la jeune femme, creusent un fossé irrémédiable entre eux.

Harris ne semble réellement revivre que lors de ses escapades au Pakistan, ou lorsqu'il déguste un bon curry chez ses cousins, recréant dans son pays d'adoption l'illusion d'une vie de famille "traditionnelle". Mais le rôle de patriarche bienfaiteur qui lui a été dévolu lui pèse : que ce soit en Angleterre au Pakistan, son statut d'ingénieur fait fantasmer famille et amis, qui voient en lui une manne financière inextinguible. La coquette somme qui lui est octroyée après son divorce ne fait qu'attiser les convoitises, et met en lumière le caractère intéressé de certaines relations…
Incapable d'évoquer ses difficultés et de refuser son aide, souvent passif, Harris s'enfonce peu à peu dans un profond mal-être. L'espoir d'un renouveau pointe toutefois le bout de son nez lorsqu'il fait la connaissance de Farrah...

A travers Harris, l'auteur décrit à merveille le poids qui pèse sur les épaules de ces jeunes qui, partis étudier à l'étranger, portent à eux seuls les espoirs de toute une famille. La communauté, autrefois si rassurante, se révèle soudain étouffante pour ces hommes condamnés à la réussite.
Le jeune Rashid est à ce titre le pendant de Harris ; celui qui a échoué. Incapable de trouver un travail à la hauteur de ses pourtant brillantes études, il ne parvient ni à aider ses proches ni à s'intégrer dans cette nouvelle culture. Le sentiment d'échec, la culpabilité, le racisme ordinaire l'amènent peu à peu à se réfugier dans la religion, faisant de lui une proie idéale pour les prédicateurs à l'affût...

La richesse de ce livre réside en grande partie dans la sensibilité avec laquelle Rosie Dastgir a su décrire les personnages qui gravitent autour de Harris. Aussi complexes qu'attachants, ils incarnent chacun à leur façon les différents visages de l'immigration et de la double culture. Emancipation féminine, dangers de l'acculturation comme du repli communautaire sont autant de thèmes abordés avec intelligence et subtilité.
L'on sent le vécu lorsque Rosie Dastgir _ elle-même fille d'un Pakistanais et d'une Anglaise_ parle de la pression exercée par la communauté, lorsqu'elle évoque la rébellion d'une jeune femme écartelée entre deux cultures parfois antagonistes, lorsqu'elle décrit le désarroi et les espoirs de ces êtres qui cherchent désespérément à se réaliser sans pour autant renier leurs origines.

Une petite fortune est un premier roman, et pourtant l'auteur fait déjà montre d'une belle maîtrise, évitant l'écueil du manichéisme et brossant avec justesse des portraits tout en nuances, dans un style fluide qui vous emporte.
Une réussite !

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #immigration #famille
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Armor

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