Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


W.G. Sebald

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par bix_229 le Jeu 9 Nov - 17:02

W.G. Sebald    - Page 2 Sebald10

SEJOURS A LA CAMPAGNE

Sebald a rassemblé dans ce livre quelques écrivains proches de lui, spirituellement et géographiquement -en gros le paysage préalpin-
Il semble penser qu'à travers les ages et les lieux, se tissent d'étranges parentés, des affinités électives.
Et que la même "mélancolie lyrique" les accompagne.
Et Sebald va plus loin, l'écrivain -un certain type d'écrivain- est un être malade, mentalement malade, moins désireux d'écrire qu'incapable de ne pas le faire.
Autrement dit, l'écriture serait une contrainte tyrannique à laquelle l'écrivain ne peut échapper.
En pensant à ce type d'écrivains, Sebald précise :
"Le trouble du comportement pousse à transformer en mots tout ce qu'on éprouve, et avec une sureté surprenante à passer à coté de la vie".

A propos de Jean Jacques Rousseau :
"...on pourrait aussi comprendre l'écriture comme un acte en permanence contraignant prouvant que l'écrivain, de tous les sujets malades, est peut etre le plus incurable".

A propos de Morike :
"... l'écriture, ce vice qui en un sens permet un peu de compenser et bien souvent ne lache plus quiconque a commencé à s'y adonner".

Ce livre pourrait être lu seulement pour ce qu'il écrit sur Robert Walser, dans le texte intitulé "Le promeneur solitaire", tant Sebald manifeste de sympathie, de clairvoyance, de compassion pour le malheureux écrivain suisse.
Il faudrait tout citer...

"Walser et Gogol ont en commun d'être comme des oiseaux sur la branche, en commun aussi cette terrible fragilité, les changements d'humeur, la panique, l'humour merveilleusement fantasque et empreint d'une noire tristesse, la manie des bouts de papier et justement l'invention de tout un peuple de pauvres ames, d'un défilé ininterrompu de masques servant à la mystification autobiographique..."

Parlant des débuts d'écrivain de Walser :
"Il écrit sans arrêt avec de plus en plus de difficulté, il continue d'écrire jour après jour jusqu'à la limite et fréquemment un peu au delà..."

Dans le contexte des années 30 et la montée du nazisme, Sebald explique l'écriture des microgrammes "comme un exercice préparatoire à la vie en clandestinité, les messages secrets de quelqu'un qui se trouve rejeté dans l'illégalité...
Et c'est aussi le moyen de surmonter l'inhibition qui l'empéchait d'écrire et de tenter de se soustraire aux instances de jugement, de se musser sous le langage et de complètement s'effacer..."


Sebald conclut :
"Walser m'a sans cesse ccompagné. Il suffit que je quitte un moment mon travail quotidien pour l'apercevoir quelque part, à l'écart, figure reconnaissable entre toutes du promeneur solitaire qui contemple un instant le paysage qui l'entoure..."

Sebald, à plusieurs reprises insiste sur l'impossibilité de définir ou d'expliquer la singularité radicale de Walser.
Et j'ajouterai pour ma part que cette impossibilité de définir ou d'expliquer vaut tout autant pour Sebald et pour nimporte lequel d'entre nous.
Mais que la tentative de Sebald est belle et inoubliable !

Rapatrié

mots-clés : #biographie #creationartistique #essai
bix_229
bix_229

Messages : 9337
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Jeu 9 Nov - 17:17

un beau commentaire Bix, qui me donne envie de connaître Walser (ma 1ère rencontre n'ayant pas fait tilt) et de continuer bien sur à lire Sebald (c'était prévu)

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 11678
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par bix_229 le Jeu 9 Nov - 17:40

@Bédoulène a écrit:un beau commentaire Bix, qui me donne envie de connaître Walser (ma 1ère rencontre n'ayant pas fait tilt) et de continuer bien sur à lire Sebald (c'était prévu)
Il n' est pas très facile Walser, bien que son écriture soit transparente.
bix_229
bix_229

Messages : 9337
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par kashmir le Jeu 9 Nov - 21:02

Séjours à la campagne, je l'avais repéré, rien que le titre, déjà :  un cadeau à se faire, avais-je pensé ! Alors, merci pour tes impressions, Bix, qui me donnent encore plus envie de ne pas quitter cet écrivain.


Sans connaitre Walser, et du coup, l'envie ,aussi, après quelques recherches de tenter la rencontre, le temps d'un livre ! Vie de poète, peut-être ?



Et voilà que Barcarole s'y met en citant Austerlitz !  W.G. Sebald    - Page 2 3945176875
kashmir
kashmir

Messages : 1618
Date d'inscription : 10/09/2017

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Barcarole le Jeu 9 Nov - 21:14

Et je vais bientôt lire Campo Santo de Sebald, quatre récits corses dont chacun d'entre eux "s'illustre par une force d'évocation et une musicalité magistrales".
Imaginons ces forêts sauvages du centre de la Corse, puis Piana, Ajaccio, décrites par Sebald, cela doit être extraordinaire.
Barcarole
Barcarole

Messages : 2973
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 63
Localisation : Tours

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Dreep le Ven 10 Nov - 23:18

Si vous voulez lire Walser, je vous conseille de commencer par Les Enfants Tanner. C'est merveilleux.
Dreep
Dreep

Messages : 557
Date d'inscription : 08/12/2016
Age : 27

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Ven 10 Nov - 23:23

j'y penserai Dreep, merci !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 11678
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Dim 4 Fév - 18:18

Austerlitz

W.G. Sebald    - Page 2 Page10

Sujet : le destin d’un enfant Juif vivant en Angleterre qui n’apprendra qu’à l’âge de 15 ans sa véritable identité et son pays de naissance : la  Tchécoslovaquie.

Austerlitz a été recueilli par un couple du pays de Galles : l’homme prédicateur calviniste et sa femme Gwendolyne ; nous ne saurons pas grand-chose de la vie du très jeune enfant, sinon sur l’austérité du foyer et les prêches d’Elias.  Ce qui m’avait troublée c’est le fait que dans cette maison l’une des fenêtres, de la chambre de l’enfant, était murée de l’intérieur, que certaine pièce était vide où la femme se retirait pour pleurer. Cela me laissait supposer qu’un drame s’était déroulé là. Mais le drame s’était déroulé ailleurs à des milliers de kilomètres dans une Europe déchirée, humiliée,  fossoyeuse de tant d’âmes par la haine d’un homme, des siens, du Nazisme.

C’est par le narrateur que nous connaîtrons le destin d’Austerlitz, lequel s’est confié à lui ;  cet homme qui dit que ce chemin de vie n’est pas le sien, que le Temps n’existe pas, du moins pas en l’état. Ce sentiment est conforté par ses rêves et hallucinations récurrents (la conscience collective dont parle Jung ?) où les morts et les vivants se côtoient, ce qui le conduira à rechercher,  à voyager jusqu’en Tchécoslovaquie où il retrouvera les traces du passé.

Par l’atmosphère pesante, étouffante installée en termes forts : « comme une chape de béton », les prêches qui figent les fidèles d’effroi, des lieux qui portent la douleur des Hommes, sans clarté,  malsains, désaffectés, des monuments monstrueux, des gares où l’on imagine les adieux… ;  l’auteur conduit le lecteur à réfléchir sur la destinée, la vie, la mort, celle des milliers d’hommes et de femmes.

Qu’importe que la fenêtre murée ne se soit pas ouverte sur une révélation ? l’auteur laisse au lecteur « sa participation active » et je ne m’en suis pas privée. J’ai ainsi pensé qu’un autre enfant (tombé par ladite fenêtre ?), un frère, accompagnait Austerlitz dans le convoi d’enfants en partance de Prague  puisque Austerlitz a l’impression à plusieurs reprises qu’un enfant est à ses côtés.  

Des moments d’émotion à la lecture de certains passages, tels : l’ambiance austère dans le foyer des Elias, la rencontre avec Gerald qui deviendra son ami,  la visite du Fort de Breendonk, la « mascarade » de Theresienstadt  organisée par les Allemands, les révélations de Vera à Prague, la photo d’un bambin déguisé en page.

Si j’ai aimé les descriptions, notamment celles des papillons (même que l’histoire des mites m’a émue) il y a eu des passages un peu long et  une ou deux digressions qui n’apportaient rien au récit.


Ce fut une intéressante lecture, une fiction sur le devoir de mémoire que l’auteur argumente de faits réels mais les photos qui accompagnent l’écrit m’ont donné l’impression de lire une biographie.
C'est aussi une réflexion sur l'identité (perte et usurpation), sur le Temps ( ses torsions ?) que subissent les hommes.

Pour plus de détail je vous renvoie à la LC faite avec Cliniou
ICI


Dernière édition par Bédoulène le Mer 7 Fév - 7:13, édité 1 fois

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 11678
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Cliniou le Lun 5 Fév - 9:05

Je n’avais pas vu que tu étais déjà ici Bédoulène.
Bon, après un commentaire aussi précis et détaillé, je vais juste reprendre une partie de mon dernier message sur la LC qui peut servir de commentaire ici.

W.G. Sebald    - Page 2 Page10

Austerlitz

C’est en effet une quête sur ses origines où les images rêvées, enfouies dans le subconscient servent à révéler la réalité. Chercher la réalité par le rêve, l’immatériel fait resurgir le matériel.

Plus que percevoir, on ressent nettement le mal être d’Austerlitz qui finalement minera sa vie. Tout est relaté en retenue, avec beaucoup de pudeur.

Je n’ai pas eu l’impression de lire un roman mais plus une narration, un témoignage; et tout dans la structure tend à s’éloigner du roman.

Conclusion: Sebald est un auteur très sensible et aussi très romantique dans sa manière. C’est un très beau texte, mais pour avoir lu beaucoup de textes sur la Shoah, celui-ci ne m’a pas touchée comme les autres et l’absence de respiration dans le texte a fait place à un ennui inconnu jusqu’alors dans ce sujet pour ma part.
Cliniou
Cliniou

Messages : 555
Date d'inscription : 06/12/2016
Age : 48

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Lun 5 Fév - 13:56

très juste Cliniou, merci pour avoir retenu l'essentiel (je me suis un peu évadée)

j'ajoute ma dernière réflexion pour répondre à ton sentiment : c'est certain que ce texte n'a pas le même impact que les témoignages sur la shoah lus précédemment, néanmoins on peut penser que d'autres enfants ont pu subir, réellement, le même sort et le même douloureux destin.

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 11678
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Avadoro le Lun 5 Fév - 23:58

Merci pour toutes ces impressions. Austerlitz m'avait beaucoup marqué à la lecture, me laissant comme au bord d'un précipice tant les mots de Sebald se confrontent à l'oubli, au silence, à la fragilité de la mémoire.
Ce n'est sans doute pas son ouvrage le plus abouti (je garde une préférence pour Les Anneaux de Saturne), mais certains passages sont bouleversantes dans leur sensibilité à la fois abrupte et discrète.
Avadoro
Avadoro

Messages : 715
Date d'inscription : 07/12/2016
Age : 33

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Mar 6 Fév - 11:39

merci Avadoro, les anneaux de saturne sont aussi dans ma pAL !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 11678
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Mar 6 Fév - 11:50

ajout : (parce que Cliniou et moi retournons sur la LC)

oui très difficile cette austérité du foyer Elias, mais Austerlitz fait une réflexion quand la femme meurt disant "qu'à force de douleurs le prédicateur a perdu la foi" (je n'ai pas le livre sous les yeux pour la phrase exacte) ce qui fait penser que le couple a eu sa part de malheurs d'où comme tu le dis "Austerlitz n’a pas eu de chance avec ses parents adoptifs morts trop tôt ou pas en état d’expliquer les choses au jeune Austerlitz."

le fait que nous revenions sur cette lecture implique tout de même l'intérêt qu'elle a suscité en nous ! j'imagine ce bambin arrivant en Angleterre et dans ce foyer qui, le moins que l'on puisse dire manque de chaleur et d'amour.

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 11678
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Dreep le Mar 17 Avr - 0:22

J'attends beaucoup de Séjours à la campagne... c'est le dernier Sebald qu'il me reste à lire... (excepté les essais)

Campo Santo

J'ai donné à un ami l'envie de découvrir Sebald, je pensais vraiment que c'était un écrivain fait pour lui, et je ne me suis pas trompé, mais il a commencé par Campo Santo (il a lu Vertiges depuis). Un livre composé de fragments posthumes, et ce n'est pas que Sebald soit mort avant de les publier lui-même, c'est que ce projet avait été abandonné. Malgré tout, ce fut tout de suite une belle découverte pour lui. Pour moi, j'étais content de retrouver un auteur que j'affectionne, mais je me soupçonne de m'être un peu fabriqué ce sentiment. Si je suis sincère avec moi-même je suis obligé de parler d'une déception. Campo Santo est un livre "intéressant", voilà. Ou à la rigueur "Très intéressant" si on pousse un peu. Mais il fait vraiment l'effet d'un succédané... je pense lire "D'après nature" d'ici peu parce que je reste vraiment sur ma faim.

Intéressant sur Kafka (comme toujours), sur Nabokov aussi et son ami Jan Peter Tripp, sur la dévastation des villes allemandes aussi. Il développe les idées de son autre essai "De la destruction comme élément de l'histoire naturelle" avec peut-être plus de profondeur. Pour ce qui est de l'admirable prose des Anneaux de Saturne ou de Vertiges, il faudra repasser.

Terminé le 21 janvier 2018

D'après nature (1988)

D'après nature fait l'effet d'une miniature, à l'image de Sebald, de toute son œuvre. Un axe long de plusieurs siècles, jalonné de destructions naturelles ou non-naturelles. Mais aussi avec les personnes de l'histoire qui sont chers à Sebald. Ni Stendhal ni Kafka pour cette fois, mais plutôt des personnes provenant de la région où il est né (la Bavière) : Matthias Grünewald (Nithart) et Georg Wilhelm Steller. On sait qu'il ne peut moralement plus revenir dans sa région natale, s'étant exilé à cause de l'atmosphère qui régnait  en Allemagne après la guerre. Un livre en vers comme dans l'Appartement de Markowicz, moins un poème qu'une parole retranscrite, avec ses errances et le rythme qui lui est propre. Mais cette ténuité est malgré tout assez frustrante par rapport à sa prose, dense, et qui donnait déjà l'impression que Sebald bavarde avec son lecteur.

"Lorsque le jour de l'Ascension / de l'an quarante et quatre je vins au monde, / la procession des Rogations passait justement / au son de la fanfare des pompiers / devant notre maison, se dirigeant / vers les champs fleuris de mai. Ma mère prit cela / d'abord pour un heureux présage, ne se doutant pas / que la planète froide Saturne gouvernait / la constellation de l'heure, et qu'au-dessus des montagnes / s'accumulait déjà la tempête qui l'instant d'après / éparpilla les processionnaires et foudroya / l'un des quatre porteurs du dais."

Je me suis laissé dire qu'il aurait été pas mal de le lire en allemand. Si j'avais eu des notions.

Terminé le 15 avril 2018

Pour moi ses deux meilleurs livres restent Les Anneaux de Saturne et Vertiges. Sublimes. Très forts aussi, Les Emigrants et Austerlitz.
Dreep
Dreep

Messages : 557
Date d'inscription : 08/12/2016
Age : 27

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Bédoulène le Mar 17 Avr - 20:31

Dreep merci, tu me donnes envie de reprendre Sebald !

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 11678
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Dreep le Mar 17 Avr - 20:56

Ah oui... parce que c'est quand même une déception et une mini-déception...
Dreep
Dreep

Messages : 557
Date d'inscription : 08/12/2016
Age : 27

Voir le profil de l'utilisateur
  • Revenir en haut
  • Aller en bas

W.G. Sebald    - Page 2 Empty Re: W.G. Sebald

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains européens de langue allemande

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum