NAKAJIMA Atsushi

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NAKAJIMA Atsushi

Message par bix_229 le Lun 9 Jan - 19:29

Nakajima Atsushi (1909-1942) 中島 敦






Nakajima Atsushi est né en 1909 à Yotsuya (Tokyo). Son père, comme ses trois autres frères sont des érudits de textes classiques chinois et enseignent cette matière au collège. Ce contexte familial exerce une forte influence sur Nakajima et ses goûts littéraires.

En 1920, il s’installe à Keijô (actuellement Séoul) ensuite à Dalian en Chine durant l’année 1925.
En 1927, il entre en première année de lycée à Tokyo, mais doit rapidement mettre un terme à ses études à cause d’une pleurésie. C’est durant cette période qu’il se mettra à l’écriture.
En 1930, il suit les cours de littérature japonaise à l’Université de Tokyo dont il sort diplômé en 1933. Il poursuit ses études pour une spécialisation pendant un an, mais en 1934, il quitte l’université sans diplôme. Pendant ce temps, il trouve un poste d’enseignant à Yokohama, un poste qu’il occupera jusqu’en 1941.

En 1934, Nakajima Atsushi présente un récit « Toragari » à un concours organisé par le magazine « Chuo Koron », marquant ainsi ses débuts sur la scène littéraire. Cette fiction et sa suite lui ont donné une certaine réputation dans le monde littéraire japonais.
En 1936, il part pour Shanghai où il écrira les « Carnets du passé ». C’est également à cette période qu’il commencera à lire les principaux écrivains occidentaux.

C’est en 1940, année de naissance de son fils Noboru, qu’il commencera à s’intéresser à la vie et l’œuvre de Robert Louis Stevenson, ce qui donnera plus tard « La mort de Tsutila ».
En 1941, Nakajima s’en va aux Îles Palaos afin d’y enseigner le japonais aux résidents des territoires occupés. Avant de quitter le Japon, il termine le manuscrit « Tsushitara no shi », un roman basé sur la vie de Robert Louis Stevenson, qu’il révise à Palaos et publie en 1942 « Hikari to kaze to Yume » qui lui permet de participer au Prix Akutagawa.

Tourmenté toute sa vie par l’asthme, Nakajima démissionne du Nanyo-CHO et retourne au Japon en mars 1942. Il compte dès lors se consacrer entièrement à l’écriture, mais sa santé s’aggrave et il contracte une pneumonie. C’en est trop pour sa constitution fragile, Nakajima Atsushi meurt à l’âge de 33 ans.

Bibliographie en français

2011 : La mort de Tusitala
2011 : Trois romans chinois
2010 : Histoire du poète qui fut changé en tigre et autres contes


Dernière édition par bix_229 le Lun 9 Jan - 19:37, édité 1 fois
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Re: NAKAJIMA Atsushi

Message par bix_229 le Lun 9 Jan - 19:33



TROIS ROMANS CHINOIS

Que dire d'un auteur qui nous introduit dans des univers dont nous ignorons souvent les tenants et les aboutissants.
Qu'il s'agisse de monstres aquatiques, De Confucius et de l'un de ses disciples ou encore une épopée guerrière.

Pourtant, nous ne sommes jamais forcés de savoir qui sont ces personnages. Même à l' intérieur d'un cadre historique. Leur histoire est merveilleusement contée. Et le style est absolument éblouissant.

"Dans l'univers des montres, corps et esprits n'étaient pas ausi nettement séparés qu'ils le sont dans le monde des humains, de sorte que les maux de l'âme se transformaient aussitot en souffrances physiques aigues qui mirent Wujing au supplice.
Enfin, n'en pouvant plus, il prit la décision suivante : "Coûte que coûte, dussé-je être accueilli par des rires et des sarcasmes (au point où j'en suis, que m'importe ?) j'irai trouver chaque sage, chaque médecin, chaque astrologue nichant au fond de ce fleuve, les assiègerai, mendierai leurs enseignements aussi longtemps que je n'aurai pas eu de réponse à mes questions."

Ma pérégrination vers l'Ouest.

Le premier conte, Ma pérégrination vers l'Ouest, met en doute tous les principes de sages et de sagesse, les savoirs et les philosophies.
Voilà une histoire iconoclaste contée avec malice et ironie. Un peu à la manière de Voltaire.
Celui de Candide, ou de Zadig.

"Pourquoi les monstres étaient-ils des monstres et non pas des humains ? En raison d'une forme d'infirmité qui les rendait disgracieux, inhumains, n'ayant jamais  qu'un seul de leurs attributs développé à l'extrême.
Les uns, suprêmement voraces, avaient des bouches et des ventres énormes. Les autres, excessivement luxurieux, présentaient une hypertrophie des organes ad hoc. D'autres encore, excessivement chastes, une complète régression de toutes les parties, hormis la tete....

Ils avaient tous des  caractéristiques bien trop envahissantes pour pour pouvoir se gisser dans d' autres cheminements de pensées que leurs.
Voilà pourquoi, dans les profondeurs du fleuve, des centaines de représentations et de méditations métaphysiques flottaient sans se mélanger entre elles.
On y trouvait l'enchantement du désespoir tranquille, l'inépuisable gaieté, les désirs sans espoir enveloppés de soupris, ondoyant à l'infini telle une forêt d'algues.

Ma pérégriantion vers l' Ouest

Le deuxième conte, Le Disciple, met en scène l'histoire d'un disciple de Confucius, Zilu, Non le plus sage, ou le plus flatteur. Mais à coup sûr, le plus rebelle. Si son admiration pour le Maître est grande, il ne peut s'empêcher de ronchonner contre lui. Le trouvant parfois dépassé quand il est confronté à la réalité brute.

Un jour Zilu rencontre un vieil homme qui se moque de son Maître. "Un bavard constamment à la recherche patiente de la Voie"..

Sur le parcours de Xu à She, Zilu s'était laissé distancer par ses compagnons. Il cheminait seul au milieu des champs, lorsqu' il croisa un vieil homme qui portait un panier d' osier. Il le salua sans cérémonie, lui demandant s'il n'avait pas vu le Patron (Confucius).
Le vieillard s' arrêta net.
"Patron... Quel Patron ? Je ne comprends même pas de qui tu me parles ! répondit sèchement, et avec un rire de mépris, après l'avoir toisé des pieds à la tête :
"A ce que je vois, tu es de ces gens qui passent leurs journées à disserter dans le vide sans se soucier de la réalité, ni de bouger les pattes."

Ensuite, il entra dans le champ voisin et sans un regard en arrière, tchac, tchac, il se mit à couper l'herbe. Zilu pensa qu'il pouvait s'agir d'un ermite... Puis le vieillard regagna le chemin en silence, puis il amena Zilu chez lui, déjà le soir tombait. Il tua un poulet, prépara du millet pour son souper ; lui présenta ses deux fils.
Après le repas, il attrapa une cithare et joua. Ses deux fils chantèrent à l' unisson.

En dépit d'une pauvreté bien visible, l'abondance et la paix régnaient dans ce foyer. Comment rester insensible aux étincelles de sagesse qui pétillaient par moments sur les mines réjouies du père et de ses enfants...

Au matin, Zilu fit ses adieux et repartit d'un bon pas. Chemin faisant, il comparait Confucius et le vieil homme.
Non, la clairvoyance de Confucius n'avait rien à lui envier.

Le Disciple

Et Zilu, le bouillonnant Zilu, ne peut s'empêcher de penser que le "patron" est le champion du "juste milieu". Cela ne l'empêche pas pas d'admirer son maitre pour ses justes qualités et son intelligence. Et il volera à son secours quand il sera menacé.

Le couple Zilou/Confucius fait penser à celui formé par Don Quichotte et Sancho Panza. A ceci près que Confucius ressemblerait davantage à Sancho et Zilu à Don Quichotte.
Zilu mourra en volant au secours de son maître qui, en l'apprenant, "tomba en larme".

Enfin, Li Ling est un récit épique dont l'ampleur, la beauté descriptive et picturale font penser au grand Kurozawa, le cinéaste.
On pourra noter encore une fois le regard critique que Nakajima Atsushi  jette sur le népotisme et la cruauté des empereurs chinois -et ce récit recoupe celui de Colin Thubron (que je lis en ce moment), à propos de l' empereur des Tang, Xuan-zong,  qui tyrannisa le pays pendant 40 ans-
Ce récit est aussi une leçon contre le racisme ordinaire et qui devient en période trouble, dogme d'état.
"Le barbare c'est toujours l'autre". L' ennemi, celui qu' on va combattre. Le refrain n' a jamais changé là dessus.

Quand on déshabille les apparences, il ne reste plus aucune différence.

Coup de chapeau à Véronique Perrin, la traductrice.

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Re: NAKAJIMA Atsushi

Message par Mordicus le Lun 9 Jan - 19:50


(Bix, tu refais de la bricole à 3 sous pour les bios. On adore ton enthousiasme, mais arrête de dépasser.)

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Re: NAKAJIMA Atsushi

Message par bix_229 le Lun 9 Jan - 20:04

@Mordicus a écrit:
(Bix, tu refais de la bricole à 3 sous pour les bios. On adore ton enthousiasme, mais arrête de dépasser.)
On lit les oeuvres. Les biographies sont négligeables.
Efface, moi je ne peux pas.
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Re: NAKAJIMA Atsushi

Message par Mordicus le Lun 9 Jan - 20:06


(Arrête de me donner des ordres.)

(Okay, je bidouille un peu tout ça)

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Re: NAKAJIMA Atsushi

Message par animal le Lun 9 Jan - 21:14


Portrait de Stevenson par Fanny Osbourne (sa femme), 1876

La mort de Tusitala

Mélange des genres et brouillage des pistes par l'auteur qui joue une petite partie en biographie documentée et l'essentiel en journal de Stevenson aux Samoa, partie documentée elle aussi. Stevenson à travers Nakajima Atsushi, ou l'inverse, partage avec nous son amour pour ces îles du bout du monde et leurs habitants.

Son implication dans les affaires des occidentaux qui se partagent et sa volonté d'aider ces gens pas vraiment à se libérer mais à gérer au mieux l'inévitable cohabitation implique un regard critique sur les affaires du monde d'alors que peut-être l'auteur (japonais) retrouvais dans le sien à l'aube des années 40.

Mais Stevenson c'est aussi l'écriture, comme métier et comme vocation ainsi qu'une réflexion sur la création entre le métier, l'inné et une quête de liberté dans l'imaginaire que cela plaise ou non aux critiques et soit conforme ou non aux modes littéraires du moment.

Immanquablement j'ai repensé au journal commun de RL Stevenson et F. Osbourne (publié chez Phoebus : Notre aventure aux Samoa) et c'est parfois à s'y méprendre. Et c'est de sentir cette vie avec l'île et les Samoans que j'ai aimé retrouver.

Par contre j'ai été moins séduit par la réflexion artistique, et morbide (mais le parallèle entre les conditions de malades des deux auteurs ne se discute pas), il y a des morceaux intéressants, et documentés, mais ça fait plus bricolé et puis la ligne directrice du narcissisme créatif s'épuise et je ne suis pas sûr que ce soit hyper original ce qu'on trouve dans ces passages.

En tout cas une lecture étonnamment homogène pour un si drôle d'objet qui l'air de rien pose des ponts temporels et culturels pas si évidents tout en réservant un sentiment de forte intimité.

Récup' de message sans scrupules.


mots-clés : #biographie

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