David Lefèvre

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David Lefèvre

Message par GrandGousierGuerin le Lun 9 Jan - 20:26

David Lefèvre
Né en 1973



Fin connaisseur de l’Amérique latine, et particulièrement de l’Argentine et du Chili. A vécu sur l’île de Chiloé.
Des détails !

Oeuvres

Vie en cabane (La), Petit discours sur la frugalité et le retour à l’essentiel
Solitudes australes, Chronique de la cabane retrouvée
Aux quatre vents de la Patagonie, En route pour la Terre de Feu
Le Galop du vent sous le ciel infini, Chroniques des terres australes
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Re: David Lefèvre

Message par GrandGousierGuerin le Lun 9 Jan - 20:39

Aux quatre vents de la Patagonie / En route pour la Terre de Feu


Récit de voyage de plus d’un an et demi en Patagonie aux multiples rencontres, émerveillements, réflexions. Le but initial est d’élucider le mythe des Césars qui naquit à l’époque de la conquête espagnole et aurait donné lieu à la création d’une cité perdue d’hommes blancs. Mythe beaucoup moins connu que celui de l’Eldorado, D Lefèvre parcourt les montagnes, forêts, rivières, villes perdues, ensommeillées ou fantôme, créant une cartographie mythologique dont le cœur bat des différentes racines de la Patagonie moderne.
Mêlant récits d’exploration, d’histoire, on est également amené à rencontrer et partager avec des gens simples et anonymes qui aiment et n’ont d’autres horizons que ceux nuageux de la Cordillère des Andes ou ceux des tempêtes du détroit de Magellan.
Un vrai plaisir de lecture qui m’a rappelé les récits de Nicolas Bouvier, avec une vraie qualité littéraire avec un choix du mot et de la phrase.

« Il y a peu encore, les Chilotes, peuple d’agriculteurs et de marins, étaient unis dans cette culture populaire. Chiloé est une île à la population clairsemée, un monde cousu d’espaces vierges qui ne demandaient qu’à être peuplés d’histoires à se faire peur. Chez les anciens regroupés en veillées dans le fogón – la maison communautaire –, ce bestiaire local participait d’une sorte de poésie populaire. Et José nous contait par le menu les frasques des uns et des autres.
En réalité, ces présences surnaturelles naquirent d’un syncrétisme entre les mythes venus d’Espagne et des éléments de la cosmovision des Huillinches – les “gens du Sud”. Plus froidement, elles étaient aussi là pour rappeler à chacun que hors la terre, sur les bordures périlleuses du Pacifique, la mort s’impatiente. Et aussi loin que le tío se souvînt, l’océan portait son lot de mises en garde. Pour les marins accomplis, la mort était sournoise, elle rôdait partout sous la mer. Elle ne prélevait aucune vie tant qu’on daignait l’aborder avec égards. De certaines passes, on disait qu’il fallait toujours les franchir à marée haute ou hélice au ralenti. Aux marins disparus sans explication qui tienne, le tribunal des esprits reviendrait rendre sa propre justice. Gare au couperet vengeur ! Gare au retour des braves morts d’une mort violente, sans sépulture ni planche de salut, sans que leur corps fût rendu à la mer dûment amarré à un roc pour maintenir l’âme au fond des eaux. Dans bien des cosmologies, les âmes des marins sont aussi revanchardes que celles des enfants mort-nés. Elles reviennent tourmenter ceux qui les ont insultées ou querellées de leur vivant. Pour cette raison, sur Chiloé, quand on tenait le corps d’un marin décédé à terre, on ne le loupait pas. On le remarquait dans les cimetières des villages. La pierre tombale se devait de peser sur la sépulture pour l’empêcher de s’évader. Les portes des niches sépulcrales étaient parfois fermées par un verrou.
Dans la bouche du tío, le plus intriguant fut alors prononcé : parmi les mirages qui s’emparaient de l’esprit des marins, un navire – le Caleuche – recueillait les malheureux égarés en mer. Selon certains récits, il s’agissait d’un navire festonné d’ampoules qui déambulait à proximité des côtes par les nuits de brume. Ailleurs, c’étaient des miroitements de lucioles jetés à l’eau dans une nuit de poix. L’embarcation insaisissable cherchait le repos d’une terre où mettre fin à son errance. Ce port d’attache improbable était identifié comme… la cité des Césars. Contre toute attente, ma chimère apparaissait sur la frange des mythes chilotes. Révélation de premier choix. Fallait-il parler de hasard objectif ? Était-ce si étonnant ? À y regarder de près, tout se tenait.
Dans la mythologie chilote, la cité mystérieuse était une garantie de bonheur perpétuel, sorte de futur eschatologique. Le lieu du refus de la mort, du retour à la terre où l’existence poursuivait son aventure. Ce retour à la matrice était une manière juste de gagner l’immortalité. Que les âmes des disparus festoient à bord d’une sorte de cabaret flottant fagoté pour les grands soirs, cela n’avait rien de surprenant. Il s’agissait de la dernière grâce d’un amène purgatoire avant le débarquement sur une terre connue du seul gouvernail. Les pauvres bougres ne pouvaient errer comme des damnés. Détaché du temps, le navire les envoyait vers une cité secrète. Nouvelle inscription dans l’ordre du cosmos, l’universel voyage des âmes figurait justement dans la cosmogonie des Huillinches, peuple premier de Chiloé.
Si, dans les descriptions, la cité était parfois pavée d’or ou si ses résidants y dînaient avec des couverts d’argent, le Caleuche en apportait la raison. Des vaisseaux jadis partis du Pérou chargés de l’or des Incas n’avaient jamais atteint l’Espagne pour avoir disparu quelque part sur les côtes chiliennes. Une rumeur tenace racontait qu’une partie des équipages avait trouvé refuge dans un lieu propice à son établissement. Ils auraient fondu les métaux précieux dont les cales regorgeaient et fabriqué les ustensiles domestiques et autres objets assurant leur confort. Ne passait-on pas au large de Chiloé pour gagner les mers du Sud ? Au XVIIe siècle, Jacob L’Hermite et Enrique Brower, pirates hollandais à la réputation de pyromanes notoires, venaient en aide à la légende. Leurs raids incendiaires contre les premières escales prolongées des Espagnols sur l’archipel dissuadèrent l’ennemi. Quelques coups de canon bien ajustés, puis ils reprenaient le large aussi vite qu’ils étaient apparus sur l’horizon. La légende du Hollandais volant avait puisé dans ces attaques furtives pour forger le mythe d’un navire fantôme. Wagner l’immortalisa dans son opéra. »
(p. 85-87)
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Re: David Lefèvre

Message par Bédoulène le Lun 9 Jan - 20:59

ça devrait me plaire ça

merci GGG

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Re: David Lefèvre

Message par GrandGousierGuerin le Lun 9 Jan - 21:15

@Bédoulène a écrit:ça devrait me plaire ça

merci GGG
Connaissant ton goût pour Nicolas Bouvier, je te le conseille ....
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Re: David Lefèvre

Message par shanidar le Lun 9 Jan - 21:32

Ah j'allais justement dire que si tu cites Bouvier, il serait difficile de passer à côté ! Merci GGG !
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Re: David Lefèvre

Message par GrandGousierGuerin le Lun 9 Jan - 21:37

@shanidar a écrit:Ah j'allais justement dire que si tu cites Bouvier, il serait difficile de passer à côté ! Merci GGG !
Evidemment Shanidar, je te donne le même conseil qu'à Bédoulène !

En regardant en détail sa biographie, voici ce qu'on trouve sur Transboréal à propos de son lien avec Nicolas Bouvier :
En 2003, David Lefèvre se rend en Irlande sur les traces de Nicolas Bouvier qui y avait séjourné presque vingt plus tôt. Sur l’île d’Inishmore, il rencontre les deux personnages principaux du Journal d’Aran et recueille leurs souvenirs. Il se rend ensuite à la Bibliothèque publique de Genève et, sous l’égide d’Éliane Bouvier, explore les archives manuscrites et iconographiques de l’écrivain suisse. Cette escapade irlandaise associée à ce travail de recherche donne naissance à l’écriture d’un essai intitulé Dans le sillage d’un saumon genevois remontant à ses sources, qui sera publié dans la prestigieuse revue Europe en 2007. Auparavant, un autre séjour à Genève avait donné naissance à l’exposition Nicolas Bouvier, flâneur planétaire donnant à connaître à un large public le parcours multiple et l’œuvre de l’auteur genevois. Cette réalisation itinérante, toujours active à ce jour, a été régulièrement présentée dans divers espaces culturels, événements ponctuels et festivals à travers la France tels que les festivals Étonnants Voyageurs de Saint-Malo ou Artisans voyageurs à Angers.
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Re: David Lefèvre

Message par shanidar le Lun 9 Jan - 22:13

Ah oui il y a une vrai filiation, donc. Je n'ai pas encore lu le Journal d'Aran de Bouvier mais tout cela donne très envie !
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Re: David Lefèvre

Message par Bédoulène le Mar 10 Jan - 8:27

alors oui si en plus tu fais allusion à Bouvier ! Very Happy

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Re: David Lefèvre

Message par bix_229 le Mar 10 Jan - 15:34

Merci 3G, je l' ai noté !
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