Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

Forum littérature et arts. Pour partager ses émotions littéraires, coups de cœurs en romans, poésie, essais mais aussi cinéma, peinture, musique, ...


    Maurice Sachs

    Partagez
    avatar
    ArenSor

    Messages : 546
    Date d'inscription : 02/12/2016
    Localisation : Din ch'nord

    Maurice Sachs

    Message par ArenSor le Mer 11 Jan - 16:32

    Maurice Sachs
    (1906-1945)


    Maurice Sachs naît à Paris  dans une famille d'origine juive, anticléricale et républicaine. Sa mère est la fille de Georges Sachs, courtier en bijoux et familier de Jean Jaurès. Maurice connaît une enfance malheureuse, de pensionnat en pensionnat. En mai 1923, sa mère s'enfuit à Londres, poursuivie pour escroquerie. Sans ressources, Sachs doit se débrouiller seul. Il rencontre Jean Cocteau, dont il devient le secrétaire. Converti au catholicisme, il entre au séminaire. Un scandale dû à son homosexualité affichée l’en fait chasser. Recueilli par Max Jacob, qui l’encourage à écrire, Sachs tente de faire fortune par diverses escroqueries et indélicatesses jusqu’à se brouiller avec ses proches. En 1930, il s'enfuit aux États-Unis, où il signe avec NBC un contrat pour une émission de radio qui connaît un grand succès. Ambitionnant une carrière politique, il se convertit au protestantisme pour épouser la fille du Modérateur de l’Église presbytérienne. Trois ans plus tard, ses rêves enfuis, il rentre en France, accompagné d’un jeune Américain rencontré à Hollywood.

    André Gide le recommande à Jean Paulhan qui lui confie la direction d'une collection de romans d'aventure publiée par Gallimard. En 1935 Sachs publie son premier roman, Alias. Au théâtre, il collabore avec Pierre Fresnay. On lui doit aussi, en 1936, une plaquette à la gloire du Parti communiste. En 1937, ruiné et épuisé, il se fait interner pour échapper à ses créanciers. En 1939, il achève un livre-confession Le Sabbat, dont la publication est empêchée par la déclaration de guerre.

    En 1940, Maurice Sachs anime une émission de propagande, destinée à convaincre les États-Unis d'entrer en guerre contre l'Allemagne. Lors de la débâcle, il se réfugie à Bordeaux avant de rentrer à Paris. Là, il se livre au marché noir jusqu'en septembre 1942, où, compromis et ruiné dans divers trafics, il se cache dans l'Orne, en compagnie de Violette Leduc, qu'il fait passer pour sa femme. En novembre, à bout de ressources, il s'engage au STO et part pour Hambourg. Il y achève ses mémoires, qui deviendront La Chasse à courre. En avril 1943, il y offre, sous un nom d'emprunt, ses services à la Gestapo comme espion et agent provocateur. Ce « juif collabo » mène alors une vie d'aventurier, fréquentant les milieux homosexuels de Hambourg, les Français de la LVF, vivant de combines et d'escroqueries, et dénonçant les trafiquants du marché noir à ses nouveaux maîtres, ainsi que les résistants de la Rose blanche de Hambourg.

    En novembre 1943, après avoir refusé de dénoncer un père jésuite engagé dans la Résistance, il est arrêté par la Gestapo, fatiguée de ses vols, de ses imprudences et de ses faux rapports. Il est incarcéré avec les membres de son groupe au camp de concentration de Fuhlsbüttel, où il continue à espionner et trahir les membres de la Rose blanche incarcérés avec lui. Mis au secret, dans une cellule de trois mètres sur trois, Maurice Sachs se consacre à l'écriture et rêve d'une gloire tardive. Il semble avoir eu une forte créativité pendant cette période de captivité, jetant les bases du Tableau des mœurs de ce temps et d'autres textes réunis dans le recueil Derrière cinq barreaux.

    En avril 1945, devant l'avance des troupes alliées, les prisonniers du camp sont évacués vers Kiel pour y être libérés. Au matin du 14 avril, comme il est à bout de forces après trois jours de marche et incapable de se relever, un S.S. le tue d'une balle dans la nuque.  
    Patrick Modiano a été influencé par le personnage et l'ambiance générale entourant Maurice Sachs.
    (d'après Wikipédia)

    Liste des œuvres

    The Decade of Illusion, Alfred A. Knopf, 1933.
    Alias, 1935
    Maurice Thorez et la victoire communiste, 1936.
    André Gide, 1936
    Honoré Daumier, 1939.
    Au temps du Bœuf sur le Toit, 1939
    Chronique joyeuse et scandaleuse, 1950
    Correspondance, 1925-1939, (publication posthume en 2003)
    Histoire de John Cooper d'Albany, 1955
    La Décade de l'illusion, 1950
    Derrière cinq barreaux, 1952
    Abracadabra, 1952.
    Le Sabbat. Souvenirs d'une jeunesse orageuse, 1946
    La Chasse à courre, 1997
    Tableaux des mœurs de ce temps, 1954
    Le Voile de Véronique, roman de la tentation, 1959.
    Le Mémoire moral, inédit, 2016.
    avatar
    ArenSor

    Messages : 546
    Date d'inscription : 02/12/2016
    Localisation : Din ch'nord

    Re: Maurice Sachs

    Message par ArenSor le Mer 11 Jan - 16:34

    Le Sabbat



    Quel étrange destin que celui de Maurice Sachs, sa biographie offre l’image d’un salaud absolu. A lire « Le Sabbat », la réalité semble plus complexe. Cette autobiographie menée jusqu’à la fin des années 30 est une sorte de catharsis par laquelle Sachs cherche à comprendre comment il s’est trouvé entraîné dans un cercle infernal plongeant de plus en plus bas. Il est je pense sincère, lucide également, il ne tente pas de se disculper de ses erreurs sans pour autant s’auto flageller.
    Son enfance est catastrophique, au sein d’une famille divisée. L’amour et l’admiration du jeune Maurice se portent alors vers des êtres qui ne le méritent visiblement pas. Toute sa vie il éprouvera un besoin d’affection et d’admiration, c’est en partie ce qui le perdra. Il a aussi de nombreux défauts, racontant ainsi comment très jeune il éprouva la volupté du vol. Il est faible et ne peut résister aux différentes tentations, celles du sexe, de l’alcool, de la grande vie qu’il a connu dans les années folles lorsque l’argent coulait à flots. L’un entraînant l’autre, Sachs multiplie les dettes, les détournements de fonds, les trahisons. Tour à tour secrétaire de Cocteau et de Gide, éditeur, marchand de tableaux, ses rêves de grandeur s’achèvent dans des déroutes absolues. Pourtant on se dit qu’il suffisait parfois de peu de choses pour qu’il en soit autrement. Sachs le sait et se promet à chaque crise de s’amender, en vain. Tardivement, il se rend compte que sa vocation est l’écriture, mais il paresse et papillonne autour des lumières de la fête. C’est probablement la fin qu’il sent proche qui le pousse à rédiger plusieurs livres dans une sorte de boulimie de ce qu’il a à dire. Son style est clair, précis, formé de longues phrases. « Le Sabbat » est un livre intéressant sur un milieu et une époque, le Paris des années folles, par la mise à nu d’une personnalité sensible, souvent attachante, avec pourtant de grandes zones d’ombre.
    avatar
    shanidar

    Messages : 1599
    Date d'inscription : 02/12/2016

    Re: Maurice Sachs

    Message par shanidar le Mer 11 Jan - 17:10

    Paris ? Les années folles ? racontées par un parfait salaud ? C'est tout à fait intéressant ! Hop dans le petit carnet de 2017 !
    avatar
    bix_229

    Messages : 2266
    Date d'inscription : 06/12/2016
    Localisation : Lauragais

    Re: Maurice Sachs

    Message par bix_229 le Mer 11 Jan - 17:52

    Il ne suffit pas d' etre un salaud pour etre un écrivain...
    Violette Leduc, par contre, oui...
    avatar
    ArenSor

    Messages : 546
    Date d'inscription : 02/12/2016
    Localisation : Din ch'nord

    Re: Maurice Sachs

    Message par ArenSor le Mer 11 Jan - 18:01

    @bix_229 a écrit:Il ne suffit pas d' etre un salaud pour etre un écrivain...
    Evidemment. Si j'ai ouvert un fil c'est parce que je pense que Sachs était un écrivain.

    Contenu sponsorisé

    Re: Maurice Sachs

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Sam 24 Juin - 21:04