Mavis Gallant

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Mavis Gallant

Message par Bédoulène le Mar 17 Jan - 9:15

Mavis Gallant
(1922-2014)


Mavis Gallant, née Mavis Leslie de Trafford Young à Montréal le 11 août 1922 et morte à Paris le 18 février 2014), est une écrivaine québécoise de langue anglaise et de nationalité canadienne. Fille d'un père à la fois vendeur de meubles et peintre et d'une mère dramaturge d'origine roumaine, Mavis Gallant est née à Montréal où elle fréquente plusieurs écoles publiques et privées, ainsi que quelques pensionnats. Quand son père meurt d'une insuffisance rénale, sa veuve se remarie et s'installe à New York, s'occupant de sa fille à distance en l'envoyant « d'une école à l'autre, dont un pénitencier américain, où elle séjourne un long moment. » Elle travaille ensuite à l'Office national du film du Canada avant de devenir journaliste pour le Montreal Standard. Elle épouse John Gallant, un musicien de Winnipeg. Cette union s'étant soldée par un échec, elle décide de quitter le Québec et de se consacrer à l'écriture. Elle s'installe rue Saint-Romain à Paris en 1950, à l'âge de 28 ans, tout en conservant sa citoyenneté canadienne. Elle publie plusieurs œuvres de fiction sur des expatriés, en tentant de montrer l'évolution de leur état d'esprit. Avec Alice Munro, Gallant est l'une des seules Canadiennes à écrire régulièrement dans The New Yorker. Ses personnages sont souvent de jeunes femmes montréalaises ou européennes qui doivent composer avec des problèmes familiaux difficiles ou un milieu de travail hostile et des emplois sans avenir. La province de Québec a honoré Gallant et son œuvre en 2006 en lui décernant le Prix Athanase-David, dont elle est la seule récipiendaire de langue anglaise.

Œuvres en français

Recueils de nouvelles
L'Été d'un célibataire
Voyageurs en souffrance
Les Quatre Saisons
Voix perdues dans la neige
Rue de Lille
Poisson d'avril
De l'autre côté du pont
Nouvelles de France
Laisse couler

Romans
Ciel vert, Ciel d'eau
Rencontres fortuites

Essais
Chroniques de mai 68

Recueils composés pour une publication en français
Le Week-End en Bourgogne
L'idée de Speck

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"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
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Re: Mavis Gallant

Message par Bédoulène le Mar 17 Jan - 9:21


Laisse couler

Le titre du livre est celui de la dernière nouvelle, c’est aussi emprunté à une réplique dans le livre de F.Scott Fitzgerald « All the sad young men ».
La préface de Russel Banks  situe l’auteure parmi les autres grands novellistes.

La première nouvelle « temps de guerre » se déroule au Canada (2ème guerre mondiale) , nous suivons l’adolescence de Steve anglophone et protestant et de Lily francophone et catholique . Steve est élevé par sa tante ses parents se trouvant dans une mission anglicane en Chine. Il est intéressant de voir l’antagonisme existant entre ces deux communautés ; les mœurs de l’ époque.

« A l’époque les adultes voyaient les choses de cette manière ; simplement.

Des catholiques avec des protestants :

autour de nous le sol était jonché d’histoires de mauvais augure, des cailloux et des briques de la séparation. Pourquoi laisser les choses aller trop loin entre deux jeunes qui ne devaient pas rester ensemble ? »

« Elle était en combinaison, les cheveux couverts de mousse shampoing.
(La rumeur voulait que les catholiques ne se lavent jamais)

« Certains hommes se passaient de femmes. .» Les romans anglais en étaient remplis

Voilà pour la fiction ; dans le monde réel l’homosexualité était un délit passible d’un séjour en prison.

La deuxième nouvelle se déroule dans le sud de la France ; nous retrouvons Steve et Lily mariés et plusieurs couples qui vont se faire et se défaire à l’occasion d’un concert.

« Lapwing et moi ressemblions à deux acteurs. Plan d’ouverture sur l’animation matinale d’une petite rue, joyeux pastiche de musique de cirque pour donner le ton, et le reste, on l’imagine, va se dérouler à la même cadence, avec la même nostalgie. En réalité il ne se passerait rien, sauf l’humiliation de deux hommes. Une humiliation blanche et sans éclat. »

La 3ème nouvelle se passe aussi dans le sud de la France, Steve a à présent la soixantaine et l’arrivée fortuite de la fille de Lily fait ressurgir les souvenirs. De beaux moments au cours des balades entre ces deux êtres. Steve se remémore les entretiens avec sa tante :

« Jusque là, ni le sexe, ni l’argent n’avaient eu de place dans sa conversation. Elle avait fait comme s’ils n’existaient pas. Je venais d’être intronisé,  à titre de membre honoraire, dans une société très  fermée , celle des femmes qui  s’ arrêtent de parler quand  un homme ou un enfant entrent dans la pièce. »

Et Lily : « Dans notre cabine au dessus de la mer, j’ai entendu un « il ne sait pas » de plus en plus imperceptible. Lily a dû entendre une voix mourante, à peine audible, chuchoter ; « laisse couler ». Plus intelligente qu’aucun homme ne le sera jamais, elle a coupé le son.

Suit une postface de l’auteure qui relate son envie d’écrire depuis l’enfance, son désir de la France  et nous explique comment elle compose ses nouvelles. Les nouvelles dit elle ne sont pas à lire l’une après l’autre, il faut en lire une, passer à autre chose avant d’entamer  la suite. C’était une très bonne lecture, les personnages sont des plus réalistes, traine le parfum inoubliable du passé ; l'écriture : l’essentiel, le vrai, l’utile.


mots-clés : #nouvelle


Dernière édition par Bédoulène le Lun 15 Mai - 11:17, édité 1 fois

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Re: Mavis Gallant

Message par Jack-Hubert Bukowski le Dim 22 Jan - 6:32

Je voulais prendre le temps de te remercier, Bédou, pour avoir pris l'initiative d'ouvrir un fil à Mavis Gallant. Tout comme dans le cas de Réjean Ducharme, je suis sûr que c'est un auteur dont on peut dire beaucoup de choses - et de bien. Je vous encourage à venir poster vos avis de lecture et vos commentaires sur les auteurs québécois et canadiens.
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