Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Paul Auster

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    simla

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    Re: Paul Auster

    Message par simla le Lun 6 Fév - 19:59

    Oui, Bix, je comprends parfaitement ce que tu exprimes ici, c'est tout à fait mon ressenti.

    Il y a malgré tout un écrivain qui est assez impressionnant, tant par sa beauté (un vrai prince charmant) que par sa personnalité, c'est J.M. Le Clezio, une écriture très poétique et absolument pas décevant lorsque tu creuses un peu le personnage, mais c'est rare et tu le lis avec d'autant plus d'enthousiasme !
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    Re: Paul Auster

    Message par Mordicus le Lun 6 Fév - 20:15


    Il faut relire La musique du Hasard

    D'abord pour le titre.
    Ensuite pour la fin qui *Clac* !


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    Re: Paul Auster

    Message par animal le Lun 6 Fév - 21:25

    pas lu celui-là !

    quelqu'un a vu La Vie intérieure de Martin Frost ?


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    Re: Paul Auster

    Message par Marie le Mar 7 Fév - 3:10

    @animal a écrit:quelqu'un a vu La Vie intérieure de Martin Frost ?
    Il me semble bien, oui...mais... c'était avec sa fille, je crois? Et je crains bien de n'avoir retenu que cela...
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    Re: Paul Auster

    Message par animal le Mar 7 Fév - 7:17

    huhu. voilà qui est encourageant. What a Face


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    Re: Paul Auster

    Message par simla le Jeu 23 Fév - 5:45




    Seul dans le noir

    August Brill, critique littéraire à la retraite, veuf, victime d'un accident de la route qui l'a laissé lourdement handicapé, une jambe hors d'état de marche  Wink  trouve refuge chez sa fille, Miriam, elle-même encore sous le choc de son divorce pourtant vieux de 5 ans et qui a recueilli sa fille, Katya, jeune étudiante dans le cinéma, déprimée après la mort dramatique de son petit ami, Titus, en Irak.


    "Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde seul dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain. A l'étage, ma fille et ma petite-fille sont endormies, seules, elles aussi, chacune dans sa chambre :Miriam, quarante sept ans, ma fille unique, qui dort seule depuis cinq ans, et Katy, vingt trois ans, la fille unique de Miriam, qui a dormi quelques temps avec ce jeune homme du nom de Titus Small mais Titus est mort et maintenant Katya dort seule avec son coeur brisé."
    Brill, insomniaque, élabore des fictions au cours de ses nuits interminables. Brick est un de ses personnages, précipité dans une guerre imaginaire où rien des événements majeurs contemporains des Etats-Unis, le 11 septembre 2001 et le conflit Irakien n'auraient eu lieu, mais dans une guerre civile interne, rappelant la guerre de Sécession.



    Lorsqu'il n'est pas occupé à imaginer des scénarios, Brill évoque son passé, ses erreurs, les actions qu'il regrette....



    "Or, tandis que la nuit avance, imagination et réalité en viennent peu à peu à s'interpénétrer comme pour se lire et se dire l'une l'autre, pour interroger la responsabilité de l'individu vis-à-vis de sa propre existence comme vis-à-vis de l' Histoire. "
    Le jour, Katya et lui se passent et se repassent des films :


    Il y a quinze ans que j'ai arrêté de fumer mais, maintenant que Katya est dans la maison, avec ses omniprésentes cigarettes American Spirit, je suis retombé dans ce vieux plaisir dégoûtant, je lui pique ses clopes pendant que nous nous enfonçons dans le corpus exhaustif du cinéma mondial, côte à côte sur le canapé, soufflant de conserve notre fumée, pareils à deux locomotives qui s'éloignent en ahanant de ce monde haïssable, intolérable - sans regret, pourrais-je ajouter, sans un repentir ni le moindre pincement de remords. C'est la camaraderie qui compte, la complicité, la solidarité je-m'en-foutiste des damnés.

    ............Certains films sont aussi bons que des livres, aussi bons que les meilleurs livres (oui, Katya, je te l'accorde).....
    Paul Auster a le sens de la formule :" Fiel sur la terre, bonne volonté envers personne !"....... J'adore !

    J'ai bien aimé, un bon roman, intéressant,  Paul Auster, profond,  politique, engagé, mais tout sauf réjouissant, je dirais même assez ...noir ?


    Dernière édition par simla le Ven 24 Fév - 1:04, édité 1 fois
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    Re: Paul Auster

    Message par animal le Jeu 23 Fév - 7:17

    j'avais été déçu. il a des passages qui m'ont plu mais la construction d'ensemble et surtout l’enchaînement des ingrédients : un peu de mystère, des références culturelles, assaisonnement de mots clés de lieux assez communs. pas grand chose derrière (notamment pour la part politique du livre).

    trop explicite finalement ? je crois que je le préfère dans sa veine plus floue et plus fictionnelle.

    ou à relire pour la curiosité ?


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    Re: Paul Auster

    Message par simla le Jeu 23 Fév - 8:19

    Tu sais, animal, les ressentis !!!!! J'ai bien aimé, mais ce n'est pas mon préféré.

    Mais c'est du Paul Auster, jamais médiocre, la politique effleurée, et bien tant mieux, on nous bassine tous les jours avec, surtout en ce moment !!!! Sans doute que ça "parle" mieux aux américains.

    Pas grand chose derrière ? Je dirais beaucoup de pessimisme quand même, des propos désabusés, aucun espoir en l'avenir...

    Mais bon, dans l'ensemble, c'était quand même pas mal. Mais, c'est très sombre. A déconseiller aux dépressifs, sinon double dose de Prozac
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    Re: Paul Auster

    Message par animal le Jeu 23 Fév - 12:47

    @simla a écrit:Sans doute que ça "parle" mieux aux américains.
    c'est aussi l'idée que je m'en ferais. cat


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    Re: Paul Auster

    Message par animal le Mer 1 Mar - 18:48



    Man in the dark

    Replouf malheureusement. J'ai pourtant essayer de me raccrocher à l'opposition entre la fiction qui dérape et le drame intimiste sur lequel plane en plus l'ombre de l'Irak avec tout ce qu'on peut réfléchir dans cette balance : l'intime qui occulte le plus grand, le fond pourri de l'histoire en marche qui imprègne le quotidien, toutes les nuances d'entre deux ou le simple fait que les deux sembleraient s'exclure mutuellement.

    Accessoirement une guerre civile, une nouvelle sécession aux USA ça n'est finalement pas, dans le principe, anecdotique ! (surtout maintenant ?)

    J'ai aussi mieux apprécier certains motifs récurrents chez Auster, qu'on trouve entre autres dans son film Lulu on the bridge, le côté flippant de se retrouver face à quelqu'un qui saurait tout ce qu'on a dans la tête, ce genre de glissements... les imbrications d'histoires, les flous, la perturbation discrète, tout ça m'aurait aidé.

    Mais j'ai fini par soupirer entre les lignes de dialogues gentiment plats de l'histoire dans l'histoire et les clichés de l'autre histoire (j'écris, je bois, je parle de fesse assez souvent, je porte des sweats larges à la maison, ...) . Et à l'arrivée je trouve que ça parle beaucoup pour pas grand chose si ce n'est qu'on a effectivement éviter de trop gratter la surface des choses.

    Dommage. Le trip est plus puissant et vraiment pas moins intéressant, ni moins bien écrit d'ailleurs ?, chez des auteurs moins littéraires. Tiens, on n'a pas encore de fil sur William Gibson ? L'ombre de notre monde qui nous continue toujours de nous dépasser m'attrape souvent et une "histoire" qui avance fait aussi partie de mes plaisirs de lecteur alors...

    (Je risque quand même d'essayer d'en relire un autre un jour... )


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    Re: Paul Auster

    Message par simla le Lun 20 Mar - 4:46



    Mr Vertigo


    « Tu ne vaux pas mieux qu’un animal. Si tu restes où tu es, tu seras mort avant la fin de l’hiver. Si tu viens avec moi, je t’apprendrai à voler. » Ainsi le vieux Yehudi s’adresse-t-il à Walt, neuf ans, un gamin misérable des rues de Saint Louis. Il tiendra sa promesse.
    À l’issue d’un apprentissage impitoyablement cruel, Walt deviendra un phénomène célèbre dans toute l’Amérique. Et c’est elle – cette Amérique violente et misérable, sauvage et naïve des années 1920 et 1930 – que le romancier de Léviathan nous convie à découvrir sur les traces de ses étranges héros. L’Amérique du Ku Klux Klan et du jazz, des gangsters et du cinéma. Revisitée par un écrivain qui, sans cesser d’être lui-même, reprend ici la tradition de Mark Twain et de Steinbeck pour nous raconter une histoire captivante – juste assez étrange pour que nous ne puissions l’oublier...

    Voici la quatrième de couverture et le résumé succint de ce roman.

    Catalogué comme roman barroque, je trouve qu'il l'est en effet.

    L'histoire d'un jeune garçon, Walt, 9 ans, orphelin, élevé par son oncle Sim, homme violent, qui l'abandonne volontiers à Maitre Yehudi. Celui-ci s'engage à lui apprendre à voler.......au sens propre du terme,  avec des méthodes pour le moins cruelles..mais qui seront porteuses de succès puisqu'il deviendra un véritable phénomène et connaîtra la gloire, mais hélas celle-ci sera trop vite interrompue.

    S'en suivent des aventures assez truculentes dans l'Amérique des années  1920/1930. Malgré tout, je trouve que le roman s'essouffle dans sa seconde partie.

    Néanmoins, bien qu'il se lise facilement,  ce n'est pas un des romans que je préfère dans la longue liste des oeuvres de Paul Auster.  No



    mots-clés : #initiatique
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    Tristram

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    Re: Paul Auster

    Message par Tristram le Lun 20 Mar - 11:30

    Mr Vertigo, livre sur la lévitation (et l'initiation) :
    « C’était Ploucville, cet endroit, une pustule d’ennui sur une fesse nue et blanche. […] une ville tellement à ras du sol que si vous vous arrêtiez pour vous gratter le crâne, vous heurtiez le ciel du coude. »

    « Je le laissai donc m’enterrer vif – une expérience que je ne recommanderais à personne. Si déplaisante qu’en paraisse l’idée, la réalité de l’incarcération est bien pire et lorsque vous avez passé quelque temps dans les entrailles des profondeurs ainsi que je le fis ce jour-là, le monde ne peut plus jamais vous sembler pareil. Il devient indiciblement plus beau, et cependant sa beauté est baignée d’une lumière si éphémère, si irréelle, qu’il ne possède pas la moindre substance et que, même si vous pouvez le voir et le toucher comme auparavant, une partie de vous comprend que ce n’est qu’un mirage. Sentir la terre sur soi, c’est une chose, la pression et le froid, la panique mortelle, et l’immobilité, mais la véritable terreur ne commence qu’après, lorsqu’on vous a déterré, et que vous pouvez à nouveau vous tenir debout et marcher. À partir de ce moment, tout ce qui vous arrive à la surface est lié à ces heures souterraines. Une petite graine de folie a été plantée dans votre tête, et même si vous avez remporté ce combat pour la survie, presque tout le reste est perdu. La mort vit en vous, rongeant votre innocence et vos espoirs, et à la fin ne demeurent pour vous que la terre, la densité de la terre, le pouvoir et le triomphe éternels de la terre. »

    « C’est comme ça, quand on est dans le besoin. Tant qu’une chose manque, on ne cesse de la désirer. Si je pouvais seulement avoir cette chose-là, se dit-on, tous mes problèmes seraient résolus. Mais lorsqu’on l’obtient, lorsque l’objet de nos désirs nous est mis dans les mains, il commence à perdre son charme. D’autres besoins se manifestent, d’autres désirs se font sentir, et on s’aperçoit peu à peu qu’on est revenu au point de départ. »

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    Re: Paul Auster

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