Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


Guillaume Apollinaire

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par Quasimodo le Dim 22 Jan - 19:27

Emouvant, oui ... merci ArenSor !

_________________
Entre les deux coups de feu qui décidèrent de son destin, il eut le temps d'appeler une mouche : "Madame".
Quasimodo
Quasimodo

Messages : 3334
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 24

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par Jack-Hubert Bukowski le Dim 13 Aoû - 8:38

Je profite de l'occasion pour souligner un autre poème de Guillaume Apollinaire. Je dois admettre à la réflexion que la forme de sa poésie m'enchante davantage dans Calligrammes. J'imagine que je ne l'ai pas toute lue, mais pour avoir lu Alcools, je dirais que la poésie d'Apollinaire a une manière d'évoquer la métaphore guerrière et à l'instar des Michaux et Reverdy, j'ai l'impression que le contenu poétique d'Apollinaire me rejoint moins, même si les formes et les fulgurances le sauvent et qu'elles m'inspirent dans ma quête poétique... dernière chose... la prose poétique est quelque chose d'important pour moi.

«Simultanéités»


Les canons tonnent dans la nuit

On dirait des vagues tempête

Des cœurs où pointe un grand ennui

Ennui qui toujours se répète


Il regarde venir là-bas

Les prisonniers L’heure est si douce

Dans ce grand bruit ouaté très bas

Très bas qui grandit sans secousse


Il tient son casque dans ses mains

Pour saluer la souvenance

Des lys des roses des jasmins

Éclos dans les jardins de France


Et sous la cagoule masqué

Il pense à des cheveux si sombres

Mais qui donc l’attend sur le quai

Ô vaste mer aux mauves ombres


Belles noix du vivant noyer

La grand folie en vain vous gaule

Brunette écoute gazouiller

La mésange sur ton épaule


Notre amour est une lueur

Qu’un projecteur du cœur dirige

Vers l’ardeur égale du cœur

Qui sur le haut Phare s’érige


Ô phare-fleur mes souvenirs

Les cheveux noirs de Madeleine

Les atroces lueurs des tirs

Ajoutent leur clarté soudaine

À tes beaux yeux ô Madeleine

Calligrammes, extrait, p. 153-154.
Jack-Hubert Bukowski
Jack-Hubert Bukowski

Messages : 1864
Date d'inscription : 04/12/2016
Age : 38
Localisation : Montréal

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par bix_229 le Jeu 16 Aoû - 2:52

L’adieu

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends
bix_229
bix_229

Messages : 10615
Date d'inscription : 06/12/2016
Localisation : Lauragais

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par Jack-Hubert Bukowski le Jeu 16 Aoû - 10:34

Puisque tu relances le fil d'Apollinaire, bix, je vais persister dans ma lecture de Calligrammes. Je me fais un point d'honneur de souligner les liens avec le surréalisme naissant vu qu'Apollinaire est un des précurseurs de ce courant :

«Fusée»

La boucle des cheveux noirs de ta nuque est mon trésor
Ma pensée te rejoint et la tienne la croise
Tes seins sont les seuls obus que j'aime
Ton souvenir est la lanterne de repérage qui nous sert à pointer la nuit

En voyant la large croupe de mon cheval j'ai pensé à tes hanches

Voici les fantassins qui s'en vont à l'arrière en lisant un journal

Le chien du brancardier revient avec une pipe dans sa gueule

Un chat-huant ailes fauves yeux ternes gueule de petit chat et pattes de chat

Une souris verte file parmi la mousse

Le riz a brûlé dans la marmite de campement
Ça signifie qu'il faut prendre garde à bien des choses

Le mégaphone crie
Allongez le tir

Allongez le tir amour de vos batteries

Balance des batteries lourdes cymbales
Qu'agitent les chérubins fous d'amour
En l'honneur du Dieu des Armées
Un arbre dépouillé sur une butte

Le bruit des tracteurs qui grimpent dans la vallée

Ô vieux monde du XIXe siècle plein de hautes cheminées si belles et si pures
Virilités du siècle où nous sommes
Ô canons
Douilles éclatantes des obus de 75
Carillonnez pieusement

Il me semble, en relisant ce poème, qu'il est surréaliste dans son essence car il reprend la métaphore de l'obus et de la guerre. Puis, nous pouvons réaliser quand il énumère l'un après l'autre les animaux qui se succèdent dans le champ - soit de vision - imaginaire, nous pouvons réaliser qu'il tente une déconstruction radicale de nos perceptions. Finalement, ce ne serait pas nécessairement la femme, les seins, qui feraient l'objet d'un regard amoureux. Tout est dans l'esprit de la personne qui regarde et qui sent les choses.
Jack-Hubert Bukowski
Jack-Hubert Bukowski

Messages : 1864
Date d'inscription : 04/12/2016
Age : 38
Localisation : Montréal

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par Tristram le Mer 19 Sep - 2:19

]https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/les-poemes-a-lou-de-guillaume-apollinaire#xtor=EPR-2-[LaLettre30082018]
Poèmes à Lou, ludique amour malheureux ; émission un peu mièvre, mais qui permet de revenir à des pièces comme ça :
Je pense à toi a écrit:Je pense à toi mon Lou ton cœur est ma caserne
Mes sens sont tes chevaux ton souvenir est ma luzerne

Le ciel est plein ce soir de sabres d’éperons
Les canonniers s’en vont dans l’ombre lourds et prompts

Mais près de toi je vois sans cesse ton image
Ta bouche est la blessure ardente du courage

Nos fanfares éclatent dans la nuit comme ta voix
Quand je suis à cheval tu trottes près de moi

Nos 75 sont gracieux comme ton corps
Et tes cheveux sont fauves comme le feu d’un obus
qui éclate au nord

Je t’aime tes mains et mes souvenirs
Font sonner à toute heure une heureuse fanfare
Des soleils tour à tour se prennent à hennir
Nous sommes les bat-flanc sur qui ruent les étoiles

_________________
« Nous causâmes aussi de l’univers, de sa création et de sa future destruction ; de la grande idée du siècle, c’est-à-dire du progrès et de la perfectibilité, et, en général, de toutes les formes de l’infatuation humaine. »
Tristram
Tristram

Messages : 8442
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 63
Localisation : Guyane

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par Aventin le Dim 11 Nov - 7:34

(Une petite remontée de fil, à l'occasion du centenaire du décès de Guillaume Apolinnaire.)




La promenade de l'ombre et autres contes

Guillaume Apollinaire - Page 2 Apolin10
Livre édité par Marguerite Waknine, date de parution: 19 octobre 2015, 70 pages environ.

Douze contes, publiés à l'origine dans des parutions de presse (Excelsior, La Baïonnette, Le Journal, Les Veillées du Lapin Agile, Almanach des Lettres et des Arts...), chacun est au format article de journal.

Tous furent écrits durant la guerre, et parus entre 1917 et 1919. L'écriture est élégante, humoristique, agréable, digeste.
Bref, une soirée épatante à passer en compagnie d'Apollinaire, lequel s'avère (mais qui en aurait douté ?) extrêmement doué pour cet exercice littéraire particulier qu'est le conte.

Nombre de sujets abordés sont assez aigus cent ans après, comme:
Le transhumanisme (dans les contes Chirurgie esthétique et Le traitement thyroïdien), la science jusqu'au boutiste (dans L'orangeade et trains de guerre), le buzz (ou la breaking new) dans Le rabachis, l'hédonisme nombriliste dans L'étoffe invisible, etc...

Aventin
Aventin

Messages : 1115
Date d'inscription : 10/12/2016

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par Bédoulène le Dim 11 Nov - 16:12

merci Aventin, je vais regarder ce que j'ai dans ma pal.

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
Bédoulène
Bédoulène

Messages : 12842
Date d'inscription : 02/12/2016
Age : 74
Localisation : En Provence

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par Jack-Hubert Bukowski le Mar 19 Fév - 10:25

Je sais que nous recommençons un peu plus à parler de poésie dernièrement. Apollinaire a été présent dès les débuts du forum. J'ai tendance à dédire ce que j'ai dit, pour mieux vérifier l'état de mes réticences et motivations à mener une quête plus loin. Lire Apollinaire, le considérer parmi un panthéon personnel, et ainsi de suite...

L'Apollinaire des Calligrammes est très caractéristique. Les Poèmes à Lou sont une autre trace qu'il a laissé dans son sillon... on chuchote souvent Alcools.

Je me suis mis sur le cas d'Alcools. J'ai retenu pour une autre pioche un extrait de poème - avec le poème au complet en lien plus bas - et un poème complet. Ma sélection est très impressionniste et révèle encore quelque préoccupation du moment, lointaine...

Je flambe dans le brasier à l’ardeur adorable
Et les mains des croyants m’y rejettent multiple innombrablement
Les membres des intercis flambent auprès de moi
Éloignez du brasier les ossements
Je suffis pour l’éternité à entretenir le feu de mes délices
Et des oiseaux protègent de leurs ailes ma face et le soleil

Ô Mémoire Combien de races qui forlignent
Des Tyndarides aux vipères ardentes de mon bonheur
Et les serpents ne sont-ils que les cous des cygnes
Qui étaient immortels et n’étaient pas chanteurs
Voici ma vie renouvelée
De grands vaisseaux passent et repassent
Je trempe une fois encore mes mains dans l’Océan

Voici le paquebot et ma vie renouvelée
Ses flammes sont immenses
Il n’y a plus rien de commun entre moi
Et ceux qui craignent les brûlures

Poème «Le brasier» complet, ici : https://www.poetica.fr/poeme-4124/guillaume-apollinaire-le-brasier/

Je vous présente «Un soir» :


«Un Soir»

Un aigle descendit de ce ciel blanc d’archanges
Et vous soutenez-moi
Laisserez-vous trembler longtemps toutes ces lampes
Priez priez pour moi

La ville est métallique et c’est la seule étoile
Noyée dans tes yeux bleus
Quand les tramways roulaient jaillissaient des feux pâles
Sur des oiseaux galeux

Et tout ce qui tremblait dans tes yeux de mes songes
Qu’un seul homme buvait
Sous les feux de gaz roux comme la fausse oronge
Ô vêtue ton bras se lovait

Vois l’histrion tire la langue aux attentives
Un fantôme s’est suicidé
L’apôtre au figuier pend et lentement salive
Jouons donc cet amour aux dés

Des cloches aux sons clairs annonçaient ta naissance
Vois
Les chemins sont fleuris et les palmes s’avancent
Vers toi

Lien de la transcription informatisée du poème : https://www.poetica.fr/poeme-4143/guillaume-apollinaire-un-soir/

L'extrait de poème tiré du poème «Le brasier» me semblait plus frappant de la manière que je l'ai lu dans le recueil de NRF/poésie Gallimard. Il arrive souvent qu'un poème soit entrecoupé en plusieurs pages dans un recueil. Quand on met le poème bout-à-bout comme dans le lien que je vous ai posté plus haut, le résultat est parfois moins heureux. Il y a parfois des perles, des passages qu'on voudrait tout autant citer, mais le poème au complet donne une impression un peu décousue, du moins à la lecture... Par rapport au poème «Le soir», j'y vois un esprit ludique qui est propre à l'esprit surréaliste des origines. Il faut bien y revenir, même si ce n'est pas nécessairement ce qui fait la beauté esthétisante du poème.
Jack-Hubert Bukowski
Jack-Hubert Bukowski

Messages : 1864
Date d'inscription : 04/12/2016
Age : 38
Localisation : Montréal

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par Arturo le Dim 13 Oct - 14:57

Guillaume Apollinaire - Page 2 Montal10

Portrait (prémonitoire) de Guillaume Apollinaire (en italien, Ritratto [premonitore] di Guillaume Apollinaire) est un tableau du peintre italien Giorgio De Chirico réalisé en 1914 et qui constitue un portrait de son ami, le poète français Guillaume Apollinaire.

Bien que cette peinture à l'huile et au fusain sur toile se soit d'abord appelée Homme-cible (et son titre définitif attribué seulement après la blessure d'Apollinaire), elle peut être considérée comme doublement prémonitoire. D'abord parce qu'elle représente un fin cercle blanc comparable à une cible sur la tempe d'une ombre figurant son sujet, précisément à l'endroit où celui-ci sera frappé par un éclat d'obus en 1916. Du fait de son univers métaphysique et son usage de symboles renvoyant à Orphée, l'œuvre annonce par ailleurs le surréalisme.
Arturo
Arturo

Messages : 3108
Date d'inscription : 09/12/2016
Age : 33
Localisation : Par-delà le bien et le mal

  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Guillaume Apollinaire - Page 2 Empty Re: Guillaume Apollinaire

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


  • Revenir en haut
  • Aller en bas

Page 2 sur 2 Précédent  1, 2

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

 Des Choses à lire :: Lectures par auteurs :: Écrivains européens francophones

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum