CHOI Jae-hoon

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CHOI Jae-hoon

Message par Armor le Mar 24 Jan - 17:34

Choi Jae-hoon
Né en 1973



Né à Séoul en 1973, Choi Jae-hoon a débuté sa carrière d’écrivain en recevant un prix littéraire du magazine Munhakgwa Sahae en 2007. Il a publié un recueil de nouvelles, Le Château du comte Curval, en 2010. Sept Yeux de chats a été couronné par le prix littéraire décerné par le quotidien Hanguk Ilbo en 2012.
source : éditions Picquier

Ouvrages traduits en français :

Le château du compte Curval (nouvelles)
Sept yeux de chats


Dernière édition par Armor le Sam 1 Juil - 21:09, édité 1 fois
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Armor

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Re: CHOI Jae-hoon

Message par Armor le Mar 24 Jan - 17:43



Sept yeux de chat

De prime abord, en lisant ce livre, j'ai eu l'impression de me plonger dans un sept petits nègres à la sauce coréenne. Plutôt bien écrit, divertissant, sans grande originalité toutefois. Mais, juste au moment de connaître la clé de l'énigme, voilà qu'en fait de dénouement débuta une nouvelle histoire, qui, a priori, n'avait absolument rien à voir avec la précédente. Sentiment d'agacement, de frustration même !
Et puis… Et puis il faut bien l'avouer, ce diable d'auteur a un talent de conteur indéniable, qui vous emporte malgré vous ; je me suis prise au jeu de ces histoires en forme de poupées gigognes. Au fil de la lecture, les différents récits, en apparence disparates, se sont mis à se répondre entre eux, à jouer, à dialoguer. Je me suis alors muée en détective, traquant le détail qui éclairerait tout, m'amusant des différentes versions d'une même histoire, sans cesse renouvelée et pourtant si différente à chaque fois.

Bientôt,  mon esprit s'est mis à ressembler à ces tableaux d'enquêteurs que l'on voit dans les séries policières : des noms et des visages, reliés entre eux par de multiples traits. Mon esprit rationnel cherchait la logique de tout ça, et chaque détail qui semblait me mener plus près de la solution donnait naissance à une nouvelle connexion. Il y avait toujours plus de traits. Et puis, il y avait ceux que je croyais fixes et que je me devais tout à coup d'effacer ; ceux qui, malgré tous mes efforts, resteraient à jamais en pointillés ; et enfin tous ceux que je ne suis jamais parvenue à tracer...
Tout cela a fini par former un enchevêtrement invraisemblable, qui a bientôt pris des proportions monstrueuses, sans que je sois plus avancée pour autant…

Pour apprécier pleinement ce roman déroutant, il faut accepter de lâcher prise, de se laisser allègrement manipuler par l'auteur, et alors, tout cela devient assez jouissif. L'on se doute bien et que la clé de l'énigme ne rassemblera en rien aux policiers qu'on a l'habitude de lire, l'on commence même à douter qu'il y en ait une, mais on se laisse porter par cette imagination diabolique et débridée.
Dans ce cercle infernal, les histoires se renouvellent et se répondent à l'infini, avec quelques éléments qui, toujours, reviennent tels un leitmotiv. Et c'est pourquoi, alors que j'avais pris mon rythme de croisière et trouvais tout cela fort réjouissant, j'ai moins aimé la fin : l'auteur a dû sentir que j'étais plongée dans une petite routine qui s'amusait certes de ses bizarreries,  mais commençait à se sentir bien confortable. Il m'a alors sortie du cercle pour me plonger dans un nouveau récit qui  ne rentrait pas dans la danse et m'a encore plus déstabilisée. Et là, j'avoue que l'agacement est revenu, face à un auteur qui, décidément, ne fait rien comme tout le monde. Parce que vraiment, je ne comprenais plus rien, et que pour le coup, tout cela était peut-être un peu trop factice.

Alors, une fois le livre refermé, que reste t'il ? Une incontestable admiration pour cet auteur brillant qui m'a manipulée à l'envi.  Le sentiment d'une expérience de lecture hors normes, parfois frustrante, parfois hautement réjouissante.
Je suis retournée à ma petite réalité quotidienne avec, durant quelques instants, le sentiment qu'elle n'était peut-être qu'une illusion, celle que je me crée avec ma mémoire sélective et chancelante, et le prisme avec lequel j'ai choisi de la regarder…

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #polar
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Armor

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