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Bohumil Hrabal

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Message par Hanta le Sam 3 Déc - 23:25

Bohumil Hrabal
(1914-1997)


Bohumil Hrabal  Bohumi10

Nationalité : République tchèque
Né(e) à : Brno , le 28/03/1914
Mort(e) à : Prague , le 03/02/1997

Bohumil Hrabal est l'un des plus importants écrivains tchèques de la seconde moitié du XXe siècle. Ses premières publications datent de 1963 ; il devient rapidement un des écrivains les plus populaires de son pays. Après l'invasion soviétique de l'été 1968 qui met fin au Printemps de Prague, il connaît des ennuis avec la censure pour « grossièreté et pornographie » et est interdit de publication. Deux de ses livres sont notamment livrés au pilon en 1970. Pour cette raison, nombre de ses ouvrages sont publiés en samizdat. Il est interdit de publication de 1970 à 1976. Il compte parmi les signataires de l'Anticharte et lui qui était tombé en disgrâce au moment du Printemps de Prague regagne la faveur du régime qui réenclenche le processus éditorial de ses œuvres.

C'est durant cette période qu'il écrit ses principaux chefs-d'œuvre largement inspirés de sa vie dans un style ou perce l'humour noir, le grotesque, l'ironie: Moi qui ai servi le roi d'Angleterre, Une trop bruyante solitude, Les noces dans la Maison (trilogie). Entre 1982 et 1985, il est de nouveau interdit de publication. Bohumil Hrabal meurt à Prague en sautant de la fenêtre de l'hôpital de Bulovka où il est soigné.

source : babelio

Bibliographie des ouvrages traduits en français :

Rencontres et visites, textes de jeunesse, 1997
Moi qui ai servi le Roi d'Angleterre, 1981 : Page 1
La petite ville où le temps s'arrêta, 1985
Trains étroitement surveillés, 1984
La chevelure sacrifiée, 1987 : Page 1
Tendre barbare, 1988
Vends maison où je ne veux plus vivre, nouvelles, 1989
la trilogie des souvenirs :
Les noces dans la maison, roman,  1990  : Page 1
Vita Nuova 1990  : Page 1
Terrains vagues 1990  : Page 1
Une trop bruyante solitude, roman, 1997 : Page 1
Lettres à Doubenka, 1991
Les souffrances du vieux Werther, 1996 : Page 1
Peurs totales : Cassius dans l'émigration, 1991
Les millions d'Arlequin, roman, 1991
Les Palabreurs, nouvelles, 1995
Les imposteurs et autres nouvelles, 1996
Ballades sanglantes et légendes, 2004

Ces textes ont également pu être réédités récemment.

màj le 19/01/2018


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Message par Hanta le Sam 3 Déc - 23:27

Une trop bruyante solitude


Bohumil Hrabal  Tylych11


Un livre magnifique, un chef d’œuvre, l’un des livres les plus importants de la littérature tchèque. Peut être le livre que j’emmènerais sur une île déserte. Longtemps que je le lis et que je le relis. Longtemps qu’il continue de me toucher. Un langage simple utilisé par l’écorché vif qu’est cet écrivain tchèque, celui qui parle de petits rien pour les magnifier, qui décrit sa vie pour la fantasmer, qui combat par un phrasé grandiose. L’émotion frappe, elle choque, elle nous tire de notre torpeur. Cet amour du livre et cette détestation de la bêtise humaine caractérisée par une soif de progrès au détriment de la tradition, ce combat contre l’inculture et le « tout-politique » de sombres époques nous fait réfléchir et nous bouleverse. Un style simple certes mais terriblement séduisant dans son articulation avec une ponctuation maîtrisée, ce qui est rare, une utilisation du point-virgule en l’occurrence qui est habituellement inappropriée et qui là ajoute une cadence et un rythme intéressants.

Bohumil Hrabal déclarait qu’il «a existé pour écrire Une trop bruyante solitude». Je suis content qu’il ait existé car il me semble être né pour lire ce livre. Je crois en fait que ce livre concerne tout lecteur, toute personne intéressée par l’éveil de la conscience, la curiosité et l’étonnement philosophique. Un grand roman, écrit par un grand homme. Longtemps j’ai aimé lire, grâce à ce livre la lecture est une passion. C’est ce genre d’écrivain pour qui j’ai de l’admiration, un écrivain qui m’impressionne par sa simplicité et son talent et qui arrive à me transformer alors que je connais son ouvrage par cœur.


mots-clés : #regimeautoritaire #solitude


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Message par Bédoulène le Dim 4 Déc - 8:05

Je vais découvrir bientôt ce livre Hanta mais en attendant

une lecture déjà faite

Moi qui ai servi le Roi d'Angleterre

Bohumil Hrabal  Tylych13

Ce livre est le récit par lui-même d'un enfant bâtard et complexé par sa petite taille qui essaiera la plus grande partie de sa vie de se réhausser, physiquement et socialement. Jeune groom, puis garçon de café il cotoiera des personnages riches, les clients des restaurants et hôtels où il est employé, mais même devenu socialement leur égal, il ne sera jamais reconnu par ceux de sa profession.
On lui crachera à la figure pour s'afficher avec les Allemands, il se mariera d'ailleurs avec une belle Allemande dont il aura un enfant débile qu'il abandonnera dans un asile d'aliénés à la mort de sa femme tuée lors d'un bombardement.
Détenteur de timbres très rares substitués par sa femme à des Israélites, il parviendra avec la vente de deux de ces timbres, à s'enrichir et deviendra propriétaire d'un magnifique hôtel-restaurant.

Comprenant enfin l'inutilité de sa vie durant son enfermement volontaire avec les «millionnaires» déchus dans un centre ouvert par le gouvernement communiste, il choisit de s'exiler dans une région détruite et isolée afin de travailler dans un emploi forestier.
À la fin de son engagement, il opte ensuite pour remplacer des tziganes dans une région encore plus isolée, où il vivra seul humain et tentera de reconstruire une route. Là dans cet isolement souhaité, il revit, refait le parcours de sa vie, ccomprends ses erreurs et une fois par semaine rejoint un village où il fait ses achats et raconte aux habitants où il souhaite être enterré, ce qui les effraie mais les villageois sont contents de l'entendre raconter et s'habituent à lui.
Il sombre dans une douce folie, lui qui a servi le roi d'Éthiopie.

L'écriture est très belle, l'auteur sait avec des mots légers dénoncer même les grands maux de l'humanité, comme le nazisme - 2 êtres sains, de physiques aryens donnent naissance à un enfant aliéne - ; avec ironie - l'enfermement volontaire du personnage afin qu'on reconnaisse son statut de millionnaire - la dénonciation - l'histoire de la petite cuillère volée ou l'enfant Jésus échangé - ...
Un récit plein d'ironie où la phrase maîtresse du narrateur l'inconcevable devient réalité résume bien sa vie et les évènements qui s'y déroulent.

J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre, je lirai certainement un autre de cet auteur.

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Message par Allumette le Dim 4 Déc - 8:54

Je vous laisse la critique que j'avais rédigée suite à la lecture de ce livre en août 2006  :aime

Une trop bruyante solitude, Bohumil Hrabal

Bohumil Hrabal  Une_tr10

Quatrième de couverture :

Depuis trente-cinq ans, Hanta écrase de vieux livres sous une presse hydraulique. Il écrase, boit, il écrase, il soliloque en déambulant dans les rues de Prague. Cette culture qu'il est chargé de détruire, il s'est donné pour mission de la sauver. Dans l'avalanche de livres qui se déversent dans sa cave, il fait son choix, arrachant les uns à la mort, réservant à d'autres un traitement plus digne que celui auxquels ils étaient promis. Ce faisant, il est bien loin d'atteindre les normes qui lui sont imposées... «Je suis venu au monde pour écrire Une trop bruyante solitude», confiait Bohumil Hrabal.

Extraits :

"... un livre à la main j'ouvre des yeux affolés sur un monde étranger à celui où je me trouvais, parce que moi, quand je plonge dans un livre, je suis tout à fait ailleurs, dans le texte... tout étonnné, il me faut bien l'avouer être parti dans mes songes, dans un monde plus beau, au coeur même de la vérité. Tous les jours, dix fois par jour, je suis ébahi d'avoir pu m'en aller si loin de moi-même. Ainsi, aliéné à moi-même, je m'en reviens chez moi en silence, polngé dans une méditation profonde..." page 18

" Moi, j'emballe depuis trente-cinq ans du vieux papier; or pour bien faire ce travail il faudrait une instruction universitaire, au moins le lycée classique, mais l'idéal en soi serait le séminaire. Ainsi, dans mon métier, la spirale et le cercle se répondent, progressus ad futurum et regressus ad originem se confondent, tout cela, je le vis avec intensité; instruit malgré moi, malheureux d'être heureux, je me prends à considérer que progressus ad originem et regressus ad futurum peuvent bien s'accorder." page 67

Lecture : 6 et 7 août 2006

Ma critique :

Je suis sous le choc, sous l'émotion, littéralement pressée par la grandeur de ce chef-d'oeuvre... Beauté, profondeur, poésie, passion et exaltation sont les mots qui me viennent. Le héros de ce roman vit un paradoxe... amoureux des livres, il se doit de les détruire pendant une période historique peu glorieuse... Mais tellement passionné des livres, il garde secrètement des exemplaires des ouvrages qui le poussent ensuite à créer des sortes de boîtes de rangement qu'il orne de peintures de Cézanne, de Manet, etc... Ce sont comme de petits sanctuaires, qu'il pourra rouvrir à souhait. Ce héros nous charme par la beauté de la mise en valeur de ces livres destinés au supplice... Son métier lui permet aussi d'alimenter la soif de connaissance de personnages comme un professeur de philosophie. Une petite anecdote est d'ailleurs très sympathique : le personnage joue deux rôles vis-à-vis du philosophe... jusqu'à la fin de l'air de la presse manuelle...

Le livre compte peu de personnages mais ceux-ci raisonnent jusqu'à la fin aussi. Ce livre est exceptionnel par la richesse des références auxquelles il fait allusion ! De la poésie à chaque page, même de l'humour - un peu décalée, sous forme de jeux de mots (maux) - vient se glisser incidemment dans ce chef-d'oeuvre chargé d'émotions liées à l'Histoire... Le héros finira sa vie au summum, titillé par la réussite de Marinette, la société qui évolue de façon peu qualifiable, les enfants qui suivent, encouragés par leur professeur et les adultes environnant.
Il restera passionné jusqu'à la fin.

Ce livre est - je le répète - un chef d'oeuvre d'une beauté indescriptible. Il faut ABSOLUMENT le lire... En l'achevant, une seule envie, celle de lire les autres ouvrages de Hrabal... et surtout relire celui-ci! Je suis à la fois bien triste de ne pas avoir lu ce livre plus tôt... mais désormais triste de l'avoir terminé... Mais oh combien enchantée par sa lecture! Ce livre se lit d'une traite, la pression monte jusqu'à son apogée au dernier chapitre, au dernier paragraphe. Ce livre est d'une rare beauté, à la fois terrible et fascinante. Je ne sais si les mots - en tout cas les miens - peuvent retranscrire les émotions qu'il suscite. Pas une page sans une référence littéraire, artistique ou philosophique - qui donne envie d'approfondir, pas une page sans poésie. C'est grandiose. Je tiens en mes mains un bijou, une pierre précieuse. Je ne remercierai jamais assez Marine pour m'avoir inscité à la lecture de ce roman qui me laissera une marque indélibile... Ecrit par un auteur que je ne connaissais absolument pas hier matin, voici que ce livre est un hymne à la découverte des autres bijoux de cet homme.

Cette rencontre grave avec ces quelques lignes me laisse à ressentir une douleur douce-amère. Douce par le symbolisme et amère quand à la description d'une société encore tellement d'actualité. Certains détails, au départ presque dérangeant, prennent leur valeur au fil de la lecture. Je veux parler de la bière, des souris, du lit superposé, des anecdotes peu reluisantes de Marinette, des deux Tsiganes, sans parler de la presse et de la cave de notre héros.

L'écriture de ce livre est grande à mes yeux pour plusieurs raisons. Mais son architecture relève du huitième ciel, du huitième art, de la huitième merveille du monde... Car huit chapitres, dont un seul - le dernier - ne se décline pas comme les autres, semblant brisé les espoirs du héros qui pourtant saura rebondir face aux événements qui l'assaillent. Ce rebondissement terminal est pour moi une des plus belles choses, bien que cela soit tabou et bien que je ne veuille pas en faire l'apologie, loin de là. A ceux qui n'ont pas lu ce livre, mes dernières lignes peuvent paraître énigmatiques, mystérieuses... mais je ne peux tout dévoilé et cela suscitera votre curiosité !

Ce livre nous élève vers le ciel, nous cultive, cultive l'amour de la lecture.
Qui ne voudrait pas lire Emmanuel Kant après cette découverte ?
Qui ne voudrait pas approfondir ses connaissances de Lao Tseu ?
Qui ne serait pas tenter de relire Sisyphe d'Albert Camus ?
Qui encore, pourrait s'abstenir d'admirer encore et toujours les oeuvres de Vincent Van Gogh et de Paul Gauguin ?

En tout cas, pas moi !

Ce livre est pour moi - vous l'aurez compris - une révélation, une élévation vers le sublime, une incantation à la lecture. Je ne suis pas loin de penser que c'est LE livre à lire, si toutefois on en a qu'un seul à découvrir... Car avec lui, la solitude n'existe pas. Ou alors évidemment trop bruyamment : on a envie de crier son intelligence au monde, même en pleine nuit, sous le regard doux des étoiles bienveillantes qui m'entourent.

Ecrit le 7 août 2006

Notation personnelle : 5/5   Bohumil Hrabal  3123379589
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Message par Fancioulle le Dim 4 Déc - 9:13

Comme toi, Allumette, ce livre m'a défiguré intellectuellement. En voici un vieux commentaire que j'avais écrit jadis, exhumé des bas-fonds de la toile :

Il faut dire que ces derniers temps, je navigue en Europe centrale, qui m'offre des plaisirs tout à fait inattendus, et d'autant plus délicieux. Je ne peux pas m'empêcher de faire un sort à Bohumil Hrabal, dont le roman Une trop bruyante solitude m'a tout simplement bouleversé; pour pouvoir en parler convenablement, il faudrait d'ailleurs que je le relise... L'histoire est centrée sur Hanta, presseur de papier praguois, qui s'est amouraché des livres (quoique la relation qu'il entretient avec eux est pour le moins ambivalente - ce que retrace l'écriture avec beaucoup d'acuité et de sensibilité), et qui a développé un attachement sensuel avec la culture, allemande notamment ; c'est au fond de sa sinistre cave qu'il découvre, au gré d'un périple oscillant toujours entre poésie et allégorie, l'horreur de la période nazie - ère passée lorsqu'il "parle" mais dont il rapporte le souvenir, si vif - et l'horreur de l'ère industrielle à venir (incarné dans l'univers aseptisé de la gigantesque presse de Bubny où l'on presse non des livres, mais du papier, où les hommes sont des ouvriers, non des artistes comme Hanta) ; une ère imminente de bêtise et d'inculture - pardon, de "progrès" - où le personnage-narrateur n'a plus sa place...
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Message par Bédoulène le Jeu 8 Déc - 21:45

Les souffrances du vieux Werther

Bohumil Hrabal  Tylych14

Ce sont les souvenirs de son oncle que l'auteur nous dévoile. Un oncle qui nous est sympathique dès les premières pages de la préface.

Je me suis essoufflée à suivre l'écriture qui s'exalte dans les paroles de l'Oncle, sans pause, mais je n'en souhaitais pas. C'est un enchainement de longues phrases qui m'ont tenue jusqu'à la dernière page.

Ouf quel Homme cet Oncle ! Qui a comme «bréviaire» le livre de Batista, ce qui lui permet de «philosopher» sur tout et sur les femmes particulièrement.

Quel auteur que Bohumil Hrabal ! encore une fois ce fut une très bonne lecture.

Extraits :

«sauf que l'excès vous fait du mal comme dit Batista, c'est celui qui écrit des choses qu'on comprend pas trop parce qu'il a été aux écoles»

«Les nobles étaient vicieux parce qu'ils avaient de quoi et puis ils avaient le sens de l'art et de la culture, ils apprenaient juste à bien abêtir les gens par le trône et l'autel»

«et le Christ, surnommé autrement Jésus, a fait des choses que personne n'était arrivé à faire avant, c'était un juif baptisé, comme Ghandi il voulait la justice, que personne sur terre ne fasse cocu et ne vole, et c'est pour ça qu'il a subi la passion. Jan Hus aussi s'est laissé brûler par simple entêtement, et comme ils voulaient picoler pendant la noce, le Christ leur a changé le vin en eau, c'était un rigolo et un magicien...»

«J'ai encore pu lui jouer un rôle d'officier de la garde, et si je m'étais entraîné dès ma petite enfance, maintenant je serais aussi dans les journaux, c'est exactement comme Jésus, depuis son plus jeune âge, il s'était entraîné à faire le docteur, le législateur et le magicien, s'il n'avait pas été tout ça, on ne l'aurait pas considéré comme Dieu, les libres penseurs reprochent à l'église que s'il était Dieu, pourquoi il entretenait des relations avec une femme perdue, mais il lui donnait seulement des leçons d'hygiène publique, comme Batista, et elle, Marie-Madeleine, quoique grue à l'origine, elle a quand même fini par parvenir à la sainteté...»


mots-clés : #famille #humour


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Message par Barcarole le Sam 10 Déc - 9:29

Une trop bruyante solitude

Bohumil Hrabal  Tylych12

Quel flot de parole ! Une logorrhée ! Comme s'il l'avait écrit d'une traite ! Souvenirs, images, impressions condensés, notre narrateur Hanta, qui a vécu trente-cinq ans comme presseur de livres dans un cloaque, n'a pas la langue dans sa poche! C'est un récit agréable à lire, les images qu'il nous donne à voir ou à sentir sont peu ragoutantes mais tout ce qui pue ne tue pas! Envahi de livres qu'il sauve de sa presse, il n'a plus d'espace pour respirer, que celui de nous énumérer, depuis le Petit Lord en trois volumes jusqu'à la Théorie générale du ciel de Kant ses compagnons de 35 ans de vie commune. Pour moi, c'est parce qu'il est court que ce récit est intéressant. Mais pour découvrir cet auteur, je ne sais pas si c'est la meilleure voie d'entrée.
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Message par Bédoulène le Sam 10 Déc - 11:08

Merci Barcarole pour ton ressenti. Je dois lire ce livre, je ne suis pas passée par cette porte-là Smile

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Message par Hanta le Mar 7 Fév - 20:43

Les souffrances du vieux Werther

Bohumil Hrabal  Tylych15

Commentaire fait dans le cadre d'une relecture des oeuvres de l'auteur.Titre qui semble un clin d'oeil sinon un hommage à l'ouvrage de Goethe Les souffrances du jeune Werther mais qui ne possède pas du tout le même contenu ni la même forme. Hommage de Hrabal envers son oncle, un vieil homme spectateur de son pays et de son époque, des moeurs, des relations sociales et surtout des amours.
On est littéralement abreuvés par les anecdotes narrées en un argot magnifique et avec un humour pince sans rire qui rappelle bien l'esprit tchèque.
récit tantôt trivial, tantôt grave il demeure touchant quoiqu'il arrive. On fini essoufflés mais en demande de plus, après tout, Bohumil fait tout dans cette oeuvre pour qu'on ait l'impression de faire partie de la famille. J'ai adoré, simplement, mais grandement.



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Message par Tristram le Mar 7 Fév - 21:54

Bohumil Hrabal, ou l'amère destinée de la culture livresque...

« Je n’avais à l’esprit que ces vers de Sandburg : il restera de l’homme juste assez de phosphore que pour fabriquer une boîte d’allumettes et juste assez de fer pour forger le clou d’un pendu. »
Bohumil Hrabal, « Une trop bruyante solitude », déjà dans Moi qui ai servi le roi d’Angleterre

« …] j’ai fait faire dans ma chambre, au-dessus des deux lits jumeaux, des étagères en forme de baldaquin, de ciel de lit et j’y ai empilé deux tonnes de livres trouvés pendant ces trente-cinq ans ; quand je m’endors, ces deux tonnes de bouquins pèsent sur mes songes comme un énorme cauchemar… […]
Je vois qu’on n’échappe pas à son destin : dans ma cave, au boulot, des livres me tombent sur la tête, et des bouteilles, des encriers, des agrafeuses et, chez moi, tous les soirs, les livres manquent de me tuer dans leur chute ou, dans le meilleur des cas, de me blesser grièvement. Et cette épée de Damoclès que j’ai moi-même fixée au plafond des w.-c. et de ma chambre m’oblige à sortir acheter de la bière, ma seule défense contre cette belle fin. »
Bohumil Hrabal, « Une trop bruyante solitude »

« Et, pendant que dans les égouts de la capitale deux clans de rats se repoussent en une guerre apparemment absurde, des anges déchus travaillent dans les caves, des hommes cultivés, vaincus dans une bataille qu’ils ne menèrent jamais, mais qui, malgré tout, ne cessent de perfectionner la description du monde. »
Bohumil Hrabal, « Une trop bruyante solitude »

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Message par Marie le Mer 8 Fév - 3:37

Bohumil Hrabal  Tylych12

Une trop bruyante solitude
traduit du tchèque par Anne Marie Ducreux-Palenicek

En exergue: Seul le soleil a droit à ses taches Goethe

L'histoire de cet Hanta qui dit de lui:
Je suis un peu le Don Quichotte de l'infini et de l'éternité, et l'infini et l'éternité ont sans doute un faible pour les gens comme moi.

C'est plus du domaine du conte,ou de la fable, à mon avis, un conte burlesque et sombre dans lequel la fin a sa propre logique .
Avec , constamment, une grande dimension poétique toujours présente,et ce ,même s'il raconte des choses absolument atroces, en particulier l'histoire de la petite tzigane dont le prénom clôt le récit.
C''est un texte écrit dans un contexte bien particulier, mais le texte est tellement fort en lui-même que même sans connaître le contexte, il peut exister seul et avoir une dimension universelle.

A un moment, on retrouve une phrase du Talmud (" Nous sommes semblables à des olives, ce n'est qu'une fois pressés que nous donnons le meilleur de nous même.") qu'il faut resituer dans son contexte ( d'où la longue citation .. )car cette phrase est importante finalement pour montrer l'intelligence-et l'ironie ..noire- du texte, jusqu'au bout, jusqu'à cette fin terrible.

A la mort de maman, tout pleurait en moi, mais je n'avais plus de larmes à verser. Au sortir du crématorium, une petite fumée montait vers le ciel, maman s'élevait joliment vers les cieux...Cela faisait dix ans que je travaillais dans les caves des dépôts de vieux papiers: je gagnai par habitude le sous-sol du crématorium, j'avais l'impression de faire la même chose qu'avec les livres. On avait brûlé quatre cadavres, maman était le troisième. Sans un geste , je regardais l'ultime substance humaine, le croque-mort retirer les os pour les passer à la moulinette, puis mettre les derniers restes de ma mère dans une boîte en fer, et moi j'écarquillais les yeux comme lorsque s'éloignait le train au chargement superbe qu'on vendrait en Suisse et en Autriche une couronne le kilo. Je n'avais à l'esprit que ces vers de Sandburg: il restera de l'homme juste assez de phosphore pour fabriquer une boîte d'allumettes et juste assez de fer pour forger le clou d'un pendu. Un mois plus tard, j'entrai dans le jardin de mon oncle avec l'urne qui contenait les cendres de maman que je venais de recevoir. Assis à son poste d'aiguillage, en nous voyant mon oncle s'exclama: " Ah, ma petite soeur, te voilà de retour!" Il soupesa l'urne; il n'en restait pas bien lourd de sa soeur, elle qui faisait bien soixante-quinze kilos de son vivant! Et de calculer qu'il manquait au moins  cinquante grammes à ses cendres. Puis, il rangea l'urne sur le haut de l'armoire. Un beau jour d'été qu'il binait ses navets, il se souvint tout d'un coup que sa soeur, ma maman, raffolait des navets; il alla ouvrir l'urne avec un ouvre-boîtes et dispersa les cendres de ma mère sur ses navets qu'on dégusta plus tard. A cette époque, quand je pressais des livres dans ma presse mécanique, quand, dans un cliquetis de ferraille, je les écrabouillais par une force de vingt atmosphères, j'entendais des bruits d'ossements humains, comme si je broyais à la moulinette les crânes et les os des classiques écrasés dans ma presse, comme s'il s'agissait des phrases du Talmud: " Nous sommes semblables à des olives, ce n'est qu'une fois pressés que nous donnons le meilleur de nous même".



Un grand merci à notre Hanta ici présent!
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Message par Tristram le Mer 8 Fév - 4:25

Merci Marie, ça valait le coup de prendre la peine de recopier tout le passage...


Dernière édition par Tristram le Lun 13 Fév - 1:58, édité 1 fois

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Message par ArenSor le Dim 12 Fév - 19:53

Extrait de  "Dublinesca" d'Enrique Vila-Matas cette phrase :

« Des dîners inoubliables avec Hrabal, Amis, Michon… Ah, les écrivains, quels grands buveurs ! »

Associer ainsi Hrabal et Michon, n'est-ce pas un peu osé, cher Hanta ?  Bohumil Hrabal  3866672782
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Message par Hanta le Dim 12 Fév - 23:55

En tout cas rien que pour cela tu m'as donné envie de lire le livre ^^
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Message par Tristram le Sam 13 Jan - 19:58

La trilogie des souvenirs
Bohumil Hrabal  Hrabal10

1 Les Noces dans la maison

Quelle brillante idée, que de faire dire son autobiographie par son épouse, Poupette (écrit à quatre mains ?), du jour de leur rencontre au mariage dans ce premier tome.
Récurrence des allusions aux noces (celles rompues de sa future femme, expression imagée de ses beuveries, etc.)
Le soin attentif apporté aux personnes qui peuplent leur petite vie (la Tzigane, la voisine en soutien-gorge et férue de propreté, le beau boucher, etc.) m’a ramentu un moment Henry Miller (à tort ou à raison).
Parallèle allusionnel des porcs et autres bestiaux mourant dans les wagons qui les emmènent à l’abattoir (on est dans l’après-guerre).
Prégnance de l’alcool, de la bière (qu’on va quérir dans les tavernes avec sa chope, son broc ou sa cruche) ‒ mais aussi fascination de l’ailleurs, de l’eau et du feu (baignades et poêles qui ronflent), du soleil.
Les amis ont une belle part dans cette existence mi-bohème mi-laborieuse, comme le poète Egon Bondy ou le graphiste Vladimir Boudnik (eux aussi prétendants à être « un numéro un un as du tennis en salle un champion du monde… » et candidats au suicide…) Importante influence du Surréalisme, de l’actualité des arts occidentaux.
C’est aussi l’histoire des spoliés de la révolution, confer un beau passage page 98 (chapitre 10 sur 18) de la première édition Robert Laffont (1990), où l’on rencontre Haňta et le pilon d’Une trop grande solitude (omniprésents récupération et recyclage dans cet après-guerre après-révolution). Autre allusion à son œuvre, le drapeau anglais sur le lit… C’est un regard sur la mythologie personnelle qu’est l’œuvre de Hrabal. A ce propos, voici le lien ici d’une biographie qui permet d’en retrouver les personnages.
Humour bon-enfant ‒ joie d’être vivant, émerveillement permanent, enthousiasme irrassasié ‒ et dans le même temps une tristesse timide et fondamentale.

« ‒ Si j’avais du caractère, alors il faudrait que je saute sous un train ou dans la Vltava, mais comme je n’ai pas de caractère, que faire ? Il faudra vivre… […]
‒ Vous savez bien, dit le professeur, il faut que jeunesse se passe, mais moi aussi, un jour, je vais me ranger afin qu’étant en vie, je me fasse déjà à la mort. » 6

« Oui, pour moi, écrire c’est fuir d’une ligne à l’autre, ça se voit très bien sur la machine à écrire, je ne sais jamais ce que j’ai écrit, je suis sans cesse à pourchasser une idée qui est uniquement et perpétuellement devant moi, je veux la rattraper, mais elle court toujours plus vite que moi. » 9

« Et aussi, depuis l’enfance, je suis sans cesse en train de fuir, quelque chose me pousse à partir, à aller ailleurs, et ce n’est que quand je suis quelque part ailleurs que j’ai envie de retourner là où j’étais, pour repartir encore là où je ne suis pas… » 17

2 Vita Nuova

Texte sans ponctuation, pour « lecture en diagonale », procédé qui me laisse dubitatif surtout à forte dose (Joyce l’a fait, mais il ne faudrait pas le refaire trop souvent… Des majuscules signalent le début des phrases ‒ pourquoi alors escamoter le point en fin de phrase ?)
Les travaux manuels de l’enfantin Hrabal dans leur petite maison du « Rempart de l’éternité » virent au burlesque ; il s’identifie d’ailleurs au Charlot de La Ruée vers l’or.
La mère de Bohumil raconte aussi le passé de son fils, nettement plus attiré par le métier de cheminot ou l’uniforme de sous-chef de gare que par ses études de droit, dont il apprécie fort l’interruption par l’invasion allemande des Sudètes…
Belles pérégrinations rituelles de taverne en taverne ; dégustations de tartines au saindoux et autres charcutailles… Fascination aussi pour les enterrements.
Poupette parle également d’elle-même, et son témoignage sur son mari n’est pas toujours enthousiaste ou sans réserve, mais elle le pousse à écrire ses hâbleries comme il élude… Elle s’étonne aussi de l’antisémitisme ambiant à Prague.

« …] au commencement de tout il y a l’admiration quand tu t’étonnes de quelque chose alors on dirait que tu te figes tu es terriblement passif n’importe ce n’est que de l’humilité mais pleine d’une étincelante attente cet état qui précède une annonciation tu as les yeux ouverts et l’âme ouverte brusquement ta passivité se change en son contraire et tu ressens l’envie non la nécessité de tout noter un écrivain c’est celui qui commence par copier ce qu’il a vu ce qui s’est éclairé à ses yeux ce n’est rien d’autre que l’immense joie de sentir qu’il existe quelque chose en dehors de toi… »

« …] ce à quoi jouent les enfants c’est ce qu’ils deviendront plus tard Les petites filles qui ont joué à la poupée avec des maisons de poupée une fois grandes elles ont eu de vrais enfants et nos gamins qui de tout temps ont joué aux soldats aux gendarmes aux voleurs comment ont-elles fini toutes ces générations-là ? Regarde un peu ces chenapans font la guerre une lutte sans merci contre l’ennemi là-bas les enfants jouent au camp de concentration les adultes bavassent et rêvassent restent assis à regarder leurs petits trésors qui jouent si joliment personne ne voit que ces enfants prennent tout cela au sérieux ils livrent bataille avec tant d’enthousiasme et de passions alors qu’ils sont encore petits et que c’est un jeu… »

3 Terrains vagues

Poupette continue, sur ses escarpins rouges à hauts talons, avec son petit parapluie, « toujours debout en cinquième position pied droit tourné vers l’extérieur » ‒ n’est-ce finalement pas son autobiographie de fiancée abandonnée, de danseuse déçue ? Maintenant elle raconte à maman (celle de Bohumil) leur achat d’un chalet en forêt, la fête du cochon avec le poète Karel Marysko. Hrabal toujours en représentation, Hrabal « maniaco-dépressif » et versatile, Hrabal anxieux devant le miroir, s’interrogeant sur lui-même, comme il le fait peut-être dans cette autobiographie, sous le regard de sa femme. Est venue la reconnaissance littéraire, les causeries avec les lecteurs le dépriment, il se sent toujours fautif (d’être un enfant né avant le mariage de sa mère avec son père adoptif) ; et toujours s’effondre régulièrement le crépi du mur mitoyen avec l’usine d’explosifs essais d’hélices… Adoption d’un chat substitut de l’enfant qu’ils n’ont pas eu, puis de trois autres lorsque le premier disparaît. Arrivée des chars soviétiques, le mari de Poupette devient un écrivain en liquidation… et son « trésor » mange et boit toujours comme un cochon…

« L’exemplaire témoin du premier livre de mon mari n’en finissait pas d’arriver, mon mari avait même arrêté de boire, mais la nuit c’étaient des hurlements, il allait sauter par la fenêtre, se jeter sous un train [… »

« Lorsque je me suis assise la dame en face de moi m’a dit… Il est très gai monsieur votre mari, vous devez vous amuser avec lui, pas vrai ? »

« …] mais mon mari n’avait pas d’opinion, il n’avait qu’un sentiment de faute, et être d’accord avec tout, c’était une manière de demander pardon de s’être permis d’exister… »

Bohumil Hrabal  Koh-i-10

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Message par Hanta le Jeu 18 Jan - 11:07

Beau commentaire mais une question me vient quand même : as tu aimé ?
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Message par Tristram le Jeu 18 Jan - 11:24

Oui Hanta (à part le procédé de suppression de ponctuation dans le tome 2, qui m'a semblé plus compliquer la lecture qu'y donner du sens), surtout pour la découverte du bonhomme vis-à-vis de son oeuvre, et de son époque et pays, aussi pour l'empathie, l'humour, encore pour la méthode du rôle du narrateur donné à son épouse. Ce que l'on devine de la personnalité de l'auteur est attachant, mais c'est quand même un gros bouquin, réservé à ceux qui apprécient déjà ses romans.

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Message par Hanta le Jeu 18 Jan - 11:30

Merci Smile
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Message par Hanta le Ven 19 Jan - 10:12

La chevelure sacrifiée

Bohumil Hrabal  Ght10

Commentaire exprimé dans le cadre d’une relecture nous suivons là les tribulations d’un couple Maryska et Francin, ce dernier travaillant dans une brasserie.
Maryska est la narratrice à la première personne et il est rare à cette époque de voir des personnages narrateurs féminins au travers de la plume d’un homme (on en connait des illustres que je ne nommerais pas). C’est d’autant plus étonnant dans un pays comme la République tchèque, assez conservateur et traditionnel. Mais ce prisme de narration est cohérent avec le propos de Hrabal, décrire une femme moderne, décrire un souffle qui s’empare de son pays et qui change les places de chacun. Si cette femme est moderne c’est parce qu’elle n’a pas conscience des codes sociaux ou du moins elle les ignore prodigieusement. Si elle est moderne c’est parce qu’elle dirige son couple et guide son mari d’une certaine manière une égalité est présente entre les deux, chacun faisant preuve de galanterie l’un envers l’autre.
On y voit un rejet du conservatisme, au travers du beau frère qui est resté prisonnier dans le juron du passé si je puis dire. La conclusion est paradoxale avec le cœur du livre et laisse penser que Hrabal considère l’avenir avec échec constamment renouvelé.
Une sorte de mélancolie, une fuite en avant qu’on sait stoppée d’avance.
Le style est superbe mélange d’argot et de tournures poétiques, une fausse simplicité au service d’une efficacité syntaxique rendent fluide ce récit pourtant très mouvementé.
Un grand récit de plus pour cet auteur tchèque, définitivement au sommet de mon panthéon personnel.


Note : *****
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Message par Tristram le Ven 19 Jan - 10:52

Ce couple est présent dans la trilogie autobiographique, et bien sûr aussi la narration par une femme !

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