Chamaco_VilaMatas

On sait que l’un des aspects les plus séduisants de la littérature est sa possibilité d’être une sorte de miroir qui avance ; un miroir qui, comme certaines horloges peut avancer.

Enrique Vila-Matas, Perdre des théories

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    Joëlle Gardes

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    Hanta

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    Joëlle Gardes

    Message par Hanta le Sam 3 Déc 2016 - 23:30

    Joëlle Gardes
    Né en 1945


    Ancienne élève de l'ENS, agrégée de grammaire, Joëlle Gardes est née en 1945 à Marseille. Elle partage son temps entre Cassis, où elle habite, et Paris, où elle est professeur émérite de rhétorique et poétique à la Sorbonne. Sous le nom de Joëlle Gardes Tamine, elle a publié de nombreux articles et ouvrages sur le langage, en particulier le langage de la poésie. Elle a dirigé pendant dix ans la Fondation Saint-John Perse et a édité chez Gallimard les correspondances du poète avec Jean Paulhan, Jean Ballard et Roger Caillois.

    Professeur en linguistique à l'université de Provence elle écrit aussi des oeuvres personnelles, des récits, des nouvelles ainsi que des poésies.

    Bibliographie :

    Théâtre
    2006 : Madeleine B. ou la lune rousse

    Romans
    1998 : Ruines
    2003 : La mort dans nos poumons
    2007 : Jardin sous le givre
    2007 : Le charognard
    2008 : Olympe de Gouges, une vie comme un roman
    2011 : Le poupon
    2015 : Louise Colet. Du sang, de la bile, de l'encre et du malheur

    Poésie
    2008 : Dans le silence des mots
    2010 : Méditations de lieux
    2010 : Par-delà les murs
    2012 : L'eau tremblante des saisons
    2014 : Sous le lichen du temps
    2016 : Histoires de femmes

    Nouvelles
    A perte de voix
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    Hanta

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    Re: Joëlle Gardes

    Message par Hanta le Sam 3 Déc 2016 - 23:30

    La mort dans nos poumons



    Quatrième de couverture : "Tourmentée par sa liaison avec le mari de sa meilleure amie, qu'elle accompagne vers une mort annoncée, la narratrice se penche sur la véritable nature de cette singulière relation à trois.

    Court roman paru en 2003 chez un très bon éditeur, il faut le signaler, les éditions Leo Sheer qui offrent une jolie qualité de papier et de couverture.
    Ce récit, est mon plus gros choc de cette année et fait partie de mon top 10 désormais.
    L'histoire, qui me parle, avec cette atroce maladie si bien décrite par l'auteure, si bien représentée, et dont on ressent tellement la douleur et la malédiction qui l'accompagnent. Cette histoire, ponctuée de considérations philosophiques et existentielles sur l'amour et l'amitié, est émouvante à un point que les larmes peinent à être retenues. De belles larmes non celle résultant d'un atermoiement mièvre, mais de vraies larmes, qui pleurent des sentiments tranchants, si réalistes et si vivants.
    Trois personnages centraux, si complexes, qu'on juge puis qu'on excuse, pour les condamner à nouveau par la suite, des personnages réalistes, si prisonniers des difficultés sentimentales, des aléas incontrôlables et des tergiversations propres à nos difficultés de décider, de choisir, de surmonter pour finalement subir un chaos, un chaos qui tue ou qui empêche de vivre.
    Place au style maintenant. Il est éblouissant, simplement, l'auteure est spécialiste de linguistique mais la technique n'est pas revendiquée, elle sert l'histoire, le langage est poétique sans être précieux, il est signifiant et assez majestueux, on ressent une sorte de grande dignité dans cet ouvrage, au sein d'une histoire qui pourrait sembler le lot de tellement de personnes.
    D'un point de vue personnel, j'ai rarement vu la description de la maladie de manière si fidèle, mieux exprimée que ce que j'aurais moi même déclaré quand je l'ai vécu.
    Une grande oeuvre assurément.

      La date/heure actuelle est Sam 24 Juin 2017 - 21:10