Harry Parker

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Harry Parker

Message par topocl le Mar 31 Jan - 9:57

Harry Parker
Né en 1983



Babelio a écrit:Fils d'un militaire, Harry Parker a grandi dans le Wiltshire, en Angleterre. Il a étudié l'histoire de l'art à University College London, et, brièvement la publicité au Canada.
Il a passé un an à Sandhurst. À 23 ans, il décide d'intégrer la British Army et se rend en Irak en 2007, puis en Afghanistan en 2009. Il saute alors sur une mine et doit être amputé des deux jambes. Il bénéficie de prothèses perfectionnées. Il occupe un emploi de bureau pendant un certain temps mais préfère ensuite des occupations plus créatives, écrit un livre et suit une formation en art à Royal Drawing School à Shoreditch, London, et peint des tableaux qui sont exposés.

Bibliographie en français :

2016 : Anatomie d'un soldat

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Re: Harry Parker

Message par topocl le Mar 31 Jan - 10:45

Anatomie d'un soldat



L'histoire, c'est celle véridique de Harry Parker: jeune soldat britannique engagé au Moyen-Orient, meneur d'hommes qui souhaite être le meilleur en tout, qui a sauté sur une mine, et a été amputé des deux jambes.



On assiste donc aux interventions et combats de ce jeune homme nommé BA5799, à ses contacts avec la population locale (sévère mais juste avec les rebelles, droit et honnête avec la population qui collabore). S'ils sont parfois pleins de boue et de sueur, ses camarades sont tous parfaitement polis, courageux, respectueux, convaincus de la justesse de leur rôle de «pacificateurs».

L'autre versant du livre s'appuie sur le traitement et la rééducation réussis de celui qui est devenu Tom Barnes. Son implication, sa persévérance, sa capacité à surmonter les épreuves. L'équipe médicale est formidable, ses parents sont merveilleux, sa détermination est sans limite. L'aboutissement de tout cela : il marche, il court, il est un homme HEUREUX et qui ne regrette rien.

Tout cela a un petit côté « Avance, mon petit gars et ne te pose pas de questions, la force c'est ce qu'il y a de mieux» qui m'a un peu gênée. J'aurais été sensible à quelques questionnements, quelques hésitations, quelques moments de fragilité.



Mais finalement, l'intérêt est ailleurs. Car ce sont les objets qui nous font le récit de ses aventures, et c'est sacrément bien foutu : 45 objets pour 45 chapitres, qui prennent la parole l'un après l'autre et nous livrent ce qu'ils voient et entendent.  Vous le savez, s'ils ont des yeux et des oreilles, les objets n'ont pas d 'âme. Alors, évidemment, pas de pathos, mais un décryptage chirurgical, seconde après seconde, du décor, des gestes, des paroles…
Il y a des objets du quotidien (vélo, tapis, chaussures), des objets militaires et aussi des objets médicaux (canule d'intubation, sonde urinaire, prothèse…). Ils montrent le quotidien tel qui est dans la vie et non dans les livres, les gestes répétés dont on ne parle jamais, les mouvements inaperçus , les respirations, les objets déplacés...toutes choses infimes qui deviennent cruciales.

Malgré l'absence d'implication émotionnelle des objets, et la distance (ou peut-être justement grâce à elles), certains chapitres  sont totalement émouvants (le premier rasage du jeune homme rentré en Angleterre par son père). D'autres rébarbatifs quoique instructifs notamment les scènes de guerre, très spécialisées qui sont même parfois difficiles à suivre. Il faut parfois avoir le cœur bien accroché (la description scrupuleuse d'interventions chirurgicales, du parage des plaies etc...) et on vit un moment de terreur absolue sur une dizaine de pages quand le héros saute sur la mine, la douleur,  l'angoisse, le temps qui passe sans passer, la solitude immense.

Les objets sont multiples dans notre environnement, on ne les voit pas, mais eux nous voient. Chacun raconte son histoire, dans un éclatement temporel. Le suspense s'installe quand  la personne  sort de la pièce, car, l'objet, bien souvent, ne suit pas…  Et c'est  l'occasion de revivre plusieurs fois la même scène sous un angle différent : il est saisissant de ne pas voir le côté anglais et le côté afghan (Afghanistan jamais nommé ?), mais plutôt le point de vue de la brouette qui transporte le cadavre du paysan local face au dollar  d'indemnisation dans la poche de l'officier anglais.


L'élément central est donc  ce point de vue à la fois original et évident, cet ici et maintenant scrupuleux, qui émousse le côté par trop édifiant d'une histoire néanmoins poignante. Cela constituait un pari, largement gagné (d'ailleurs Harry Parker ne semble pas être le genre de gars  à perdre ses paris). Foin de la trame, on garde quand même de cette lecture l'impression d'une expérience assez fascinante.


mots-clés : #guerre #pathologie

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Re: Harry Parker

Message par animal le Mar 31 Jan - 12:39

petit extrait ?

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Re: Harry Parker

Message par topocl le Mar 31 Jan - 14:15

Genre sac à main, kalachnikoff ou poche de perfusion?
Genre jeune anglais qui fait face ou gamin éventré qui hurle sa douleur?

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Re: Harry Parker

Message par animal le Mar 31 Jan - 21:16

au choix de la lectrice 'videmment. Wink

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Re: Harry Parker

Message par topocl le Mer 1 Fév - 8:56

Bon alors, un petit choix!

Militaire

Je suis une photographie aérienne prise par satellite, qui décrit un réseau de fossés et de murs. La majeure partie est couverte de champs traversés par des routes, de ponts qui enjambent des rivières bleues, et de sentiers qui s'enfoncent, tels des fantômes, dans le désert. Je montre l'ombre de murs et d'enclos. Chaque édifice est marqué d'une tache ronde en surimpression et d'une étiquette portant un index alphanumérique. Une grille indiquant les degrés de longitude est et de latitude nord a été surajoutée à l'ensemble, et chaque kilomètre est compté verticalement et horizontalement à ma surface.
(...)
Il m'a sortie et a écrit sur ma surface plastifiée à l'aide d'un marqueur indélébile. Je portais encore de nombreuses traces d'encre : position devant faire l'objet d'un compte rendu, démarcations, zones d'intérêt dotées d'un nom et les codes d'opérations passées, tous recouverts de nouvelles indications. Il m'a rangée près du bloc-notes et s'est enfoncé plus loin dans le village.
Les hommes de BA5799 se sont répartis autour du carrefour. Ils restaient debout agenouillés deux par deux à côté de barils d'essence dans l'encadrement de portes, se glissaient dans des ombres et protégeaient le marché. Les gens du coin les regardaient. Certains vaquaient à leurs occupations comme si ces hommes n'avaient pas été là : ils tendaient le bras sous des bâches pour examiner des melons bleu-vert, ou bien achetaient des oeufs mis dans des plateaux empilés les uns sur les autres.


Santé

Je vivais dans le sol. Mes spores existaient partout dans la matière végétale en décomposition que contenait la terre desséchée.
Quelque chose s'est passé, qui signifiait que je me suis retrouvé à l'intérieur de toi : qui signifiait que j'ai voyagé avec la terre, en hauteur et à travers ta peau, forçant la barrière physique conçue pour maintenir le dehors à l'extérieur. Cet instant qui t'a mis dans le plus grand péril.
J'étais à l'intérieur de Tajan, en profondeur parmi les chairs brutalisées et en lambeaux. J'y ai vécu une semaine et je voulais prendre racine, mais ce n'était pas facile. Certains de mes spores ont disparu avec la terre lors du nettoyage des plaies ; d'autres ont été retranchés avec le tissu nécrotique et certains ont été détruits par un barrage fait de tes globules blancs.
Je luttais pour survivre.
À ceci près qu'ils sont omis un petit hématome qui s'était formé autour d'un peu de boue accumulée dans ton mollet. C'était un environnement anaérobie dans lequel je pouvais m'épanouir, et j'ai commencé à m'installer.

Quotidien : le sac à main rouge de la mère à qui on vient annoncer l'accident de BA5799:

D'habitude, on me mettait sur la nappe vert tilleul, dans la cuisine. Ce jour-là, j'étais près de la laisse du chien, sur le journal taché de café. Il y a eu un coup de sonnette. Le chien a aboyé. Le contour obscur de deux silhouettes est apparu de l'autre côté des vitres. Elle est arrivée du salon et a enfermé le chien derrière elle. Elle a tendu le cou pour voir. Elle n'attendait personne.
C'était un homme et une femme. L'homme portait une cravate à rayures. Ils ont dit son nom. Elle a confirmé d'un signe de tête. Ils ont demandé s'ils pouvaient entrer. Elle s'est agrippée à la porte sans ouvrir plus grand et a demandé ce qui s'était passé. Elle ne voulait pas qu'ils entrent. Elle avait imaginé l'horreur de cet instant, mais elle était muette. Elle avait conscience du risque d'éprouver du chagrin. Il s'enroulait autour de sa gorge et palpitait dans son estomac.
(... ...)
Elle m'a saisi brusquement à l'autre bout de la table, est sortie de la pièce et est montée à l'étage pas chancelant, en s'appuyant contre la rampe pour avancer.
Elle m'a posé sur la chaise peinte en blanc, s'est penchée au-dessus des toilettes et a vomi. Elle a vomi une nouvelle fois, en s'appliquant à ne pas faire de bruit : elle ne voulait pas qu'ils entendent.
(...)Elle a tâté mon intérieur pour trouver des mouchoirs en papier, s'est essuyé le contour de la bouche, puis elle a chassé les larmes de ses yeux.

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Re: Harry Parker

Message par animal le Mer 1 Fév - 12:41

mmmmh. mouais. merci !

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