José María Heredia y Campuzano

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José María Heredia y Campuzano

Message par Chamaco le Dim 4 Déc 2016 - 0:20

José María Heredia y Campuzano
(1803-1839)


José María Heredia est un poète cubain, né à Santiago de Cuba en 1803 et décédé à Toluca (Mexique) en 1839.
C'était le cousin germain de José Maria de Heredia lequel naîtra quelques années après sa mort dans une plantation de café (cafetale) près de Santiago...

José María Heredia y Campuzano était aussi poète, mais alors que son cousin vivant en France fut connu pour un unique recueil :"Les trophées", il ecrivit une oeuvre poetique et patriotique plus diverse..
La branche familiale des Heredia provient de Saint Domingue (Haïti actuelle), à cette époque l'île était espagnole donc tout naturellement José Maria Heredia y Campuzano l'était aussi, mais il le refusa, s'estimant Cubain et le revendiquant dans ses actes politiques jusqu'à devenir un porte drapeau de l'Indépendantisme. Ce qui lui valut l'exil.





Sa maison natale se trouve calle Heredia dans le centre de Santiago de Cuba…



une vue de la calle Heredia :


Petite histoire d'une rencontre anodine:

Spoiler:
Lors de mon second voyage dans l'île je passais un mois entier consacré uniquement à Santiago et sa region qui a mon sens sont les plus beaux endroits de l'île, j'empruntais souvent la calle Heredia qui remonte de la Cathédrale pour se rendre à la Casa de la Trova, salles de musique et temple cubain du "son cubain" et du bolero.

Un jour je poussais plus loin et je tombais sur la maison natale de José Maria de Heredia, sur le coup je pensais qu'il s'agissait de notre poete français, mais un jeune cubain étudiant à l'Alliance française me detrompa et m'expliqua l'histoire de ce parent de notre poète, homme à la vie pleine d'aventures.
J'ai visité la maison de nobles et son superbe jardin, ce furent des moments tres agréables...
j'eu ensuite l'occasion de visiter une cafetale dans la region de Santiago où un de mes beaux freres cubain faisait son service militaire. Ce n'est pas un hasard si la famille du Heredia français (dont la mère était française et nommée Girard) vivait dans une cafetale de Santiago, car les français partis d'Haïti étaient dans le café, et s'installèrent massivement aux alentours de Santiago dans le massif de la Sierra maestra et plus precisement proches de la "gran piedra " Les français influencèrent les cubains de cette region dans leur musique, leurs danses (menuet et autres), leur litterature etc..
Santiago est une ville tres riche en culture, avec beaucoup de musées, de monuments et d'Histoire et pas seulement celle de la Moncada, ce fut aussi un des berceaux des indépendantismes, tant Cubain que Sud Americains

Poete lyrique de la nature mariée à sa fougue independantiste il écrivit une "ode au Niagara" lorsqu'il était en exil en Amerique du Nord, ode qui lui valut le titre de "chantre du Niagara", en voici un passage en espagnol pour en ressentir plus la force :
.......Abrió el Señor su mano omnipotente;
Cubrió tu faz de nubes agitadas,
Dio su voz a tus aguas despeñadas,
Y ornó con su arco tu terrible frente.
¡Ciego, profundo, infatigable corres,
Como el torrente oscuro de los siglos
En insondable eternidad...! ¡Al hombre
Huyen así las ilusiones gratas,
Los florecientes días,
Y despierta al dolor...! ¡Ay! agostada
Yace mi juventud; mi faz, marchita;
Y la profunda pena que me agita
Ruga mi frente, de dolor nublada........

En son honneur et celui d'un de ses poèmes le drapeau cubain est orné d'une étoile, c'est celle de José Maria de Heredia y Campuzano.
----"Y las estrellas,
Cual puntos de oro,
En todo el cielo
Vense brillar.
Como un espejo
Terso, bruñido,
Las luces trémulas
Refleja el mar."


Dernière édition par Chamaco le Dim 11 Déc 2016 - 18:51, édité 2 fois
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Re: José María Heredia y Campuzano

Message par Chamaco le Dim 4 Déc 2016 - 0:21

José Marti l'honora également, voici ce qu'il en dit :

"No fuí yo sólo: fueron todos los cubanos de mi generación los que aprendieron a sentir a Cuba, a ver sus notas penetrantes, típicas, en la obra de Heredia"
José Martí

Si vous désirez lire plus de poèmes où vous découvrirez sa fougue et la beauté des images, des paysages qu'il décrit avec splendeur, voici un lien où vous pourrez les lire, mais en espagnol, lisez même si vous ne comprenez pas et vous serez transportés par la force qui s'en dégage
voici le lien ici

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Il fit de brillantes études de Droit à La Havane qu'il continua au Mexique, ce qui lui permit des années plus tard après un séjour aux Etats Unis de vivre en exil au Mexique et d'y exercer la profession de juge, dans l'Administration publique puis Procureur de l'Audience suivant ainsi les traces de son père dans ce metier. Aux Etats Unis il commença à publier ses poèmes, puis au Mexique où il se maria. Elu député au Mexique afin d'y défendre les libertés humaines.
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Il écrivit "En el Teocalli de Cholula" à l'âge de 17 ans, ce poème parle de la terre mexicaine, sa vegetation luxuriante. Il l'écrivit assis au pied d'une pyramide en contemplant la richesse de la campagne avec dans le lointain les cimes enneigées des volcans, la nuit le surprit alors qu'il se remémorait le passé Aztèque du pays, leur pouvoir avait disparu mais leurs montagnes continuaient d'exister. Un doute le prit :" tal vez un día caerán también, porque todo perece por ley universal".

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La vie et l’œuvre de José María de Heredia a donné l’occasion à Leonardo Padura d’écrire un roman tout à la fois historique, politique, littéraire et policier, intitulé « Le palmier et l’étoile » Titre original « La novela de mi vida ». 2001.
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Re: José María Heredia y Campuzano

Message par Chamaco le Dim 4 Déc 2016 - 0:27

embarqué sur un petit navire entre les Etats unis et le Mexique, il passe au large de Cuba face à Matanzas (au sud de La Havane et foyer culturel cubain), où il avait vécu étant jeune, il écrit alors ces vers :"l'hymne du proscrit"

“¡Tierra!” claman: ansiosos miramos

Al confín del sereno horizonte,

Y a lo lejos descúbrese un monte...

Le conozco... ¡ Ojos tristes, llorad !



Es el Pan... En su falda respiran

El amigo más fino y constante,

Mis amigas preciosas, mi amante...

¡Qué tesoros de amor tengo allí!



Y más lejos, mis dulces hermanas,

Y mi madre, mi madre adorada,

De silencio y dolores cercada

Se consume gimiendo por mí.



Cuba, Cuba, que vida me diste,

Dulce tierra de luz y hermosura,

¡Cuánto sueño de gloria y ventura

Tengo unido a tu suelo feliz!

-------------------------------------------------------
traduction
-----------------------------------------------------------

Ils clament « Terre !» et anxieux nous regardons

Aux confins de l'horizon calme,

Et au loin se discerne une montagne…

Je la connais… Yeux tristes, pleurez !

C'est le Pan… En son sein respirent

L'ami le plus fin et le plus constant,

Mes amitiés précieuses, mon amante…

Quels trésors d'amour j’ai ici !



Et plus encore, mes douces sœurs,

Et ma mère, ma mère adorée,

De silence et de douleurs encerclée

Qui se consume pour moi.



Cuba, Cuba, qui cette vie est éloignée,

Douce terre de lumière et de beauté,

Combien de rêves de gloire et de célébrité

J'ai uni à ton sol heureux !

Mots-clés : #poésie
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Re: José María Heredia y Campuzano

Message par Bédoulène le Dim 4 Déc 2016 - 8:02

maintenant je sais que c'est un cousin de l'autre J.M. de Heredia Smile

_________________
"Lire et aimer le roman d'un salaud n'est pas lui donner une quelconque absolution, partager ses convictions ou devenir son complice, c'est reconnaître son talent, pas sa moralité ou son idéal" Le Club des incorrigibles optimistes de J.M. Guenessia "

"Il n'y a pas de mauvais livres. Ce qui est mauvais c'est de les craindre." L'homme de Kiev Malamud
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Re: José María Heredia y Campuzano

Message par Chamaco le Dim 4 Déc 2016 - 9:34

Wink
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Re: José María Heredia y Campuzano

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