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Sylvain Tesson

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Message par Tristram le Dim 2 Sep - 20:45

@Nadine a écrit:Tragique prise de conscience, et dilemne métaphysique. J'ai pourtant pas envie de finir comme Bardot, mon passé est moins glam en plus. ça serait indigeste.
J'adore !

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Message par églantine le Dim 2 Sep - 20:50

Merci Nadine , je glousse . En câlinant mon chat .
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Message par colimasson le Sam 8 Sep - 18:42

Une petite note pour les chemins noirs, qui m'ont bien plu...

Sur les chemins noirs

contemporain - Sylvain Tesson - Page 5 51piyd10

Sylvain est un stégophile : il s’amuse à monter sur les toits des cathédrales, des maisons et de n’importe quoi d’autre. Un jour, un peu bourré, il monte sur le toit de la baraque d’un de ses potes et se casse la gueule huit mètres plus bas. Il passe une année à l’hôpital où il a tout le temps de se demander s’il pourra remarcher. Il se dit alors : « Si je m'en sors, je traverse la France à pied. » Il passe beaucoup de temps aussi à étudier les cartes pour débusquer les chemins oubliés de la France hyper-rurale. Au lieu de filer dans un centre de rééducation, comme le toubib le préconise, il se lance donc dans son aventure de traversée de la France à travers ses chemins noirs.

« Les départements hyper-ruraux au secours desquels la gouvernance s’apprêtait à voler (intelligence de l’Etat au service de l’hyper-ruralité, disaient-ils, ces troubadours !) occupaient une large zone noire. Elle prenait en écharpe les Alpes du Sud, marchait vers les Vosges et les Ardennes en englobant la quasi-totalité du massif central et nombre de départements voisins de la Haute-Loire. »

Qu’est-ce que la grande santé quand elle découvre enfin ses limites ? C’est une des questions les plus intéressantes que Sylvain pose dans la première partie de son bouquin.

« Je regretterais longtemps cette chute parce que je disposais jusqu’alors d’une machine physique qui m’autorisait à vivre en surchauffe. Pour moi, une noble existence ressemblait aux écrans de contrôle des camions sibériens : tous les voyants d’alerte sont au rouge mais la machine taille sa route et le moindre Cassandre à gueule d’Idiot qui agite les bras en travers de la piste pour annoncer la catastrophe est écrasé menu. La grande santé ? Elle menait au désastre, j’avais cinquante ans en huit mètres. »

Retrouver la possibilité de marcher est une bénédiction mais c’est aussi le début d’une initiation. Il faut se familiariser avec un corps qui n’est plus aussi docile qu’auparavant et qui impose ses limites au gré de journées passer à arpenter des chemins pleins de ronces et de nuits à dormir sur le sol. Il faut accepter de rester seulement en France et, pour un mec ayant crapahuté un peu partout dans le monde, c’est un sacré revers. C’est aussi l’occasion de s’interroger sur l’injonction de l’hyper mobilité faite à l’homme moderne.

« Pourquoi une vie à cavaler ? Que rapporte-t-on de ces gigues ? Des souvenirs et beaucoup de poussière. Le voyageur rafle les expériences, disperse son énergie. Il revient essoufflé, murmure « Je suis libre », et saute dans un nouvel avion. »

Alors Sylvain se rend compte de ses contradictions. Même écloppé, il ne peut s’empêcher d’avoir la bougeotte, comme parasité jusqu’au fond des neurones par la curiosité prédatrice du touriste. Il lui faut la visite d’un de ses potes pour qu’il comprenne que
« la ruralité que tu rabâches est un principe de vie fondé sur l’immobilité. On est rural parce que l’on reste fixé dans une unité de lieu d’où l’on accueille le monde. On ne bouge pas de son domaine. Le cadre de sa vie se parcourt à pied, s’embrasse de l’œil. On se nourrit de ce qui pousse dans son rayon d’action. On ne sait rien du cinéma coréen, on se contrefout des primaires américaines mais on comprend pourquoi les champignons poussent au pied de cette souche. D’une connaissance parcellaire on accède à l’universel. »
Et de penser à Jean-Henri Fabre, ce naturaliste collectionneur d’insectes qui vécut trois décennies sur les flancs du Mont Ventoux. Toujours et partout des références culturelles, c’est à ça qu’on reconnaît le parigot.

On peut bien sûr trouver ridicules ses contradictions et le regard émerveillé qu’il porte sur les paysans qu’il rencontre au gré de ses déambulations mais il semble conscient de cette bêtise, toute relative, une bêtise bien moindre face à celle vers laquelle nous précipite le « progrès ». Sylvain clame peut-être une révolte qui frappe dans le vide parce qu’elle n’est qu’une traversée mais elle éveille de vieux rêves. C’est un semblant de quête initiatique (avec tous les défauts que comportent les semblants) dans le monde de la contre-initiation.

« La géographie humaine est la forme de l’Histoire. En quarante ans le paysage se refaçonna pour que passent les voitures. Elles devaient assurer le mouvement perpétuel entre les zones pavillonnaires et le parking des supermarchés. Le pays se piqueta de ronds-points. Désormais les hommes passeraient des heures dans leur voiture. Les géographes parlaient du « mitage » du territoire : un tissu mou, étrange, n’appartenant ni à la ville ni à la pastorale, une matrice pleine de trous entre lesquels on circulait. »
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Message par animal le Sam 8 Sep - 20:59

Je vais continuer à éviter ! contemporain - Sylvain Tesson - Page 5 1405744041

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Message par Chamaco le Sam 8 Sep - 22:32

@colimasson a écrit:
Retrouver la possibilité de marcher est une bénédiction mais c’est aussi le début d’une initiation. Il faut se familiariser avec un corps qui n’est plus aussi docile qu’auparavant et qui impose ses limites au gré de journées passer à arpenter des chemins pleins de ronces et de nuits à dormir sur le sol. Il faut accepter de rester seulement en France et, pour un mec ayant crapahuté un peu partout dans le monde, c’est un sacré revers. C’est aussi l’occasion de s’interroger sur l’injonction de l’hyper mobilité faite à l’homme moderne.

« Pourquoi une vie à cavaler ? Que rapporte-t-on de ces gigues ? Des souvenirs et beaucoup de poussière. Le voyageur rafle les expériences, disperse son énergie. Il revient essoufflé, murmure « Je suis libre », et saute dans un nouvel avion. »

Alors Sylvain se rend compte de ses contradictions. Même écloppé, il ne peut s’empêcher d’avoir la bougeotte, comme parasité jusqu’au fond des neurones par la curiosité prédatrice du touriste. Il lui faut la visite d’un de ses potes pour qu’il comprenne que
« la ruralité que tu rabâches est un principe de vie fondé sur l’immobilité. On est rural parce que l’on reste fixé dans une unité de lieu d’où l’on accueille le monde. On ne bouge pas de son domaine. Le cadre de sa vie se parcourt à pied, s’embrasse de l’œil. On se nourrit de ce qui pousse dans son rayon d’action. On ne sait rien du cinéma coréen, on se contrefout des primaires américaines mais on comprend pourquoi les champignons poussent au pied de cette souche. D’une connaissance parcellaire on accède à l’universel. »
Et de penser à Jean-Henri Fabre, ce naturaliste collectionneur d’insectes qui vécut trois décennies sur les flancs du Mont Ventoux. Toujours et partout des références culturelles, c’est à ça qu’on reconnaît le parigot.

On peut bien sûr trouver ridicules ses contradictions et le regard émerveillé qu’il porte sur les paysans qu’il rencontre au gré de ses déambulations mais il semble conscient de cette bêtise, toute relative, une bêtise bien moindre face à celle vers laquelle nous précipite le « progrès ». Sylvain clame peut-être une révolte qui frappe dans le vide parce qu’elle n’est qu’une traversée mais elle éveille de vieux rêves. C’est un semblant de quête initiatique (avec tous les défauts que comportent les semblants) dans le monde de la contre-initiation.

« La géographie humaine est la forme de l’Histoire. En quarante ans le paysage se refaçonna pour que passent les voitures. Elles devaient assurer le mouvement perpétuel entre les zones pavillonnaires et le parking des supermarchés. Le pays se piqueta de ronds-points. Désormais les hommes passeraient des heures dans leur voiture. Les géographes parlaient du « mitage » du territoire : un tissu mou, étrange, n’appartenant ni à la ville ni à la pastorale, une matrice pleine de trous entre lesquels on circulait. »

Je partage ce qui est dit ici et par Coli et par Tesson, je ne vois pas en quoi par contre le regard de Tesson sur le monde paysan est une bêtise..? Dans le village que je viens de quitter il y a de moins en moins de paysans et les remarques que fait Tesson sur le "monde paysan" qui ne bouge pas de son domaine, j'ai pu l'experimenter en ces lieux, certains ne connaissent que quelques villages alentour et se rendre à Aix est une expedition, cela peut paraître invraisemblable aux citadins mais ces gens ne s'en portent pas plus mal. Lorsque mes connaissances du village ont appris que je me rendait dans mon nouveau lieu une des remarques a été "tu verras là bas il y a plus de paysans qu'ici", je ne l'ai pas encore experimenté, pas si facile de les approcher car eux mêmes ont une certaine appréhension envers les nouveaux "rurbains" , une mefiance née peut être de la transformation lente et progressive du village en future cité-dortoir telle que nos technocrates nous la façonne "entre les zones pavillonnaires et le parking des supermarchés"...
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Message par Bédoulène le Sam 8 Sep - 23:26

merci Coli ! je m'y frotterai un jour !

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Message par colimasson le Dim 9 Sep - 19:00

@Chamaco a écrit:

Je partage ce qui est dit ici et par Coli et par Tesson, je ne vois pas en quoi par contre le regard de Tesson sur le monde paysan est une bêtise..? Dans le village que je viens de quitter il y a de moins en moins de paysans et les remarques que fait Tesson sur le "monde paysan" qui ne bouge pas de son domaine, j'ai pu l'experimenter en ces lieux, certains ne connaissent que quelques villages alentour et se rendre à Aix est une expedition, cela peut paraître invraisemblable aux citadins mais ces gens ne s'en portent pas plus mal. Lorsque mes connaissances du village ont appris que je me rendait dans mon nouveau lieu une des remarques a été "tu verras là bas il y a plus de paysans qu'ici", je ne l'ai pas encore experimenté, pas si facile de les approcher car eux mêmes ont une certaine appréhension envers les nouveaux "rurbains" , une mefiance née peut être de la transformation lente et progressive du village en future cité-dortoir telle que nos technocrates nous la façonne "entre les zones pavillonnaires et le parking des supermarchés"...

J'ai écrit qu'on pouvait trouver que son regard sur le monde paysan est un peu bébête, comme les bobos parisiens qui s'émerveillent lorsqu'ils voient une chèvre par exemple. C'est-à-dire qu'il y a toute une distance à franchir entre le réel et le fantasmé, et Tesson reste parfois un peu trop dans le fantasme.

Cette appréhension pour les nouveaux rurbains, Tesson en parle un peu aussi dans ce bouquin...
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Message par Chamaco le Dim 9 Sep - 22:55

[quote="colimasson"]
@Chamaco a écrit:



Cette appréhension pour les nouveaux rurbains, Tesson en parle un peu aussi dans ce bouquin...

c'est le côté ambigu de la ruralité, d'un côté ils sont content d'avoir une grande surface type LIDL à proximité, mais pas dans leur village, et de l'autre ils tempêtent contre le bitume qui rogne leurs terres (et pourtant il y a des heureux qui ont vendu leurs terres (et fait x fois la cabriole en plus-value...) mais ils ne s'en vantent pas...
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Message par Chamaco le Sam 15 Sep - 21:07

contemporain - Sylvain Tesson - Page 5 414ads10

Un été avec Homère

Sylvain Tesson consacre cet ouvrage à l'Illiade et l'Odyssée d'Homère et se propose de nous faire passer "un été avec Homère", ce que j'ai fait entre deux cartons et ne le regrette pas.
J'ai mis un peu de temps à me prendre à cette lecture, c'est pourtant une succession de courts chapitres essaimés de passages tirés de l'oeuvre de cet auteur Grec, notamment celui ci :

"Dieux ! vous voulez venir en aide au maudit Achille,
qui ne possède ni coeur sensé ni pensée flexible
dans sa poitrine : comme un lion, il n'agit qu'en sauvage -
lion asservi à sa grande force, à son âme farouche,
attaquant les brebis des mortels par désir de ripailles :
ainsi Achille perd la pitié, ignore la honte."


ou

"Comme un homme nourrit un pan d'olivier, magnifique,
dans un champ solitaire, où l'eau ruisselle, abondante,
un jeune plant florissant et beau, que bercent les brises
selon le vent; il se couvre de blanches fleurettes écloses.
Mais survient soudain un vent soufflant en rafales,
qui d'un coup l'arrache au sol et l'étend sur la terre."


Ainsi Tesson pose le cadre du récit avec "Survivre aux tempêtes" et "Aimer les îles", nous découvrons les prémices prometteurs de ce qui va suivre, le parcours de l'Illiade poème du destin et de l'Odyssée ou l'Ordre des anciens jours.

Tesson établit des parallèles entre la Grèce ancienne et nos temps bouleversés, quelques fois de façon éxagérée.
Ainsi lorsqu'il oppose à l'Oedipe de Freud le Télémaque d'Homère en inventant un nouveau syndrome, mais pourquoi pas ?
Ou lorsqu'il pose une passerelle entre les Lotophages de Djerba et les "tentacules de la société digitale de Bill Gates et Zuckerberg, mais pardonnons lui car c'est joliment dit.
Autre fois, il pousse un peu loin le bouchon : "Homère nourissait la prescience de ce qui adviendrait au XXI+ siècle : le contrôle intégral grâce aux offices des GAFA".. affraid ... "Du ciel les Sirènes
Spoiler:
des espèces d'oiseaux en fait
attaquent. Du ciel les satellites nous surveillent."...
Tesson est parfois dans l'exagération mais son phrasé est beau et mène à l'indulgence.
Je n'ai pas encore fini ce livre, tout comme l'été ne l'est pas, je ne regrette pas d'avoir suivi Tesson cet été dans les pas d'Homère, d'autant que cet auteur cotoyé tout jeune au Lycée mérite une relecture...
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Message par Tristram le Sam 15 Sep - 21:40

Merci Chamaco ! J'ai déjà l'impression de lire Tesson avec son hubrys grecque, son outrance inspirée !

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Message par Chamaco le Sam 15 Sep - 21:54

@Tristram a écrit:

Quelques phrases sauvent le texte :

« Mais les antennes des cathédrales, elles, sont l’œuvre de la foi des hommes. Ou de leur vanité. Ou peut-être des deux puisque la foi, c’est la vanité de croire qu’on est la créature d’un dieu. C’est lorsqu’on arrive au sommet d’une flèche qu’on ressent la tension architectonique de la cathédrale. Une église gothique est un accélérateur d’énergie : chaque contrefort de soutien exerce une pression sur les pans de murs, le biseau des paliers. Chaque niveau s’élève en appentis, telles les marches d’un escalier. Plus les murs prennent de la hauteur, plus ils s’écartent les uns des autres : ils voudraient basculer en arrière comme les quartiers d’une orange ouverte mais les arcs-boutants corrigent l’accrétion en les repoussant l’un vers l’autre. Les forces ainsi contrariées sont détournées vers le haut et fusent par les veines de l’édifice (colonnes et voussures) pour se rejoindre au sommet de l’œuvre, jaillissant à la croisée des transepts dans le giclement de la flèche. Une flèche est un geyser de sève minérale. Les moellons de l’édifice entier, parcourus par les flux montants, sonnent comme le cristal si on les frappe de l’ongle : ils sont aussi tendus que les cordes d’une harpe. »

mots-clés : #voyage

C'est beau comme du Vincenot...
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Message par kashmir le Sam 16 Mar - 19:13

Géographies de l'instant :

contemporain - Sylvain Tesson - Page 5 S_tess10


Géographie de l'instant réunit les bloc-notes de Sylvain Tesson partis dans le magazine Grands Reportages et divers journaux. Il y évoque ses voyages aventureux ou immobiles, ses rencontres, ses escalades, ses lectures secrètes et contemple les ravages commis par les hommes contre la nature, la douceur. Il y parle de la Russie, de l'Afghanistan, de Haïti, de l'Islande, de New York, de Paris. Il choisit le dégagement, l'humeur, la féerie, se confronte à l'absurde et aux ridicules de son époque. Avec un joyeux désespoir, ce nomade injecte de la couleur dans la grisaille du quotidien. Géographie de l'Instant est un manteau d'arlequin sur lequel Sylvain Tesson trace les points cardinaux de son univers intime. C'est un pamphlet poétique contre la lourdeur du monde, révélant la part secrète d'un voyageur pour qui les retours sont des brûlures.

Sylvain Tesson est de ces personnages qui captivent ou agacent... Je suis parmi les captivés, j'aime son écriture, son insolence, sa langue franche et son érudition. Je suis certaine en lisant un de ses livres, que je vais ajouter plusieurs auteurs à ma liste à lire, ce dont je n'ai pas vraiment besoin, d'ailleurs !

Cette Géographie de l'instant m'a enthousiasmée à cause même de la construction du livre : une suite de pensées, articles, citations regroupés au fil des pages. J'aime énormément ce type de livre qui n'est pas sans me faire souvenir, avec nostalgie, des 365 histoires de l'enfance - à quoi tient le goût de la lecture ...  Rolling Eyes - et c'est de ette façon que je "l'utilise".

Des petits textes à picorer quand on en ressent l'envie.

Et quel bonheur de trouver, par exemple,  dans ces pages une admiration décrite pour Alexandre Romanès qui sait si bien me bercer également de sa poésie.


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Message par topocl le Sam 16 Mar - 20:04

@kashmir a écrit:Sylvain Tesson est de ces personnages qui captivent ou agacent...

Pour moi, je dirais qui captivent et agacent!

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Message par églantine le Sam 16 Mar - 21:13

@topocl a écrit:
@kashmir a écrit:Sylvain Tesson est de ces personnages qui captivent ou agacent...

Pour moi, je dirais qui captivent et agacent!
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Message par Nadine le Dim 24 Mar - 15:15

C'est bien transmis Kashmir, merci à toi !
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Message par Aventin le Ven 10 Mai - 11:08

Géographie de l'instant

contemporain - Sylvain Tesson - Page 5 Tesson11
2012 -  nouvelle édition augmentée en 2014.
Genre: notes, brèves, journal (bloc-notes, selon l'auteur) souvent publiées déjà, dans des publications éparses, comme le magazine Grands Reportages et divers autres titres de presse.
Comptez 390 pages à peu près, plutôt aérées et digestes.




Alors que M. Sylvain Tesson redoute surtout d'être décousu, il peut s'avérer redondant, carrément répétitif, mais c'est le jeu du bloc-notes, à ce jeu-là tout le monde n'est pas Mauriac, qui n'est d'ailleurs pas l'aune de la mesure du genre.

Le propos a souvent la brillance du vernis, celle qu'on s'abstiendra de gratter afin que ça luise encore, et parfois M. Sylvain Tesson nous sert d'authentiques petites succulences.

Comme celle du mandchou qui se croit d'origine française, bien jolie.

Comme Novembre 2010, notre Grand Reporter sur la frégate Ventôse abordant en Haïti après le désastre aux plusieurs centaines de milliers de morts, mais, paille dans le diamant, il l'a honnêteté de se décrire, au bout du compte, dans ce monde d'apocalypse, sur la terrasse de l'hôtel Olofsson, bière Prestige fraîche et litron de mauvais rhum, en train de bouquiner L'énigme du retour, de Danny Laferrière, franchement, même si Laferrière est brillant, haïtien et exilé, ça n'apporte rien, le coté cru y perd, même si je comprends bien le but de la démo, après la pire catastrophe, dans le dénuement le plus extrême, les gens ont aussi besoin de livres, pour étonnant que cela puisse sembler.  

Le meilleur n'est pas loin d'être dans l'addenda de la nouvelle édition, en particulier les pages sur le nomadisme, voire celles sur l'Islande.

Mais notre globe-trotteur, déplaisant rageux, n'est pas convainquant dans ses diatribes d'enfonce-portes-ouvertes, et ne nous apprend pas grand chose que nous ne savions déjà, à moins bien sûr de s'intéresser à la teneur du jet de M. Tesson: Est-il plutôt acide ou plutôt aigre ?
Il faut être Léon Bloy (qui n'est pas le moins cité par notre ambulante mitraillette à citations) pour un tel rentre-dedans sur ce ton-là, mais, c'est écrit sans abaisser M. Sylvain Tesson, convenons que c'est là un tout autre projet d'œuvre, pour une toute autre carrure littéraire.     

Ses éructations à l'emporte-pièce, son humour qui si exceptionnellement est joie, mais qui érige plutôt d'ordinaire le castigat ridendo en système, ses horribles amalgames, ses jugements péremptoires, font que ce prétendu combattant anti-beaufitude à la Cabu passe en fait d'une beaufitude à l'autre. Patatras.
Du poil-à-gratter au provo, de l'impétrant au malséant, du montreur de vertu à l'égotique.

De même, à la différence de nombreux écrivains-voyageurs de toutes époques et tous styles, il semble ne jamais s'inclure dans la critique, et, d'une façon générale, ce grand érudit ne paraît pas pratiquer l'humilité, encore moins la compter au nombre des vertus.

Curieux, si ce n'est suspect, que les enseignements, leçons, reculs, altitudes prises, quêtes intérieures, altérités comprises et tout ce qu'il prétend comme métamorphoses qu'engendre le voyage parviennent, in fine, à ça.
En plus, dans ce livre-là du moins, les moments exceptionnels de ses voyages, il y fait certes parfois allusion, mais pas le moins du monde il ne les donne à partager au lecteur, ou bien si peu.

Ses étais de discours-monologues, pour les moins toniques d'entre ceux-ci (les meilleurs sont emballants, et justifient la lecture), semblent davantage tenir par un labeur de fertilisation, consistant en un épandage de citations et de références culturelles: même si, soulignons les qualités, l'à-propos est au rendez-vous.
Du coup, faut-il s'étonner si d'aucuns, sur ce fil, lui apposèrent la pancarte hautain, collet-monté (pour le dire gentiment) ?

Son écriture à peu près 100% type presse-magazines me fait tiquer, ne pouvait-il pas saisir l'occasion du livre pour peigner un peu sa laine ?
Alors je sais, ce n'est que la moindre des choses pour une compilation de parutions-presse, et puis ça ne fatigue pas le lecteur, ça fait proche (et donc anti-collet-monté du moins dans la forme), etc...  

J'émets aussi le petit regret qu'il n'aille pas jusqu'au bout du discours eschatologique qu'il relaie pourtant en mode haut-parleur (après, peut-être le fait-il ailleurs, dans ses écrits ou ses activités télévisuelles).

Néanmoins, à le lire, je ressens souvent quelques connivences, à moins que ce ne soit des accointances.  
Spoiler:
Toujours un agrément si particulier pour moi que lire un auteur ayant le goût de la grimpe, surtout quand il n'en parle que de façon allusive.
Mais, même là, les initiés (qui doivent être une liliputienne minorité des lecteurs de ce livre) se rendent vite compte qu'à citer le Verdon, Orpierre, Pen-Hir, Fontainebleau-Les-Trois-Pignons, le Caroux, Bavella, Wadi-Rum, etc... il ne risque pas de passer pour un grimpeur de bordillos (=de rebords de fossés), autrement dit et sans en avoir l'air, au cas où un quidam ayant les codes passerait par ces pages, c'est en place pour qu'il subodore l'homme de goût, hors du commun de la couenne à trois boulons du populo dont il a dû -ou doit encore ?- pourtant tâter à l'occasion, même si tous ces endroits notoires qu'il égrène sont assez à portée du vulgum pecus tant en termes d'accès géographique que d'accès de parcours pour les voies les plus abordables (parce que dans ces lieux-là un niveau certain est assez vite proposé, dans des styles et des techniques très différents - m'as-tu-vu dans des styles différents ?).

Il m'arrive de petitement jubiler, quand il prend vraiment de l'altitude en se débarrassant de toute posture (par ex. pas quand il parle de parachutisme, quoi, pour bien me faire comprendre), même dans ses aspersion de corrosif, tout en gardant conscience que certains passages vont réjouir les uns et me débectent, d'autres fois ce sera vice-versa exemple:
Quand il pourfend la chasse, c'est -à mon humble avis- au niveau pré-ado de la charge, à se demander où est passé son talent de plume, tandis que d'aucuns esquisseront un signe de gaieté.
En sens inverse, autre exemple, pour ma part c'est un propos comme celui-ci sur le théâtre moderne que je trouve succulent et drôle, d'autres tordront le nez:
Juillet 2010 a écrit:Il y a un théâtre de plein-vent qui se distingue d'un théâtre antipoétique, porteur de messages, fermé sur sa propre parole. Entre les deux, la différence qui sépare une steppe mongole d'un parking souterrain. Lassé des productions de ce théâtre autiste post-brechtien, qui ne s'adresse plus qu'à lui-même, de ces intermittents déchirés entre le besoin de liberté et celui des points-retraite, de ces metteurs en scène qui ont mis les textes au service de leurs arrangements personnels et de ces artistes idéologisés qui confondent représentations et meetings [...]

Notre proclamé wanderer disruptif prend l'avion comme moi le vélo mais nous assène fin du monde, décroissance, déserts, déforestation de la forêt tropicale, insectes et fonds marins: comment dire ? On est d'accord sur toute cette ligne-là,
En étant bien conscients que c'est pas assez, en priant d'accepter les excuses pour le trop peu.
Humblement (voir ce mot, M. Tesson) nous effectuons au moins mal notre part du colibri (comme dit Pierre Rhabi) et même plus (mais sans dire je dirai même plus), sans le clamer sur les toits à stégophiles ni présenter une telle empreinte carbone (à quoi il répondra sans doute que c'est pour nous informer, à quoi l'on rétorquera bien, justement, fais-le, informe-nous etc..., etc...).


Sylvain Tesson, dans cet opus ?
@églantine a écrit:C'est un "sale gosse" attachant , avec un charme fou , un ego qui n'en peut plus , vif et cultivé.

Toutefois la séduction est susceptible d'opérer.
Dire si j'ai apprécié cette lecture ?
Je ne sais pas trop, il faut que je sorte le nuancier pour voir ce qu'il y a entre à la rigueur, médiocre, passable, si vous n'avez rien d'autre à lire et moyen.

Je me demande quel compagnon de bivouac il fait, surtout sur un bivouac bien galère, un qui entame dur, les nerfs à fleur de peau ?
Allez, adorable, exceptionnel, j'en jurerai.
Peut-être faudra-t-il veiller à bien planquer le flasque de Cognac tout au fond du sac-à-dos, mais ce serait bien la seule précaution.

Le mot de la fin à Shanidar, toute en mise à nu et synthèse, qui paraît avoir mis le doigt où ça ne fait pas du bien:
@shanidar a écrit:le paradoxe qui consiste à vouloir se retirer du monde tout en parlant de soi à l'infini. Il y a bien là quelque chose d'un peu patraque.




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Message par topocl le Ven 10 Mai - 11:22

C'est bien ça; pour le dire de façon plus succincte, il agace et il séduit (et il agace de séduire).
Tu avais lu d'autres livres de lui, Aventin?

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Message par Aventin le Ven 10 Mai - 11:29

@topocl a écrit:C'est bien ça; pour le dire de façon plus succincte, il agace et il séduit (et il agace de séduire).
Tu avais lu d'autres livres de lui, Aventin?
Non, mais pas sûr que j'éprouve cette envie - mais à lire ce fil il semble que certains de ses ouvrages sont mieux écrits, en tous cas pas dans ce style-là: Comme dit, quand j'ai envie d'avoir ma dose d'éructations rageuses et de règlements de comptes à l'humanité par livre interposé, ce n'est pas snobisme que d'aller vers de meilleures plumes (Léon Bloy par exemple, etc...).
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Message par Bédoulène le Ven 10 Mai - 11:38

il était hier à la TV émission la Quotidienne (le petit Q et le grand Q) pour parler de son livre "notre-Dame" O Reine des douleurs, dont le bénéfice des ventes bénéficiera au Patrimoine. Il a donc raconté ses escalades de l'édifice et expliqué la structure qui montre la remontée vers la flèche en faisant un lien avec la foi, la religion.

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Message par Aventin le Ven 10 Mai - 11:50

@Bédoulène a écrit:il était hier à la TV émission la Quotidienne (le petit Q et le grand Q) pour parler de son livre "notre-Dame" O Reine des  douleurs, dont le bénéfice des ventes bénéficiera au Patrimoine. Il a donc raconté ses escalades de l'édifice et expliqué la structure qui montre la remontée vers la flèche en faisant un lien avec la foi, la religion.
Alors, ça a dû défourailler: Athée obsédé par le militantisme de déréliction, il ne se passe pas trois pages dans Géographie de l'instant sans qu'il ne pile menu les religions dans leur ensemble, surtout l'Islam et la Chrétienté, à grands renforts d'amalgames (quoi de plus terrible pour les victimes que se voir confondues avec les bourreaux, et donc assimilées à parts égales à ceux-ci, où ai-je rangé cette excellente interview de Mémona Hintermann sur le sujet ?).

Sinon, publier un Notre-Dame en mai 2019, je ne juge pas un livre que je n'ai pas lu, mais convenons que la menace des relents d'opportunisme et de cabotinage, travers paraissant coutumiers au séduisant histrion-globe-gerbeur-wanderer, est là.
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