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Atiq Rahimi

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Message par Ouliposuccion le Sam 4 Fév - 8:24

Atiq Rahimi
Né en 1962


Atiq Rahimi Tylych98

Atiq Rahimi, né le 26 février 1962 à Kaboul, Afghanistan, est un romancier et réalisateur de double nationalité française et afghane.
Il a reçu le Prix Goncourt le 10 novembre 2008 pour son roman "Syngué sabour. Pierre de patience".
En 2011, il revient chez POL avec "Maudit soit Dostoeisvski".
Il réside en France mais retourne en Afghanistan depuis la chute des talibans.
Concernant sa religion il se définit comme :
« Je suis bouddhiste parce que j'ai conscience de ma faiblesse, je suis chrétien parce que j'avoue ma faiblesse, je suis juif parce que je me moque de ma faiblesse, je suis musulman parce que je condamne ma faiblesse, je suis athée si Dieu est tout puissant. »

(source Babélio)

Bibliographie :

2000 :Terre et Cendres
2002: Les Mille Maisons du rêve et de la terreur
2005: Le Retour imaginaire
2008: Syngué sabour. Pierre de patience
2011: Maudit soit Dostoïevski
2015: La ballade du Calame
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Message par Ouliposuccion le Sam 4 Fév - 8:32

Syngué Sabour,pierre de patience

Atiq Rahimi Tylych32

En persan, Syngué sabour est le nom d’une pierre noire magique, une pierre de patience, qui accueille la détresse de ceux qui se confient à elle. Certains, dans ce livre en tout cas, disent même que c’est elle qui est à La Mecque, et autour de quoi tournent les millions de pèlerins. Le jour où elle explosera d’avoir ainsi reçu trop de malheur, ce sera l’Apocalypse.
Mais ici, la Syngué sabour, c’est un homme allongé, comme décérébré après qu’une balle se soit logée dans sa nuque sans pour autant le tuer. Sa femme est auprès de lui. Elle lui en veut de l’avoir sacrifiée à la guerre, de n’avoir jamais résisté à l’appel des armes, d’avoir été un héros, et pour ce résultat : n’être plus à la suite d’une rixe banale qu’un légume. Pourtant elle le soigne, et elle lui parle. Elle lui parle même de plus en plus. Tandis que dans les rues les factions s’affrontent, tandis que des soldats pillent et tuent alentour, elle parle, elle dévide sa litanie sans jamais savoir si son mari l’entend et la comprend. Et c’est une extraordinaire confession sans retenue par quoi elle se libère de l’oppression conjugale, sociale, religieuse, allant jusqu’à révéler d’impensables secrets dans le contexte d’un pays semblable à l’Afghanistan. À la fin du livre cette Syngué sabour explosera...
Avec ce roman, directement écrit en français, Atiq Rahimi retrouve une forme de réalisme très proche de Terre et cendres avec une écriture qui, sèche et précise, sait aussi devenir par moments lyrique, emportée. Cependant, plus directement que dans ses précédents livres, et comme de l’intérieur, il décrit avec beaucoup d’audace, la réalité oppressante, au quotidien et plus précisément au quotidien féminin, d’une certaine conception de l’Islam.


un livre que l'on referme afin de mieux écouter le silence pour un ultime hommage à cette écriture dépouillée et si admirable.
Pas besoin de beaucoup de mots ni de grandes envolées pour décrire ce texte merveilleux.
Le style Rahimi est d'une justesse à vous glacer le sang , conteur d'un Afghanistan si cruel et si chaleureux.

mots-clé : #conditionfeminine #psychologique
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Message par Ouliposuccion le Sam 4 Fév - 8:37

Terre et cendres

Atiq Rahimi Tylyc110

Un pont, une rivière asséchée dans un paysage grandiose et désolé, la guérite d'un gardien mal luné, une route qui se perd à l'horizon, un marchand qui pense le monde, un vieillard, un petit enfant, et puis l'attente. Rien ne bouge ou presque.

Nous sommes en Afghanistan, pendant la guerre contre l'Union soviétique. Le vieil homme vient annoncer à son fils qui travaille à la mine, le père du petit, qu'au village tous sont morts sous un bombardement. Il parle, il pense : enfer des souvenirs, des attentes, des remords, des conjectures, des soupçons... Cette parole nue dit toute l'horreur d'une souffrance qui cherche sa raison.


Toujours ce silence et ces paysages qui défilent , aussi beaux qu'ils sont souffrance.
Un texte d'une pureté magnifique qui nous mène vers un trouble indescriptible , un hommage à la vie, initiatique , au temps qui passe sur le non-dit , sur les âmes confuses en plein désarroi quand gronde l'agitation d'un l'Afghanistan secoué et ébranlé.
C'est en accompagnant ce grand-père et ce garçon que naît l'émoi et l'éblouissement au cœur d'un texte remarquable sous fond de malaise vertigineux.
Fascinant.


mots-clés : #guerre #psychologique
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Message par églantine le Sam 4 Fév - 11:44

Voilà ce que j'ai écrit à chaud , il ya quelques années déjà :

Atiq Rahimi 51boua10

Je referme" Syngué sabour "d'ATIQ RAHIMI ............

Sidérée .....je suis ......... de constater qu'avec une telle économie des mots , on puisse parler de "style" .......... bien écrit , mal écrit ? Ce serait irrévérencieux de juger une telle oeuvre sous cet angle là !
Pour moi la force de ce livre , c'est justement d'avoir outrepassé les règles habituelles des procédés d'écriture .....
Pour nous offrir, à travers ce huit-clos,
Cette atmosphère oppressante ,
Ce rythme scandé des phrases , quasi incantatoire ,
Cette montée en puissance de la tension .....dans une sorte de souffle expiatoire ........

"une histoire rédemptrice", par l'expulsion de LA SOUFFRANCE au travers de la "confession "de cette femme....... qui met en lumière , l'aberration de ce système aliénant , autant pour l'homme que pour la femme, .......

Quant à la fin , pour moi c'est le début d'une nouvelle ère !!! et celle ci naîtra de la femme .........


Une oeuvre à part , riche d'interprétations multiples , et de symboliques .........
J'ai été touchée .....mais aussi troublée ......
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Message par tom léo le Sam 4 Fév - 14:39

Atiq Rahimi 51gdox10

Maudit soit Dostoïevski


Français, 2011

CONTENU :
« Le roman d'Atiq Rahimi, prix Goncourt 2008, s'inspire de Crime et châtiment, de Dostoïveski – d'où son titre. Il s'en inspire quant à la trame, à certains des personnages mais, qu'on ne s'y trompe pas, c'est un Crime et châtiment largement revu et corrigé et de plus immergé dans la réalité afghane d'aujourd'hui...

Ainsi le héros, Rassoul vient d'assassiner une rentière, à la fois pour la punir du sort qu'elle fait subir à Souphia, sa fiancée (elle la prostitue), et pour lui dérober son argent, afin de venir en aide aux siens, ainsi qu'à Souphia et à sa famille. Son forfait commis, il est rongé par le remords et la culpabilité. Lui vient aussi l'intuition que son crime a quelque chose d'exemplaire dans le contexte de guerre civile et d'effondrement de toutes les valeurs qui est celui de l'Afghanistan actuel et de Kaboul où règnent sauvagerie et corruption. Alors, il veut se livrer à la police, à la justice. Peine perdue, pour commencer, personne ne s'intéresse à son cas, d'ailleurs police et justice existent-elles encore ? Il finira cependant, à force d'obstination puis de passivité, à se faire juger dans des conditions quasi rocambolesques mais révélatrices de la déliquescence de la société afghane et de la religion qui lui sert de ciment.

Bien sûr, il se produit quantité d'événements dans ce roman, les péripéties sont nombreuses, les retournements et les coups de théâtre aussi, comme sont nombreux les personnages qui tous ont quelque chose à signifier sur la guerre, sur l'amour, sur la vénalité, sur le courage ou la couardise, sur la résignation ou la révolte. Atiq Rahimi, sans perdre de vue son modèle russe, en organise le ballet, n'oubliant pas ses fameux détours par le corpus des contes et légendes persans, n'oubliant pas non plus son humour ni ses convictions, notamment quand à la condition des femmes dans le monde musulman. »  (Source : POL – éditeur  http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-8180-1343-4 )

REMARQUES :
Encore une fois : Après l'aperçu du contenu et le titre il est déjà évident que Rahimi écrit en ayant constamment le grand roman du Russe en tête : « Crime et chatiment ». Pas seulement que certains sujets de base, actions, caractères (et même une ressemblance dans leurs noms!) apparaissent ici dans un contexte afghan, mais aussi le roman original en soi est une référence DANS le roman de Rahimi.

Ainsi deux personnages principaux ont lu le roman du Russe et s'y inspirent, le ressentent comme un chef d'oeuvre. Cette référence envers le Russe va si loin chez Rassoul qu'il se sent quasiment persecuté par les descriptions de celui-ci. Ainsi, au moment d'abattre l'usurière (et bizarrement pas avant) il doit penser à Raskolnikov et comment il se met dans les pas de celui-ci. Alors « maudit soit Dostoïevski » qui crée d'un même coup en lui la fièvre !

Il avait connu le livre, la Russie et l'auteur lors d'un séjour d'études à Léningrad. Pour les combattants divers et les talibans par contre, un tel livre écrit dans la langue de l'ennemi (on est au milieu des années 90) ne peut que susciter la haine et la suspicion ! Impossible d'y associer un message spirituel de valeur !

Mais en tous ces parallèles avec le maître russe et l'hommâge évident, Rahimi élabore aussi sa propre version avec des soulignements à lui. Certains personnages ne sont pas seulement adaptés, transposés au contexte afghan, mais sont porteurs d'autres expériences et idées.
Ainsi on peut se demander si la motivation de Rassoul est orientée autrement ? Si chez lui la fuite vers l'autodénonciation n'est pas plus rapide, directe et autre.
Un endroit aimé dans le roman est le bar à tabac/hachich : peut-être une partie de la fièvre y trouve ses origines et les changements de conscience entre rêve et réalité...

Un questionnement intéressant pendant la lecture serait, si Rahimi ne met pas l'accent dans ce roman beaucoup plus sur des aspects sociaux, politiques, culturels. Est-ce que le Russe n'aborde pas prioritairement Raskolnikov comme une âme tourmenté, décrivant la « psyché » ?

Souvent, surtout au début, le narrateur se tourne questionnant, invitant, défiant envers les personnages du roman. C'est partiellement comme un dialogue.

Roman intéressant, à la suite d'une lecture de Dostoïevski ou pas. Moi-même, je dois avouer qu'il m'était assez difficile de faire abstraction de l'original que je considère après trois lectures comme un chef d'oeuvre absolu. Après une telle influence, comment lire encore innocemment Rahimi ? Et finalement le roman russe reste pour moi indépassable...
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Message par Tristram le Ven 7 Déc - 14:43

Syngué sabour. Pierre de patience

Atiq Rahimi Tylych32

Ce n’est qu’à la moitié du livre (150 pages au total) que l’originalité du propos m’interpelle : cette émancipation de la femme, si inattendue, si forte (et si "littéraire").
L’ouvrage est très scénique, comme une pièce de théâtre respectant la règle des trois unités, celle d’action (la femme parle à « son homme » en état de mort apparente), celle de lieu (la chambre nue), mais pas trop celle de temps (qui lui est pertinemment décompté par souffles de personnage).
L’écriture est dépouillée, presque à l’extrême pour ce quasi-monologue avec didascalies, plus quelques épisodes et personnages secondaires.
Le récit est particulièrement sévère avec la religion musulmane et la société afghane, hypocrites éteignoirs des valeurs humaines.
Il y a beaucoup d’allusions autour du thème central, ainsi à la persane Shéhérazade :
« Ton souffle est suspendu au récit de mes secrets." Elle se lève, légère, puis se fige dans un mouvement empli de grâce comme pour dire : "Mais, ne t’inquiète pas, mes secrets n’ont pas de fin." »


Dernière édition par Tristram le Ven 7 Déc - 16:01, édité 1 fois

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Message par Bédoulène le Ven 7 Déc - 15:39

mais ? la lecture t'a plu ?

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Message par Tristram le Ven 7 Déc - 16:03

Oui-oui, je n'étais pas sûr au début, mais ça s'est révélé être un beau livre !
Je te le recommande ; en plus, il n'est pas très long.

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Message par Bédoulène le Ven 7 Déc - 16:27

merci Tristram !

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Message par tom léo le Dim 14 Avr - 17:02

Atiq Rahimi 51mp0610

Le retour imaginaire


Originale du texte : Persan (Afghanistan), 2005

Traduction : Sabrina Nouri
Avec une cinquantaine de photos…

Présentation de l'éditeur a écrit:
-Je veux photographier ces blessures. -Avant toi de grands photographes sont venus ici et ont tiré de superbes photos de ces blessures... -Mais moi ce n'est pas la beauté que je cherche. Je cherche à faire revivre le sentiment que l'homme éprouve en regardant une cicatrice. Chaque fois que nous voyons une cicatrice nous ne pouvons nous empêcher d'en repenser la douleur. -S'il s'agit de ta propre cicatrice. Justement ce sont mes cicatrices que je cherche à retrouver.

Comme nous le savons, l’auteur a du fuir son Afghanistan natal en 1982 et là, il revient après de longues années en exil. Dans des textes lyriques il parle d’un drame, peut-être le drame de tant de déplacés et exilés : un être séparé, blessé, dont une partie est resté sur la terre des ancêtres, une autre, volée de ses racines, a du lutter à l’étranger avec le manque des paroles, de l’enracinement… Maintenant il traverse sa ville, Kaboul, et veut photographier les blessures. Les textes courtes sont lyriques, poétiques, mais aussi empreintes de douleurs, de nostalgie.

A première vue ce « peu de textes » et une certaine façon de photographier (les photos sont des fois floues, imprécises) peuvent déboussoler le lecteur : le tout vaut quand même 25,- Euro. Mais éventuellement on pourra jeter un coup d’œil et se former une opinion ?

A la limite on pourrait mettre ce livre dans les rubriques « Poésie, Voyages, Témoignages, Photographes… »


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