Des Choses à lire
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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mar 19 Nov - 8:17

15 résultats trouvés pour antisémitisme

Pierre Assouline

La cliente

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire La_cli10


Le narrateur, un biographe plongé dans les archives de l'Occupation et de la collaboration, découvre une lettre dénonçant la famille d'un de ses amis, des fourreurs juifs qui ont été déportés. Il identifie la délatrice, puis la harcèle, obsédé par la question du pourquoi du Mal ; il poursuit son enquête, retrouve l’inspecteur aux affaires juives (la banalité administrative du mal), et finalement découvre la vérité, inattendue et… spéculaire…
Marqué en courtes phrases, systématiquement heurté, le style, pourtant travaillé, m’a déplu, qui entretient une certaine grandiloquence dans un enchaînement d’aphorismes paradoxaux (peut-être remplacer la moitié des points par des points-virgules ou deux points ?) D’heureuses expressions cependant, comme « la conversation des siècles » pour celle des livres aux lecteurs. Un humour un peu laborieux quoique léger, de vagues invraisemblances laissent de ce roman une impression de maladresse.
Curieux clin d’œil, la cliente malcommode chez le fourreur s’appelle Yadgaroff, comme l’épouse de l’auteur.
J’aimerais bien un autre avis de lecteur…  

« Ce drame s’est joué au cœur de Paris, sur trois cents mètres de bitume, entre trois magasins, un bistro, une église. La France en réduction. »


Mots-clés : #antisémitisme #deuxiemeguerre
par Tristram
le Sam 27 Juil - 0:39
 
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Alexandre Bergamini

Quelques roses sauvages

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Quelqu10

Une photographie se détache de l'humiliation et du désastre, une photographie de deux survivants du camp de Sachsenhausen : deux jeunes hommes sourient et descendent une rue détruite de Berlin, un couple amoureux survivant au milieu du chaos.

Quelques roses sauvages est une enquête personnelle autour d'une photographie, photographie de deux survivants de la Shoah trouvée à Berlin. Enquête d'un écrivain sur les restes d'une mémoire surexploitée, surexposée à la lumière, qui mène le narrateur au camp d'extermination de Sachsenhausen, à Berlin, puis à Westerbork, le camp de transit de Hollande. Devant l'absence, les manques, les trous et les traces, et devant l'impossibilité d'écrire une fiction, Alexandre Bergamini choisit de suivre les méandres intimes et complexes d'un labyrinthe intérieur.

Confronté à une réalité qui s'éloigne et s'effrite, à une vérité insaisissable, aux archives fragmentaires ou détruites, se sont naturellement posées les questions essentielles de la littérature, de la mémoire et de la conscience. "Sacraliser la mémoire est une autre manière de la rendre stérile" écrit Tzvetan Todorov, dans Les Abus de la mémoire. Quelques roses sauvages est un récit sur la survivance ; un parcours et un regard singulier sur le lien entre l'intime et l'Histoire ; un texte qui interroge notre mémoire et appelle un nouveau devoir de mémoire.

Quatrième de couverture


Tout est dit dans la présentation de l'éditeur, ensuite c'est la façon dont le texte résonne dans l'esprit du lecteur qui fera de la lecture, une expérience personnelle. C'est vrai pour chaque livre, encore plus pour celui-ci.
Ce n'est pas un roman mais le récit d'un homme qui met ses pas d'abord dans celui-d'un autre à cause d'une photographie et de points communs qu'il pense avoir avec lui...Et qui met ses pas dans ceux de tous ces hommes et femmes qui ont connu  Oranienburg-Sachsenhausen et le camp de Westerbork, en Hollande.
Récit très bien documenté , faisant référence aux écrits de Raoul Hilberg, d'Etty Hillesum, citant nombre de philosophes , écrivains, décrivant comme si on le visionnait le film de propagande tourné à Westerbork sur la formation des convois.

Tout est dans la langue, poétique, précise, directe.

Tout est décrit, décortiqué, et vous donne à analyser ce que l'on fait aujourd'hui de ce que l'on sait.


Cet écrivain m'a beaucoup touchée, au point de sortir Sachso des étagères, mais je ne le lirai peut-être pas en entier, à la suite, au point de relire les lettres d'Etty Hillesum, au point de regarder à nouveau le film tourné par Rudolf Breslauer.
Parce que savoir, c'est d'abord connaître et  réfléchir seul ...



J'ai hâte de retrouver cette écriture.


Mots-clés : #antisémitisme #deuxiemeguerre #devoirdememoire #genocide
par kashmir
le Dim 24 Mar - 18:57
 
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Sujet: Alexandre Bergamini
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Daniel Mendelsohn

Les Disparus

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Les-di10

Très tôt dans l’ouvrage, les commentaires du commencement de la Torah, l’origine du monde et le début de l’histoire de l’humanité, le présentent comme une sorte de travelling du général au particulier, procédé choisi par souci de raconter une histoire particulière pour représenter l’universelle. Une intéressante glose de la Bible se déroule en parallèle de l’enquête de l’auteur, insérée en italiques comme tout ce qui est externe à son cours, et concernant notamment les annihilations divines (le déluge, Sodome et Gomorrhe) ; on apprend aussi qu’Abraham, le premier Juif, s’est enrichi comme proxénète de sa propre femme auprès de Pharaon (IV, 1)…
Daniel Mendelsohn revient sur les mêmes points, répète les mêmes choses, cite plusieurs fois le même document ou le même extrait dans une sorte de délayage qui ne m’a pas toujours paru approprié ou plaisamment effectué ; de plus, l’ouvrage fait 750 pages, et c’est long. Peut-être est-ce calqué sur la forme litanique de lamentations du type kaddish, comme le livre éponyme d’Imre Kertész ; il est vrai que par contraste les témoignages précis (et horribles) marquent d’autant plus. En tout cas, on peut s’attendre à des moments d’ennui ou d’agacement avec d’être totalement pris par les attachantes personnes rencontrées dans cette quête étendue dans le temps et l’espace.
Les Disparus, c’est ceux (personnes et culture) dont il ne reste apparemment rien et dont Mendelsohn tente de retrouver trace, mais c’est aussi beaucoup l’histoire de sa parentèle ; le goût prononcé pour la famille et la généalogie, un peu désuet voire étonnant pour certains.
Ce livre, c’est encore comment conter, le compte-rendu de l’élaboration de sa narration, la transmission des faits de la Shoah par les petits-enfants des témoins ; focus et importance des détails.
« Un grand nombre de ces fêtes [juives], je m'en étais alors rendu compte, étaient des commémorations du fait d'avoir, chaque fois, échappé de justesse aux oppressions de différents peuples païens, des peuples que je trouvais, même à ce moment-là, plus intéressants, plus engageants et plus forts, et plus sexy, je suppose, que mes antiques ancêtres hébreux. Quand j'étais enfant, à l'école du dimanche, j'étais secrètement déçu et vaguement gêné par le fait que les Juifs de l'Antiquité étaient toujours opprimés, perdaient toujours les batailles contre les autres nations, plus puissantes et plus grandes ; et lorsque la situation internationale était relativement ordinaire, ils étaient transformés en victimes et châtiés par leur dieu sombre et impossible à apaiser. » I, 2

« …] écrire ‒ imposer un ordre au chaos des faits en les assemblant dans une histoire qui a un commencement, un milieu et une fin. » I, 2

« Nous ne voyons, au bout du compte, que ce que nous voulons voir, et le reste s'efface. » I, 2

« Mais, en même temps, qui ne trouve pas les moyens de faire dire aux textes que nous lisons ce que nous voulons qu’ils disent ? » II, 1

« La première Aktion allemande, a commencé Bob, qui voulait que je comprenne la différence entre les tueries organisées des nazis et les vendettas privées de certains Ukrainiens, ceux qui avaient vécu avec leurs voisins juifs comme dans une grande famille, comme m'avait dit la gentille vieille Ukrainienne à Bolechow, a eu lieu le 28 octobre 1941. » III, 2

Curieuse reconnaissance de la judéité chez quelqu’un, ici par un autre juif :
« Quelqu'un en uniforme français, et je me suis approché de lui, et il avait l'air d'être juif. » III, 2

Francophobie, ou french bashing ?
« (Le rabbin Friedman, au contraire, ne peut se résoudre à envisager seulement ce que les gens de Sodome ont l'intention de faire aux deux anges mâles, lorsqu’ils se rassemblent devant la maison de Lot au début du récit, à savoir les violer, interprétation que Rachi accepte placidement en soulignant assez allègrement que si les Sodomites n'avaient pas eu l'intention d'obtenir un plaisir sexuel des anges, Lot n'aurait pas suggéré, comme il le fait de manière sidérante, aux Sodomites de prendre ses deux filles à titre de substitution. Mais, bon, Rachi était français.) » V

« Parfois, les histoires que nous racontons sont les récits de ce qui s'est passé ; parfois, elles sont l'image de ce que nous aurions souhaité voir se passer, les justifications inconscientes des vies que nous avons fini par vivre. » IV, 1

« …] plus nous vieillissions et nous éloignions du passé, plus ce passé, paradoxalement, devenait important. » IV, 2

« …] les petites choses, les détails minuscules qui, me disais-je, pouvaient ramener les morts à la vie. » IV, 2

« Les gens pensent qu'il n'est pas important de savoir si un homme était heureux ou s'il était malheureux. Mais c'est très important. Parce que, après l'Holocauste, ces choses ont disparu. » IV, 2

« …] la véritable tragédie n'est jamais une confrontation directe entre le Bien et le Mal, mais plutôt, de façon plus exquise et plus douloureuse à la fois, un conflit entre deux conceptions du monde irréconciliables. » V

« Il n'y a pas de miracles, il n'y a pas de coïncidences magiques. Il n'y a que la recherche et, finalement, la découverte de ce qui a toujours été là. » V



Mots-clés : #antisémitisme #campsconcentration #communautejuive #devoirdememoire #entretiens #famille #genocide #historique
par Tristram
le Sam 23 Mar - 20:29
 
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Sujet: Daniel Mendelsohn
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Charles Lewinsky

Charles Lewinsky
Né en 1946

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Charles Lewinsky, né le 14 avril 1946 (72 ans) à Zurich, est un écrivain, dramaturge et metteur en scène. Il vit en Franche-Comté (France).

Il a étudié la littérature allemande et le théâtre. Dramaturge, scénariste et romancier, il a obtenu, pour son précédent roman Johannistag (2000), le prix de la Fondation Schiller. Melnitz, salué par la critique comme une prouesse littéraire, a été qualifié de Cent ans de solitude suisse.

Melnitz, c'est la saga des Meijer, une famille juive suisse, de 1871 à 1945 - de la guerre franco-prussienne à la fin de la deuxième guerre mondiale.


Publications

Melnitz, Grasset, 2008 (L'histoire d'une famille juive en Suisse de 1871 à 1939)
Un village sans histoire, Grasset, 2010
Un Juif tout à fait ordinaire. Monologue d'un règlement de comptes. Éditions du Tricorne, Genève, 2011.
Retour indésirable, Grasset, 2013



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Melnitz

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Melnit10

"Plus c’est absurde, plus ils s’en souviennent. Ils se souviennent qu’avant Pessah nous égorgeons des petits enfants et faisons cuire leur sang dans la pâte des "Matze". Cela n’est jamais arrivé, mais 500 ans plus tard, ils sont capables de raconter la scène comme s’ils l’avaient vue de leurs propres yeux. Comment nous avons attiré le petit garçon loin de ses parents en lui promettant des cadeaux ou bien du chocolat, bien longtemps avant l’existence du chocolat. Ils le savent dans les moindres détails."




Melnitz c'est une chronique de famille, une famille juive vivant en Suisse sur quatre générations de 1871 à 1945.

Ces dates ne sont jamais arbitraires. Elles correspondent à des faits historiques qui modifièrent la vie de chacun de ses membres.
Une famille qui, somme toute, ressemblerait à celle des autres citoyens du pays. Ambitions sociales, quête d'ascension logique pour les descendants.
Evidemment il y a les rites et coutumes juifs. Un héritage, des repères, des fêtes et des repas.
Pas de communautarisme. Au contraire. Aucun de ses membres n'est un fanatique religieux. Certains même vont jusqu'à renier cette tradition, cette religion, et embrasser le christianisme.
Et le succès d'abord semble donner raison aux plus ambitieux. Mais c' est sans  compter sans l'Histoire, les guerres, les bouleversements sociaux. A la fin, ils connaîtront tous le sort commun aux exclus. Et les juifs sont le symbole quasiment éternel de l' exclusion, des pogroms. Bref de l'antisémitisme dont ils sont les boucs émissaires.
Cette famille est ce qu'est tout famille. A cette exception près peut être, qu'on y trouve des personnalités extraordinaires et inoubliables. Et c'est un point fort de cette chronique.

Et Melnitz ?

C'est un inquiétant personnage, ce Melnitz, qui traîne derrière lui l'odeur et le froid du caveau. Mort depuis deux siècles au moins, il réapparaît dans la famille Meijer, à l'occasion d'un deuil, d'une bar-mitsva, d'une noce. Il entre sans s'annoncer, s'assied, écoute, et de temps à autre prend la parole pour un commentaire sarcastique. Ce qui le met en verve, c'est la confiance que les Meijer témoignent à leur pays - la si paisible Confédération helvétique -, à leurs voisins - tellement bien disposés à leur égard -, à leur propre réussite.

" Tu crois, dit-il à l'un de ces ingénus, qu' il ne peut plus rien t'arriver. Mais tu te trompes. Parfois, ils gardent le silence et nous pensons qu'ils nous ont oubliés. Crois-moi, ils ne nous oublient pas". Et de dérouler la pelote des persécutions depuis le jour lointain où lui- même, Melnitz, est né en Ukraine, d'une jeune juive violée par un cosaque."

Ainsi le définit Mona Ozouf. Melnitz raconte. Lui qui sait tout, rappelle à chacun qu' il est juif et qu' il subira éternellement la malédiction de son peuple. Comme le Juif errant.
Malheur à celui qui l'oublie !

A propos de son oeuvre, Lewinsky dit :

"Toutes les sagas juives pourraient avoir comme sous-titre "Le Chemin vers la tragédie". De ce point de vue, Melnitz n'est pas une saga juive, ne serait-ce que parce que la Suisse a été touchée mais pas dévastée par la Shoah. J'ai surtout écrit ce roman à l'intention des Suisses qui ne connaissent pas leurs voisins."




mots-clés : #antisémitisme #communautejuive #famille #guerre
par bix_229
le Jeu 29 Nov - 15:49
 
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Sujet: Charles Lewinsky
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Arthur Schnitzler

Vienne au crépuscule

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Proxy_21

Nous sommes dans les salons viennois de la fin du XIXème siècle, les salons où l'on cause, où l'on brille. Toute cette superficialité pare "agréablement" l'écrasante victoire d'une caste arrogante (je m'y suis beaucoup perdue, dans les 150 premières pages, impossible de savoir qui est qui dans cet entrecroisement mondain d'Ehrenberg, de Nurnberger, d'Oberger).

Les juifs, sourire crispé ou rictus effrayé, aveugles ou clairvoyants, mais humiliés toujours, croient encore (pour certains) pouvoir échapper à leur sort par l'assimilation ou le sionisme. Les femmes papillonnent, les jeunes filles attendent le mari, les jeunes hommes, libérés des soucis matériels, écrivent ou composent, voyagent (ah ! Le voyage en Italie !), prennent les femmes comme d'aimables êtres jetables : les utilisent, les échanges, les négligent, les abandonnent…

Bien des façons de se livrer à ce petit jeu : avec la distinction forcenée du jeune Georges von Wergenthin , Monsieur le Baron, avec l'ironie mordante et désespérée  de Nurnberger, avec le désespoir défaitiste et égocentré de Bermann. Tous se cachent derrière leur bons mots, leur haute opinion d'eux-mêmes, leurs hautes aspirations. Quel égoïsme, quelle autosatisfaction (mon dieu, que la vie leur est compliquée!). Ce sont d'infâmes mâles imbus d'eux-mêmes, persuadés de leur bon droit et de leur raffinement.

C'est assez bavard et souvent ennuyeux, et ma lecture fut laborieuse, mais il y aussi de bons moments, et peu à peu s'est dévoilée une réflexion sur la destinée au sein de cette  société infatuée qu'on voudrait agonisante.  Le décorticage méticuleux  de la nature humaine et notamment masculine finit par déclencher un certain dégoût. Ces homme sont des porcs croisés de paons : parés,  artistes et intellectuels, c'est à dire soi-disant pensants et pleins de sensibilité, ils  se délectent dans une perpétuelle introspection déculpabilisante, qu'ils croient raffinée, mais qui est  en fait bornée, condescendante  et  auto-satisfaite.


Mots-clés : #antisémitisme #conditionfeminine #culpabilité #historique #initiatique #lieu #psychologique #xixesiecle
par topocl
le Sam 30 Juin - 16:30
 
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Sujet: Arthur Schnitzler
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Matt Cohen

Matt Cohen
(1942 - 1999)


Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Cohen-10

Matt Cohen, romancier, nouvelliste, poète, auteur de livres pour enfants (né le 30 décembre 1942 à Kingston, en Ontario; décédé le 2 décembre 1999 à Toronto, en Ontario). Lauréat du Prix du Gouverneur général et membre fondateur de la Writers’ Union of Canada, Matt Cohen est un auteur prolifique et de renom et a écrit plus de 20 œuvres de fiction.

Formation et carrière
Élevé et éduqué à Ottawa, Matt Cohen obtient un baccalauréat ès arts (1964) et une maîtrise ès arts en sciences politiques (1965) à l'Université de Toronto.

En 1968, quoiqu’il n’ait rien publié encore, il devient écrivain résident au Rochdale College à Toronto et y rencontre Stan Bevington, un des fondateurs de la Coach House Press, et le poète Dennis Lee, un des fondateurs de la House of Anansi Press. Par son amitié avec le philosophe George Grant, Matt Cohen est embauché par l’Université MacMaster comme professeur de religion, poste qu’il quitte de façon prématurée pour se consacrer à l’écriture.


Oeuvres traduites en français


Le médecin de Tolède, 1986
Nadine, 1990
Freud à Paris, 1990
Les mémoires barbelées, 1993
Élizabeth et après, 2000


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Le médecin de Tolède

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire 515lry10



J'ai lu sans déplaisir aucun ce roman, ces dernières semaines, un peu comme on regarde une série, avec enthousiasme mais sans certitude sur la qualité du scénario.

Car l'histoire, romanesque à souhait, nous entraine dans ses rebondissements terribles.
Mais dans le fond j'ai trouvé quelques maladresses au style de l'auteur, il y a quelques fois des râtés, des incohérences, des développements psychologiques qui font sentir l'écrivain derrière l'histoire.Des ruptures de ton qui semblent involontaires et où on sort de la fresque historique et humanitaire. Enfin je ne sais pas si c'est ça le problème ou si ce sont des traits de la psychologie des personnages qui ne m'ont parfois pas plu. Vous savez des fois faut se méfier avec ma subjectivité, elle a un côté très en forme quand elle veut !

Pour autant c'était une "lecture de vacances" sympa, comme on dit (surtout que je ne suis pas en vacances du tout et qu'il fallait ce genre de livre pour accompagner ma fatigue, justement, très enlevé même si imparfait parfois.)

Le thème du livre, lui, est loin d'être plaisant. Je l'ai choisis pour approfondir ma connaissance du XVeme siècle. On accompagne la vie tragique d'un homme , fils d'une juive violée lors d'un pogrom, qui devient médecin, brillant , mais toujours assujetti à son statut de juif, au coeur d'une Espagne profondément antisémite et juive. Ces aspects sont très bien développés ainsi que la pesée des pouvoirs en place dans l'Eglise catholique.


J'ai lu ce livre dans la volonté de prolonger la lecture du livre de Jacques Attali  appelé 1492 (ICI)

et elle illustrera aussi parfaitement , sur un plan romanesque, le  livre de Pierre Assouline, Retour à Séfarad. (Je fais un fil ce week end promis)

J'ai aussi appris pas mal sur le judaïsme à cette époque, au fil de ces trois lectures croisées, je n'y connaissais rien, et force est d'admettre que la notion d'hérésie a copieusement trouvé eau à son moulin en trucidant la communauté religieuse juive, je ne le savais pas mais ils ont copieusement morflé à l'époque .Comme je suis issue d'une culture catholique , je découvre comment le Christianisme a maintenu son monopole culturel et politique à cette époque. C'est coton-pas glop. Je sors de mes vagues notions ethnocentrées de l'Histoire, avant quand je pensais "heretiques" je pensais "courants protestants, sorcières etc" Tu parles, il y avait dans le collimateur aussi la religion juive et tous ses convertis. Je ne le savais tout bonnement pas. Depuis je lis beaucoup de choses par hasard qui le confirment, donc une grosse lacune chez moi est enfin comblée. #etre ignare mais se soigner



mots-clés : #antisémitisme #historique #medecine #moyenage #religion
par Nadine
le Sam 2 Juin - 11:02
 
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Sujet: Matt Cohen
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Marcus Zusak

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire 51wf0r10

La voleuse de livres

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.
Liesel Meminger y est parvenue.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée.
Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt ? Ou sa force extraordinaire face aux événements ? À moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre et a même inspiré à la Mort ce joli surnom : la Voleuse de livres...

" Best-seller international, cette fable singulière envoûte par son audace et son originalité. " Questions de femmes

" Ironique et paradoxal, La Voleuse de livres appartient à ce genre hybride d'ouvrages destinés à la fois aux adolescents et aux adultes. " Le Monde des Livres


« L’Allemagne nazie est un lieu merveilleux », pense Liesel après avoir trouvé une pièce et pu avec cela acheter un sucre d’orge. Nous sommes à ce moment dans les prémisses de la seconde guerre dont la petite rue Himmel est jusque-là épargnée si ce n’est par les premières retombées économiques. On perçoit aussi les débuts des troubles qui ont amenée la mère de Liesel à la confier à un couple, ce car elle était communiste, en tous les cas c’est ce que Liesel supposera plus tard.

Peu à peu, avec le regard de l’enfant qui grandit, et de ce qu’elle comprend du monde des adultes, on entre plus avant dans la guerre, et la montée de l’antisémitisme. Petit à petit, le monde merveilleux se transforme au fil des ans, de la guerre qui avance et du regard de Liesel qui murit.

C’est un livre qui se passe en période de guerre, il y en a eu beaucoup, et pour autant celui-ci a l’originalité de livrer le vécu d’une famille peu aisée dans l’Allemagne nazie, et même plus puisque c’est un peu la vie d’un quartier, et de traiter la guerre de leur point de vue, et plus précisément du point de vue d’une enfant que nous suivons de ses 9 à ses 14 ans. Aux côtés de Hans, Rosa, Rudy, et autres, on perçoit l’impact progressif des idéaux hitlériens sur la vie quotidienne, les jeunesses hitlériennes, les antipathies envers les juifs, etc. ON perçoit aussi comment chacun fait avec cela et tente de faire malgré tout ce qui semble juste, comme dans l’accueil que Hans fait à Max en cette période où héberger un juif est synonyme de mort.

L’histoire, c’est la Mort qui la narre, parfois en étant assez présente, parfois pas, à tel point que longtemps et souvent au fil des pages j’en ai oublié que c’est la Mort qui racontait tant cela donnait juste la sensation d’une narration externe. Et parfois, la Mort se rappelle à nous, elle se nomme plus, est plus présente, parle de ce qu’elle voit, vit, en tant que Mort, dans cette période tourmentée qui l’a amenée à un surcroit de travail. Et elle, la Mort, est souvent plus humaine que ces humains qui peuvent être si détestables et si admirables en même temps. Il y a tant de bon que de mauvais en l’homme, et cette singularité fait que les humaines intriguent a Mort et lui font tout en même temps peur.

Dans mon premier bout de commentaire après lecture de la moitié du livre, j’avais souligné mon intérêt en amont de la lecture pour le choix de l’auteur de faire de la Mort le narrateur, et j’avais dit avoir été un peu déçue de trop souvent la confondre avec un narrateur externe peu personnalisé car elle n’apparaissait que peu en tant qu’elle-même, ou en tous les cas j’avais vite fait de l’oublier tant le ton pouvait être celui de n’importe quel narrateur, ce à l’exception de brefs passages. Elle apparaît de plus au plus dans la seconde partie, et pour cause, c’est aussi la partie où la guerre vient vraiment s’inviter dans Molching, après n’avoir été pour les habitants qu’une idée lointaine, qui, certes, venait peu à peu les priver de leurs ressources, leur donnait de l’inquiétude pour leurs enfants partis combattre, mais dont ils ne vivaient pas les affres des bombardements et autre.  Or, peu à peu, la guerre et ses horreurs s’invite dans leur quotidien, les frappant de jour comme de nuit pour les amener à se cacher, leur montrant le visage du traitement des juifs, de comment les aider serait préjudiciable pour chacun

Et la Mort s’invite de plus en plus dans chaque page, plus humaine que bien des hommes et femmes. Fatiguée de son travail, elle livre sur les hommes un regard non dénué d’émotion. Elle livre comment elle est touchée de ce qui se passe, des douches, et de comment elle peut faire preuve de douceur, de compassion, pour emmener les âmes.

Et au plus la Mort s’invite, au plus on sort du monde de l’enfance. C’est comme un parallèle entre Liesel qui grandit et qui perçoit également de plus en plus de choses, elle ne les explique plus avec son âme et son regard d’enfant

Ce livre, je l’ai traversé sans trop être touchée ou émue comme je l’aurai pensé, ce du fait du point de vue adopté qui fait souvent imaginer sans trop dire ou trop montrer, ce aussi certainement car la mort narre comme un constat et rarement avec des émotions, ce aussi car les mauvais côtés sont aussi transformés par le regard d’enfant qui ne voit pas toute la gravité de ce qui se déroule et continue tant que faire se peut de penser un monde plus beau que ce qu’il est.  Et puis il y a aussi les mécanismes de défenses individuels qui font que j’entre dans ce type de lecture en me blindant un peu, autant que faire se peut.

En tous les cas, j’ai apprécié cette lecture commune qui peut (sans que cela soit un jugement négatif) être à mon sens proposée à de jeunes ados pour toucher un peu du doigt la guerre d’une manière moins abrupte que par d’autres œuvres. Celle-ci reste tout de même du côté d’une forme de fable, avec des bons côtés, même si l’on perçoit l’horreur en toile de fond.

Ce que j’ai, je pense, le plus apprécié dans ce roman, ce sont les relations humaines qui se tissent , des relations plus ou moins fortes mais riches de ce qu’elles nous montrent. J’ai aussi été très touchée par tout ce qui peu à peu prend forme entre Max et la famille qui l’accueille, entre Max et Liesel, ainsi que le risque qu’elle prendra, déconnectée qu’elle semble petre de ce qui se passe, ou n’ayant plus envie de penser à ce qu’lele peut perdre, quand elle le voit dans cette « marche des juifs »

Ce qui est dingue c’est que ce livre, si on le creuse, est horrible dans ce qu’il nous montre et nous dit, et pour autant, la vie continue à s’écouler, et les quelques éléments d’horreur s’y diluent. D’une certaine manière, il me fait penser à cette « banalité du mal » qu’évoque Hanna Arendt, et ce même si au milieu de tout cela il y a eu, y aura toujours, des gens formidables qui risqueront beaucoup pour ne pas plier.

Une belle découverte, j’envisage de tenter le film.



mots-clés : #antisémitisme #deuxiemeguerre #mort
par chrysta
le Lun 30 Avr - 18:00
 
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Sujet: Marcus Zusak
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Jiri Weil

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Weil1010

VIVRE AVEC UNE ETOILE. - 10/18

Josef Rubicek n'était pas grand chose avant l'invasion de la Tchécoslovaquie par les Allemands. Un homme banal, un citoyen ordinaire, ainsi se définit-il.
Mais depuis, il n'est plus rien. en fait et c'est pire, il est juif.
Il vit seul dans une pièce glaciale et qui laisse passer la pluie.
Il n'est pas exigeant pourtant. Mais  il souffre de la faim, du froid. Et surtout de la peur.
Qu'on l'arrête et qu'on le déporte.
Alors qu'il était encore temps, il a refusé de quitter son pays et sa ville. C'est pourtant ce que lui proposait raisonnablement Ruzena, la femme qu'il aime.
Et qui lui manque. Dans son immense solitude, il a pris l'habitude de l'invoquer et de parler avec elle.

Josef, se contenterait de survivre et d'échapper à la déportation.. Il travaille dans un cimetière où lui et ses compagnons de misère font pousser des légumes, et un chat l'a adopté et lui tient compagnie.

Mais la haine de l'occupant le poursuit. Il est convoqué sans cesse pour faire états des biens qu'il n' a pas mais que les autres convoitent.
La situation ne cesse d' empirer. Les arrestations se mutiplient et les convois de prisonniers partent vers la déportation.
Comme lui, tous les juifs sont prêts à tout  dans l'espoir de survivre.
De fait, les plus riches se croyaient hors d'atteinte. Et la Communauté juive -à tort ou à raison- pensait encore sauver ce qui pouvait l'être en collaborant avec les nazis.
Jusqu'au dernier moment, chacun essayait de s'accrocher au moindre espoir.

"Ils se moquaient que la vie soit de peu de valeur. Ils savaient qu'elle est unique et irremplaçable et que c'était la leur."

Cette pensée, à mon avis fait mieux comprendre pourquoi  les juifs se sont laissé emprisonner, déporter et massacrer sans résister.
Envers et contre tout, rester en vie. Ils avaient cette illusion chevillée au corps jusqu'au bout.

Mais un jour, Thomas, le chat de Josef est tué par les Allemands. C'en est trop pour lui. Il pleure de pitié, de colère et d'impuissance.
N'ayant plus rien à perdre désormais, aux portes de la mort, il se sent enfin soulagé et libre.

Le ton du livre est uni et retenu, même s'il y a des éclats d'espoir, de nostalgie et de compassion.
Philip Roth écrit dans la préface du livre :

"Weil s'avérait être plutôt un conteur qu'un styliste absorbé par une auto-analyse implacable... Ce qu'il partageait avec l' écrivain russe Isaac Babel, c'était la capacité d'écrire sur la barbarie et la douleur avec un laconisme qui semble être en soi le commentaire le plus féroce qu' on puisse faire sur ce que la vie a de pire à offrir."

Récupéré


mots-clés : #antisémitisme #communautejuive #deuxiemeguerre
par bix_229
le Dim 30 Juil - 23:59
 
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Sujet: Jiri Weil
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Christopher R. Browning

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire 55371610

Des hommes ordinaires : Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne

présentation de l'éditeur a écrit:A l'aube du 13 juillet 1942, les hommes du 101e bataillon de réserve de la police allemande entrent dans le village polonais de Jozefow. Au soir, ils ont arrêté 1 800 Juifs : 300 hommes sont sélectionnés pour le travail, les autres, femmes, enfants et vieillards, sont abattus à bout portant. Les quelque 500 policiers de réserve du 101e bataillon n'avaient rien de nazis militants ou de racistes fanatiques. Ces " hommes ordinaires " ont eu, à plusieurs reprises, l'occasion de s'abstenir. Ils ont, dans leur immense majorité, préféré obéir, faisant en seize mois plus de 83 000 victimes, assassinées sur-le-champ ou déportées vers Treblinka. Analysant les témoignages de 210 anciens du bataillon, Christopher Browning retrace leur parcours, analyse leurs actions et leurs motivations, dans un des livres les plus forts jamais écrits sur la Shoah et sur l'ordinaire aptitude de l'homme à une extraordinaire inhumanité.


Une lecture sur laquelle j'étais resté partagé. L'objectif de rigueur et d'objectivité énoncé ne donnant pas forcément l'impression d'être poussé jusqu'au bout et une construction chronologique brouillée par des allers-retours expliqueraient mes réserves.

Il faut cependant souligner que le cœur de l'ouvrage repose sur un ensemble de témoignages a posteriori, collectés dans les années 60. Épluchés, sélectionnés et recoupés ils servent à tenter une reconstitution de comment ces "hommes ordinaires", ces policiers, hommes déjà mûrs, certains pères de famille, originaires de Hambourg ont pu participer activement, plusieurs fois, aux basses besognes de la Solution finale.



L'auteur n'est d'ailleurs pas le seul historien à s'être intéressé à ces témoignages, la postface est consacrée aux divergences de vue avec un confrère (Goldhagen). Partie laborieuse qui peut rendre compte d'une recherche d'objectivité plutôt que de condamnation d'office ? faut voir. j'ai été déçu aussi dans cette dernière partie par la démonstration qui est loin d'être extraordinaire, mis à part que l'approche du livre qu'on a en main est nettement plus motivante.

Pour ce qui est des faits reconnus on apprend beaucoup, sur le rôle des ghettos, certaines évolutions de la façon de mettre en oeuvre les exécutions : alcool, "sous-traitance" à des soldats étrangers, un découpage de l'ensemble en tâches attribuées à des acteurs différents, ...

Le dur des faits, les descriptions d'exécutions, les chiffres qui vont avec dépassent de loin toute possibilité d'imagination ou de projection. Ce n'est pas un problème d'abstraction c'est que (dieu merci !) sans ce genre d'expérience il est impossible de conceptualiser ça, de concrétiser le sens des mots et des chiffres.

Avec les extraits de témoignages et d'autres documents le livre essaye de définir ce qui a rendu possible le passage à l'acte "d'ensemble", en incluant les différences de caractères et d'attitudes, les refus, degrés divers d'acceptation et  de participation active. Des clés ou des pistes sont trouvées dans le contexte historique : l'endoctrinement, la guerre, l'usure morale dans cette guerre, mais aussi dans les dynamiques de groupe : hiérarchie, peur des sanctions, une forme de solidarité aussi teintée d'une volonté ne pas se marginaliser dans une structure qui ne peut pas l'accepter. Beaucoup d'ingrédients qui laissent inquiet et songeur tellement c'est à la fois lointain et quotidien à d'autres degrés.

La démonstration ne se transforme pas pour autant en justification, ce qui n'est pas étonnant et à rapprocher des chiffres comme 500 acteurs pour 83000 victimes (exécutions et participation aux déportations). Pas étonnant mais l'énigme et l'inquiétude qui motive ce type de lecture reste entière...

Les rappels  sur les expériences comme celles de Milgram (fameuse histoire des décharges électriques) sont légers. Les retours sur le poids du groupe, les oppositions d'images lâcheté/courage, faiblesse/force, endoctrinement/libre arbitre, le racisme "d'époque"... déplacent le sujet sur une perspective qui n'est plus historique ou alors "à actualiser" (sans que ce soit formulé explicitement).

A côté du comment c'est donc la question de la légitimité de l'acte et de l'individu qui est posée, le sentiment implicite qui fait qu'on évite de se poser des questions.

Reste qu'il est à travers cette lecture seule, et dans l'absolu ?, impossible de se projeter dans ce monde d'alors et qu'on ne peut pas non plus estimer le poids du choix individuel du refus (question politique d'une forme d'inaction).

La conclusion brute qu'on serait obligé d'en garder n'est pas réjouissante : statistiquement nous sommes des monstres.

(A prendre avec des pincettes car c'est une refonte avec de lointains souvenirs d'un avis de lecture de 2010... ).


mots-clés : #antisemitisme #deuxiemeguerre #communautejuive #historique
par animal
le Dim 12 Mar - 22:01
 
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Jiri Weil

Mendelssohn est sur le toit

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Dfgsd111

Jiri Weil fait, à mon humble avis partie des trois plus grands écrivains tchèques avec Kafka et Hrabal.
L'importance de son travail littéraire en République Tchèque est considérable et son étude habituelle dans les cercles universitaires.
Sa réflexion sur la situation des juifs pendant la seconde guerre mondiale et après l'est tout autant.
Ce roman raconte l'histoire de soldats nazis ayant pour mission de retirer toutes les statues rendant hommage à des artistes juifs dont le compositeur de musique Mendelssohn. Le sujet prête à rire s'il n'était hélas authentique. Weil prend garde de bien mettre en avant l'absurdité d'une telle démarche avec des débats entre les soldats mémorables sur la façon de reconnaître une statue juive. Hélas il y a aussi le drame, Weil nous le rappelle par son style laconique, triste, d'une simplicité humble et réaliste. On lit les pages on s'amuse, on culpabilise de s'amuser mais il y a aussi une émotion dont on ne connaît précisément l'origine et qui nous étreint. On referme le livre, on le repose, et il est impossible de ne pas être différent d'avant la lecture car ce récit transforme, par sa réflexion, par son histoire tout lecteur interpellé par cette époque tragique. Un grand roman.



mots-clés : #antisémitisme #communautejuive #deuxiemeguerre #romanchoral
par Hanta
le Dim 19 Fév - 19:27
 
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Anna Bikont

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Produc33

Le crime et le silence


C’est un article dans la presse qui m’a conduit à la lecture de ce livre.

« L'auteur polonais Jan GROSS s'est vu retirer sa médaille d'Ordre du mérite reçue en 1996 pour avoir publié “Les Voisins, un massacre de Juifs en Pologne”, dans lequel il décrit la complicité des Polonais dans les crimes nazis en 1941. » (le président élu en 2015 a mis la barre à droite)

J’ai choisi de lire le livre d’Anna Bikont car elle s’intéressait à l’ambiance de la ville de Jedwabne 60 ans après le crime ;  qu’elle a pendant 4 ans dressé un journal, interrogé les derniers témoins encore vivants (victimes et assassins y compris) et les descendants de ceux disparus.

Pogroms du mois de Juillet 1941
Le 5 à Wasosz
Le 7 à Radzilow
Le 10 à Jedwabne

Mais il y a eu d’autres progroms et des assassinats après la fin de la guerre.

Son journal commence en 2000. L’antisémistisme est aussi virulent, entretenu par le curé, comme à l’époque, et par le Parti Nationaliste. La journaliste est insultée car elle est d’origine Juive. Les témoins ont peur, même lorsqu’ils livrent leur vérité ils demandent l’anonymat. L’approche de la commémoration du 10 Juillet 2001 pour les 60 ans soulèvent des rejets, la participation du Maire et du Président de la Pologne sont critiqués et le conseil municipal refuse les travaux conduisant au monument pour les Juifs. Le Maire se retrouve seul à gérer et à porter les critiques.

Anna Bikont rencontrera les Juifs rescapés et/ou leurs descendants en Israël, aux USA et en Pologne et recueillera leurs souvenirs, leurs témoignages. Très rares sont les descendants qui reconnaissent les actes commis par leurs parents et un seul de Jedwabne finira par dire son regret à la journaliste.

Parallèlement à son enquête, il y aura une instruction sur cette terrible journée du 10 juillet 1941, les procès qui se sont déroulés en 1949 seront revus, exploités ainsi que de nombreux documents et le procureur donnera ses conclusions préliminaires :

« Les Allemands, a-t-il dit, doivent être considérés comme les auteurs du crime au sens large. Les exécutants ont été des habitants polonais de Jedwabne et des environs, des hommes, quarante au moins. »

Le procureur est critiqué dans ses conclusions, notamment par le très populaire hebdomadaire catholique Niedziela.

Dans son post-critum daté de 2010 Anna Bikont dit que

Si le pays a évolué,
Si le Président a donné importance aux commémorations du 10 juillet,
Si les évêques ont demandé le pardon,
Si le président de l’Institut de la mémoire nationale a exprimé sa compassion pour les citoyens polonais d’origine juive assassinés

A Jedwabne et dans de nombreux endroits l’antisémitisme est toujours aussi présent, sur la place du marché a été édifié un contre-monument pour commémorer les Polonais déportés en Sibérie (dont les Juifs ont été rendus responsables) pendant la guerre, aucun habitant ne participe à la modeste commémoration , le panneau qui indiquait le lieu du martyre a été enlevé.

Pourquoi tant de haine des Polonais chrétiens envers les Juifs ? il semble que les Polonais enviaient la situation des Juifs, plus riches, ils voulaient leurs maisons, leurs biens. Les Juifs étaient installés en Pologne depuis environ 800 ans mais comme les Polonais les traitaient en « visiteurs » ils ont trouvé que la visite était un peu longue.

Les Polonais ont du se sentir humiliés des services rendus par les Juifs ; de leur côté les Juifs n’appréciaient guerre les goyims parce qu’ils étaient pour la plupart analphabètes, ivrognes…. (les Juifs travaillaient dur)

« La graine de la haine est tombée sur un terrain bien fertilisé, soigneusement préparé pendant de longues années par le clergé. Et l’envie de s’approprier les grains et les richesses des Juifs a encore aiguisé les appétits. »

Anna Bikont a honnêtement cités les personnages qui se sont comportaient correctement avec les Juifs, voire les ont aidés ou soutenus ; elle a d’ailleurs interviewé  deux Justes parmi les Nations.

C’était une lecture éprouvante mais la démarche de la journaliste m’intéressait.


mots-clés : #antisemitisme #communautejuive #historique
par Bédoulène
le Mar 31 Jan - 23:06
 
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Gyula Krúdy

L'affaire Eszter Solymosi

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Krudy10

J'avais envie d'un livre long, d'un livre lourd, d'un livre qui prenne le temps de me raconter des choses que je sais (un peu) et d'autres que je ne sais pas (du tout). Ce livre s'est incarné grâce à Gyula Krúdy. Je suis passée au large de certaines références historiques et littéraires (en me promettant d'y revenir) mais j'ai complètement cédé au charme incroyable d'un conteur déroutant et lucide, poétique et politique, dense et dansant. C'est en 1931 que Gyula Krúdy s'empare de L'affaire Eszter Solymosi (prononcer choyemochi) qui défraya la chronique hongroise des années 1880. Et le lecteur ne peut que se réjouir d'avoir entre les mains ce que Krúdy appelle des notes (qu'il fera publier en feuilleton dans un journal et ne seront éditées en livre que quarante ans après sa mort en 1970) et qui se compose de pas moins de 640 pages fort adroitement hypnotiques ! Une somme ! Un roman passionnant parce qu'il nous raconte le temps d'avant : avant la Shoah, quand être antisémite était l'apanage des riches propriétaires, nationalistes et érudits et d'avant la mondialisation, quand les nouvelles ne parvenaient que par l'intermédiaire des journaux, quand on voyageait encore à cheval, quand la Hongrie était plus vaste et parlait bien des langues : le hongrois, certes, mais aussi le yiddish, le ruthène, le slovaque, le souabe ou bien l'allemand…

Terre de métissage, aux élites effrayées par l'arrivée massive de juifs issus de la diaspora russe (les premiers pogroms ont alors lieu là-bas), la Hongrie est alors un pays qui se remet à peine de la Révolution de 1848. La Hongrie où les pauvres sont aussi pauvres que ceux de la Bible, où les flotteurs de bois descendent aux beaux jours sur leur radeau le bois qu'ils ont coupé l'hiver, une Hongrie à la fois pleine d'un charme désuet et dangereux que se plaît à nous décrire Krúdy. Car il faut bien reconnaitre que les deux cents premières pages de ce gros roman fabuleux mélangent pêle-mêle cette société hétéroclite, passant allègrement des juifs nécessiteux aux chrétiens qui ne le sont pas moins, d'un commissaire en suspension disciplinaire, à un dirigeant violemment antisémite (mais qui bien sûr adore ses amis juifs), d'un couple d'aristocrates où madame porte la culotte, jusqu'à ces Ruthènes taiseux qui font flotter le bois sur le fleuve Tisza. Fleuve qui est sans doute le personnage le plus inattendu de ce roman.

Mais quid d'Eszter Solymosi qui donne son nom au roman ? Eszter est une jeune fille de quatorze ans, chrétienne, servant dans la maison de la mère Huray (qui n'est pas commode). Un samedi matin, sa maitresse l'envoie acheter de la peinture. La gamine ne réapparaitra jamais. Au même moment, ce samedi-là, le bedeau a réuni dans la synagogue un groupe de juifs parmi lesquels il doit trouver un nouveau sacrificateur pour sa communauté (en effet pour que la viande soit kasher, l'animal doit être tué selon un rituel précis, il ne doit pas souffrir et doit être vidé de son sang). De l'un à l'autre de ces deux évènements, l'amalgame se fait tout naturellement entre voisins qui s'ignorent ou parfois se haïssent et voilà les juifs accusés (par un des leurs, ce qui est bien le comble), de crime rituel. Les juifs auraient attiré la jeune fille dans la synagogue, l'auraient maintenue au sol, lui auraient coupé la gorge, auraient récupéré son sang dans des bassines et ce sang aurait servi pour fabriquer le pain azyme de la Pâque. Vous n'y croyez pas ? Pourtant en 1882, à Tiszaeszlár tout le monde y croit, une furieuse vague antisémite gagne le village, puis la région et enfin la Hongrie toute entière ! Qui sont ces juifs qui viennent tuer nos enfants chrétiens ? Du plus pauvre au plus riche, on s'indigne, on fouille, on observe, on se méfie. Et les autorités appuient. Fort. Du juge d'instruction au commissaire en passant par les médecins tout le monde accepte la version de Moric (le fils du bedeau). Las ! Le seul moyen pour réhabiliter les juifs d'Eszlár est de retrouver le corps d'Eszter… Les grandes familles juives d'Europe (oui, l'affaire en est arrivé à mobiliser -un peu- l'ensemble des riches juifs d'Europe) promettent cinq mille florins (une somme formidable) à celui qui retrouvera le corps d'Eszter. Et on le retrouve ! Ce sont les flotteurs de bois qui la font surgir miraculeusement de l'eau ! Mais ! Non ! Ce n'est pas elle ! Ce n'est pas le corps de la petite Eszter ! Sa mère est formelle, sans même jeter un regard à la dépouille elle le sait ! Une mère sait cela ! Surtout le corps repêché dans les eaux boueuses de la Tisza n'a pas été égorgé. Ce n'est donc pas Eszter ! CQFD !

Alors commence en juin 1883, en pleine canicule, le procès le plus retentissant de l'époque et c'est à nouveau toute une cohorte de juifs s'arrachant les poils de la barbe, de bourgeois fondamentalement antisémites, de juges taciturnes, d'avocats belliqueux, de journalistes fiévreux qui viennent user leurs fonds de culotte sur les bancs du tribunal. La société décrite par Krúdy est formidablement bien rendue, l'enquête et le jugement (même s'ils sont racontés 50 ans plus tard) valent largement le récit de Capote et son Sang froid de légende, le procès est également à peu près aussi fou, fort, formidable que celui de Kafka. On nage en pleine fournaise, dans le halètement des hommes qui comme des bêtes appellent le sang. Vous l'avez compris, j'ai adoré ce livre. Il m'a totalement emporté. A la fois pour ce qu'il dit de la condition juive à l'époque (mais sans tomber non plus dans une démagogie débilitante, les juifs d'Eszlár sont sales, bêtes et méchants et ceux de Hongrie ne connaissent déjà plus la solidarité), les bourgeois sont pour la plupart antisémites par tradition comme ils sont nationalistes à un moment de l'histoire où la Hongrie est sous le joug autrichien… Le récit de Krúdy est incroyablement riche, coloré, parfois farfelu dans sa chronologie et ses choix narratifs, tendu vers la vérité, rendant hommage à l'intelligence et au courage de ceux qui ne crurent pas à l'histoire racontée, voulue, martelée par les autorités d'un crime rituel dont tout le monde s'accorde à accuser les Juifs.

Mais au final… qu'en est-il du corps d'Eszter Solymosi ? Et bien trouvez ce livre, lisez-le, dévorez-le et vous saurez peut-être un bout de la vérité, en tout cas vous apprendrez que :

Ce monde est la maison des êtres sans nom, où chacun doit travailler, jour après jour, pour conserver sa place dans l'existence.


N.B. : j'ai bien conscience que ce roman de Krúdy est très particulier au sein de sa production littéraire, écrit tardivement alors qu'il avait besoin d'argent, il n'est sans doute pas très représentatif de son Art, il n'en reste pas moins un roman dans lequel on retrouve les préoccupations et la construction/circonvolutions de l'auteur, un roman qui me donne furieusement envie de découvrir toute l'œuvre de Krúdy !


mots-clés : #antisemitisme #communautejuive #social
par shanidar
le Lun 23 Jan - 16:57
 
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Friedrich Gorenstein

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Gorens10

CHAMPAGNE AU FIEL


J'ai lu  Champagne au fiel il y a quelques temps. Ces trois longues nouvelles ont en commun la désignation de trois fléaux qui ravagèrent la Russie : la misère extrême du petit peuple, la persécution politique, l'antisémitisme.
Gorenstein les dénonce avec vigueur, mais ce qui m'a frappé avant tout, c'est peut-être sa tendresse attentive pour tous ceux qui ont souffert, pour sa Russie bien aimée.
"Que nul ne peut comprendre, écrit-il, pas même les Russes, et que l'on ne peut qu'aimer."

"Il est hors de doute que l'ivrognerie n'est pas un trait psychologique naturel, inné du peuple russe.
Il est hors de doute que ce peuple, on l'a saoulé.
Qui ? Le cabaretier juif, comme, l' affirmaient autrefois les Cent Noirs et l'affirment leurs successeurs d'aujourd' hui ?
Les livres de publicistes disent clairement qui est responsable de l'ivrognerie russe : le pouvoir, l'Etat, qui en introduisant le monopole de production et de vente des spiritueux a cherché les moyens de développement d'une voie qu'il avait définitivement choisie dès Ivan le Terrible...
Voilà plus de quatre cents ans que ces cabarets de ruine et les magasins impériaux, même si aujourd' hui ils portent un autre nom, dominent la Russie."


La liberté de ton dont il fait preuve tient au fait que Gorenstein a quitté son pays pour se réfugier à Berlin Ouest.
C'est sans doute pour cela que j'ai particulèrement apprécié Dernier été sur la Volga.
L'auteur se prépare à quitter son pays. Et là, attendant un bateau, il se promène près du grand fleuve. Et il y rencontre Liouba, mendiante lumineuse.
Humble femme humiliée et offensée mais généreuse.

"La voilà devant moi, la Russie. La voilà, ma petite mendiante.
Non ce n' est pas une beauté aux joues rouges, au corps droit, à la poitrine abondante en sarafane brodé qui vous offre sur un plat doré un grand pain tout frais sorti du four....
Mais Liouba misérable, meurtrière sans péché, au regard humble et clair, à l'âme amère et automnale. Une fille du temps née sans auciun droit. Telle que je voulus la graver dans ma mémoire, telle que je voulais l'emmener au loin."


A travers cette femme dostoievskienne, on peut voir si l'on veut, le symbole d'une Russie malheureuse et persécutée mais généreuse malgré ses souffrances.

"L'attente en Russie, est indissolublement liée aux espaces du pays et constitue une autre hypostase de l'idée de la Russie qui, comme quelqu'un l'a,  à juste titre fait remarquer, s'exprime clairement dans la chanson russe, pleine de profonde tristesse ou de gaieté débridée.
Les heures et les kilomètres y sont infinis. Que l'on marche, que l'on roule, que l'on demeure assis, on n'en voit pas le terme.
Par son horrible monotonie, le temps d'attente vous étreint l'âme d' angoisse, tout comme la nature égale de la steppe, la forêt profonde toujours pareille à elle-même, la nuit d'automne, l'hiver sévère."


Ces phrases me font beaucoup penser à la superbe nouvelle de Tchekhov : La Steppe.
Mais c'est aussi l'expression de l'identité juive dans un pays férocement hostile à cette identité.

Message récupéré


mots-clés : #antisemitisme #regimeautoritaire #segregation #social
par bix_229
le Dim 22 Jan - 13:34
 
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Léonid Guirchovitch

Schubert à Kiev

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Tylych10

Schubert à Kiev aborde un thème qui, dans les lettres russes contemporaines, est toujours frappé de tabou : la collaboration avec l’occupant nazi d’une partie de la population soviétique.
L’action débute au printemps 1942. Les espoirs que les nationalistes ukrainiens avaient placés dans le Reich ont fait long feu. L’éphémère indépendance de leur pays a laissé place à un régime de terreur. Tous les Juifs de la ville ont été massacrés à Babi Yar, à l’exception de ceux qui se cachent ou qui ignorent leur origine. Valentina Maleïeva, pianiste de l’opéra, qui élève seule sa fille Pania, fait l’objet d’un chantage de la part du metteur en scène : ayant découvert l’identité « mortellement dangereuse » du père de la jeune fille, une beauté de dix-huit ans, il tente de contraindre la mère à une liaison à trois.
C’est l’opéra – la musique – qui constitue l’épicentre de l’action romanesque, et apparaît comme le révélateur d’une époque et d’un tournant historique. En effet, les destinées humaines, particulièrement poignantes dans ce texte, ne sont pas l’unique enjeu du livre : il s’agit aussi de mettre en lumière l’écroulement de la culture romantique dont le nazisme représente la dernière étape et Schubert le symptôme par excellence.


Lire Schubert à Kiev , c’est pénétrer dans un univers de musique classique et d’opéra , et c’est bien sous les airs de Schubert , Beethoven et tant d’autres  que l’auteur évoque la fin du romantisme sous le nazisme au travers de personnages collaborant avec les Allemands.
La toile de fond est un opéra, autour duquel un metteur en scène fait preuve de persécution à l’égard d’une pianiste après avoir découvert ses origines juives , ou les idéologies, parfois pas très claires et à double tranchant des personnages présents  sont évoquées.
Ce livre est un trésor pour les férus de classique, en effet, Guirchovitch  construit  la trame de son roman autour de lieds, de références aux textes d’opéras, ou d’événements liés à ce monde. D’autre part, la littérature russe et allemande n’est pas en berne non plus. Heureusement, beaucoup d’annotations en bas de pages sont nécessaires afin de comprendre où l’auteur veut en venir…
Je dirais que c’est une lecture assez éprouvante pour les lecteurs qui ne sont pas connaisseurs d’opéras d’autant qu’il faut également avoir un minimum de bagages en allemand, puisque certains passages ne sont pas traduits .De plus, mieux vaut être à la page concernant le conflit russe/allemand de 1942 ainsi que la collaboration ukrainienne.    
 
Alors faut-il pour autant s’y atteler ?

ce livre m’a légèrement ennuyée, du fait de la rhétorique  très spéciale et déclamatoire de l’auteur en plus de sa complexité , cela dit ce qui est ardu à mes yeux pourrait se révéler comme une lecture impérative pour d’autres en vue de la singularité du style Guirchovitch et de son érudition. Certes, certains auteurs abordent ce sujet de manière plus accessible sans transformer leur lectorat en nomade recherchant la lumière qui pourrait les éclairer mais ne serait-ce pas un atout pour Guirchovitch de se distinguer dans ce genre de littérature propre aux auteurs russes ?

Un livre qui sûrement mérite lecture , dérangeant , et ayant fait grincer des dents une Ukraine et une Russie qui font encore de ce sujet un tabou.


mots-clés : #creationartistique #deuxiemeguerre #antisémitisme
par Ouliposuccion
le Dim 22 Jan - 10:16
 
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Sujet: Léonid Guirchovitch
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Bernard Malamud

L'homme de Kiev

Tag antisémitisme sur Des Choses à lire Images51

Comme on dit au cinéma aujourd'hui, ce livre est tiré de faits réels. En 1923, après la découverte du cadavre d'un jeune garçon chrétien de 12 ans, un pauvre juif est accusé  de meurtre rituel. C'est le parfait bouc émissaire, et malgré l'absence de  preuves, il est incarcéré, dans des conditions de plus en plus dramatiques, coupé du monde, traité avec une arrogance et une cruauté infamantes... Il reste cependant droit jusqu'au bout, frisant la folie mais clamant son innocence jusqu'au bout, en refusant d'accuser la communauté juive comme on le lui propose contre une remise de peine. Affaibli, avili, il n'en continue pas moins à chercher son propre chemin. Terrible sujet que cet enfermement kafkaïen dans les geôles atrocement antisémites de Nicolas II. Bernard Malamud mêle désespoir face à l'inhumaine humanité et espoir en l'homme, même écrasé par l'adversité, seul contre tous. Il mène un récit prenant, d'une tension croissante, que j'aurais voulu par moments moins bavard.


mots-clés : #antisémitisme #captivite #communautejuive #segregation
par topocl
le Jeu 15 Déc - 11:38
 
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Sujet: Bernard Malamud
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