Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Jeu 22 Aoû 2019 - 18:36

3 résultats trouvés pour catastrophenaturelle

Josephine Winslow Johnson

Novembre

Tag catastrophenaturelle sur Des Choses à lire Proxy195

Face aux espoirs de la jeunesse, les affres de la Grande Dépression dans cette ferme perdue où la famille s’est retirée, s’égrainent au fil d’une année qui conclue sinistrement dix ans de lutte. Pèsent la rudesse du père accablé de n’avoir que de filles, la folie de la soeur aînée, la hantise de l’hypothèque sur la ferme. La sérénité de la mère, dont la résilience est portée par l’amour de Dieu et de son mari, et l’amour du garçon de ferme, quoique sans retour, sont des baumes bienfaisants. La nature sauve en autant d’instants lumineux cette existence tourmentée, jusqu’à ce que la sécheresse s’en mêle, accablante.

Il y a un côté Steinbeck, bien sûr, mais avec des personnages plus torturés et un lyrisme passionné. La détresse de la jeune narratrice alterne en permanence avec une forme d’espoir, à moins que ce ne soit une résignation. Troublant, même si le style dans son emportement et sa singularité  poétique, se fait parfois opaque (traduction?).


Mots-clés : #catastrophenaturelle #famille #jeunesse #lieu #ruralité #social
par topocl
le Lun 22 Juil 2019 - 5:05
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Josephine Winslow Johnson
Réponses: 2
Vues: 39

Jocelyne Saucier

Il pleuvait des oiseaux

Tag catastrophenaturelle sur Des Choses à lire Cvt_il10
Originale : Français (Quebec/Canada, 2011)

CONTENU :
1996 : Dans les larges étendues du Canada, une photographe est à la recherche d'Edward (ou Ted, Ed) Boychuck, l'un des derniers témoins des « Grands Feux » des années 1911-16 (voir aussi par exemple : http://voyagesontario.com/points-interets/le-grand-incendie-de-1916 ), en vue d'un réportage et une exposition de portraits de ces survivants. Mais c'est trop tard : quand elle arrive devant des baraques isolées, loin de tout, Boychuck était mort depuis juste une semaine. Ses compagnons des dernières années, vivant plus ou moins proche, mi-éremite, mi se tenant compagnie, se montrent plutôt pas impressionnés par cette mort, mais en font plutôt des blagues. L'arrivée de la photographe (qui demeurera sans nom) est presque vécue comme une intrusion, même si elle est sous le charme de ces vieillards loufoques. Mais qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? Et pourquoi est-ce que ces trois avaient décidé de vivre dans un tel éloignement du monde ?

Plus tard apparaît encore une femme d'âge avancée, tante d'un des hommes qui sert comme intermédiaire entre les hommes et la ville. Cette femme va remuer les habitudes des uns et des autres et apporter une touche de féminité dans cet univers masculin. Et au bout, ce sera aussi une histoire d'amour...

REMARQUES :
Je suis tombé sur ce livre par la récommandation de notre bibliothècaire, et en plus il y avait une histoire de discerner/découvrir le Prix France-Québec (que ce livre a finalement gagné!). Je me suis laissé avoir et je n'ai pas regretté.

Les chapitres différents sont introduits – en français même différents par le choix de lettres en italique – par des espèces de vues panoramiques. Les trois premières parties seront racontées par trois différents acteurs (la photographe et deux des personnages intermédiaires entre le camp et le monde extérieur), avec leur vues sur le déroulement des choses, leur connaissance des « trois vieux ». Puis un narrateur omniscient (première personne) qui va, en partie chronologiquemment, mais aussi avec des regards en arrière, parler d'éléments divers.

En 1996 Tom a 86 et Charles déjà 89 ans. Avec Ed ils étaient plus ou moins longtemps ensemble dans cet écart du monde et il doit y avoir des raisons. Ed avait été le premier à s'installer : il avait survécu le grand feu de Matheson de 1916, sujet (Leitmotiv) qui revient plusieurs fois au cours du roman. Il s'est retiré plus tard dans sa vie ici et travaillait pendant des mois sans grand contact extérieur sur ses peintures. Aussi chez les autres il a du y avoir des raisons diverses qui les a menées dans cet isolement choisi. Pas seulement par haine envers l'espèce humaine, mais partiellement même « chassés » de la communauté. Et il y a des raisons différentes qui poussent alors des hommes (et ici plus tard aussi une femme) à chercher la solitude relative. Fuite ? Protection ? Calme ?

Vers les nouveaux arrivants il peut y avoir une méfiance : est-ce qu'il ou elle va déranger l'ordre de cette cohabitation ? Le mépris, est-il justifié ? Peu à peu l'histoire nous revèle ce cheminement, et pendant des moment on pourrait bien se sentir un peu sur une mauvaise piste et se faire désorienter par une espèce de jeu avec les genres : au début il y a même une allusion qui laisserait craindre le pire (un crime) ! L'installation de la vieille Gertrude – qui avait été internée injustement pendant 60 ans dans un asyle psychiatrique ! - va bousculer l'ordre et remuer ces vieux messieurs. Et des sentiments naissent. Oui, le grand âge n'empêche pas de tout une histoire d'amour à naître. Dont il sera question, comme aussi du sujet de la liberté (de quoi ? Pour quoi?), et du vieillissement, la dignité, la mort.

Un bon roman, une belle histoire d'amour tardif, mais aussi un témoignage sur ces grands feux si dévastateur au Canada, surtout dans les années 10 du XXème siècele. Et le titre n'a d'un coup rien de symbolique : derrière une formulation quasiment poètique se cache une dure réalité qui me rappelait un autre roman, allemand, sur les incendies de Dresde : dans la chaleur inimaginable il pleuvait littéralement des corps calcinés d'oiseaux...


Mots-clés : #amour #catastrophenaturelle #solidarite #vieillesse
par tom léo
le Sam 15 Juin 2019 - 13:08
 
Rechercher dans: Écrivains du Canada
Sujet: Jocelyne Saucier
Réponses: 8
Vues: 141

Emmanuel Carrère

D’autres vies que la mienne

Tag catastrophenaturelle sur Des Choses à lire 28657_10


2009

Prix Cresus, Prix Marie Claire du roman d’émotion, Globe de cristal 2010, Prix des Lecteurs de L’Express

CONTENU :
Editions P.O.L. a écrit:À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari.
Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ?
C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère).
Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai.
E. C.


REMARQUES :
Ce premier événement se rapporte à la catastrophe du Tsunami, vécue en 2004 ensemble avec une autre famille (et beaucoup de ceux touchés, justement encore „d‘autres vies“) au sud du Sri Lanka. A peine quelques mois après la soeur de sa compagne meurt et laisse son mari et ses enfants. Elle avait été atteinte d‘un cancer, elle la juge.

Et justement Carrère parle de ces „autres vies“, mais comment ne pas se laisser atteindre lui-même dans sa chair, dans ses interrogations? Dans ce sens-là: pas juste une chronique neutre et distante, ou un roman fictif, mais un récit authentique, un va-et-viens entre déscriptions et sentiment, réaction, attitude.

Perte d‘êtres chers (une fille, une épouse et mère) – donc un sujet gravissime. Mais ces personnages, et tous autour, sont peints dans une telle humanité et dignité qu‘ils ne provoquent pas juste de tristesse, mais un sentiment de respect en moi.

Peut-être la description du coté professionnel des deux juges décrits est un peu trop étirée, trop technique dans certains détails. Mais au même moment elles aident à nous rapprocher d‘êtres concrets, aussi dans leur vie professionnelle.

Carrère donc, au milieu de ces récits d‘autres vies, est protagoniste, comme si souvent dans ces œuvres. Il est témoin, proche. Et il parle – ce qui le rend sympathique – d‘un processus d‘apprentissage. Alors ce qui pourrait un peu désorienter au début (mais pourquoi tant parler de lui-même s‘il veut parler des autres?) devient une forme de grande honnêteté et ouverture: ne pas se cacher derrière des formulations toutes faites, mais parler de ses sentiments, expériences contradictoires. Et de sa fragilité qui, chez Carrère, lui est inscrit dans le visage.

Et alors dans le contact avec „ces autres vies“, c‘est aussi la sienne qui se met en marche. C‘est quand même bizarre, ou étonnant, ou surprenant que la mort d‘autres, plus ou moins proches de lui, mènera sa vie peut-être pour la première fois vers une volonté de constance et fidélité dans ses propres relations qui au début du livre semblaient déjà tellement compromises.

mots-clés : #biographie #catastrophenaturelle #mort
par tom léo
le Dim 4 Mar 2018 - 12:05
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Emmanuel Carrère
Réponses: 72
Vues: 2427

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