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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mar 12 Nov - 17:14

15 résultats trouvés pour faitdivers

Jakob Wassermann

Tag faitdivers sur Des Choses à lire Cvt_ga10

Gaspard Hauser ou la paresse du cœur

L'auteur conte et exploite un fait divers qui a bouleversé la société à l'époque. "Surnommé « l'orphelin de l'Europe », il est encore aujourd'hui au centre d'une énigme relative à ses origines." (wikipedia)

1828 à Nuremberg est recueilli un adolescent d'environ 16 ans mais dont le langage est celui d'un jeune enfant. Il s'identifiera lui même en écrivant dans une écriture enfantine comme étant Gaspard Hauser ; il restera quelque temps dans un cachot de la prison jusqu'à ce que la ville décide de son sort en le confiant au Professeur Daumer. Ses réactions inattendus prouvent qu'il méconnait le monde, les hommes, la nature ; cependant comme il est coûtume que celui qui est différent, étranger est forcément mauvais dès son apparition, après la curiosité, souvent malsaine des habitants de la ville, il fut traité d'imposteur. Seul Hill, le gardien de prison était lucide sur l'état de l'adolescent :

"Ces messieurs de l'Hôtel de Ville devront encore noircir bien du papier, s'ils prétendent continuer dans cette voie, déclara le gardien Hill, le matin du troisième jour de la détention de Gaspard Hauser, au professeur Daumer qui venait visiter le prisonnier. Je connais tous les trucs de la canaille, mais si celui-ci est un imposteur, je veux être pendu."


Le Professeur Daumer se proposa de prendre Gaspard chez lui, de l'éduquer et de tenter de découvrir son passé. Daumer fit des expériences  sur Gaspard, ( l'hypnotisme, transmission de pensée, il décèle chez l'adolescent la faculté de reconnaître les métaux à l'aveugle, « par captation d'influx »)  par exemple, le faisait se produire dans les salons des notables que cela amusait. Tantôt admiré, tantôt rejeté, Gaspard apprenait ce monde d'homme lui qui avait été confiné, retenu dans un cachot (avec pour compagnon un petit cheval de bois et pour nourriture du pain et de l'eau) jusqu'au jour de son apparition à Nuremberg. Au fil du temps, des rumeurs circulèrent ; Gaspard serait l'enfant d'un Noble, un haut personnage. Certains se gaussèrent, d'autres hélas le crurent.

Il s'avéra que l'adolescent fut victime d'une agression par un inconnu et fut poignardé, sans grand mal l'agresseur ayant été dérangé. L'enquête qui s'ensuivit et le fait que Daumer avait échoué dans ce qu'il pensait trouver chez Gaspard,  le Professeur Daumer demanda à ce que Gaspard soit placé dans une autre famille.

"On peut connaître la portée de ses actes, n'est-ce pas M. Daumer ? Mais de là à braver les évènements, comme on arrête le glaive d'un ennemi pour détourner le coup, il y a un pas. Souvent les idéalistes et les psychologues ne valent guère mieux que les voleurs et les usuriers.
On rentre chez soi, en philosophe, on se couche, et le lendemain matin la vie paraît bien plus acceptable qu'elle ne l'était la veille."


Ce fut donc la famille du Conseiller Behold qui s'occupa de Gaspard, et surtout Mme Behold que l'adolescent intriguait et qui était sensible à sa beauté, mais cette femme était cruelle et les prémisses d'une maladie mentale fit que la situation de l'adolescent devint invivable ; le Bourmestre, Daumer et quelques uns de ses "amis" réclamèrent au Président Feuerbach *(de la cour d'appel des Rezatkreis à Ansbach ) de nommer un nouveau tuteur pour Gaspard.

"Mme de Behold attendit une heure de l'après-midi où Gaspard n'était pas à la maison pour faire jeter dans une caisse toutes ses affaires : habits, linge, livres et autres objets ; puis elle fit placer la caisse ainsi remplie, sans couvercle, au milieu de la rue."

M. de Tucher qui était un homme de devoir se considéra moralement obligé de le recueillir.
Mais entre Gaspard et la société c'était l'incompréhension car les faits, les paroles de l'adolescent étaient pris comme de l'arrogance, de la désobéissance, des mensonges, il était malheureux. Et M. de Tucher estimant qu'il était impossible d' appliquer ses principes auxquels il avait une foi inébranlable accepta la demande de Lord Stanhope, un anglais qui s'intéressait à Gaspard, de l'adopter.

Cependant ce Lord était un étranger, bien étrange, était-il vraiment sincère comme le pensait Gaspard, était-il vraiment celui qui le ramènerait vers ses parents inconnus ? *

"Son mépris des hommes, qui touchait au sublime, lui permit d'exploiter leurs faiblesses. Il se mit au service des Grandes Puissances et connut les mystères répugnants de leurs antichambres et de leurs passages dérobés. Il devint l'agent du pape et de l'agent stipendié de Metternich. Bientôt, son nom fut effacé de la liste des honnêtes gens pour être classé dans celle de ces aventuriers qui, en marge de la société, jouent un rôle ténébreux."

Il n'y eut point adoption et une nouvelle fois Gaspard fut recueilli dans un autre foyer, celui de M. Quandt, instituteur, compensation financière par Lord Stanhope. Hélas il était dit que Gaspard ne donnerait satisfaction et ne recevrait pas l'affection auquel chaque enfant a droit, lui un "sans famille", un étranger dans ce monde.

"Le premier Quandt paraissait satisfait de son sort, le second se trouvait partout et toujours frustré et offensé. Il pourrait sembler difficile que deux hôtes si dissemblables puissent vivre sous un même toit et pourtant les deux Quandt s'entendaient à merveille."

Bien qu'il apprit, bon gré, mal gré, l' attitude servile des uns, autoritaire des autres, la cupidité, la méchanceté, sa clarté à lui le poussa à croire, un inconnu se disant messager de sa mère, il le paya de sa jeune vie.

Parmi les personnes sincères, le Président Feuerbach oeuvra à sa reconnaissance, usa de sa position, même auprès du Prince ; Mme Kannawurf le soutint de son mieux mais du s'éloigner.


Bien que l'histoire en elle-même intéresse par l'aspect humain, social, historique et géographique (un regard sur la société de l'époque, d'une ville) ce sont les portraits psychologiques des personnages qui sont exceptionnellement bien rendus.

J'ai apprécié l'écriture, le fait que l'histoire soit à la fois traitée comme un témoignage, celui de l'adolescent et  un thriller.

Bref je suis contente d'avoir suivi le conseil de Quasimodo, grand merci, et d' avoir donné à l'auteur une deuxième chance de me convaincre.

Spoiler:
* Philip Henry Stanhope, 4ème comte Stanhope  (7 décembre 1781 - 2 mars 1855), était un aristocrate anglais, principalement connu pour son rôle dans l'affaire Kaspar Hauser au cours des années 1830.
* Paul Johann Anselm Knight von Feuerbach (né le 14 novembre 1775 à Hainichen à Iéna , † le 29 mai 1833 à Francfort ) était un juriste allemand.
* Georg Friedrich Daumer (né le 5 mars 1800 à Nuremberg et mort le 13 décembre 1875 à Wurtzbourg), est un philosophe allemand du xixe siècle.
*Baron Gottlieb von tucher
pas trouvé l'instituteur Quandt mais qui s'appellerait Meyer ?
pas trouvé non plus la famille du conseiller Behold




Mots-clés : #faitdivers #xixesiecle
par Bédoulène
le Jeu 7 Nov - 18:30
 
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Sujet: Jakob Wassermann
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Christine Montalbetti

Trouville Casino  

Tag faitdivers sur Des Choses à lire 41r6x210

Un fait divers à Trouville en 2011 : un septuagénaire ordinaire braque le casino et s’enfuit dans une folle cavale, bravant les flics pendant plus de trois heures.

Christine Montalbetti s’empare de ce fait divers à sa façon. An, non ! Elle ne va pas fouiller et décortiquer les archives judiciaires et la presse ! Elle le fait à sa façon bien à elle, vagabonde, malicieuse et débonnaire à la fois. Guidée par les lieux et les paysages, par son imaginaire buissonnier et bienveillant. En s’immisçant comme toujours, écrivaine écrivant dans le récit, s’adressant tant à son héros qu’au lecteur lisant.

Et si les faits minutés semblent guider la trame, ce sont les  digressions (parties d’une situation, d’un souvenir, d’un mot)  qui mènent la promenade, singularisent cet homme  qui chamboule d’un coup de tête  sa vie confortablement ennuyeuse, pour un roman qui n’appartient qu’à elle, plein de surprises, d’humour et de douceur.


Mots-clés : #faitdivers #intimiste
par topocl
le Sam 17 Aoû - 16:31
 
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Sujet: Christine Montalbetti
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James Ellroy

Le dalhia noir

Tag faitdivers sur Des Choses à lire 96309210



Sujet : Ce roman noir est basé sur un fait divers : une jeune fille assassinée de manière atroce, coupée en deux, et marqué au visage par le sourire de "L'homme qui rit", d'une oreille à l'autre.

Tous les ingrédients du roman noir sont présents : le pouvoir, l'argent, la sexualité et les femmes.

C'est  Los Angeles Police Department (LAPD) qui doit gérer ce crime, tous les agents sont retenus, chacun dans le domaine qui le concerne afin que le résultat soit rapides, ce que souhaite le procueur Ellis Loew lequel candidate pour les élections prochaines. Se dévoilent les connivences entre politique, police et truands.

Le racisme et l'anticommunisme sont visibles  notamment parmi les policiers et la presse. Toutes les diverses individualités de la société américaine de la région (du pays ?) se retrouvent dans le LAPD ; les honnêtes gens, les corruptibles, les corrupteurs, bref un panel large de la population de LA.

L'histoire est bien amenée avec les rebondissements attendus et inattendus dans les enquêtes et la recherche du, des criminels. Tous les personnages, principaux comme secondaires sont bien typés dans leurs actions, leur vie, leur psychologie.

La ville reflète sa puissance et ses faiblesses, de jour et de nuit, exhale ses odeurs, son clinquant de lumières, bars, hôtels et offre refuge dans ses sombres rues. (sans oublier les nombreuses voitures)

Le crime d'Elisabeth Short est l'affaire n° 1 qui met en branle-bas le LAPD et notamment le duo formé par Lee Blanchard et Bucky Bleitchert le narrateur. Le procureur Loew et son équipe  s'activent  et n'hésitent  à aucune compromission, crimes, chantage, mensonges etc... il lui faut l'opinion avec lui pour gagner les élections.

l'Un des personnages dira très justement : "les bons sont devenus les méchants".

Le, les meurtriers seront-ils découverts ? vous le saurez en suivant cette affaire aux enquêtes et recherches captivantes. J'ai apprécié l'habileté de l'auteur à construire l'histoire, à la narrer à travers son double (?) l'agent Bleitchert.

Je n'ai eu connaissance du passé de l'auteur que dans le postface, en fin de livre, où il se livre dans une confession (?) me semble-t-il honnête et lucide qui explique le caractère obsessionnel, voyeur, nécrophyle de Bucky.  Et aussi l'ambiguité du personnage Blanchard.

L'ensemble n'est pas exempt d'amitié, d'amours et de solidarité, notamment parmi les policiers entre-eux, si l'image de la police est salie ils se serrent les coudes.

J'ai trouvé le passage sur le combat de boxe particulièrement réussi. D'ailleurs il me semble que ce sport est souvent partie prenante dans la police et l'armée, comme faire-valoir notamment.

Je lirai certainement plus tard, pour en connaître plus sur l'auteur un livre autobiographique "Ma part d'ombre".

Merci à mes "co-équipiers" de la LC, Chrysta (qui vous en dira plus sur la psychologie des personnages et de l'auteur) et Tristram qui repère le mot où la phrase "qui parle".



Extraits de la postface :

Elles m'ont changé. Elles sont entrées en conjontion et par la force de leur lumières, fait dérailler mon caractère obsessionnel. Elles m'ont appris à aimer d'un coeur plus léger. Elles m'ont convaincu d'extraire Jean de ma trajectoire existentielle, pour la laisser reposer dans mon coeur.

Il y a quelqu'un là dehors.  C'est une Femme, je la sens bouger. J'ai besoin de résoudre ce crime, de défaire les noeuds de cette énigme et de faire mienne cette trame d'évènements - et ainsi elle m'aimera.
La raison pour laquelle j'ai écrit ce roman. La fureur misogyne rationnalisée.


Mots-clés : #faitdivers #polar #psychologique
par Bédoulène
le Sam 29 Juin - 9:02
 
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Sujet: James Ellroy
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Maggie Nelson

Une partie rouge Un récit

Tag faitdivers sur Des Choses à lire Index13

ll veut savoir pourquoi ma mère et moi nous somme engagées à assister au procès dans son intégralité. Pourquoi et pour qui, précisément, nous croyons être là.
Nous sommes là pour Jane, répond ma mère d'un voix plaintive, comme si c'était l'évidence.
Je hoche la tête en signe d'acquiescement, même si cela ne sonne pas très juste. Après tout, Jane est morte. Nous parlons en réalité de ce dont les vivants ont besoin, ou de ce dont les vivants imaginent que les morts ont besoin, ou nous de ce que les vivants imaginent que les morts auraient voulu s'ils nous n'étaient pas morts. Mais les morts sont morts. Selon toute vraisemblance, ils ont cessé de vouloir.


La tante de Maggie Nelson a été trouvée assassinée dans un cimetière vers Detroit quand celle-ci n’était pas encore née.  Cet assassinat s’est trouvé inclus dans une série de meurtres et viols connue sous l’appellation de Meurtres du Michigan. Cette tante qu’elle n’a pas connue ne lui est donc théoriquement pas grand chose, mais toute sa vie en est empreinte. Au moment où, 36 ans après,  elle met la touche finale à un recueil de poèmes sur ce sujet, l’enquête est ré-ouverte, et les études d’ADN permettent de redresser l’erreur judiciaire passée. Un homme est inculpé.

En tant qu’écrivain, nièce, citoyenne, soutien de  sa mère, femme féministe et farouchement hostile à  la peine de mort, elle suit ce deuxième procès. C’est l’occasion de voir en quoi ce drame a marqué la vie de tous et chacun dans la famille, en quoi la perte, la violence, la suprématie masculine, le sentiment d’abandon ont laissé leur marque dans l’imaginaire et le quotidien de chacun.

Avec comme fil rouge ce procès, passionnant autant qu’éprouvant, le récit est un peu chaotique, comme le sont les événements qui ressortent et les émotions qu’il déclenche. ll est rythmé par la description des photographies d’autopsie ressorties à cette occasion. C’est un belle réflexion sur les empreintes du passé, le sens de la vérité, la réconciliation possible  malgré la souffrance.


Mots-clés : #autofiction #conditionfeminine #faitdivers #justice
par topocl
le Ven 26 Avr - 8:33
 
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Sujet: Maggie Nelson
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Chad Taylor

Tag faitdivers sur Des Choses à lire Chad_110

Salle d' embarquement

Qu'est devenue Caroline May, disparue de chez ses parents vingt ans auparavant sans laisser de trace ? Ni à Auckland ni ailleurs en Nouvelle Zélande.
Telle est la question que pose ce livre. Et l'on n'est pas certain d'avoir la réponse à la fin du livre.

Seuls ceux qui ont connu et aimé la jeune fille de 17 ans n'ont pas oublié.
Ses parents, l'inspecteur chargé de l'enquête et surtout Mark et une autre amie qui l'ont aimée comme on peut aimer entre ados. A la vie à la mort.
Mark est devenu cambrioleur. Il s'introduit chez les gens et dérobe tout ce peut se revendre en fait de matériel audio visuel. Mais il le stocke chez lui au vu et au su de tous et vend rarement.
Un jour il découvre une photo de classe où figurent Caroline May et leur amie commune.
Tout le passé non enfoui lui explose au visage.
La douleur jamais cicatrisée.

Pour les deux amis, comment faire le deuil de celle qui n'est ni morte ni vivante, ni ici ni ailleurs.
Les hypothèses ne manquent pas mais au fil du temps, elles se sont épuisées d'elles mêmes.
Harry Bishop, l'enquêteur, véritablement obsédé par l'échec et l'incompréhension, est devenu alcoolique. Et il se refuse à abdiquer.
Depuis vingt ans, il n'y a que le poids du temps qui passe et qui ne passe pas.
L'attente vaine.
Ceux qui vivent dans l'insomnie de l'incompréhension n'ont qu'un désir :retrouver des traces d'un passage de la vie à rien. Pour ne pas sombrer dans la folie dont ils se sentent proches.
Comment vivre quand quelque chose d'aussi essentiel qu'un être humain leur échappe et qu'ils  sont condamnés à revivre toujours ce jour-là.

Comme dans L'Eglise de  de John Coltrane, Chad Taylor réussit à nous scotcher d' un bout à l' autre.


mots-clés : #faitdivers #polar
par bix_229
le Lun 12 Fév - 19:09
 
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Sujet: Chad Taylor
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Sylvain Pattieu

Le bonheur pauvre rengaine

Tag faitdivers sur Des Choses à lire Images87

C'est un fait divers de l'après Grand Guerre, qui fit la une des journaux pendant plusieurs mois, et que  Pattieu, historien avant d'être écrivain, a ressorti des archives.

Il s’agit d'un crime trivial et sordide, survenu à Marseille dans le milieu de la pègre, parmi les souteneurs et les "femmes galantes", tout un petit monde issu du prolétariat et qui souhaite s'offrir mieux, à un moment où le désastre de la guerre laisse des "places à prendre" à un prolétariat miséreux et pas décidé à en rester là.

On se croirait dans une balade de Fréhel. C'est un saisissant portrait d'un lieu et d'une époque, mais surtout d'un milieu qui a alimenté de nombreux films noirs en noir et blanc, relaté ici  en un récit mêlant fiction, photos et archives judiciaires.


mots-clés : #conditionfeminine #criminalite #faitdivers #historique #social
par topocl
le Lun 5 Fév - 9:51
 
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Sujet: Sylvain Pattieu
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Laurent Mauvignier

Tag faitdivers sur Des Choses à lire Dans2b10

Dans la foule

Ce livre m' a plongé dans une atmosphère lourde et j' aurai du mal à en
parler sinon en donnant quelques impressions.

Il m' a fallu du temps pour le lire. Il m' est arrivé de le lacher, mais lui, ne m' a jamais laché...

Les deux tiers du livre sont une sorte de lamento à plusieurs voix.
Mauvignier nous plonge dans le mal etre de ses personnages...
Jusqu' à la suffocation.
De quoi s' agit il, on a du vous le dire, d' un moment où le destin de chacun des personnages bascule dans un drame collectif.
Sur un stade de football à Bruxelles en 1985.
Des morts, des blesssés. Un drame public qui provoque des blessures intimes, des felures imprévues, des changements radicaux chez tous les personnages. qui de spectateurs sont devenus acteurs.
Ce livre avance comme un torrent ou plutot un magma de mots, dits ou non, de pensées, d' images, de souffrances infinies, d 'interrogations, de supplications, de colère, de confusion,...
Sous la forme de monologues intérieurs.
Je pourrais dire que le sujet de Mauvignier et surtout la façon de le traiter
est difficile.
Mais chaque livre est un exercice périlleux de voltige et d' équilibre.

De rythme. De mots justement agencés ou qui nous le semblent.
Et celui-là est habité et meme hanté jusqu' au délire.

Pour moi ce fut une effort, une leçon de patience, mais au bilan, une lecture forte,
anxiogène et tellurique.

Récupéré


mots-clés : #faitdivers #sports #violence
par bix_229
le Mer 3 Jan - 15:35
 
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Sujet: Laurent Mauvignier
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Laurent Mauvignier

Ce que j'appelle oubli

Tag faitdivers sur Des Choses à lire B_1_q_11

Un livre basé sur un fait réel, un homme de 25 ans résidant dans un foyer de jeunes travailleurs, précaire est surpris par des vigiles d'un "supermarché qui positive" en train de voler des bières. il sera amené de force dans une réserve et frappé jusqu'à la mort.

On peut retrouver des articles sur Internet. Le livre s'en inspire librement créant les pensées de personnages et extrapolant leur psychologie.
C'est une lecture douloureuse comme souvent avec Mauvigner. C'est court, mais violent dans l'expression des émotions.
C'est magnifiquement écrit comme toujours.

On en ressort indignés, blessés, tristes. on en ressort aimant la victime, méprisant la justice et haïssant les vigiles.

Un ouvrage à lire quand on est solides.


mots-clés : #faitdivers #justice #social #violence
par Hanta
le Mer 3 Jan - 11:27
 
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Sujet: Laurent Mauvignier
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Jean Giono

Giono aborde le langage de Dominici, la difficulté de comprehension de la langue française, l'explique par le fait que Gaston et les autres "paysans' ont leur langue, et cela maintenant que je vis pas si loin de Lurs je le comprend de plus en plus, pas plus tard qu'hier en discutant avec Robert (il récolte les foins pour les vendre aux propriétaires de chevaux) il m'a dit avoir été importuné par des individus qu'il a qualifié de "caraques", ce terme me disait quelque chose mais quoi ?, Robert n'a pas son certificat d'études mais est "intelligent", il a ce que d'aucuns appellent "le bon sens de la terre", dans l'esprit de Robert un caraque est un gitan, dans le dictionnaire une caraque est une embarcation qui a comme ancêtre les vaisseaux vikings, les navires des pirates de Barberousse qui écumaient la Provence à l'époque de Francois1°, et dire qu'à certaines époques on se moquait du monde paysan....




mots-clés : #faitdivers
par Chamaco
le Sam 7 Oct - 16:35
 
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Jean Giono

Sur l' affaire Dominici, un livre que j' ai lu et qui m' a semblé particulièrement
interessant, celui de Jean Meckert, alias Jean Amila.

Tag faitdivers sur Des Choses à lire Mecker11

"Les Editions Joëlle Losfeld poursuivent, avec La tragédie de Lurs, la publication des inédits et des introuvables de Jean Meckert, alias Jean Amila. En 1952, Meckert est envoyé à Lurs par le journal France Dimanche pour couvrir ce qui deviendra un des faits divers les plus retentissants du siècle : l'affaire Dominici. Deux ans plus tard, Meckert revient sur cette expérience et examine le rôle tenu par les médias dans le développement de l'affaire. Entre faits bruts et récit à scandale, il tente d'analyser le travail de journaliste et livre son propre point de vue sur des faits qui, cinquante ans plus tard, continuent de susciter des commentaires et d'alimenter des fictions."

Babélio




mots-clés : #faitdivers
par bix_229
le Mer 4 Oct - 16:29
 
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Truman Capote

Tag faitdivers sur Des Choses à lire 51vi3y10

De Sang-Froid

Truman Capote se prend de passion pour un fait divers : les époux Clutter et leurs deux enfants ont été massacrés dans leur maison familiale. Accompagné de son amie Harper Lee (l’auteur de Ne tirez par sur l’oiseau moqueur), il part pour Holcombe, où s’est déroulé le crime. Il enquête. Truman Capote mettra six ans à écrire De sang-froid, un roman journalistique (ou plus précisément « true crime », « vrai crime ») qui nous apprend tout de la famille Clutter, des réactions de Holcombe à leur meutre, de leurs meurtriers, et de leur procès.

Je reconnais qu’en lisant De sang-froid, j’étais un peu dubitative. Le roman est très digressif, très détaillé, et je me suis souvent ennuyée. Mais ayant pris un peu de recul, je réalise : j’ai beaucoup aimé.

La quantité de détails, l’intérêt clinique pour l’exactitude laissent une impression vraiment étrange. J’ai vu plusieurs fois le roman décrit comme « l’anatomie d’un crime ». La métaphore, je pense, est pertinente : comme dans un manuel d’anatomie, Capote divise un organisme en sections intelligibles. Il demeure que ces sections, même prises ensemble, n’éclairent pas tout à fait mystère de l’organisme qui bouge, et vit. C’est cette tension entre ‘tout comprendre’ et ‘ne rien comprendre’ qui m’a le plus marquée.  Et d'une certaine manière, cette frontière tout aussi fine entre histoire et fiction...

Je ne connais pas bien sa biographie (juste une page Wikipedia…), mais le bonhomme a l’air plutôt intéressant : un talent pour la promotion et un goût de la célébrité qui n’est pas sans rappeler, surprise, Andy Warhol.

Quelqu’un a-t-il vu le film Capote ?



mots-clés : #faitdivers
par Baleine
le Lun 10 Juil - 14:44
 
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Sujet: Truman Capote
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Emmanuel Carrère

L’Adversaire

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Ce livre est le récit des questionnements et relations d’Emmanuel Carrère avec Jean-Claude Romand, 39 ans, qui en 1993 tua sa femme et ses enfants puis ses parents avant de manquer l’assassinat de sa maîtresse et son suicide. Plus impressionnant peut-être encore, le criminel avait menti à tout son entourage pendant dix-huit ans sans provoquer le moindre doute, se prétendant chercheur à l’OMS alors qu’il avait suspendu ses études de médecine en deuxième année, ne s’étant pas présenté à l’examen – sa première dérobade devant la réalité.
Emmanuel Carrère achève Je suis vivant et vous êtes morts (biographie romancée de Philip K. Dick, personne déjà fort troublante par rapport à la simulation), lorsqu’il se trouve fasciné par ce fait divers. Il poursuivra dans (ou sera poursuivi par) la même veine avec Un roman russe et D’autres vies que la mienne (ouvrages que, malheureusement, je n’ai pas lus dans l’ordre, ce qui est dommage du point de vue de la mise en place chez l’auteur, à partir d’un mémo personnel, d’un procédé d’enquête relatée à la première personne, parallèlement à l’évolution chronologique de sa confrontation avec la folie et l’horreur, la souffrance humaine qu’il essaie de comprendre).
Il correspond avec Romand, suit son procès, présente son témoignage, et nous livre au fur et à mesure ses propres commentaires. C’est donc l’exposé de l’existence reconstituée d’une victime du conformisme (point de vue personnel), de sa fuite en avant dans le mensonge, passant par l’escroquerie, jusqu’à la mort. Lentement acculé dans l’impasse de sa propre imposture, cet individu comme un autre quoiqu’un peu faible, assez sentimental, sensible au regard des autres sur lui, effacé mais affable, même gentil (assez semblable à quiconque), jouant sa vie comme un acteur compose et prémédite son rôle et l’image qu’il donne à autrui, perdu dans son autofiction de faux-semblants qui l’enferment, trompant et manipulant son entourage mais pas lui-même, entraîne avec lui dans la destruction finale ses proches qu’il aimait manifestement.
Condamné à « perpétuité », Romand cherche lui-même à (s’)expliquer (sensible aux « signes ») – pour autant qu’on puisse croire un mythomane (verdict psy peut-être à nuancer par les Chosien-ne-s compétent-e-s), et se déclare croyant, voire en voie de rachat (il aide autour de lui, prie), grâce au soutien de visiteurs de prison chrétiens. Ou alors, s’est-il trouvé une nouvelle apparence gratifiante ?

« Un mensonge, normalement, sert à couvrir une vérité, quelque chose de honteux peut-être mais de réel. Le sien ne recouvrait rien. »

« Au personnage du chercheur respecté se substitue celui, non moins gratifiant, du grand criminel sur le chemin de la rédemption mystique.
Une autre équipe de psychiatres a pris le relais de la première et formulé le même diagnostic : le roman narcissique se poursuit en prison, ce qui permet à son protagoniste d’éviter une fois de plus la dépression massive avec laquelle il a joué à cache-cache toute sa vie. En même temps, il a conscience que tout effort de compréhension de sa part est perçu comme une récupération complaisante et que les dés sont pipés. "Il lui sera à tout jamais impossible, conclut le rapport, d’être perçu comme authentique et lui-même a peur de ne jamais savoir s’il l’est. Avant on croyait tout ce qu’il disait, maintenant on ne croit plus rien et lui-même ne sait que croire, car il n’a pas accès à sa propre vérité mais la reconstitue à l’aide des interprétations que lui tendent les psychiatres, le juge, les médias. »


Livre où je suis entré par curiosité des ressorts de cette tragédie (paraissant aussi fatale que clinique), où Carrère expose lisiblement ses observations, et dont je ressors en constatant que la vie de quiconque peut basculer extraordinairement pour avoir buté sur peu de chose.

L’auteur s’exprime brièvement sur ses vécu et démarche dans cette affaire :



mots-clés : #faitdivers
par Tristram
le Lun 29 Mai - 20:59
 
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Sujet: Emmanuel Carrère
Réponses: 72
Vues: 2607

Leonardo Sciascia

Tag faitdivers sur Des Choses à lire 19121010

"1912 + 1"

Titre inspiré d'Annunzio qui comme beaucoup d'Italiens était superstitieux et n'avait pas voulu écrire 1913.

Une écriture qui m'a demandée de l'attention car foisonnante de références, littéraires, musicales, historiques.

L'auteur nous raconte un fait divers qui s'est déroulé en 1913, le meurtre d'un jeune bersagliere -ordonnance au domicile de son Capitaine - par la femme de celui-ci, Mme Oggioni née Tiepolo.
La jeune et belle femme dit l'avoir tué pour sauver son honneur. Y-a-t-il eu préméditation ? Etait-elle sa maîtresse ?

Le procès se déroulera dans une ambiance délétère, les «on-dit», les lettres anonymes pleuvront. La beauté de la jeune femme lui vaudra l'animosité des femmes tout particulièrement. Mais comme les gens du peuple le pensent, vu sa position, elle sera acquittée.
L'accusée sera défendue par un avocat socialiste.

L'auteur nous informe des actions de la justice, de la politique avec les élections qui se déroulent cette année là et la guerre de l'Italie en Lybie.
L'auteur nous donne les raisons de ses aversions ou enthousiasmes pour tel personnage, tel écrit, telle musique.

extraits

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Mots-clés : #faitdivers #justice
par Bédoulène
le Dim 1 Jan - 11:22
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Leonardo Sciascia
Réponses: 8
Vues: 556

Jean-Christophe Rufin

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Le collier rouge


2014

CONTENU :
Dans une ville du Berry, sous la chaleur de l 'été 1919, est retenu comme seil prisonnier dans la caserne locale un ancien héro de guerre, même décoré de la Légion d'honneur. Devant la porte aboie son chien jour et nuit. Un officier arrive pour éclaircir l'affaire. Il s'agit d'un aristocrat, mais la guerre l'a ébranlé aussi, l' détourné d'anciennes certitudes. Dans les environs : une femme marquée par le travail paysan, maus au même moment, cultivée. Trois personne, un chien – qu'est-ce qui les relient ? (suivant la description chez amaz.fr)

REMARQUES :
En 2014 (aussi date de la sortie de ce livre qui est à lire aussi dans ce contexte ?!) on commémorait spécialement en France l''anniversaire du début de la première guerre mondiale. Et roman et événement historique se trouvent bien plus proches de nous, les contemporains, qu'on ne veut le coire parfois avec le premier regard, la première impression. Rufin dit clairement qu'il s'agit bien de l'histoire du grand-père de son photographe, Benoît Gysembergh. Le livre lui est dédié.

Jacques Morlac est né en 1891 et nous le trouvons ici en 1919 devant un juge militaire, l'aristocrat Lantier du Grez, qui est venu dans la petite ville pour apporter de la lumière dans une « affaire malheureux ». Mais celui-ci pourrait éventuellement avoir comme conséquence une condamnation dure, voir même la condamnation à mort ! Mais en quoi consistait ladite action, nous ne le savons pas dès le début. C'est juste très lentement qu'à travers les interrogations et la prise en consciences des faits qu'on entendra de la bouche du prisonnier son histoire. Le prisonnier avait même reçu à la suite d'une action spéciale en Grèce en 1917 la Légion d'honneur piur courgae exceptionnel ! Comment on est arrivé là ? Qu'est-ce qu'il y a derière ? Et pourquoi on l'accuse maintenant d'une façon ou d'une autre de trahison ?

Et quel rôle joue alors son chien si fidèle, qui avait courut derrière Morlac pendant toute la guerre tandisque celui-ci le rejette, essaie de le sèmer ? Est-ce qu'il y a une fidèlité dérangeante ? Pourquoi Morlac n'entre pas dans le jeu de Lantier du Grez qui essaie vraiment d'atténuer la responsabilité de Morlac pour pouvoir justifier un jugement plus clément ? Et quel rôle joue Valentine, la femme aimée et réfusée, rejetté à la fois ?

Un livre fin, écritdans une langue très accessible et qui pose des questions. Derrière le fil de narration il nous met deavnt la vérité de certaines choses. Cela m'a plu !


mots-clés : #faitdivers
par tom léo
le Ven 16 Déc - 7:33
 
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Sujet: Jean-Christophe Rufin
Réponses: 21
Vues: 702

Leila Slimani

[b]Chanson douce.[/b]

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Voila le genre de livre qui me laisse totalement dubitative. Largement encensé, "critique de notre société", "analyse de caractère"...
Personnellement j'y vois le portait peu nuancé d'un couple de bobos égocentriques et imbus d'eux-même avec leurs petits problèmes de riches, face à une nounou initialement parfaite puis qui peu à peu révèle des imperfections.
Mais les enfants l'aiment tant et c'est si simple... On passe alors de son côté, sa misère existentielle, on entend, les mots "mélancolie délirante", on dissèque peu à peu dans son désarroi et son délire. Et puis ça s'arrête là, sur ce meurtre des deux enfants annoncé à la page 1.
Ca se veut sans doute  explicatif tout en n'expliquant rien (évidemment il n'y a rien d 'explicable dans le meurtre de deux enfants), C'est une description clinique qui gomme l'affectif,  distante. Ca a au moins l'avantage d'éviter le scabreux ou le pathétique. C'est honnêtement écrit, sans plus. Bref, vraiment pas le roman qui m' a fait vibrer  ou qui me sert à grand chose.

mots-clés : #contemporain #faitdivers #famille
par topocl
le Ven 2 Déc - 17:45
 
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Sujet: Leila Slimani
Réponses: 9
Vues: 609

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