Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot


La date/heure actuelle est Sam 14 Déc 2019 - 15:28

4 résultats trouvés pour guerredalgérie

Michel Quint

Apaise le temps

Tag guerredalgérie sur Des Choses à lire 51-yqt10

Je suis définitivement fan de Michel Quint. Alors oui ce n'est pas la Littérature avec un grand "L" mais c'est un auteur qui a un style plus complexe qu'il n'y paraît.
Ici il est question d'une défense de la culture et des livres. Des livres comme vecteur de liens sociaux, d'intégration, d'accompagnement dans une histoire et une Histoire qui n'est pas nécessairement la nôtre, d'accompagnement dans des codes qui ne sont pas les nôtres.
Abdel apprend la mort de sa libraire, celle qui lui a appris à lire, à écrire et qui fait de lui le prof qu'il est devenu dans un Roubaix, ville la plus pauvre de France.
Sur fond de passé algérien, de FLN et d'OAS nous apprenons les souvenirs de la grande Dame alors qu'Abdel s'occupe de ses affaires et de la libraire désormais orpheline.
Michel Quint, grâce à ce style faussement simple touche au coeur du lecteur par les émotions qu'il développe, délicates, brutes parfois, mais il touche aussi sa raison avec une critique sociale sous-jacente qui ne juge pas mais qui assume un propos et un développement.
C'est excellent, et cela devrait être étudié en classe.


*****


Mots-clés : #contemporain #guerredalgérie #immigration #social
par Hanta
le Sam 11 Mai 2019 - 8:55
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Michel Quint
Réponses: 25
Vues: 520

Alice Zeniter

L'art de perdre

Tag guerredalgérie sur Des Choses à lire 51izds10

Il y a Ali, le maître incontesté du clan, un kabyle qui a trouvé un certaine richesse. Il a donné deux ans de sa vie pour la France, pendant la guerre. il n'en a jamais parlé. Au moment de la guerre d 'Algérie, il a choisi le "mauvais" côté (choisi? le "choix" d'être "protégé d'assassins qu'il déteste par d'autres assassins qu'il déteste") et il a du fuir la vengeance du FLN en 62, avec sa famille et guère de bagages.
La France l'a "accueilli" dans un camp, sous une tente, puis dans des baraquements , et des années après, quand on lui a attribué un appartement, c'était à des centaines de kilomètres de là. Il a continué à se taire.

Son aîné Hamid a grandi dans cette misère et ce renoncement, puis  s'est peu à peu détaché, "émancipé" dit-on, il a mis une distance, a construit autre chose, l'islam se perd en route.. Mais lui aussi s'est toujours tu sur son passé et ses blessures. "Il a confondu l'intégration avec la technique de la terre brûlée".

Sa fille ainée Naïma, qui a été nourrie à ce silence, a longtemps fait comme si de rien n'était. mais c'était là, évidement, l'histoire était là, incrustée d'Histoire,  les haines autour d'elle persistaient, et il a bien fallu une espèce de retour, même si

-Ce qu'on ne transmet pas, ça se perd, c'est tout. Tu viens d'ici mais ce n’est pas chez toi.


Il s'agit donc du récit de ces pertes diverses mais semblables, auxquelles  chaque génération donne sa problématique propre. Ces pertes chacun  les mène  avec son art propre, silence ou parole, avec ou sans bonheur, mais vaille que vaille, chacun à sa façon.

Tout cela donne un beau roman, quoique un peu appliqué dans le style, sans doute un peu trop sage dans la forme, mais dont l'intelligence humaine et géopolitique portant sur tout un siècle font que je lui "pardonne". Il y a pas mal de maladresses, surtout dans la première partie où, comme églantine, j'ai du mal à entrer et sentir les personnages incarnés. Dans ce début,  Alice Zeniter ne sait pas trop jouer de l’œil de Naima sur l'histoire de ses ascendants (soit trop soit pas assez présent) , adopte par moments un discours plus documentaire que romanesque. Et puis,, quand la révolte de Hamid se construit, la sauce a fini par prendre pour moi, et je me suis attachée à ces hommes et ces femme que je ne connaîtrai jamais (même si je les ai parfois ne face de moi), mais que l'auteur m'apprend à connaître au delà de mes  (nos)idées toutes faites.

Il y a beaucoup à apprendre, bien au delà des seuls faits dans l'art de perdre.
Car  l'extrême talent  d'Aiice Zeniter est  de faire de cette histoire que d'aucuns pourraient trouver simple (les harkis, l'immigration maghrébine, et les générations suivantes) ou en tout cas plus simple qu'elle n'est, tout un nœud de complexités,  de contradictions, de nuances, un nœud inextricable mais qui permet de voir l'autre aussi différent qu'il soit, comme un possible - et un possible souffrant.  C'est un appel vivant à une compréhension mutuelle.

mots-clés : #colonisation #devoirdememoire #exil #guerredalgérie #historique #identite #relationenfantparent
par topocl
le Jeu 17 Mai 2018 - 10:38
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Alice Zeniter
Réponses: 18
Vues: 1021

Sylvain Prudhomme

Là, avait dit Bahi

Tag guerredalgérie sur Des Choses à lire Images64

Le grand-père du narrateur est un Pied-Noir aigri, hargneux, mal vieilli. Mais cela ne l'empêche pas, à 80 ans passés, d'écrire à Bahi, qui fut ce jeune Algérien mi-ami, mi fils, mi-protégé qui a accompagné ses 15 années de fermier en Algérie. Et la joie de la réponse de Bahi, 50 ans plus tard, pousse notre narrateur, celui-qui dit

« moi qui aurais  fui en courant si on m'avait demandé d'y aller, moi qui ai toujours abhorré les histoires de famille, abhorré les récits de vie de grands-pères et d'arrière-grands-pères et d'arrières-arrières-grands-pères, me suis toujours éperdument foutu de tout savoir de mes aïeux".


à sauter dans le premier bateau pour Oran.

Là Bahi l'accueille, raconte, se raconte, montre les lieux anciens et ce qu'il sont devenus, explique, nuance, révèle des secrets. L'amitié et l’horreur des années de guerre s'y mêlent, le temps qui passe les a lustrées.

Dans son récit, Sylvain Prudhomme  chasse les points, certaines virgules, les guillemets , offrant un récit plein de flux et de reflux, d'allers-retours, submergé par la vague du souvenir. Seuls les retours à la ligne rythment les-vas-et-viens temporels étroitement imbriqués.
Les histoires s'entremêlent :  un homme et l'autre, l'un ici et l'autre là-bas, aujourd'hui et autrefois, sans égards pour le lecteurs, parfois désorienté mais ravi de cette pelote enchevêtrée qui s'offre à son démêlage et donne vitalité à la lecture.

Sylvain Prudhomme a dit que tout est vrai. Il donne par son choix d'écriture un souffle puissant, une ampleur, une intensité à ce "roman" emporté du retour aux origines . Pas de prise de position, pas de d'explications à ce qui n'en a pas, juste une histoire, la vie dans sa complexité, un pays, deux homme qui ne se sont jamais revus , mais dont l'amitié reste un ancrage dans leurs vies.


mots-clés : #amitié #guerredalgérie
par topocl
le Ven 29 Déc 2017 - 14:05
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Sylvain Prudhomme
Réponses: 4
Vues: 425

Rachid Boudjedra

Rachid Boudjedra
Né en 1941

Tag guerredalgérie sur Des Choses à lire Boudj10

Rachid Boudjedra, né le 5 septembre 1941 à Aïn Beïda, dans la région d'Oum El Bouaghi, en Algérie, est un écrivain et poète algérien de langue française et de langue arabe.
Issu d'une famille bourgeoise, il passe sa jeunesse à Aïn Beïda, puis il commence ses études à Constantine et les poursuit à Tunis (Tunisie).

Dès 1959, il prend part à la lutte contre la colonisation française en Algérie. Blessé, il voyage dans les pays de l'Est, puis l'Espagne, où il est représentant du FLN.
En 1962, après l’indépendance, il retourne en Algérie et devient un étudiant syndicaliste. Il entreprend alors des études de philosophie à Alger et à Paris. Il obtient une licence de philosophie à La Sorbonne en 1965 et achève son cursus en soutenant une thèse de doctorat sur Louis-Ferdinand Céline. Il obtient également une licence de mathématiques de l'université d’Alger. Il se destine ensuite à l’enseignement (Blida), mais en 1965, après la prise du pouvoir par Houari Boumédiène, il quitte l’Algérie. Interdit de séjour pendant plusieurs années, car il faisait l'objet d'une condamnation à mort, il vit d’abord en France de 1969 à 1972 où il sera professeur de philosophie au lycée de Coulommiers, puis au Maroc où il enseigne à Rabat jusqu'en 1975.
En 1977, il devient conseiller pour le ministère de l'Information et de la Culture. Il participe à la rubrique culturelle de la revue hebdomadaire Révolution africaine.
Il est membre de la Ligue des droits de l’homme. Il a une sœur et un frère.
En 1981, il est nommé lecteur à la SNED et enseigne à l'IEP d'Alger.
Il a reçu le Prix des Enfants terribles en 1970 pour La Répudiation, le Prix Eugène Dabit du roman populiste 1997 pour La Vie à l'endroit, et, le prix du Roman arabe pour Les Figuiers de Barbarie en 2010.


Bibliographie :

Pour ne plus rêver, poèmes, dessins de Mohammed Khadda, 1965
La Répudiation, 1969
La Vie quotidienne en Algérie, 1971.
Naissance du cinéma algérien, 1971.
Journal Palestinien, 1972.
L'Insolation, 1972
Topographie idéale pour une agression caractérisée, 1975
L'Escargot entêté, 1977.
Les 1001 Années de la nostalgie, 1979
Le Vainqueur de coupe, 1981
Extinction de voix, poèmes, 1981.
Le Démantèlement, 1982.
La Macération, 1984.
Greffe, poèmes
La Pluie
La Prise de Gibraltar
Le Désordre des choses
Fis de la haine
Mines de rien
Lettres algériennes
Peindre l’Orient
La Vie à l'endroit
Fascination
Cinq Fragments du désert
Les Funérailles
Hôtel Saint Georges
Les Figuiers de Barbarie
Printemps





Tag guerredalgérie sur Des Choses à lire 51ogis10

L'Hôtel St-Georges

C'est dans cet hôtel que Nabila rencontre le sergent Français Jean,  c'est lui qui demande à sa fille dans une lettre qu'elle découvre après sa mort, comme un héritage, de visiter l'Algérie où il était appelé durant la guerre, les lieux qu'il n' a jamais oubliés, cette blessure qui l'a accompagné toute sa vie et qu'il n'avait jamais confié.

Jeanne s' adresse à une famille algérienne, laquelle la guidera dans sa quête et se sera pour l'une et les autres des rapports de confiance qui leur permettront de découvrir ou redécouvrir l' histoire dans l'Histoire, celle de l'Algérie qui a été colonisée durant 132 ans, comme le précise l'un des personnages. Mais en retour le Gd-père rappellera aux jeunes que leur pays a aussi colonisé l'Andalousie et la Sicile. Cette visite se révèlera bénéfique pour tous, Jeanne séduite par le pays et reconnaissante à ses "guides", la famille algérienne étonnée  et touchée en apprenant le métier exercé par le sergent Jean et son passé dans leur pays.

Le lecteur se rend compte que cette famille algérienne ressemble à une famille française, avec des personnages lumineux, d'autres plus sombres, des secrets, des blessures, il y a même des communistes (alors que le PC est interdit en Algérie) des croyants et des athées.

Les regrets, les reproches ne peuvent être évités, oubliés  ( par exemple : alors que la France et les Alliés fêtent le 8 mai 1945, la libération, en Algérie ceux qui profitent de l' occasion (ceux qui se sont battus contre le nazisme)  pour brandir le drapeau Algérien, réclamant l'indépendance, sont, sur ordre du Préfet de Constantine, par centaines  fusillés) ; de même la reconnaissance à certains hommes.

Certains, français ou algériens lisent et commentent  Malcolm Lowry, les confessions de St-Augustin, IBN Arabi, Lacan .............

Très intéressant condensé de l'histoire de l'Algérie et une reconnaissance dans cette fiction par la quête de Jeanne. C'est aussi une déclaration d' amour à ce pays, l'Algérie, par la voix de ces femmes, de ces hommes, tous ces personnages de fiction, algériens ou français.

C'est également une critique sur la colonisation, toutes les colonisations et leurs corollaires invasifs.

"message rapatrié"



mots-clés : #colonisation #guerredalgérie
par Bédoulène
le Ven 9 Déc 2016 - 17:08
 
Rechercher dans: Écrivains du Maghreb
Sujet: Rachid Boudjedra
Réponses: 0
Vues: 283

Revenir en haut

Sauter vers: