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Georges Brassens, Lettre à Toussenot


La date/heure actuelle est Dim 8 Déc 2019 - 14:23

5 résultats trouvés pour guerreduvietnam

Bernard B. Fall

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Rue sans joie, Indochine (1946-1962)

quatrième de couverture a écrit:Cette « Rue sans joie », étroite bande de terre entre mer et montagnes de l’Annam, théâtre de combats meurtriers, fut l’un des hauts lieux de cette guerre d’Indochine qui a dominé la politique française de 1946 à 1954 et dont le souvenir a pesé lourdement sur le drame algérien. Renaissant de ses cendres en 1957, elle n’a cessé ensuite de poser un problème insoluble aux États-Unis. Incapables de résoudre leurs propres contradictions, le Laos et les deux Viêt-Nam n’en sont pas moins venus à bout des meilleures armées du monde. Pourquoi et comment ?
Bernard Fall qui a fait de ce lieu un symbole du désastre indochinois répond à ces deux questions avec l’autorité d’un spécialiste du Sud-Est asiatique et de la guerre subversive. Il est le seul écrivain à avoir eu accès aux archives officielles du Corps Expéditionnaire d’Indochine. Mais sa réponse est également celle du témoin direct. Ni militaire, ni journaliste, il a participé sur le terrain aux opérations, parfois sur les arrières ennemis, et recueilli de la bouche même des rescapés le récit des atroces embuscades qui marquèrent cette guerre. Témoin capital de l’agonie française en Indochine, il en a écrit le maître-livre.


Une lecture qui coupe le souffle mais rendue aisée par le style direct de l'auteur, que ce soit pour décrire des manœuvres militaires ou politiques ou pour les nombreux compte-rendus très factuels du "comment ça c'est passé". L'ensemble étoffe l'image, lointaine, de cette guerre qui pour l'essentielle est probablement composée de parachutiste et de légionnaires aux traits très européens. Ils sont présents certes mais pas seuls et Bernard Fall n'oublie pas grand monde que ce soit des autres (ex-)colonies de la France ou des habitants de la région. Il revient même à chaud sur des images apparemment déjà acquises comme légion = nazis reconvertis.

Il parle aussi du soutient américain, de la proche Guerre de Corée, il donne des chiffres parle des soutiens russes et chinois, et avec quelques "focus" chronologiques décrit comment militairement et humainement ça c'est mal passé. Les chiffres sont effrayants tout comme la relation des conditions de vie et de mort dans cette guerre de la jungle.

C'est en fait l'histoire d'une guerre perdue d'avance qu'il fait en opposant des choix stratégiques traditionnels et souvent coupés de la réalité à une guérilla révolutionnaire très mobile (et qui subit des pertes au moins aussi effrayantes).

Des erreurs "culturelles" en quelque sorte qu'il prolonge vers l'épisode américain de la Guerre du Vietnam.


Mots-clés : #guerre #guerreduvietnam
par animal
le Mar 26 Nov 2019 - 21:34
 
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Sujet: Bernard B. Fall
Réponses: 3
Vues: 98

Anna Moï

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Riz noir

Il s’agit du premier roman d’Anna Moi. Elle s’y laisse inspirer par l’histoire authentique de deux sœurs au milieu de la guerre du Viet-Nâm. Après avoir rempli des missions de courrier pour les Nordistes s’approchant autour de l’an 1968, leur emprisonnement les mènera vers des camps et la torture inhumaine sur l’île de Poulo Condor. La narratrice, la cadette des deux sœurs, se rappelle aussi des scènes de sa vie antérieure et de sa famille, si ancrées, enracinées dans l’histoire du pays, les coutûmes, les couleurs.

Des larges parties de ce livre nous laissent muets face aux descriptions des brutalités subies qui malheureusement ont rien à envier aux méthodes des différentes totalitarismes. Mais comme (en ce qui me concerne) j’étais trop jeune au temps de cette guerre-là, ce livre est un rappel important des souffrances dans ce pays. Quelques images connus y sont tissés : l’auto-dafé d’un moine bouddhiste, l’exécution d’un « ennemi »… Et pourtant le livre n’est pas seulement cela, pas juste accusation ou pitié avec soi-même : au milieu de tant de souffrance des images de l’histoire familiale surgissent, et la jeune femme de seize ans, avec toutes ses blessures intérieures et extérieures résiste de façon incompréhensible avec une tête et un coeur debout.

Certains passages semblent comme collés les uns après les autres, sans transition, abruptes – pour notre entendement. Parfois Moi laisse se promener son écriture entre le présent dans la cellule, des bribes d’histoires de codétenus et des souvenirs du passé. On remarque peut-être qu’ici écrit quelqu’un d’une autre culture, pas seulement à cause des couleurs et certaines descriptions exotiques, mais parce qu’elles pensent les choses ensemble, dans une autre façon de les aborder. Et pourtant nous trouvons l’universel...


Mots-clés : #guerreduvietnam
par tom léo
le Lun 10 Juin 2019 - 21:50
 
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Sujet: Anna Moï
Réponses: 19
Vues: 261

Javier Cercas

À la vitesse de la lumière

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Ce qui me semble éclairer le procédé de ce roman au narrateur à la première personne du singulier, lui-même un romancier, qui présente des similitudes biographiques avec l’auteur :
« Je lui ai expliqué que s’il y avait quelque chose dans mon roman dont j’étais sûr, c’était précisément de l’identité du narrateur : un type exactement comme moi, se trouvant exactement dans la même situation que moi. “Alors le narrateur, c’est toi ?” a avancé Rodney. “Pas du tout, ai-je dit, content d’avoir à mon tour réussi à le troubler. Il me ressemble en tout point, mais ce n’est pas moi.” Excédé par l’objectivisme de Flaubert et d’Eliot, j’ai argumenté que le narrateur de mon roman ne pouvait être moi sinon, dans ce cas-là, je serais obligé de parler de moi, ce qui n’était pas seulement une forme d’exhibitionnisme ou d’obscénité, mais une faute littéraire, parce que l’authentique littérature ne révélait jamais la personnalité de l’auteur, elle la cachait. “C’est vrai, est convenu Rodney. Mais beaucoup parler de soi, c’est la meilleure façon de se cacher.” »

« …] il s’agissait d’un roman de fantômes ou de zombis situé à Urbana, et dont le protagoniste me ressemblait en tout point et se trouvait exactement dans la même situation que moi… »

Réflexion sur l’écriture, où l’on peut glaner quelques définitions :
« Je veux dire que les gens normaux ou subissent la réalité ou en jouissent, mais ils ne peuvent rien en faire, alors que l’écrivain si, parce que son métier consiste à transformer la réalité en sens, même si ce sens est illusoire ; c’est-à-dire qu’il peut la transformer en beauté, et son bouclier, c’est cette beauté ou ce sens. »

« Tout le monde regarde la réalité, mais rares sont ceux qui la voient. L’artiste n’est pas celui qui rend visible l’invisible : ça, c’est vraiment du romantisme, bien que pas de la pire espèce ; l’artiste est celui qui rend visible ce qui est déjà visible et que tout le monde regarde et que personne ne peut ou ne sait ou ne veut voir. Que personne ne veut voir surtout. »

« ‒ C’est possible, ai-je admis, sans vouloir en rester là. Mais peut-être que les seules histoires qui valent la peine d’être racontées sont celles qui ne peuvent pas l’être. »

« …] parce que j’étais écrivain et que je ne pouvais pas être autre chose, parce qu’écrire était la seule chose qui pouvait me permettre de regarder la réalité sans me détruire ou sans que celle-ci s’abatte sur moi comme une maison en flammes, la seule chose qui pouvait doter la réalité d’un sens ou d’une illusion de sens, la seule chose qui, comme cela s’était produit pendant ces mois d’enfermement et de travail et de vain espoir et de séduction ou persuasion ou démonstration, m’avait permis d’entrevoir vraiment, et sans le savoir, la fin du voyage, la fin du tunnel, la brèche dans la porte en pierre, la seule chose qui m’avait sorti du sous-sol au grand jour et m’avait permis de voyager plus rapidement que la lumière et de récupérer une partie de ce que j’avais perdu dans le fracas de l’écroulement, je terminerais le livre pour cette raison et parce que le terminer était aussi la seule façon, même si ce n’était qu’enfermés dans ces pages, de maintenir en quelque sorte Gabriel et Paula en vie, et de cesser d’être celui que j’avais été jusqu’alors, que j’avais été avec Rodney – mon semblable, mon frère –, pour devenir un autre, pour être, d’une certaine façon et en partie et pour toujours, Rodney. »

Ce roman est encore l’histoire d’un work in progress, celui du récit de la vie et du destin de Rodney ; la littérature est le moyen de témoigner de celui qui, s’il a perpétré des horreurs, s’est aussi exposé pour défendre une jeune Vietnamienne dans un bar, alors que le narrateur-auteur n’est pas intervenu dans un autre bar lorsqu’une femme était tabassée : Rodney lui répugne, mais il commettra lui-même des actes répugnants. À propos, je reconnais que les deux principaux personnages sont assez exécrables, Quasimodo, à rapprocher du protagoniste de Les soldats de Salamine ‒ ouvrage qui présente bien des analogies, comme l’a souligné Topocl.
Sur l’idéal brisé de la jeunesse se développe la culpabilité au travers de la thématique du succès et de l’échec (perdre ou réussir dans la vie, notamment littéraire, ou à la guerre) :
« …] ces hippies des années 1960 qui n’avaient pas voulu ou pu ou su s’adapter au cynisme joyeux des années 1980, comme si de gré ou de force ils avaient été laissés sur le bas-côté de la route pour ne pas perturber la marche triomphante de l’Histoire. »

« Je me rappelle très bien un détail curieux : la dernière chanson qu’ils mettaient tous les soirs et qui annonçait discrètement aux habitués que le café allait fermer était It’s Alright, Ma (I’m Only Bleeding), une vieille chanson de Bob Dylan que Rodney adorait parce que, de même que ZZ Top me renvoyait au chagrin infini de mon adolescence, elle le renvoyait lui à la jubilation hippie de sa jeunesse – bien que ce soit une chanson on ne peut plus triste qui parle de mots sans illusion qui aboient comme des balles et de cimetières bourrés de faux dieux et de gens solitaires qui pleurent et ont peur et vivent au fond d’un puits, conscients que tout n’est que mensonge et qu’ils ont compris trop vite qu’il valait mieux ne pas tenter de comprendre. Elle le renvoyait à cette jubilation peut-être en raison d’un vers que moi non plus je n’ai pas pu oublier : “Celui qui n’est pas occupé à vivre est occupé à mourir.” »

« Peut-être qu’on n’est pas seulement responsable de ce qu’on fait, mais aussi de ce qu’on voit, de ce qu’on lit ou de ce qu’on entend. »

Sur un sujet aussi rebattu que la guerre du Viêtnam, Cercas parvient à donner un point de vue assez renouvelé, surtout celui d’une jeunesse sacrifiée dans un conflit particulièrement indigne, et dont les rescapés sont conspués :
« …] cette guerre était différente de celle qu’il avait menée et probablement différente de toutes les autres guerres : il comprit ou imagina que dans cette guerre-ci il y avait un manque absolu d’ordre, de sens ou de structure, que ceux qui la livraient manquaient d’objectifs clairement définis et que, par conséquent, ceux-ci n’étaient jamais atteints, qu’on n’y gagnait ni ne perdait jamais rien, qu’il était impossible d’y mesurer le moindre progrès, et d’éprouver le moindre sentiment non pas même de gloire, mais de dignité. »

« Il est possible que très vite il se fît à l’idée que personne ne revient du Viêtnam : qu’une fois qu’on s’y est retrouvé tout retour est impossible. Et il est presque certain que, comme tous les vétérans du Viêtnam, il se sentit bafoué, car, à peine eut-il touché le sol américain, il sut que tout le pays le méprisait ou, dans le meilleur des cas, souhaitait le cacher comme si sa seule présence était une honte, une insulte ou une accusation. »

Contrairement à certains, j’ai beaucoup apprécié le style, ces phrases souvent longues et bien construites qui restent souples, sans heurt à la lecture.
Voici une de ces reprises symphoniques qui parcourent le roman comme une houle :  
« À présent, je vis une fausse vie, une vie apocryphe, clandestine et invisible, bien que plus réelle que si elle était vraie [… »

« …] je sens que je vis une vie qui n’est pas vraie, mais fausse, une vie clandestine et cachée et apocryphe, bien que plus réelle que si elle était vraie. »

« …] une vie aussi apocryphe et réelle, au milieu de nulle part. »

« Ce sera un roman apocryphe, comme ma vie clandestine et invisible, un roman faux, mais plus réel que s’il était vrai. »

Autre leitmotiv :
« Mais ce dont je me souviens le mieux, c’est de la fin de notre conversation, sans doute parce qu’à ce moment-là j’ai eu pour la première fois l’intuition fallacieuse que le passé n’est pas un lieu stable, mais changeant, altéré en permanence par l’avenir, et que par conséquent rien de ce qui est déjà arrivé n’est irréversible. »

Le titre est lui-même évoqué plusieurs fois :
« …] j’avais voyagé plus vite que la lumière et que ce que je voyais maintenant, c’était l’avenir. »

Cercas sait décrire avec bonheur...
« Comme toutes les villes universitaires, c’était un endroit aseptisé et trompeur, un microclimat dénué de pauvres et de vieux où, tous les ans, atterrissait et d’où, tous les ans, décollait vers le monde réel une population de jeunes gens de passage [… »

...et, oui, son livre est assez noir :
« “Vous êtes trop jeune pour penser à avoir des enfants, m’a dit le père de Rodney au moment de nous séparer, et je ne l’ai pas oublié. N’en faites pas, parce que vous vous repentirez. La vie est comme ça : quoi que vous fassiez, vous vous repentirez. Mais laissez-moi vous dire une chose : toutes les histoires d’amour sont insensées, parce que l’amour est une maladie ; mais avoir des enfants, c’est s’aventurer dans une histoire d’amour tellement insensée que seule la mort est capable de l’interrompre.” »


Mots-clés : #guerreduvietnam
par Tristram
le Lun 27 Mai 2019 - 15:23
 
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Sujet: Javier Cercas
Réponses: 48
Vues: 2383

Daniel Lang

Incident sur la colline 192  

Tag guerreduvietnam sur Des Choses à lire 41hkzn10

Le traumatisme que Eriksson a rapporté de la guerre du Viet-Nam, c’est d’avoir participé à une mission d’observation avec quatre autres soldats, dont le chef a sciemment décidé d’enlever une jeune vietnamienne, de se donner du bon temps avec ses copains et de la tuer. Eriksson a refusé de participer à cette folie prédatrice, pris le risque de dénoncer les faits à sa hiérarchie, de s’obstiner malgré les réticences, et des sanctions ont, à force de persévérance, été  prises - puis trop prévisiblement aménagées.

Eriksson un taiseux  du Minnesota, raconte ça à l’auteur, entre de grands plages de silence, réfléchissant à ce que la guerre fait des hommes, mais pas tous.

C’est d’une grande pudeur dans un récit auquel  la précision très clinique donne une grande intensité. Daniel Lang  expose des faits qui impliquent ce que sont les hommes au sens de masculin et ce que la guerre biaise (ou révèle?) en eux. C’est un intéressant retour, digne et retenu, quoique impitoyable, sur notre condition d’humains.


Mots-clés : #conditionfeminine #guerre #guerreduvietnam #justice #temoignage
par topocl
le Lun 13 Mai 2019 - 9:29
 
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Sujet: Daniel Lang
Réponses: 2
Vues: 139

David Morrell

Rambo  / Premier sang

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Dialogue imaginaire.
-Tu lis quoi en ce moment ?
-Premier sang, de David Morel.
-Ah ouais ? C'est quoi ça ?
-Le livre dont a été tiré Rambo.
-Ah ouais ? Rambo?  Tag guerreduvietnam sur Des Choses à lire 575154626
-Oui, c'est animal  qui m' a dit !
-Aaaaaaaah! animal!
-Ben oui Tag guerreduvietnam sur Des Choses à lire 1384701150
-Et c'est bien?
-Oui, pas le coup de génie, mais vachement bien  Very Happy  !

Donc si on se dit que c'est Rambo, le Rambo de Sylvester Stallone, en effet, ça peut faire un peu peur, au début.



En fait si  on a l'impression que le film suit scrupuleusement le scénario objectif du livre, si on est embarqué dans une course-poursuite haletante, totalement in-crédible mais à laquelle on croit  quand même à chaque instant, si plus on avance, plus ça devient dément et violent, le livre est loin de n'être que cela. C'est beaucoup plus nuancé, il n'y a pas de vrai salaud, les héros, dont j'imagine que dans le film on peut croire qu'ils n'ont que des muscles, ici, ont un cœur et un cerveau.

Sous couvert d'action, le livre est une réflexion navrée, quoique enlevée, sur le thème : Regardez ce que nous faisons de ces hommes que nous envoyons à la guerre. La guerre ne fait pas que des morts au combat, elle nous détruit tous à petit feu (enfin, grand feu un peu dans le livre, hein...). Un jour au Vietnam ce sont nos héros, un jour aux USA ils devraient rentrer dans le moule qu'on leur a soigneusement fait quitter et il deviennent inacceptables .
On est impressionné par ces trois hommes pris dans des sables mouvants  de haine, de fascination, de fierté et qui le paient le prix fort.
Et le dosage est plutôt habile entre la pensée et l'action.

(commentaire récupéré)

Mots-clés : #captivite #guerreduvietnam #thriller #violence
par topocl
le Ven 17 Fév 2017 - 11:14
 
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Sujet: David Morrell
Réponses: 5
Vues: 534

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