Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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2 résultats trouvés pour litteraturejeunesse

Jules Supervielle

L'enfant de la haute mer

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Comment s'était formée cette rue flottante ? Quels marins, avec l'aide de quels architectes, l'avaient construite dans le haut Atlantique à la surface de la mer, au-dessus d'un gouffre de six mille mètres ? Cette longue rue aux maisons de briques rouges si décolorées qu'elles prenaient une teinte gris-de-France, ces toits d'ardoise, de tuile, ces humbles boutiques immuables ? Et ce clocher très ajouré ? Et ceci qui ne contenait que de l'eau marine et voulait sans doute être un jardin clos de murs, garnis de tessons de bouteilles, par-dessus lesquels sautait parfois un poisson ?
Comment cela tenait-il debout sans même être ballotté par les vagues ?
Et cette enfant de douze ans si seule qui passait en sabots d'un pas sûr dans la rue liquide, comme si elle marchait sur la terre ferme ? Comment se faisait-il... ?
Nous dirons les choses au fur et à mesure que nous les verrons et que nous saurons. Et ce qui doit rester obscur le sera malgré nous.
À l'approche d'un navire, avant même qu'il fût perceptible à l'horizon, l'enfant était prise d'un grand sommeil, et le village disparaissait complètement sous les flots. Et c'est ainsi que nul marin, même au bout d'une longue-vue, n'avait jamais aperçu le village ni même soupçonné son existence.
L'enfant se croyait la seule petite fille au monde. Savait-elle seulement qu'elle était une petite fille ?



L'Enfant de la haute mer

Tel est le début de ces drôles d'histoires en forme d'images kaléidoscopiques, avec un dosage subtil d'angoisse, d'humour faussement naïf.

L'entreprise de Supervielle m'a fait penser à celle d'un autre poète, André Dhotel.

Créer un pont entre le réel et l'irréel, la vie et la mort, tenter de retrouver l'univers imaginatif enfantin.

Un univers parallèle où l'on peut se réfugier quand le trop plein du réel nous étouffe et nous empêche de vivre.

Et donc de réclamer au lecteur une réconciliation de  l'enfant et de l'adulte.

Supervielle y parvient grâce à une qualité rare qu'on pourrait nommer grâce, à l'originalité de ses inventions, au ton et à l'imagination sans failles.

J'ai beaucoup apprécié aussi L'Inconnue de la Seine qui reprend un fait divers qui avait frappé l'imagination des surréalistes.

Une jeune noyée avait été repéchée, sans doute une suicidée. Mais ce qui avait frappé l'attention de tous, c'était son mystérieux sourire.

Supervielle l'imagine morte mais consciente, l'objet d'attention de mystérieux compagnons qui l'invitent à oublier le passé, à s'adapter, mais elle résiste.

"Grimaces affreuses de la vie, laissez moi tranquille, pensait-elle. Mais laissez moi donc tranquille ! Que voulez vous que je fasse de vous, quand le reste n'existe plus !"

Quand elle eut laissé loi derrière elle tous les poissons-torches et qu'elle se fut trouvée dans la nuit profonde, elle coupa le fil d'acier qui l'attachait au fond de la mer avec les ciseaux noirs qu'elle avait ramassés, avant de s'enfuir.

"Mourir enfin tout à fait", pensait-elle , en s'élevant dans l'eau.

Dans la nuit marine ses propres phosphorescences devinrent lumineuses, puis s'éteignirent pour toujours. Alors son sourire d'errante noyée revint sur ses lèvres. Et ses poissons favoris n'hésitèrent pas à l'escorter, je veux dire à mourir étouffés, à mesure qu'elle regagnait les eaux moins profondes.

Mais il faudrait citer aussi Les Boiteux du ciel, La Jeune fille à la voix de violon, La Piste et la mare.

A vous de vous faire une idée.

Moi j'ai envie de lire Le Voleur d'enfants.




Mots-clés : #litteraturejeunesse #nouvelle
par bix_229
le Jeu 20 Juin - 17:44
 
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Sujet: Jules Supervielle
Réponses: 7
Vues: 150

André Dhôtel

Le pays ou l’on n’arrive jamais

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Ce livre est sur ma LAL depuis des décennies ; en fait, j’aurais dû le lire avant l’adolescence. Il s’agit d’un texte assez onirique, un conte bleu qui a lieu principalement dans les Ardennes, les aventures de Gaspard, un gamin de quinze ans plus ou moins en fugue.
Un petit garçon blond aux yeux bleus qui se révèle être une fille (qu’attend la police du genre pour réécrire ce livre ?), un méchant, barbu et roux, qui s’appelle Parpoil (il n’est jamais trop tôt pour apprendre à reconnaître les vilains) ; c’est le monde de l’enfance, et aussi celui des camelots forains, des baladins ambulants, des « camp-volant » nomades et vagabonds.
« C’était simplement la vie avec ses multiples chemins. »

« En regardant cette belle vallée [la Meuse], on a le loisir de songer que la terre entière c’est le grand pays, mais cela ne nous satisfait pas complètement. On se dit qu’il faut rendre la terre encore plus belle, par le bonheur des hommes et par les histoires que l’on reprend inlassablement. Il semble que la vie restera toujours inachevée. Mais on demande une chance supplémentaire. »

« L’horizon du grand pays recule sans cesse au fond de l’espace et du temps. C’est le pays où l’on s’éloigne toujours ensemble, et l’on ne parvient en un lieu désert que pour en trouver d’autres plus beaux. »


Mots-clés : #enfance #litteraturejeunesse #reve #voyage
par Tristram
le Sam 25 Mai - 13:33
 
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Sujet: André Dhôtel
Réponses: 13
Vues: 239

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