Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mar 12 Nov - 17:00

12 résultats trouvés pour portrait

Vladimir Nabokov

La vraie vie de Sebastian Knight

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(Couverture de Lucian Freud)

Peu après Roi, dame, valet, et surtout La Défense Loujine, notre féru d’échecs met en scène le cavalier ; le thème principal est au moins partiellement le même que dans son précédent roman, Le Don : biographie d’un écrivain, création littéraire.
Le narrateur, V., entreprend donc d'écrire la biographie de son demi-frère aîné, célèbre romancier brusquement décédé. Dans son amour (qui paraît n’avoir pas été payé de retour) pour ce proche qu’il a finalement peu connu, il semble victime de l’ascendant de ce dernier, auquel il s’identifie aussi plus ou moins. Et dans sa tentative d’exploration par l’écriture d’une vie méconnue, il butte répétitivement sur la difficulté à exprimer la personnalité d’un proche qui disparaît sans que l’on puisse vraiment le connaître.
« Ne perds pas de vue que tout ce qu’on te dit est en réalité triple : façonné par celui qui le dit, refaçonné par celui qui l’écoute, dissimulé à tous les deux par le mort de l’histoire. »

Avec une caricature d’enquête et l’exposé de rêves judicieusement ininterprétables, Nabokov fait usage des souvenirs d’enfance et de minutieux détails dont il a le goût, avec celui d’égarer son lecteur…
Un humour très subtil joue avec les allusions autobiographiques, comme la fine critique de l’Angleterre qui l’accueillit en exil, au travers notamment du premier biographe et ancien secrétaire de Knight, Goodman. De même, le narrateur a suivi un cours d’écriture pour se lancer dans cette rédaction, et c’est l’occasion de tourner en ridicule le métier des lettres en général.
On retrouve Mademoiselle O, la ronde gouvernante suisse de Vladimir enfant et sa fratrie, celle-là même de la nouvelle éponyme et de l’autobiographie Autres rivages :
« Elle s’appelait, elle s’appelle toujours Olga Olegovna Orlova : allitération oviforme qu’il eût été bien dommage de garder pour soi ! »

Ce portrait est aussi l’opportunité de celui, plein de perspicacité, de l’exilé ‒ émigré, expatrié :
« Ce fut pour découvrir là-bas l’existence d’un asile pour vieilles Suissesses ayant été institutrices en Russie avant la Révolution. Comme me l’expliqua le monsieur très aimable qui m’y guida, elles "vivaient dans leur passé", passant leurs dernières années – et la plupart de ces dames étaient décrépites et retombées en enfance – à comparer leurs impressions, à nourrir de l’une à l’autre de mesquines inimitiés, et à dénigrer le train dont allaient les choses dans cette Suisse qu’elles avaient redécouverte après avoir si longtemps vécu en Russie. Ce qu’il y avait de tragique dans leur cas c’était que, durant toutes ces années passées dans un pays étranger, elles étaient demeurées absolument imperméables à son influence (au point de ne même pas apprendre les mots russes les plus simples), et même un peu hostiles à leur entourage – combien de fois n’avais-je pas entendu Mademoiselle se lamenter sur son exil, se plaindre qu’on lui manquât d’égards ou qu’on ne la comprît pas, et soupirer après sa belle terre natale ! – mais quand ces pauvres âmes flottantes revenaient chez elles, elles se découvraient complètement étrangères dans une patrie transformée, – si bien que, par un étrange tour de passe-passe sentimental, la Russie (qui, dans la réalité, avait été pour elles un abîme inconnu qui grondait sourdement au-delà du coin éclairé par la lampe dans une chambre mal aérée donnant sur la cour, enjolivée de photographies de famille dans des cadres de nacre et d’une aquarelle du château de Chillon), la Russie inconnue revêtait à présent l’aspect d’un paradis perdu, d’un lieu vaste, vague mais rétrospectivement amical, peuplé de regrets illusoires. »

Mais l’essentiel n’est pas là : le thème de la biographie… est mis en abîme dans la biographie elle-même !
« Auteur écrivant biographie imaginaire recherche photos de messieurs, air compétent, sans beauté, posés, ne buvant pas, célibataires de préférence. Acheteur photos enfance, adolescence, âge viril, pour reproduction dans ledit ouvrage. »

« …] dans le premier livre de Sebastian, L’Iris du miroir (1925), l’un des personnages secondaires est une charge extrêmement comique et cruelle d’un certain auteur vivant que Sebastian trouvait nécessaire de fustiger. »

« Le sujet de son [dernier] livre est simple : un homme se meurt : vous le sentez, tout au long du livre, en train de sombrer [… »

Parodie dans la parodie :
« Ainsi qu’il le fait souvent, Sebastian se sert ici de la parodie comme d’une sorte de tremplin pour bondir dans la région la plus élevée du grave et de l’ému. »

Le, ou un des projets (?) de l’auteur :
« C’est comme si un peintre disait : "Attention ! je m’en vais vous montrer non la peinture d’un paysage, mais la peinture des différentes façons de peindre un certain paysage, et je suis sûr que de leur fusion harmonieuse naîtra à vos yeux le paysage tel que je veux que vous le voyiez." »

Ce roman est à la fois un plaisir de lecture spirituelle, une complexe exposition des conceptions littéraires de l’auteur et du problème de la « parfaite solution » d’un écrivain, une méditation sur le destin (avec prestidigitateur), une approche métaphysique de l’existence et de la mort. Sans comprendre complètement le propos de Nabokov, j’ai quand même saisi que celui-ci est parvenu à mettre du sens dans son livre !
Ainsi, il semble que l’histoire demeure perpétuellement bloquée à deux mois après le décès de Sebastian Knight…
Donc méandreux en diable :
« Le nœud le plus ardu n’est qu’une corde sinueuse ; résistant aux ongles, mais en réalité simple affaire de boucles indolentes et gracieuses. L’œil le défait, cependant que les doigts maladroits saignent. C’était lui (l’homme qui se mourait) ce nœud, et il allait être sur-le-champ dénoué, si seulement il trouvait le moyen de ne pas perdre le fil. Et pas seulement lui, mais tout serait débrouillé, – tout ce qu’il pourrait concevoir en fonction de nos puériles notions d’espace et de temps, l’une et l’autre, énigmes inventées par l’homme à titre d’énigmes, et par suite, revenant nous frapper : boomerangs de l’absurdité… Il avait à présent saisi quelque chose de réel, qui n’avait rien à voir avec aucun des sentiments ou pensées ou expériences par lesquels il pouvait avoir passé dans “le jardin d’enfants” de la vie… »

Sinon, l’astuce de la fausse biographie (d’un écrivain) n’est pas nouvelle, mais son traitement plein de malice par Nabokov me fait y soupçonner une source de l’inspiration de Philip Roth, David Lodge et/ou Enrique Vila-Matas (et je me demande si Nabokov a lu Henry James).

Mots-clés : #biographie #ecriture #portrait
par Tristram
le Ven 6 Sep - 0:27
 
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Sujet: Vladimir Nabokov
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Charles Bertin

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La Petite Dame en son jardin de Bruges

Originale : Français, 1996

Actes Sud a écrit:Charles Bertin, qui est né en 1919, a rêvé de sa grand-mère, morte depuis un demi-siècle. Au matin, ce rêve lui est apparu comme le signe qu’il fallait sans délai rendre visite à la petite dame en son jardin de Bruges.
Dans la manière d’un tissage aux laines délicates se compose alors, au fil du voyage, un portrait d’une tendresse si sensible et d’une véracité si évidente que nul ne saurait lire ces pages sans aller aussitôt à ses propres souvenirs, ni sans ressentir, à l’exemple de Charles Bertin, l’effroi de revoir si bien sans jamais pouvoir franchir le glacis qu’impose la mort.


REMARQUES:
Donc, il s’agit ici pas d’un roman mais bien d’un récit, un portrait, des souvenirs de Charles Bertin sur sa grande-mère Thérèse-Augustine, et les étés d’enfance qu’il a passé chez elle dans les années 20 et début années 30 à Bruges. Quel sens de la mise en scène elle avait, avec quelle fantaisie elle rejoignait les rêves de son petite-enfant ! Elle avait grandi dans un atmosphère où c’était normal que l’éducation des filles était négligée en faveur de celle des fils de la famille. Quel gâchis ! Tôt, et si on comptait bien : avant le temps imposé, elle tombait enceinte pour pouvoir fuir l’emprise familiale et marier son cheminot. Ensemble ils vont devoir changer d’habitation et d’affectation à plusieurs reprises. Le petit Charles passe ses étés d’enfant chez eux et puis chez la veuve. Il y a le temps sacré et magique passé avec elle qui raconte l’histoire de telle façon qu’elle fait de l’enfant un confident ! Ensemble ils découvriront, carte à la main, la ville de Bruges sous différents aspects. Elle sait rendre les choses intéressantes et mystérieuses. Et elle propose alors la découverte de la mer : et une expédition se fera, inoubliable, à bicyclettes.

Mais bien sûr Charles va passer aussi des heures seul lors de ces séjours, découvrant ces « lieux secrets et magiques », propres à l’enfance. Il s’invente des aventures dont il est le héros (solitaire), explore des endroits mystérieux, et si ce n’est ce grenier attirant.

Hommâge et quasimment lettre d’amour à la grande-mère, mais aussi perspectif retrouvé d’un enfant !

Quelle poèsie !


Mots-clés : #enfance #famille #portrait
par tom léo
le Dim 1 Sep - 15:31
 
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Sujet: Charles Bertin
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Eric Plamondon

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Hongrie-Hollywood express


Originale : Français, 2013

CONTENU
présentation (en grande partie) a écrit:Dans ce premier tome de la trilogie 1984 que l’auteur compte comme une année charnière (personnelle?), un certain Gabriel Rivages (Alter-Ego de l’auteur) raconte le siècle et la vie du petit Janos Weissmueller devenu Tarzan au cinéma. Et c'est tout le patchwork américain qui s’anime, des exploits sportifs qui font rêver la planète tout entière aux soubresauts de l'underground littéraire, des gloires de Hollywood aux déclins obscurs. Burroughs vend des taille-crayons, Al Capone domine Chicago, Albert Einstein croise un chasseur d'écureuils, le record du monde du 100 mètres nage libre passe sous la minute, un comptable véreux s enfuit avec la caisse et un mythe vivant finit placier dans un restaurant de Las Vegas.

De Montréal aux îles Bikini, Éric Plamondon nous promène avec finesse et jubilation dans l'histoire culturelle de la grande Amérique.


REMARQUES :
Et cette promenade il le fait par ces touches « mosaïques » d’à peine une page, en 90 chapitres en total. Style Plamondon ! On saute de bribes de la vie de Janos Weissmueller de la Hongrie et son arrivée à l’âge d’un an à Ellis Island, à la découverte de la nage à Chicago, puis ses exploits aux Jeux Olympiques de Paris et Amsterdam en 1924 et 1928. Avant qu’il ne devienne la vedette la mieux payée de Hollywood, en jouant le rôle de Tarzan dans une dizaine de films. Mais cette montée vertigineuse sera accompagnée, suivie par une descente pareillement vertigineuse… jusqu’au quasi-oubli dans une mort au Mexique.

Mais ce qui est esquissé ici d’une façon chronologique, Plamondon le raconte parfois en revenant sur ses pas ou en anticipant et il fait intercaler par des bribes d’autres histoires, rendant compte de la vie d’autres personnes, voir même de narrateurs « Je » le temps d’un chapitre. Entre autre alors Gabriel Rivages.

Cela est intelligent et aéré à la fois. Juste que peut-être il y a de ces mini-chapitres qu’on arrive pas à placer ? Ou moins moi. Mais cela ne change pas le plaisir en général et aussi d’un coté l’admiration devant un prodige de la natation et son exploitation, sa chute… Hollywood !

Mots-clés : #biographie #contemporain #portrait
par tom léo
le Dim 28 Juil - 18:38
 
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Sujet: Eric Plamondon
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François Augiéras

Domme ou l'essai d'occupation


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Récit autobiographique, écrit en 1969, 170 pages (12 chapitres) précédées de 15 pages de préface et de lettres, d'abord publié chez Fata Morgana en 1982 après bien des refus d'éditeurs, mais amputé d'un chapitre, puis enfin intégralement aux éditions du Rocher en 1990.


En grande précarité, François Augiéras se fait admettre comme indigent dans un hospice situé à Domme, pas tout à fait par hasard: fin connaisseur du Périgord où il a grandi, et qu'il a sillonné à pied comme à vélo, peut-être avait-il l'intuition du parti qu'il pourrait tirer de ce site, exceptionnel.

En fait nous ne saurons rien ou quasiment de sa vie à l'hospice, qui le lasse ou même le révulse.
Aucune description laissée.
Très tôt il cherche, en guise de demeure de jour, une grotte:
Chapitre I, La caverne à flanc de falaise a écrit: Tout mon avenir à Domme dépend de la découverte d'une grotte.


Illuminé, misanthrope, marginal.
Des signes clairs de rejet (du vandalisme dans et devant la grotte, deux rencontres désagréables) lui sont adressés.  
Autant Augiéras cherche l'écart, celui de la mise à l'écart, autant il entend ne frayer ni avec la population, ni avec l'hospice proprement dit, autant il s'étonne de sa solitude pourtant recherchée et en souffre: car Augiéras, pour qui la rupture avec le monde "des hommes" est consommée, qui n'a que des mots durs pour l'humanité, est un grand paradoxal.

La connivence, l'amitié (et, in fine, davantage pour le second et c'est ce qui donne aujourd'hui toutes ses lettres de malédiction à ce récit, que beaucoup peuvent, je le conçois, vouer aux gémonies) ne se trouvent qu'au travers de deux rencontre, une adolescente et un enfant.

Certain d'être en fin d'un monde (d'une ère), son essai d'occupation c'est-à-dire d'occuper le terrain (en vue d'un nouveau culte ?) est assez fumeux, se paye de majuscules aux débuts de mots couvrant on ne sait quels concepts qu'il ne prend jamais la peine de détailler, d'expliquer.
Il n'a jamais de termes assez violents pour défourailler sur la chrétienté, l'époque, l'athéisme républicain et que sais-je encore, mais s'avère absolument incapable de proposer quoi que ce soit en échange.
On ne sait rien de sa cosmogonie et de ses visions de fumeur d'orties séchées en succédané de cannabis, de sa théologie s'il en a une, à peine une mention en fin de livre sur les lectures qui semblent le pénétrer.

Son rapport d'amour-haine envers la chrétienté est particulièrement troublant: voilà quelqu'un qui a séjourné très longuement parmi les moines au Mont Athos et rêve d'y retourner, qui passe chaque jour des heures dans l'église du village, devant un retable dédié à la Vierge, dans une posture que des chrétiens de passage trouveraient tout à fait rituelle, oscillant entre Adoration et Oraison, quelqu'un qui se livre à des larcins en chapardant cierges et encens pour les brûler dans sa grotte, reproduisant ainsi exactement ce qu'il prétend abominer le plus, le fait, qu'on découvre grâce à un moteur de recherches contemporain, que ces hospices qu'il fréquentait étaient parfois tenus par des religieuses (ou dans lesquels, sans être à la tête de ces lieux, elles occupaient beaucoup de fonctions de petit personnel), etc...

 
Alors, c'est vrai, il serait assez aisé de tourner le piteux François Augiéras en dérision.
Aisé de relever ses ridicules, combien il peut s'avérer calamiteux, de mauvaise influence (et plus sur l'un) sur deux jeunes.
D'autant qu'en couplant ce récit avec ses lettres à Jean Chalon (dans un livre intitulé Le diable ermite, peut-être en ferais-je un commentaire ultérieur) on le voit, dans la même période et ce n'est pas dit dans le récit, calculateur, intéressé, et manipulateur si besoin est.

Mais je ne me livrerai pas à ça.
Ce désemparé-illuminé a ses affres à narrer, cela vaut parfois des passages de qualité. Cet acharnement dans la dinguerie vaut quichottisme et cela se respecte, à condition d'avoir le courage ou la veulerie (c'est selon) de faire une part mal taillée des choses, en laissant de côté la face sombre d'Augiéras, ce qui n'est pas tout à fait lui rendre justice je le reconnais sans peine: il la revendique (y-a-t-il jamais eu un misanthrope ne se voulant pas détestable aux yeux d'autrui ?).

Extraits et autres éléments dans cette vidéo, intitulée rien moins qu'"un essai d'occupation":


Mots-clés : #amitié #exil #initiatique #portrait #xxesiecle
par Aventin
le Dim 14 Juil - 20:50
 
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Sujet: François Augiéras
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Patrick Gale

Tableaux d'une exposition

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De son écriture tout en nuances, Patrick Gale nous livre une chronique familiale douce-amère autour de la figure maternelle d'une artiste peintre bohème et excentrique, dans le décor splendide de la Cornouailles. Par une belle journée d'hiver, Rachel Kelly s'écroule dans son atelier. Cette peintre renommée laisse derrière elle une oeuvre impressionnante et une famille déchirée. Un homme, d'abord, Antony, qui fut son compagnon, son soutien, son souffre-douleur aussi, quand ses crises dépressives étaient trop fortes ; deux fils qui ne se sont jamais sentis à la hauteur de cette mère trop douée, trop passionnée, trop vivante ; une fille, Morwenna, qui a choisi de fuir... Comment les liens qui les unissaient se sont-ils distendus ? Qui était vraiment cette artiste de génie, gravement malade, qui a toujours fait passer l'art avant tout ? Pourquoi la fragile Morwenna a-t-elle soudain rompu avec ses parents ? Qu'est-il arrivé à Petroc, le petit dernier, le fils préféré, disparu trop tôt ? Quels secrets les tableaux de Rachel Kelly ont-ils encore à livrer ?



L’histoire se déplie au fil de la découverte des tableaux de l’artiste Rachel Kelly, exposés post mortem. La vie de l’artiste, au travers des regards de ceux qui l’ont le mieux connue, ses enfants, sa sœur, son époux, est ainsi évoquée dans les bribes de souvenirs que chacun livre, dans les bouts de leur histoire avec elle, et au travers des quelques mots apposés comme présentation de chaque œuvre.

Ainsi, nous rencontrons au fil de ce roman une mosaïque de portraits de Rachel Kelly, des périodes artistiques qu’elle a pu avoir, des différents moments de sa maladie, entre moments dépressifs ou maniaques. Nous apprenons un peu de sa vie, et ses mystères peu à peu s’éclairent, au fil des tranches de vie livrées pat les autres personnages.

On perçoit comment chacun, dans sa relation avec elle, a eu de bons moments et d’autres plus compliqués ; et, au-delà, au travers de ces brefs témoignages comme des clichés photographiques,  on perçoit comment la maladie de Rachel a régenté la vie de chacun et leur a dévoré une part de celle-ci.

Mais de Rachel, finalement, on ne saura que ce que d’autres ont retenu d’elle, ont partagé avec elle ou se souviennent d’elle, ce donc au travers du filtre de leurs sentiments, attentes comblées ou déçues. Rachel gardera donc sa part de mystère, sa part d’insu. Elle ne parle pas, on ne l’entend pas, juste on la devine alors qu’elle est au centre de l’histoire, sans y être présente mais en prenant toute la place

Ce roman, c’est l’histoire d’un deuil qui ravive les souvenirs d’une vie, où chacun se réapproprie son lien avec la défunte et fait avec ce qu’elle a laissé. C’est, derrière cela, l’histoire d’une famille à part où chaque membre est différemment déchiré par sa relation à cette mère, femme, amie, sœur, hors norme, une femme abîmée de différentes manières, dont on ne percevra la fêlure que tard et pour laquelle il faudra se contenter de juste l’entrapercevoir.

Cette lecture a été riche, j’ai trouvé le choix de l’auteur intéressant, et inhabituel. J’ai voulu, et continue à souhaiter, en savoir plus sur Rachel, mais là est toute la frustration de l’œuvre, on reste quelque part avec ses attentes et questions.


Ce que je pourrai reprocher à ce choix, c'est le revers du choix que l'auteur a fait d'utiliser différents regards, car, bien que très intéressant, avancer au fil de ces bouts d’histoire disparates a fait que j’ai eu du mal à m’attacher à un personnage et à m’émouvoir avec lui, attendre la suite des événements. Ce serait le bémol pour moi de ce livre, de ne pas avoir réussi à m’embarquer avec lui car je me suis toujours sentie coupée dans une histoire, une tranche de vie.

Mots-clés : #famille #peinture #portrait
par chrysta
le Dim 19 Mai - 21:15
 
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Sujet: Patrick Gale
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Bernhard Schlink

Olga

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Orpheline qui devient institutrice à la force de sa volonté et de son travail, Olga aime Herbert, le fils de l’aristocrate du coin. Herbert aime Olga, aussi. Mais c’est un homme écartelé entre son devoir familial, son amour têtu, et ses aspirations existentielles qui le poussent à flirter avec l'infini, le lointain, les immensités. Ainsi Olga va vivre avec son amant en pointillé, mais son amour puissamment accroché au cœur, et cela même quand Herbert se sera perdu dans les immensités glaciales de l’Arctique sans espoir de retour. Elle va poursuivre sa route, femme vieillissante avec cet homme au cœur, alors qu’autour d'elle le nazisme monte, dans une autre aspiration mortifère à capturer l’immortalité. Elle reste cette femme secrète et résolue, cultivant son indépendante, ouverte aux autre malgré la surdité qui l'isole.

Très beau portrait d'une femme fidèle, qui tout à la fois aimé et détesté cette force qui, certes, pousse Herbert loin d'elle, mais qui aussi lui donne ces yeux pétillants et ces enthousiasmes enchanteurs. Comment garder son indépendance quand on aime, rester fidèle à ses sentiments et ses idées, mener une vie digne quand on appartient plutôt au clan des réprouvés?

Schlink construit magistralement ce roman, d’une grande richesse, impeccablement  maîtrise, dont la réserve apparente cache un lyrisme emporté. Sous ses dehors terre à terre, il interroge sur le destin des hommes, des femmes et des peuples. C’est un récit en trois temps, où interviennent un jeune homme "ennuyeux" et des lettres  (quelles lettres! ) qu’il va miraculeusement retrouver.

Quel beau titre que ce titre, Olga (contre une couverture un peu niaiseuse), qui dit une femme, qui mène son chemin tragique sans drame, pour elle-même, d'un pas tranquille et assuré, confiante en ses certitudes, dans un siècle pourtant  déboussolant.


Mots-clés : #amour #portrait #solitude #voyage
par topocl
le Sam 23 Mar - 10:30
 
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Sujet: Bernhard Schlink
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Marie Chaix

Juliette, chemin des cerisiers

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Voici une troisième version de cette histoire familiale de Marie Chaix, où le personnage central, ce père compagnon de Doriot et collaborateur est aussi « présent » par ses absences que par ses errances politiques. Cette fois-ci, après son père et sa mère,  c’est à travers  Juliette que Marie Chaix raconte. Juliette la jeune bonne indispensable qui a accompagné la famille pendant plus de trente ans, l’a aimée et soutenue de façon indéfectible. Une jeune femme venue d’un misérable milieu paysan bressan, qui a semée en elleun désir d’avancer sans se plaindre,   un pragmatisme, que cette remarque résume bien :

Quand elle vient d’Arciat sur son vélo, la Juliette d’aujourd’hui tourne à droite pour entrer dans laevillage et passe devant la mairie flanquée de ses deux morceaux  d’école, avant d’arriver sur la place. Se dit-elle : » c’est là que j’ai appris à ire » ? Non. Elle pense : je vais garer mon vélo contre le mur et acheter le pain de la semaine.


Si c’est encore une fois le même récit avec un petit décalage, c’est avant tout un beau portrait, d’une femme humble mais solide, qui sous ses couverts de « domestique », ne s’en laisse pas compter, développe une humanité et trace un droit chemin, jusqu’à s’être rendue indispensable à la vie et au cœur de tous au fil des décennies.


mots-clés : #portrait
par topocl
le Mar 5 Mar - 13:20
 
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Sujet: Marie Chaix
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Marie Chaix

Les silences ou la vie d’une femme

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Pendant six semaines, Maris Chaix visite sa mère dans le coma, lui souhaitant une mort douce alors que l’équipe hospitalière lutte pour la ramener coûte que coûte à la vie. Les souvenirs remontent, l’histoire de cette femme qui a été petite fille, jeune fille, jeune épouse brièvement comblée, femme au foyer amoureuse soumise aux dictats de cet homme impatient, collaborationiste puis emprisonné pour cela, cette mère comblée pleinement nourrie par sa descendance, cette femme encore jeune clouée au fauteuil par un accident vasculaire, et maintenant, cette douce forme vieillissante, inerte, qui respire encore.

C’est un très beau portrait de femme, de son rapport avec sa fille Marie, un portrait des attentes, souvent déçues, de la soumission où entre un certain choix, lesquelles n’empêchent pas une obstination à mener sa barque. Marie Chaix a un style très inspiré, elle est sensible aux ambiances, aux couleurs, aux odeurs, aux cocasseries. Elle nous livre ici un livre des plus touchants, plein d ‘une grande tendresse, qui lui permet de laisser tomber la colère. Un livre- hommage à cette mère qui a eu un parcours en contradiction totale avec les choix ultérieurs de sa fille , laquelle lui conserve pourtant son amour, sa fidélité  et son respect.

Il y a des pages très fortes sur la mémoire/présence des morts et les cimetières, Marie, j'ai pensé à toi.

Mots-clés : #amour #conditionfeminine #medecine #mort #portrait #relationenfantparent
par topocl
le Ven 8 Fév - 16:42
 
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Sujet: Marie Chaix
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Claude Simon

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Le vent, Tentative de restitution d'un retable baroque

Bon, il y a des points au bout des phrases et il se passe des choses. D'accord. Il y a même une belle part de mystère et une large place faite au dialogue. Mais cette drôle d'histoire de type pas encore vieux mais plus jeune (intermédiaire alors ?), Montès, qui débarque dans une petite ville du Sud pour une histoire d'héritage et semble errer seulement avant de rencontrer, de sembler ne pas interagir avec d'autres... en fait c'est très intense. Certes, il y a du mordant dans ce portrait de vie provinciale, et peut-être une petite part d'autobiographie avec son appareil photo autour du cou. C'est intense dans les sensations, les hésitations, les mots qui ne se prononcent pas ou les gestes qui ne se font pas. C'est tout sauf froid. Dénuement mélancolique mêlé de grande douceur pour entourer quelques débordements, des ignorances et des drames aussi.

Grand plaisir ou grande satisfaction ou satiété dans cette lecture. Manière, rythme, ça a beau être plus actif que le Tramway par exemple, à la fois ça se démarque par la recherche évidente, surtout on retrouve une manière d'atmosphère et de regard, des moments. Attentes, souffles, une patience et un retour vers le marquant discret. Une grande force aussi.

Expliquer le sous-titre je ne saurais pas le faire mais ça n'empêche pas d'être captivé par ce portrait fragmenté et profond. C'est merveilleux de pouvoir lire des écritures pareilles...

Mots-clés : #lieu #nouveauroman #portrait #psychologique
par animal
le Mar 1 Jan - 20:59
 
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Sujet: Claude Simon
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Hjalmar Söderberg

Egarements

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Originale: Sförvillelser (Suèdois, 1895)

CONTENU :
Viviane Hamy a écrit:Printemps à Stockholm. La nature renaît, reprend peu à peu ses droits sur l'hiver et les rues grouillent de monde. Thomas Weber vient d'obtenir sa licence en médecine. N'exerçant encore aucune activité sérieuse, il flâne par les rues du centre-ville et non loin du port, prêt à se jeter dans l'aventure au grès des rencontres fortuites. Un seul but occupe son esprit : dépenser au plus vite l'argent que son père lui a offert en récompense de son succès universitaire. Son premier achat sera une élégante paire de gants rouges ; d'ailleurs la vendeuse, au cou gracile et à l'épaisse chevelure, va vite hanter sa rêverie.

Égarements est un roman de la sensation, d'une belle mélancolie, sur les soubresauts de la jeunesse et l'entrée dans l'âge adulte. À sa parution, en 1895, il provoque un scandale, car jugé indécent et pornographique ; depuis, il est devenu un classique de la littérature scandinave.


REMARQUES :
Le livre parle en quinze chapitres d’environ une dizaine de mois et parle de son « anti-héros » Tomas Weber. Juste à vingt ans il a obtenu sa licence en médecine et pour cela reçu une bonne somme rondelette de son père. Dans le milieu décadent de la ville cet argent est vite dépensé. Il bascule entre son amour de « toujours », Märta, laquelle il aimerait probablement marier à longue terme. Et de l’autre coté son amour, désir pour la jeune Ellen, timide. Est-ce qu’elle ne pourrait pas être un terrain pas dangereux pour « certaines expériences » ? Mais la pendule va une fois ici, une fois là-bas, pas possible de suivre ses inclinations actuelles. Une fois il s’occupe de celle-ci, puis il préfère celle-là. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez Tomas ? Pas de miracle qu’il ne pourra pas écrire crédiblement une thèse pour sa sœur sur le « Saint Sacrement ». Cela n’étonne que sa sœur. Mais avec tout cela ce roman ne provoque plus un tel émoi aujourd’hui (comme à sa parution où on a accusé Söderberg de pronographie etc). Ou bien…?

Alors je me disais déjà : A quoi bon, ce théâtre auquel fait penser l’apparition de différents personnages au début du roman. Mais oui : qui connaît Stockholm va prendre goût de reconnaître des rues, des places connus, comme toujours chez l’auteur partie intégrale des promenades et flâneries. Et aussi quelques bons mots. Et puis ? Est-ce que c’est tout ?

Ah, le roman commençait à provoquer mon vrai intérêt à partir assez exactement le milieu : Les dettes s’accroissent, les femmes commencent à résister, et des doutes existentiels apparaissent. D’un coup une sorte de mise en question de soi-même surgit, une forme de pessimisme mélancolique : Est-ce que je vais l’éviter, me filer dans la route fréquentée, et préférer les mensonges de la vie ? Là le roman me rappelait d’une littérature existentielle que j’associe avec des temps bien plus tardifs, je veux dire plus proche de nous (selon mes connaissances). Y est lié une tristesse de type nordique. Tout cela me faisait m’intéresser au roman.



« … et le voilà tout seul, comme un naufragé sur un radeau à la dérive. »

Parfois je me dis que cette décadence apparaît alors aussi dans une autre lumière comme si Söderberg n’était pas juste un exalté, jubilant, mais un peintre un peu défaitiste d’êtres humains en fin de compte perdus et solitaires.


mots-clés : #amour #lieu #portrait #sexualité #xixesiecle
par tom léo
le Dim 25 Nov - 14:46
 
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Sujet: Hjalmar Söderberg
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Jesus Carrasco

Jesus Carrasco
Né en 1972

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Jesús Carrasco est né à Badajoz en 1972. Détenteur d’un diplôme en éducation physique, il a travaillé, entre autres, comme vendangeur, plongeur dans un restaurant, professeur d’éducation physique, manager musical, graphiste, ainsi que rédacteur publicitaire, et a monté et démonté diverses expositions.

Il a commencé à écrire en 1992, peu après son arrivée à Madrid. Depuis lors, il a été l’auteur de nombreux articles de presse, de plusieurs nouvelles, de deux livres pour enfants et d’un roman, et a muri en tant que lecteur.

En 2005, il publie un livre illustré pour premiers lecteurs, et la même année, il déménage à Séville, où il réside encore à l’heure actuelle. "Intempérie" (2015) est adapté par Javi Rey en 2017 chez Aire Libre (Dupuis).

Source Babelio

Traduits en français :

2015 : Intempérie
2018 : La terre que nous foulons


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Intempérie

"Une immense plaine desséchée par des années sans pluie, un monde fermé sur lui-même et gouverné par la violence. Dans cet enfer, sous un soleil implacable, un petit garçon fuit. Le premier jour, il se cache dans un trou recouvert de branchages, tandis que des hommes le cherchent sans relâche. À la nuit, il sort et file. Autour de lui, il n'y a rien à boire, rien à manger. Et peu d'endroits où se cacher, si ce n'est les bois d'olivier. Mais l'enfant s'obstine à aller de l'avant, à laisser son village loin derrière, à mettre le plus de distance possible entre lui et ceux qui le traquent. Bientôt, il a trop faim, trop soif et, quand il aperçoit un vieux berger en train de manger, il s'approche pour le voler. À partir de là, tout va changer pour le vieil homme malade et l'enfant traqué. Silencieusement, avec rudesse, le berger prend l'enfant sous sa protection. Il lui enseigne ce qui lui permettra de survivre dans cet univers impitoyable : garder les chèvres en troupeau, les traire et trouver de l'eau. Et aussi ce qui fait la grandeur d'un homme : la compassion, enterrer les morts et respecter la terre. Mais ceux qui veulent l'enfant se rapprochent. Bientôt, la confrontation a lieu, d'une violence inouïe. C'est que la lutte signifie bien plus que le combat des corps, les blessures et le sang. Et quand ce sera fini, après la mort et les désastres, enfin, il pleuvra."


J'ai lu ce livre avec difficulté et je dirai même qu'il m'a rendu malade tant il véhicule de violence.
Et je ne le conseillerai même pas.
Non que cette violence soit gratuite ou inutile. L'auteur a sciemment utilisé ce qui fait la matière même de son livre. Et la nature exacte de ses personnages.
Un vieux berger, mais pas seulement vieux, usé, au bout du rouleau. Il conduit quelques chèvres de façon erratique et sans objet réel.
L'autre est un enfant en fuite. Il fuit l'hostilité féroce, démente d'un village entier et de son chef dont il était l'objet sexuel.
Tous ces êtres semblent pris d'une folie collective, la quintessence même d'une méchanceté et d'une lâcheté incontrôlables mais dont ils sont responsables.
Le décor est celui d'une fin du monde. Une terre brûlée par une chaleur torride et durable. Des villages abandonnés par leurs habitants.
Que le berger accueille l'enfant n'étonne pas. Lui aussi est aussi en fuite de de milieu dément.
Il en subira évidemment les pires conséquences.
Rien n'étonne en fait dans cette exacerbation extrême, même si on ignore que le début de tout pourrait etre une catastrophe climatique, pas naturelle du tout.
Mais la conséquence de l'irresponsabilité coupable des humains.

Depuis La Route de McCarthy, on peut lire des livres, des fictions, qui reflètent l' enfer qu' est en train de devenir le monde dans lequel nous vivons. Et où les plus démunis, les plus vulnérable sont les premières victimes d'un suicide collectif programmé.
Où l' on cherche parfois un bouc émissaire là où il n'est pas.
Cela ressemble à la course frénétique de rats pris de folie dans une maison en flammes.
Et c'est lugubre et vrai.


mots-clés : #portrait #vieillesse #violence
par bix_229
le Dim 28 Oct - 17:40
 
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Sujet: Jesus Carrasco
Réponses: 9
Vues: 519

Jean Giono

Cœurs, passions, caractères

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Roman ou récit(s), ou plutôt portraits, paru post-mortem en 1982 et, selon toute vraisemblance, inachevé.
Une centaine de pages divisées en "caractères" (une trentaine de pages) et "cœurs, passions, caractères" pour le reste.  
L'ensemble de ces pages a pu être composé au fil de sa vie, puis fixé, sans plus de précisions, dans leur forme retenue pour la parution, entre 1960 et 1970 - année du décès de Giono.

Années 1920: jeune employé du Comptoir d'Escompte de Marseille, Giono parcourait la campagne en tentant de placer des "démarches-titres" (placements), une partie de son travail consistait à remplir des fiches avec tous les renseignements utiles à un banquier (surface financière, endettement, besoins, projets...).
Dans le même temps, le romancier naissant en profitait pour consigner à part, pour un hypothétique usage propre, les diverses observations, de l'ordre de la possible matière romanesque sans utilité bancaire, que rencontres et lieux traversés lui inspiraient.

Extrait, à noter le mañana castillan transcrit en "magnana":
Honorato a écrit:Sa science du monde est si parfaite qu'elle ne peut pas s'appeler science: c'est un pauvre bougre. Il ajuste les unes sur les autres des pierres sans mortier, il en construit des serpentements de murs de plusieurs kilomètres de long, et tout cet ensemble (auquel il ajoute, jour après jour, de magnana en magnana) épouse les flexuosités du sol et forme un tout cohérent, inébranlable, maintenu en place par le seul rayonnement d'une intelligence. Il passe de l'utilité à la beauté sans faire le détour par la métaphysique.


Spoiler:
Ah, soupir d'aise, que me plaisent serpentements et flexuosités !



Mots-clés : #lieu #portrait
par Aventin
le Ven 26 Oct - 13:33
 
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Sujet: Jean Giono
Réponses: 76
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