Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot


La date/heure actuelle est Mar 12 Nov 2019 - 17:21

4 résultats trouvés pour prostitution

Luca Di Fulvio

Le gang des rêves

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Titre original: La gang dei sogni. Paru en italien en 2008, roman, 920 pages environ.

Le roman débute à Aspromonte, Calabre, au début du XXème siècle.
Une petite fille (Cetta) grandit sous le regard de sa mère mais aussi celui, concupiscent, du patron de celle-ci, qui visiblement possède êtres, terres et choses et en dispose à son gré.
Cetta, devenue adolescente, se fait estropier par surprise par sa mère, afin de lui éviter les griffes du patron ou de l'entourage de celui-ci.
Ce sera sans succès et elle accouchera, "à presque quatorze ans", d'un garçon prénommé Natale, c'est-à-dire Noël.
Peu désireuse d'appartenir au patron comme l'une de ses terres, elle s'embarque à Naples pour l'Amérique avec son bébé. La traversée se passe en viols continus par le capitaine, contre un quignon de pain et un peu d'eau. Une fois débarqués à Ellis Island et sur recommandation du capitaine, la petite fille, flanquée de son bébé, va connaître des années durant la prostitution en maison close.
Son maquereau, Sal Tropea, sous des allures brutales est doté d'un cœur ainsi qu'on s'en aperçoit petit à petit au fil des pages, pour un premier élément un peu positif dans ce livre, ce qu'on n'osait plus espérer. Ce personnage de souteneur-gangster impuissant fait un petit peu songer à Sanctuaire, de Faulkner, est-ce là une référence que Di Fulvio est allé glaner ?
Une référence certaine est l'emprunt de Diamond Dogs, de David Bowie, revendiqué en-tête du reste, comme nom de gang (tiré de l'album et de l'excellent tube éponymes).

Natale Luminata devient Christmas Luminata, grandit dans le New-York du Lower East Side dans la pauvreté, la violence et hors système scolaire: il ne veut plus retourner à l'école depuis que des gamins lui ont tracé un P à la pointe du couteau sur la poitrine, qui lui laissera une cicatrice à vie, P signifiant Putain en rapport au métier exercé par sa mère.
Son bagout, une ou deux rencontres (Santo le copain docile et effacé, Pep le boucher à la chienne galeuse), et l'observation active de la rue, ses mœurs, ses codes et son spectacle lui tiennent lieu d'apprentissage de la vie.
Son destin commence à basculer le jour où il recueille, dans les immondices d'un terrain en chantier, une adolescente de son âge, presque moribonde, frappée, violée et amputée d'un doigt. Elle se trouve être Ruth Isaacson, petite-fille d'un millionnaire en vue...
mais je ne vais pas vous résumer les 700 pages restantes !

Comme je le disais sur le fil Nos lectures en Août 2019, Di Fulvio pratique un matraquage à la violence, au sordide et à l'abjection durant les premiers chapitres, sans doute pour aguicher le voyeur-lecteur, ça doit marcher sans doute (est-ce assez "grand public" ?), mais, franchement, à mon goût là il en fait trop: a-t-on besoin de ce pilonnage systématique alors qu'on vient à peine de quitter l'embarcadère pour une traversée de plus de 900 pages ?
Retors, il ajoute alors des retours chronologiques permanents afin de bien laisser la tête lourde  à l'heure de reposer le livre sur votre chevet, comme si le contenu ne suffisait pas (le lecteur n'auto-intitulera pas ce bouquin "Le gang des bonnes nuits et des beaux rêves").

Heureusement Di Fulvio rentre à temps dans une espèce de linéarité chronologique, et l'ouvrage se suit, au fil des pages comme si c'était au gré d'un courant non tumultueux. Homme de théâtre, Di Fulvio fait de chaque chapitre une entrée en scène: on suit le ou les personnages avant de passer à une autre scène, un autre lieu souvent, au chapitre suivant.

Reste à décerner beaucoup de points positifs, comme le style, alerte, vif, Luca Di Fulvio s'avère être une plume rompue au tournemain du savoir-camper, tout en restant percutante, sans encombrer.
De plus l'ensemble du roman est bien découpé/calibré, et c'est remarquable sur la très longue distance de cet ouvrage (exercice très casse-figure, tout le monde n'est pas Tolstoï !), et le final, parti de loin, amené sur 150 pages environ, assez travaillé et pas nécessairement prévisible, m'a ravi, m'arrache quelques applaudissements spontanés (encore la patte de l'homme de théâtre, peut-être ?).






Mots-clés : #conditionfeminine #criminalite #enfance #esclavage #immigration #prostitution #segregation #violence #xxesiecle
par Aventin
le Sam 10 Aoû 2019 - 6:05
 
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Sujet: Luca Di Fulvio
Réponses: 2
Vues: 127

Anonyme - Le Vendeur d'huile qui conquiert Reine de beauté

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Le Vendeur d'huile qui conquiert Reine de beauté. - Picquier

Voici un court chef d'oeuvre qui connut un succès immédiat suivi d'une longue descendance et diverses imitations et falsifications.
L'auteur est inconnu même si des noms ont été avancés.
L'histoire est simple. Celle d'un petit commerçant qui séduit par sa seule bonté d'âme et sa grande naïveté la plus prisée des courtisanes. Un thème décliné sur tous les modes dans tous les genres populaires et jusqu'aux opéras de Pékin.
Mais ce qui confère un succès durable au livre, c'est le grand talent de l'écrivain, grand amateur de la langue parlée qu'il maitrise parfaitement avec clarté et et vivacité.
Sa sympathie, on le voit va au petit peuple plutôt qu'aux grandes famille dont il dénonce les turpitudes et la violence. Comme Nagai Kafu, il connaît bien le monde des prostituées, ses habitudes et ses clients, leur langage. Et les mères maquerelles qui profitent de l'infortune des gamines pour les souler et profiter de leur innocence pour les vendre.

On apprend ainsi que l'héroïne du récit est une victime de la guerre, elle a perdu ses parents, et sa beauté extrême constitue un matériau de choix pour la prostitution, livrée qu'elle est par un homme à qui elle faisait confiance.
Le préfacier nous fait savoir que le livre est remarquable documenté sur l'époque Ming. Et que, de plus, il renouvelle le genre amoureux en mettant en scène des protagonistes que tout sépare. A commencer par leur situation sociale.
Mieux, il donnera à la jeune prostituée l'occasion de refuser la condition misérable d'un mariage "convenable" mais dégradant avec un homme riche.
C'est elle qui choisit de racheter -littéralement- sa condition à la maquerelle et de choisir celui qui a su la conquérir. Et le talent du romancier est de nous montrer l'évolution des sentiments de la jeune femme, mais aussi de sa transformation dans un monde clos et régi par des lois immuables.


Mots-clés : #amour #prostitution #social
par bix_229
le Dim 9 Juin 2019 - 16:59
 
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Sujet: Anonyme - Le Vendeur d'huile qui conquiert Reine de beauté
Réponses: 0
Vues: 132

Kiyoko MURATA

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Fille de joie

2 novembre
Aoi Ichi

Il fait froid ces jours-ci
Mes amies les fourmis sont parties
Alors je m'adresse à la maîtresse
Le soir du dépucelage
La terre s'est dérobée sous mes pieds
Je croyais que ce que ma mère et mes sœurs faisaient
A la lumière de la lune était agréable
La terre s'est dérobée sous mes pieds
Comment je vais faire moi pour travailler demain


1903. Comme tant de fillettes pauvres, Ichi est vendue par ses parents à une maison close, condamnée à vivre dans le « quartier des plaisirs » pour rembourser avec son corps la dette contractée en son nom. Acquise par une maison prestigieuse, Ichi fait son apprentissage auprès d'une oïran, prostituée célèbre entretenue par quelques richissimes protecteurs. Mais le luxe dont s'entoure l'oïran ne peut adoucir la rudesse des leçons auxquelles est soumise la jeune recrue, sommée, par la force s'il le faut, d'acquérir les techniques d'une bonne courtisane...

On envoie Ichi à l'école. Ses patrons attendent d'elle qu'elle puisse écrire des missives raffinées à ses meilleurs clients, le moment venu. L'institutrice, Mlle Tetsuko, essaie surtout d'éveiller l'esprit de ses élèves, tout en leur inculquant des notions de comptabilité afin qu'elles ne se fassent pas gruger par des tenanciers peu scrupuleux.
Pour Ichi, fraîchement débarquée de son île natale, l'école est une révélation, l'écriture un exutoire. A son journal, elle confie ses peines, sa révolte, et son rêve de retrouver un jour son île. Un espoir a priori bien illusoire, car il faut des années pour rembourser sa dette, quand encore on y parvient...
Un édit, publié en 1872, était pourtant censé mettre fin à ce système, quoique l'argument employé soit ahurissant :
L'édit établit que les prostituées qui ont perdu leurs droits humains sont assimilables au bétail. De la même manière que personne n'irait demander à un animal de rembourser une dette, on ne saurait demander à une prostituée de rembourser la sienne. C'est un raisonnement cruel, mais qui nous rendrait service s'il était appliqué. Cela n'a jamais été le cas.


Mais en ce tout début de Xxème siècle, le Japon connaît un frémissement inédit. Les journaux se font l'écho de la toute première grève ouvrière ; les femmes réclament le droit de vote, et l'armée du salut, qui milite activement pour la libération des prostituées, connaît un essort fulgurant.
Kiyoko Murata tente de restituer l'atmosphère qui règne alors dans les quartiers de plaisir, l'éveil d'un début de « conscience politique », et la fin programmée d'un monde. En attendant, pour les jeunes recrues, l'apprentissage est toujours aussi douloureux... La jeune Ichi symbolise le cruel écroulement des illusions de cette jeunesse sacrifiée. L'auteur, malgré la crudité inévitable de certains passages, a su éviter l'écueil de la vulgarité et des détails scabreux pour se concentrer sur les sentiments de la jeune fille. Les mots maladroits qu'elle couche sur le papier parsèment le livre, comme autant de cris du coeur d'une humanité bafouée, mais toujours combative et généreuse.



mots-clés : #conditionfeminine #prostitution
par Armor
le Jeu 28 Juin 2018 - 19:09
 
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Sujet: Kiyoko MURATA
Réponses: 6
Vues: 326

Iceberg Slim

Pimp : Mémoires d'un maquereau

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J'ai adoré ce roman autobiographique. Je l'ai aimé pour trois raisons principales :
- le langage est cru mais jamais salace, et il est incroyablement varié ce qui nous fait contourner les stéréotypes du rappeur-racailleux qui parle avec ses mots et tant pis si l'on ne comprend rien. Et ce langage, ce style permet de s'imprégner du paysage dans lequel l'auteur nous propulse.
- l'histoire qui est passionnante, loin des clichés, ce n'est pas une glorification ni une rédemption, c'est le constat d'une évolution heureuse et malheureuse par d'autres moments et cette distance, cette absence de jugement fait du bien.
- la richesse des personnalités qui constituent l"histoire : mi-charismatiques, mi pathétiques, ils sont complexes et cela permet des péripéties plus subtiles qu'il n'y parait.

J'ai vraiment aimé ce livre et je le conseille.


Mots-clés : #autobiographie #conditionfeminine #criminalite #prostitution #segregation #social #violence
par Hanta
le Ven 18 Aoû 2017 - 10:38
 
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Sujet: Iceberg Slim
Réponses: 4
Vues: 325

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