Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mer 13 Nov - 16:33

3 résultats trouvés pour renaissance

Leo Perutz

Le Judas de Léonard

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Roman historique basé sur une anecdote réelle, le dernier roman de Leo Perutz est aussi allégorique.
Léonard de Vinci cherche les traits du Judas de sa Cène en lente préparation mentale, le péché de cet apôtre étant d’avoir trahi par orgueil l’amour qu’il éprouvait pour le Christ.
Joaquim Behaim est un commerçant voyageur qui tombe amoureux de Niccola, qu’il ignore être la fille de Boccetta, l’avare prêteur dont il s’efforce de recouvrer une dette.
Divulgâchage:
Il renoncera à la femme aimée pour l’argent récupéré en la sacrifiant, et sera le modèle choisi par Léonard. Et l’auteur révèle dans une conclusion que Mancino, l’amnésique poète chevaleresque et de mauvaise vie, également amoureux de Niccola et tué par Boccetta, ne serait autre que Villon !


Mots-clés : #historique #renaissance
par Tristram
le Jeu 4 Juil - 12:17
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langue allemande
Sujet: Leo Perutz
Réponses: 24
Vues: 1133

Antoine Compagnon

Un été avec Montaigne

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Ces quarante petits extraits commentés me semblent constituer une excellente introduction à Montaigne, auteur qui nous parle pourtant directement, sans truchement, dans notre propre langue, si proche par-delà près d’un demi-millénaire. Cependant, il faut admettre que son langage s'éloigne, que parcourir son œuvre exige davantage d’effort aux lecteurs contemporains : les actualisations d’Antoine Compagnon l’éclairent à propos.
A parcourir ce recueil, manifestement pas composé d’une seule venue, des contradictions apparaissent, discordances qui ne sont d’ailleurs pas absentes des Essais ; c’est toute la difficulté de l’exercice, où l’on risque de dire tout et son contraire. Mais Montaigne se révèle en personnalité bien définie : son honnêteté lui a fait traverser intact les siècles, et les errements de ses réflexions en sont partie intégrante.
La devise de Montaigne est « Que-sais-je ? », illustrée d’une balance dont les plateaux sont en équilibre. La règle de ce grand sceptique, c'est le doute, la réflexion. Sa position favorite, c’est à cheval, entre un lieu et un autre, au cours d’un voyage incessant, toujours libre de ses mouvements. Sinon, c’est dans sa « librairie », à musarder, feuilleter, dicter ses « songes ». Beaucoup aussi à méditer dans ces livres considérés comme lieux de rencontre de soi à travers l’autre.
« Si Montaigne se regarde dans les livres, s’il les commente, ce n’est pas pour se faire valoir, mais parce qu’il se reconnaît en eux. Il observe dans le chapitre "De l’institution des enfants" : "Je ne dis les autres, sinon pour d’autant plus me dire" (I, 25, 227).
Montaigne rappelle par là que les autres lui procurent un détour vers soi. S’il les lit et les cite, c’est qu’ils lui permettent de mieux se connaître. Mais le retour sur soi est aussi un détour vers l’autre, la connaissance de soi prélude à un retour à l’autre. Ayant appris grâce aux autres à se connaître, constate-t-il, il connaît mieux les autres ; il les comprend mieux qu’ils ne se comprennent eux-mêmes : "Cette longue attention que j’emploie à me considérer, me dresse à juger aussi passablement des autres : Et est peu de choses, de quoi je parle plus heureusement et excusablement. Il m’advient souvent, de voir et distinguer plus exactement les conditions de mes amis qu’ils ne font eux-mêmes" (III, 13, 1675).
La fréquentation de l’autre permet d’aller à la rencontre de soi, et la connaissance de soi permet de revenir à l’autre. »

« Les livres seraient de meilleurs amis ou amours que les êtres réels. Avant de l’affirmer, n’oublions pas que Montaigne ne cesse jamais de concevoir la vie comme une dialectique entre moi et autrui. Si la rareté de l’amitié et la fugacité de l’amour incitent à privilégier le refuge de la lecture, celle-ci ramène inévitablement aux autres. »

Je me sens fort prochain de cet homme, de ses humeurs, de ses tours de pensée et de sa façon de lire, de citer, d’écrire ; son expression plurielle, animée, désordonnée, digressive et bonhomme, m’enchante.
Quand on le compulse, il est rare de trouver des pensées qui n’aient été reprises, développées depuis lors ; de même, il est difficile de lire d’autres auteurs sans y découvrir des idées qui n’aient pas racine ou filiation chez Montaigne, qui réactualisait lui-même abondamment ses prédécesseurs.
J’aurais pu ranger l’œuvre de Montaigne dans la philosophie, dans les essais (ou dans Radio Chose !), mais son style est tel qu’elle mérite amplement de l’être dans la littérature.
Au fait, l’émission est toujours présente en podcast sur France Inter ; à bon entendeur…



mots-clés : #biographie #philosophique #renaissance
par Tristram
le Sam 8 Déc - 23:47
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Antoine Compagnon
Réponses: 14
Vues: 261

Metin Arditi

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Le Turquetto

Si d'aventure une personne vous parlait de ce livre, de son héros à la vie improbable, de la foule bigarrée du bazar de Constantinople, avec ses mendiants hauts en couleurs, ses fabricants d'encre et de babouches, ses marchands d'esclaves, si cette personne vous racontait Venise, son foisonnement artistique et ses intrigues, si enfin elle évoquait les trois grandes religions monothéistes, alors, vous auriez l'impression que l'on vous parle d'un pavé de 800 pages. Et quelle ne serait pas votre surprise, en ouvrant le Turquetto, de découvrir un livre d'à peine 280 pages, et encore, très aérées.

C'est que nous avons là affaire à un écrivain maîtrisant merveilleusement son art, et qui vous pose un décor comme personne. Quelques détails, disséminés au fil des phrases, et c'est le lecteur qui se construit tout un monde.
L'auteur mélange à merveille imaginaire et grande Histoire, cette Histoire qui ballotte les êtres, et notamment ce pauvre Elie, né juif à une époque où il ne faisait guère bon l'être, et où les trois religions du livre se regardaient en chiens de faïence.

Un personnage un peu éthéré, ce Turquetto, qui connaîtra le rejet, la déchéance sociale comme la gloire et les honneurs, mais traversera tout cela sans guère y attacher d'importance, en homme aussi libre que possible des entraves infligées par la société et ses codes imbéciles. Une seule obsession le guidera toute sa vie, et lui sera aussi nécessaire que de respirer : le dessin.
Peut lui chaut d'être juif, chrétien ou musulman ( ou du moins, voudra-t'il le croire...) Pour lui, seule compte la magie du trait, sa célébration de la piété, sa faculté à révéler la vérité des êtres.

J'ai vécu ce livre comme une succession d'émotions, subtiles et contrastées. La construction de l'ouvrage rappelle un peu une pièce de théâtre, avec ses trois actes divisés en courtes scénettes.
Il faut avouer une chose : on ne s'attache pas vraiment au personnage principal, ce Turquetto omniprésent, passionné, tourmenté, et pourtant insaisissable. Paradoxalement, les personnages secondaires ont parfois plus de corps que le Turquetto lui-même. Certains sont particulièrement marquants, comme le calligraphe amoureux de son art, la vieille et sensuelle "éducatrice" de futures concubines, ou encore l'homme d'église migraineux et désabusé.
Avec une vraie économie de mots, Metin Arditi nous livre l'intimité de tous ces êtres, en de courts chapitres qui, chaque fois, suscitent l'émotion, la réflexion devant la richesse des thèmes abordés, et l'admiration du lecteur devant son art consommé de la chute.


PS : Ne lisez pas la quatrième de couverture, elle en dit bien trop.

(ancien commentaire remanié)


mots-clés : #creationartistique #historique #renaissance #romanchoral
par Armor
le Sam 28 Jan - 14:39
 
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Sujet: Metin Arditi
Réponses: 11
Vues: 664

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