Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Dim 20 Sep - 22:08

116 résultats trouvés pour amour

Lluís Llach

Lluís Llach
Né en 1948

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Lluis_11

Lluís Llach i Grande, né le 7 mai 1948 à Gérone (Catalogne), est un chanteur et romancier catalan. Il est une des figures de proue du combat pour la culture catalane contre le franquisme. En 1965, il rejoint le groupe Els Setze Jutges. Du fait de cet engagement qui l'a conduit à l'exil, il est considéré en Catalogne comme une référence non seulement musicale mais également morale. Sa chanson L'Estaca (le pieu) est devenu un véritable hymne libertaire catalan. Aux élections de 2015 au parlement de Catalogne, il conduit la coalition indépendantiste Junts pel Sí dans la circonscription de Gérone. Il devient député au parlement de Catalogne de 2015 à 2017. Il préside de 2018 à 2019 le Conseil consultatif pour la promotion d'un forum civique et social pour le débat constituant.


Bibliographie

Les Yeux Fardés, 2012
Les Femmes de la Principal, 2014
Le Théâtre des merveilles, 2017

Discographie
Spoiler:
Els èxits de Lluís Llach (1969)
Ara i aquí (1970)
Com un arbre nu (1972)
Lluís Llach a l'Olympia (1973)
L'Estaca (1973)
I si canto trist... (1974)
Viatge a Itaca (1975)
Barcelona, gener de 1976 (1976)
Campanades a morts (1977)
El meu amic, el mar (1978)
Somniem (1979)
Verges 50 (1980)
I amb el somriure, la revolta (1982)
T'estimo (1984)
Maremar (1985)
Camp del Barça, 6 de juliol de 1985 (1985)
Astres (1986)
Geografia (1988)
La forja de un rebelde (1990)
Torna aviat (1991)
Ara, 25 anys en directe (1992)
Un pont de mar blava (1993)
Rar (1994)
Porrera (1995)
Nu (1997)
9 (1998)
Temps de revoltes (2000)
Jocs (2002)
Junts (avec Josep Carreras, 2003)
Poetes (2004)
Que no s'apague la llum (avec Feliu Ventura 2005)
i. (2006)
Verges 2007 (2007)




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Les yeux fardés

Un jeune réalisateur en mal d'idées vient écouter l'histoire d'un vieil homme aux yeux outrageusement fardés. Ce roman est constitué d'un court prologue suivi des vingt-quatre enregistrements de Germinal Massagué, qui raconte pour l'essentiel sa jeunesse pendant la guerre civile. Pour son premier roman, l'auteur fait preuve d'un certain sens du rythme et de la composition : chacun de ces enregistrements se focalise sur une étape majeure de la formation du narrateur, sans fausse note ni baisse de régime. L'écriture est rapide, les phrases brutes, mal dégrossies, car Lluís Llach se refuse à toute joliesse. Et l'on se rend compte, bientôt, que sa manière ne manque nullement de vigueur, d'efficacité ni de délicatesse.

Si l'on en croit le narrateur, c'est une histoire d'amour qui va nous être racontée. Mais le contexte politique de la guerre civile, le combat des gauches contre le fascisme prennent rapidement le dessus : le singulier ne peut se défaire du collectif, l'histoire d'amour et l'histoire espagnole sont indissociables l'une de l'autre. Il s'agit d'une trajectoire individuelle au milieu de la tragédie collective, une plongée dans la guerre civile à hauteur d'homme, qui la rend pleinement sensible. Il est singulier qu'un si vieil homme, racontant ses années de formation, puisse ressusciter sa jeunesse avec tant de chair, de nerfs, d'appétits; qu'il recrée enfin ces années d'étourdissements euphoriques, de pulsions vitales et de traumatismes avec une pareille acuité. Le récit trouve son équilibre entre la plongée immersive par laquelle Germinal revit les événements de sa jeunesse, et la prise de distance qui intervient de loin en loin, rythmées par les adresses au réalisateur, qui lui permettent l'analyse rétrospective et la contextualisation de ce que la jeune génération ignore de l'ancienne. Par ailleurs, c'est un livre à double face : une incarnation des élans et des frissons de la chair, mais également une peinture de la destruction; un éloge de l'humanisme et de l'effervescence intellectuelle de cette époque presque mythologique, des aspirations politiques et sociales de tout un peuple, mais aussi un chant funéraire et le récit d'un naufrage; en somme, un conte d'amour qui devient un conte de folie et de mort. Parallèlement à cette trame se noue une discrète histoire d'amitié hors champ, entre Germinal et le réalisateur silencieux, que l'on comprend à demi-mot.

Comme je l'ai dit, ce roman est formé d'entretiens qui peut-être serviront de base à un scénario de film. Ainsi, bien qu'il ne puisse être réduit à un simple matériau de travail pour le cinéma, ce roman forme-t-il un appel aux arts visuels. Chaque adresse au réalisateur nous rappelle la raison de ce récit, et nous incite à le transposer au cinéma. Et de même pouvons-nous envisager le personnage du cinéaste comme un avatar du lecteur, et son film en germe comme une métaphore de l'activité imageante de la lecture littéraire.
En revanche, s'il fait son film, le personnage du cinéaste ne se contentera certainement pas d'animer l'histoire qu'il a entendue. Ce n'est pas un documentariste, c'est un réalisateur de fiction : sans nul doute, en se l'incorporant, fera-t-il de cette histoire quelque chose d'entièrement nouveau (avec des personnages, des lieux et une trame tout autres). Et ainsi devrait faire le cinéaste qui voudrait adapter Les yeux fardés : réaliser le film qu'est venu chercher le réalisateur fictif dans l'histoire de Germinal Massagué.


Mots-clés : #amour #erotisme #guerredespagne #identitesexuelle #jeunesse #xxesiecle
par Quasimodo
le Mer 12 Fév - 21:16
 
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Sujet: Lluís Llach
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Ian McEwan

Délire d'amour

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Dzolir10

Joe Rose est impliqué dans un accident de montgolfière qui s’avérera mortel. La narration de la scène, et comment s’en rendront compte Joe et sa compagne Clarissa, est déjà un grand moment du roman, essentiel si on considère le dilemme culpabilisateur que Joe, le narrateur, rumine par la suite. Mais c’est surtout l’occasion de la rencontre de Joe, journaliste scientifique et athée convaincu, avec Jed Parry, un jeune « fou de Dieu » tombé amoureux… fou de lui.
« Il vivait dans un univers déterminé de l’intérieur, commandé par une nécessité intime, et qui pouvait ainsi demeurer intact. Rien ne pouvait lui prouver qu’il se trompait, il n’avait besoin de rien pour se prouver qu’il avait raison. »

« Parry n’écoutait que la voix intérieure de son Dieu privé. »

Joe associe involontairement le choc du drame, le harcèlement de Jed Parry et sa mauvaise conscience de vulgarisateur (sciences expérimentales et formelles plus que sciences humaines…) qui aurait pu être chercheur.
J’apprécie énormément l’intégration intelligente des récents progrès scientifiques et de l’actualité sociétale dont McEwan fait preuve dans ses romans, et notamment celui-ci. Cette ingénieuse exploitation des connaissances actuelles (publié en 1997) est mise en abîme dans le personnage de Joe, ce rationnel qui analyse et justifie ses émotions en nous les livrant doctement.
« Mais j’avais aussi en tête la vieille mise en garde de mes années de labo : croire, c’est constater. »

Mais il dit plus loin :
« On voit ce qu’on croit. »

Certains avis professés ne semblent douteux ou excessifs :
« Les ethnologues n’ont découvert aucune société humaine, depuis les primitives jusqu’aux postindustrielles, qui n’ait ses dirigeants et ses dirigés ; et jamais on n’a répondu efficacement à une urgence par un processus démocratique. »

« Et quels étaient en fait les produits typiques de l’esprit scientifique, ou pseudo-scientifique, du XXe siècle ? L’anthropologie, la psychanalyse ‒ une orgie de fabulation. »

La façon dont le couple harmonieux se fissure est rendue avec maîtrise.
« Clarissa se fiait à ses affects pour la guider, elle croyait que son sentiment la mettait en contact avec la vérité, alors qu’en l’occurrence on ne pouvait se dispenser de s’informer, de prévoir et de calculer soigneusement. »

Mention spéciale aussi pour la scène ou Joe, persécuté par Parry, achète un revolver chez d'anciens hippies tournés dealers.
Ce livre est très bien documenté, tel que sur le syndrome de Clérambault (conviction délirante d'être aimé) dont Jed Parry souffre (ou plutôt fait souffrir). En appendice est donnée la description clinique du cas qui a inspiré McEwan.
Le livre est aussi fort habilement construit. D’ailleurs la marque du bon faiseur est peut-être un peu trop évidente (mais peut-on reprocher à un roman d’être bien fait ?)

Mots-clés : #amour #psychologique
par Tristram
le Lun 3 Fév - 21:30
 
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Sujet: Ian McEwan
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Guy de Maupassant

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Montor10

Les époux Christiane et William Andermatt décident de quitter Paris pour s’installer en Auvergne. La jeune femme doit suivre une cure, tandis que son mari, homme d’affaires sans scrupule, se lance dans la construction d’une station thermale. Pour la faire prospérer, il utilise tous les stratagèmes, n’hésite pas à faire appel à des médecins charlatans et à tirer profit des malades. Pendant ce temps, sa femme prend un amant…
Publié en 1887, le roman Mont-Oriol, une œuvre satirique à la fois comique et sentimentale, offre également une description du capitalisme et de la corruption médicale, des maux qui n’ont rien perdu de leur actualité.


Mont-Oriol

Surprenant. Déroutant même ce roman qui a pour décor le développement d'une petite ville d'eau. La bourgeoisie parisienne prend ses aises en Auvergne, l'ambiance provinciale charmante, pittoresque et détendue se révèle propice à la romance, à la passion comme à la spéculation. Maupassant moitié caricaturiste documentaire moitié lyrique décrit ce petit monde plus intéressé qu'innocent. Quoique, il s'en faudrait de peu... Dans la deuxième partie, plus de doute, le paysage a changé (défiguré ?) et l'amour a laissé place aux arrangements de raison... et d'intérêts, toujours.

La galerie de médecins et de personnages secondaires amène une touche d'humour burlesque et acide, à la fois masque et renforce la dualité de la quasi-totalité des situations. C'est aussi une touche plus légère dans ce qui peut s'envisager comme un discret jeu de massacre. Le temps passant, le peu de temps passant autour de deux saisons estivales ne laisse pas grand chose intact... D'autant plus que tout ça est nourri de l'expérience de l'auteur qui a séjourné et eu des relations en Auvergne. Son double Paul Brétigny, charismatique suscite un peu de compassion par sa douceur et surtout son manque de cupidité mais n'est pas épargné non plus de par son comportement avec les femmes.

C'est assez cruel tout ça. La lecture hétérogène reste aisée, l'écriture étrangement libre, directe et apte aux ruptures de rythme.

Drôle d'expérience par dessus de bien lointain souvenirs scolaires ou presque avec l'auteur...


Mots-clés : #amour #nature #satirique #xixesiecle
par animal
le Dim 26 Jan - 21:40
 
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Sujet: Guy de Maupassant
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Jean Giono


Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Angelo10

Il n'y a pas de tâche plus noble que la poursuite du bonheur. Là aussi, il est difficile de rester pur sans être dupe, mais quelle victoire si on y parvient ! Iĺ y faut presque autant de bravoure. Je me suis laissé prendre à l'illusion de la quantité. La bonne opinion qu'on avait de moi, j'ai voulu la justifier en me sacrifiant au plus grand nombre. Quel bonheur, au contraire, si je pouvais mettre mon coeur au service de la qualité ! Cette qualité n'étant même contenue que dans une seule personne.

Angelo est un jeune italien, en fait Sarde, un colonel de hussards de moins de 30 ans.
Angelo Pardi, c'est le héros du Hussard sur le toit, sa première apparition sous la plume de Giono. Plus qu' une esquisse tout de même.
Angelo est beau, spontané, fougueux. A la poursuite de l'aventure et de l'amour.
Exilé après avoir tué en duel un espion autrichien, il se réfugie en France.

Les aventures ne manquent pas. L'amour davantage vu qu'il est idéaliste et romantique.
De fait, les femmes jouent un grand rôle dans sa vie, à commencer par sa mère, une duchesse sarde, tendre et affectueuse.
Mais il sera bientôt  troublé par une jeune femme aussi belle que mystérieuse, Pauline de Théus.
Malheureusement pour lui, elle est mariée à un homme plus âgé qu'elle de 50 ans. Le pire est qu'elle en est éprise. Et Angelo devra attendre.

Telles sont les aventures de ce héros stendhalien, inspiré par Dumas et revu par Giono.

Les hommes dans le récit sont des héros garantis bon teint, qui parlent comme des mousquetaires, avec des éclats gascons et des arrières plans métaphysiques.

Mais dans la fiction, on peut tout se permettre, sauf d'être médiocres !

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Angelo10

Mots-clés : #amour #aventure #exil
par bix_229
le Mer 22 Jan - 19:17
 
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Sujet: Jean Giono
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James Baldwin

Si Beale Street pouvait parler

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Extern12


Ha mais ces deux jeunes gens noirs si follement amoureux, il ne faudrait pas pour autant qu'ils croient que le monde est à eux... L'arrogante belle machine des blancs est en route pour les broyer. Et croiraient-ils qu'ils ont la moindre chance de s'en sortir, naïfs qu'ils sont? Que l'amour serait plus fort que tout? plus fort que la haine et que les barreaux des prisons?

Roman  plein de rage du sort déchirant des exclus et de l'amour contrarié, Si Beale street pouvait parler, est alternativement lumineux et désespéré.  A travers le regard à la fois naÏf et lucide, en tout cas fondamentalement sincère, de Tish, cette toute jeune femme qui a cru à sa chance, il décortique l'impasse d'un monde qui ne laisse aucune chance à certains.

Mots-clés : #amour #racisme
par topocl
le Lun 6 Jan - 16:53
 
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Sujet: James Baldwin
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Ralf Rothmann

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 97808510

Feuer brennt nicht

(existe en anglais sous le titre « Fire doesn’t burn »)

Originale : Allemand, 2009

CONTENU :
Wolf est le personnage principale de ce roman : Il a grandi dans les années 50/60 dans une atmosphère ouvrière et avec un décalage entre message et vie concrète. Il ne va pas continuer à l'école, mais très tôt trouver divers emplois : comme maçon, cuisinier, aide-soignant... Depusi toujours il aime lire et commence timidement à écrire d'abord des vers. Il déménage à Berlin où Richard Sander, un écrivain déjà plus âgé, en fait son protégé. Donc, premières publications.
Pendant une séance de lecture il va faire connaissance d'Alina avec laquelle il se lie pour longtemps. Et même s'ils ne se marient pas, ils vivent leur relation comme évidente et vouée à la durée. Cela – en ce qui concerne Wolf – même s'il vit des petits aventures ou visite le bordel de temps en temps. Il n'y semble pas voir une contradiction. Puis il va rencontrer une ancienne amante, Charlotte, et la relation s'installe, perdure. Après un bon bout de temps il va l'avouer à Alina, comme si cela aiderait à vivre sans mensonges. Alina en est blessée, mais ne veut pas couper le pont : elle sait qu'elle ne va  pas tenir son amant avec des menaces. Ils vont rester ensemble et lui, il va vivre ces deux relations au même moment.
Combien de temps ? Comment les deux femmes vivront ce triangle ? Comment Rothmann va terminer son histoire ?

REMARQUES :
En de nombreux détails se révèle la proximité entre cet alger ego  Wolf et Ralf Rothmann : Il y a des parallèles dans la biographie du héros et de l'auteur, et finalement aussi les prénoms similaires. Si on voit la radicalité de la présentation de ce Wolf, en incluant ses faiblesses, ses égoïsmes, il s'agit donc d'un roman très ouvert, honnête et existentiel. Oui, c'était déjà le propre de certains autres romans de l'auteur, mais ici il va encore plus loin, me semble-t-il. Lui même il parle de la fiction autobiographique.

Le fil principal, raconté plus ou moins chronologiquement – si on veut y voir l'histoire d'amour – est élargi par des retours en arrière, des petites exposés « idées » que je trouve souvent très beaux.

Parmi ces sujets aussi importants se trouve tout ce qui a affaire avec les relations entre Est et Ouest. Même si Wolf vivait déjà un bon bout à Berlin-Ouest avant la réunification, c'est seulement en déménageant avec Alina dans un quartier à l'Est, que des rencontres et des réflexions naissent. Ce n'est pas toujours, à première vue, politiquement correct, mais cela vient droit du vécu et du ressentie.

Quoi dire de ces deux relations amoureuses ? L'une beaucoup plus « existentielle », avec Alina, est comme le coussin, qui donne à l'auteur en doute les circonstances nécessaires pour travailler. L'autre, centrée encore plus sur l'érotisme (décrit sans retenu et pudeur), semble lui donner juste un lieu où vivre des fantasmes.
Dans les deux cas on peut se demander quel image de la femme est derrière cela. Et à quel point Wolf est (aussi) un égocentrique.

Au même moment il a un fil très intéressant sur la création : la lente introduction dans les milieux, les premières œuvres (et on réconnait des livres de Rothmann), le lien avec le mècene ou ami âgé qui l'accompagne un bout, pour être lâché, pour s'en affranchir.

Rothmann parle des choses les plus simples et aussi essentielles souvent dans une langue étonnante : on s'arrête et on goûte.  Quelle poèsie dans certaines lignes !
Et puis le même poète se découvre quelques fois – comme il le dit – comme vrai prolétarien décrivant sans ménagement p.ex. les scènes érotiques (nombreuses).
J'espère que cet attitude ne fait pas dévier certains lecteurs du cœur de ce livre, car je tire mon chapeau : C'est un bonheur de lire Rothmann !


Mots-clés : #amour #creationartistique
par tom léo
le Sam 30 Nov - 7:53
 
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Sujet: Ralf Rothmann
Réponses: 6
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One-Shot DVD, VOD, ...

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Ltdli10

Le Temps de l'innocence, adaptation du roman d'Edith Wharton par Martin Scorsese (distribution : Daniel Day-Lewis, Michelle Pfeiffer, Winona Ryder, Geraldine Chaplin...)

Type de l'adaptation qui se pense fidèle et n'est que frileuse, dont les charmants décors et les élégants costumes "d'époque" sont un cache-misère qui ne trompe pas plus de cinq minutes. La voix over monopolise la narration en se contentant de reprendre des éléments du roman condensés et reformulés, tue dans l'œuf tout élan, tout désir, toute aspiration, toute spontanéité. Le film est à l'image de cette société finissante de la bourgeoisie new-yorkaise de la fin du XIXe : corseté, symboliquement mort, paralysé dans des rites vides de sens… Quel gâchis insipide. Nous avons interrompu le film au bout d'une heure.


Mots-clés : #amour #famille #identite #psychologique
par Quasimodo
le Mar 19 Nov - 19:18
 
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Sujet: One-Shot DVD, VOD, ...
Réponses: 149
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Pierre Jean Jouve

@Jack-Hubert Bukowski a écrit:
Pierre Jean Jouve semble être mu par une quête qui le secoue et la question religieuse ne semble pas loin...


Oui, tout à fait d'accord - je suis en train d'achever la lecture du recueil Kyrie (chiné en édition originale numérotée !), et c'est noir, et c'est tourmenté, et cette drôle de quête qu'on peine à nommer, entre une existence à mener, des obsessions de mort et de ravage et d'érotisme...
Sa foi est étrange, teintée de dolorisme et de morbidité, les deux autres vertus théologales sont...disons, tellement en retrait, ou enfouies...qu'on se pose la question de leur présence.

Mais de très beaux poèmes, de haute tenue, tout de même.

Recueil divisé en trois parties:
Sa série Les quatre cavaliers (qui sont les cavaliers de l'Apocalypse) qui suit les poèmes de Kyrie proprement dits et précèdent ceux de Nul n'en était témoin est époustouflante, fait passer un réel souffle.  

Le poème Psyché abandonnée devant le château d'Éros (sur le tableau de Claude Lorrain) est un bon exemple de la combinaison morbidité/sensualité (je vais faire mon copiste, ne l'ayant pas trouvé sur la Toile).
Peu ponctué, Jouve nous laisse le soin de définir nos respirations, à l'aide aussi des endroits où il arrête ses vers, mais dans tous les cas on s'étonne, si vous le tentez à voix haute, d'avoir été chercher là de tels accents avec sa propre voix.
La toile de Le Lorrain n'est pas seulement visitée, elle est revisitée.

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 The_en10
Le tableau de Le Lorrain, à la National Gallery (Londres).


Psyché abandonnée devant le château d'Éros


Verte beauté ! serais-tu morte ? La lumière
De tristesse funèbre incendie sur la mer
Rôde avec les prairies vertes
Des géants méditent dans leur feuillage inoubliable
El les montagnes de rochers s'évanouissent
Il règne la saveur exquise de la mort.


Bête mystérieuse de la mer
La marée nue remue, un immortel relent
Du cœur, la bête verte intérieure
Que des voiles des signes blancs sillonnent à l'étendue.


Et Psyché flanc sombre empli de vœux
Aux mains écarquillées aux pieds glacés dans l'herbe
Est assise avec ses instables moutons
Qui mangent sans répit désespoir des contrées
Et regarde: un monstre cruauté bâtie
Château de la chaleur de l'odeur et de l'ombre
Amoncellement de l'amour et puni
Par la foudre
Aisselle noire où Il demeure
Lui qu'elle aima le traître à l'œil de perle fine
Aux membres toujours fumants et au dragon
Couvert de sang de larme et de benjoin
Qu'elle aima ! et qui creusa le flanc superbe.




Mots-clés : #amour #mort #peinture #poésie
par Aventin
le Mar 5 Nov - 17:36
 
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Sujet: Pierre Jean Jouve
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Vues: 836

Paul Auster

Le livre des illusions

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Proxy_10

Paul Auster nous offre un incroyable imbroglio d’illusions, de faux semblants, d’apparitions et disparitions, de doubles, qui ne sont que le reflet de l’impasse de ses personnages emportés par les aléas d’une vie où se mêlent absurde et destinée. S’ils croient un temps que l’art les sauvera, qu’il est un moyen d’y échapper, mais  il n’en est rien, ils restent froidement manipulés par le rouleau compresseur de leur culpabilité et de leur mauvais fortune.

On retrouve la prose élégante et distanciée d’Auster, son intelligence aiguë, son élégance de joueur d’échec montant impitoyablement son jeu, pièce à pièce. Outre la longueur du récit d’un des films d’Hector Mann, c’est sans doute là que le bas blesse, il y manque un sursaut d’émotion, le jeu est trop parfait pour laisser place au déchaînement des émotions. Brillant exercice de style, donc, mais qui s’exerce au détriment d’un romanesque trop contrôlé.

Mots-clés : #amour #creationartistique #culpabilité
par topocl
le Mer 9 Oct - 17:17
 
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Vénus Khoury-Ghata

La maison aux orties

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 La_mai10

Roman, 2006, éditions Actes Sud, 110 pages environ.

J'ai beaucoup aimé ce roman.
Vénus Khoury-Ghata explique le projet en prologue:
Prologue a écrit:Deux années de travail acharné, des dizaines de pages sacrifiées avec la fausse impression de coller à la réalité. Le mot "Fin" étalé sur la dernière page et m'étant relue, j'ai constaté que ces pages ne contenaient que des pépites de ce que j'ai vécu. L'écriture seul maître à bord a tiré les ficelles et m'a entraînée vers une réalité enrobée de fiction.
  Il m'est impossible de faire la part du vrai et de l'inventé, de démêler la masse compacte faite de mensonges et de vérité. À quelle date exacte avait commencé la déchéance de mon frère ? Où fut enterré mon père ? La guerre limitant les déplacements, on enterrait sur place à l'époque. Les personnages de ce livre n'étant plus de ce monde, je les ai convoqués par la pensée et leur ai demandé de donner leur version personnelle des faits.
  Penchée par-dessus mon épaule, mon analphabète de mère me dicte ses espoirs et ses désillusions. Mon jeune mari mort il y a deux décennies me donne rendez-vous dans un café, et me demande de lui décrire ma vie après lui. Seul mon frère reste sourd à mes appels.


La maison aux orties est la maison natale au Liban, la mère de Vénus se promettait chaque jour de les arracher, ces plantes envahissantes, inutiles et inesthétique afin de planter par exemple des hortensias, et, par procrastination, différait chaque jour cette tâche promise: elle ne l'a jamais accomplie.

Roman névrotique, passablement ravagé, avec plus d'humour qu'il n'y paraît.
Il est bon d'avoir lu l'autre bouquin avec une maison dans le titre (Une maison au bord des larmes) auparavant. Au reste, l'écriture en est assez différente.
Le style est nettement plus savoureux, réfléchi, avec la mise en valeur par jeu de reliefs de passages complets que dans le tempétueux Une maison au bord des larmes, montrant ainsi que Vénus Khoury-Ghata, poète, traductrice et romancière, a décidément bien des cordes à son arc, est-il si fréquent de voir de telles évolutions stylistiques, en peu d'années, chez un romancier ?

Vénus, son défunt jeune mari, feu ses parents, son voisin Boilevent, ses chattes, sa fille Yasmine alias Mie, son amant (désigné par l'initiale M., peintre chilien de grande notoriété - pour les moins perspicaces, j'avance le nom complet tel que je le présume: Matta), les coulisses du prix Max-Jacob avec des évocations marquantes (Alain Bosquet, Jean Kaplinski, etc...), bien des petits détails tout à fait croquignolets et quantité d'autres choses encore: roman de la solitude et de la vieillesse approchant, mais certainement pas roman de la décrépitude ! Madame, vos morts sont si emplis de vie !

Mots-clés : #amitié #amour #autobiographie #humour #mort
par Aventin
le Sam 21 Sep - 11:20
 
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Sujet: Vénus Khoury-Ghata
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Vues: 1017

Fabrice Caro

Le discours

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Une soirée dans la tête d’Adrien, quadragénaire névrosé et éternel loser, qui vient d’être largué par sa copine, et assiste à un repas en famille Sa soeur Sophie, qui ne cesse de lui offrir des encyclopédies, va bientôt se marier, sa mère enchaîne les stéréotypes, son père simule la connivence à coups de clins d’œil… Et comble du comble son beau frère lui demande de faire un discours pour le mariage…

C’est sympa, très bien vu, tellement proche de la réalité que cela fait alternativement sourire et rager, avec une tendance au leit-motiv qui s’incarne aussi bien dans l’esprit tourne-en-rond du narrateur que dans les petits rituels familiaux, aussi exaspérants qu’attendrissants. Un bon moment, même si riend n’est ici inoubliable.

Mots-clés : #amour #famille #solitude #viequotidienne
par topocl
le Sam 14 Sep - 10:11
 
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Sujet: Fabrice Caro
Réponses: 4
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Patrick Grainville

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Falaise des fous

Patrick Grainville compose une fresque autour des mémoires d'un Normand, des années 1860 à l'après Première Guerre mondiale. Revenu blessé des guerres coloniales d'Algérie et dès lors enraciné à Etretat, sa terre d'attaches, il évoque à la fois les tourments et passions de sa vie affective et son témoignage d'une effervescence artistique. De Monet à Courbet, de Hugo à Flaubert, il partage ses souvenirs des artistes qui ont cherché l'inspiration auprès des majestueuses falaises d'Etretat...un décor mémorable et fascinant, qui révèle une soif d'absolu et la beauté limpide d'une composition picturale.

Le roman est très ambitieux par son ampleur chronologique et thématique, mais j'ai eu beaucoup de difficultés à trouver mon rythme de lecture. Le style, foisonnant jusqu'à l'excès, laisse trop souvent une sensation de trop-plein au fil des citations et des rencontres. Patrick Grainville cherche à exprimer une fascination, à retranscrire l'atmosphère créative et pourtant si fragile de la Belle Epoque...il étouffe cependant ses personnages à force d'enchaîner les évènements en arrière-plan.
J'ai été davantage touché dans la dernière partie du récit, lorsque le vieillissement et l'héritage douloureux de la guerre esquissent une tonalité entre tristesse et amertume. Mais l'impression finale reste en demie-teinte, car l'abondance narrative provoque une frustration au lieu d'emporter l'enthousiasme.


Mots-clés : #amour #creationartistique #lieu #peinture
par Avadoro
le Sam 3 Aoû - 22:58
 
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Sujet: Patrick Grainville
Réponses: 36
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Alain Damasio

Les furtifs

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Proxy196

Tu te sens prêt, Lorca?
– Absolument pas…
– C'est précisément ce que j'appelle être prêt. Cet état d'incertitude fragile, ouverte, qui rend disponible à l'inconnu. Crois-moi Lorca, quoi qu'il arrive, tu vas vivre l'un des moments les plus intenses de ton existence. Reste ouvert.



On est en 2041. Les villes sont privatisées. La Gouvernance, grâce aux technologies numériques, a mis en place une société basée sur le contrôle , Jouant sur la peur et le désir, elle a habilement su la faire accepter au commun des mortels. 
Une nouvelle espèce arrive peu à peu à la connaissance humaine : les furtifs, qui semble à l’origine de tout le vivant. Elle a pu survivre grâce à sa  capacité à se cacher , ne pas laisser de trace, échapper au contrôle, justement. Elle intéresse l’armée de par cette capacité, et le pouvoir de la rébellion qu’elle est susceptible de nourrir. Les furtifs sont des êtres étranges, en métamorphose permanente - empruntant en quelques minutes à différentes espèces animales ou végétales, mais pouvant aussi transmettre à un humain une part d’eux-même. Ils se déplacent avec une vélocité extrême, échappant au regard humain, car ce seul regard peut les tuer. Ils ont à voir avec la fuite, la liberté. Ils s’expriment par sons, mélodies, phrases mi-infantiles mi-sybillines. Et laissent d’obscures glyphe comme seul signe de leur passage.

Tishka, l’enfant mystérieusement disparue de Lorca et Sahar, n’a t ’elle pas rejoint le camp des furtifs ?. Ses parents la recherchent dans une logue enquête,  riche en péripéties, en rencontres parfois ésotériques, en épreuves.

Plus leur enquête avance, plus se lève dans le pays une prise de conscience, d’où émerge un mouvement pro-furtif, réunissant les libertaires, les marginaux, les exclus et ceux qui se sont exclus par choix, grapheurs, musiciens, scientifiques, rebelles en tout genre..., qui va nous mener dans une ZAD à Porquerolles et vers un combat politique et une insurrection finale grandiose.


C’est un formidable roman d’aventure, où le réel infiltre un imaginaire prolifique. Les six personnages-phares, identifiées par leur symboles, sont des figures mythologiques, héros portés par leur grandeur et leurs petitesses, leur singularité, leur folie, leur charisme. Les rebondissements s’enchaînent , mêlant scènes intimes, épisodes guerriers ou quasi magiques, poursuites, amples scènes de foule.

C’est un magnifique roman d’amour autour du trio Varèse, au centre duquel Trishka est l’enfant troublante, qui a pris son envol,  mais n’en aime pas moins ses parents. Ceux-ci l’ont fait naître pour elle-même, respectent son choix, mais voudraient quand même bien la voir grandir, la caresser, l’aimer. C’est d’un pathétique grandiose et sans pathos.

C’est un roman philosophique, sociétal, politique, une grande réflexion sur les outils numériques et les risques qu’ils nous font encourir, si réels, si proches. Une exhortation à s’intéresser à l’autre et le respecter, à s’ouvrir à l’étrange, à s’ancrer dans le vivant. Un hommage aux sens, à la musique et  aux sonorités, au beau, aux valeurs et émotions perdues.

C’est enfin un objet littéraire pharaonique, unique, où on retrouve tout le travail sur la langue, la ponctuation et la typographie qu’on a déjà connu dans La horde du Contrevent, mais magnifié, mûri, amplifié. Damasio est un inventeur de mots fantasque et érudit, un joueur de son assez incroyable, un surdoué du jeu de mots, de lettres, de l’Oulipo. Il multiplie les néologismes, les inversions de sens et de syllabes, les allitérations et les assonances, cela s’accélère dans les temps forts, monte en puissance tout au fil du livre pour créer dans les derniers chapitre, s’insinuant peu à peu,  comme une langue nouvelle, le damasien, issue du français, parfaitement compréhensible mais parfaitement différente, d’une poésie, d’un rythme, d’une tension, d’une mélodie incroyables.

C’est livre géant, titanesque, décapant, totalement enthousiasmant. Il ne faut pas hésiter à s’obstiner à y entrer, c’est une lecture exigeante, qui demande un temps d’habituation (il m’a fallu 200 pages) mais qui devient enchanteresse.

Mots-clés : #amour #aventure #fantastique #insurrection #relationenfantparent #romanchoral #sciencefiction #urbanité #xxesiecle
par topocl
le Mar 30 Juil - 13:54
 
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Sujet: Alain Damasio
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Alison Lurie

La Vérité et ses conséquences :

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Veritz11


Jane est au jardin lorsqu'elle aperçoit un homme se diriger vers elle. Qui est cet inconnu ? Son propre mari qu'elle ne reconnaît plus. Alan, certes, a changé. Brillant, sportif, et séduisant jusqu'alors, il s'est transformé suite à un accident de volley-ball, en époux morose et plaintif. Après des années d'un mariage heureux, la relation tourne à l'animosité feutrée.

Un couple extrêmement différent entre alors en scène. Delia Delaney, écrivain, est invitée en résidence par l'université dans laquelle Jane et Alan travaillent. Elle est célèbre à plus d'un titre : pour son oeuvre, sa beauté, ses maux de tête et son égotisme avéré. Henry, son soi-disant mari, l'accompagne...

Une existence, aussi paisible soit-elle, n'est jamais à l'abri d'un dérèglement soudain et d'une nouvelle chorégraphie du destin. C'est le propos de cette comédie tendre et désopilante, variation subtile sur l'amour et ses disgrâces.

Quatrième de couverture

J'ai choisi ce roman, un peu par hasard - je dis "un peu" car je connaissais juste le nom de l'écrivain - et il m'a permis de continuer à cheminer au gré des allées des jardins, d'une certaine façon. Je découvrais donc Alison Lurie et pour tout dire, j'ai passé un bon moment.
C'est distrayant, on rit, on se poses des questions à mesure que la situation évolue, c'est parfois cynique, caustique, mais du coup, nous voilà tenus de continuer la lecture pour savoir où la narratrice nous entraîne.
Le rôle du jardin est celui d'un baume bienfaiteur sur les folies de l'existence et finalement, le potager et son évolution se révèlent à l'image de la vie du couple dont l'histoire nous est contée.

Si vous avez envie d'une lecture qui vous fasse vagabonder l'esprit sans que cela devienne philosophique et compliqué : voilà votre livre !


Mots-clés : {#}amour{/#} {#}psychologique{/#}
par Invité
le Dim 7 Juil - 17:06
 
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Sujet: Alison Lurie
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Almudena Grandes

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Castil10

Castillos de cartón

J'ai terminé Castillos de cartón avec de grosses réserves. L'histoire n'est pas sans qualités et se lit assez agréablement, mais le style est plein de tics d'écrivain milieu de gamme, nourri d'images convenues, abusant d'hyperboles et d'anaphores insipides (dieu sait pourtant si j'aime ces dorures, lorsqu'elles sont réussies), qui d'un même mouvement dévoilent les intentions de l'autrice et en amoindrissent la portée. Les dialogues, fabriqués, s'enchâssent grossièrement au récit; la narration (à la première personne) est vaine par ses outrances plaintives, désincarnée malgré la meilleure volonté du monde, ce qui donne à soupçonner que l'autrice ne croit pas tout à fait en ce qu'elle écrit. Ce n'est pas une catastrophe, mais ce n'est pas un roman très original ni très bon.

Malgré tout, j'y ai pris un plaisir réel, qui résidait presque entièrement dans le fait de lire en espagnol. Je le recommande donc bien franchement à qui voudrait se remettre à lire dans le texte, car la langue est très claire, le vocabulaire assez riche pour qu'un débutant y trouve de quoi s'alimenter, et assez restreint pour que l'on puisse assez tôt s'émanciper du dictionnaire.

[précision : il n'est pas traduit en français, mais j'ai le sentiment que mes reproches pourraient s'appliquer à ses autres livres]


Mots-clés : #amour #creationartistique #culpabilité #identite #initiatique #jalousie #peinture #sexualité
par Quasimodo
le Ven 5 Juil - 15:33
 
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Sujet: Almudena Grandes
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Georges Rodenbach

Bruges-la-Morte (1892)

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 51fd1b10

Hugues Viane ne se console pas de la disparition de sa femme. Il s'est réfugié à Bruges dont l'eau stagnante des canaux convient à son deuil. Il erre dans le labyrinthe des rues, croise une inconnue dont la silhouette, la démarche, le visage le frappent de stupeur : " Ah, comme elle ressemblait à la morte ! "

"Bruges-la-Morte" associe les thèmes du fantastique aux intuitions du symbolisme. Il donne aussi l'exemple, avant "Nadja" d'André Breton, du premier ouvrage d'auteur illustré de photographies.

Cette réédition d'un des chefs-d'oeuvre de la littérature "fin de siècle" est accompagnée des trente-cinq illustrations de l'édition oiginale [1892] et de nombreuses variantes.


D'habitude le GF est un repoussoir pour moi avec sa police minuscule et illisible, mais cette édition est vraiment agréable à lire, aérée et comprenant les illustrations d'origine, qui parsèment le texte.

Ami de Mallarmé, et membre du courant symboliste en son temps, Robenbach ne manque pas de talent. Et ce court roman est une belle découverte pour ma part.
Cela fait un peu penser à Nadja, comme le dit le synopsis, allez savoir si Breton s'en est inspiré ?

On suit avec plaisir ce veuf désespéré dans une Bruges aux allures fin-de-siècle. La bigoterie de l'époque est aussi bien présente avec la servante notamment.
Dans une prose poétique, l'on suit un homme qui cherche à faire revivre les souvenirs de sa femme, morte, dans la ville, puis à travers une autre femme.

Hugues songeait : quel pouvoir indéfinissable que celui de la ressemblance !

Elle correspond aux deux besoins contradictoires de la nature humaine : l’habitude et la nouveauté. L’habitude qui est la loi, le rythme même de l’être. Hugues l’avait expérimenté avec une acuité qui décida de sa destinée sans remède. Pour avoir vécu dix ans auprès d’une femme toujours chère, il ne pouvait plus se désaccoutumer d’elle, continuait à s’occuper de l’absente et à chercher sa figure sur d’autres visages.

D’autre part, le goût de la nouveauté est non moins instinctif. L’homme se lasse à posséder le même bien. On ne jouit du bonheur, comme de la santé, que par contraste. Et l’amour aussi est dans l’intermittence de lui-même.

Or la ressemblance est précisément ce qui les concilie en nous, leur fait part égale, les joint en un point imprécis. La ressemblance est la ligne d’horizon de l’habitude et de la nouveauté.

En amour principalement, cette sorte de raffinement opère : charme d’une femme nouvelle arrivant qui ressemblerait à l’ancienne !

Hugues en jouissait avec un grandissant délice, lui que la solitude et la douleur avaient dès longtemps sensibilisé jusqu’à ces nuances d’âme. N’est-ce pas d’ailleurs par un sentiment inné des analogies désirables qu’il était venu vivre à Bruges dès son veuvage ?

Il avait ce qu’on pourrait appeler « le sens de la ressemblance », un sens supplémentaire, frêle et souffreteux, qui rattachait par mille liens ténus les choses entre elles, apparentait les arbres par des fils de la Vierge, créait une télégraphie immatérielle entre son âme et les tours inconsolables.

C’est pour cela qu’il avait choisi Bruges, Bruges d’où la mer s’était retirée, comme un grand bonheur aussi.


les ruptures d'amour sont comme une petite mort, ayant aussi leurs départs sans adieux.



Mots-clés : #amour #lieu #mort #xixesiecle
par Arturo
le Lun 17 Juin - 21:18
 
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Sujet: Georges Rodenbach
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Anna Maria Ortese

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Dscn3410

Les beaux jours

(Italien: Poveri e simplici, Firenze, 1967)

La narratrice, Bettina, se souvient des « beaux jours » quand au début des années 50 elle vivait comme jeune femme dans une « commune », marquée par la gauche. Cette période est sous le signe de la pauvreté et la recherche constante de travail, mais aussi un moment de partage des mêmes idéaux. Elle essaie de travailler l’écriture et reçoit, un moment décisif pour elle et ses amis, un prix important. Puis une histoire d’amour prendra le dessus : d’abord dans la distance, avec un journaliste et qui au cours de deux ans deviendra une relation d’amour qui « date jusqu’à aujourd’hui ».

J’ai lu avec joie ce livre, un peu trop romantique à mon goût un moment donné. En cela il pourrait être de la plume d’une jeune fille. Mais le livre fut publié en 1967 et Ortese avait déjà ses 50 ans! J’ai fait une grande gaffe en regardant pendant la lecture dans une biographie de l’auteur. Là, elle disait que « Poveri e simplici » était son plus mauvais livre. Comment contredire un auteur ? Ou est-ce que cela parle alors pour la qualité des autres œuvres ? Surtout dans le premier aspect d’une vie communautaire, à la recherche permanente de travail, elle arrive à donner une image à cette époque, peut-être aussi à un part autobiographique. Et la critique de son pays fut pas d’accord avec son avis, car elle obtenait le Prix Strega.


Mots-clés : #amour #ecriture #social
par tom léo
le Sam 15 Juin - 18:44
 
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Sujet: Anna Maria Ortese
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Jocelyne Saucier

Il pleuvait des oiseaux

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 Cvt_il10
Originale : Français (Quebec/Canada, 2011)

CONTENU :
1996 : Dans les larges étendues du Canada, une photographe est à la recherche d'Edward (ou Ted, Ed) Boychuck, l'un des derniers témoins des « Grands Feux » des années 1911-16 (voir aussi par exemple : http://voyagesontario.com/points-interets/le-grand-incendie-de-1916 ), en vue d'un réportage et une exposition de portraits de ces survivants. Mais c'est trop tard : quand elle arrive devant des baraques isolées, loin de tout, Boychuck était mort depuis juste une semaine. Ses compagnons des dernières années, vivant plus ou moins proche, mi-éremite, mi se tenant compagnie, se montrent plutôt pas impressionnés par cette mort, mais en font plutôt des blagues. L'arrivée de la photographe (qui demeurera sans nom) est presque vécue comme une intrusion, même si elle est sous le charme de ces vieillards loufoques. Mais qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? Et pourquoi est-ce que ces trois avaient décidé de vivre dans un tel éloignement du monde ?

Plus tard apparaît encore une femme d'âge avancée, tante d'un des hommes qui sert comme intermédiaire entre les hommes et la ville. Cette femme va remuer les habitudes des uns et des autres et apporter une touche de féminité dans cet univers masculin. Et au bout, ce sera aussi une histoire d'amour...

REMARQUES :
Je suis tombé sur ce livre par la récommandation de notre bibliothècaire, et en plus il y avait une histoire de discerner/découvrir le Prix France-Québec (que ce livre a finalement gagné!). Je me suis laissé avoir et je n'ai pas regretté.

Les chapitres différents sont introduits – en français même différents par le choix de lettres en italique – par des espèces de vues panoramiques. Les trois premières parties seront racontées par trois différents acteurs (la photographe et deux des personnages intermédiaires entre le camp et le monde extérieur), avec leur vues sur le déroulement des choses, leur connaissance des « trois vieux ». Puis un narrateur omniscient (première personne) qui va, en partie chronologiquemment, mais aussi avec des regards en arrière, parler d'éléments divers.

En 1996 Tom a 86 et Charles déjà 89 ans. Avec Ed ils étaient plus ou moins longtemps ensemble dans cet écart du monde et il doit y avoir des raisons. Ed avait été le premier à s'installer : il avait survécu le grand feu de Matheson de 1916, sujet (Leitmotiv) qui revient plusieurs fois au cours du roman. Il s'est retiré plus tard dans sa vie ici et travaillait pendant des mois sans grand contact extérieur sur ses peintures. Aussi chez les autres il a du y avoir des raisons diverses qui les a menées dans cet isolement choisi. Pas seulement par haine envers l'espèce humaine, mais partiellement même « chassés » de la communauté. Et il y a des raisons différentes qui poussent alors des hommes (et ici plus tard aussi une femme) à chercher la solitude relative. Fuite ? Protection ? Calme ?

Vers les nouveaux arrivants il peut y avoir une méfiance : est-ce qu'il ou elle va déranger l'ordre de cette cohabitation ? Le mépris, est-il justifié ? Peu à peu l'histoire nous revèle ce cheminement, et pendant des moment on pourrait bien se sentir un peu sur une mauvaise piste et se faire désorienter par une espèce de jeu avec les genres : au début il y a même une allusion qui laisserait craindre le pire (un crime) ! L'installation de la vieille Gertrude – qui avait été internée injustement pendant 60 ans dans un asyle psychiatrique ! - va bousculer l'ordre et remuer ces vieux messieurs. Et des sentiments naissent. Oui, le grand âge n'empêche pas de tout une histoire d'amour à naître. Dont il sera question, comme aussi du sujet de la liberté (de quoi ? Pour quoi?), et du vieillissement, la dignité, la mort.

Un bon roman, une belle histoire d'amour tardif, mais aussi un témoignage sur ces grands feux si dévastateur au Canada, surtout dans les années 10 du XXème siècele. Et le titre n'a d'un coup rien de symbolique : derrière une formulation quasiment poètique se cache une dure réalité qui me rappelait un autre roman, allemand, sur les incendies de Dresde : dans la chaleur inimaginable il pleuvait littéralement des corps calcinés d'oiseaux...


Mots-clés : #amour #catastrophenaturelle #solidarite #vieillesse
par tom léo
le Sam 15 Juin - 18:08
 
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Sujet: Jocelyne Saucier
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Steve Tesich

Price

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 C_pric10

Originale : Summer’s crossing (Anglais/E-U, 1982)

REMARQUES :
Voilà que je viens de terminer ce roman et je suis, malgré quelques longeurs (en général je préfère les livres moins longues?), assez impressionné de ce qu’arrive à faire Tesich avec un sujet somme toute assez banale. Car on pourrait (déjà vu) juste parler d’une histoire de premier amour et sa fin, et c’est tout. Mais l’auteur y file habilement d’autres sujets et met des accents intéressants, pê pas visibles au premier coup d’oeil ? Ou faut-il mon imagination débordante d’interprêter un peu trop ?

Le roman se déroule pendant l’été 1961 sur fond de l’ère Kennedy, dans une période donc assez courte pour le volume de plus de 530 pages. Beaucoup de choses vont bouger, changer dans nos protagonistes principaux : soit les « incorruptibles » amitiés de l’école, soit les rêves d’avenir, soit la façon de faire face avec le présent et les défis dans un environnement sans grand intérêt et avenir, soit les images et associations avec ses propres parents et les personnes environnantes, soit finalement la découverte d’un premier amour...

Le narrateur est Daniel « Boone » Price lui-même. Sa mère est du Montenégro (donc Ex-Yougoslavie comme l’origine de Tesich lui-même), belle et de confession orthodoxe (pratiquante) avec une prise de ritualisme. Son père, image du devoir et du « bon travailleur » sans histoire, est de descendance irlandaise et catholique. Au début du roman (et pas seulement) les parents semblent justement réagir toujours en opposition l’un contre l’autre. Ils sont différents, et surtout le père, ne peut pas accepter cette altérité de la mère qui ne correspond pas à ses attentes. Car au fond le roman joue beaucoup – dans toutes sortes de cas de figures – avec les attentes qu’on a les uns des autres, et le miroir qu’on exige que l’autre soit : qu’on se voie bien alors, aimé (et c’est quel amour?).

Danny apparaît d’abord comme le pur opposé à cet autre personnâge de roman de Tesich qui est Karoo : il est non-fumeur, vierge, pas voyou, non-buveur, athléte de haut niveau ! Dans ce contexte (vu les parallèles des deux héros avec un part d’identité avec Tesich lui-même) il serait intéressant d’élaborer dans quels points Tesich se révèle dans ses facettes différentes (comme toute personne pourrait se laisser voir de façons multiples?!). Mais oui : lui-même a justement vécu à East Chicago aussi !

Entre l’humor et la « tragédie » c’est bien souvent pas très loin. Particulièrement dans une première partie j’ai bien pu rigoler, p ex concernant les dialogues entre les amis, leur jargon. Plus tard par contre des éléments tragiques prévalent, on aimerait aussi donner des fois des coups de pieds quand le héros principal surtout, semble s’enliser dans une fixation quasi maladive.

Tandisque Danny tombe amoureux, son père tombe malade. Ces deux développements ne vont pas ensemble apparemment : comment ne pas voir de la part de Danny comme une volonté d’empêchement de son père ! Il le détourne de l’essentiel ! Et ce qui est de l’ordre d’un contre-temps évolue presque comme incitation à la haine (chez Danny).Même s’il confond les deux...

Mais ce qui me semble élementaire, central pour ce roman c’est que ce qui aurait pu indiquer une pure opposition se revèle d’être une parenté, une proximité, une similitude très proches. « Tel père, tel fils », est l’aphorisme que Danny préssent un moment donné. Tous les deux demandent tellement desespèrement l’amour de leurs bien-aimées, que l’espace de respirer de celles-ci se rétrècit. Tout attendre, tout exiger car – c’est dit d’une manière très fine ! - on ne connaît plus aucun autre contenu, référant, référence, remplissage. Là où un élément de référence dépassant l’autre fait défaut, on se trouve rapidemment dans un trop d’attente – et c’est un grand danger qui finalement peut, ou pourrait tuer, étouffer l’amour. C’est extrêmement bien vu, il y a alors déjà plus que trente ans, et très actuel !

Donc contrairement à une première vue il ne s’agit pas ici d’une pure mise en opposition des différentes relations, p ex père-fils, ou les deux couples père-mère, Danny-Rachel, ou aussi David-Danny et père-amant de la mère ou de père/amant-mère, soit David/Danny-Rachel. Mais justement de leurs similitudes, de leurs grandes parallèles...

Donc, évidemment il est question ici de ce qu’est l’amour. Par exemple il ne coniste pas simplement dans le fait de tout exiger de l’autre, de tout dire, de tout savoir (Danny attend et attend. Aussi se fait-il intrus p ex dans la maison de Rachel en vue de découvrir « la vérité »), de vouloir arracher l’autre de son mystère profond.

Il y a bien encore d’autres sujets intéressants : Le mot « destin », apparaissant à plusieurs reprises, comme aussi la recherche de « signes secrets décisifs »,  et des jeux d’hasard qui indiquerait ce même destin : tout cela est très actue ! On parle beaucoup de liberté, mais on se lierait volontiers à ces cordes !

Aussi : c’est quoi comme ville qui semble offrir aucun avenir ? Laisse-t-elle seulement le choix entre l’acceptation tranquille, presque impuissante (voir Freud ), la revolte violente (Misiora) ou le départ (Danny) ?

Il y aurait encore tant à dire..., certainement aussi un bon livre pour une lecture commune ! Je fus donc impressionné même si je suis loin d’avoir vu tout ou d’avoir tout dit ici...

Cela donne envie de découvrir les pièces de théatre de Tesich !


Mots-clés : #amour #initiatique #relationenfantparent
par tom léo
le Ven 14 Juin - 7:16
 
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Sujet: Steve Tesich
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Jean Mattern

Le Bleu du Lac

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 2 31jbj110


Originale: Français, 2018

CONTENU:
amaz.raccourci a écrit:Quand un soir elle a remplacé au pied levé Pogorelich à Wigmore Hall, la salle de concert londonienne, celle qui allait devenir la grande pianiste Viviane Craig ne savait pas encore que sa gloire soudaine ne serait pas son défi le plus difficile à relever. Si sa vie tranquille de professeur de piano, mariée au directeur du service culturel de la BBC, a certes changé après ce succès inaugural, sa rencontre avec James, l'évidence avec laquelle elle a cédé au désir de ce charismatique critique musical, boxeur à ses heures, a profondément bouleversé son équilibre intime.

Des années plus tard, alors que leur passion va grandissant, Viviane apprend, par un appel de son exécuteur testamentaire, le décès brutal de James. Sans mesurer le sens ni la portée de la requête posthume qu'il transmet, l'homme invite la pianiste, retirée depuis cinq ans déjà de la scène musicale, à jouer une dernière fois lors de la messe de funérailles. Pendant le long trajet en métro qui va la conduire de sa demeure de Wimbledon au quartier de Holborn, Viviane, elle-même stupéfaite d'avoir accepté sans réfléchir cette épreuve, laisse libre cours aux émotions qui l'assaillent. L'église choisie par James, minutieux ordonnateur de la cérémonie, est voisine de son appartement à lui, refuge de leurs amours ...


REMARQUES :
Comme dans « Les bains de Kiraly » il s’agit aussi ici d’un livre sur une perte et une forme d’incommunicabilité, d’impossibilité apparente de porter un chagrin publiquemment… Pour clarifier le cadre de narration : tout se passe lors de ce trajet de la maison vers le lieu des funerailles où elle doit jouer une pièce de Brahms. Et les souvenirs assaillent la pianiste célébre, mariée et mère de famille, la soixantaine, mais aussi amante de ce James Fletcher ; 55 ans, critique musical, compositeur et musicologue, mais aussi boxeur à ses heures perdues, mort d’apnées de sommeil. La forme extérieure avec Viviane comme narratrice – pratiquemment pas de paragraphes dans le texte, beaucoup de phrases halétantes – donne au livre quelque chose qui pousse en avant, quelque chose de très instable, inquiet presque. Ou de plaintive, d’incontrôlée ?! Personne semble être au courant de leur amour de plusieurs décennies ! Ils se terrent dans l’appartement de James.

Elle parle volontiers du fait à quel point elle se fiche des conventions, des « règles hypocrites de la societé ». Néanmoins je me demandais constamment pourquoi alors ils vivent leur amour dans une telle cachette et finalement sont esclaves alors de ces étiquettes, jouant une comédie? Pour finalement alors garder l’autre vie de couple marié ? Bizarre, et je me fâchais avec cette liberté affichée qui, selon moi, n’en était pas une. Et le temps présent est quand même l’an 2002 ! Donc, jamais avoué cette double vie vers l’extérieur, ni à son mari.

Puis certaines répétitions trop automatiques, l’auto-célébration, et celle de l’amant, parfait dans son corps, avec « un membre comme il faut », deviennent gênantes, voir pénible. Ce nombrilisme montre éventuellement comment l’auteur (efin un homme) voudrait être vu par une femme ? Pour moi cela manquait de maturité, voir de profondeur. Un amour ne se vit pas non plus lors d’environ deux décennies, voir trois, entre quatre murs ou seulement au lit, dans un pur égoïsme à deux.

Bien sûr on pourrait accueillir avec étonnement un « petit » revirement à la fin, mais on s’y attendait, presque. Donc, ici Mattern m’a plutôt décu.

Mots-clés : #amour #mort #musique
par tom léo
le Mar 11 Juin - 21:53
 
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Sujet: Jean Mattern
Réponses: 7
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