Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Dim 20 Sep - 22:15

116 résultats trouvés pour amour

Anonyme - Le Vendeur d'huile qui conquiert Reine de beauté

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Vendeu10

Le Vendeur d'huile qui conquiert Reine de beauté. - Picquier

Voici un court chef d'oeuvre qui connut un succès immédiat suivi d'une longue descendance et diverses imitations et falsifications.
L'auteur est inconnu même si des noms ont été avancés.
L'histoire est simple. Celle d'un petit commerçant qui séduit par sa seule bonté d'âme et sa grande naïveté la plus prisée des courtisanes. Un thème décliné sur tous les modes dans tous les genres populaires et jusqu'aux opéras de Pékin.
Mais ce qui confère un succès durable au livre, c'est le grand talent de l'écrivain, grand amateur de la langue parlée qu'il maitrise parfaitement avec clarté et et vivacité.
Sa sympathie, on le voit va au petit peuple plutôt qu'aux grandes famille dont il dénonce les turpitudes et la violence. Comme Nagai Kafu, il connaît bien le monde des prostituées, ses habitudes et ses clients, leur langage. Et les mères maquerelles qui profitent de l'infortune des gamines pour les souler et profiter de leur innocence pour les vendre.

On apprend ainsi que l'héroïne du récit est une victime de la guerre, elle a perdu ses parents, et sa beauté extrême constitue un matériau de choix pour la prostitution, livrée qu'elle est par un homme à qui elle faisait confiance.
Le préfacier nous fait savoir que le livre est remarquable documenté sur l'époque Ming. Et que, de plus, il renouvelle le genre amoureux en mettant en scène des protagonistes que tout sépare. A commencer par leur situation sociale.
Mieux, il donnera à la jeune prostituée l'occasion de refuser la condition misérable d'un mariage "convenable" mais dégradant avec un homme riche.
C'est elle qui choisit de racheter -littéralement- sa condition à la maquerelle et de choisir celui qui a su la conquérir. Et le talent du romancier est de nous montrer l'évolution des sentiments de la jeune femme, mais aussi de sa transformation dans un monde clos et régi par des lois immuables.


Mots-clés : #amour #prostitution #social
par bix_229
le Dim 9 Juin - 16:59
 
Rechercher dans: Écrivains d'Asie
Sujet: Anonyme - Le Vendeur d'huile qui conquiert Reine de beauté
Réponses: 0
Vues: 353

Kéthévane Davrichewy

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 414bkf10

La mer noire

Aujourd’hui, Tamouna a 90 ans. C’est une vieille dame épuisée qui vit sous assistance respiratoire. Pourtant, c’est avec le coeur battant d’une midinette qu’elle attend Tamaz, qui s’est annoncé à la fête organisée par la famille pour son anniversaire. Tamaz, son amour de jeunesse, l’homme des occasions manquées, qui a traversé sa vie d’émois en regrets, et n’a jamais quitté ses pensées...

Durant cette journée où elle attend Tamaz, Tamouna se remémore son existence ; l’enfance heureuse, en Géorgie, avec la ribambelle de cousins et de frères et sœurs. Puis, en 1918, la déclaration d’indépendance du pays, dont son père devint l’éphémère ministre de l’agriculture. Les premières amours, le temps d’un été, auprès de Tamaz. Un temps qui se rêvait éternel, mais ne fut qu’une parenthèse enchantée avant l’irrémédiable la déchirure : la fuite devant l’invasion soviétique et son cortège de représailles, et l’inquiétude dévorante quant au sort de ceux qu’on a à jamais laissés derrière soi...
Arrivés en France, il a bien fallu se construire une vie. A travers le destin de Tamouna se dessine en creux le sort des immigrés Géorgiens ; l’adaptation à la vie française, la nostalgie du pays perdu, le besoin de préserver les coutumes, de rester soudés pour ne pas affronter seuls l’adversité, et de garder une forme de légèreté, aussi, malgré les épreuves et les deuils. Dans la vie de tous ceux-là il y a eu la guerre, ceux qui ont choisi le camp de la résistance et ceux qui ont combattu auprès des Allemands. Et puis la vie comme elle va, les enfants, les amis, les  amours éphémères, et pour Tamouna, toujours Tamaz, aperçu de loin en loin, comme un rappel du paradis perdu et de ce qui aurait pu être…

Le récit alterne sans cesse entre présent et passé avec nostalgie, pudeur, et une vraie tendresse pour cette famille géorgienne, ses silences, ses non-dits, ses éclats de rire et son incroyable capacité de résilience.

Merci Kashmir, grâce à toi j’ai pu cocher la case Géorgie de mon périple mondial avec un bien joli livre !


Mots-clés : #amour #exil #famille #immigration #nostalgie
par Armor
le Ven 7 Juin - 19:04
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Kéthévane Davrichewy
Réponses: 3
Vues: 385

Hanya Yanagihara

Une vie comme les autres

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Cvt_un13

C’est la vie de ce pauvre Jude, avocat brillant, si tendre en amitié et en amour, Jude qui garde pour lui son enfance traumatisante ô combien, qui fait qu’il ne sera jamais comme les autres. Si personne ne veut y croire, il le sait. Il vogue de souffrance en détestation de soi, se scarifie, affronte comme il peut - souvent mal - ce bonheur que la vie a cru lui offrir, auquel il a cru un temps, mais auquel il ne saura jamais se confier totalement.

C’est l’histoire de l’incroyable amitié qui lie 4 garçons devenus des hommes brillants, chaleureux, sensibles,  depuis leur première année de fac, de leur succès et enthousiasmes, de leurs brouilles et découragements. Et de l’amour unique de deux d’entre eux, si tendre, si indispensable.

Il y avait eu des périodes entre ses vingt et ses trente ans où il regardait ses amis et il éprouvait un contentement si pur et si profond qu’il aurait souhaité que le monde autour d’eux s’arrête tout simplement, qu’aucun d’eux ne quitte plus cet instant, où tout avait atteint un équilibre et son affection pour eux était parfaite. Mais bien sûr, cela ne devait jamais être : un battement de plus et tout ce modifiait, et l’instant se volatilisait en silence.


Bon ça a l’air tout à fait cucu, mon résumé. Et ça l’est, sans doute. En fait j’ai passé mon temps à osciller entre cela et l’incroyable force de ce livre, la description de ce garçon, de ce jeune homme, de cet homme mur puis vieillissant, perpétuel écorché, à qui la vie, avant de le cajoler, a appris à se détester, assailli par les doutes et le syndrome post-traumatique, de ses modes de défense, de ses fractures intimes. L’auteur montre  au-delà de l’apparence la solitude de celui qui sera perpétuellement un étranger aux autres, malgré la bienveillance.

Mais il est vrai que l’enfance de Jude aurait été 10 fois moins sordide que cela eut suffit, qu’il aurait gagné 10 fois moins d’argent aussi. Qu’importe, l’humanité de ce jeune homme, de tout son entourage déterminé à le sauver sans y parvenir, cela m’a scotchée, j’ai adoré. Ce livre m’a fortement évoqué cet excellent souvenir qu’est La puissance des vaincus, de Wally Lamb. Et qu’importent les faiblesses.

Je dois un remerciement tout particulier à Tom Léo drunken drunken

Mots-clés : #amitié #amour #psychologique #solitude
par topocl
le Jeu 6 Juin - 16:45
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Hanya Yanagihara
Réponses: 2
Vues: 298

Ali al-Muqri

Le beau Juif

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 51cd8r10


Originale: Al-Yahūdī al-Ḥālī (Arabe/Yemen, 2009)

Présentation de l'éditeur a écrit:Dans le Yémen du XVIIe siècle, les communautés cohabitent et s'affrontent. Alors quand Fatima, la fille du mufti, s'éprend du bel adolescent juif qui répare les fenêtres ajourées du palais de son père, leur histoire est forcément destinée à connaître un parcours semé d'embûches. Quant à l'enfant de cette union interdite, ni les Musulmans ni les Juifs ne veulent le reconnaître. Que son père se convertisse à l'islam n'y change rien. Et quand, vers 1660, un certain Shabbataï Tsevi prétend être le Messie et redonne vie au rêve d'émancipation des Juifs, les rapports inter-religieux se compliquent encore... Ce roman dresse un tableau vivant d'un Yémen fécond et multiculturel.  


REMARQUES :
C’est avec un certain recul - au début de sept ans - que Salem le Juif, raconte en 1644 des rencontres avec Fatima, la fille du Mufti, de cinq ans son aînée ! S’installe pendant une période un vrai apprentissage mutuel des cultures de l’un et de l’autre à Rayda : Salem apprend l’écriture, la poèsie arabe, évidemment aussi grâce aux grands spirituels de l’Islam, et aussi le Coran lui-même. Et Fatima est assidue à apprendre le Hébreu, à étudier les textes de la Torah. Ô, là où l’amour naît on veut tout savoir et apprendre de l’autre. Mais bien sûr qu’on apprécie - et qu’on peut apprécier ! - ce qui fait plaisir et vivre à l’autre ! Et peu à peu les deux s’imprègnent de la culture, de la foi de l’autre ! Salem, plus tard, va se dire « appartenant au rite de Fatima », muselman à sa façon à elle : ouverte, tolérante. Et vice versa. Comme si là où la relation et le respect entre des individus sont accordés, on ne peut plus s’exclure !  

Mais quand on craind, des deux cotés, que cela va virer vers une relation amoureuse « impossible » dans le temps (on cite des exemples suicidaires de jeunes amants…), on baigne dans les affrontements intra-communautaires qui frisent la haine, voir l’exclusion et l’oppression. Dans le contexte du Yemen du XVIIème siècle ce sont plutôt des Juifs qui seront des victimes d’exactions, et qui sont poussés vers l’obéissance. Néanmoins, avec leur rêve d’un Messie vainqueur à l’horizon, on les voit aussi capables de pousser les Muselmans vers l’exclusion…, en théorie.  

Dans ce contexte : quelle sera le chemin des deux amoureux qui ont grandi entre-temps ? Je vous le laisse découvrir. La langue est belle. On pourrait être étonné d’un changement de ton quand le vieux Salem donne le récit de l’histoire des Juifs, de leur attente, comment ils sont traités. Et cela s’appelera à juste titre dans cette partie « Chronique ». Mais cela contribue à donner chair à un récit qui n’est pas seulement une histoire d’amour, mais un récit de l’histoire d’une minorité dans un pays arabe.

Assez osé pour un roman de ses contrées-là, touchant, poignant ! Cela m’a plu et je remercie T.

Mots-clés : #amour #historique #religion
par tom léo
le Mar 21 Mai - 22:30
 
Rechercher dans: Écrivains du Proche et Moyen Orient
Sujet: Ali al-Muqri
Réponses: 8
Vues: 786

Toni Morrison

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 41eo-510

Beloved

Je continue ma découverte de l'auteure avec ce livre que j'ai eue le plaisir de trouver dans une boîte à livres.
Je me rends compte au passage que je ne me souvenais pas avoir lu le roman Délivrances sus commenté, ce qui est préoccupant tout de même. De ce dernier , finalement, me revient la fin, très colorée et sensuelle. Bon .
Passons à celui-ci que je croyais être la première fiction lue de Morrison. Il m'a beaucoup plu.
C'est pourtant une lecture exigeante  dans le sens où la construction narrative impose une grande patience. Par strates on dénoue le passé, des strates s'ajoutent aux strates et peu à peu les refoulés s'exposent au lecteur dans leur terreur nue.
Je lis sur Wikipedia qu'un film a été tiré de ce livre, (par J. Demme) mais surtout qu'il est un hommage, je l'entends en tous cas ainsi, à la tragique histoire de Margaret Garner. Alors ne divulgâchons pas à tous crins , me suivent ceux qui veulent :

Spoiler:
Cette femme "une esclave afro-américaine dans les États-Unis d'avant la guerre de Sécession qui est notoire pour avoir tué sa propre fille plutôt que de la laisser redevenir esclave.

Garner et sa famille s'étaient échappées en janvier 1856 à Cincinnati, en profitant de l'Ohio gelé, mais furent appréhendées par des Marshals américains agissant en vertu du Fugitive Slave Act de 1850. L'avocat de Margaret Garner demanda à ce qu'elle soit jugée pour meurtre en Ohio, afin de pouvoir avoir un procès dans un état libre et pour contester la loi sur les esclaves fugitifs. (Wikipedia)


De tragique, le roman en est en effet tissé, mais avec une pudeur que l'engagement théorique de Morrison sert très bien : elle nous emmène au coeur d'un pays de ségrégation, où chaque liberté a été payée au prix fort.
Je ne veux pas déflorer les sens que le récit distille, aussi je ne citerai que les prémices de l'histoire, pour donner une idée des enjeux : 1855 : Sethe, esclave dans la plantation du Bon-Abri, s'est enfuie pour rejoindre la mère de son mari, Baby Suggs, la seule dont la liberté a pu être rachetée par son fils. Avant sa propre fuite, Sethe a envoyé chez sa belle-mère ses trois enfants : deux garçons et une petite fille . Au cours de sa fuite, Sethe est enceinte. Le récit commence quelques années après la fuite, croise la parole de nombreux personnages, en une prosodie chaque fois spécifique.
L'évocation historique et sociologique sont aigues, poétiques et respectent je crois avec une grande puissance la véracité universelle.
C'est un roman dur, qui a une part de fantastique, pour moitié due à l'univers animiste des protagonistes, et pour une autre moitié due à la folie,folie qui est exposée dans toute sa force.
La poesie qui traduit la folie m'a moins touchée, m'a barbée, même, je pense que je n'aime pas le trip "je me mets dans la peau d'un cerveau qui vrille" puisque Kaschiche m'a déjà bien saoulée avec ce type de procédés, mais ici force est de constater que c'est un ressort pourtant essentiel pour le choral, et le sens même de l'histoire.
Qui a je crois pour ambition de déployer en toute sa complexité et la force et la douleur de toute résilience.
Je vous le conseille vivement. C'est aussi un roman d'Amour.

Depuis ma lecture, adolescente, des Passagers du vent de Bourgeon, une BD très documentée sur le commerce triangulaire et son époque funeste, je n'avais pas été immergée dans ce savoir sombre, je l'ai retrouvé intact et toujours aussi révoltant.

#Adoption; #Amour; #Conditionfeminine; #Culpabilité; #Devoirdemémoire; #Esclavage; #Justice
par Nadine
le Jeu 16 Mai - 18:17
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Toni Morrison
Réponses: 20
Vues: 1340

Colum McCann

Danseur :

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Nourei10



Mots-clés : {#}amour{/#} {#}biographie{/#}
par Invité
le Dim 12 Mai - 18:59
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Colum McCann
Réponses: 8
Vues: 738

Milan Fust

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Histoi10

Milan Fust : L'Histoire d'une solitude. - Cambourakis

Le narrateur de cette histoire n'a vraiment pas de chance.

Il a hérité d'une nature rêveuse et vulnérable. Et pire encore, d'une mère odieuse, un véritable dragon venimeux. Stupide, méchante, elle tyrannise son fils qui, quoique conscient de la nature véritable de sa mère ne lui oppose, au mieux, qu'une résistance passive.
Pour mieux asseoir son pouvoir, elle habite chez lui et tout en le critiquant, elle lui dicte sa ligne de conduite. Et la liste des interdits est longue. Par exemple, elle décide ainsi que son fils ne doit pas s'intéresser aux filles, surtout si elles sont jolies.

Par extraordinaire, elle se laisse amadouer par une jeune inconnue qu'elle trouve ravissante et va jusqu'à la présenter à son fils. Le jeune narrateur est tout à fait séduit par la jolie fille et il le lui fait savoir. Malicieuse et aguichante, elle lui fait savoir qu'elle est fiancée et va se marier.
Elle est en fait venue à la ville pour s'acheter des fringues en vue de la cérémonie.. Mais voilà elle n'a pas assez d'argent et le narrateur sollicité sent se refroidit son ardeur. Pas sa mère qui accepte de lui prêter. Exit la ravissante. On ne la reverra pas. Enfin pas immédiatement.

Déçu, désorienté, il s'engage chez les hussards. On est alors en pleine guerre, celle de 14-18. En attendant d'être envoyé au combat, il fait ses classes, et subit lors les mêmes tribulations comico-tragiques que le pauvre soldat Schveik.
On pourrait dire que les militaires de l'ex empire austro-hongrois ont des similitudes. Mais non,  la stupidité militaire est universelle et éternelle. Un jour, il a une altercation avec un adjudant soul. On en vient aux coups et le voilà le narrateur dans un très mauvais cas. Il y échappera grâce à des aides diverses, mais surtout celle de la jolie fille qui l'a filouté jadis. Non seulement elle l'aide activement et de toutes les façons, mais comme elle bénéficie du respect de tous, elle obtient qu'on le relâche. Raide amoureux, il lui demande aussitôt de l'épouser, mais elle refuse et il vivent ensemble quelques temps. Heureux.

Jusqu'au moment où la foutue mère ne supporte plus qu'il lui échappe. Elle trouve le moyen de jeter le ver du doute sur la jeune fille. La jeune fille est sensible, elle le sent et quitte le narrateur. après l'avoir remercié sincèrement.
                                         
**********

Cette histoire serait presque banale, s'il n'y avait l'"obscur objet du désir," cette jeune femme énigmatique, mystérieuse,  insaisissable, mais totalement séduisante. Une véritable héroïne russe, comme en trouve chez Tourgueniev ou Pouchkine.

Et puis la langue de Fust est naturelle, une langue avec laquelle il s'efforce de capter la banalité mesquine et l'ennui permanent.
Il y a enfin cette histoire tout entière sous le double signe de la solitude et du fantasme. Celle du narrateur qui peut indisposer le lecteur pour sa faiblesse. Mais c'est un rêveur impénitent qui ne peut aimer vraiment que si l'objet de son amour est à distance ou lui échappe. Il peut alors se désoler sincèrement, mais en même temps jouir de sa solitude. Et de ses fantasmes.

Et moi de tout mon coeur aujourd'hui encore je lui crie tu étais adorable, belle et inoubliable (…)"

Il se souvient de tout ce qu'il lui doit. Elle l'a sauvé. Elle l'a aimé. Elle lui a appris à rire, à s'alléger. Mais voilà, il a besoin d'aimer et il est en même temps voué à être seul.
Enfin c'est ce qu'il dit et c'est ce qu'il croit.


Mots-clés : #amour #relationenfantparent #solitude
par bix_229
le Ven 10 Mai - 19:06
 
Rechercher dans: Écrivains d'Europe centrale et orientale
Sujet: Milan Fust
Réponses: 8
Vues: 418

Milan Fust

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 L_hist10

L'HISTOIRE DE MA FEMME

Ce livre est préoccupant. Une sorte de bloc irréductible à l'analyse.
L'histoire est simple pourtant. Un homme, capitaine de la marine marchande épouse, sans trop savoir pourquoi, une jeune française.
Ils vivent quelques années ensemble , mais sans être vraiment heureux. Ils finissent par se séparer et il apprend sa mort huit ans plus tard.
La seule chose qui s'est passée bien avant d'en arriver là, c'est qu'il tombe éperdument amoureux d' elle...

Qui est le capitaine Storr, le narrateur de cette histoire?
Derrière son apparence d'homme fort et d' ours très mal léché, se cache un homme tissé de contradictions.
Persuadé que la femme qu'il a épousé le trompe depuis le début, il s'invente en plus, des histoires et s'enferme dans un piège qu'il a plus ou moins construit lui-même. Il voyage, travaille, esquisse des intrigues amoureuses, et vit en même temps avec elle des moments tumultueux, pervers, destructeurs.
Derrière ces épisodes plutôt sordides, sa passion demeure, inouïe, morbide et inassouvissable.
Le seul moment de bonheur sans mélange, il le connaît alors qu'il est gravement malade, entre la vie et la mort, et qu'elle reste jour et nuit à le veiller.

De cette histoire nous ne saurons jamais que ce que nous en dit le capitaine Storr, le narrateur de cette histoire.

Mais quelle histoire ?
Sa femme est elle infidèle comme il le croit ou bien n'est-il un homme torturé par la jalousie, incapable d'aimer ?
Imagine-t-il qu'il peut se tromper et qu'il détruit ce qu'il aime le plus au monde ?
Pourquoi l'aime t'il vraiment quand elle est absente, séparée ou morte ?
Parce que seule la distance peut permettre d'inventer une passion ?

Telle est cette histoire d'obsessions, de destruction.. De questions sans réponses. De solitude extrême.
Un abîme, comme les Possédés de Dostoievski.

Ma femme serait-elle un etre angélique ? oui ? Non ?
Je demanderai plus rien, ni sur son passé, ni sur ses secrets. Car qu'y a-t-il au fond du coeur humain ? Dans le for intérieur de l'homme ? Ne nous berçons pas de mensonges. Seuls les lents monstres qui rampent au fond des mers reflètent l'image valable de cette obscurité.

P. 291

Ne plus jamais la revoir ! Ne plus jamais penser même à cette posssibilité ! C'était une chose déjà décidée d' ailleurs ; mais à ce moment, je le décidai plus fermement encore... Et pourtant, jusqu'alors, en moi, il n'y avait pas eu autre chose qu'un "plus jamais" ; et cependant l' espoir aussi était en moi, inextinguible ; l'espoir que tout cela n' était que provisoire et qu' un beau jour, elle et moi nous parlerions.
Et si ce n'était en ce monde, alors ce serait un autre. J'en avais le sentiment très doux, un sentiment qui me promettait une merveilleuse
tranquillité, une tranquillité définitive.

P. 381

Je n'avais qu'un seul désir : rentrer à la maison et me remettre à ces notes. Car j' avais le sentiment qu'en elles résidait toute la sérénité de mon âme et que consigner ici le récit de tous mes égarements resterait ma seule chance de pardon sur cette terre.
... J'avais essayé de vivre, j'avais échoué... Que faire ?
Mais cela, ces notes, je ne les lâcherai plus. Et je comprends maintenant ce qu'est la force qui pousse certains d'entre nous à écrire.
Comment réussir à tourner à son profit la malédiction de sa vie autrement qu'en la recréant, en la remodelant, en l'examinant de plus près...

P. 421

Et voilà. Cette même nuit, je finis par trouver la lettre d'Espagne. Ecrite d' une main étrangère ; elle ne comportait ni plus ni moins que cette nouvelle. Qu'elle était morte. Avant de mourir, elle avait dû demander à quelqu'un de me prévenir....
J'aurai cinquante trois ans à l'automne... Et bien que je tienne cette lettre à la main, je ne crois toujours pas qu'il en soit ainsi.
Mais je suis fermement convaincu qu'un beau jour, un jour de soleil radieux, elle me réapparaitra quelque part, au coin d'une rue, dans un quartier désert, et que même si alors elle n'est plus jeune, elle trottinera tout aussi gentiment qu'autrefois de son pas qui m'est familier.
Sur mon âme ce sera ainsi.

P. 430

Récupéré


Mots-clés : #amour #relationdecouple #jalousie
par bix_229
le Mer 8 Mai - 15:01
 
Rechercher dans: Écrivains d'Europe centrale et orientale
Sujet: Milan Fust
Réponses: 8
Vues: 418

Julian Barnes

La seule histoire

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 41txyi10

Paul a 19 ans, une envie folle d’enfin devenir adulte parce qu’il pourra enfin croquer la vie à belles dents, ne pas « creuser le sillon » auquel le destinent ses parents. Le banal tirage au sort d’un tournoi de tennis estival lui fait rencontrer Suzan, la cinquantaine boulotte, mais charmante et effrontée. Bien qu’ils soient tout à fait naïfs et charmants, un tel couple ne satisfait pas aux critères de correction d’une bourgade britannique (c’est pire que d’être gay ou d’annoncer qu’on a engrossé une gamine de 15 ans). Mais qu’importe, pensent-ils, car tant qu’on a l’Amour n’est-ce pas ? Mais il semble bien, après 100 pages idylliques et délicieuses, que l’amour ne suffit pas, que la vie a d’autres tours dans son sac, que le passé ne s’efface pas d’un coup de tête, que le bonheur n’est pas une affaire simple…et que l’alcool est loin d’être la solution.

Quel plaisir ! Retrouver Julian Barnes à son meilleur, son  élégance,  son humour désabusé, sa nostalgie empathique, son intelligence émotionnelle ! C’est assez drôle de retrouver tous ses ingrédients habituels, ceux dont la sauce a si mal pris dans Love etc : le trio amoureux, les jeux de la mémoire, la désillusion des années qui passent, et de les voir ici s’épanouir dans cette  délicatesse. Car, ici,  l’auteur sort  de tous les schémas classiques du genre. L’amour est là, insensé,  alors même que l’objet d’amour s’étiole. Et puis longtemps après, il faut bien reconnaître que l’amour n’est plus là. Paul devenu cinquantenaire, bien adulte cet fois-ci, se retourne sur cet ordinaire qui s’est peu à peu déchiré, source de tant de souffrances après tant de bonheur,  et qui l’a transformé à jamais. C’est l’heure  de la réflexion, du bilan d’une vie.

Julian Barnes aime son candide héros en tant qu’individu ballotté par la vie, mais aussi comme  modèle de tous les malmenés du destin ; il saute allègrement du « il » au « je » ou au « vous ».   On commence le sourire au lèvre devant cette bluette si joliment troussée, et puis peu à peu, cela se met à grincer entre les pages, pour qu’enfin le tragique de la vie se dévoile peu à peu. C’est frais et terrible, c’est bouleversant, c’est d’une intelligence narrative terriblement efficace et charmeuse, c’est de la grande classe M Barnes !


Mots-clés : #addiction #amour #nostalgie #psychologique
par topocl
le Sam 27 Avr - 13:08
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: Julian Barnes
Réponses: 54
Vues: 1800

Simon et Capucine Johannin

Nino dans la nuit

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Nino_d10


Nino est un tout jeune homme qui hante les rues et les nuits de Paris, poches vides, cœur battant, à la recherche d’éclats qui s’apparenteraient au bonheur. La rage au cœur il hait cette société qui ne vit que par l’argent, il va de petits boulots humiliants en petits vols rapides. Il aime la douce Lale d’un curieux amour-toujours revitalisant, trésor de tendresse dans ce monde sans pitié. Avec ses potes, à la vie à la mort, ils déchirent les nuits de leurs cris, de elurs danses, de leurs défonces.

Si le roman n’avait pas cette fin,  ce serait une romance contemporaine âpre, sauvage, magnétique, où la noirceur du quotidien n’empêche pas la douceur de l’âme de ces jeunes antihéros en galère, refusés de la vie « normal ». Il y a une beauté fébrile dans cette colère désespérée, dans cette langue crue, résolument contemporaine, à la poésie urbaine, qui claque et frappe, on prend ça en pleine figure.

J’ai douté sur la fin, cette allégeance brutale à un univers clinquant, cette démission face au fric. Qu’y a t’il donc de pire, la galère sociale en elle-même , ou les mirages et les compromissions qu’elle impose ?
On parlait naguère des romans que seule la fin « justifiait ». J’ai trouvé ici un roman insolite, innovant, prenant, auquel je dois au contraire pardonner la fin.

Mots-clés : #amitié #amour #contemporain #jeunesse #social #urbanité
par topocl
le Jeu 25 Avr - 9:26
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Simon et Capucine Johannin
Réponses: 1
Vues: 418

François Cheng

Le Dit de Tian-Yi

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Cvt_le12
Roman, 1998, 435 pages environ, trois parties de tailles inégales.

L'écriture de François Cheng est gracile, légère, précise; et il faut bien cela pour un ouvrage excédant les 400 pages, pour cet exercice si particulier ambitionnant de couvrir la vie entière d'un personnage, exercice à écueils par excellence, où l'on risque de donner dans l'empâté, l'accessoire, les pages de moindre haleine: c'est un choix courageux d'auteur déjà notoire, qui se risque à un premier roman publié.

Si le roman croise sans nul doute l'autobiographie de François Cheng, il ne se moule jamais dedans: Néanmoins, on a bien un jeune artiste chinois, de sa génération -quasiment de son âge- qui part à Paris, jusque là d'accord, mais à ceci près, et c'est une grosse différence, qu'il revient en Chine et y demeure dès les années 1950 et jusqu'à la fin de ses jours.

C'est la peinture d'un trio, composé de Yumei -l'Amante- artiste de théâtre, d'Hoalang -l'Ami- poète, écrivain et Tian-Yi, le peintre.
De la possibilité, ou de l'impossibilité, d'un amour et d'une amitié, fusionnels, à trois. Mais c'est aussi une fresque de la Chine sur un gros demi-siècle, embrassée depuis la guerre d'invasion nippo-chinoise jusqu'à la fin de la vie de Mao Zedong, ce dernier curieusement jamais nommé, en tous cas jamais autrement que le Chef.    

Beaucoup de considérations passionnantes sur la symbolique, l'art, jalonnent ce qui a l'apparence d'un récit (normal au vu de l'auteur).
Tout ce qui est dit en matière de Taoïsme, Bouddhisme, société traditionnelle et société révolutionnaire ne le cède nullement pour ce qui est de l'intérêt du lecteur.

La représentation romanesque de la nature est à l'honneur, manière peut-être de jonction avec l'art pictural chinois traditionnel: par exemple après ce livre, jamais plus vous ne regarderez un fleuve de la même façon qu'avant:

1ère partie, chapitre 30 a écrit:
"Question très intéressante, essentielle même, essentielle..." C'était le professeur F. célèbre spécialiste de la pensée chinoise, que d'aucuns approchaient avec un respect craintif. J'y étais allé de ma naïveté, sans gêne outre mesure, car je ne demandais qu'à écouter.

"Oui, le fleuve comme symbole du temps; que signifie-t-il ? Voyons, comment répondre à cette question ? " Son front se plissa derrière ses lunettes cerclées d'argent. "Il faut bien parler de la Voie, n'est-ce pas ? ... Tiens, quelle coïncidence ! Demain, nous traverserons justement la région dont est originaire notre cher Laozi. Celui qui est, vous le savez bien à l'origine du taoïsme et qui a développé l'idée de la Voie, cet irrésistible mouvement universel mû par le Souffle primordial. A demain alors; on en parlera."

"La Voie donc..." reprit le savant le lendemain, comme s'il n'y avait pas eu l'interruption de la nuit.
 

   


Pour ce trio, apprenant une funeste nouvelle touchant Haolang, Tian-Yi reviendra de France en Chine, aux heures sombres et tourmentées, pour son malheur peut-on penser, mais toute l'adresse de François Cheng consiste à montrer combien la quête de Tian-Yi, bien que semblant aussi vaine que dangereuse à nos regards, dépasse nos considérations terre-à-terre: il n'y a que cela qui vaille, parce qu'au fond, c'est bel et bien une passion qu'ils vivent (donc une souffrance à mort).  

Si la chronologie par le menu mêle la petite histoire, celle des personnages, à la grande, celle de la Chine du XXème, l'érudit M. François Cheng nous fait aussi caresser, en forme de roman et c'est donc très singulier, l'art pictural ancestral de la Chine, la calligraphie comme la représentation peinte, en démarrant aussi loin que l'art des grottes ornées et en aboutissant au néant sidéral de la révolution -dite- culturelle.
Sans doute est-il nécessaire de s'armer d'un peu d'imagination, et d'effectuer une lecture précautionneuse, mais oui, on a l'impression d'atteindre à cela par les vides, les estompes, les déliés, les courbes, les symboles naissant de sa plume...  




#Amitié
#Amour
#CampsConcentration
#Creationartistique
#Exil
#Regimeautoritaire
par Aventin
le Ven 19 Avr - 1:23
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: François Cheng
Réponses: 18
Vues: 1360

Wallace Stegner

Une journée d’automne

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Cvt_un12

Court roman de jeunesse de Wallace Stegner, Une journée d’automne décrit au fil des saisons, les ravages d’une Amérique puritaine.
Tout commencé dans une légèreté un peu gnangnan.
Elspeth, au décès de ses parents quitte l’Ecosse pour rejoindre sa sœur Maragaret qui a épousé une riche propriétaire terrien, Alec . Blagueur,  assez porté sur la dive bouteille, on ne met pas longtemps)à comprendre qu’il va être plus séduit par sa jeune belle-sœur et sa naïveté  joyeuse que par son austère femme, si bonne mais si pleine de de rigueur.
La découverte du forfait est un délice de kitsch, à condition qu’on se délecte du  kitsch:

Les mains d’Elspeth s’agrippèrent aux barreaux, ses jambes la lâchèrent et elle tomba presque dans les bras d’Alec.
— Oh mon Dieu ! s’écria ce dernier.
Il serra Elspeth contre lui, mais elle se dégagea et se laissa choir sur le sol, frémissante, avec un long gémissement de douleur. Dans le noir, une vache heurta le seau à lait oublié, provoquant un fracas de métal qui résonna comme une explosion dans la grange caverneuse.
Serrés dans les bras l’un de l’autre, Elspeth désespérément agrippée à son amant, balbutiant des mots de passion et de désir, ils ne virent ni n’entendirent la femme qui se tenait dans l’ombre, muette et accablée.
Lorsque la flamme fut à son comble dans leurs veines, Alec tira Elspeth vers l’échelle du grenier, à laquelle elle monta de son plein gré. C’est alors qu’ils entendirent le cri que poussa l’ombre et le bruit de ses pas précipités sur le seuil, et que dans le demi-jour de la porte ils virent courir une silhouette.


Mais c’est là que les choses se corsent (enfin) pour décrire la coexistence que s’impose pendant des années  ce ménage à trois  instantanément disloqué, dans huis -clos d’austérité, de haine larvée et de culpabilité qui va engluer les trois personnages, chacun dans sa solitude et ses stéréotypes. Dieu merci, derrière ce silence dévastateur, les apparences sont sauves ! Qu’importent donc les souffrances ?


Mots-clés : #amour #conditionfeminine #fratrie #psychologique #relationdecouple #ruralité
par topocl
le Mer 17 Avr - 13:46
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Wallace Stegner
Réponses: 89
Vues: 4280

Nathalie Azoulai

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 41y-4y10

Titus n’aimait pas Bérénice

Alors je suis mitigée. J’ai apprécié toute la partie sur la biographie de Racine dont je ne connaissais pas la vie. Elle écrit bien cette histoire. C’est subtil et elle sait bien nous faire remonter dans le temps. Mais dès qu’elle parle de la romance de Titus et Bérénice, elle tombe dans une sentimentalité grossière et plate.

Le fait que Bérénice se console en lisant du Racine, en se plongeant dans l’histoire de sa vie est intéressant mais je n’ai compris le lien qu’à moitié. Mes amis très intelligents pourraient peut-être m’éclairer ? S’ils l’ont lu.

Mais enfin tout le monde a le droit de se consoler comme il peut et ce doit  pas toujours être logique.


Mots-clés : #amour #ancienregime #théâtre
par Pia
le Lun 15 Avr - 8:01
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Nathalie Azoulai
Réponses: 1
Vues: 258

Marc Pautrel

La vie princière

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 La_vie10

J'ai lu une nouvelle de Marc Pautrel, qu'on m'a prêtée : La vie princière. C'est une lettre qu'un écrivain adresse à L.., la femme dont il est tombé amoureux pendant un séminaire sans le lui dire, et qui retrace les quelques jours qu'ils ont passés ensemble à la campagne. J'ai éprouvé un certain agacement, à la lecture, face aux nombreuses exagérations du narrateur (balourdises de Marc Pautrel, ou du seul narrateur ?), inélégances (un style pas tout à fait ma tasse de thé mais assez sobre pour qu'on puisse passer outre; un refus du name-dropping qui aurait dû me plaire et que j'ai trouvé bruyant), approximations (L.. écrit une thèse de littérature dont le sujet me paraît beaucoup trop vague pour être crédible).
Et finalement, après la lecture, il ne me reste que le bon de cette histoire : une certaine finesse dans les jeux de dévoilement de l'intimité des personnages, qui ne se laisse qu'entrevoir pour se dérober aussitôt. L'approche d'une intimité physique (mais pas vraiment d'ordre sexuel) est constamment suggérée, puis refusée par on ne sait quels mouvements intérieurs, et L.. demeure obscure au narrateur peut-être plus qu'au lecteur. Le narrateur nous fait percevoir un courant de signification souterrain et inexprimé, une certaine hésitation chez L.. qui n'est absolument pas explicite mais finement rendue. L'auteur réconcilie singulièrement (et d'une façon qui m'est incompréhensible) les termes de ce qui peut paraître une contradiction : maladresse du détail et délicatesse du tableau d'ensemble.


Mots-clés : #amour #nostalgie #nouvelle
par Quasimodo
le Dim 7 Avr - 12:23
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Marc Pautrel
Réponses: 9
Vues: 328

Claudie Hunzinger

Elles vivaient d'espoir

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 C_hunz10


"Thérèse disait qu'elle se compromettait follement. Je n'ai pas coutume de m'occuper de l'opinion des autres, répondait Emma. La mienne me suffit. Et je trouve plus honorable d'être au ban de la société qu'en ses trônes d'honneur."

C. H.

Elles vivaient d'espoir est un roman qui raconte l'émancipation de deux femmes, Emma et Thérèse. Elles tentent de construire ensemble, dans les années trente, une vie à la fois amoureuse et engagée, parallèlement à la montée des utopies et du nazisme. Un homme et la guerre vont les séparer. Leur histoire personnelle rejoint alors la grande Histoire et l'horrible beauté des tragédies.

Présentation de l'éditeur.

Troisième roman de Claudie Hunzinger que je lis et je l'ai trouvé différent des autres. Dans le sujet bien sûr, le style et les sentiments qu'il m'en reste, une fois la dernière page tournée.

L'histoire en parallèle de deux femmes qui s'aiment  et qui n'auront pas le même trajet de vie.
Je n'ai pu m'empêcher d'avoir une affinité plus prononcée pour l'une plutôt que pour l'autre...Même si j'essayais de rester neutre, l'égoïsme de l'une face à l'abnégation de l'autre me dérangeait.
En regard de leurs vies intimes partagées ou non, gronde la montée du nazisme et donc des choix vont être à faire...

Durant toute la deuxième partie du roman qui est le récit d'un réseau de résistance dans le pays de Fougères, en Bretagne, je n'ai pu éloigner, de mes pensées, le souvenir lu de la vie de Thérèse de Moëlien, égérie de la Chouannerie bretonne au destin tragique. (Et Claudie Hunzinger en parle dans les dernières pages du roman.)
Cette partie du roman m'a captivée et je pense désormais, souvent, à Thérèse Pierre et à son courage. J'ai refermé le livre encore plus partagée sur le récit de la vie de ces deux femmes : et si elles avaient fait d'autres choix personnels ?


Mots-clés : {#}amour{/#} {#}biographie{/#} {#}deuxiemeguerre{/#} {#}identitesexuelle{/#} {#}politique{/#}
par Invité
le Jeu 4 Avr - 18:30
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Claudie Hunzinger
Réponses: 11
Vues: 991

Philip Roth

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Roth1110

Le rabaissement

Simon Axler, acteur vieillissant, a perdu son talent, et songe au suicide. En cure psychiatrique, il rencontre Sybil Van Buren, une jeune mère qui a surpris son mari abusant de sa fillette, et lui demande de tuer ce démon. Puis Simon se met en couple avec Pegeen Mike, une jeune lesbienne, dans une renaissance… temporaire.
Drame crûment échafaudé en à peine plus de cent pages.


Mots-clés : #amour #vieillesse
par Tristram
le Mar 2 Avr - 1:01
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Philip Roth
Réponses: 87
Vues: 4509

Éric Laurrent

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Laurre10

Dans ce roman, le narrateur nous est présenté avec une ironie autodérisoire, comme snob, pédant (Il utilise couramment l'imparfait  du subjonctif et un langage désuet et chantourné).
Un peu sot, mais conscient de l'être. Obsédé sexuel, à cause d'un milieu social et familial confit en bigoterie.

Longtemps frustré sexuellement, il renonce à présenter ses amies  à ses parents. Du coup, ils pensent qu'il est homo. Ils le convoquent un jour pour le sommer de leur expliquer son comportement. Après moult "euphémismes et circonlocutions."

Il considère l'érotisme -pas celui de Bataille ni de Mishima- comme un art- et un corps de femme comme une oeuvre d'art à contempler et un objet de désir à consommer !
Et vice versa...

Bref, il est prêt pour une histoire d' amour ! Une vraie !

C'est un livre vraiment très drôle, très réussi. Meme si l'auteur est frappé du "syndrome de Minuit" -qui consiste à aligner des mots et des phrases allant au grand galop jusqu' à un point[.] éloigné dans l'espace/temps.
Mais il en tire le meilleur parti.

Meux vaut ne pas citer de phrases, très drôles dans le contexte mais qui pourraient passer pour pédantes. Ce qui n'est pas du tout le cas.

Récupéré



Mots-clés : #amour #erotisme #humour
par bix_229
le Ven 29 Mar - 12:11
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Éric Laurrent
Réponses: 6
Vues: 246

Alessandro Baricco

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Produc10

La jeune épouse

ça faisait longtemps que je n'avais pas lu Baricco. Je n'ai d'ailleurs lu qu'un seul de ses livres et à part le souvenir qu'il a été adapté au cinéma avec Béatrice dalle comme actrice je ne m'en souviens pas dutout. mais je crois que j'avais bien aimé.

La jeune épouse est empreint d'un charme un peu étrange, langoureux et violent à la fois, il nous amène résolument dans des codes écartés du réel.
Dés l'ouverture on est frappé par la force expressive du style de l'auteur : j'ai bien vu la scène du levé, l'enfilade en couloir, les portes ouvertes à la volée, les embrassades hébétées de la famille sortie d'une nuit inquiète.
J'ai été un peu chiffonnée par leur nudité ostentatoire et sensuelle, convaincue d'avoir à faire à un érotisme facile de par son transgressif, allons-y pour le soufre de l'inceste littéraire et romantique à mes yeux difficilement attractif etc
Et puis non, Baricco m'a quand même entrainée dans sa lenteur moite, et baroque, son imaginaire sensuel, sa liberté narrative.

Je pourrais dire que je n'étais pas conquise et pourtant des images uniques me restent, qui démontrent la force du voyage créatif.
Un enchantement étrange, où seules des bribes rares n'auront pas été maitrisées (je pense à une ou deux incohérences de ton, la jeune épouse parlant au valet, lors de leur étroite discussion, seuls dans la maison vide, où le lexique soudain trop moderne semble , au détour d'une réplique, rompre la transe involontairement, par exemple) et qui permet de créer des Personnages immortels. le valet m'a beaucoup frappée, il est puissant, magnifique figure.
Des images inouies inédites et in-lues (ça se dit ça ?) comme celle des actions inachevées , pour mieux préparer le retour de villegiature : tiroir entrouvert, fruit à demi pelé, et de multiples foisonnements de temps amorçés pour nier l'arrêt du temps.

Quelques îlots restés inaccessibles : la jeune epouse sale et parée, bon, très érotique mais qui ne me parlais pas, son va et vient sur les genoux du valet, bon, que moi j'ai pas trop aimé, même si la fuite vers les sens prend son illustration dans cette incongruité et ce cap franchi. En fait un contenu très érotique qui ne m'a pas vraiment parlé mais que je reconnais chiadé, sinon original dumoins décliné de manière brillante.
Et un élan , un mouvement, un sens , une "thèse" métaphysique très réussis, que j'ai reçu totalement, sans dutout être dérangée par les choix qui ne m'étaient pas chers, un contenu de sens très spécifique, et un final doublement beau : la mort du père est une scène que j'ai trouvé splendide, et ma tendance à aimer les happy ends s'est trouvée comblée par l'issue du livre.

Un texte où le miroir de l'écrivain- faisant est un pari osé, réussi, un texte un peu vénéneux; comme le mal vivre de l'écrivant qui est exprimé, sublimé; un roman des faux semblants et des réels instinctifs.
C'est beau. C'est vrai.

Mots-clés : #amour #erotisme #famille #huisclos #initiatique
par Nadine
le Dim 24 Mar - 17:26
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Alessandro Baricco
Réponses: 56
Vues: 3030

Bernhard Schlink

Olga

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Produc11

Orpheline qui devient institutrice à la force de sa volonté et de son travail, Olga aime Herbert, le fils de l’aristocrate du coin. Herbert aime Olga, aussi. Mais c’est un homme écartelé entre son devoir familial, son amour têtu, et ses aspirations existentielles qui le poussent à flirter avec l'infini, le lointain, les immensités. Ainsi Olga va vivre avec son amant en pointillé, mais son amour puissamment accroché au cœur, et cela même quand Herbert se sera perdu dans les immensités glaciales de l’Arctique sans espoir de retour. Elle va poursuivre sa route, femme vieillissante avec cet homme au cœur, alors qu’autour d'elle le nazisme monte, dans une autre aspiration mortifère à capturer l’immortalité. Elle reste cette femme secrète et résolue, cultivant son indépendante, ouverte aux autre malgré la surdité qui l'isole.

Très beau portrait d'une femme fidèle, qui tout à la fois aimé et détesté cette force qui, certes, pousse Herbert loin d'elle, mais qui aussi lui donne ces yeux pétillants et ces enthousiasmes enchanteurs. Comment garder son indépendance quand on aime, rester fidèle à ses sentiments et ses idées, mener une vie digne quand on appartient plutôt au clan des réprouvés?

Schlink construit magistralement ce roman, d’une grande richesse, impeccablement  maîtrise, dont la réserve apparente cache un lyrisme emporté. Sous ses dehors terre à terre, il interroge sur le destin des hommes, des femmes et des peuples. C’est un récit en trois temps, où interviennent un jeune homme "ennuyeux" et des lettres  (quelles lettres! ) qu’il va miraculeusement retrouver.

Quel beau titre que ce titre, Olga (contre une couverture un peu niaiseuse), qui dit une femme, qui mène son chemin tragique sans drame, pour elle-même, d'un pas tranquille et assuré, confiante en ses certitudes, dans un siècle pourtant  déboussolant.


Mots-clés : #amour #portrait #solitude #voyage
par topocl
le Sam 23 Mar - 10:30
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langue allemande
Sujet: Bernhard Schlink
Réponses: 9
Vues: 390

Grazia DELEDDA

Le Pays sous le Vent

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Cvt_le13

Nous sommes à Nuoro, dans le centre de la Sardaigne. Nina est une jeune fille de 17 ans qui aime rêver en contemplant la nature et passe ses moments secrets cachée dans le grenier à lire des livres. Ses parents, de condition modeste, louent quelques chambres à des personnes de passage, un peu comme une pension de famille, afin de vivre un peu plus aisément.
Parmi les clients, un notaire, ami du père, loge régulièrement et fait l'éloge de son fils Gabriele qui fait des études de médecine. Les deux pères envisagent le mariage de leurs enfants. Un jour, Gabriele vient loger chez Nina. La jeune fille qui avait beaucoup entendu parler du jeune homme en tombe amoureuse secrètement. Leur rencontre ne durera que le temps d'une soirée et sera assez maladroite, emplie de non-dits. Nina aura beau l'attendre, Gabriele ne donnera plus jamais signe de vie.
Huit ans après, un nouveau pensionnaire est de passage chez Nina: Attilio, homme de la trentaine, riche et de bonne famille. Il va très vite demander la main de Nina et les voilà partis en voyages de Noces à la côte. C'est là que par hasard Nina va retrouver Gabriele, complètement miné par la maladie, à tel point qu'il ressemblera à un fantôme, l'Ombre.
Ces retrouvailles vont ébranler Nina, lui remémorer sa passion amoureuse qu'elle avait dû refouler et qui l'avait fait souffrir.

Comme on le voit, on est dans un roman “gentil” d'amour de jeune fille que l'on oubliera vite.
C'est un peu mièvre, un peu simple sur le développement psychologique. Un vocabulaire qui se repète beaucoup, ne donnant pas beaucoup de densité aux personnages. Seules les descriptions de la Sardaigne sauvent un peu la mise.
Le style de Grazia Deledda a malheureusement vieilli et pourtant il y a beaucoup d'authenticité dans ce qu'elle écrit, beaucoup de justesse sur la condition de la femme en Sardaigne à son époque (fin XIXe – début XXe S ).

Je vais quand même lire un de ces jours Elias Portolu ou La Mère.

P.S: Les éditions Cambourakis sont occupées a ressortir de l'oubli certains romans de Grazia Deledda.


mots-clés : #amour #insularite
par Cliniou
le Mar 19 Mar - 13:44
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Grazia DELEDDA
Réponses: 4
Vues: 272

Revenir en haut

Page 3 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Sauter vers: