Des Choses à lire
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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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108 résultats trouvés pour amour

Julian Barnes

La seule histoire

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 41txyi10

Paul a 19 ans, une envie folle d’enfin devenir adulte parce qu’il pourra enfin croquer la vie à belles dents, ne pas « creuser le sillon » auquel le destinent ses parents. Le banal tirage au sort d’un tournoi de tennis estival lui fait rencontrer Suzan, la cinquantaine boulotte, mais charmante et effrontée. Bien qu’ils soient tout à fait naïfs et charmants, un tel couple ne satisfait pas aux critères de correction d’une bourgade britannique (c’est pire que d’être gay ou d’annoncer qu’on a engrossé une gamine de 15 ans). Mais qu’importe, pensent-ils, car tant qu’on a l’Amour n’est-ce pas ? Mais il semble bien, après 100 pages idylliques et délicieuses, que l’amour ne suffit pas, que la vie a d’autres tours dans son sac, que le passé ne s’efface pas d’un coup de tête, que le bonheur n’est pas une affaire simple…et que l’alcool est loin d’être la solution.

Quel plaisir ! Retrouver Julian Barnes à son meilleur, son  élégance,  son humour désabusé, sa nostalgie empathique, son intelligence émotionnelle ! C’est assez drôle de retrouver tous ses ingrédients habituels, ceux dont la sauce a si mal pris dans Love etc : le trio amoureux, les jeux de la mémoire, la désillusion des années qui passent, et de les voir ici s’épanouir dans cette  délicatesse. Car, ici,  l’auteur sort  de tous les schémas classiques du genre. L’amour est là, insensé,  alors même que l’objet d’amour s’étiole. Et puis longtemps après, il faut bien reconnaître que l’amour n’est plus là. Paul devenu cinquantenaire, bien adulte cet fois-ci, se retourne sur cet ordinaire qui s’est peu à peu déchiré, source de tant de souffrances après tant de bonheur,  et qui l’a transformé à jamais. C’est l’heure  de la réflexion, du bilan d’une vie.

Julian Barnes aime son candide héros en tant qu’individu ballotté par la vie, mais aussi comme  modèle de tous les malmenés du destin ; il saute allègrement du « il » au « je » ou au « vous ».   On commence le sourire au lèvre devant cette bluette si joliment troussée, et puis peu à peu, cela se met à grincer entre les pages, pour qu’enfin le tragique de la vie se dévoile peu à peu. C’est frais et terrible, c’est bouleversant, c’est d’une intelligence narrative terriblement efficace et charmeuse, c’est de la grande classe M Barnes !


Mots-clés : #addiction #amour #nostalgie #psychologique
par topocl
le Sam 27 Avr - 13:08
 
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Sujet: Julian Barnes
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Simon et Capucine Johannin

Nino dans la nuit

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Nino_d10


Nino est un tout jeune homme qui hante les rues et les nuits de Paris, poches vides, cœur battant, à la recherche d’éclats qui s’apparenteraient au bonheur. La rage au cœur il hait cette société qui ne vit que par l’argent, il va de petits boulots humiliants en petits vols rapides. Il aime la douce Lale d’un curieux amour-toujours revitalisant, trésor de tendresse dans ce monde sans pitié. Avec ses potes, à la vie à la mort, ils déchirent les nuits de leurs cris, de elurs danses, de leurs défonces.

Si le roman n’avait pas cette fin,  ce serait une romance contemporaine âpre, sauvage, magnétique, où la noirceur du quotidien n’empêche pas la douceur de l’âme de ces jeunes antihéros en galère, refusés de la vie « normal ». Il y a une beauté fébrile dans cette colère désespérée, dans cette langue crue, résolument contemporaine, à la poésie urbaine, qui claque et frappe, on prend ça en pleine figure.

J’ai douté sur la fin, cette allégeance brutale à un univers clinquant, cette démission face au fric. Qu’y a t’il donc de pire, la galère sociale en elle-même , ou les mirages et les compromissions qu’elle impose ?
On parlait naguère des romans que seule la fin « justifiait ». J’ai trouvé ici un roman insolite, innovant, prenant, auquel je dois au contraire pardonner la fin.

Mots-clés : #amitié #amour #contemporain #jeunesse #social #urbanité
par topocl
le Jeu 25 Avr - 9:26
 
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Sujet: Simon et Capucine Johannin
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François Cheng

Le Dit de Tian-Yi

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Cvt_le12
Roman, 1998, 435 pages environ, trois parties de tailles inégales.

L'écriture de François Cheng est gracile, légère, précise; et il faut bien cela pour un ouvrage excédant les 400 pages, pour cet exercice si particulier ambitionnant de couvrir la vie entière d'un personnage, exercice à écueils par excellence, où l'on risque de donner dans l'empâté, l'accessoire, les pages de moindre haleine: c'est un choix courageux d'auteur déjà notoire, qui se risque à un premier roman publié.

Si le roman croise sans nul doute l'autobiographie de François Cheng, il ne se moule jamais dedans: Néanmoins, on a bien un jeune artiste chinois, de sa génération -quasiment de son âge- qui part à Paris, jusque là d'accord, mais à ceci près, et c'est une grosse différence, qu'il revient en Chine et y demeure dès les années 1950 et jusqu'à la fin de ses jours.

C'est la peinture d'un trio, composé de Yumei -l'Amante- artiste de théâtre, d'Hoalang -l'Ami- poète, écrivain et Tian-Yi, le peintre.
De la possibilité, ou de l'impossibilité, d'un amour et d'une amitié, fusionnels, à trois. Mais c'est aussi une fresque de la Chine sur un gros demi-siècle, embrassée depuis la guerre d'invasion nippo-chinoise jusqu'à la fin de la vie de Mao Zedong, ce dernier curieusement jamais nommé, en tous cas jamais autrement que le Chef.    

Beaucoup de considérations passionnantes sur la symbolique, l'art, jalonnent ce qui a l'apparence d'un récit (normal au vu de l'auteur).
Tout ce qui est dit en matière de Taoïsme, Bouddhisme, société traditionnelle et société révolutionnaire ne le cède nullement pour ce qui est de l'intérêt du lecteur.

La représentation romanesque de la nature est à l'honneur, manière peut-être de jonction avec l'art pictural chinois traditionnel: par exemple après ce livre, jamais plus vous ne regarderez un fleuve de la même façon qu'avant:

1ère partie, chapitre 30 a écrit:
"Question très intéressante, essentielle même, essentielle..." C'était le professeur F. célèbre spécialiste de la pensée chinoise, que d'aucuns approchaient avec un respect craintif. J'y étais allé de ma naïveté, sans gêne outre mesure, car je ne demandais qu'à écouter.

"Oui, le fleuve comme symbole du temps; que signifie-t-il ? Voyons, comment répondre à cette question ? " Son front se plissa derrière ses lunettes cerclées d'argent. "Il faut bien parler de la Voie, n'est-ce pas ? ... Tiens, quelle coïncidence ! Demain, nous traverserons justement la région dont est originaire notre cher Laozi. Celui qui est, vous le savez bien à l'origine du taoïsme et qui a développé l'idée de la Voie, cet irrésistible mouvement universel mû par le Souffle primordial. A demain alors; on en parlera."

"La Voie donc..." reprit le savant le lendemain, comme s'il n'y avait pas eu l'interruption de la nuit.
 

   


Pour ce trio, apprenant une funeste nouvelle touchant Haolang, Tian-Yi reviendra de France en Chine, aux heures sombres et tourmentées, pour son malheur peut-on penser, mais toute l'adresse de François Cheng consiste à montrer combien la quête de Tian-Yi, bien que semblant aussi vaine que dangereuse à nos regards, dépasse nos considérations terre-à-terre: il n'y a que cela qui vaille, parce qu'au fond, c'est bel et bien une passion qu'ils vivent (donc une souffrance à mort).  

Si la chronologie par le menu mêle la petite histoire, celle des personnages, à la grande, celle de la Chine du XXème, l'érudit M. François Cheng nous fait aussi caresser, en forme de roman et c'est donc très singulier, l'art pictural ancestral de la Chine, la calligraphie comme la représentation peinte, en démarrant aussi loin que l'art des grottes ornées et en aboutissant au néant sidéral de la révolution -dite- culturelle.
Sans doute est-il nécessaire de s'armer d'un peu d'imagination, et d'effectuer une lecture précautionneuse, mais oui, on a l'impression d'atteindre à cela par les vides, les estompes, les déliés, les courbes, les symboles naissant de sa plume...  




#Amitié
#Amour
#CampsConcentration
#Creationartistique
#Exil
#Regimeautoritaire
par Aventin
le Ven 19 Avr - 1:23
 
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Sujet: François Cheng
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Wallace Stegner

Une journée d’automne

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Cvt_un12

Court roman de jeunesse de Wallace Stegner, Une journée d’automne décrit au fil des saisons, les ravages d’une Amérique puritaine.
Tout commencé dans une légèreté un peu gnangnan.
Elspeth, au décès de ses parents quitte l’Ecosse pour rejoindre sa sœur Maragaret qui a épousé une riche propriétaire terrien, Alec . Blagueur,  assez porté sur la dive bouteille, on ne met pas longtemps)à comprendre qu’il va être plus séduit par sa jeune belle-sœur et sa naïveté  joyeuse que par son austère femme, si bonne mais si pleine de de rigueur.
La découverte du forfait est un délice de kitsch, à condition qu’on se délecte du  kitsch:

Les mains d’Elspeth s’agrippèrent aux barreaux, ses jambes la lâchèrent et elle tomba presque dans les bras d’Alec.
— Oh mon Dieu ! s’écria ce dernier.
Il serra Elspeth contre lui, mais elle se dégagea et se laissa choir sur le sol, frémissante, avec un long gémissement de douleur. Dans le noir, une vache heurta le seau à lait oublié, provoquant un fracas de métal qui résonna comme une explosion dans la grange caverneuse.
Serrés dans les bras l’un de l’autre, Elspeth désespérément agrippée à son amant, balbutiant des mots de passion et de désir, ils ne virent ni n’entendirent la femme qui se tenait dans l’ombre, muette et accablée.
Lorsque la flamme fut à son comble dans leurs veines, Alec tira Elspeth vers l’échelle du grenier, à laquelle elle monta de son plein gré. C’est alors qu’ils entendirent le cri que poussa l’ombre et le bruit de ses pas précipités sur le seuil, et que dans le demi-jour de la porte ils virent courir une silhouette.


Mais c’est là que les choses se corsent (enfin) pour décrire la coexistence que s’impose pendant des années  ce ménage à trois  instantanément disloqué, dans huis -clos d’austérité, de haine larvée et de culpabilité qui va engluer les trois personnages, chacun dans sa solitude et ses stéréotypes. Dieu merci, derrière ce silence dévastateur, les apparences sont sauves ! Qu’importent donc les souffrances ?


Mots-clés : #amour #conditionfeminine #fratrie #psychologique #relationdecouple #ruralité
par topocl
le Mer 17 Avr - 13:46
 
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Nathalie Azoulai

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 41y-4y10

Titus n’aimait pas Bérénice

Alors je suis mitigée. J’ai apprécié toute la partie sur la biographie de Racine dont je ne connaissais pas la vie. Elle écrit bien cette histoire. C’est subtil et elle sait bien nous faire remonter dans le temps. Mais dès qu’elle parle de la romance de Titus et Bérénice, elle tombe dans une sentimentalité grossière et plate.

Le fait que Bérénice se console en lisant du Racine, en se plongeant dans l’histoire de sa vie est intéressant mais je n’ai compris le lien qu’à moitié. Mes amis très intelligents pourraient peut-être m’éclairer ? S’ils l’ont lu.

Mais enfin tout le monde a le droit de se consoler comme il peut et ce doit  pas toujours être logique.


Mots-clés : #amour #ancienregime #théâtre
par Pia
le Lun 15 Avr - 8:01
 
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Sujet: Nathalie Azoulai
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Marc Pautrel

La vie princière

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 La_vie10

J'ai lu une nouvelle de Marc Pautrel, qu'on m'a prêtée : La vie princière. C'est une lettre qu'un écrivain adresse à L.., la femme dont il est tombé amoureux pendant un séminaire sans le lui dire, et qui retrace les quelques jours qu'ils ont passés ensemble à la campagne. J'ai éprouvé un certain agacement, à la lecture, face aux nombreuses exagérations du narrateur (balourdises de Marc Pautrel, ou du seul narrateur ?), inélégances (un style pas tout à fait ma tasse de thé mais assez sobre pour qu'on puisse passer outre; un refus du name-dropping qui aurait dû me plaire et que j'ai trouvé bruyant), approximations (L.. écrit une thèse de littérature dont le sujet me paraît beaucoup trop vague pour être crédible).
Et finalement, après la lecture, il ne me reste que le bon de cette histoire : une certaine finesse dans les jeux de dévoilement de l'intimité des personnages, qui ne se laisse qu'entrevoir pour se dérober aussitôt. L'approche d'une intimité physique (mais pas vraiment d'ordre sexuel) est constamment suggérée, puis refusée par on ne sait quels mouvements intérieurs, et L.. demeure obscure au narrateur peut-être plus qu'au lecteur. Le narrateur nous fait percevoir un courant de signification souterrain et inexprimé, une certaine hésitation chez L.. qui n'est absolument pas explicite mais finement rendue. L'auteur réconcilie singulièrement (et d'une façon qui m'est incompréhensible) les termes de ce qui peut paraître une contradiction : maladresse du détail et délicatesse du tableau d'ensemble.


Mots-clés : #amour #nostalgie #nouvelle
par Quasimodo
le Dim 7 Avr - 12:23
 
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Sujet: Marc Pautrel
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Claudie Hunzinger

Elles vivaient d'espoir

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 C_hunz10


"Thérèse disait qu'elle se compromettait follement. Je n'ai pas coutume de m'occuper de l'opinion des autres, répondait Emma. La mienne me suffit. Et je trouve plus honorable d'être au ban de la société qu'en ses trônes d'honneur."

C. H.

Elles vivaient d'espoir est un roman qui raconte l'émancipation de deux femmes, Emma et Thérèse. Elles tentent de construire ensemble, dans les années trente, une vie à la fois amoureuse et engagée, parallèlement à la montée des utopies et du nazisme. Un homme et la guerre vont les séparer. Leur histoire personnelle rejoint alors la grande Histoire et l'horrible beauté des tragédies.

Présentation de l'éditeur.

Troisième roman de Claudie Hunzinger que je lis et je l'ai trouvé différent des autres. Dans le sujet bien sûr, le style et les sentiments qu'il m'en reste, une fois la dernière page tournée.

L'histoire en parallèle de deux femmes qui s'aiment  et qui n'auront pas le même trajet de vie.
Je n'ai pu m'empêcher d'avoir une affinité plus prononcée pour l'une plutôt que pour l'autre...Même si j'essayais de rester neutre, l'égoïsme de l'une face à l'abnégation de l'autre me dérangeait.
En regard de leurs vies intimes partagées ou non, gronde la montée du nazisme et donc des choix vont être à faire...

Durant toute la deuxième partie du roman qui est le récit d'un réseau de résistance dans le pays de Fougères, en Bretagne, je n'ai pu éloigner, de mes pensées, le souvenir lu de la vie de Thérèse de Moëlien, égérie de la Chouannerie bretonne au destin tragique. (Et Claudie Hunzinger en parle dans les dernières pages du roman.)
Cette partie du roman m'a captivée et je pense désormais, souvent, à Thérèse Pierre et à son courage. J'ai refermé le livre encore plus partagée sur le récit de la vie de ces deux femmes : et si elles avaient fait d'autres choix personnels ?


Mots-clés : {#}amour{/#} {#}biographie{/#} {#}deuxiemeguerre{/#} {#}identitesexuelle{/#} {#}politique{/#}
par Invité
le Jeu 4 Avr - 18:30
 
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Sujet: Claudie Hunzinger
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Philip Roth

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Roth1110

Le rabaissement

Simon Axler, acteur vieillissant, a perdu son talent, et songe au suicide. En cure psychiatrique, il rencontre Sybil Van Buren, une jeune mère qui a surpris son mari abusant de sa fillette, et lui demande de tuer ce démon. Puis Simon se met en couple avec Pegeen Mike, une jeune lesbienne, dans une renaissance… temporaire.
Drame crûment échafaudé en à peine plus de cent pages.


Mots-clés : #amour #vieillesse
par Tristram
le Mar 2 Avr - 1:01
 
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Éric Laurrent

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Laurre10

Dans ce roman, le narrateur nous est présenté avec une ironie autodérisoire, comme snob, pédant (Il utilise couramment l'imparfait  du subjonctif et un langage désuet et chantourné).
Un peu sot, mais conscient de l'être. Obsédé sexuel, à cause d'un milieu social et familial confit en bigoterie.

Longtemps frustré sexuellement, il renonce à présenter ses amies  à ses parents. Du coup, ils pensent qu'il est homo. Ils le convoquent un jour pour le sommer de leur expliquer son comportement. Après moult "euphémismes et circonlocutions."

Il considère l'érotisme -pas celui de Bataille ni de Mishima- comme un art- et un corps de femme comme une oeuvre d'art à contempler et un objet de désir à consommer !
Et vice versa...

Bref, il est prêt pour une histoire d' amour ! Une vraie !

C'est un livre vraiment très drôle, très réussi. Meme si l'auteur est frappé du "syndrome de Minuit" -qui consiste à aligner des mots et des phrases allant au grand galop jusqu' à un point[.] éloigné dans l'espace/temps.
Mais il en tire le meilleur parti.

Meux vaut ne pas citer de phrases, très drôles dans le contexte mais qui pourraient passer pour pédantes. Ce qui n'est pas du tout le cas.

Récupéré



Mots-clés : #amour #erotisme #humour
par bix_229
le Ven 29 Mar - 12:11
 
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Alessandro Baricco

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Produc10

La jeune épouse

ça faisait longtemps que je n'avais pas lu Baricco. Je n'ai d'ailleurs lu qu'un seul de ses livres et à part le souvenir qu'il a été adapté au cinéma avec Béatrice dalle comme actrice je ne m'en souviens pas dutout. mais je crois que j'avais bien aimé.

La jeune épouse est empreint d'un charme un peu étrange, langoureux et violent à la fois, il nous amène résolument dans des codes écartés du réel.
Dés l'ouverture on est frappé par la force expressive du style de l'auteur : j'ai bien vu la scène du levé, l'enfilade en couloir, les portes ouvertes à la volée, les embrassades hébétées de la famille sortie d'une nuit inquiète.
J'ai été un peu chiffonnée par leur nudité ostentatoire et sensuelle, convaincue d'avoir à faire à un érotisme facile de par son transgressif, allons-y pour le soufre de l'inceste littéraire et romantique à mes yeux difficilement attractif etc
Et puis non, Baricco m'a quand même entrainée dans sa lenteur moite, et baroque, son imaginaire sensuel, sa liberté narrative.

Je pourrais dire que je n'étais pas conquise et pourtant des images uniques me restent, qui démontrent la force du voyage créatif.
Un enchantement étrange, où seules des bribes rares n'auront pas été maitrisées (je pense à une ou deux incohérences de ton, la jeune épouse parlant au valet, lors de leur étroite discussion, seuls dans la maison vide, où le lexique soudain trop moderne semble , au détour d'une réplique, rompre la transe involontairement, par exemple) et qui permet de créer des Personnages immortels. le valet m'a beaucoup frappée, il est puissant, magnifique figure.
Des images inouies inédites et in-lues (ça se dit ça ?) comme celle des actions inachevées , pour mieux préparer le retour de villegiature : tiroir entrouvert, fruit à demi pelé, et de multiples foisonnements de temps amorçés pour nier l'arrêt du temps.

Quelques îlots restés inaccessibles : la jeune epouse sale et parée, bon, très érotique mais qui ne me parlais pas, son va et vient sur les genoux du valet, bon, que moi j'ai pas trop aimé, même si la fuite vers les sens prend son illustration dans cette incongruité et ce cap franchi. En fait un contenu très érotique qui ne m'a pas vraiment parlé mais que je reconnais chiadé, sinon original dumoins décliné de manière brillante.
Et un élan , un mouvement, un sens , une "thèse" métaphysique très réussis, que j'ai reçu totalement, sans dutout être dérangée par les choix qui ne m'étaient pas chers, un contenu de sens très spécifique, et un final doublement beau : la mort du père est une scène que j'ai trouvé splendide, et ma tendance à aimer les happy ends s'est trouvée comblée par l'issue du livre.

Un texte où le miroir de l'écrivain- faisant est un pari osé, réussi, un texte un peu vénéneux; comme le mal vivre de l'écrivant qui est exprimé, sublimé; un roman des faux semblants et des réels instinctifs.
C'est beau. C'est vrai.

Mots-clés : #amour #erotisme #famille #huisclos #initiatique
par Nadine
le Dim 24 Mar - 17:26
 
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Sujet: Alessandro Baricco
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Bernhard Schlink

Olga

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Produc11

Orpheline qui devient institutrice à la force de sa volonté et de son travail, Olga aime Herbert, le fils de l’aristocrate du coin. Herbert aime Olga, aussi. Mais c’est un homme écartelé entre son devoir familial, son amour têtu, et ses aspirations existentielles qui le poussent à flirter avec l'infini, le lointain, les immensités. Ainsi Olga va vivre avec son amant en pointillé, mais son amour puissamment accroché au cœur, et cela même quand Herbert se sera perdu dans les immensités glaciales de l’Arctique sans espoir de retour. Elle va poursuivre sa route, femme vieillissante avec cet homme au cœur, alors qu’autour d'elle le nazisme monte, dans une autre aspiration mortifère à capturer l’immortalité. Elle reste cette femme secrète et résolue, cultivant son indépendante, ouverte aux autre malgré la surdité qui l'isole.

Très beau portrait d'une femme fidèle, qui tout à la fois aimé et détesté cette force qui, certes, pousse Herbert loin d'elle, mais qui aussi lui donne ces yeux pétillants et ces enthousiasmes enchanteurs. Comment garder son indépendance quand on aime, rester fidèle à ses sentiments et ses idées, mener une vie digne quand on appartient plutôt au clan des réprouvés?

Schlink construit magistralement ce roman, d’une grande richesse, impeccablement  maîtrise, dont la réserve apparente cache un lyrisme emporté. Sous ses dehors terre à terre, il interroge sur le destin des hommes, des femmes et des peuples. C’est un récit en trois temps, où interviennent un jeune homme "ennuyeux" et des lettres  (quelles lettres! ) qu’il va miraculeusement retrouver.

Quel beau titre que ce titre, Olga (contre une couverture un peu niaiseuse), qui dit une femme, qui mène son chemin tragique sans drame, pour elle-même, d'un pas tranquille et assuré, confiante en ses certitudes, dans un siècle pourtant  déboussolant.


Mots-clés : #amour #portrait #solitude #voyage
par topocl
le Sam 23 Mar - 10:30
 
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Sujet: Bernhard Schlink
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Grazia DELEDDA

Le Pays sous le Vent

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Cvt_le13

Nous sommes à Nuoro, dans le centre de la Sardaigne. Nina est une jeune fille de 17 ans qui aime rêver en contemplant la nature et passe ses moments secrets cachée dans le grenier à lire des livres. Ses parents, de condition modeste, louent quelques chambres à des personnes de passage, un peu comme une pension de famille, afin de vivre un peu plus aisément.
Parmi les clients, un notaire, ami du père, loge régulièrement et fait l'éloge de son fils Gabriele qui fait des études de médecine. Les deux pères envisagent le mariage de leurs enfants. Un jour, Gabriele vient loger chez Nina. La jeune fille qui avait beaucoup entendu parler du jeune homme en tombe amoureuse secrètement. Leur rencontre ne durera que le temps d'une soirée et sera assez maladroite, emplie de non-dits. Nina aura beau l'attendre, Gabriele ne donnera plus jamais signe de vie.
Huit ans après, un nouveau pensionnaire est de passage chez Nina: Attilio, homme de la trentaine, riche et de bonne famille. Il va très vite demander la main de Nina et les voilà partis en voyages de Noces à la côte. C'est là que par hasard Nina va retrouver Gabriele, complètement miné par la maladie, à tel point qu'il ressemblera à un fantôme, l'Ombre.
Ces retrouvailles vont ébranler Nina, lui remémorer sa passion amoureuse qu'elle avait dû refouler et qui l'avait fait souffrir.

Comme on le voit, on est dans un roman “gentil” d'amour de jeune fille que l'on oubliera vite.
C'est un peu mièvre, un peu simple sur le développement psychologique. Un vocabulaire qui se repète beaucoup, ne donnant pas beaucoup de densité aux personnages. Seules les descriptions de la Sardaigne sauvent un peu la mise.
Le style de Grazia Deledda a malheureusement vieilli et pourtant il y a beaucoup d'authenticité dans ce qu'elle écrit, beaucoup de justesse sur la condition de la femme en Sardaigne à son époque (fin XIXe – début XXe S ).

Je vais quand même lire un de ces jours Elias Portolu ou La Mère.

P.S: Les éditions Cambourakis sont occupées a ressortir de l'oubli certains romans de Grazia Deledda.


mots-clés : #amour #insularite
par Cliniou
le Mar 19 Mar - 13:44
 
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Sujet: Grazia DELEDDA
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Jeanne Benameur

Les insurrections singulières

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Bm_97810

Encombré par ses  parents médiocres assommés par le quotidien et le travail, son frère prof ( mon Dieu!), Antoine est un recalé de la vie, entre déprime et rage au cœur. Dans le même temps sa compagne le  vire et son usine  délocalise au Brésil, car ses copains ont bêtement voulu d’un militantisme soft alors que lui, le grand rageux, aurait bien pris le patron en otage. Tout est noir, il comprend vraiment pourquoi il a voulu fuguer à 8 ans.

Sous l’impulsion de Marcel, un octogénaire bouquiniste (donc forcément un homme de sagesse), ils partent voir comment ça se passe, justement, au Brésil. Et oui,  ça se passe bien : Antoine y trouve la fraternité et le sens de la vie en même temps  que l’amour. Et il découvre même que son père est un type mieux qu’il ne croyait grâce à un petit carnet que celui-ci lui a confié.

C'est une crise de la quarantaine jouée sur le mode adolescent. J’ai trouvé ça extrêmement trop sérieux, plein de poncifs  ( le travail n’est pas tout dans la vie, il faut aller au bout de ses passions) et de morale simpliste (il suffit de partir, d’oser tout quitter). Du Coelo amélioré.

Bon, tout cela est trop méchant pour ce livre que je n’ai finalement trouvé qu’indigeste. Et je sais que kashmir a aimé, donc, si tu pouvais en dire quelques mots, kashmir,  ça rétablirait l’équilibre  Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 1384701150 .


Mots-clés : #amour #mondedutravail #voyage
par topocl
le Mer 13 Mar - 21:35
 
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Sujet: Jeanne Benameur
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Vues: 349

Pauline Delabroy-Allard

Ca raconte Sarah

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 97827010

En plein milieu d’une phase de « latence », après que son conjoint l’a abandonnée avec sa fillette de 4 ans, la narratrice rencontre Sarah, une femme fantasque, belle, folle : « elle est vivante ». A la lueur d’une allumette, Sarah lui « avoue » qu’elle est amoureuse, et c’est parti pour de longs mois d’amour-passion, le monde redevient joyeux, beau, c’en est époustouflant. Mais Sarah  a un goût de soufre. Malgré l’amour, les agacements deviennent des déchirements, il est temps de se quitter, dans les larmes car l’amour est pourtant toujours là. Et puis la maladie attaque Sarah, cette belle femme pleine de vie. Et c’est la fuite, la tempête et la tourmente pour la narratrice.

Ca raconte Sarah, ça raconte la vie quand on est amoureux, toutes les petites choses quotidiennes, qui deviennent uniques, magnifiées, les émotions intenses, le cœur qui bat, l’extravagance qui vous saisit ; on tourne en rond dans son bonheur. Et après cette lumière, vient l’ombre, et la peur et les sanglots, qui n’empêchent  pourtant pas d’aimer la mer, les Spritz et les villes italiennes. Ça raconte tout cela, cette histoire unique et universelle, cette banalité enchantée puis souffrante, ce rien du tout qui fait la vie. Les deux femmes, qui n’en reviennent pas de tant ressembler à des personnages de roman, sont en fait de vraies personnages de la vie : c’est d’une vitalité incroyable.

mot-clé : #amour
par topocl
le Sam 9 Fév - 16:44
 
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Sujet: Pauline Delabroy-Allard
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Marie Chaix

Les silences ou la vie d’une femme

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 Proxy115

Pendant six semaines, Maris Chaix visite sa mère dans le coma, lui souhaitant une mort douce alors que l’équipe hospitalière lutte pour la ramener coûte que coûte à la vie. Les souvenirs remontent, l’histoire de cette femme qui a été petite fille, jeune fille, jeune épouse brièvement comblée, femme au foyer amoureuse soumise aux dictats de cet homme impatient, collaborationiste puis emprisonné pour cela, cette mère comblée pleinement nourrie par sa descendance, cette femme encore jeune clouée au fauteuil par un accident vasculaire, et maintenant, cette douce forme vieillissante, inerte, qui respire encore.

C’est un très beau portrait de femme, de son rapport avec sa fille Marie, un portrait des attentes, souvent déçues, de la soumission où entre un certain choix, lesquelles n’empêchent pas une obstination à mener sa barque. Marie Chaix a un style très inspiré, elle est sensible aux ambiances, aux couleurs, aux odeurs, aux cocasseries. Elle nous livre ici un livre des plus touchants, plein d ‘une grande tendresse, qui lui permet de laisser tomber la colère. Un livre- hommage à cette mère qui a eu un parcours en contradiction totale avec les choix ultérieurs de sa fille , laquelle lui conserve pourtant son amour, sa fidélité  et son respect.

Il y a des pages très fortes sur la mémoire/présence des morts et les cimetières, Marie, j'ai pensé à toi.

Mots-clés : #amour #conditionfeminine #medecine #mort #portrait #relationenfantparent
par topocl
le Ven 8 Fév - 16:42
 
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Sujet: Marie Chaix
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Erri De Luca

Le Jour avant le bonheur

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 51vvuu10


Certaines personnes savent, le jour d’avant, qu’elles ont rendez-vous avec lui. Et, malgré cette intuition, elles ne seront pas prêtes. Le bonheur est toujours une embuscade. On est pris par surprise. Le jour d’avant est donc le meilleur…


Naples dans l'immédiat après guerre. Un jeune orphelin (le narrateur) vit sous la protection d'un gardien d'immeuble, Don Gaetano. Lui aussi orphelin, il prodigue à l'enfant l'affection dont il a été lui-même privé. Il s'attache à son bien être, et lui enseigne une éducation qui vaut plus par l'exemple concret et l'affection que par une étroite morale. Par ses souvenirs et son expérience, il lui communique principes de droiture et de fermeté. Il lui raconte comment les napolitains se sont soulevés contre l'envahisseur nazi, précipitant leur perte. Ensemble ils jouent aux carte, ensemble ils bricolent quelques réparations chez les locataires.

L'enfant devenu ado connaîtra même ses premières armes avec une dame locataire accueillante. Il aime l'école, l'instruction. Ayant appris à lire tôt, il se procure des livres gratuitement chez un libraire accommodant et compréhensif.

Du temps où, enfant,  il jouait au foot, il croisa le  regard d'une fillette qui,  derrière les vitres du 3e étage l'observe avec constance. Quelque chose de puissant se noue entre eux, qui n'aura pas de suite dans l'immédiat. Don Gaetano a aussi un don, il lit dans la pensée des autres. C'est ainsi qu'il perçoit un jour que son protégé est obsédé par la jeune fille et qu'il est prêt à donner sa vie pour elle. Don Gaetano ne cherchera pas à entraver leur dangereuse relation, mais il l'aidera à se défendre et à s'enfuir, le moment venu.



De Luca parvient à nous rendre attachants ceux dont il parle. Son regard est empreint de tendresse et de chaleur humaine pour les humbles, les gens  de peu. Il n'ignore ni la cruauté ni la barbarie de la condition humaine. Dans sa vie comme dans son oeuvre, il reste un révolté qui ne craint ni la prison ni le discrédit. Il suffit de quelques phrases pour reconnaître son style. Ici, comme ailleurs, la densité et la concision sont exemplaires et il sait parfaitement tirer parti de ce qui est suggéré ou resté dans l'ombre. D'ailleurs sa concision n'est jamais sécheresse, mais plutôt concentration d'énergie.

Vous l'avez compris, j'ai aimé ce livre.



mots-clés : #amour #deuxiemeguerre #enfance #initiatique #jeunesse
par bix_229
le Mer 6 Fév - 19:12
 
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Sujet: Erri De Luca
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Jan Potocki

La lecture remonte mais reste étiqueté "référence". J'espère que cette récup' va s'enrichir de lectures plus fraîches d'autre(s) membre(s).  pirat


Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 97820810

Le manuscrit trouvé à Saragosse (version 1810)

GF propose deux versions 1804 et 1810. Évidemment en début de livre les compilateurs en plus d'esquisser une biographie de l'auteur (ça suffit vraiment un livre pour le faire ?) évoque l'histoire du et des livres. La version chez Corti serait la traduction d'une version pas trop pourrie mais incomplète d'une traduction polonaise du manuscrit qui a été écrit en français. Une histoire longue et compliquée (comme l'auteur ?) pour une première version inaboutie et inachevée, la version de 1804... au ton plus irrévérencieux, voire coquin (?) mais aussi avec une construction qui bien que reposant sur le même principe semble plus complexe (encore). De quoi donner envie de ne pas oublier de la lire de bon cœur un de ces jours !

Ce livre chose en lui même...

C'est l'histoire d'un manuscrit trouvé, sur le champ de bataille, du côté de Saragosse, du jeune Alphonse van Worden... tout jeune capitaine des gardes wallonnes qui est en voyage pour recevoir son premier poste. La traversée de la Sierra Morena se révèle très rapidement extrêmement riche en surprise multiples. Ce jeune homme éduqué dans les plus parfaite ligne d'un esprit chevaleresque magnifié avec au dessus de toutes les valeurs l'honneur, et juste après le respect des convenances, va plus ou moins malgré lui et tout en respectant, en somme, ses valeurs se retrouver bien ailleurs et autrement... A travers une succession de rencontres avec des personnages hauts en couleurs qui eux aussi en ont rencontrés et qui parfois sont les mêmes. Chacun évidemment se devant à un moment ou un autre de raconté son histoire et si le récit l'exige celle d'un autre par la même occasion.

Un bon prétexte pour réciter à tiroirs façon mille et une nuits avec une série d'échos plus ou moins visibles et évidents. Exercice réalisé avec un esprit vif, joyeux et entraînant... la lecture débute comme une promenade légèrement irréel avant de tirer le lecteur vers une sorte d'ivresse dans laquelle il se laisse guider sur le chemin évident de l'écriture de Potocki. Un chemin qui se déroule avec ses repères mais que l'on suit émerveillé, étourdi et désorienté...

Mais pourquoi est-ce si bon ? Parce que c'est bien pire (en forme de compliment) qu'un "à la manière de", la trame et les trames sont celles d'histoires d'amours plus ou moins déçues, de découvertes, de devoirs et d'ambitions... et de hasard. Presque simple si le roman d'apprentissage à tiroir ne se métamorphosais pas à plaisir en lutte entre rationalité et mystères, hasards et manipulations, raison et inévitables libertés. Tout comme notre Alphonse qui se laisse volontiers entrainer par ses belles cousines c'est à la fois très simple et très compliqué.

La série d'histoires et de personnages identifiables, presque stéréotypes, présente d'étonnantes ressemblances dans les motifs employés, et là se ne sont plus des tiroirs mais aussi des matriochkas, les histoires s'imbriquent, s'éclairent et se change... se recoupent, se mêlent en un fascinant bazar néanmoins cohérent mais d'abord fascinant. Sans altérer le plaisir du lecteur on expérimente la structure folle de cette entreprise, une sorte de système de Potocki , mis en abime plus tard par le système de Velasquez le géomètre touche à tout et quelque peu étourdi et proche de l'auteur... les motifs et combinaisons illustrent la vie et les vies avec tout en jouant merveilleusement avec lucidité et humour en fond une certaine naïveté qui tiendrait du grandiose...

et la boucle finit par se boucler bercée de mélancolie...

Dans tout ça on croise beaucoup de choses entre le réel et la fiction : géographie et histoire... les notes (en bas de page) orientent le lecteur, et heureusement... les sciences dures ou humaines sont employées et discutées abondamment et confrontées, mélangées à... aux religions et au fantastique... avec des ellipses, des imprécisions, des jeux, beaucoup, de la manipulation pure et simple... et mise en abime...

Une ouverture extraordinaire et curieuse avec une volonté de partage engageante... il est difficile de conclure sur cette lecture débordante et multiple... un excellent monument sans aucun doute et vertige devant ce regard en double teinte entre l'idéal qui anime ce "monde" et une réalité plus dure (mais pas toujours sans attraits).

L'utilisation des générations, de l'histoire et des chronologies ainsi que les petits exposés scientifiques sont plus ou moins digestes sur la fin mais impossible de résister et de ne pas divaguer sur une histoire des mathématiques, des sciences... et d'utiliser ces échelles pour regarder un maintenant qui n'apparait plus si lointain.

Fantastique lecture, incontournable aussi pour son amour des histoires, du récit magnifié. Ce que je n'imaginais pas c'était la densité (des) thématique(s) et cette construction abusant de fausses répétitions, c'est incroyable... d'ailleurs ça occupe du monde semble-t-il de décortiquer cet ensemble et de le croiser avec la vie de Potocki, ses écrits, ses voyages, ...

Un jeu de nuances et d'ouvertures, d'incertitudes, d'esprit... et une lumière orientale...

gros bonheur.

je ne regrette pas d'avoir choisi une période de vraie disponibilité pour attaquer le morceau. 830 pages avec les explications qui précèdent.


mots-clés : #amour #aventure #contemythe #fantastique #initiatique
par animal
le Mer 30 Jan - 22:48
 
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Sujet: Jan Potocki
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Claudie Hunzinger

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 La-sur10

Claudie Hunzinger : La Survivance

A l'époque d'Amazon et des librairies en ligne, peut on encore faire vivre une librairie de livres d'occasion  et accessoirement en vivre ? Pour Sils et Jenny la réponse est négative. La librairie en faillite, ils sont contraints de partir.
Mais où aller ?
Jenny se souvient d'une maison désaffectée dont elle a héritée. Une ruine en fait et perchée à 1000 mètres dans les Vosges. A 20 ans ils y passaient les vacances. Y retourner 40 ans plus tard pour y vivre est une épreuve totalement inconnue. D'autant qu'ils ont embarqué tous leurs livres et quelques rares objets personnels.
Les accompagnent Betty, la chienne et Avanie, l'ânesse, compagnons d'infortune mais pas seulement.

Ce qu'ils vont découvrir c'est que le vieux monde n'est plus pour eux, il les a rejetés et continuera à le faire. Et de plus, c'est un monde fini ou en voie de l'être.
Continuer c'est tenter de survivre en autarcie, en cachette, avec la seule compagnie de quelques cerfs. Mais s'adapter à la solitude et à la promiscuité, à l'isolement et aux intempéries est une forme de révélateur inéluctable de leur condition humaine  et de leur absence d'avenir.
Ils sont au bout du chemin.

Sils et Jenny sont des survivants d'une époque où les illusions et les utopies tenaient lieu d'avenir. Où les livres comblaient tout ce qui manquait dans une société matérialiste et anonyme.
Ce qu'ils vont vivre va les souder mais aussi leur faire comprendre qu'ils ont perdu la partie.
Ce sont ces perdants magnifiques dont parle Leonard Cohen.
Si nous les aimons c'est parce que le coeur n'est pas qu'un muscle ou un homme de coeur une simple métaphore.
Ces personnages sont inoubliables et l'écriture de Claudie Hunzinger nous entraine et nous transporte loin des clichés et des sentiers battus.
Et nous les suivons.


mots-clés : #amour #nature #solitude #universdulivre
par bix_229
le Jeu 24 Jan - 19:53
 
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Sujet: Claudie Hunzinger
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Russell Banks

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 La-res10

La Réserve


« La Réserve », c’est un lieu de villégiature, perdu dans les Adirondaks, un lieu majestueux, au nord-est de l'État de New York. Les habitants des maisons, des chalets luxueux, perdues au fond de cette végétation luxuriante et montagneuse sont des riches, parmi les plus riches, des New-Yorkais entre autres. Ce lieu est tellement préservé qu’il est gardé, balisé, entouré d’une garde armée. Comme une sorte de cité idéale.

Parmi ces riches, la famille Cole dont la maison est au bord du lac, vient y passer des mois, le père est un médecin de renom. La fille, Vanessa Cole, fille adoptive, se plaît dans ce lieu de refuge. Séduisante et séductrice, elle sait y faire pour attirer les hommes dans ses rets. Mais en même temps elle est considérée comme une foldingue, et surtout par sa mère qui rêve de la faire interner et envisage sérieusement de le faire, c’est une réalité.

Le peintre Jordan Groves, ami du père, vient de temps à autre, avec son petit avion, rendre visite à la famille. Il est vite repéré par les gardes, et on n’aime pas les intrus qui sont vite renvoyés d'où ils viennent. Il se laisse séduire par la belle et élégante Vanessa et se rendra de plus en plus souvent à la Réserve après la mort du père, le Dr Cole.

Jordan Groves, qui vit hors de la Réserve, suffisamment loin pour y venir en avion, un biplan qui peut se poser (en douce) sur le lac, est marié avec une belle femme, discrète, une sorte de femme idéale et à laquelle il tient, a deux fils et sa vie rangée va être pas mal chahutée. Rien à faire, il a besoin de retourner à la Réserve car quelque chose se passe entre ces deux-là !
Et puis la jalousie qu’il ressent lorsqu’il a la surprise de voir que Vanessa se rend chez le jardinier et homme à tout faire de la Réserve, un homme canon physiquement, est une émulation. Il veut Vanessa Cole.

La mère de Vanessa, Evelyn Cole, de son côté, femme riche et éprise d'argent, confisque celui qui doit revenir à Vanessa à la mort du père, malgré un testament. Elle aimerait mettre sa fille sous tutelle, et pire encore, la faire interner en Suisse, d'ailleurs les contacts sont déjà pris.

Mais la terrible Vanessa Cole est-elle réellement folle ? Et aura-t-elle le choix ? En tout cas elle n'a pas l'intention de se laisser faire par sa mère, et elle va le lui montrer. On entre dans un univers un peu pervers et perverti, où se côtoient la beauté et la noirceur, le meilleur et le pire de la laideur.

Chaque chapitre de ce livre commence par des « flashs » de ce qui adviendra plus tard, on voit évoluer tous ces personnages dans l'avenir, et la guerre d’Espagne gronde et bombarde. La vie change. Même pour les riches.

C’est mon premier Russel Banks, j’y ai pris du plaisir, et parfois mon avis était mitigé, mais avis aux amateurs de Russel Banks ! C'est pour vous !


mots-clés : #amour #famille #guerredespagne #lieu #pathologie
par Barcarole
le Mer 9 Jan - 19:01
 
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Sujet: Russell Banks
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Juan Gabriel Vásquez

Tag amour sur Des Choses à lire - Page 3 51th8y10

Les amants de la Toussaint

Originale : Los Amantes de Todos los Santos (Espagnol/Colombie, 2001)

Sept nouvelles de 10-44 pages

CONTENU:

-  Cachettes: Un écrivain colombien, se trouvant entre France et Belgique, deviendra témoin d’un drame familiale. Communiquer la douleur, ou la taire, en faire un secret ?

- Les amants de la Toussaint: La vie d’un jeune couple se trouve en crise. Brièvement l’homme cherche une consolation chez une veuve solitaire, craintive, marquée encore par des souvenirs de son mari défunt. Tandisque qu’il comprend de vouloir sauver son couple, sa femme prend une décision….

- Le Locataire : Pendant une chasse le vieux Xavier commet le suicide. Depuis longtemps il avait été amoureux de la femme de son meilleur ami. Il y a vingt ans, avec presque un enfant à venir de cette liaison, ils avaient même projeté de s’en aller. Et maintenant ? Comment Georges et Charlotte s’en sortent ?

- Le retour : Après quarante ans d’incarceration après l’assassinat de son beau-frère, Madame Michaud, presque 80 ans, retourne à la domaine immense et labyrinthique qu’elle avait été la seule à connaître comme sa poche auparavant. Mais les temps ont changé… Où est-ce qu’on trouve une « maison », un « chez soi » ?

- Au café de la République : Viviane et le narrateur en début de maladie grave sont séparé depuis six mois. Mais pour visiter son père à lui, le couple se reforme. Faire semblant ? Se donner une deuxième chance ?

- La solitude du magicien : Enceinte de son mari Léopold, Selma le trompe néanmoins avec le « magicien », homme presque sans histoire à lui ? Où est-ce que cela va finir ? Quel avenir ?

- La vie sur l’île de Grimsey : Grand héritier d’un harras, Oliviera passe une nuit avec une véterinaire et comprend pourquoi celle-ci a tellement peur du noir et de la solitude...

REMARQUES :
Toutes ces histoires jouent dans les Ardennes belges ou le Nord de la France. Certains motifs reviennent dans certaines histoires : des chevaux, la chasse, les noms de villages… Souvent y-at-il une sorte de vue en avant sur l’histoire avant que celle-ci ne soit reprise en détail, donc pas juste narration linéaire. Souvent il y a un narrateur actif.

Même dans leur diversité certains sujets reviennent en étant variés : Des histoires de couples, soit en « fin de relation », ou en situation éphémère, soit dans des constellations triangulaires avec des situations de tromperie. Les protagonistes semblent seuls et désireux de rompre cette solitude à la fois. Parfois la perte, le deuil, la question de culpabilité

Des sujets universels ? Ô, quand ils sont traités d’une certaine façon cela ne pourrait pas forcement m’attirer outre mesure, mais Vasquez en fait plus que du pur romance. Les personnes derrière ces histoires sont en recherche, elles apparaissent fragiles et parfois pauvre, presque toujours : seules même au milieu du couple. Certains restent dans la tête et dans le coeur dans leur désir et leur quête. Parfois il ne semble pas y avoir d’issue, ou seulement passagèrement. La solitude reste.

Bien écrit avec parfois des tournures inattendues.

mots-clés : #amour #nouvelle #solitude
par tom léo
le Sam 15 Déc - 8:01
 
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Sujet: Juan Gabriel Vásquez
Réponses: 16
Vues: 959

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