Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Lun 20 Sep - 21:41

117 résultats trouvés pour biographie

Marie Darrieussecq

Etre ici est une splendeur
vie de Paula M. Becker.

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Tylyc114

Paula Modersohn-Becker voulait peindre et c'est tout. Elle était amie avec Rilke. Elle n'aimait pas tellement être mariée. Elle aimait le riz au lait, la compote de pommes, marcher dans la lande, Gauguin, Cézanne, les bains de mer, être nue au soleil, lire plutôt que gagner sa vie, et Paris. Elle voulait peut-être un enfant ? sur ce point ses journaux et ses lettres sont ambigus. Elle a existé en vrai, de 1876 à 1907.

Voilà un roman qui voit le jour en donnant naissance pour la deuxième fois à une artiste méconnue ( en dehors de l'Allemagne) , Paula Modersohn-Becker.
La raison de cet oubli dans l'histoire de l'art est certainement le fait que ce soit tout simplement...Une femme.
Le 19 ème siècle est riche et intense en art mais reste somme toute un monde masculin tout art confondu.On se souvient encore de toutes ces femmes dont Georges Sand qui écrivaient sous des pseudonymes masculins et qui ont essuyé bon nombre d'insultes misogynes pour cette insolence de l'esprit. On retrouve dans cette biographie la liberté de penser féminine ainsi que l'intellect tout en regardant de près cette haute société allemande et parisienne prise sous le joug du machisme fournissant cette bonne dose d'hypocrisie afin de ne pas déplacer le rôle de chacun.
Divers passages assez lassants , ou peut-être n'étais-je tout simplement pas sensible au monde artistique de Paula ; je ne le suis pas de sa peinture qui dénotait à son époque puisqu'elle est une des pionnières de l’expressionnisme mais qui reste à mes yeux assez terne et grossière (toutes mes excuses , hein...)
Grande amie de Rilke , c'est aussi une facette de ce poète qui est abordée , l'amitié d'artistes dans ce village d'Allemagne fréquenté par un petit monde d'intellectuels, Worpswede. A plusieurs reprises après sa mort il écrira sur elle , sur cet être cher perdu , mais pourquoi sans évoquer ses travaux artistiques..
Paula Becker reste une présence , un parcours de femme libre qui aime Paris et qui sera à noter parmi les premières féministes également qui détonne et étincelle dans un univers pas si simple à vivre dans lequel elle tente d'abolir toute frontière qui ne lui sied pas. Finalement sa meilleure compagne aura été la peinture , bien avant son époux.
Néanmoins , Marie Darrieussecq utilise une écriture différente , plus cérémonieuse , c'est à de demander si elle ne voulait pas rivaliser avec l'art qu'elle évoque , cette froideur allemande qui a ralenti ma lecture , ce qui rend l’héroïne assez inaccessible ce qui est bien dommage et je fais le parallèle avec l'écriture de Charlotte de Foenkinos forcément...lecture pas si lointaine , que je trouvais bien plus expressive de par la sensibilité qui émanait de l'écrivain.
Il en reste que c'est un bon livre et que le merveilleux dans tout ça , c'est de pouvoir découvrir une artiste et une vie , pas si anodine grâce à Darrieussecq qui l'écrit et a préparé son expo au musée de l'Art moderne de Paris avec l'aide de compères.


mots-clés : #biographie #creationartistique
par Ouliposuccion
le Dim 5 Fév - 0:21
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Marie Darrieussecq
Réponses: 26
Vues: 1115

Milo Manara

Le Caravage
tome 1: La palette et l'épée


Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Image105

"La vie sulfureuse du célèbre peintre italien par le maestro Manara Automne 1592. Michelangelo da Caravaggio dit « Le Caravage » débarque à Rome, toiles et pinceaux sous le bras. Il puise son inspiration dans l'âme de la cité éternelle, entre grandeur et décadence, et auprès des personnages hauts en couleur qu'il y rencontre. Rapidement admiré pour son talent, il sera toutefois souvent critiqué pour ses partis pris artistiques, notamment sur ses sujets religieux.Il prendra ainsi pour modèle de sa Mort de la Vierge une prostituée. Une réputation aggravée par le penchant du peintre pour la violence et sa participation à de fréquentes et vives échauffourées... Milo Manara amorce ici un diptyque consacré au génial Caravage et à l'Italie du Cinquecento, dans lequel il exprime à nouveau sa fascination pour la création artistique et la beauté des femmes, tout en rappelant qu'il est aussi un maître de la BD historique au sens de la reconstitution confondant."

Le caravage , l'inoubliable , homme fascinant , ce peintre sulfureux m'a toujours subjuguée tant par son caractère que par ses tableaux d'où émane une sensibilité artistique des plus remarquables.
Pourquoi choisir Manara pour lire sa biographie ?
Parce qu'il me semblait tellement proche de ce génie que j'étais certain qu 'une approche littéraire combinée au dessin ne pouvait que recréer l'univers dans lequel je voulais plonger.
Qui , mieux que Manara , pouvait nous propulser dans ce monde où les femmes sont des muses , qui pouvait mieux que Manara les dessiner et les mettre à la lumière via des dessins éblouissants!
Et je ne suis pas déçue ; Manara nous offre un diptyque fascinant dans lequel tout paraît vraisemblable dans ce récit ,il plonge au cœur même de l'artiste pour en faire ressortir toute l'essence et la création.
Le Caravage habité créait pour enfanter une œuvre dont la genèse probablement n'était que sa propre sensibilité , son amour des femmes et la volonté de raconter sans voile ni cape ce que ses yeux observaient , un point que Claudio Strinati , historien de l'Art met en exergue dans son avant-propos.
Ce ne sont pas des dessins que j'ai pu observer dans cet ouvrage , mais bien des tableaux tant la puissance des couleurs sont intensément belles , reflétant celles des siècles passés ,de la luminosité de Rome à la prison de Tor Di Nona.
C'est clairement un travail bluffant que j'ai feuilleté à plusieurs reprises après deux lectures juste pour le plaisir de ces reproductions.
J'attends bien évidemment avec impatience , la suite...

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Images16

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Images17

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Images18


mots-clés : #bd #biographie #creationartistique
par Ouliposuccion
le Mar 31 Jan - 22:23
 
Rechercher dans: Bande dessinée et littérature illustrée
Sujet: Milo Manara
Réponses: 2
Vues: 2104

Elsa Osorio

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Osorio10

La capitana
"Il y a des vies qui sont des romans qu’aucun romancier n’oserait écrire par crainte d’être taxé d’invraisemblance. Mika, la Capitana d’Elsa Osorio, semble avoir eu l’habitude de se trouver à l’épicentre des convulsions qui ont secoué le monde contemporain depuis les années 30.
Mika, Micaela Feldman de Etchebéhère (1902-1992), la Capitana, a réellement vécu en Patagonie, à Paris, à Berlin, en Espagne, elle a tenu toute sa vie des carnets de notes. À partir de ces notes, des rencontres avec les gens qui l’ont connue, des recoupements de l’Histoire, Elsa Osorio transforme ce qui pourrait n’être qu’une biographie en littérature. Mika a appartenu à cette génération qui a toujours lutté pour l’égalité, la justice et la liberté. Elle est allée à Paris avec son mari pour participer au mouvement intellectuel dans les années 30, ils ont fondé la revue Que faire ?. Puis ils sont allés vivre à Berlin dont les ont chassés la montée du nazisme, ainsi que les manipulations du mouvement ouvrier par le stalinisme. Enfin ils sont allés rejoindre les milices du POUM dans la guerre civile en Espagne.
Dans des circonstances dramatiques, elle, qui ne sait rien des armes et des stratégies militaires, se retrouve à la tête d’une milice. Son charisme, son intelligence des autres, sa façon de prendre les bonnes décisions la rendent indispensable et ce sont les miliciens eux-mêmes qui la nomment capitaine. Poursuivie par les fascistes, persécutée par les staliniens, harcelée par un agent de la Guépéou, emprisonnée, elle sera sauvée par les hommes qu’elle a commandés. Elle a fini sa vie d’inlassable militante à Paris en 1992. Elsa Osorio, portée par ce personnage hors du commun, écrit un roman d’amour passionné et une quête intellectuelle exigeante en mettant en œuvre tout son savoir faire littéraire pour combler les trous de l’Histoire."

A.M. Métailié

Je n'ai pas lu le livre d'Elsa Osorio, mais les propres souvenirs de Mika Etchebehere. Je conseille la lecture des deux.
Celui de M.E. est admirable de pudeur, de sincérité et d'humilité.
Je pense que le livre de  E.O. est un hommage romanesque mais vrai à cette femme extraordinaire  et à l'ensemble de sa vie tout à fait exemplaire. B


mots-clés : #biographie #guerredespagne
par bix_229
le Mar 31 Jan - 15:20
 
Rechercher dans: Écrivains d'Amérique Centrale, du Sud et des Caraïbes
Sujet: Elsa Osorio
Réponses: 6
Vues: 692

Rick Bass

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Images55

Colter


Originale : Colter. The true story of the best dog I ever had (Anglais/E-U, 2000)

CONTENU :
Rick Bass présente l'originalité d'être un chasseur passionné et un écologiste convaincu. Tout petit déjà, il collectionnait de la terre, du sable, des cailloux que les amis de la famille lui rapportaient des quatre coins du monde. Il élevait des tortues, des batraciens, des salamandres.
Grand amateur de chiens, il découvre Colter, pointer dont les talents, affirme-t-il, tiennent du génie. Le Petit Larousse précise que le pointer est un chien d'arrêt anglais. Certains amateurs se demandent qui est le plus fou des deux, du pointer ou de son maître.
(Source : Chr Bourgeois, éditeur, raccourci)


REMARQUES :
Voici un livre qui manque dans la bibliographie de la première page. Aussi pas classable ni sous « essais » ni sous « romans », mais plutôt un hymne, un éloge de Rick Bass sur son chien de chasse, Colter de nom. Dans ce récit le piètre chasseur qu'est Bass, exalte pas seulement la beauté et les capacités remarquable de son chien en tant que chien de chasse (ils partent en vadrouille 100 jours par an, et il considère cela comme inadapté de garder un tel chien sagement dans un coin de la maison – et soi-même aussi!). Mais il chante une vie proche de la nature, presque plongé et immergé dans les lointains de son Montana, lieu de vie de choix, et des lieux d'alentours. Oui, la chasse joue un grand rôle dans ce récit, mais au fond c'est comme un prétexte d'être sous les cieux, de fuir souvent la societé des hommes, de se retrouver dans la compagnie de son chien ce qui pour lui suffit si souvent. Ce faisant il s'amuse lui-même en parlant de tout ses coups de fusil ratés : il semble presque qu'il est extrêmement rare qu'il arrive vraiment à attraper quelque chose. Et cela ne tient pas à son chien remarquable, mais à son manque comme tireur.

Donc, un livre pas seulement pour des amateurs de chasse, mais plutôt les amateurs de vastes espaces, d'une liberté de la vie proche de la nature. Et on comprend la tonalité de tant de récits de Rick Bass – je pense par exemple aux nouvelles, Winter, La vallée du Yaak etc...


mots-clés : #biographie
par tom léo
le Sam 28 Jan - 21:50
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Rick Bass
Réponses: 52
Vues: 3327

Joseph Andras

De nos frères blessés

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 41pseu10

En 1956, à Alger, Fernand Iveton, ouvrier communiste dévoué à l'indépendantisme, pose une bombe dans son usine, à une heure et dans un endroit choisis pour ne faire aucune victime. Il est arrêté avant même qu'elle n'éclate, torturé, condamné à mort dans l’urgence par un tribunal militaire. Le parti communiste détourne courageusement les yeux, son pourvoi en cassation est rejeté, la grâce du Président Coty (dont le Garde des Sceaux était François Mitterrand) est refusée: il est guillotiné.
Parce que l'ambiance est à la haine et qu'il incarne le traître,  parce  qu'il ne faut montrer où est la force et ne pas chagriner l'opinion publique.

Joseph Andras dresse le portrait de cet homme habité par une cause, et décrit, un peu superficiellement du fait de la forme "roman"  l'implacable machine à broyer. En alternance, pour montrer que ce dénommé "tueur" ou "terroriste" fut avant tout un homme, il raconte sa rencontre avec Hélène , sa future femme dans une bluette sans surprises.

C'est solidement écrit (mais cède par moments à la facilité de phrases "bellement obscures") et la dénonciation de l'innomable fait suivre les péripéties avec intérêt.



mots-clés : #biographie #guerre #politique
par topocl
le Sam 28 Jan - 21:05
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Joseph Andras
Réponses: 1
Vues: 501

Stewart O'Nan

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 11871710

Derniers feux sur Sunset

Stewart O'Nan s'attarde sur les trois dernières années de la vie de F. Scott Fitzgerald, depuis son retour à Hollywood en 1937 et le début de sa liaison avec la journaliste Sheilah Graham. Les relations complexes avec son épouse Zelda, internée en hôpital psychiatrique et sa fille Scottie marquent une personnalité qui cherche désespérément des repères mais se retrouve sans cesse seul face à ses doutes et à un vide.

La rédaction de scénarios occupe un quotidien balisé et le roman évoque notamment le rôle de Scott Fitzgerald dans l'écriture du film Trois camarades, produit par Mankiewicz et réalisé par Borzage. Mais Scott Fitzgerald est vite mis sur la touche, relégué vers des projets incertains qui ne peuvent combler des aspirations créatives. Des figures artistiques hantent les conversations, d'Humphrey Bogart à Ernest Hemingway, alors que Fitzgerald a l'impression d'être presque absent à lui-même.

Stewart O'Nan ne cherche pas à accentuer la sensation d'une chute dans l'évocation d'une trajectoire personnelle. Scott et Zelda, par la perception d'un déchirement affectif, ont la conscience du poids d'un passé et des souvenirs, qui brise toute velléité d'un nouveau départ. Cette lucidité est le point fort d'un roman à la tendresse désenchantée, bien que l'auteur soit parfois trop à distance de ses personnages.


mots-clés : #biographie
par Avadoro
le Mer 25 Jan - 23:27
 
Rechercher dans: Écrivains des États-Unis d'Amérique
Sujet: Stewart O'Nan
Réponses: 6
Vues: 501

Lily Brett

Lola Bensky

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Captur54

Londres 1967 : Lola Bensky, jeune journaliste pour le magazine australien Rock-Out, n a que 19 ans quand elle se retrouve au coeur de la scène musicale la plus excitante du moment !
Sans diplôme mais douée, trop grosse et toujours au régime, trop sage pour les sixties, quelles questions cette drôle de fille qui ne connaît rien au rock, n a jamais étudié le journalisme et dont le seul bagage et pas des moindres est d être l enfant de deux survivants d Auschwitz, va-t-elle bien pouvoir poser à ces rock stars en devenir ?
Armée de son magnétophone et tartinée de fond de teint, Lola observe, écoute, écrit. À Londres, elle parle bigoudis avec Jimi Hendrix et sexe avec Mick Jagger. À Monterey, elle échange avec Mama Cass sur leurs régimes respectifs et aborde l amour entre filles, la drogue et l alcool avec Janis Joplin. Un jour, elle prête même ses faux-cils à Cher...
Subtiles, drôles, personnelles, les questions s enchaînent, dévoilant des portraits inattendus de ces dieux du rock, mais révélant surtout la quête identitaire que Lola mène inconsciemment. Épouse, mère, auteure reconnue, Lola Bensky continue à s interroger sur ce qui fait la force d un être humain.


Lola Bensky ou le livre dont on a beaucoup parlé à sa sortie , autobiographique et intriguant par ce mélange d'extrêmes exposant en toile de fond l'holocauste et le rock'n'roll qui rend si vivant.
Et ça fonctionne , on découvre au gré des pages le traumatisme , l'animalité qui sommeille au fond de chaque personnalité si habitée par un désir de vie et de réponses , qu'elles soient touchantes , humoristiques ou radicales.
Lola Bensky , un instinct de survie  , le complexe de la différence et des kilos en trop, nous mène pudiquement auprès des rockeurs qui ont créé un nouveau monde , celui de la liberté alors que celle ci se bat contre les tortures subies et les fantômes de ses parents.
Frappant toujours avec justesse et sans se perdre dans le larmoyant , Lily Brett, petite abeille ballottée qui retrace son parcours dans la légèreté , récoltant le nectar qui redonne vie à toute une génération meurtrie ouvre le passage d'une ère nouvelle sans occulter l'inoubliable.
C'est en unissant nos propres rivalités aux parcours de vie que se place la première pierre d'un édifice qui sera la reconstruction , tant individuelle  que communautaire.
La cerise sur le gâteau , les somptueuses rencontres narrées de Lily Brett avec Les Beatles , Hendrix , Les Stones , Cat Stevens , Cher , Les Who ... sont bien évidemment , un pur moment de plaisir.


mots-clés : #biographie
par Ouliposuccion
le Mer 25 Jan - 16:27
 
Rechercher dans: Écrivains d'Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande, Polynésie)
Sujet: Lily Brett
Réponses: 8
Vues: 928

Mario Vargas Llosa

Le rêve du celte

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 10911_10

Biographie romancée de Roger Casement, un Irlandais qui , en tant que consul britannique a dénoncé les exactions commises au Congo Belge sous le règne de Leopold II, dans le seul but d'assurer l'enrichissent de la couronne et des investisseurs, et maquillé sous un paternalisme de sauvetage des bons sauvages. Mission aimablement commanditée par le ForeignOffice pour enquiquiner ledit Lopold.
Fort de ce premier succès, Casement est envoyé au Pérou pour dénoncer le perpétrées sur les populations amazoniennes par l'entreprise britannique qui  y exploite le caoutchouc, manne des premières décennies du XXème siècle,  avec la bénédiction du gouvernement péruvien.
La confrontation à ces  tortures, viols et violences,  esclavage et assassinats, révèle au scrupuleux Casement, homme intransigeant et déterminé, l'idée que l'Irlande n'est pas mieux traité par son "colonisatuer" et il va s'engager activement (et fort maladroitement) dans le combat pour l'indépendance dont il reste l'une des figures de proue.

Biographie passionnante d'un homme prêt à tout (au pire?) pour le triomphe de la justice, pélerin infatigable des nobles causes, mais qui n'est pas exempt d'ambivalences qui le feront se quetionner toute sa vie derrière l'inébranlable application de son devoir, c'est l'un des thèmes du roman.

Le récit pêche par un rapport assez plat de faits extraordinaires (on se demande parfois si Vargas Llosa ne s'est pas contenté par moments de recopier des extraits des carnets de Casement) que l'auteur essaie de compenser par une déconstruction de la chronologie plutôt lourde, parfois déconcertante. On est gêné aussi de ne pas savoir discerner l'historique de l'interprétation.

En gros, ravie d'avoir appris plein de choses, fait connaissance avec un homme singulier (mais sans savoir discerner le vrai de la fiction : et oui, une fois de plus il est écrit "roman") mais guère enthousiasmée  par le travail d'écriture de Monsieur Varas Llosa. Décidément, ce n'est pas ce livre-là qui a dû emporter la décision des Nobels.



mots-clés : #biographie
par topocl
le Sam 21 Jan - 9:31
 
Rechercher dans: Écrivains d'Amérique Centrale, du Sud et des Caraïbes
Sujet: Mario Vargas Llosa
Réponses: 32
Vues: 2025

NAKAJIMA Atsushi

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 1280px10
Portrait de Stevenson par Fanny Osbourne (sa femme), 1876

La mort de Tusitala

Mélange des genres et brouillage des pistes par l'auteur qui joue une petite partie en biographie documentée et l'essentiel en journal de Stevenson aux Samoa, partie documentée elle aussi. Stevenson à travers Nakajima Atsushi, ou l'inverse, partage avec nous son amour pour ces îles du bout du monde et leurs habitants.

Son implication dans les affaires des occidentaux qui se partagent et sa volonté d'aider ces gens pas vraiment à se libérer mais à gérer au mieux l'inévitable cohabitation implique un regard critique sur les affaires du monde d'alors que peut-être l'auteur (japonais) retrouvais dans le sien à l'aube des années 40.

Mais Stevenson c'est aussi l'écriture, comme métier et comme vocation ainsi qu'une réflexion sur la création entre le métier, l'inné et une quête de liberté dans l'imaginaire que cela plaise ou non aux critiques et soit conforme ou non aux modes littéraires du moment.

Immanquablement j'ai repensé au journal commun de RL Stevenson et F. Osbourne (publié chez Phoebus : Notre aventure aux Samoa) et c'est parfois à s'y méprendre. Et c'est de sentir cette vie avec l'île et les Samoans que j'ai aimé retrouver.

Par contre j'ai été moins séduit par la réflexion artistique, et morbide (mais le parallèle entre les conditions de malades des deux auteurs ne se discute pas), il y a des morceaux intéressants, et documentés, mais ça fait plus bricolé et puis la ligne directrice du narcissisme créatif s'épuise et je ne suis pas sûr que ce soit hyper original ce qu'on trouve dans ces passages.

En tout cas une lecture étonnamment homogène pour un si drôle d'objet qui l'air de rien pose des ponts temporels et culturels pas si évidents tout en réservant un sentiment de forte intimité.

Récup' de message sans scrupules.


mots-clés : #biographie #creationartistique #minoriteethnique
par animal
le Lun 9 Jan - 21:14
 
Rechercher dans: Écrivains d'Asie
Sujet: NAKAJIMA Atsushi
Réponses: 5
Vues: 762

Hans Magnus Enzensberger

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 410oma10

Le bref été de l'anarchie

Durruti : une légende ?

Spoiler:
Définitions : Récit à caractère merveilleux, où les faits historiques sont transformés par l'imagination populaire ou l'invention poétique.
 Représentation embellie de la vie, des exploits de quelqu'un et qui se conserve dans la mémoire
 Bruit, rumeur, nés d'une déformation et d'une amplification de faits réels par l'imagination.


Je le crois dans la mémoire de la Catalogne, de l’Espagne et plus encore  puisque de nos jours l’histoire de cet homme suscite encore l’envie de savoir, de le connaître.
Durruti est entré dans l’Histoire, celle d’un peuple, celle de la révolution et la guerre d’Espagne.

L'auteur : «"Cependant, l'ensemble de ces propos anonymes et contradictoires se confond et acquiert une qualité nouvelle : ces histoires deviennent l'Histoire. C'est ainsi que depuis la plus haute antiquité "Elle" nous a été transmise : sous forme de légendes, d'épopées, de romans collectifs."

Sa vie est assez  rocambolesque, bandit d’honneur
Spoiler:
Le terme bandit, familièrement, désigne une personne commettant des actions illégales. Associée au terme  honneur , son action prend une dimension politique plus évidente.

, aimé du peuple qui d’ailleurs l’a pleuré comme « Fils du Peuple » à sa mort.

Durruti c’est un ouvrier, un homme qui a toujours défendu les travailleurs, qui a su s’en faire comprendre et aimer. Un Anarchiste, membre du syndicat  de la CNT et du Parti anarchiste F.A.I. qui a participé dès les premiers jours à la révolution Espagnole et aux nombreuses grèves qui s’égrenèrent avant le mois de Juillet 36.

Ce mois, plus,  cet été où l’anarchie dressait les drapeaux, les barricades et les armes contre ceux qui exploitaient les travailleurs, les paysans, c’est-à-dire contre les propriétaires terriens, la bourgeoisie, l’ église et tout ce qui représentait la répression. Les anarchistes étaient habités d' une haine du capitalisme très vive.

Durruti a été souvent arrêté, emprisonné, obligé de s’exiler pour les idéaux qu'il défendait. De même ses proches amis Ascaso et Jover, surnommés d'ailleurs "les trois mousquetaires".
Durruti a cherché des fonds et du soutien auprès des anarchistes d’Argentine, de France pour la révolution et  ses méthodes n’étaient pas toujours très orthodoxes mais il a été honnête envers ses camarades, le peuple.

Après l’arrivée au pouvoir de la République, après leur participation à la victoire aux élections de  la Généralité de la Catalogne, ce qui constituait un dilemme quant aux idéaux qu’ils défendaient,  les anarchistes durent participer avec les autres partis.  Il devenait urgent de battre le général Franco, pour tous les anti-fascistes Espagnols.

Sans abandonner l’idée de continuer la révolution Durruti forma une colonne pour aller se battre sur le front de Saragosse., puis à Madrid où il trouva la mort. Comment ? cela reste aussi  un mystère.

Alors qu’ en 1918 80% de la classe ouvrière Catalane adhérait aux organisations anarchistes, après l’arrivée des Brigades Internationales majoritairement communistes, l’ envoi de matériel, armes par l’URSS, la main mise de l’URSS sur la guerre civile Espagnole le PCE devint majoritaire, les autres partis furent écrasés, interdits (FAI, POUM….) De fait la révolution fut étouffée, Staline n’en voulait pas, son objectif était de battre Hitler mais pas de sauver la révolution Espagnole.

Les anarchistes espagnols avaient choisi la ligne Bakounine depuis longtemps, plutôt que celle de Marx. L' une des racines de l'anarchisme s'était implantée lors de la venue en Espagne d'un certain Giuseppe Fanelli (Bakouniste) lequel avait su se faire comprendre du Peuple. L'exploitation des travailleurs, ouvriers et paysans avait consolidé l'idéal libertaire.


Ce récit est à de nombreuses voix et s’il en est une qui a su estimer au plus juste, a été la plus franche, la plus lucide c’est bien celle de Simone Weil.
Le choix de l’auteur de justement amener toutes ses voix en fait un récit très animé, attachant, instructif.



Quelques participants :
Le vicaire Jesus Arnal Pena, Diego Abad de Santillan, Ricardo Sanz, A. Souchy, César Lorenzo, Kaminski, A. Sanchez, Emma Goldman, Franz Borkenau, Louis Berthomieux, Ilya Ehrenbourg, MikhaÏl Kolcov, M. Hernandez


Extraits

Rien n’est changé effectivement, sauf une petite chose : le pouvoir est au peuple. Les hommes en bleu commandent. C’est à présent une de ces périodes extraordinaires qui jusqu’ ici n’ont pas duré, où ceux qui ont toujours obéi prennent les responsabilités. Cela ne va pas sans inconvénients, c’est sûr. Quand on donne à des gamins de dix-sept ans des fusils chargés au milieu d’une population désarmée…  « Simone Weil »

On a déjà eu en Europe une expérience de ce genre, payée de beaucoup de sang elle aussi. C’est l’expérience russe. Lénine, là-bas, avait publiquement revendiqué un Etat où il n’y aurait ni armée, ni police, ni bureaucratie distinctes de la population. Une fois au pouvoir, lui et les siens se sont mis, à travers une longue et douloureuse guerre civile, à construire la machine bureaucratique militaire et policière la plus lourde qui ait jamais pesé sur un malheureux peuple.   « Simone Weil »

Parlant de l’Espagne : Le mensonge organisé existe, lui aussi, depuis le 19 juillet. « S. Weil »

Je ne sentais plus aucune nécessité intérieure de participer à une guerre qui n’était plus, comme elle m’avait paru être au début, une guerre de paysans affamés contre les propriétaires terriens et un clergé complice des propriétaires, mais une guerre entre la Russie, l’Allemagne et l’Italie. « S. Weil »

Au prolétariat de l’URSS : Nous savons que pour la défense de notre révolution, nous pouvons compter sur vous, les travailleurs de l’URSS Mais on ne peut pas se fier aux politiciens, qu’ils s’instituent antifascistes ou démocrates. Nous ne croyons qu’à nos frères de classe. Seuls les travailleurs peuvent défendre la révolution espagnole, comme nous l’avons fait il y a vingt ans pour la révolution russe.
Vous pouvez nous croire. Nous sommes comme vous des travailleurs. Nous ne renierons en aucun cas nos principes et nous ne déshonorerons pas la faucille et le marteau, ces instruments de notre travail, symbole du prolétariat. Salut de tous ceux, qui, les armes à la main ,combattent contre le fascisme sur le front d’Aragon.  Votre camarade B. Durruti
Aux travailleurs russes : Le prolétariat international ne comprend pas pourquoi ces camarades (anarchistes) sont retenus prisonniers. Nous ne comprenons pas davantage pourquoi les renforts et les armes que la Russie envoie à l’Espagne sont devenus les instruments de négociations politiques à la suite desquelles le révolutionnaire espagnol sera obligé de renoncer à sa liberté d’action.
La révolution espagnole doit suivre d’autres voies que la révolution russe. Elle ne doit pas se développer sous le slogan d’ « un parti au pouvoir, tous les autres en prison ». […] Au peuple de choisir le régime qu’il désire !. Buenaventura Durruti


la LC ICI


mots-clés : #biographie #historique #insurrection
par Bédoulène
le Lun 9 Jan - 9:26
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langue allemande
Sujet: Hans Magnus Enzensberger
Réponses: 27
Vues: 1960

Antonio Muñoz Molina

Comme l'ombre qui s'en va

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Image318

Munoz Molina s'est immergé pendant des mois dans la biographie de James Earl Ray, l'assassin de Martin Luther King. A sa façon qu' il a d'écrire: au point de rêver qu'il est cet homme, de ne penser qu'à ça, de ne vivre que pour ça, voyager pour cela. Il en ressort un livre-promenade , plein de charme, de digressions, de surplace, de déambulations urbaines et intérieures.

On découvre une   biographie atypique de cet anti-héros,  décrit dans de perpétuels allers et retours temporels, avec une  accumulation de détails et  précisions "sans intérêt", minute après minute, qui finissent par dresser un portrait assez exhaustif de l'homme dans son intimité, portrait dont il faut accepter qu'il se refuse à répondre aux "pourquoi" au profit des "comment".

Ce portrait s’interpénètre avec tout un pan autobiographique, centré sur Lisbonne, ville que l'auteur et son personnage ont en commun. Lisbonne, James Earl Ray y a passé trois semaine à se cacher, alors que plus de trois mille agents du FBI avaient perdu sa piste, à harceler les ambassades dans l'espoir d' émigrer dans une ex-colonie portugaise, à traîner les rues, les bars, les bordels, à  lire compulsivement les journaux,  saoul et solitaire dans sa chambre d'hôtel. Le jeune Munoz Molina,  la parcoure en tous sens pendant 3 jours pour écrire son 2e roman, fuyant son ordinaire sans horizon, glanant les lieux, les situations, les personnages, les impulsions au fil des  places, venelles bars, peep show… construisant ainsi dans l'exaltation les bases du roman qui a fait de lui un écrivain. Il y est aussi retourné, plus tard, pour, au contraire,  ancrer son dernier roman dans le réel et écrire cette sublime déclaration d'amour à la vile qui a accueilli ses flâneries.

Mais c'est aussi le livre d'un écrivain mûr qui se retourne sur  la création littéraire. L'écriture d'un roman est "le métier le plus austère et le moins coûteux du monde : il suffit d'avoir un papier et un crayon." ironise-t-il. Le livre s'enrichit de la vie et la vie s'enrichit de la fiction. Munoz Molina se montre écrivain à l’œuvre, alternativement compulsif, besogneux ou jouissif ,  créateur  
généreux de cette étonnante biographie à deux têtes et un lieu.


mots-clés : #biographie #creationartistique
par topocl
le Dim 8 Jan - 21:48
 
Rechercher dans: Écrivains de la péninsule Ibérique
Sujet: Antonio Muñoz Molina
Réponses: 12
Vues: 1489

Zeina Abirached

je me souviens

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Index117

A la façon de Georges Perec, Zeina Abirached se souvient des faits de son enfance, anodins ou tragiques, qui ont laissé une trace dans sa mémoire. Cela  va de la forme des paquets de Kit-Kat,  au bruit des cassettes qu'on secoue, en passant par la fuite en bateau à Chypre et la collection d'éclats d'obus de son petit frère.
On retrouve le graphisme unique, les mêmes personnages, les parents,  les habitants de l'immeuble, et beaucoup d'autres seconds  rôles pittoresques… On retrouve même la tenture  du vestibule. On est peut-être plus sur le versant  nostalgique que sur celui de l'humour par rapport à Le jeu des hirondelles, mais il y a toujours ce regard personnel, cette tendresse, cette attention aux petites choses sur fond de drame. Et l'image au service de l'idée.

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Index515     Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Index226

(commentaire récupéré)


mots-clés : #bd #biographie #initiatique
par topocl
le Dim 8 Jan - 21:11
 
Rechercher dans: Bande dessinée et littérature illustrée
Sujet: Zeina Abirached
Réponses: 4
Vues: 778

Zeina Abirached

Mourir, partir, revenir - Le jeu des hirondelles.

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Index513


Zeina Abirached a écrit:    En avril dernier, sur le site de l’INA, qui venait de mettre ses archives en ligne, je suis tombée sur un reportage sur Beyrouth en 1984. Les journalistes interviewaient les habitants d’une rue située sur la ligne de démarcation. Bloquée à cause des bombardements dans l’entrée de son appartement – l’entrée était souvent la pièce la plus sûre car la moins exposée –, une femme au regard angoissé dit une phrase qui m’a donné la chair de poule. Cette femme, c’était ma grand-mère. J’étais à Paris et tout d’un coup, sur l’écran de mon ordinateur, ma grand-mère faisait irruption et m’offrait un bout de notre mémoire. Ça m’a bouleversée, je me suis dit que c’était peut-être le moment d’écrire enfin le récit qui me travaillait depuis un moment déjà.
   “Je pense, qu’on est quand même, peut-être, plus ou moins, en sécurité ici”
   C’est la phrase qu’a dit ma grand-mère en 1984.
   C’est une phrase qui s’interroge sur la notion d’espace et de territorialité.
   C’est une phrase qui résume la raison pour laquelle beaucoup d’habitants sont restés « chez eux » malgré le danger.
   C’est aussi la première phrase mon futur album.




C'est donc la petite fille Zeina Abirached, celle qui vivait à Beyrouth en 1984 avec son frère et sa famille, qui raconte.

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Index127

Les francs tireurs, les combats, les bombardements.
 
Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Jeu-hi10   Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Hirond10

En cas d'alerte, tout l'immeuble se retrouvait dans le vestibule de leur appartement, considéré comme le lieu le plus sûr, où trônait, depuis toujours, une tenture  représentant la fuite d'Egypte de Moïse et des Hébreux.

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Indx2110

Cette tenture est comme un fil rouge dans le récit, une sécurité qu'on retrouve en arrière plan de case en case, et qui ne manque pas de faire quelques clins d’œil au lecteur.

Tous les habitants de l'immeuble se regroupent peu à peu.

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Inde1010

Chacun a sa personnalité, son histoire, ses angoisses. Chacun apporte quelque chose: du whisky, une recette de cuisine, une histoire pour détendre, une caresse pour apaiser. il y a des silences, des bavardages, des digressions. Il y a l'angoisse commune sous jacente et l'effort de chacun pour donner un sens aux relations et aux instants.

Le graphisme parait au début un peu enfantin, et figé, il est au contraire au fil des pages inventif, malicieux et terriblement attachant.

(commentaire récupéré)



mots-clés : #bd #biographie #guerre
par topocl
le Dim 8 Jan - 21:09
 
Rechercher dans: Bande dessinée et littérature illustrée
Sujet: Zeina Abirached
Réponses: 4
Vues: 778

Vikram SETH

Ah, moi aussi j'avais beaucoup aimé Un garçon convenable!
Et Quatuor aussi.

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 51ozgc10

Deux vies
traduit de l'anglais ( Inde) par Dominique Vitalyos
Albin Michel

Vikram Seth est un garçon convenable...Convenable et même plus que cela aux yeux de sa famille, en tout cas, et c'est à sa famille qu'il rend hommage dans ce livre, qui relate donc l'histoire d'une amitié de plus de 20 ans, amitié transformée en mariage ,de raison sans doute, mais qui ,lui, a duré plus de 30 ans.

En fait, on pourrait même dire qu'il s'agit du récit de trois vies, car Vikhram Seth consacre nombre de pages à raconter pourquoi il s'est intéressé à cette branche de sa famille,son oncle Shanti et sa tante par alliance Henny. Et, ce faisant, comment en fait il est devenu écrivain.

Mais son souhait était de faire revivre par ses mots ces deux personnages dont le trajet ne fut pas si banal.Car Shanti était le dernier né d'une famille indienne, envoyé faire des études de dentisterie à Berlin en 1931. Ne parlant bien entendu pas un mot d'allemand...
"
Quand le train est arrivé à Charlottenburg, des gens sont descendus. J'ai demandé à un monsieur : " Bitte, Berlin?"Il a répondu:"Ja, ja".J'ai demandé:"Bitte, Charlottenburg?" et il a dit:"Ja, ja". Je ne comprenais pas comment un endroit pouvait être à la fois Charlottenburg et Berlin, j'ai pensé que j'avais à faire à un peuple de fous.....

"
Et c'est en cherchant une chambre meublée qu'il va faire la connaissance d'une famille allemande et juive, les Caro, dont la dernière fille ,Hennie, avait quand même demandé à sa mère de ne pas prendre le "noir" comme locataire...
Et voilà le destin - et le coeur du récit de Vikram Seth- lancés.

Ce n'est qu'en 1951 que Shanti et Hennie se marient. Entretemps, il a perdu son bras droit à Monte Cassino et a du ,pour survivre, apprendre à donner des soins dentaires avec son seul bras gauche.
Hennie a réussi à fuir en Angleterre en 39. Hélas, ni sa mère, ni sa soeur ,qui seront déportées. La mère meurt rapidement de maladie, sa soeur Lola est gazée.
Les chapitres les plus intéressants sur le plan historique sont d'ailleurs les récits ( d'après des lettres échangées entre Hennie et ses anciennes amies qui ont survécu parce que non juives) des réglements de comptes après guerre entre compatriotes allemands, résistants ou pseudo-résistants ou ayant franchement collaboré au régime nazi.

C'est un livre que je déconseillerais à ceux qui n'ont pas le goût des chroniques familiales, des livres de souvenirs ( avec documents joints, et photos). Moi, j'ai beaucoup aimé cette histoire d'une part, et d'autre part les tergiversations de l'auteur au fil des pages, qui sembleront sans doute ennuyeuses à certains ,sur le pourquoi- comment-quand- etc la raconter.

récup


mots-clés : #biographie #immigration
par Marie
le Sam 7 Jan - 2:35
 
Rechercher dans: Écrivains d'Asie
Sujet: Vikram SETH
Réponses: 5
Vues: 933

Nicolas Bouvier

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 511b0d10

Nicolas Bouvier, l'oeil qui écrit
François Laut
Editions Payot


François Laut , ami de Nicolas Bouvier , a réuni des témoignages et surtout des correspondances pour écrire cette biographie de Nicolas Bouvier. Notamment les correspondances avec son ami d’enfance, son presque double Thierry Vernet.
Biographie assez complète, qui insiste sur les difficultés et les zones d’ombres et de souffrances . Liées à la difficulté de l’écriture, le plus souvent pour retranscrire le vécu .Il faut  
se transformer en reflet, en écho, en courant d’air, faire un avec les choses de façon à pouvoir ensuite parler en leur nom..


Je ne suis pas véritablement écrivain, ma vraie spécialité, c’est le voyage.. Etre l’œil ou l’esprit qui se promène, observe, compare et ensuite relate, une sorte de témoin.


François Laut note l’importance de la mémoire dans l’écriture de Nicolas Bouvier: les choses n’arrivant qu’une fois, ces petits moments d’harmonie totale entre une lumière, l’écho d’une voix, les couleurs, un goût dans la bouche, l’heure du jour, tout cela perçu souvent dans l’épuisement, et c’est cela qu’il faut faire revivre au lecteur par le poème ou le récit. Quelle difficulté..mais il l’a fait jusqu’au bout, jusqu’à sa mort le 17 février 1998.

La vie est affaire de sang pulsé , il faut vivre une vie émue dont on puisse tirer quelque chose et le transmettre; écrire et ne pas être ménager de sa vie.


Et aussi dans une lettre à sa mère en 1955:  
C’est un bonheur difficile, un risque constant, un long chemin. Il faut passer des cris de solitude aux cris de communion. Mais c’est une vie qui en vaut bien la peine.


Un texte qui donne envie de lire et relire Nicolas Bouvier .




mots-clés : #biographie
par Marie
le Sam 7 Jan - 2:26
 
Rechercher dans: Nature et voyages
Sujet: Nicolas Bouvier
Réponses: 67
Vues: 6954

Anne Marie Schwarzenbach

Je ne sais pas s'il faut mettre cette biographie ici?

Anne Marie Schwarzenbach ou le mal d'Europe
Dominique Laure Miermont

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Annema11

J'ai découvert Annemarie Schwarzenbach en lisant La voie cruelle d'Ella Maillart (sacré personnage aussi, mais beaucoup plus solide) , le récit du voyage qu'elles ont fait toutes deux en Afghanistan en 1939. C'était un voyage: « essai de sauvetage», Annemarie s'était engagée à ne pas se droguer, et Ella Maillart y croyait..» Je l'ai retrouvée en lisant Klaus Mann.

Dominique Laure Miermont est la traductrice attitrée de Annemarie Schwarzenbach pour Payot. Elle a utilisé pour cet ouvrage un important fonds comprenant de nombreux inédits déposés aux Archives littéraires suisses à Berne.Hélas, presque toute sa correspondance, très abondante, a été détruite par sa mère après sa mort. C'est une biographie passionnante d'un personnage qui l'est aussi. En elle-même, mais aussi par ce qu'elle représente inscrite dans son époque.

Comme l'écrit Klaus Mann dans Le Tournant:

«Toute vie humaine est à la fois unique et représentative; dans chaque destin individuel, dans chaque drame personnel se reflète et se module le drame d'une génération , d'une classe, d'un peuple et d'une époque.»


En ce qui concerne la biographie elle-même, elle est très complète , et, effectivement, y insérer certains extraits de textes écrits par Annemarie Schwarzenbach permet d'encore mieux la découvrir, et donne envie de la lire. Le personnage lui même.. c'est le propre d'une biographie de raconter et de ne pas expliquer, ni interpréter. . J'ai complété par la vision d'un documentaire qui m'a semblé apporter quelques éléments supplémentaires. On la décrit comme étant en rupture avec les images dominantes de l'identité suisse de l'époque, rebelle très engagée contre l'inertie des autorités suisses .
Oui, bien sûr... Elle est en tout cas d'une lucidité extrême et d'une intelligence remarquable. Douée pour tout, magnifique, et on se dit pourquoi ce gâchis, car sa vie est un gâchis intégral.

Sans doute parce que tous ces talents ne sont pas suffisants pour résister à l'emprise de la tradition familiale. Et qu'elle n'arrivera jamais à se situer, continuellement en recherche de ce qui lui manque quelque part, toujours en demande, et des demandes tellement fortes que personne ne peut y répondre:

«Il faudrait choisir ses ennemis comme ses buts, en fonction des forces dont on dispose.»


Et oui, et quelle force mentale il faut pour résister , se couper complètement de son identité première. Elle ne l'avait pas visiblement et était elle-même son propre drame. Elle a été en tout cas très mal traitée par sa famille (vers laquelle elle se retournait en permanence.. là était son problème comme lui avait longuement expliqué Ella Maillart dans le courrier échangé) et il y a dans cette biographie une lettre de son frère qui fait frémir. Calculant le prix à payer , prix demandé par une institution psychiatrique américaine pour lui permettre d'éventuellement rebondir , et concluant qu'Annemarie ne valait pas ce prix... Quant au titre, Le Mal d'Europe? Il vient d'une lettre de Catherine Pozzi adressée à son fils , Claude Bourlet, amoureux d'Annemarie:

«On a auprès d'elle un sentiment d'instabilité curieux. Elle vous donne le mal d'Europe.»





mots-clés : #biographie
par Marie
le Lun 2 Jan - 4:18
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langue allemande
Sujet: Anne Marie Schwarzenbach
Réponses: 6
Vues: 943

Delphine de Vigan

Rien ne s’oppose à la nuit

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Image212

J'ai été particulièrement touchée par l'attention que Delphine de Vigan a portée à colliger tous les témoignages oraux et écrits, à confronter ceux-ci, à chercher résolument la vérité quand elle existe. De nombreuses interprétations sont ouvertes quant aux comportements de l'un ou de l'autre, c'est loin des idées toutes faites et des avis péremptoires. Pas de jugement, pas de valeur morales. Rapporter pour mieux comprendre, et accepter de ne pas comprendre.

 
Incapable de m'affranchir tout à fait du réel, je produis une fiction involontaire, je cherche l’angle qui me permettra de m'approcher encore, plus près, toujours plus près, je cherche un espace qui ne serait ni la vérité ni la fable, mais les deux à la fois


En cela ce livre se différencie de Le chagrin de Lionel Duroy, auquel on ne peut s'empêcher de penser pendant toute la lecture de ces pages, mais aussi dans le sens que Duroy écrit dans la haine, alors que Rien ne s'oppose à la nuit est un témoignage d'amour à sa famille et à sa mère, amour douloureux certes, mais sincère et indéfectible.

L'écriture de Delphine de Vigan traduit parfaitement la joie des temps heureux, la confusion des moments où la folie prend le dessus, l'incertitude fragile des recherches personnelles.

Le livre m’a aussi fait penser à La femme de l'allemand de Marie Sizun, qui, cette fois-ci sous une forme romancée, décrit une petite fille face à la psychose maniaco-dépressive de sa mère, dans un amour transi, trahi et terrifié.

(commentaire récupéré)



mots-clés : #biographie #famille
par topocl
le Ven 23 Déc - 16:17
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Delphine de Vigan
Réponses: 30
Vues: 1479

Christian Bobin

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 41zjee10

La dame blanche


2007

CONTENU :
Description du livre, en anglais a écrit:Jusqu'à aujourd'hui Emily Dickinson demeure une figure aimée et énigmatique de la poèsie américaine. Cette « Dame blanche » s'est isolée du monde et s'est entièrement dévouée à la parole. Elle était depuis sa mort prioritairement regardée sous l'aspect de sa poèsie qui lui confèrait de la beauté et de l'espérance dans l'agonie et la solitude de sa vie.

L'auteur de ce livre honore dans ce livre la poètesse dans un récit bref et poètique de sa vie et de son œuvre. C'est une interprétation fraîche et personnelle de cette vie, et on en sort avec l'impression de connaître Dickinson un peu mieux et de par sa poèsie évoquée par Bobin qu'aussi sa vie dont on ne connaît que des faits rares.



REMARQUES :
Cette « Dame blanche », c'est bien la poètesse américaine Emily Dickinson qui à partir de la mort de son père ne mettait plus que des robes blanches:

José Corti a écrit:Emily Dickinson est née à Amherst/Massachusetts en 1830, et elle mourra en 1886. Elle est considérée aujourd’hui comme l’un des plus grands poètes américains. Elle n’eut pas droit à la reconnaissance littéraire de son vivant. Presque absente de la scène littéraire, elle fut également peu présente dans le théâtre de la vie. Son champ d’expérience fut limité, puisqu’elle ne s’éloigna d’Amherst que pour passer une année au collège de Mount Holyoke à South Hadley ou lors de rares séjours, à Washington ou à Boston.

Il semble donc qu’elle n’ait guère quitté le cercle de cette petite communauté puritaine de Nouvelle-Angleterre, ni franchi le seuil de la maison familiale où elle disait tant se plaire – entre son père juriste et homme politique, admiré et craint, et sa mère plus effacée ; entre sa sœur Lavinia, qui ne partit jamais non plus et son frère Austin, installé dans la maison voisine avec sa femme Susan, amie de cœur de la poétesse. Le choix d’un certain retrait du monde livre un signe essentiel: la mise à distance, l’ironie.

Mais, à certains égards, ce retrait fut peut-être moins absolu qu’il n’y paraît : tout en se dérobant au monde, au mariage, elle adressa des lettres passionnées à divers correspondants masculins. La fin de sa vie fut marquée par des deuils répétés (son père en 1874, sa mère en 1882, son neveu Gilbert, mort à l’âge de huit ans en 1883, le juge Otis P. Lord (qu'elle devait épouser) en 1884). Secrète et expansive, grave et moqueuse, discrète mais audacieusement libre, sa personnalité est aussi complexe que l’espace réel de son expérience fut restreint.

Elle est enterrée dans un cercueil blanc dans le carré familial à l’ouest du Cimetière sur Triangle Street. Au cours de la cérémonie funéraire, Higginson lit « No Coward Soul Is Mine » (Mon âme n’est pas lâche), le poème d’Emily Brontë que préférait Emily Dickinson.


wikipedia.fr - Dickinson a écrit:Bien qu’ayant été un auteur prolifique, moins d’une douzaine de ses presque mille huit cents poèmes ont été publiés de son vivant. Ceux qui furent publiés alors étaient généralement modifiés par les éditeurs afin de se conformer aux règles poétiques de l’époque. Les poèmes de Dickinson sont uniques pour leur époque : ils sont constitués de vers très courts, n’ont pas de titres et utilisent fréquemment des rimes imparfaites et des majuscules et une ponctuation non conventionnelle[1]. Un grand nombre de ses poèmes traitent de la mort et de l’immortalité, des sujets récurrents dans sa correspondance avec ses amis.


Dans cet article on trouvera aussi encore d'autres informations...


Christian Bobin commence ces petites méditations (c'est plutôt cela qu'une pure et dure biographie classique) avec quelques pages autour de la mort. On comprendra que celle-ci avait joué un grand rôle dans la vie et dans l'oeuvre d'Emily, et se trouve probablement à juste titre évoquée ici au début : la perte de proches, mais aussi son dialogue intérieure avec la mort…

C'est après cette introduction que l'auteur reprend plus ou moins un fil chronologique, à partir de l'enfance, via ses relations avec ses parents, son choix progressif de se retirer, des liens de correspondace avec des amis et : sa mort.

Bobin choisit des petites unités, des petits paragraphes, tableaux, et utilise lui-même un langage poètique. Partiellement un peu fleuri, ce qui pourrait éventuellement ne pas plaire à tout le monde. Néanmoins : n'est-il pas comme poète et écrivain, mais aussi comme homme qui a choisi un certain éloignement, qui a lui-même connu la mort de la bien-aimée, très bien placé pour parler bien de la vie et de l'oeuvre de Dickinson ? Les deux se retrouvent probablement aussi dans une grande affinité vers le monde spirituel, voir de foi – aspect non négligeable et toujours retrouvable et chez Dickinson et chez Bobin.


Que vers un coeur brisé

Nul autre ne se dirige

Sans le haut privilège

D'avoir lui-même aussi souffert


(Emily Dickinson)


Christian Bobin a écrit:Sa mère recommande à Emily de ne pas aller seule dans les bois environnants : les serpents l'y piqueraient, les fleurs l'empoisonneraient et un sorcier l'enlèverait. L'enfant que ces dangers émerveillent s'échappe, bat la campagne, revient, dit n'avoir vu "que des anges" encore plus intimidés qu'elle par cette rencontre.

Parfois quelqu'un surgit qui nous sauve de notre personnage, que nous avions fini par confondre avec notre personne.

Cela donne envie à plus : des deux auteurs !?



mots-clés : #biographie #poésie
par tom léo
le Ven 23 Déc - 7:45
 
Rechercher dans: Écrivains européens francophones
Sujet: Christian Bobin
Réponses: 15
Vues: 992

Antonio Lobo Antunes

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 51hfg210


Conversations avec Antonio Lobo Antunes:  Maria Luisa Blanco
traduit de l'espagnol par Michelle Giudicelli ( Editions Christian Bourgois)

A la fin, Maria Luisa Blanco retranscrit un entretien avec les parents de l'écrivain..Le père, qui ne lit plus les romans de son fils :

"Je n'en ai pas la patience, dit-il. Anatole France disait de Proust que la vie est courte et Proust beaucoup trop long." Il rit, puis ajoute : "La vie est beaucoup trop courte pour lire Antonio."


Des parents qui n'ont rien de tendre ( il dit que sa mère ne l'a jamais embrassé...)et chez lesquels l'excellence était de règle.
Les parents ne comprennent pas la tristesse d'Antonio Lobo Antunes, qui, pour eux, a eu une enfance heureuse...Ce n'est pas ce que j'ai cru en comprendre, à le lire!
Et puis, il y a eu la guerre en Angola, qui l'a profondément marqué, et dont il dit ne pas pouvoir encore maintenant vraiment parler.
Et puis, récemment, la mort de son ex-femme dont il ne s'est jamais vraiment séparé...
Il parle dans ce livre de ses goûts littéraires, de sa passion pour la poésie, de ses difficultés d'écriture...et de sa vie quotidienne, le matin écrivant à l'hôpital où , psychiatre, il voit encore quelques anciens malades, l'après midi écrivant chez ses filles..
Et de sa sensation un peu ambivalente d'avoir d'une part la conscience d'écrire d'une façon différente de tous, et d'autre part ,devant le succès qu'il rencontre, et les honneurs qu'il reçoit, d'être quelque part un usurpateur.
Pour moi qui aime entendre les gens- quels qu'ils soient- parler d'eux- ce livre ( peut être un peu répétitif de temps en temps, mais c'est dû à la retranscription exacte des propos d'Antonio Lobo Antunes), ce livre a été un bonheur! J'y ai découvert un personnage complexe, sincère, hésitant, culpabilisant. Solitaire ( tous ses amis sont morts..) et ne vivant que dans les livres.


mots-clés : #biographie
par Marie
le Ven 23 Déc - 2:39
 
Rechercher dans: Écrivains de la péninsule Ibérique
Sujet: Antonio Lobo Antunes
Réponses: 23
Vues: 1963

David Lodge

L'auteur ! L'auteur !

Tag biographie sur Des Choses à lire - Page 5 Image170


Ce livre est le second que je lis de David Lodge (après avoir lu il y a quelques semaines La vie en sourdine). J'en tire la même impression d'un livre extrêmement agréable à lire, vivant, bien écrit, avec de grandes finesses psychologiques, et qui sans en avoir l'air ne manque pas de proposer des voies de réflexion.

Il s'agit d'une présentation romanesque de la vie d'Henri James, auteur anglo-américain devenu un classique, dont je n'ai jamais eu l'occasion de lire aucun livre. J'ai pourtant notion qu'il s'agit d'un auteur assez classique, constituant une réelle référence dans la littérature anglophone. Lodge nous présente cet auteur, qui acquit à l'époque une certaine réputation dans le petit monde des écrivains londoniens, voire européens, mais n'a jamais connu de son vivant de réels succès publics. Il nous montre très astucieusement un homme convaincu de sa valeur, se vouant à la littérature, n'hésitant pas à s'imposer le célibat pour mieux remplir sa mission (ou cache-t-il derrière ces hautes aspirations une incapacité réelle à affronter l'amour ?). Et derrière cette image d'homme respectable, pas vraiment drôle, ambitieux, pointent, sans critique fondamentale mais avec un certain humour, des traits de caractère moins reluisant : une jalousie fondamentale, une petitesse qui l'amène à des compromissions, des mesquineries, des choses beaucoup moins élégantes que ce que l'on attendrait d'un grand auteur. C'est tout l'art de Lodge de bien montrer l'ambivalence de la personnalité d'Henri James, sans en faire pour autant un personnage antipathique, mais plutôt un homme de chair et de sang, avec ses faiblesses.

On trouve aussi à travers la destinée de cet homme, le succès qu’il ne trouve jamais, la honte qu'il ressent devant ses échecs, l'envie face aux réussites des autres, y compris ses amis les plus chers, une réflexion sur l'art, la réussite, la célébrité, la reconnaissance par le public, la vanité…

C'est aussi l'occasion de croiser des figures de la littérature comme Oscar Wilde, Maupassant, Du Maurier (l'auteur du célébrissime Trilby qui enchanta ma grand-mère…), Agatha Christie quand elle avait 5 ans… Tout un monde du passé qu'on voit évoluer avec un plaisir extrême.

Une agréable lecture, une époque et des mœurs à découvrir, un auteur qui confirme un brio intelligent et charmeur.

(Commentaire récupéré)


mots-clés : #biographie #psychologique
par topocl
le Mar 20 Déc - 13:52
 
Rechercher dans: Écrivains européens de langues anglaise et gaéliques
Sujet: David Lodge
Réponses: 14
Vues: 1536

Revenir en haut

Page 5 sur 6 Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

Sauter vers: