Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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90 résultats trouvés pour contemythe

Kazuo Ishiguro

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Le géant enfoui


Original : The buried giant (Englisch/UK, 2015)

CONTENU :
Les Romains sont disparus depuis longtemps et la Britannie décline. Au moins les guerres entre Britanniques et Saxons semblent avoir céssé. Ce nouveau roman d'Ishiguro se situe en proximité du Roi Arthur décédé, dans un monde de chevaliers errants, de dragons et d'ogres. Deux Britanniques, Axl et Beatrice, se décident à partir en quête de leur fils. Un brouillard étrange d'oubli est sur le pays et leur recherche cible aussi bien leur fils que la reconquête des souvenirs. Vers où est-ce que cela les menera ?

REMARQUES :
Le lecteur des œuvres d'Ishiguro est surpris (ou justement pas) : à nouveau le Britannique d'origine japonais change complètement le registre. Après des romans historique, absurde, aestetique, detective ou dystopique, il change ici le cadre et le genre, apparemment. A travers certaines personnes et le cadre choisi, on peut se croire dans un prolongement des legendes autour du Roi Arthur, voir même une sorte de roman Fantasy avec des chevaliers, des guerriers, des ogres, des dragons… Au même moment nous reconnaissons des élements du style de l'auteur, certains sujets : cette écriture flottante et la place de la mémoire, des souvenirs.

Dans un paysage pauvre Axl et Béatrice, un couple déjà en âge avancée, sont à la maison dans un campement souterrain briton. Derrière leur comportements d'attention, leur affection sensible nous sommes aussi rapidemment amené à constater que quelque chose d'innommables se met entre les gens : un nuage, un brouillard d'oubli, quelque chose d'incertain concernant son propre passé et celui de son peuple même. Juste des morceaux de souvenirs atteignent ces gens, comme si leur propre identité leur reste caché. Alors dès les premiers pages nous sommes devant des questions du lien entre souvenir et identité ! Mais avant que ne disparaît le tout dans l'oubli complet, le couple vieillissant veut se mettre en route et en recherche de leur fils « perdu ». Et au même moment en quête de leurs propres souvenirs. Mais l'oubli – est-ce que c'est une maladie, un sort jetée ? Ou éventuellement une punition de Dieu, signe de sa lassitude ? Ou un coussin sur lequel se reposer ? Y-t-il une responsabilité de se souvenir ou un droit à l'oubli ?

Sur leur chemin ils rencontrent des personnes diverses, chacun avec sa part de souvenirs, voir même sa tâche là-dedans. Il y a surtout Wistand, le guerrier saxon, parti pour tuer Querig, le dragon. Celui-ci, de son coté, semble lié avec ce nuage d'oubli sur le pays ! Aussi y-t-il Gawain, un chevalier d'Arthur, investi lui-aussi d'une tâche autour du dragon.

Mais je vais pas continuer concernant le contenu du roman. Qui, en entendant certains mots clés, s'attend à un roman de Fantasy ou de combats acharnés sera certainement déçu, car les descriptions de scènes d'actions me semblent un peu lourdes, sans vie, voir sans grand intérêt. Mais il me semble clair que pour Ishiguro l'attention centrale n'est pas là, mais que l'importance est dans les sujets tels que le souvenir et l'oubli de fautes, du passé, aussi bien sur un plan personnel (histoire d'amour entre le couple) que intertribal, entre éthnies différents, ici donc les Saxons et les Britons.

Ici Ishiguro met dans un contexte mythique, mi-historique, mi-parabolique, des sujets importants qui devraient nous interpeller aussi aujourd'hui, et dans ces siècles entamés de génocides et de responsabilités niées et repoussées. Est-ce que notre époque (et peut-être toute l'histoire personnelle et suprapersonnelle?) ne reste pas marquer par l'oubli sur différents niveaux ? Y-t-il une responsabilité de souvenir ? Ou aussi une néccessité d'oubli face aux grandes torts subis ? Est-ce qu'il peut y avoir identité sans souvenir, sans passé avoué ?...

En ce qui me concerne j'étais à nouveau fasciné par la capacité d'Ishiguro de poser des questions essentielles dans une écriture apparemment simple, voir une peu flottante. Celui qui cherche la confrontations avec de telles questions aura de quoi manger ici !

Mais de toute façon je suis peut-être un inconditionnel de cet auteur que j'estime énormement ?


mots-clés : #contemythe #historique
par tom léo
le Jeu 9 Mar 2017 - 18:17
 
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Sujet: Kazuo Ishiguro
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Yveline Feray

Contes d'une grand-mère chinoise

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Les six histoires de ce recueil appartiennent aux chefs-d'oeuvre de la littérature chinoise en langue " vulgaire ". En marge du patrimoine classique, se développa un art de conter qui connut dès l'époque Song une vogue extraordinaire, grâce aux talents des conteurs professionnels qui, forts de leur " langue de trois pouces ", n'avaient pas leur pareil pour ravir et captiver leur auditoire.


Héritage intellectuel en langue vulgaire, ces 6 récits remis au goût du jour évoquent le patrimoine des lettrés possédant un art de conter très sophistiqué et très subtil. Alliant folklore et traditions chinoises, c’est avec plaisir que nous épousons les coutumes singulières de cette Asie très colorée aux mythes féeriques.
Choisis parmi tout un panel de contes, feray pourrait rivaliser avec cet auteur merveilleux qu’est Lafcadio Hearn « Fantômes du Japon ». Certes, le folklore diffère, pour autant, nous retrouvons ces mondes captivants et enchanteurs qui ne sont pas si éloignés, même si j’avoue ma préférence pour Lafcadio.
Mélange de sagesse et de spectres très présents dans cette culture ; nous nous plongeons dans cet univers fascinant et onirique, loin de nos coutumes qui paraissent bien ternes.
Chaque récit est une cérémonie élogieuse entrelaçant les mondes imaginaires et les légendes qui font la Chine.

Un coup de cœur affirmé pour cette histoire populaire « Le fou des fleurs ».
_________________


mots-clés : #contemythe
par Ouliposuccion
le Ven 24 Fév 2017 - 3:38
 
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Jean de Tinan

Érythrée : les amphores de Phéidas, contes

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J'ai lu l'édition de 1896 fort plus agréable que la réédition qui fut imprimée plus tard. Pour ce faire, il fallut commander une impression auprès de la BNF car il est très difficile de retrouver des exemplaires de ce récit.
Selon une amie, doctorante sur cet auteur la différence de qualité entre l'édition originale et la réédition est telle que cela en vaut la peine.
Il est très délicat de décrire l'histoire de ces contes, qui n'en sont finalement que peu tant la structure peut paraître anarchique.
Il s'agit de Pheidas, dit Pheidas le fou, qui conte à l'un de ses invités homosexuels une histoire d'amour avec une ancienne reine et dirigeante d'armée en pleine conquête.
L'histoire est composée de sept "chapitres" ou "contes" pour le coup, représentant les sept amphores. Chaque conte est un bijou de suggestions sans vulgarité, d'éloge du corps féminin et des passions humaines.
Nous sommes littéralement transportés par les allégories qui constituent le récit et complétement séduit par le style riche mais jamais pédant de Jean de Tinan.
Je vous laisse découvrir par vous-même, c'est court, cela se lit vite grâce au langage particulièrement agréable de l'auteur mais l'on en ressort extatique.

Cet illustre inconnu, ami de Pierre Louys mérite d'être mis en avant.


mots-clés : #contemythe
par Hanta
le Sam 18 Fév 2017 - 18:31
 
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Richard Adams

Watership Down.

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C'est une histoire que Richard Adams a inventée puis enrichie au fil des jours pour ses filles, et que celles-ci l'ont poussé à publier. Comme dans toute histoire de ce genre, le manuscrit a été refusé par un certain nombre d'éditeurs avant de connaître un succès international avec plus d'un million d'exemplaires vendus. Cela  a permis à Richard Adams de quitter son poste de ministre de l'environnement et de se consacrer à l'écriture.

Un groupe de lapins abandonne sa colonie, menacée par des promoteurs immobiliers. S'ensuit une longue déambulation à la recherche d'un nouvel emplacement pour  loger sa garenne, avec tout ce qu'il faut de péripéties :  poursuite par les anciens, intempéries, territoires hostiles, prédateurs animaux ou humains… Ils finissent par s'installer à Watership Down, lieu idéal, où ils réalisent enfin que, entre mâles, ils ne vont pas aller bien loin… Il décident de se tourner vers une garenne voisine, qui s'avère un effroyable régime totalitaire. Et c'est reparti : espionnage, infiltration, ruses, combats…

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On s'attache très vite aux "personnages" , qui comme il se doit dans ce genre littéraire, sont assez archétypaux :Hazel le chef bon et courageux, son frère Fyzeer vaguement devin dont les prédictions vont mener la trompe, Bigwig le rageux combatif, Pipkin le gentil timide etc... On apprend plein de choses sur les lapins car, s'ils sont doués de la parole,  il s'agit bien de vrais lapins et non pas comme  dans Beatrix Potter d'images de l'homme passant le balai et portant culotte.  C'est tout à fait moral : la   solidarité, l'amitié, la persévérance, l'honnêteté finissent par l'emporter.

Cela se lit avec d'autant plus de sérénité qu'on sait très bien que tout finira bien. Dans le genre littérature convenant aussi bien aux adultes qu'aux enfants,ce récit ne vaut ni  Le seigneur des anneaux, ni l’Iliade et l'Odyssée, dont il n'a pas les mêmes prétentions littéraires, malgré de belles descriptions de nature sauvage anglaise. L'aspect épopée animalière l'emporte nettement sur le fable politique. Mais c'est tout à fait drôle et choupi, sympathique et agréable à lire.

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mots-clés : #contemythe #nature
par topocl
le Ven 17 Fév 2017 - 5:13
 
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Sujet: Richard Adams
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Tristan Pichard

Contes traditionnels de Bretagne et Contes traditionnels de la mer,

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Des contes qui se lisent rapidement, je n'en connaissais aucun même si on retrouve les thèmes et mythes communs aux contes, surtout ceux sur la matière de Bretagne, (la ville d'Ys, le diable, l'argent, les trésors, l'amour).
J'ai vraiment beaucoup aimé ses contes, et pour cause, ils sont oraux !! Tristan nous parle, nous interpelle, on sort du conte traditionnel mis par écrit "il était une fois".

A présent que je vous ai entretenu de ce qu'il convient de savoir sur ces créatures, je vais vous conter comment j'ai vu, de mes propres yeux, plusieurs d'entre elles.


C'est frais, à "la bonne franquette" si jpeux me permettre. On peut les lire tel quel le soir au coin du feu si on ne possède pas une âme de conteur, et je trouve ça vraiment bien pensé. Une bonne surprise, j'ai bien fait de piquer ces deux petits livres à ma mère !

Voui Nadine, il a une bonne bouille !

mots-clés : #contemythe
par Silveradow
le Dim 12 Fév 2017 - 11:13
 
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Sujet: Tristan Pichard
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Tchinguiz AITMATOV

Il fut un blanc navire

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À la limite du monde habité, dans les hautes montagnes de Kirghizie, un petit garçon vit seul parmi une poignée d'adultes où le seul être qui l'aime et le protège est son grand-père que nul ne respecte en dépit de son étrange sagesse. Le monde des grandes personnes demeure difficile, irrationnel et injuste. Contre lui, l'enfant se construit deux refuges en forme de légendes : l'une est un antique conte kirghiz, l'autre, entièrement de son cru, est l’histoire d’un blanc navire qu’il voit, du haut de sa montagne, traverser un lac lointain et sur lequel, un jour, il retrouvera son père…

Dans les montagnes du Kirghizstan, près du  lac Issyk-Koul,  la brume des montagnes s’efface sous la plume de Tchinguiz Aitmatov afin que le tableau qu’il nous dessine avec passion de cette vallée prenne toutes ses couleurs, ses formes multiples.
C’est au cœur de son œuvre  que nous prenons bord, au-delà de sa narration, et que nous plongeons  dans cette région splendide,  restée intacte. Aitmatov ne pouvait soupçonner à l’époque que ses descriptions  seraient les plus proches de ce qu’est le Kirghizstan encore aujourd’hui.
C’est en passionnée de cette région que mon regard s’est posé sur le plus bel hommage que cet auteur Kirghiz, amoureux de son pays, nous livre et c’est bien dans le cœur de sa nation qu’il continue de briller tel un héros faisant connaitre aux yeux du monde la beauté de ses contrées et de sa culture qui demeure identique.
Quel merveilleux récit que ces rêves d’enfant  qui finalement  se retrouvent dans le regard de chaque descendant de celui-ci, croisé dans les hauteurs là où la vie toujours reflète en tout point cette différence radicale  entre citadins et nomades. Bichkek la fanfaronne et  la campagne chaleureuse, celle où le temps  semble s’être arrêté en dehors du monde moderne.
Un conte sublime, comme il en existe beaucoup en Asie Centrale, qui rivalise avec le chien jaune de Mongolie, qui s’écoute au coin d’un feu, près d’un samovar bouillant au cœur d’une yourte .Des fragments de rêves, de vie, de fracture sociale , de culture ancestrale  et c’est tout le Kirghizstan qui claironne.

mots-clés : #contemythe
par Ouliposuccion
le Jeu 2 Fév 2017 - 3:55
 
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Sujet: Tchinguiz AITMATOV
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Lafcadio Hearn

Fantômes du Japon

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La cinquantaine d'histoires recueillies par Lafcadio Hearn (1850-1904) d'après le folklore japonais révèlent un éventail thématique très ouvert, allant du conte de fées aux histoires d'ogres et de vampires... Mais l'imaginaire japonais ne force pas seulement les portes de la mort, il entrouvre aussi celles de la réincarnation, thème ignoré du folklore occidental, où s'affirme la coloration religieuse qui caractérise le fantastique japonais. Des réincarnations à l'apparence de métamorphoses qui laissent à leurs victimes un espoir immense, à échelle de l'infini dans lequel elles se perdent. Un sentiment de tragique inséparable de l'espoir, telle est la morale que Lafcadio Hearn invite le lecteur à tirer. Comme il l'avait tirée lui-même en trouvant au Japon l'apaisement.


Quelle grâce que ces lignes, quel onirisme autour de ces fables et du folklore japonais. Les fantômes et mythes font  partis d’un paysage, ils sont le tronc qui soutient les feuillages de vie, de croyances, la floraison  légendaire, les germes de l’imaginaire. Le crépuscule de chaque vie ne mène qu’à l’aube de la prochaine, qui ou quoi que nous soyons, le cœur de toute chose a une âme. Une philosophie  honorable, bien loin de nos contes  qui nous délivrent un espoir d’éternité, bien loin de la chambre noire de notre propre interprétation de la mort.

La délicatesse des personnages, leur richesse, leur bonté forcent à la révérence, les mauvais esprits, souvent aux visages féminins d’une pureté époustouflante nous transportent sur le bord de la route, nous promettent  le fabuleux, nous invoquent cette ouverture d’esprit sur cette autre culture.  
Un formidable échantillon d’histoires, au nombre de 50,  qui nous fait voyager au cœur du Japon et de ses traditions.


mots-clés : #contemythe #genocide #mort
par Ouliposuccion
le Mar 31 Jan 2017 - 18:46
 
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Sujet: Lafcadio Hearn
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Amos Oz

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Soudain dans la forêt profonde

Emmanuela l'institutrice leur parla de l'ours, de la respiration des poissons et du cri de la hyène la nuit. Elle accrocha aussi des photos d'animaux et d'oiseaux aux murs de la classe. La plupart des enfants se moquèrent d'elle parce qu'ils n'en avaient jamais vu de leur vie. Ils ne croyaient pas vraiment à l'existence d'autres créatures vivantes. En tout cas, il n'y en avait pas dans les parages. Et comme, en plus, la maîtresse n'avait pas réussi à se trouver un mari, on pensait qu'elle avait une araignée au plafond et des idées farfelues plein la tête, comme tous les solitaires.

Pourtant Nimi y croit, et parle de ses rêves d'animaux aux autres élèves. Mais peut-ont croire quelqu'un toujours dans la lune, perpétuellement enrhumé et avec les dents du bonheur, en plus ? Un jour il part dans la forêt, ce que tous les parents interdisent à leurs enfants car c'est, avec la nuit, une des choses les plus dangereuses, où rôde le sorcier de la montagne. Il revient plusieurs jours après, galopant, grimpant aux arbres et n'arrête pas de hennir  Il a attrapé une hennite ! Maya et Matti, s'interrogent. Leur cache t'on quelque chose ? Ils décident d'enquêter.

Un conte sur les faux-semblants, les non-dits,  les dangers de l'exclusion et la tolérance. Une parenthèse métaphorique, bouillonnante d'idées et enchanteresse ! Vraiment pas les livres que je lis d'habitude, mais qui m'a procuré un certain plaisir. Je ferai peut-être ce genre de pause pour me changer les idées après des lectures qui secouent, chamboulent. Restera à les trouver, ce qui n'est pas une mince affaire pour un néophyte en la matière !

De temps à autre, débarquaient un artisan ambulant, un colporteur ou un mendiant égaré. Personne ne s'attardait plus de deux nuit, car l'endroit était maudit : un étrange silence y régnait en permanence, on n'entendait jamais une vache meugler, un âne braire ou un oiseau gazouiller, les oies sauvages ne sillonnaient pas le ciel vide et les villageois se parlaient à peine, se bornaient au strict minimum. Jour et nuit, on n'entendait que le grondement de l'eau, car un torrent coulait entre les arbres, là-haut dans la montagne. Impétueux, les rives blanches d'écume, il traversait le village de part en part dans un grondement sourd qui ressemblait à un gémissement avant de disparaître dans les méandres des vallées et des forêts.


Les méandres de la mémoire villageoise étaient  pour le moins curieux : des souvenirs que les gens s'évertuaient à conserver leur échappaient parfois pour se dissimuler sous les sédiments de l'oubli. En revanche, les événements qu'ils avaient décidé d'occulter remontaient à la surface. Parfois, ils se rappelaient en détail quelque chose qui n'avait pas vraiment existé. Ou bien un incident qui s'était effectivement produit un jour. Ils en étaient peinés, attristés, mais à cause de la honte ou du chagrin ils décidaient une bonne fois pour toutes qu'ils avaient rêvé. Que c'était le fruit de leur imagination. "Ce n'est qu'un conte", disaient-ils alors à leurs enfants.
Ou encore : "C'était pour rire voilà, tout."
Chez certains enfants, ces histoires éveillaient le vague regret de quelque chose qui s'était probablement passé ici autrefois, ou qui n'avait peut-être jamais eu lieu. D'autres en revanche, ne voulaient rien entendre, ou, quand ils y consentaient, c'était pour se moquer de leurs parents ou d'Emmanuela l'institutrice : on n'avait pas vu d'animaux dans le village depuis si longtemps que la plupart des enfant en avaient déduit que tous ces meuh, ces miaous, ces coin-coin, ces hi-han, ces ouah-ouah, ces grrr, ces croâ-croâ n'existaient que dans l'imagination fertile de leurs parents. C'étaient des superstitions qu'il fallait rejeter pour reprendre enfin pied dans la réalité, car ceux qui vivent de fantasmes ne sont pas comme tout le monde, et qui n'est pas comme tout le monde attrapera une hennite, on le fuira comme la peste et personne ne pourra plus rien faire pour lui.


Merci Pia pour le conseil !

Message récupéré


mots-clés : #contemythe
par Exini
le Mar 24 Jan 2017 - 18:03
 
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Sujet: Amos Oz
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NAKAJIMA Atsushi

Tag contemythe sur Des Choses à lire - Page 4 Trois110

TROIS ROMANS CHINOIS

Que dire d'un auteur qui nous introduit dans des univers dont nous ignorons souvent les tenants et les aboutissants.
Qu'il s'agisse de monstres aquatiques, De Confucius et de l'un de ses disciples ou encore une épopée guerrière.

Pourtant, nous ne sommes jamais forcés de savoir qui sont ces personnages. Même à l' intérieur d'un cadre historique. Leur histoire est merveilleusement contée. Et le style est absolument éblouissant.

"Dans l'univers des montres, corps et esprits n'étaient pas ausi nettement séparés qu'ils le sont dans le monde des humains, de sorte que les maux de l'âme se transformaient aussitot en souffrances physiques aigues qui mirent Wujing au supplice.
Enfin, n'en pouvant plus, il prit la décision suivante : "Coûte que coûte, dussé-je être accueilli par des rires et des sarcasmes (au point où j'en suis, que m'importe ?) j'irai trouver chaque sage, chaque médecin, chaque astrologue nichant au fond de ce fleuve, les assiègerai, mendierai leurs enseignements aussi longtemps que je n'aurai pas eu de réponse à mes questions."

Ma pérégrination vers l'Ouest.

Le premier conte, Ma pérégrination vers l'Ouest, met en doute tous les principes de sages et de sagesse, les savoirs et les philosophies.
Voilà une histoire iconoclaste contée avec malice et ironie. Un peu à la manière de Voltaire.
Celui de Candide, ou de Zadig.

"Pourquoi les monstres étaient-ils des monstres et non pas des humains ? En raison d'une forme d'infirmité qui les rendait disgracieux, inhumains, n'ayant jamais  qu'un seul de leurs attributs développé à l'extrême.
Les uns, suprêmement voraces, avaient des bouches et des ventres énormes. Les autres, excessivement luxurieux, présentaient une hypertrophie des organes ad hoc. D'autres encore, excessivement chastes, une complète régression de toutes les parties, hormis la tete....

Ils avaient tous des  caractéristiques bien trop envahissantes pour pour pouvoir se gisser dans d' autres cheminements de pensées que leurs.
Voilà pourquoi, dans les profondeurs du fleuve, des centaines de représentations et de méditations métaphysiques flottaient sans se mélanger entre elles.
On y trouvait l'enchantement du désespoir tranquille, l'inépuisable gaieté, les désirs sans espoir enveloppés de soupris, ondoyant à l'infini telle une forêt d'algues.

Ma pérégriantion vers l' Ouest

Le deuxième conte, Le Disciple, met en scène l'histoire d'un disciple de Confucius, Zilu, Non le plus sage, ou le plus flatteur. Mais à coup sûr, le plus rebelle. Si son admiration pour le Maître est grande, il ne peut s'empêcher de ronchonner contre lui. Le trouvant parfois dépassé quand il est confronté à la réalité brute.

Un jour Zilu rencontre un vieil homme qui se moque de son Maître. "Un bavard constamment à la recherche patiente de la Voie"..

Sur le parcours de Xu à She, Zilu s'était laissé distancer par ses compagnons. Il cheminait seul au milieu des champs, lorsqu' il croisa un vieil homme qui portait un panier d' osier. Il le salua sans cérémonie, lui demandant s'il n'avait pas vu le Patron (Confucius).
Le vieillard s' arrêta net.
"Patron... Quel Patron ? Je ne comprends même pas de qui tu me parles ! répondit sèchement, et avec un rire de mépris, après l'avoir toisé des pieds à la tête :
"A ce que je vois, tu es de ces gens qui passent leurs journées à disserter dans le vide sans se soucier de la réalité, ni de bouger les pattes."

Ensuite, il entra dans le champ voisin et sans un regard en arrière, tchac, tchac, il se mit à couper l'herbe. Zilu pensa qu'il pouvait s'agir d'un ermite... Puis le vieillard regagna le chemin en silence, puis il amena Zilu chez lui, déjà le soir tombait. Il tua un poulet, prépara du millet pour son souper ; lui présenta ses deux fils.
Après le repas, il attrapa une cithare et joua. Ses deux fils chantèrent à l' unisson.

En dépit d'une pauvreté bien visible, l'abondance et la paix régnaient dans ce foyer. Comment rester insensible aux étincelles de sagesse qui pétillaient par moments sur les mines réjouies du père et de ses enfants...

Au matin, Zilu fit ses adieux et repartit d'un bon pas. Chemin faisant, il comparait Confucius et le vieil homme.
Non, la clairvoyance de Confucius n'avait rien à lui envier.

Le Disciple

Et Zilu, le bouillonnant Zilu, ne peut s'empêcher de penser que le "patron" est le champion du "juste milieu". Cela ne l'empêche pas pas d'admirer son maitre pour ses justes qualités et son intelligence. Et il volera à son secours quand il sera menacé.

Le couple Zilou/Confucius fait penser à celui formé par Don Quichotte et Sancho Panza. A ceci près que Confucius ressemblerait davantage à Sancho et Zilu à Don Quichotte.
Zilu mourra en volant au secours de son maître qui, en l'apprenant, "tomba en larme".

Enfin, Li Ling est un récit épique dont l'ampleur, la beauté descriptive et picturale font penser au grand Kurozawa, le cinéaste.
On pourra noter encore une fois le regard critique que Nakajima Atsushi  jette sur le népotisme et la cruauté des empereurs chinois -et ce récit recoupe celui de Colin Thubron (que je lis en ce moment), à propos de l' empereur des Tang, Xuan-zong,  qui tyrannisa le pays pendant 40 ans-
Ce récit est aussi une leçon contre le racisme ordinaire et qui devient en période trouble, dogme d'état.
"Le barbare c'est toujours l'autre". L' ennemi, celui qu' on va combattre. Le refrain n' a jamais changé là dessus.

Quand on déshabille les apparences, il ne reste plus aucune différence.

Coup de chapeau à Véronique Perrin, la traductrice.

Message récupéré


mots-clés : #contemythe
par bix_229
le Lun 9 Jan 2017 - 15:33
 
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Sujet: NAKAJIMA Atsushi
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Alice Albinia

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Le livre de Leela

C'est bien à contre coeur que Leela, riche indienne exilée aux Etats-Unis, revient en Inde pour le mariage de la nièce de son mari. Pour cette femme, le déchirement est double : devoir remettre les pieds sur un sol natal qu'elle avait juré ne jamais revoir, et assister à l'union de cette nièce avec le fils de Vyasa Chaturvedi, homme haï entre tous. Très vite, l'on comprend que Meera, la soeur disparue de Leela, est au coeur d'un drame familial qui, tout au long du roman, n'en finira pas de nous dévoiler ses multiples ramifications.

Ce livre est donc avant tout une histoire familiale, avec ses personnages attachants et son lot de drames, de bonheurs et de rebondissements. Néanmoins, cette saga n'est pas non plus tout à fait comme les autres... Ce n'est en effet pas un hasard si les liens tissés entre les familles Sharma et Chaturvedi ressemblent étrangement à ceux qui unissent les Pandava aux Kaurava dans la célèbre épopée du Mahabharata : Leela est en fait l'une des incarnations d'un des personnages…

Selon la légende, Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, rédigea le Mahabharata sous la dictée du scribe Vyasa. Alice Albinia, partant de l'hypothèse malicieuse que la genèse de l'oeuvre fut quelque peu différente de la version officielle, en a imaginé une variation aussi ludique qu'inventive.
Ganesh intervient rarement dans le roman, contrairement à ce que pourrait laisser penser la quatrième de couverture. Ses apparitions sont autant d'interludes savoureux, monologues d'un Dieu dépassé par ses propres personnages et qui tente, au fil de leurs incarnations successives, d'infléchir le cours de destins qui, toujours, semblent lui échapper. Mais les Dieux ont pour eux le temps, et la patience…

Alice Albinia a séjourné plusieurs années en Inde. Ce pays, elle l'aime et elle le connaît bien. Le roman traite donc, sans toujours avoir l'air d'y toucher, de nombreux thèmes d'actualité parfois brûlants dans ce pays en pleine mutation : dérives nationalistes et délires génétiques des partis d'extrême droite, question de l'Histoire et des racines, homosexualité, querelles de castes et de religion, corruption policière…  Il y a de la matière ! Mais justement, peut-être Alice Albinia a t'elle voulu trop en dire. Malgré la longueur du texte, certaines péripéties m'ont paru superflues, ou traitées de façon superficielle.
De même, à trop vouloir lier les familles Sharma et Chaturvedi, Alice Albinia a parfois cédé à la facilité, surtout vers la fin du roman. Si l'on pardonne volontiers quelques "grosses ficelles" à nos épopées millénaires, c'est moins le cas quand il s'agit d'un roman actuel...

Pour autant, j'avoue que je n'ai pas boudé mon plaisir, et que j'ai dévoré ce livre de pure détente en quelques jours, embarquée par le réel talent de conteuse d'Alice Albinia, qui nous propose là un inventif roman hybride, entre saga familiale de facture classique et récréation sur le thème du Mahabharata.


PS : S'il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu le Mahabharata pour apprécier ce roman, je conseille toutefois d'en parcourir un résumé, histoire de ne pas manquer certaines savoureuses allusions.

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #contemythe #famille
par Armor
le Lun 9 Jan 2017 - 1:17
 
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Sujet: Alice Albinia
Réponses: 4
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Boubou Hama

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Contes et légendes du Niger, tome V

Au Niger comme partout, les humains s'aiment, se détestent et se jouent de la mort, dans un ballet intemporel aux multiples nuances ; les animaux, quant à eux, s'allient ou au contraire se combattent au grée d'intérêts fluctuants. L'auteur fait vivre ici tout un bestiaire africain où _ comme d'ailleurs dans des contes du Burkina Faso que j'ai lus il y a quelques temps_ "la hyène stupide" endosse le rôle de la cupidité idiote quand le lièvre incarne l'intelligence filoute...

Chacun des contes de Boubou Hama illustre le proverbe ou la devinette qui le clôture. Certains d'entre eux s'ancrent dans une réalité difficile : famine, sécheresse, besoin vital d'accéder à l'eau ou de chasser. Leur fonction semble parfois double : outre l'évidente intention d'éduquer les jeunes sur le plan de la morale, ils peuvent être très explicites sur des réalités aux conséquences bien pratiques ; je pense notamment au conte "Le choix du roi des animaux", qui détaille le comportement de chaque animal face au chasseur, et les erreurs à ne pas commettre.
J'ai aussi été marquée par le fait que la violence, certes très souvent présente dans les contes, revêt ici un réalisme sans fard. L'on ne craint par exemple pas de nous révéler que la hyène, attaquée par le phacochère, meurt d'avoir eu "par un coup bien porté des défenses","une de ses jambes de derrière et toute sa croupe arrachée"...

Il m'est arrivé d'être déçue par la narration assez "plate" de certains recueils de contes ; ce ne fut en aucun cas le cas ici. J'ai particulièrement aimé la plume de l'auteur. Le temps de ces quelques pages, la langue riche et vivante de Boubou Hama, à la musicalité toute personnelle, m'a réellement transportée au Niger, un soir de veillée au coin du feu… Une jolie découverte !

(Ancien commentaire remanié)


mots-clés : #contemythe
par Armor
le Sam 7 Jan 2017 - 21:45
 
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Sujet: Boubou Hama
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Djalâl ad-Dîn Rûmî

En Janvier 2016, grâce au Festival Europalia de Bruxelles, j'ai eu la chance de voir les derviches et surtout d'entendre des maîtres de conférence (turcs), parler de Mevlana, du Rûmî. Je me suis donc renseignée sur ses oeuvres, et j'ai lu :

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le Mesnevi,

150 contes soufis, mis les uns à la suite des autres alors qu'ils s'imbriquaient les uns dans les autres à l'origine (les traducteurs ont voulu rendre l'oeuvre plus accessibles), comme les Milles et une nuits.
Certains contes sont de "simples" règles de base (cependant pas toujours respectées encore aujourd'hui) sur le respect, la tolérance, l'entraide. D'autres sont plus portés sur la crainte du Dieu, la foi presque aveugle qu'il faut avoir en lui et accepter son destin tel qu'il est.
Il y en a des drôles et des plus tristes, sur la pauvreté et la richesse, on retrouve des préceptes communs à toutes les religions (amour de son prochain, aide aux plus démunis etc).
Cependant, autant certains sont clairs de sens, alors que d'autres sont plus tirés par les cheveux, il y a même certains contes qui résistent à ma compréhension, mais ils sont rares.

Le secret du chien
Un jour, Medjoun se promenait avec son chien. Il le prenait dans ses bras et le caressait comme un amoureux caresse sa bien-aimée. Un homme qui passait par là lui dit :
"O Medjoun ! Ce que tu fais là est pure folie ! Ne sais-tu pas que la bouche d'un chien est sale ?"
Et il se mit à énumérer tous les défauts des chiens.
Medjoun lui dit :
"Tu n'es qu'un idolâtre des formes ! Si tu voyais avec mes yeux, tu saurais que ce chien est le secret de Dieu et la demeure de Leïla !


C'est un recueil de conte simple et agréable à lire, qui nous remet en question sur nous-même et le monde autour de nous ...

mots-clés : #contemythe #religion
par Silveradow
le Sam 7 Jan 2017 - 9:25
 
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Sujet: Djalâl ad-Dîn Rûmî
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Carlos Fuentes

merci Shanidar je garde dans un coin !


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Christophe et son Œuf

Première lecture de cet auteur !

La note de la traductrice est très utile pour qui rencontre l’auteur pour la première fois.

Notamment : « Le lecteur verra du reste qu’il est constamment fait appel à lui (en hommage à un autre illustre précédent), lecteur plus que lecteur, sujet décidant, «choisissant sa lecture : Electeur. »

L’écriture, très riche dans les mots, dans les nombreuses références : littérature, peinture, Hommes politiques Mexicains évidemment mais aussi étrangers.

L’auteur fait confiance à son lecteur pour la compréhension des diverses allusions, jeux de mots, transformations …. ; l’Electeur doit participer.

Touenties, vol street, clinup, teikover, ticheurtes
Le Mall Effik, le Mall O’net, le Mall Autru, le Mall Fra

Originalité que de laisser un fœtus raconter la rencontre de ses parents, leur histoire et à travers eux le Mexique, sur sa période de gestation en l’an 1992.

L'auteur évoque dans ce récit plusieurs mythes, celui de la Tour de Babel : deux peuples d'indiens vivant de chaque côté d'un grand ravin, ne pratiquant pas la même langue ne se comprennent pas et pour l'un ne voit pas l'autre car la tribu entière est aveugle. Cependant l'espoir est introduit quand des deux côtés du ravin s'élèvent des "pétards, des fusées" et de l'autre en réponse des objets rudimentaires "récoltes, tissages, masques, poteries.."

Le mythe de Babylone aussi, quand le gouvernement participe à la destruction de "Acapulco" l'orgueilleuse, la riche.

Le mythe du vagin denté : un document ancien est recherché par un Professeur de Darmouth College.

La Nef de Chine emporte certains personnages vers une ville utopique "Pacifica", doit-on comprendre que l'uotpie est le Communisme ?

Dieu non plus n'est pas épargné dans ce récit, parfois avec humour :

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la corruption : discours d'Ulyse Lopez (portefeuille du Sepadu)
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Le géniteur du foetus prénommé "Christophe", se définit comme un conservateur révolutionnaire. Il est instruit, ascendance aristocratique et passionné pour ces 9 mois par le sexe.

Et combien d'émotions pour Christophe, lui qui voit, entend, devine, apprend sa génèalogie, mais qui sait qu'en venant au monde, il va tout oublier de son passé récent


Une très bonne et longue lecture, j'ai eu un peu de mal au début à m'habituer aux diverses langues, à cette grande richesse.
Encore une image qui vient de cette lecture, un tableau de Soutine (nommé par l'un des personnages), le boeuf écorché, comme peut l'être le Mexique dans cette histoire, en 1992, après des années de violence. Un espoir s'annonce avec la naissance de l'enfant.


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(message rapatrié)
mots-clés : #contemythe #historique
par Bédoulène
le Mar 3 Jan 2017 - 17:28
 
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Sujet: Carlos Fuentes
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Honoré de Balzac

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Les contes drolatiques
(colligez ez abbayes de Touraine et mis en lumière par le Sieur de Balzac pour l'esbattement des Pantagruélistes et non aultres, nous informe la page de garde).

Quand Balzac s'essaye à Rabelais.
C'est succulent et peu goûté, curieux combien ce livre ne hante pas les ré-éditeurs.




J'ai de cet ouvrage une assez agréable édition reliée (Garnier, 1926) et illustrée de 425 dessins de Gustave Doré, et ai connu la petite joie émouvante d'avoir à en trancher certaines pages, non déflorées par celui, celle (ou ceux ou celles) qui, l'ayant eu avant et devant, je soupçonne, s'en sont servi de livre-bibelot en vue sur un rayonnage.
Merci en tous cas de l'avoir laissé en un tel état, on peut dire neuf.

C'est un hommage à Rabelais bien sûr, et aussi à toute la matière médiévale (fabliaux, fonds d'abbayes, etc...).
Balzac, sont on connaît la puissance de feu et de travail en documentation lorsqu'il entreprend d'écrire, laisse pourtant traîner des anachronismes, des erreurs et autres impossibilités historiques, et compose dans une langue proche de celle de Rabelais, mais sans hésiter à créer des mots, idiomes et tournures lorsqu'elles lui font défaut.
Des néo-médiévismes, en somme (on trouve aussi quelques néologismes incongrus, d'ailleurs).
Mais qu'importe.

Le projet ?
C'est créer à nouveau, "se ressouvenir" d'une possible forme archaïsante, et de ne traiter que de sujets assez légers (fussent-ils horriblement graves), en cent contes.
Il n'en écrivit que trente (est-ce le verdict implacable de l'insuccès, chez un auteur ambitieux ?).

Ici, tout est verve, truculence, paillardise, grivoiserie et même obscénité.
On y rit gras, pour truffé, alambiqué que soit le langage.
L'époque se situe, selon les contes, entre 1270 environ et la moitié bien tassée du XVIème, et la langue utilisée, ou plutôt revigorée, greffée par Balzac, est celle du XVIème.

Seuls deux personnages se retrouvent dans plusieurs histoires (deux, en général): La Belle Impéria (surtout) et le Senneschal Bruyn (un peu).
Ma petite sélection de contes préférés ?
Dans le premier dixain:
-Le péché véniel,
-Les ioyeulsetez du Roy Loys le Unziesme.

Second dixain:
-Les trois clercs de Sainct-Nicholas (le seul à être à boire et de table, plutôt que paillard),
-Les bons Proupos des religieuses de Poissy,
-Le Succube.

Troisième dixain:
-D'ung iusticiard qui ne se remembroyt les chouses,
-Sur le moyne Amador, qui feut ung glorieux Abbé de Turpenay.

Conseils de lecture:
Ne pas hésiter à parfois lire à voix haute, c'est un bouquin sonore.
Ne pas se laisser rebuter par la langue.
C'est une œuvre qui fut écrite non sans maestria, mais qui n'est pas hermétique ni destinée à quelques happy-fews experts en Rabelais & contemporains.

Les sens des mots peu communs, oubliés, remaniés (ou inventés pour la circonstance) visent à faire sonner juste, pas à ralentir le débit de lecture, lequel doit rester fluide.
Ils se devinent ou se déduisent, il n'est pas nécessaire de mettre chaque tournure ou mot sur un moteur de recherche, outre qu'en général vous ne trouverez rien par ce biais !



Rapatrié et modifié de Parfum, message du 31 mars 2013.



mots-clés : #contemythe
par Aventin
le Mar 3 Jan 2017 - 11:05
 
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Sujet: Honoré de Balzac
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Amélie Nothomb

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Riquet à la Houppe

Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus lu de Nothomb : moins attendrie et plus lassée de ses copiés-collés stylistiques.
(Nothomb a un petit côté madeleine de Proust, j'y reviens de temps en temps, je retrouve les meubles à la même place, c'est rassurant, joli, et quand j'ai la flemme, ça passe crème.)

Mais j'adore Perrault&Co. Alors je me suis laissée avoir. Et c'était une bonne surprise.
Alors okay, on retrouve sa lubie des prénoms Alakön (Déodat et Trémière). Bien sûr, on connait tous l'histoire, pas de surprise.
Mais c'était très agréable d'avoir ces 2 personnages "de nos jours", avec leur propre bataille sur leur tare : Riquet galère à être méga cheum et brillant dans un monde de Kevin reloud et débiles. Trémière comprend vaguement qu'elle est à côté de la plaque dans son comportement, mais comme elle est jolie, on lui pardonne. Et elle est nigaude. Mais comme elle est jolie, on lui pardonne.


...

Il y a une scène qui m'a... ébranlée.
Oui.
Le mot est juste.

Une scène où Trémière, qui a une incroyable capacité à la contemplation et qui kiffe sa mamie qui l'élève dans une sorte de maison de maître brangquignolesque, lui demande de revêtir tous ses bijoux qu'elles aiment d'amour pour la regarder rayonner.
Et c'est beau. C'est une belle scène qui pourrait être filmée par Sofia Coppola avec du rose poudré partout et de la musique éthérée.

(Mais je m'égare)

...

Ca se lit vite, mais ça garde un bon goût dans la bouche de champagne et de macarons.

[Avis récupéré]



mots-clés : #contemythe
par Mordicus
le Lun 2 Jan 2017 - 5:50
 
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Sujet: Amélie Nothomb
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Lafcadio Hearn

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Kwaïdan

Je connais si peu  la culture Japonaise, mais d'après les nombreux contes et légendes qui figurent dans ce livre je pense que la puissance des Morts (fantômes ou autres) est reconnue, qu'il s'agisse d'esprits malins (le plus souvent) ou aimables (notamment par Amour).

Le 16ème jour est souvent évoqué, il semble bénéfique ; un extrait

"Après l'enterrement d'O-Sodé, les parents d'O-Tsuyu plantèrent un jeune cerisier, le plus beau qu'ils purent trouver, dans le jardin de Qaihjöji. L'arbre grandit et s'épanouit. Le seizième jour de la deuxième lune de l'année suivante, jour anniversaire de la mort d'O-Sodé, il fleurit de manière miraculeuse.
Et chaque année depuis deux cent cinquante-quatre ans, il continue à fleurir, toujours le seizième jour de la deuxième lune, et ses fleurs, roses et blanches, sont semblables aux mamelons d'une femme où perle une goutte de lait. Les habitants de la région ont appelé cet arbre Ubazakura, le "Cerisier de la Nourrice".

"Le vieil homme pleura désespérement son arbre chéri. Ces bons voisins lui procurèrent un jeune plant de cerisier magnifique et le plantèrent dans son jardin dans l'espoir de le consoler. Il les remercia chaleureusement et feignit d'oublier son chagrin. En réalité, son coeur était gonflé de tristesse, car il avait tant aimé le vieil arbre que rien ne pouvait le consoler de sa perte.
Finalement il lui vint une heureuse idée : il se souvient d'un moyen par lequel l'arbre condamné pourrait reprendre vie. C'était le seizième jour du premier mois.
Il se rendit seul dans son jardin, s'inclina devant l'arbre sec et s'adressa à lui en ces termes :
A présent, daigne refleurir une fois de plus, je t'en conjure, Ô beau cerisier, car je vais mourir à ta place. ..............
Et chaque année, il refleurit encore, le seizième jour du premier mois, à la saison des neiges."


Il y a de la poésie, de la magie, de la morale dans ces contes ; flotte le parfum des cerisiers, le vol des papillons.

En fin de livre l'auteur présente une étude sur certains insectes, notamment les papillons, les fourmis et les moustiques. C'est très intéressant car il y a comparaison sur leur mode de vie, leur évolution par rapport à notre société d'Humains. De quoi réfléchir.

"Le seul fait que notre société s'entoure de commandements religieux et lois morales ne prouve-t-il pas que nous n'en sommes encore qu'à un degré très primitif de l'évolution sociale ?"

mais inquiéter aussi (? !)

"Il ne me paraît donc pas improbable qu'une humanité plus évoluée et plus haute sacrifie avec joie l'essentiel de sa vie sexuelle pour le bien commun, surtout si l'on prend en considération certains avantages que l'on peut y gagner, notamment une prolongation importante de la durée de la vie humaine. Les éléments supérieurs d'une humanité qui contrôlerait la vie sexuelle selon le modèle naturel fourni par les fourmis, pourraient peut-être alors réaliser le rêve ancestral de vivre mille ans!"

Je note que l'auteur n'était pas encore assez évolué car il a eu 4 enfants      
C'était une bonne lecture.


mots-clés : #contemythe #nature
par Bédoulène
le Sam 31 Déc 2016 - 21:25
 
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Lewis Carroll

Lewis Carroll (1832-1898)

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Lewis Carroll, de son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson, naquit en 1832, à Daresbury, petite bourgade proche de Manchester. Son père était prêtre de l'église anglicane. Charles était le troisième enfant d'une très nombreuse famille. La majeure partie de son enfance s'écoula à Daresbury, puis à Croft, dans le Yorkshire, à partir de 1843.

On sait que Charles aimait inventer, pour ses frères et soeurs, des jeux divers, et qu'il monta notamment des spectacles de marionnettes. A douze ans, on le mit en pension à Richmond et, un an et demi plus tard, il entrait à la grande public-school de Rugby. Son séjour y fut, de son aveu, fort pénible, par suite du régime des punitions et surtout du poids de la vie collective, rendu plus lourd encore pour lui par son goût médiocre pour le sport. Il y fit de bonnes études et, après quatre ans passés à Rugby, fut admis à Oxford (Christ Church College), où il s'installa en janvier 1851 ; il devait y résider jusqu'à sa mort.

Sa mère mourut cette même année. Charles en fut très affecté,ce qui contribua peut-être à rendre plus difficile ses relations avec son père. Il travailla d'arrache-pied, sans se faire beaucoup d'amis, et obtint brillamment son diplôme de mathématiques en décembre 1854. Le collège lui accorda de ce fait, le titre de student, qui devait faire de lui ultérieurement un "membre du collège" et, d'emblée, l'équivalent d'un assistantde faculté d'aujourd'hui. En contrepartie, il s'engageait, au moins provisoirement, à devenir prêtre et à rester célibataire.

C'est à cette époque qu'il commença véritablement à écrire : d'abord des poèmes, mais aussi quelques nouvelles qui parurent dans un petit magazine, The Train, dont le directeur choisit, parmi les pseudonymesque Dodgson lui proposa, celui de Lewis Carroll (1856).Les enfants Liddell.En même temps, il se passionnait pour la photographie, encore balbutiante. C'est ainsi qu'il tira de nombreux portraits des enfants du doyen de son collège, Liddell, et s'attachaà la petite Alice. En 1862, l'année où celle-ci eut dix ans, Carroll au cours d'une promenade en barque, raconta pour la premièrefois ce qui devait devenir Alice au pays des merveilles. Quelque temps après, le texte, considérablement augmenté, fut proposé à l'éditeur MacMillan, qui l'accepta immédiatement. Illustré par John Tenniel, caricaturiste alors célèbre, le livre parut en juillet 1865. Ce fut tout de suite un grand succès et, dès 1867, Carroll envisagea une "suite" illustrée également par Tenniel : ce fut De l'autre côté du miroir (1871). En 1876 enfin, le succès de la Chasse au Snark fut presque aussi grand.

Parallèlement, Carroll poursuivait son travail de professeur et de mathématicien, mais son enseignement ne plaisait guère. Après avoir été ordonné diacre en 1861, il renonça à devenir prêtre, invoquant sa timidité et son bégaiement. Il parvint cependant à rester à Christ Church, où sa vie se déroulait calmement, malgré des conflits violents avec le doyen Liddell, inquiet d'abord de son attachement pour Alice, puis exaspéré par les pamphlets virulents - leur anonymat ne trompant personne - par lesquels Carroll le mettait en accusation avec plusieurs des autorités d'Oxford : Notes by an Oxford Chiel (1874). En 1880, il renonce à la photographie, et en 1881, à l'enseignement. Dés lors, c'est la logique qui va devenir l'objet de tous ses soucis. Certes, il publie encore une oeuvre d'imagination : Sylvie et Bruno (en deux parties, 1889 et 1893), mais l'essentiel de sa production, quoique publiée sous le nom de Lewis Carroll, marie plus ou moins heureusement logique, mathématiques et humour.

Bien que connu de tous ses collègues comme Dodgson-and-Carroll, il refusa constamment l'identification et, quelques mois à peine avant sa mort, décida de renvoyer tout courrier adressé à Lewis Carroll. Mais c'est sous ce nom qu'il se présentait aux petites filles, très nombreuses, avec lesquelles il entrait en conversation, dans le train ou sur la plage ; et c'est un exemplaire d'Alice qu'il leur laissait en cadeau - à moins que la sympathie ne grandît - prélude àdes relations plus profondes, dont une volumineuse correspondance nous en a laissé la trace. Ce fut là l'essentiel de ses amitiés, et, lorsqu'il mourut dans sa famille, le 14 janvier 1898, à l'âge de soixante-six ans, ses petites amies de toutes les régions furent, à coup sûr, les plus affectées.

source : www.lewiscarroll.net/biog1.htm

Oeuvres traduites en français :

Travaux littéraires
La revue du presbytère
Poésie instructive et utile
Le nouveau clocher
La canne du destin
La caverne du magicien
1850-1853 : Le parapluie du presbytère
1855-1862 : Misch-masch
1865 : Les aventures d'Alice au pays des merveilles
1867 : Voyage en Russie, avec le docteur Lindon
1869 : Phantasmagoria et poèmes divers
1872 : De l'autre côté du miroir
1876 : La chasse au Snark
1883 : Rime ou Raison
1885 : Une histoire embrouillée
1886 : Les aventures d'Alice sous terre
1888 : Isa visite Oxford
1889 : Alice racontée aux petits enfants
1889 : Sylvie et Bruno
posthume : La revanche de Bruno

Autres
Lettres inédites à Mabel Amy Burton et à ses parents
Logique sans peine : Premier et deuxième cycles





La bibliographie de Lewis Carroll est copieuse en français, notamment les éditions d'Alice au pays des merveilles et de De l'autre côté du miroir.
Les traduction en français sont tout aussi nombreuses, le style de Carroll étant particulièrement inventif et doté d'un humour propre au limericks, ces contes pour enfants que les enfants acceptent sans se demander s'ils sont absurdes. Et qu'on nomme en anglais nonsense.
Personnellement, le traducteur français que j'ai lu est Parisot. Le mieux étant de lire une édition bilingue.


mots-clés : #contemythe #fantastique #jeunesse
par bix_229
le Mer 28 Déc 2016 - 12:15
 
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Sujet: Lewis Carroll
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Chigozie Obioma

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Les Pêcheurs

Nigeria, les années 90 : le narrateur Benjamin et ses frères, en l'absence de leur père, bravent un interdit et pêchent sur les rives d'un fleuve déclaré maudit par les habitants. Un jour, l'aîné est témoin d'une malédiction lancée par un marginal craint et rejeté pour ses prophéties. Ce moment précipite une spirale auto-destructrice qui bouleverse le quotidien de la fratrie.

Ce premier roman de Chigozie Obioma a été une lecture marquante parmi mes récentes découvertes. Le style de l'auteur met en valeur une dimension symbolique et donne au récit la portée d'un conte, d'un mythe, d'une tragédie, alors que le contexte contemporain reste toujours visible à l'arrière-plan. L'univers décrit est parfois étrangement familier à travers le regard d'un enfant, puis terrifiant dans la révélation d'un chaos et d'une démesure.

Si la violence est souvent tétanisante, reflet d'un cataclysme face auquel l'être humain ne semble pouvoir lutter, Obioma utilise l'écriture comme instrument d'une réhabilitation et d'une fragile rédemption. Les mots, d'abord le miroir d'un imaginaire effrayant, incarnent peu à peu un potentiel libérateur bien qu'incertain.


mots-clés : #contemythe #enfance #traditions #violence
par Avadoro
le Lun 26 Déc 2016 - 9:41
 
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Sujet: Chigozie Obioma
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Diane Meur

Les villes de la plaine

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Diane Meur nous offre un petit récit mythologique situé dans les temps anciens au sein d'une civilisation imaginaire. Elle nous livre les clés de cette civilisation, après lesquelles courent quelques archéologues allemands bien des années plus tard. Deux villes peuplent la plaine, Sir, orgueilleuse, hautaine, perclue de lois et réglementations qui assurent une vie contrôlée et sans surprises, s'oppose à Hénab, dominée par le commerce et la jouissance, peuplée depuis les temps anciens par des individus qui ont fui Sir ou en ont été bannis.
A Sir, les textes qui régissent la vie ont été écrits des siècles plus tôt par le mythique Anouher, auquel chacun voue un culte respectueux. Le scribe Asral recopie selon la tradition ces textes sacrés, qui constituent les fondations de cette civilisation. Mais voilà qu’arrive en ville Orjéneb. Enfui d'un de ces villages montagnards qui ignorent les règles, ignorent l’écriture, et essuient pour cela le mépris de tous. Mais cet étranger va apporter au scribe une façon nouvelle de voir les choses, et toute l'interprétation des textes va être remise en question d’où : complots divers, luttes d'influence… qui aboutissent à une guerre civile.

Diane Meur nous offre un texte assez envoûtant écrit dans un style d'une richesse tranquille. Comme tout récit mythologique, celui-ci peut ceci peut être lu au premier degré : naissance, vie et mort d'une civilisation. Mais il questionne aussi sur la croyance, la loi, le pouvoir des mots, la recherche de la vérité, la richesse de la confrontation des idées, le sens de l'écriture, la connaissance comme outil de libération…
Un roman attachant, d'une grande originalité, qui confirme que Diane Meur a plus d'une corde à son arc .

(commentaire rapatrié)


mots-clés : #contemythe
par topocl
le Mar 20 Déc 2016 - 9:13
 
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Sujet: Diane Meur
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Roland Topor

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La Princesse Angine

quatrième de couverture a écrit:En plus d’être une maladie, Angine est une petite fille ; une princesse qui a abandonné le royaume de ses parents aux mains des ennemis pour aller se réfugier chez son oncle. Elle taille la route à bord d’un camion-éléphant vantant les bienfaits du thon à l’huile, accompagnée par le Duc des Vitamines, son fidèle chancelier, très alcoolique et un peu poète. En chemin, elle rencontre Jonathan qui embarque avec eux pour ce long trajet les menant de Lourdes à Jérusalem en passant par La Mecque, dont le but est de mettre la main sur l’oncle introuvable. Mais le voyage ne sera pas de tout repos, une princesse et son trésor ne peuvent que susciter les convoitises...
Angine fait irrésistiblement songer à une petite sœur d’Alice de Lewis Carroll. Un conte noir, tendre et loufoque qui brouille l’espace temporel.


Avertissement de l'auteur

Lorsqu'une petite fille ne parle pas du tout comme une petite fille,
il y a de fortes chances pour qu'elle n'en soit pas réellement une.
Elle peut être à peu près n'importe quoi, même une maladie, ce
qui n'est jamais très agréable. Pourtant, si la maladie est bénigne,
on peut s'y attacher et la rendre chronique.
Bien sûr, il serait plus sage d'aller consulter un spécialiste, mais
lorsqu'on s'y décide enfin, il est souvent trop tard...
Moi, j'ai cessé de fumer, mais je ne vais pas mieux.



Avertissement de l'illustrateur

Il est bien délicat de représenter des personnages dont on ignore
au juste s'ils sont des petites filles ou des maladies. En désespoir de
cause, l'illustrateur a préféré représenter l'énigme elle-même plutôt
que de lui fournir une solution personnelle. C'est pour cette raison
qu'il a composé des images largement inspirées par les rébus du
XIXe siècle, ceux de Maurisset en particulier.


Absurde et ruptures logiques farfelues dans une narration pourtant limpide. Un jeu du langage qui navigue au gré des ruptures d'humeurs. Les humeurs d'Angine la petite fille, qui n'en est pas vraiment une, despotique, râleuse et triste. Gentille aussi. Attachante certainement. Comme les autres occupants de ce camion éléphant qui vogue sur les routes d'un imaginaire presque infernal et au sens de la répartie imparable.

ça ne tient pas debout et ça ne s'abandonne pas, très rafraîchissant avec une pointe de gravité. ça donne l'impression de jouer résolument. C'est très agréable et dépaysant. On aurait peur de se lasser des pirouettes langagières et des peuplements de la page (il n'y a pas que l'éléphant qui prend de la place) mais non, on va de surprise en surprise, on se laisse emmener...

Une lecture étonnamment particulière au charme non moins particulier. ça doit vraiment ressembler à n'importe quoi et pourtant (ou justement) on s'y sent un peu à la maison.

c'est à tenter !

Petit extrait :

L'animal était couleur fraise écrasée. Sur son flanc figurait en lettres noires l'inscription suivante :


RIEN NE VAUT LE THON A L'HUILE


Le vieillard trottina jusqu'à la porte arrière qu'il ouvrit à l'aide d'une clé dorée. Il disparut à l'intérieur.
- Vous regardez notre lama? demanda Angine.
- Non, je regardais l'éléphant.
- Vous voulez dire notre crocodile?
- Non, l'éléphant du camion.
- Ah ! vous voulez parler de l'okapi!
- Mais non, de l'éléphant, là, sur la route.
- Imbécile, éclata Angine, "éléphant" est un mot interdit ! C'est un gros mot. On ne dit pas un éléphant, on dit une souris.
- Mais ce n'est pas la même chose !
- Qu'en savez-vous ? Ils sont de la même couleur, grise ou blanche.  Ce sont également des mammifères, et ils mangent de l'herbe.
- Ils n'ont pas la même forme, ni la même taille!
- Un petit éléphant est quand même un éléphant, n'est-ce pas, et une grande souris, une souris. Donc la taille ne compte pas. Quant à la forme... c'est à s'y méprendre. Avec un peu de bonne volonté c'est absolument pareil.
- Vous allez fort !
- Non, mais vous ne voulez pas y mettre du vôtre. En clignant un peu des yeux, l'illusion est parfaite. Écoutez :



Haut les {

pouces
index
majeurs
annulaires
auriculaires



fit le bandit qui n'avait aucun sens de la synthèse.
"C'est une histoire assez difficile à raconter! Nous allons commencer l'examen immédiatement. Ne profitez pas de l'absence du Marquis pour sauter sur moi. Je suis ceinture noire de karaté.


(récup again).


mots-clés : #contemythe
par animal
le Sam 17 Déc 2016 - 20:02
 
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Sujet: Roland Topor
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