Des Choses à lire
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Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

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La date/heure actuelle est Mer 7 Déc - 17:04

96 résultats trouvés pour enfance

Éric Chevillard

Louvaluna a écrit:Mais, dans ce cas, je conseillerais au panda mignon d'y mettre la patte en commençant par Ronce-Rose. Wink


C'est parti pour la patte :

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 418wtm10

Ronce-Rose

J'y suis donc allé du bout de la patte et j'ai surtout tourné autour. Pourtant dans cette histoire à hauteur de petite fille et un poil décalée on est assez vite dedans. C'est très fluide et sa manière de pied / contre-pied est au point et assez efficace même, il y a même des attentions qui me plaisent, tour de passe-passe nonchalant autour d'un petit rien, dans la démarche ça me plait. En pratique je suis prêt à trouver ça sympathique sans avoir réussi à vraiment me couler dans le texte. L'impression qu'il pourrait en faire des kilomètres sur le même mode sur presque tout, peut-être ? Ce qui ne m'empêche heureusement pas d'avoir apprécier et souri à certains passages et de ne pas du tout regretté cette expérience. clown

Dans ce passage par exemple, si l'ensemble ne m'emballe pas forcément, j'aime bien la phrase en gras :

Rascal en ce moment est noir avec une tache blanche si large qu'on pourrait aussi bien dire le contraire. Il ne fait pas de différence entre l'affût et la sieste et il y consacre presque tout son temps. Peut-être qu'il attire ses proies en rêvant de baies et de graines. Mais là, il s'est remué, il a même cru pouvoir attraper une mésange dans le sureau. Maintenant, il est coincé là-haut, incapable de redescendre et il regarde les oiseaux qui picorent dans l'herbe les graines et les baies de son rêve. Si c'était une vache celui-là, il faudrait lui fourrer à la main le foin dans les bajoues !


cat

mots-clés : #contemporain #contemythe #enfance #humour #initiatique
par animal
le Mer 14 Nov - 18:41
 
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Sujet: Éric Chevillard
Réponses: 104
Vues: 6048

Zadie Smith

Swing Time

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 51uzxi10

Une petite fille d'une cité londonienne, voit son enfance se dérouler sous la triple emprise de la passion de la danse, de son métissage et  de Tracey sa meilleure copine délurée. Sans doute du fait d'une certaine « sagesse interne », mais aussi grâce à sa mère militante féministe qui la pousse à étudier et gagner son autonomie, elle quitte son milieu d'origine et  devient assistante d'une star mondiale du show-biz, l'aide dans  une entreprise plus paternaliste que généreuse pour construire une école pour filles en Afrique.

Comme toujours chez Zadie Smith, elle multiplie les personnages qu'elle dépeint avec un œil aussi acerbe que tendre, et chez qui l'enfance est déterminante. Elle embrasse de nombreux thèmes (multiculturalisme, différences de classes sociales, féminisme, fatalité  sociale et émancipation par la culture,  fidélité et trahison) qu'elle brasse de façon assez virtuose.  On retrouve aussi sa vivacité, son rythme, sa capacité à dresser des portraits tout aussi piquants que prototypiques. Un peu moins d'humour que dans ses précédents livres, peut-être. Et si l'issue m'a laissée un peu sur ma faim, Swing Time reste une lecture addictive, plaisante, entre sourire et émotion, pleine de personnages attachants, qui n'ennuie pas une seconde.

Mots-clés : #amitié #contemporain #enfance #identite #initiatique #jeunesse
par topocl
le Sam 10 Nov - 10:52
 
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Sujet: Zadie Smith
Réponses: 7
Vues: 884

Edouard Louis

En finir avec Eddy Bellegueule

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy_69

Je n'aime pas trop les jeunes gens trop médiatiques et les livres trop médiatiques. J'y allais donc vraiment à reculons. J’ai de ces aprioris, parfois. 
J'avais tort. C’est les médias qu'il faut ne pas aimer, et laisser les jeunes gens qui ont des choses à dire écrire leurs livres. Celui-ci ressemble à un conte populaire : les fées d'Édouard Louis c'est  l’école de la République qui pour une fois a joué son rôle et l'a aidé à sortir de sa misère psychique, et à devenir le garçon brillant qu'il est devenu, quoique définitivement marqué. 

D’abord il y a sa famille : Zola en l’an 2000, on l’a dit. Des êtres frustres, rustres. La pauvreté, l’alcool, l’absence d’horizon. On a parlé de règlement de compte, je ne l'ai pas vu. Peut-être en rajoute-t’il, peut-être pas. C’est sans importance (il y a écrit « roman »). Ce sont des faits et des comportements, insoutenables pour nos yeux éduqués et privilégiés. Mais cependant, si on veut mettre un peu de bienveillance dans sa lecture, j'ai cru déceler en eux tous, des failles, une humanité. Et si je l’ai lue, c’est qu’Edouard Louis l’y a glissée. 

Toute cette bassesse,  cette arrogance vulgaire, cette sauvagerie, ce n'est jamais que de la peur, la peur de l'autre chez des gens qui n'ont jamais eu droit à la parole, mais aussi à ce qu'on leur parle, à ce qu'on leur explique. Malgré tout le rejet qu'ils inspirent, ils souffrent et aiment, mais ils n'ont pas eu la chance qu'on leur apprenne à l’ exprimer dignement. Mais quand même, le père a décidé de ne jamais frapper ses enfants, et s'y tient ; croyant mourir, il donne cérémonieusement  une chevalière à son fils, qu'il a pourtant l'air de tant rejeter ; il y a plusieurs tels petits gestes rapportés, sous le flot de grossièretés, qui montrent l'homme en lui. L’homme souffrant. Malgré tous ces dénigrements , malgré l'horreur que leur inspire l'homosexualité de leur fils, pour eux totalement inacceptable, ils n'en sont pas moins fiers.
(Edouard Louis écrit un chapitre qu'il appelle L'autre père où il rapporte des faits "honorables" en rapport avec son père. Si son père pouvait écrire, il écrirait sûrement lui aussi un chapitre intitulé  L'autre fils pour éclairer son ambiguïté à son sujet)

Finalement je me disais : ce qu'il y a de plus curieux, ce n'est pas tant que de tels gens existent, c'est surtout qu’il soit besoin d' expliquer qu'ils existent, car dans la vie, nous en côtoyons, j'en vois dans mon bureau, j'en vois dans ma rue. Il suffit de choisir de les voir.
.
Et puis, cette homophobie, cette horreur de voir leur fils être (et devenir) autre, je ne pense pas que cela soit lié uniquement à leur inculture, c'est trop facile, ce n'est vraiment pas une question de classe sociale (le dernier paragraphe du livre le prouve bien et nous-même comment aurions-nous réagi avec toutes nos belles idées et notre belle conscience donneuse de leçons ?). 

Et c’est le 2e grand thème du livre, ce garçon, qui, dès la petite l'enfance s'est senti différent, et a été ressenti différent par les autres. Qui a discerné peu à peu en quoi cela consistait, en a eu peur, en a même été dégoûté (comme dans Le secret de Brokeback mountain), a subi, dans la famille,  au village, au collège, les humiliations et les insultes qui y étaient liées, a tenté selon les moments de l'apprivoiser, de le nier, de le dépasser, a souffert dans son corps et dans son âme. Ce garçon, qui, quand il est enfin arrivé à sortir avec une fille, jubile en se répétant dans sa tête : « guéri, guéri ». Et qui, peu à peu, construit sa défense : la fuite. Une fuite comme une construction.

Sans pathos, sans fiel, En finir avec Eddy Bellegueule est un roman d’éducation absolument terrible.

Récup 2014

Mots-clés : #autobiographie #discrimination #enfance #famille #identitesexuelle #social #temoignage
par topocl
le Mar 23 Oct - 20:37
 
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Sujet: Edouard Louis
Réponses: 21
Vues: 1009

Mick Kitson

Manuel de survie à l’usage des jeunes filles


Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Kitson11

Originale : Sal (Anglais, 2018)

Présentation de l'éditeurPrésentation de l'éditeur a écrit:Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?

Sal a préparé leur fuite pendant plus d'un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube. Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite sœur.

Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l'odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette sœur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.


REMARQUES :
Ce qui pourrait sonner comme une simple fuite de jeunes (enfants?) est en fait l’essai dramatique de ces deux demies-sœurs de quitter une vie, un milieu malsaine où elles ont grandies pratiquemment sans vraie présence aimante parentale, entre une mère dépendante de l’alcool et son copain Robert. Celui-ci, drogué, petit criminel, avait même commencé de « visiter » la petite Sal depuis que celle-ci avait 10 ans. A treize ans elle craind le même destin pour sa sœur Peppa, plutôt encore l’image de l’innocence car gardée par Sal. Pour la préserver elle planifie une solution…

… qui mènera les deux sœurs au coeur des Highlands écossais, décrits ici comme un paysage encore sauvage, isolé. Elles vivront la recherche de nourriture, la lutte contre la maladie, mais recevront aussi de l’aide insoupçonnée dans la personne d’une ancienne hippie et doctoresse allemande, vraie sorcière et fée des forêts qui y vit aussi dans un petit abri. C’est d’un coté Sal au centre de l’histoire, c’est elle la narratrice, en quelque sorte traumatisée par ses expériences, mais aussi infiniment prévenante envers sa sœur. C’est l’amour envers elle qui la motive, et qui lui donne une perséverance et un but.

Presque tout le roman se joue dans cette nature qui a aussi force de guérison. On y intercale des flash-back en arrière sur l’enfance des héroïnes et les histoires de quelques personnes. A propos : la description de la vie d’Ingrid, la sorcière allemande, est excellente et très juste, par rapport à l’histoire allemande.

Bien sûr on pourrait se demander si une fille de treize ans avait pu, grâce à un « manuel des forces spéciales » et des vidéos sur youtube, acquérir un tel savoir pratique, car elle sait tout faire, la gamine ! Mais pas si gamine : en phase de devenir femme. Dans la narratrice on voit une maîtrise de langue qu’on attend pas de ce personnage, mais qui a au même moment une tonalité de distance, de fille traumatisée et prévenante (pour sa sœur), aimante à la fois. Une histoire de survie semble à la fois classique et contemporaine (si on évoque certaines gadgets, instruments d’aujourd’hui).

Derrière une histoire d’abus il s’agit d’un hymne à la vie et à une jeune femme en devenir !

Un beau premier roman fort !

(J'ajoute que j'ai pu rencontrer lauteur lors d'une lecture dans la region. Très sympathique.)


mots-clés : #enfance #fratrie #nature #violence
par tom léo
le Sam 20 Oct - 7:20
 
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Sujet: Mick Kitson
Réponses: 4
Vues: 610

Elsa Morante

L'île d'Arturo

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Arturo11

Le narrateur est Arturo qui se souvient de son enfance et son adolescence sur l’île de Procida, une petite île à proximité de Naples, connue pour son pénitencier.

« Les Procidains sont revêches et taciturnes. Leurs portes sont toutes closes, rares ceux qui se mettent à la fenêtre, chaque famille vit entre ses quatre murs, sans se mêler aux autres familles. Chez nous l’amitié n’a pas bonne presse. Et l’arrivée d’un étranger éveille non pas la curiosité, mais plutôt la méfiance. »

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Procid12


C’est  une histoire d’amours, celui  d’ Arturo  pour  son île dans toutes ses saisons,  l’ amour qu’il porte à son père qu’il adule (le plus beau !) et l’envie d’aimer et d’être aimé.

« Le fait est que, en général, j’étais trop amoureux de l’amour : c’est là ce qui a toujours été ma vraie passion ! »

La mère d’Arturo étant morte en lui donnant naissance celui-ci a vécu le plus souvent dans la solitude, son père Wilhelm  étant très souvent absent de l’île, alors quel plaisir pour l’enfant quand il peut avoir la compagnie de Wilhelm pour lui, aussi Arturo l’imagine t-il en héros, comme dans ses lectures,  sa beauté seule l’auréole de qualités.

Wilhelm, jeune homme arrogant, cynique, indépendant, macho,  laisse son fils grandir à son gré jusqu’au jour où à l’étonnement de l’enfant il lui annonce une nouvelle mère, l’épouse a tout juste 2 ou 3 ans de plus qu’Arturo. Ses sentiments passeront  par toutes les nuances : mépris, méchanceté, amitié, amour….

Le passage de l’enfance à l’adolescence est pour tous les enfants une période délicate, découverte de son nouveau corps, du premier baiser, de  la sexualité,   mais chez Arturo  elle correspond aussi à la découverte de son père,  à la chute du « héros ».

Repoussé  par sa belle-mère, trahi par son père, Arturo quitte son île pour s’engager dans l’armée. Il sait qu’il ne retournera plus sur l’île, les champs, les rues, la mer et le ciel étoilé de son enfance. Le ciel où brille l’étoile rouge « Arcturus ».

« Le feu de cette saison infinie de mon enfance me fouetta au sang avec une violence terrible et qui me faisait presque défaillir. Et mon unique amour de ces années-là revint me saluer. Je lui dis à haute voix, comme si vraiment il avait été là tout près :
- Adieu, papa


L’adulte Arturo qui raconte revient sur l’image de son père :

« Et je voudrais lui faire savoir : peu importe même que tu sois vieux. Pour moi, tu resteras toujours le plus beau. »

Autres extraits :
Arturo : « Maintenant, je lui pardonnais tout. Même son départ avec un autre. Et même son sévère discours final, au cours duquel, en présence de Stella, il m’avait appelé, en plus du reste, « bourreau des cœurs et Don Juan », et qui, sur le moment, ne m’avait pas peu offensé. »

« Le fait est que, en général, j’étais trop amoureux de l’amour : c’est là ce qui a toujours été ma vraie passion ! »

Arturo à son père :  «  - Tu es un homme sans foi ! continuais-je de crier. Tu ne tiens ni tes promesses, ni même les serments ! tu as trahi jusqu’à l’amitié ! A présent, je sais qui tu es ! tu es un traitre ! »

« Maintenant, au contraire, pour la première fois, je connaissais cette violence inhumaine : avoir pitié de son propre sang ! «

« Or, évidemment, le Prisonnier avait dû être mis au courant par mon père de cet alphabet mystérieux que je croyais notre propriété à nous deux seulement : la mienne et celle de Wilhelm Gerace ! »

Wilhelm à sa femme : « - Je fais toujours ce qui me plait. Quand me prend l’envie de partir, je pars. Et quand me prend l’envie de rentrer, je rentre ici et, toi, tu dois faire ce que bon me semble.



J’ ai vraiment beaucoup aimé l’histoire, cette enfance d’un garçon livré à la vie sans contraintes d’autres que celles des saisons, de la mer,  sans souci du gite et du couvert, dont l’imagination accorde à l’homme qui est son père tout crédit, une  admiration sans défaut, se contentant de ce qu’il lui accorde comme sa compagnie, un regard, un sourire, voire même une critique.

La psychologie des personnages me parait très fine et juste.

Je note aussi la mentalité des hommes et des femmes Italiens à cette époque, notamment les femmes qui acceptent et même revendiquent, telle Nunziata l'épouse, leur soumission au mari. De même Arturo reconnait le droit à son père à le frapper.

L’écriture est belle, voire poétique par moment, elle dessine ce récit.


mots-clés : #enfance #lieu #relationenfantparent
par Bédoulène
le Lun 24 Sep - 18:45
 
Rechercher dans: Écrivains Italiens et Grecs
Sujet: Elsa Morante
Réponses: 5
Vues: 922

Walter Benjamin

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Sens_u10


Enfance berlinoise

"Plusieurs courts textes de Walter Benjamin, parus dans la presse allemande entre 1933 et 1935 et contenus dans deux cahiers manuscrits, sont à l’origine de ce recueil que, malgré son projet, l’auteur n’arriva pas à publier de son vivant. Des souvenirs d’enfance y retracent les lieux familiers d’un Berlin à la fois cossu, populaire et mystérieux. Des bribes d’histoires parsemées d’êtres fantasques y côtoient les membres de la famille de W. Benjamin. Mêlées à des expériences inédites qui frappèrent l’enfant, telle la fréquentation assidue du « Panorama impérial »(pp.38-41), elles composent autant de parcours enchanteurs."
Revue Critique d' art

" Je connaissais déjà toutes les cachettes de l'appartement, et j'y retournais comme dans une maison où l'on est sûr de tout retrouver comme autrefois. J'avais le coeur battant. Je retenais mon souffle. Ici, j'étais enfermé dans le monde de la matière. L'enfant qui se tient derrière la portière devient lui-même quelque chose de flottant et de blanc, il devient un fantôme. La table à manger derrière laquelle il s'est accroupi, il la transforme en une
C'est pourquoi, lorsqu'on m'attrapait dans ma cachette, je chassais d'un grand cri le démon qui voulait ainsi me métamorphoser." idole de bois, et les pieds sculptés sont les quatre piliers du temple qui l'abrite.
Derrière une porte, il est lui même porte ; il s'en revêt comme d'un lourd masque et devient le prêtre magicien qui ensorcellera tous ceux qui entrent sans se douter de rien. Il ne doit à aucun prix être découvert. Quand il fait des grimaces, on lui dit que si l'horloge sonne à ce moment-là, il restera toujours comme ça. Ce qu'il y a de vrai là-dedans, je l'ai découvert en jouant à cache-cache. Qui me découvrait pouvait me pétrifier comme une idole sous la table, faire de moi un fantôme pour toujours cousu dans les rideaux, m'enfermer à vie dans la lourde porte."



mots-clés : #autobiographie #enfance
par bix_229
le Dim 23 Sep - 16:59
 
Rechercher dans: Sciences humaines
Sujet: Walter Benjamin
Réponses: 22
Vues: 1534

Anne-Marie Garat

Le Grand Nord Ouest

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 51btop10

15 ans plus tard, Jessie raconte à Bud l'année de ses six ans, et retourne avec lui au Canada dans le Grand Nord Ouest, dans une espèce de pèlerinage, de quête de sens qui se heurte au temps écoulé. Fille choyée d'un nabab d'Hollywood, elle voit son père mort noyé sur la plage le jour de sa fête d'anniversaire. A l'aube de cette année qui va la mener à l'âge de raison, sa mère, une femme fatale fantasque et pleine de secrets, l'emmène sans un mot d'explication dans une folle équipée vers le Grand Nord, ses immensités enneigées, ses indiens animistes. Que fuit-elle? Que cherche-t'elle accrochée tant à ses rêves qu'à ses racines? On va le découvrir au même rythme que Jessie, sans avoir toutes les clés pour autant : cette mère étrange aux identités multiples, grande manipulatrice, gardera sa part de mystère. La petite rouquine (évidemment) connaît là une belle initiation à une vie autre, authentique, à la sagesse, à une certaine dignité auprès d'un vieux couple d'indiens empreints de traditions qu'elle a séduits au premier coup d’œil

C'est bien d'Anne-Marie Garat de nous offrir pour personnages principaux de ce roman du Grand Nord une fillette et sa mère, là où l'on ne croise d'ordinaire que prospecteurs, trappeurs et autre traîne-savates. Il y a aussi ces deux indiens pleins de sagesses, de croyances  de pré-sciences, solidement ancrés dans le territoire qu'on est en train de leur arracher, et qui  transmettent leurs savoirs. Cette épopée aurait du être jubilatoire, mais sans doute du fait du style si spécifique d'Anne-Marie Garat, qui prend ici une boursouflure un peu submergeante (ça grouille un peu trop, c'est une coulée de lave qui ne s'arrête jamais), je ne suis pas pleinement entrée dans ce récit, pourtant plein de poésie, de nature sauvage et de nobles sentiments qui n'excluent pas la facétie. j'ai souvent trouvé ça longuet.

Mots-clés : #aventure #contemythe #enfance #initiatique #lieu #minoriteethnique #nature #relationenfantparent #traditions #voyage
par topocl
le Mer 19 Sep - 10:06
 
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Sujet: Anne-Marie Garat
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Hamid Ismaïlov

Dans les eaux du lac interdit

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 513ejy10


Le livre est composé de 3 chapitres : I – Do (avant), II -  Do La (le destin), III – Sol Mi Fa (le sel du mythe) ; car la musique habite la vie de Yerzhan.

Un train traverse l’immense steppe du Kazakhstan, à son bord le narrateur, des gens qui discutent pour passer le temps ; dans l’une des gares un gamin propose une boisson à la vente et il joue du Brahms au violon : magnifiquement.

Le narrateur l’interpelle : « petit » ! ce qui a le don de le  contrarier vivement . Je suis un homme, j’ai 27 ans ! Voilà, c’est Yerzhan et il va conter sa vie, dans un hameau isolé, Kara-Shagan, où vivent deux familles.

L’enfance de Yerzhan pourrait être celle d’un conte, celui que sa grand-mère lui raconte pendant les longues soirées, car sa conception a surpris ce petit monde ; partie dans la forêt rattraper son foulard que le vent emporte, Kanishat, est victime d’une agression par un  « extra-terrestre » ; retrouvée blessée dans un ravin non loin de la « zone ». Cette agression portera un fruit, Yerzhan !

La Zone, ce lieu clôturé, interdit engendrera une peur sur Yerzhan, comme le marquera le « lac interdit » et  « la ville morte » que la dureté de l’hiver recouvre de neige .

L’enfance de Yerzhan se déroulera comme tous les enfants de la steppe, mais lui et les autres membres des familles se rendront compte que contrairement à Aisulu (sa promise) et les autres écoliers Yerzhan ne grandit plus. C’est un bouleversement pour l’enfant ; cet enfant doué pour la musique qui à l’âge de 3 ans jouait déjà de la dombra de son grand-père, puis à présent magnifiquement du violon.

Shaken sous l’insistance de sa femme « la citadine », avait acheté un poste gramophone, puis plus tard pour convaincre les familles que sa propagande était juste, un téléviseur. Ce fut une ouverture sur l’ailleurs. Yerzhan et Aisulu écoutèrent et regardèrent leurs « idoles », des musiciens, chanteurs. Mais à présent plus rien ne l’intéresse, il s’isole, même d’Aisulu.

Yerzhan nommera son souci « cela » ! Tous cherchent à comprendre la raison de son état. Chacun pour l’aider tentera des moyens plus ou moins archaïques, seul l’oncle Shaken qui travaille à la centrale d’essais atomiques (*) plus pragmatique l’emmènera passer une radio, dont il ne voudra pas croire les résultats. Yerzhan ne grandira plus, il a fini sa croissance.
Les explosions atomiques qui résonnent dans la steppe, détruisent villages, tuent la faune, la flore, empoisonnent les lacs, pourraient être responsables de ce phénomène ? Apparemment, même si certains membres des deux familles constatent les méfaits sur leur vie, il semble qu’ils ne mesurent pas l’importance de l’impact.

Et surement pas l’oncle Shaken dont le leitmotiv est : «  Pour construire le communisme ! C’est notre devoir absolu non seulement de rattraper, mais de surpasser les Américains ! En cas de troisième guerre mondiale ! concluait son slogan favori. » C’était l’ère de l’atome !

Yerzhan se souvint qu’un jour, par bravade, devant les écoliers médusés il s’ était baigné dans les « eaux du lac interdit ».

Pendant que le train continue son parcours, Yerzhan déroule sa vie à l’étranger, le narrateur, avec lequel il partage le compartiment de nuit. Un chemin qui l’ a conduit à jouer du violon dans les trains où il vend des boissons ; comme  son grand-père et son oncle étaient cheminots.

Extraits
« …Yerzhan grattait, en secret, la dombra, imitant ses sourcils froncés et sa voix rauque. Il ne lui fallut pas longtemps pour saisir quelques mélodies familières et,[…] à mémoriser les mouvements des doigts de son grand-père. »

« Lorsque l’archet frotta les cordes, l’instrument poussa un gémissement disgracieux. « Donne ! Donne ! Et Yerzhan prit le violon des mains de son grand-père. Ce jour-là, il usa les oreilles de tout le monde. Seul l’oncle Kepek, qui était saoul, fut si touché qu’il fondit en larmes.. »

« Le wagon se mit à tanguer. Les boites de pain se mirent à tanguer. Les vieux disparurent par la porte ouverte. Le taon faisait tournoyer le sol sous les pieds de Yerzhan. Puis il l’entraîna dans une obscurité chaotique.

La Zone ! c’était ainsi que Yerzhan se rappelait ce jour-là, le moment où le train quitta les rails et se renversa dans la steppe. Finalement, Pépé Daulet et Tonton Tolegen, couverts de sang, sauvèrent Yerzhan de l’obscurité et des pattes velues du taon. Ils l’enveloppèrent de peaux de mouton, tout en versant leurs chiches larmes de vieillards. »

« Des nuages de plomb balayaient la steppe sans donner ni pluie ni neige. Des nuages creux, que ni le tonnerre ni les éclairs ne venaient traverser. Il était étrange de voir la rapidité avec laquelle ces nuages défilaient dans le ciel quand, au sol, l’air était si stagnant.
Plusieurs jours passèrent avant que le ciel ne s’éclaircit. Personne ne sortit …Ils pissaient même dans un saladier de cuivre, que Kepek, fulminant, vidait de temps à autre par la fenêtre.
Leur urine – et celle de Yerzhan en particulier – vira au rouge, comme sous l’effet de la honte. »


« Regarde, c’est l’oie… » Yerzhan se pencha sur le côté, s’attendant à voir des bestioles, et peut-être un lac. Mais devant eux, étirant son cou de béton hors du sol, se tenait un étrange bâtiment.
Au loin Yerzhan aperçut d’autres silhouettes obscures. A mesure qu’ils s’approchaient, « l’oie » se mit à ressembler plutôt à une grue, un immense bloc de béton à moitié effondré, comme s’il avait fondu et dégouliné sur un côté. Le garçon resta bouche béé et les yeux grands ouverts, mais Tonton Shaken ne resta pas longtemps là. Il orienta le cheval vers les autres structures. Et bientôt Yerzhan les vit nettement : des maisons en ruine.
Yerzhan fut terrifié. La fin du monde décrite par Mémé Ulbarsyn se matérialisait sous ses yeux. »

Mais Pépé n’était point de son avis : « Il n’y a rien en ce bas monde qui justifie une guerre ! Le chemin de fer, je comprends, ça sert à transporter des gens et des marchandises – c’est utile pour tout le monde ! Mais à quoi sert ton putain d’atome de mes deux ? Vous avez transformé la steppe entière en désert ! On ne voit plus jamais de gerbille ou de renards ! «

« Et les hommes n’arrivent plus à bander ! intervenait Kepek avec une assertion incompréhensible de son cru qui poussait Shaken, penaud, à détourner le regard. »



Spoiler:


L’auteur mêle  réalité et mythe dans l’histoire de Yerzhan, car certainement la vie des kazakhs est différente selon le lieu d’habitation. La femme de Shaken, par exemple est nommée « la citadine » comme on dirait l’étrangère.
L’amitié qui lie les deux familles du hameau est sensible et la vie de chacun montre bien la dureté de cette région et leur isolement. Certains membres sont frustes, leurs gestes anciens, manque d’hygiène.  
Le mutisme de Kanishat, la mère de Yerzhan est tout de même étonnant puisqu’il l’éloigne de son enfant. Un  mutisme voulu, une forme de révolte contre l’attitude de son père ?
Les sentiments de Yerzhan sont bien compréhensibles.
Je pense que l’auteur a installé le narrateur dans le train qui traverse la steppe  du kazashtan pour en montrer l’immensité.

Je trouve l’écriture assez poétique dans ce contexte et agréable, ainsi que la composition en 3 parties.

ajout : en résumé c'est à travers l'histoire de Yerzhan, cet adulte enfermé avec son destin, ses espoirs dans un corps d' enfant que l'auteur dénonce l'impact des nombreux essais nucléaires dans la steppe d'Ouzbékistan. La guerre froide qui opposait les USA à l'URSS est représentée par les propos de Shaken qui travaille au polygone d'essais.
L' importance du  réseau ferré dans le pays est signalé par les propos et le travail de la famille Daulet et le choix de positionner le narrateur dans un voyage en train.


Je pense lire un autre livre de l’auteur
mots-clés : #enfance #lieu #musique
par Bédoulène
le Dim 16 Sep - 16:20
 
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Sujet: Hamid Ismaïlov
Réponses: 11
Vues: 866

Thierry Murat

Les larmes de l'assassin
d'après un roman jeunesse de Anne-Laure Bondoux


Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 97827510

Une maison isolée et battue par les intempéries dans le sud-sud de la Patagonie. Un infâme assassin recherché par toutes les polices arrive pour s'y cacher et tue sauvagement les parents de Paolo. Un curieux attachement se tisse entre cet homme et cet enfant qui partagent leurs solitudes.

l'histoire est déchirante, toute en non-dits, les dessin sont d'une sobriété à la beauté époustouflante.
La grande classe  bounce !

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 97827511
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mots-clés : #amitié #enfance #lieu #solitude
par topocl
le Jeu 13 Sep - 8:18
 
Rechercher dans: Bande dessinée et littérature illustrée
Sujet: Thierry Murat
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Magda Szabó

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Arton710

Le vieux puits

Un vieux puits comblé dans la cour de la maison natale. Les parents ont interdit à la petite fille de s'en approcher de peur que la terre s'écroule.
Mais, c'est bien connu, ce qu'on interdit aux enfants, les attire d'autant plus.
Par respect pour ses parents la petite fille respecte l'interdit.
Mais rien ne l’empêche d'imaginer ce qu'il y a peut être au fond du puits. Ni, plus tard, de s'y glisser pour retrouver ses souvenirs d'enfant, sa ville, ses amis, ses parents. Tout ce qui l'a frappée si tôt et si durablement.

Les souvenirs de Magda Szabo sont ceux d'une enfant précoce, vive, sensible et imaginative. Entourée de parents exceptionnellement aimants, compréhensifs et doués.
Tous deux sont dotés de dons artistiques comme le reste de la famille.
Si la vie ne leur permettra pas de les exprimer publiquement, ils inventent pour elle des contes quotidiens, tissant ainsi entre eux une complicité active.

Plus que tout, c'est sa mère que la petite Magda aime, et admire. Jamais elle ne connaîtra un être plus proche dans sa vie.

"Mère avait toujours à faire, je ne sais pas comment elle trouvait le temps d'écrire -sans doute la nuit. L'art était pour elle autre chose que pour des artistes plus favorisés : sa corde de rappel, sa bouée de sauvetage quand la vie était trop lourde à porter."

Magda la juge téméraire, inventive, fantasque, fabuleusement douée pour réinventer une vie  meilleure.
Un être romanesque, une fée.
Avec le père, Magda découvre la ville, les monuments, les commerçants. L'histoire, la science, la culture. Mais elle l'aime également beaucoup.

"La vie était simple, il offrait bonheur et sécurité.
Et il était homogène. Tout  y était vivant, non seulement les humains et les,animaux, mais aussi les choses ; toutes les créatures fantastiques y vivaient, comme des êtres de chair et de sang."


Même la maladie et la fièvre lui apportent des visions surnaturelles. D'autant plus appréciées que, "du fait de ses aptitudes et du caractère de ses parents, les limites entre réalité et imaginaire étaient floues."
Très tôt aussi, elle a besoin de réfléchir, de raisonner, de chercher des explications à tout.
La réalité vivante de la ville et des êtres lui apporte des éléments supplémentaires et concrets de connaissance.
Ce qui ne l'empêche pas, comme tout enfant d'aimer ou de haïr sans trop savoir pourquoi.

Comme ses parents, elle aime les animaux, et elle réalise qu'en fait, ils n'existent "qu'en tant qu'outils et nourriture."
Un jour, elle assiste à l'agonie et à la mort d'un cheval accidenté et c'est pour elle l'occasion d'un profond traumatisme.
Ce qui la trouble durablement aussi, c'est le silence des animaux face à la mort.

Un peu plus tard, la conscience de la mort se rapproche, c'est celle de son père qu'elle pressent.
Et cette révélation sera désormais une inquiétude constante.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ces souvenirs, remarquables par leur quantité autant que par leur précision. Même si la romancière a réinventé.
C'est une enfance heureuse et pleine qu'elle a connue dans l'ensemble.
Et, de fait, c'est ce qu'elle nous révèle de plus intéressant.
"Il n'est pas facile d’être adulte et une fois adulte de supporter celui qu'on a été."

mots-clés : #autobiographie #enfance
par bix_229
le Mer 5 Sep - 18:38
 
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Sujet: Magda Szabó
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Claire Messud

La fille qui brûle

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 518vwm10

C'est l'histoire du passage à l'adolescence entre deux amies de la toute petite enfance, celle qui  raconte, et s'en sort pas mal, et l'autre moins bien dotée au départ, qui s'éloigne, s'enfonce dans des comportements que plus personne ne comprend, entraînant un rejet qui ne fait qu'aggraver sa détresse.

C'est très finement observé, cette fragilité d'une période où se révèlent les carences de l'enfance jusque-là masquées, où explosent les questionnements, et tout est si difficile si on ne trouve pas les bonnes alliances.

Le récit est tout en nuance, en bonnes trouvailles, c'est parfaitement maîtrisé, presque trop, les sentiments sont pour ainsi dire remplacés par cette acuité. C'est une bonne lecture, d'un roman bien structuré, qui  remue des périodes de trouble que nous avons vécues, mais où, peut-être, justement, il manque un certain trouble.

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Sanato10



mots-clés : #amitié #conditionfeminine #enfance #identite #initiatique #psychologique #relationenfantparent #solitude
par topocl
le Mer 8 Aoû - 9:27
 
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Alan Pauls

Histoire de larmes

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 51kfif10


Septembre 1973, au Chili le palais de la Moneda est en flammes et Salvadore Allende, le Président meurt. Le narrateur se trouve chez un ami tous deux regardent la télévision mais seul l’ami est en larmes, lui il ne peut pas pleurer il ne pleure plus depuis qu’il l’a décidé à l’âge de 7 ans. Pourtant lui plus que bien d’autres aurait des raisons de pleurer ;  instruit politiquement, il lit toute la littérature  marxiste, il attend fébrilement tous les mardis la sortie du journal « la Cause Péroniste ».

Pourtant il était un enfant très sensible, sensibilité que son père vantait, mais les pleurs ne se libéraient qu’en présence de son père. Ses parents étant divorcés, il vit avec sa mère et va à la piscine avec son père. Il revient de ces journées là avec les doigts flétris et rougis par les frottements au fond de la piscine mais quel bonheur ! L’ enfant associe très jeune le bonheur à la douleur aussi ce sont les souffrances de superman, son héros, qu’il imitera en volant à travers la porte vitrée, qu’il aime, plus que ses exploits.

Enfant silencieux, qui dessine et lit sans  savoir lire, il a une faculté qui fait l’orgueil de son père : son écoute, tous ceux qui l’approche éprouvent le besoin de se confier à lui ; mais que retient, que comprend un enfant de 4 ans de ses confessions ? L’auteur veut-il  montrer l’interdit qui règne en Argentine , l’impossibilité de s’exprimer ?

Il pleure, puis ne pleure plus, et  à la mort d’Allende il rejette sa petite amie qui se trouve être de droite, elle pleure, puis d’autre comme un ami pleurera devant lui ; à présent c’est lui qui fait pleurer les autres. Larmes oui mais plus les siennes.

Pourtant un soir la réalité dépasse la fiction, fiction qui lui était plus proche tel  les costumes impeccables des militaires qui cachent l’homme qui les porte. Ces  militaires qu’il voit, enfant, comme des extra-terrestres, des envahisseurs.

Un soir donc la dure réalité le rattrape dans un épisode de son enfance alors qu’il voit à la Une du journal  le cadavre d’une femme nue.

[…] et même ainsi maintenant qu’il la voit non seulement nue mais le corps transpercé de plusieurs balles, souillée de terre comme si on l’avait traînée sur le ventre , déjà morte, le long du terre-plein du camp militaire où elle a été tuée, selon la légende de la photo, floue et de mauvaise qualité,  qui pourrait suggérer que c’est un cadavre comme les autres [….] il lit  […] et, au bout d’un moment la lumière est  si faible, les mots si difficiles à distinguer , qu’il ferme les yeux  et continue à lire comme le font les aveugles , suppose-t-il, en caressant les phrases du bout des doigts , jusqu’à ce qu’une sensation froide sur le revers de sa main, puis une autre et une autre encore, l’obligent à s’ interrompre. Il ouvre les yeux. Pleut-il ? non :  il pleure. Il pleure dans la ville comme il pleut dans son cœur…. […] et il reconnait en elle le voisin de la rue Ortega y Gasset , le militaire, le maniaque qui  a chanté à son oreille, lui a donné asile , a lu sur le bout de ses doigts le secret de sa douleur…
C’est simple, il n’a pas compris ce qu’il aurait dû comprendre. Il n’a pas été de son temps, il n’est pas de son temps et ne le sera jamais. Quoi qu’il fasse, quoi qu’il pense, c’est une condamnation qui l’accompagnera toujours.



J’ ai apprécié l’écriture incisive (de caractère plutôt) qui donne du poids au sujet, à l’ambiance,  les petits détails qui dévoilent les personnages.  Je pense aussi que c’est habile de se servir d’un évènement  survenu dans un  pays voisin pour critiquer le sien.

Je vous engage à lire ce petit livre lequel sera suivi de deux autres lectures, indépendantes, Histoire de cheveux et Histoire d’argent. J’ aimerais avoir votre regard sur cet auteur.





mots-clés : #enfance #psychologique #regimeautoritaire
par Bédoulène
le Dim 29 Juil - 10:08
 
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Sujet: Alan Pauls
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Timothée de Fombelle

Neverland

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy_56

Un petit livre tout court, plein de charme et de fantaisie où Timothée de Fombelle , accompagné d'un doux destrier, équipé en chasseur de chimères, part à la recherche d'une enfance qui  ne l'a en fait jamais quitté. Il traverse des paysages de clairières, de marais mystérieux et de buissons de mûres, et retrouve des souvenirs, des sensations (un retour de  vacances endormi dans la voiture, un tiroir fouillé en cachette, un oreiller moelleux...) qui ont fait la richesse de ses jeunes années.

C'est doux tendre, très poétique, l'enfance est innocente et accueillante; la jolie écriture empêche que cela ne tombe (trop) dans la naïveté. Et puisque le quatrième de couverture annonce qu'il s'agit du premier livre pour adultes de l'auteur, il faut bien préciser qu'il parlera d'autant plus à ceux qui ont gardé une part d'enfance, de rêve et d'imaginaire en eux.


mots-clés : #contemythe #enfance
par topocl
le Mer 30 Mai - 15:59
 
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Sujet: Timothée de Fombelle
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Isabelle Monnin

Mistral perdu ou les événements

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy_10

Isabelle Monnin enfant, adolescente, adulte. Des chapitres.

Vu comme ça, ça fait penser à des récits déjà 100 fois lus sur les années soixante dix, la cour d'école terrorisante, les premiers baisers, les premières boums, le départ pour les études... Et au début j'ai vraiment eu peur de ça. Mais l'approche si touchante d'Isabelle Monnin s'est vite précisée, et c'est devenu un texte personnel arrachant,  avec ses deux versants intime et universel.

Isabelle Monnin décrit la bulle qu'elles ont formée avec sa sœur, et,  scandé par ce "Nous sommes deux" récurrent, qui résume une évidence, il y a   là quelque chose de quasi magique. De très ordinaire aussi, car toutes les enfances se ressemblent. Tout cela se joue sur un fond de Mistral gagnant (et oui, comme Isabelle Monnin, Renaud a sans doute été pour moi tout à la fois l'expression de ma première rébellion , comme de ma première appartenance.), dans cette petite bourgeoisie provinciale de gauche, sûre de ses idées généreuses et de son bonheur, gagné à la génération précédente sur les barricades. Tous les espoirs sont permis et cette sororité en est le carrosse.

Nous sommes deux, nous sommes des enfants et le monde est facile.


Mais assez vite, implicitement, sans qu'un mot soit dit, on sent la fracture qui rôde. On sait que cette jeune sœur rieuse et pas insouciante, un moment, ne sera plus  là.

Et oui, à 26 ans, cette sœur meurt, dans un chapitre d'une brièveté déroutante, car des pourquois et des comments, dans ces cas-là, il n'y en a pas. Il faut vivre avec cela, c'est impossible mais on n'a pas le choix. Plus rien n'est partagé. Et en plus, rien ne vient comme on l'avait prévu : le monde aussi la lâche en route.

Dans l'intime, « notre troisième fils, un grand prématuré, meurt." Dans la sphère publique, la belle conscience de gauche s'effrite, la gauche n'est plus, la haine surprend de tous côtés, empaquette ignominieusement le quotidien,  D'événement en événement, le monde jadis prometteur est en faillite. Le collectif n'est même plus là pour panser les plaies intérieurs. Est-ce la fin de l' histoire ? Même Renaud, vieillli, ventripotent , on n'y croit plus (il n'y croit sans doute plus beaucoup lui non plus). Que faire d'autre dans cette douleur transfixiante, que laisser ses enfants, joyeux, jouer parmi les tombes ?

Quelque part elle explique qu'elle est  une maison, les briques sont les événements familiaux, le ciment les événements publics. Elle s'y sentait bien. Et maintenant, on la voit faire tout ce qu'elle peut pour que la maison ne devienne pas une ruine.

C'est terriblement beau, l'écriture d'Isabelle Monnin est d'une poésie trouble, battante, inventive. Elle empaquette cette histoire tellement intime, tellement commune pour en faire un texte douloureux, fragile, un cuisant constat d'échec commun.



mots-clés : #autobiographie #enfance #fratrie #intimiste #jeunesse #mort #viequotidienne
par topocl
le Sam 26 Mai - 10:52
 
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Sujet: Isabelle Monnin
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Alessandro Baricco

City

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Baricc10

Gould est un enfant génial qui dialogue de la boxe dans les toilettes, et Shatzy Shell sa gouvernante, qui dicte un western (boxe et western sont les deux principaux leitmotive du roman) ; Diesel, un géant, et Poomerang, muet (qui nondit) sont les amis imaginaires de Gould, mais ils vont quand même se procurer une caravane pour permettre à Diesel de voyager (la caravane est jaune et on se contentera de la nettoyer toutes les semaines : c’est sans doute trop contemporain pour l’auteur…)
Place prépondérante de l’enfance ; Diesel au père qui s’efforce lourdement d’inculquer à sa petite fille en pleurs le maniement des baguettes au restaurant chinois, chapitre 17 :
« ‒ Mais pourquoi vous faites des enfants ? ‒, dit-il. ‒ Pourquoi ? »

Gould fréquente l’université, et parmi ses 27 professeurs il y a :

- Bandini (sans doute en clin d’œil à John Fante, d’ailleurs tout le roman baigne dans un univers états-unien ; ce Bandini-là s'intéresse aux vérandas, chapitre 17),

- Taltomar (qui étudie les arbitres de football ; peut-être dénommé en référence au Palomar de Calvino, qui n’est pas sans similitude avec City ? Baricco évoque aussi un « soleil jaguar »…),

- Mondrian Kilroy (eh oui, Kilroy was here ; étude des objets courbes, au travers des nymphéas de Monet, superbe chapitre 13) ; de ce dernier également l’essai « de l’honnêteté intellectuelle » selon laquelle les idées, « apparitions provisoires d’infini », perdent leur vérité en étant exprimées, « tragédie nécessaire » de ne pas savoir nous taire (chapitre 22) :
« En un certain sens, l’intelligence humaine travaille constamment à dissiper le chaos infini et merveilleux des idées originelles et à le remplacer par l’inoxydables complétude des idées artificielles. […] Elles étaient des apparitions : l’homme en fait des armes. »

Un grand sens des dialogues, et de l’humour, comme avec les burgers du chapitre 14. Exemple (chapitre 1) :
« Le père de Gould était persuadé que Gould en avait une, de gouvernante, et qu'elle s'appelait Lucy. Tous les vendredis, à sept heures et quart, il lui téléphonait pour savoir si tout était okay. Alors Gould au téléphone lui passait Poomerang. Poomerang imitait très bien la voix de Lucy.
- Mais il n'est pas muet, Poomerang ?
- Justement. Lucy aussi est muette.
- Tu as une gouvernante muette ?
- Pas exactement. Mon père croit que j'ai une gouvernante, il la paie chaque mois par mandat postal, et moi je lui ai dit qu'elle est très bien mais qu'elle est muette.
- Et lui, pour savoir comment vont les choses, il lui téléphone ?
- Oui.
- Génial.
- Ça marche. Poomerang est très bien. Tu sais, ce n'est pas la même chose d'entendre quelqu'un rester muet et d'entendre un muet se taire. C'est un silence différent. Mon père ne s'y laisse pas prendre.
- Ça doit être un homme intelligent, ton père.
- Il travaille dans l'armée.
- Bien sûr. »

Divagation foutraque (cheminement narratif qui parfois s’emballe, s’égare, s’enchaîne ou s’entrelace), avec d’ailleurs une belle métaphore de la folie, chapitre 16 :
« …] tu cherches la porte pour en sortir et impossible de la trouver. Si ça se trouve il n’y en a plus. Disparue. Et toi enfermé là-dedans pour toujours. […] Elle dit qu’une maison comme ça, si tu ne peux pas en sortir, il faut bien que tu trouves un moyen pour y vivre. C’est ce qu’ils font, eux. De l’extérieur on n’y comprend rien, mais pour eux tout est très logique. Elle dit qu’un fou c’était quelqu’un qui pour se faire un shampooing se met la tête dans le four. »

La part "western" culmine avec une belle histoire de Closingtown, « ville dont quelqu’un a volé le temps, et le destin », depuis parcourue par le vent et la poussière du désert qui l'entoure (chapitre 29) :
« ‒ Le vent est une blessure de temps ‒, dit Julie Dolphin. ‒ C'est ce que pensent les indiens, le saviez-vous ? Ils disent que quand le vent se lève cela signifie que le grand manteau du temps s'est déchiré. Alors tous les hommes perdent leur propre piste, et aussi longtemps que soufflera le vent ils ne pourront pas la retrouver. Ils restent sans destin, égarés dans une tempête de poussière. Les indiens disent que seuls quelques hommes connaissent l'art de déchirer le temps. Ils les craignent, et les appellent "les assassins du temps". »

Baricco confie dans des commentaires que
« …] ce livre est construit comme une ville, comme l'idée d'une ville. […] Les histoires sont des quartiers, les personnages sont des rues. Le reste, c'est le temps qui passe, l'envie de vagabonder et le besoin de regarder. City, j'y ai voyagé pendant trois ans. Le lecteur, s'il le veut, pourra refaire le même chemin. C'est ce qu'il y a de plus beau, et de difficile, dans tous les livres : peut-on refaire le voyage d'un autre ? »
« Une ville. Pas une ville précise. Plutôt l'empreinte d'une ville quelconque. Son squelette. Je pensais aux histoires que j'avais dans la tête comme à des quartiers. Et j'imaginais des personnages qui étaient des rues, et qui certaines fois commençaient et mouraient dans un quartier, d'autres fois traversaient la ville entière, accumulant des quartiers et des mondes qui n'avaient rien à voir les uns avec les autres et qui pourtant étaient la même ville. Je voulais écrire un livre qui bouge comme quelqu'un qui se perd dans une ville. »

Je ne suis pas certain que l’auteur ait gagné son pari, ou fait passer sa vision ‒ mais il permet une belle ballade, avec quelques remarquables vues…

Thèmes : Enfance (mais pas que : j'aurais aimé un tag "rêverie", ou au moins "fantaisie", et aussi "folie"...)


mots-clés : #enfance
par Tristram
le Dim 20 Mai - 16:01
 
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Sujet: Alessandro Baricco
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Patrick Modiano

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Pourr_10

POUR QUE TU NE TE PERDES PAS DANS LE QUARTIER


"Il ne faut jamais éclaircir les mystères."


Il a vieilli Modiano et Jean Daragane, son double romanesque qui lui ressemble comme un frère, aussi.

Au début, il est chez lui, un peu vide, desocupado, sans relations. Sans le désir d' en avoir.
Mais voilà ! Le téléphone sonne et il commet l' erreur de répondre.
Un homme lui annonce qu' il a trouvé son carnet d' adresse et lui demande un rendez-vous pour le lui rendre. Mais il montre trop d' insistance et Daragane sent l' arnaque. Pourtant il va au rendez-vous et son impression se confirme. Une femme est là, une complice. Daragane la reverra seule.

Ce pourrait être un début d' intrigue. Ce n' est qu' une impasse. Mais voilà le passé qui frappe à la porte et les fantômes d' un passé enfoui qui surgissent. Et parmi eux, surtout, une femme. Une femme aimée qui lui a tenu lieu de mère dans l' enfance et peut être plus tard d' amante. Enfin peut être.

"Il croyait l' épisode oublié, mais la perte avive parfois la mémoire, surtout dans le cas d' un être aimé."

Et Jean va essayer de savoir ce qu' est devenue cette femme.

Le reste est du pur Modiano et ne se raconte pas.

Plus le temps passe et plus les souvenirs s' estompent, se brouillent, se transforment. Les acteurs de ces temps-là, les témoins, disparaissent ou ont disparu. Et c' est une lutte contre l' oubli qui se joue, une douleur aussi. Comme lorsqu' on perd un membre et qu' il persiste à vous faire souffrir. Le temps est passé par là, ne laissant ni repos, ni apaisement. Juste une nostalgie poignante.

Modiano dit dans une interview :  "Parfois, pour faire une oeuvre littéraire, il faut tout simplement rêver sa vie - un rêve où la mémoire et l' imagination se confondent."

Et ceci encore : "Je crois que le regard des écrivains et des enfants ont le pouvoir de donner du mystère aux êtres et aux choses qui, en apparence, n' en avaient pas. Il ne faut jamais éclaircir les mystères."

C' est pour cela qu' on l' aime Modiano !

mots-clés : #enfance #identite
par bix_229
le Ven 18 Mai - 18:05
 
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Sujet: Patrick Modiano
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Jean Giono

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Cvt_je10

Jean le Bleu

Récit autobiographique qui va de l'enfance au début de l'âge adulte. J'ai été perturbé par quelques tournures et images "lourdes", ça fait épais si ce n'est un peu maladroit, très appuyé. A côté de ça il y a des passages qui fonctionnent (et plus on avance plus ça se libère ?) et on peut s'intéresser et se laisser faire pour découvrir un regard particulier sur une petite ville de province, la campagne environnante et les gens qui habitent ce monde.

Un regard patient et curieux qui cherche une humilité à la fois forte et sereine. Un mélange que l'on trouve aussi dans son approche de la sensualité. On découvre un goût pour les personnages aux marges, à la part de fantastique des hommes et des femmes. Le même goût pour les apports de l'extérieur, les voyageurs et immigrants.

Le séjour à la ferme pour forger l'adolescent, décision d'un sage de père, ne manque parfois pas de saveur non plus.

Tout ce tend néanmoins vers la fin quand la guerre s'impose (jolis passages sur la non définition d'un pays) après le calme dépouillement du voisin poète. Là ça devient plus dur et le sens de l'ensemble se renforce. Des lourdeurs peut-être mais peu de hasards...


mots-clés : #autobiographie #enfance #relationenfantparent
par animal
le Mar 10 Avr - 20:34
 
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Sujet: Jean Giono
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Maryam Madjidi

Marx et la poupée

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy_22

A cinq ans, Maryam Madjini a suivi l'exil de ses parents communistes, fuyant la répression de l'Etat iranien, désireux d'offrir à leur fille une vie de liberté et d'ouverture.

Il y a le versant joyeux, flatteur d'être une jeune femme d'origine persane, avec l'exotisme que cela comporte - très efficace pour draguer. Il y a la dure réalité d'être une petite fille qui abandonne sa grand-mère et ses poupées, et qu'on installe dans un studio de 15 m2, dans une école dont elle ne connaît ni la langue, ni les codes .

Par petits morceaux accolés, en une espèce de liste géante,  avec un humour discret en filigrane, l'auteur raconte cette ambiguïté de l'exil, dans un style descriptif, évitant les effets de manche, cherchant une certaine distance. Pour adoucir cette froideur apparente -et dans un probable clin d'oeil aux Contes des Mille et Une Nuits -  elle glisse quelques chapitres nommés "Il était une fois", petits contes allégoriques illustrant ses drames intimes.

Cela laisse une impression de superficialité à force de ne pas vouloir y toucher, il n'y a pas de grande nouveauté, ni sur l'Iran, ni sur l'exil. C'est  au final un livre sympathique là où il aurait dû être passionnant.


mots-clés : #enfance #exil #regimeautoritaire
par topocl
le Mar 10 Avr - 16:51
 
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Sujet: Maryam Madjidi
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Isabelle Carré

Les rêveurs

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Proxy_11

Isabelle Carré, cette jeune femme "people" que les journalistes qualifient de "discrète et lumineuse", raconte ses années de jeunesse, sa famille complexe et torturée, les errements de sa jeune âme si mal accompagnée, que le jeu d'actrice, et la propre famille qu’elle saura se créer finiront par sauver.
S'il est vrai  que cette histoire ne manque pas de pathétique (et c'est peu dire), j'ai eu du mal à en être émue, tenue à distance par une certaine superficialité de ce grand déballage, son caractère saucissonné, aussi.
Bon. Voilà. Elle a vécu comme ça, Isabelle Carré. Cela m'indiffère assez finalement, même si c'est une vie et qu'elle mériterait de l'attention.


mots-clés : #autofiction #enfance #famille #solitude
par topocl
le Ven 23 Mar - 14:41
 
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Sujet: Isabelle Carré
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Angel Wagenstein

Tag enfance sur Des Choses à lire - Page 4 Abraha10

Angel Wagenstein :  Abraham le Poivrot. -10/18



Lorsque Berto Cohen revient dans sa ville natale de Plovdiv, en Bulgarie, trente ans et plus se sont passés.
Trente ans d' exil ou presque en Israel.
Mais le passé lui saute aussitot au visage. Les souvenirs bien entendu, mais aussi quelques témoins encore vivants.
Ainsi le photographe Costaki, archiviste et témoin passionné, et Araxi, une amie d' enfance et fille de la tant aimée de Marie Vartanian, prof de français de la 5e A.
Araxi avec qui il s' est "marié" à douze ans, et dont il retombe amoureux progressivement sans trop savoir si c' est Araxi qu' il aime ou sa mère à travers elle.
Invité à un congrès ennuyeux, il l' oublie très vite et, accompagné d' Araxi, il parcourt la ville et les lieux de leur enfance.
Plovdiv, une très belle et ancienne ville des Balkans, au bord de la Maritsa.
Mais elle a bien changé la ville !

Pourtant,il sent partout la présence son grand père maternel, Abraham.
Athée revendiqué mais de mèche avec le pope, le rabbin et le mollah.
Ferblantier de son métier, grande gueule et grand coeur, pilier de bars, coureur de jupons et conteur hors pair.
Ne se rappelle t-il pas des temps et des évènements qu' il n' a jamais vécus ?
Il est vrai que la tradition est forte dans ce milieu de juifs séfarades, expulsés d' Espagne en 1419 par l' Inquisition et qui, en Bulgarie, échapperont par miracle au génocide des années 40.
Ce qui fait vivre les juifs et les autres communautés ethniques, c' est une exceptionnelle solidarité. Bulgares, albanais, turcs, jufs et tziganes, coexistent en paix.
Naturellement ça ne durera pas.

Abraham ne se sent jamais aussi bien, autant lui-meme, qu' au milieu de cette commuauté populaire et plurielle.
Lorsqu' elle disparaitra, il en mourra de désespoir.
Comment ne pas aimer cette mosaique humaine !
Où les femmes des trois religions vont aux bains turcs à tour de role sous les yeux attentifs des hommes et des religieux dans une complicité sensuelle mais bon enfant.

Berto aime et admire son grand père plus que tout et dans la famille, il sert d' "agent double" pour ses deux aieuls.
Et puis les autres, Stoichov, le prof principal de la 5e A, idéaliste et révolutionnaire intègre.
Et les Tziganes, remuants et pauvres, avec  leur chef d' orchestre génial, Manouche Aliev.

Celui qui n' a jamais assisté à une fete tzigane ignore ce que c' est que de jouir de la vie, que de s' abreuver de tout son soul sans accabler son ame des angoisses du lendemain.


Mais le communisme, après la guerre, montre sa vraie nature et brise la belle unité de la communauté.

Voilà une fresque enluminée, miraculeusement vivante où le présent se nourrit du passé sous les yeux de Costas Papadopoulos, le photographe.
C' est chez lui que le narrateur et Araxi se retrouvent pour revivre un moment presque oublié  de l' histoire.
Suspendu dans le temps et la nostalgie.

mots-clés : #autobiographie #communautejuive #enfance
par bix_229
le Jeu 1 Mar - 19:53
 
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Sujet: Angel Wagenstein
Réponses: 7
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