Des Choses à lire
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Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Mer 5 Aoû - 16:21

28 résultats trouvés pour esclavage

Ernest Gaines

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D'amour et de poussière


Original: Of Love and Dust (Anglais/E.-U. 1967)

CONTENU:
Présentation de l'éditeur a écrit:Une plantation aride de Louisiane, théâtre de tous les déchirements. C'est là que se nouent les amours du contremaître cajun Bonbon et de Louise, une esclave noire. Et celles, plus coupables encore, du farouche Marcus, tout juste sorti de prison, et de Louise, la femme blanche du contremaître. Sous le regard réprobateur de toute une communauté, tabous et non- dits volent en éclats. Mais comme dans une tragédie antique, leurs destins prendront peu à peu valeur d'exemple.


REMARQUES:
Le roman est divisé en trois grandes parties de 22,17 et 16 chapitres. Vu la longeur du roman, alors des chapitres assez courts.

C'est sur une plantation non loin de Baton Rouge, la capitale de la Louisiane, qu'atterrit un jour de 1948 le jeune Marcus, homme de couleur: il fut libéré sous caution, en attendant son procès, et le Maréchal l'emploie alors comme ouvrier peu couteux sur son exploitation de coton, de maïs etc. Sur l'ordre du Maréchal le cajun Bonbon, le contre-maître, prend Marcus dans son viseur, le prend durement. Bonbon, tout en étant marié avec Louise, vit alors une relation avec la belle Pauline. C'est d'abord pour se venger pour les humiliations que Marcus va essayer de s'approcher de Louise qui s'ennuie tout seule dans la maison.

Le narrateur est James „Jim“ oder Jime Kelley, mécanicien et conducteur de tracteur. C'est lui qui est demandé d'accueillir Marcus dans sa maisonette dans „les quartiers“, et que la marraine du jeune garçon demande de bien vouloir jeter un coup d'oeil bienveillant sur son filleul. Difficile, car celui-là vient comme enfant de ville, si possible avec chaussures cirées et chemise en soie, en recherche d'une fille facile et après avoir tué pour pas grande chose un concurrent.

Raconté par Kelley, celui-ci n'a pas vécu tous les événements relatés: donc il doit récourir à la citation, à ce qu'il a entendu etc. Cette technique rend des fois la narration un peu compliquée ou même construite (artificiellement). Mais cela n'empêche pas en général une narration avec des vrais coup de génies, comme par exemple une récolte des épis de maîs qui est narrée sur pas mal de pages: on essaie de mâter Marcus en augmentant lentement le rythme de la vitesse de récolte. Ou il y a cette beuverie et bagarre mémorable dans une hutte entre la moitié des gens du quartier...

Mais l'essentiel du récit est l'atmosphère d'une époque où l'esclavage avait bel et bien disparu, mais ou un esprit de séparation de classes et de races domine encore tout. Dans le centre d'intérêt on trouvera la juxtaposition d'un coté de la relation plus que charnelle (tolerée), mais même d'amour entre Bonbon et Pauline et, d'autre coté de cette relation naissante d'abord d'un acte de vengeance, mais qui se transforme en histoire d'amour entre la „blanche“ Louise et le „negro“ Marcus. Et là, franchement, c'est l'interdit absolu! On se trouve dans le grand sud, et seulement d'envisager une fin de ce tabou est impossible à s'imaginer. Et pas seulement pour la population blanche, non, aussi pour les gens de couleurs eux-mêmes. Marcus suscite ainsi la peur!

Et pendant presque toute la narration domine cette impression du tranquillement admis d'un coté, et de l'impossible de l'autre. Jusqu'à ce qu'à la fin des questions se lèvent...

Mais quel courage faudrait-il pour vaincre les tabous intérieurs, les anciens peurs? Reste un énorme impression d'un drame, oui, d'une tragédie: les personnes, Blancs et Noirs, sont des prisonniers d'un système et chacun dans sa part un pion dans les manigances d'autres. Et où en est la liberté?

Un roman à des multiples facettes qui va plaire aux amateurs de la bonne littérature du Sud des Etats-Unis, et spécialement à ceux qui ont déjà fait connaissance d'Ernest Gaines. Il évite l'unilatéralité, et voit derrière les choses simples la complexité de l'homme, mais derrière les questions apparemment si insolubles aussi les réponses simples, même s'ils sont pas encore universellement admises...

Splendide!


mots-clés : #esclavage
par tom léo
le Mar 11 Avr - 7:36
 
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Sujet: Ernest Gaines
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Patrick Chamoiseau

L'Esclave vieil homme et le molosse

Tag esclavage sur Des Choses à lire - Page 2 L_escl10

Venant de relire ce roman (récit plutôt ?), racheté par oubli de l’avoir déjà lu, il me servira d’introduction à l’œuvre d’un auteur dont je peux affirmer sans gros risque de me tromper qu’il est un des plus grands écrivains francophones de notre époque. Son écriture, d’une forte originalité mais puissamment enracinée dans l’héritage créole (oralité, merveilleux), le place dans la lignée de Rabelais (dixit Milan Kundera ‒ il semble que les deux auteurs se fréquentent) ; elle participe beaucoup de ses racines, l’antan, mais s’engage résolument dans une invention créatrice forte.
Sa prose lyrique de « Marqueur de paroles » est truffée d’heureux créolismes qui n’entravent pas la lecture, surtout si on a le français désuet en mémoire, à défaut des créoles issus du français ; je conseille cependant de recourir à un dictionnaire de martiniquais, comme Potomitan, pour en tirer tout le jus.
Mon coup de cœur initial a été Texaco ; je recommande aussi ses textes sur l’enfance.

Cet ouvrage relativement bref, rythmé en sept cadences, porte sur l’esclavage, ce topos obsédant des Antilles-Guyane : l’esclave vieil homme, au terme d’une vie de servitude à l’apparence placide mais secouée de « décharges » cachées (coups de folie, crises de révolte, impulsions de fuite), marronne finalement, et le Maître-béké de la plantation lâche sur lui son monstrueux molosse, un peu son double (qui a subi le même traumatisme du voyage en cale sur la mer haïe). Course aveugle et hallucinée dans les Grands-bois du vieil homme qui fut esclave. Rencontre terrible avec l’Innommable ‒ la bête-longue (serpent) ‒, avec un trou d’eau, une pierre gravée caraïbe. Vécu du flair du féroce poursuivant, tandis que le maître tente de suivre, conquérant livré à lui-même et au doute. Cela se termine par des os (en filigrane dans tout le récit), témoignage et genèse…

Cadences 3. « Eaux » a écrit:« Le noir, inconsolable, lui divulgua la texture de l’humus, les âges enchevêtrés, les eaux reines, la force pensive des troncs, l’allant d’une sève au secret des présences végétales. Cette indistinction s’alimenta d’une profusion portée d’un seul élan. Et élan désormais le soutint »
« Il écouta pour tout de bon le faux silence du sol, les grouillements d’herbes-champignons, le fouissement des racines, les ahans denses des roches, le clair des sources diffus comme des soupirs de cuivre. »


Cadences 4. « Lunaire » a écrit:« Des variations infimes sollicitèrent son derme : l’aura terreuse des grands arbres ; l’aigu raidissant d’un tombant de clarté ; l’aisselle océane d’une ravine ; le silence momifié où des fougères exhalent l’odeur de la mort éternelle et de la vie têtue. »
« Rien ne remue l’autour. les arbres mâchonnent un fond d’éternité. L’air trop fermenté sédimente sur lui une petite peau gluante. […]
Que l’omnisciente prière des grands arbres, la respiration des broussailles, la tremblée des insectes. Des germinations nouées au silence immuable. »



mots-clés : #esclavage #nature
par Tristram
le Mar 24 Jan - 17:05
 
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Sujet: Patrick Chamoiseau
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Félix Couchoro

Félix Couchoro
(1900-1968)

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Félix Couchoro (Ouidah, Bénin, 1900 - Lomé, 1968) est un écrivain togolais.
Il étudia dans une mission catholique et fut professeur d'une école catholique. De plus, il fut éditeur de différentes publications.

(wikipedia)

Bibliographie

L'Esclave, 1929
Amour de féticheuse, 1941
Drama d'amour à Anecho, 1950
L'héritage cette peste, 1963


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Tag esclavage sur Des Choses à lire - Page 2 Captur43

L’esclave

L’introduction  (de Yves-Emmanuel DOGBE) est très intéressante pour situer l’auteur dans la Littérature négro-Africaine et pour cette précision :

« La naissance de la littérature négro-africaine fut tributaire de l’action missionnaire, qui dota les premières élites africaines de l’usage de la langue française (aussi de l’écriture de certaines langues locales) et de l’instruction suffisante pour écrire un livre. On conçoit que leurs témoignages ne sauraient être que de gratitude, d’autant que la Mission elle-même les sollicita pour apprécier aux yeux du monde l’importance et le bien-fondé de l’implantation du christianisme en Afrique. »

La préface de l’auteur évoque  le fleuve fétiche « Mono » de manière très poétique ; fleuve sur lesquelles rives  ont pris position et possession deux peuples  européens (les Germains et les Gaulois selon les termes de l’auteur) .

                                                   
 ………………………………………………


Résumé : Akoéba se marie avec  Komlangan  en grandes fastes et s’acquitte honorablement de sa place de dernière  et jeune femme.  Cohabitent dans la maison les autres femmes de Komlangan avec leurs enfants et son frère Mawoulawoé  et son épouse.
Mawoulawoé n’est pas le frère de sang de Komlangan, il était un jeune esclave quand le père de Komlangan  l’a acheté. Il vécut de la même façon que son « frère », mais à la mort du père les revendications de Mawoulawoé  indisposèrent Komlangan qui  lui opposa un refus.
Akoéba  et Mawoulawoé s’aimèrent, découverts ils n’hésitèrent pas à éliminer les gêneurs, il fallait que l’honneur fut sauf.
Le remord alors les fit se haïr, mais un fruit était né et Akoéba , veuve ne sû résister à l’homme, devenu à son tour le « maître ».
Le fils ainé de la première femme de Komlangan  Victor revient après plusieurs années d’absence et  prend possession de l’héritage qui lui revient, après avoir eu connaissance des évènements tragiques qui ont bouleversé la maison et de la responsabilité de Mawoulawoé  « son oncle ».
Avec la sage et clémente conduite de Victor qui s’apitoie sur le sort d’ Akoéba et même sur celui de « l’esclave »  la maisonnée renoue avec une vie agréable.

Extraits : « Battre le tambour est tout un art qui a ses maîtres, car ce cuir tendu sur un billot de bois creusé est un être que l’on fait parler, une espèce de télégraphe, transmetteur de nouvelles d’un village à un autre. »
« C’est que le tam-tam parle, et parle de vous ; c’est une suite de louanges qu’il vous adresse, c’est de vos ancêtres qu’il parle en termes élogieux ; c’est souvent aussi une litanie de choses mortifiantes, désagréables qu’il  vous décerne et seul  l’entendent le joueur et les quelques initiés se trouvant là. »

« Ces fantômes le poursuivaient  le jour, le harcelaient la nuit.
Plus de repos.
La hantise devenait une obsession.
Dès qu’il se retrouvait seul, l’idée fixe, à l’affût, près de son cerveau malade, s’y précipitait. Les deux fantômes se montraient menaçants. L’  homme se surprenait à parler. Souvent, il se livrait à des soliloques qui absorbaient toute son attention. »


« Non ! demain, après-demain, la semaine prochaine, le mois suivant, l’année prochaine, tout ce chaos d’évènements, de choses qu’on nomme le futur, tout cet abîme insondable se cache sous le voile sombre dont se couvre l’hallucinant fantôme : l’Avenir ! »

C’est donc l’histoire d’une famille aisée vivant dans un petit village de la brousse sur la rive du Mono  dans laquelle va se dérouler un adultère, mais ce n’est pas un vaudeville. Dans cette région d’Afrique la morale est rigoureuse et  l’adultère prend des accents dramatiques.  Toutes les passions humaines  sont aiguisées.

L’auteur s’adresse 2 ou 3 fois au lecteur, l’incluant ainsi dans l’histoire en témoin des évènements.

Le lecteur est plongé dans les codes, les rythmes  de cette Afrique noire, il assiste subjugué à  ces chants ces danses, ces violences et ces passions.

L'écriture est limpide, mais je ressort toutefois de cette lecture avec un manque, sans savoir le définir même si elle m'a intéressée.




mots-clés : #esclavage #famille #traditions
par Bédoulène
le Sam 31 Déc - 16:55
 
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Sujet: Félix Couchoro
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Etienne Goyémidé

Etienne Goyomidé (1942-1997)


Tag esclavage sur Des Choses à lire - Page 2 Avt_ti10

Né à Ippy en 1942, décédé le 17 mars 1997.

Licencié ès sciences de l'éducation et diplômé d'anglais, Étienne Goyémidé a occupé divers postes dans l'enseignement et a été directeur d'une imprimerie, ainsi que directeur de la Troupe Nationale de Centrafrique. En 1991 et 1992 il a été ministre de l'Enseignement et de la Recherche.
En 1993, il a obtenu la Bourse du Centre national du Livre (France).
Il a plusieurs fois obtenu le prix de la meilleure nouvelle francophone.



Oeuvre

La petite leçon, théâtre, 1976.
Le Monsieur de Paris, théâtre, 1978.
Au pied du Kapokier, théâtre, 1978.
Mes respects Monsieur le Directeur, théâtre, 1978.
Le vertige, théâtre, 1981.
Les mangeurs de poulets crevés, théâtre, 1983.
Le silence de la forêt, roman, Hatier, 1984, 157p.
La vengeance noire, nouvelle, 1984.
La fille du ciné-bar, nouvelle publiée dans le recueil collectif Un voyage comme tant d'autres, Hatier, 1984.
Le dernier survivant de la caravane, roman, 1985
Responsabilité collective, théâtre, 1988.
Au nom de la loi, roman, Hatier, 1989.
"Le Théâtre existe !", in Littérature centrafricaine, Paris, Notre Librairie 97, avril-mai, 1989 p. 88-93.
Demain... la liberté, théâtre.

adaptation
Son roman LE SILENCE DE LA FORÊT a été adapté au cinéma en 2003 (avec le même titre) par son compatriote Didier Florent OUÉNANGARÉ et le Camerounais Bassek BA KOBHIO, 93 min. Production : Centrafrique, Cameroun (Films Terre Africaine) et Gabon (CENACI, Centre National du Cinéma).
Film présenté au festival de Cannes en mai 2003 (Quinzaine des Réalisateurs).

(source Africulture)


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Tag esclavage sur Des Choses à lire - Page 2 411rbf10


Le dernier survivant de la caravane

L’histoire : le narrateur  raconte avec humour l’atmosphère de son enfance dans la ville d’Ippy  au temps de la colonisation Française en fin du 20ème siècle, alors qu’il était  comme tant d’autres enfants un « bambin déluré et turbulent ;  l’attrait pour eux de la modernité qu’avaient apporté les  Blancs (les Français en l’occurrence) les magasins, les automobiles etc... . Il précise que  l’école et la religion ne s’étaient pas implantés facilement dans leur village, comme dans les autres villages d’ailleurs.

« Les objectifs avoués de ces deux institutions étant la recherche de lendemain fleuris sur terre pour l’une et au ciel pour l’autre par le canal de mille et une privations, nous nous posions fréquemment la question de savoir comment et par qui cette idée saugrenue et inhumain e avait pu se matérialiser chez nous. »

Cependant ils étaient heureux. Mais par la bouche du personnage Ngala  l’annonce d’un futur prévisible :

« …il vous répondait sans détour que l’armée du chef Ippy n’était pas vaincue, que la longue trêve prise pour la fin de la guerre avec les Blancs, que manger les produits des Blancs signifiait conclure avec eux un pacte de non-belligérance. Tôt au tard, disait-il la guerre reprendra, et cette fois nous en sortirons vainqueur »

« Et quand tombait la nuit, nous exprimions bruyamment notre amour de la vie, notre confiance en la nature, la grande nature, le Dieu des Blancs, nos divinités. »

L’auteur rappelle au passage que les  Fils d’Ippy sont tombés pour la France dans des pays lointains (Indochine, Bir Hakeim, Djibouti, Hanoï, Alger, Tunis et sur le sol Français)

Les veillées étaient propices aux danses, aux chants (souvent dans une prose relatant un évènement ou un personnage) et aux histoires que racontaient les anciens et dont les enfants raffolaient.
C’est à l’occasion d’une de ces veillées que Ngala, l’ancien conte une histoire terrible, celle de la caravane d’esclaves dont furent victimes  les gens de son village capturés par une troupe de Maures, ces êtres étrangers et féroces dont ils ne comprenaient ni la langue ni les mœurs. (notamment "leur gymnastique à certaines heures" vers l'orient)

« Toutes les souffrances physiques et morales endurées jusqu’alors s’étaient trouvées purgées, éjectées de nos corps et de nos âmes, par ces quelques gouttes de salive jetées à la face du chef des esclavagistes."

Cette longue marche , où les « esclaves » portaient licou et mains liées est prétexte à légendes et histoires qui ressurgissent dans les mémoires  durant ce long trajet jalonné de morts.

Lecture rapide vu le nombre de pages et le format du livre,  et que j’ai lu d’une traite, tant l’écriture est attachante ; les nombreuses légendes et contes m’ont fait penser aux fables de La Fontaine, car il en sort toujours un enseignement.
Les mots des écrivains d’Afrique Noire me plaisent, il y a toujours de la poésie et même les épisodes  durs sont exprimés  en espérance (pas facile transcrire mon sentiment).


(message rapatrié)


mots-clés : #colonisation #esclavage
par Bédoulène
le Ven 30 Déc - 17:45
 
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Sujet: Etienne Goyémidé
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Ernest Gaines

Autobiographie de Miss Jane Pittman

Tag esclavage sur Des Choses à lire - Page 2 Image217

La vie de Jane Pittman se passe en Louisiane, et s’étale sur plus d’un siècle . Née esclave dans une plantation, elle a dix ans quand l’esclavage est aboli, mais gardera toute sa vie la cicatrice des coups de fouet sur son dos.. Elle nous rapporte ses errances d’enfant, puis sa vie de femme au sein d’une plantation où elle continue à habiter « les quartiers », à servir les Blancs , à la cuisine ou au champs, s’imposant à tous par sa sagesse. Et 100 ans plus tard, quand les lois antiségrégationnistes s’imposent peu à peu, elle est encore là, et, avant beaucoup d’ autres, elle comprend que cette liberté dont elle a cru profiter toutes ces années, n’était qu’une misère et qu’un nouvel espoir est en train de naître.

C’est Jane qui raconte à un jeune professeur qui ne veut pas laisser se perdre son témoignage. Une conteuse hors pair, pleine de détermination et d’ humour, entre croyances, certitudes et espérances, dans son langage imagé, d’une grande vivacité .
Un excellent roman du Sud qui nous fait vivre les infortunes et petits bonheurs de cette femme volontaire et attachante et de la communauté noire qui l’entoure. Ce roman n’est pas aussi percutant que Colère en Louisiane (que je considère comme son chef d’œuvre), on y retrouve cependant avec grand plaisir les thèmes chers à Gaines.


(commentaire récupéré)


mots-clés : #segregation #esclavage
par topocl
le Mar 27 Déc - 10:37
 
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Sujet: Ernest Gaines
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Jean-Baptiste Labat

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Voyage aux Iles de l'Amérique (présenté par Daniel Radford)

Ce sont les mémoires du R.P. J.B. Labat qui a séjourné aux Antilles plusieurs années .
Ce moine dominicain est un personnage des plus actifs doué pour édifier, structurer, gérer un village, outre de donner les bénéfices qu’il pense, de la religion aux hommes qui peuplent ces îles, plus particulièrement la Martinique et la Guadeloupe. Mais il visitera aussi la Dominique, Saint Martin etc… au gré des acquisitions françaises et les îles coloniales de l’Espagne au gré des alliances des  pays.
Il dresse un inventaire étonnant des végétaux (forme, utilité, culture) des animaux (les nourriciers, les dangereux), cite même des recettes pour le manger et le boire, car le R.P. apprécie la bonne chère ( il y a d’ailleurs des accommodements à la règle du Carême) et il apparait que les îles étaient giboyeuses et poissonneuses.

Il consacre un chapitre aux cultures qui font la richesse des îles  : le sucre de canne et les sucrières, le cacao et le coton.

Il présente aussi pour les diverses communautés de gens leurs qualités et défauts, leurs mœurs et usages, les civilités  : les propriétaires sont français, les esclaves des noirs et les Caraïbes sont les indiens (ou sauvages comme certains les appellent)

Il ressort de ce récit que la mentalité des hommes, y compris le R.P. était très « macho »(les femmes ont été créées pour servir !)  et que l’esclavage était une chose normale, accepté comme nécessaire(le paiement des esclaves se fait en nature, le plus souvent le sucre en est la monnaie)
« Jamais les épouses ne doivent manger avec leur mari. Cette coutume, toute extraordinaire qu’elle paraisse d’abord, n’est pas trop sauvage.  Après quelque réflexion, elle m’ a paru remplie de bon sens et fort propre pour contenir ce sexe superbe dans les bornes du devoir  et du respect qu’il doit aux hommes. »
« Cependant, elles (les femmes Caraïbes)savent si bien leur devoir et le fond avec tant d’exactitude , de silence, de douceur et de respect  qu’il est rare que leurs maris soient obligés de leur en faire souvenir. » Grand exemple pour les épouses Chrétiennes , que l’on prêche inutilement. »
(dur à lire cela)
La sorcellerie est vivement réprouvé et le R.P. cite d’ailleurs des évènements passés et  certain qu’il a eu l’occasion de voir .

« A la fin pour leur faire voir que je ne craignais, ni le diable, ni les sorciers je crachais sur la figure (le marmouset) et la rompis à coups de pied.
Enfin je le fis mettre aux fers (l’esclave noir) après l’avoir fait laver avec une pimentade, c’est-à-dire avec de la saumure dans laquelle on a écrasé des piments et des petits citrons. Cela cause une douleur horrible à ceux que le fouet a écorchés, mais c’est un remède assuré contre la gangrène qui ne manquerait pas de venir aux plaies. Je fis aussi étriller tous ceux qui s’étaient trouvés dans l’assemblée. »

La guerre avec les Anglais était quasi permanente et les deux pays  avaient besoin de l’aide des Caraïbes pour faire pencher la balance en leur faveur.
Sur l’île de Saint Christophe le Sieur Coullet su convaincre les Caraïbes et les noirs  : « Après les avoir régalés et leur avoir offert maints présents, il les convainquit de rompre leur alliance avec les Anglais.  Ils s’empressèrent  alors de massacrer quelques uns de ces derniers qui tombèrent entre leurs mains et d’apporter leurs membres boucanés pour faire voir qu’ils avaient entièrement rompu avec nos ennemis. »

Déjà le R.P. me parait parler de surconsommation et d’écologie  :  La difficulté de leur chasse (il s’agit des oiseaux appelés diables) en conserve l’espèce qui serait détruite entièrement depuis fort longtemps, selon la mauvaise habitude des français, s’ils ne se retiraient pas dans des lieux qui ne sont pas accessibles à tout le monde. »
« La nonchalance ordinaire de nos insulaires qu’ils communiquent hélas aux européens »
(ceci est, toujours en vigueur)

Le R.P fut à plusieurs reprises atteint de la maladie de Siam (la fièvre jaune)il fut bien soigné et assez fort pour s’en sauver. Il n’hésite pas plus tard alors qu’il souffre de fièvre, d’enflure à se soigner lui-même avec des plantes.(teinture de Scamonée, raclures de mahot-cousin, tisane de bois de gayac et de fguine
Les Européens ont apporté en amérique des maladies comme la petite vérole notamment.

Un chapître évoque le tabac qui devient médicament, et parait-il soigne beaucoup de maux – le R.P. averti toutefois de se garder de tout excès, il est mentionné d’ailleurs qu’il est interdit en Turquie, en Perse.  Cette culture du tabac participera à l’établissement  de nos colonies et l’enrichissement pour le roi.
Café : à présent répandu dans le monde comme boisson  le RP.  A  un avis  laconique sur son utilisation « drogue nouvelle »  cependant sa culture a « sauvé » la Martinique qui ne disposait que de sucreries et peu nombreux étaient ceux qui savaient  bien faire.

Cacao : l’usage du cacao est très répandu aux Iles, les habitants le consomme à l’ordinaire ; en France c’est l’Infante d’Espagne qui a introduit cette boisson.

L’écriture  fait souvent sourire, le R.P. a-t-il un humour involontaire ?
« Cette femme était toute nue et tellement nue qu’elle n’avait pas deux douzaines de cheveux sur la tête. »
« Mais ce qui est bien plus admirable, c’est que sans discours et sans querelle ils se massacrent et se tuent  fort souvent. »
« l’arbre tomba enfin, sa curiosité fut satisfaite, mais il en porta la nouvelle en l’autre monde car il en sentit tout le poids. »
« Cette cérémonie (je leune de 30 à 40 jours) ne se pratique que pour le premier né ; autrement les pauvres maris qui ont cinq ou six femmes pourraient s’attendre à jeûner plus de Carêmes que les Capucins. »

C’est un récit très vivant, intéressant même s’il date, peut-être d’ailleurs  pour cette raison et parce que c’est l’Histoire des Iles, de cette France lointaine.
C’ est aussi une aventure, faune, flore, Caraïbes, Esclaves, hommes d’église, pirates……………


"message rapatrié"


mots-clés : #autobiographie #esclavage #historique #insularite
par Bédoulène
le Sam 10 Déc - 10:02
 
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Sujet: Jean-Baptiste Labat
Réponses: 9
Vues: 1106

Madison Smartt Bell

Madison Smartt Bell
Né en 1957

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Madison Smartt Bell est un écrivain américain né le 1er août 1957 (59 ans) à Nashville, Tennessee.

Il passe son enfance à Nashville, et a vécu à New York et à Londres avant de s'installer à Baltimore, dans le Maryland. Il est diplômé de l'Université de Princeton, où il remporte le Prix Mathis Ward et le prix Francis LeMoyne Page.
Bell a enseigné dans divers programmes d'écriture créative et est professeur au en:Goucher College à Towson, dans le Maryland.
En outre, il a écrit des essais et des critiques pour Harper, la New York Review of Books,The New York Review of Books The Village Voice.
Il a été invité par le festival Étonnants voyageurs en 20096.
Il est marié à la poétesse Elisabeth Spire.

(source : wikipedia)

Oeuvres traduites en français

Coupes sombres
Save me, Joe Louis
L'année du silence
Dix Indiens
Le soulèvement des âmes
Le maître des carrefours
La pierre du bâtisseur
Toussaint Louverture
La Ballade de Jesse
La Couleur de la nuit





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Le soulèvement des Âmes

Dans la chronologie historique figurant à la fin du récit à la date d’octobre 1791 est mentionné : » Les radicaux de l’ Assemblée législative font courir le bruit que l’insurrection des esclaves n’est qu’une provocation fomentée par les émigrés pour faire de Saint-Domingue un bastion royaliste. »

C’est l’option choisie par l’auteur pour conter  ce soulèvement des Âmes.

L’intérêt du livre, hormis une écriture magistrale,  est le choix de l’auteur d’avoir intégré dans son récit comme narrateur, la voix d’un « marron » Riau, ce qui permet  la vision bilatérale de cette période cataclysmique.  Riau est un personnage intérêssant car il agit souvent habité par le  « loa » (ensemble des divinités vaudoues).

Les personnages de fiction  sont en cohérence avec les personnages  réels et accréditent les faits de manière originale.

Les idées de la révolution qui se déroule en France à compter de 1789 parviennent sur l’île de Saint-Domingue (anciennement Haïti) auxquelles se rallient  les « petits Blancs » (ouvriers, artisans), ils seront appelés les « pompons rouges » par opposition aux « grands Blancs » les « pompons Blancs ». Ces derniers veulent que les « petits Blancs » n’oublient pas à quelle couleur ils appartiennent  et pensent que seul un soulèvement (maîtrisé) des esclaves les obligera à se rallier à eux.

Toussaint  Louverture est requis  par quelques « grands Blancs » (les aristocrates terriens) donc pour choisir les « commandeurs »  qui initieront le soulèvement des  esclaves, mais la situation dégénère et les « grands Blancs » sont pris à leur propre piège.  

Le récit commence sur le vaisseau « Héros » qui emmène Toussaint Louverture pour être emprisonné en France, puis retour sur les évènements jusqu’ au  ralliement de Toussaint  ( comme d’ailleurs d’ autres meneurs Noirs (Jean-François, Biassou…) à l’armée Espagnole ; mais le retour sur la partie Française du Nord laisse penser qu’il veut compter pour la France.

Toussaint apparait dans ce récit comme un homme juste, intelligent, charismatique, son ambition n’est pas visible à cette période là. Il a appris des Blancs et  utilise son savoir.

C’est une lecture qui se lit comme une aventure, dangereuse  (bien qu’il s’agisse en réalité d’un bouleversement qui signera le destin de l’île et celui de la France)  et  qui fait résonner dans mon cœur le mot de Liberté.

Extraits :
« Je savais qu’en ne comptant que les vivants, nous étions déjà dix fois plus que les Blancs. Les Blancs le savaient eux aussi, et ils avaient peur – c’était cette peur qui tenait le fouet. Mais ce que les Blancs ignoraient, c’était que tous ceux qu’ils tuaient restaient auprès de nous. Ils nous avaient tués en si grand nombre, déjà, qu’il y avait parmi nous cent morts pour un vivant. »

Riau : « J’étais assez fatigué pour me coucher moi aussi mais je ne voulais pas rester seul avec les rêves de ce que Riau avait fait même si Riau voulait continuer et en faire encore plus. So Ôgun en personne avait fait tout ça alors Riau ne s’en serait même pas rappelé, mais c’était en partie Riau et en partie Ôgun et je m’en rappelais mais je ne savais pas ce que je devais penser ou faire.

« La gorge de Mouche palpitait maintenant sans qu’il n’en sorte aucun son, et Claudine vit ses yeux s’agrandir et vit qu’elle avait compris, enfin. Elle n’avait nulle autre intention que celle-ci, se faire comprendre, mais Mouche ayant senti qu’il n’y avait pas de limite, que rien ne pouvait plus l’ arrêter désormais, il devenait pour Claudine impossible de s’arrêter. Ou bien se fut sa main, ou la lame elle-même qui de son propre chef prolongea le geste, car elle n’avait pas elle projeté quoi que ce soit d’autre. Mais voilà, le corps de Mouche s’ouvrit le long d’une ligne verticale en son centre et au-delà, comme une banane qui se fend. La lame traça son sillon dans une épaisseur de graisse blanchâtre ; il n’y eut pas de sang, bizarrement, jusqu’au moment où la masse des viscères enchevêtrés s’écroula d’un coup sur les pieds de Claudine, et alors elle se mit à saigner. Un cri épouvantable jaillit quelque part, Claudine n’aurait su dire où, car Mouche s’était remise à chanter, et c’était justement ce que Claudine ne pouvait supporter. Ivre de rage, elle frappa au cou avec une violence qui la fit tournoyer sur elle-même et, comme elle revenait face à Mouche, le sang d’une artère sectionnée jaillit à flots dans sa direction, inondant le devant de sa robe. »


"message rapatrié"



mots-clés : #esclavage #insurrection #captivité
par Bédoulène
le Dim 4 Déc - 17:30
 
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Miguel Barnet

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Esclave à Cuba

Cette biographie d'un cimarron constitue un véritable documentaire d'époque en plus d'être un intéressant témoignage.

Esteban, donc un cimarron, nom donné aux esclaves africains fugitifs. Ce centenaire  témoigne de la vie des esclaves dans les plantations et les nombreuses raffineries (d'où l'appellation de Cuba la sucrière) leur dure exploitation par les "maîtres" et les contre-maîtres. Le son de la cloche qui rythmait leur journée et annonçait la nuit où ils devaient rester enfermés dans leur habitat les "barracons". Les punitions pour désobéissance ou quelle que soient les raisons invoquées sont cruelles : le fouet et le carcan. C’était une vie de casi  prisonnier.
Les esclaves qui arrivaient à s’enfuir se cachaient dans les bois et les grottes, ils devenaient  des « cimarrons ». Esteban a bien vécu sa période de fugitif car il est, de son aveu, individualiste et la Nature a su combler cette vie en solitaire. L’individualisme d’Esteban se confirme d’ailleurs tout au long de son récit par sa prudence et sa méfiance envers les autres, attitude qui a contribué à sa  longue vie. Comme il était habile, il volait les cochons dans les haciendas, la nature fournissait les fruits, le feu (avec l’amadou) l’eau et même les médicaments  (par exemple infusion de cuajani)

Dans ce chapitre le lecteur apprend beaucoup sur la faune et la végétation de la région de Siguanea. Esteban remarquera et regrettera  d’ailleurs plus tard que l’abattage des arbres au profit  des cultures de canne à sucre ait programmé la déforestation.
Quand Esteban apprit que les esclaves étaient libres, que c’était le gouverneur Martinez Campos qui avait aboli l’esclavage il sorti des bois et chercha du travail. Sa vie de fugitif était terminée. Tout en conservant son indépendance il se rendait parfois dans les lieux où l’on joue ; les jeux d’argent étaient très prisés, des Noirs, des Blancs et des Chinois.

S’il y avait une importante communauté Chinoise, considérée d’ailleurs par Esteban comme » les gens les plus éduqués », on reconnait parmi les Africains 2 ethnies principales les Lucumis et les Congos, distinction faite par leur pays de provenance et leur religion.
La sorcellerie était une pratique intégrante de la religion ; les Blancs même y recouraient parfois. Esteban était respectueux des vieux conteurs et de leurs conseils.  Son rapport avec la sorcellerie était plutôt celle d’un spectateur , toujours son esprit indépendant,  mais  il acceptait et croyait le plus souvent  ce qui lui était rapporté.

La religion Chrétienne était connue d’Esteban, il n’en ignorait pas les fondements mais il ne comprenait pas certaines obligations lors de fêtes.  Il portait un regard très lucide sur les curés notamment.
Esteban  est très perspicace, il semble bien connaître les hommes et la société ; la vie dans la grande ville de Havana ne lui  convient pas il préfère celle de la campagne.

Esteban s’engagea dans la guerre d’indépendance ; les chefs avaient réunis les Africains et leur avaient expliqué l’utilité de se battre pour conquérir l’Indépendance de Cuba.

« Les vieux qui conservaient  encore frais le souvenir de l’autre guerre* ont fait celle de l’Indépendance. Avec courage mais sans enthousiasme. »

Les jeunes eux se battirent avec vigueur, les Espagnols craignaient encore plus leur machette que les balles ou les bombes.
Esteban décrit les caractéristiques physiques et morales des différentes ethnies qui ont participé à la guerre. Il est très partial pour ceux de sa race, l’auteur avait prévenu le lecteur de ce trait de caractère dans l’introduction.
Esteban explique que nombreux étaient les bandits qui se sont battus pour l’indépendance, certains participaient financièrement ; les voleurs, assassins cotoyaient les ouvriers, Esteban louait certains chefs comme Maceo et José Marti « le plus pur » selon lui. Il fait preuve de beaucoup d’intelligence et de lucidité dans ses propos. Il dénonce aussi les agissements des chefs, notamment ceux qui se sont rendus aux Espagnols (Cayito par exemple)

L’armée des libérateurs Cubains fut victorieuse, mais c’est aux Américains que l’armée Espagnole se rendit. En effet, au prétexte de  protéger ses intérêts suite à des émeutes à la Havane et surtout suite à la destruction de leur cuirassé « Maine » les Américains intervinrent, les Cubains se retrouvèrent donc sous domination Américaine.

Esteban pour sa part assure que ce sont les Américains eux-mêmes qui ont détruit leur cuirassé pour avoir un prétexte plus décisif d’intervenir. Comme ils accusèrent les Espagnols de ce forfait, ce fait débouchera sur la guerre Hispano-américaine.
Malgré cette guerre d’Indépendance le sort des Cubains restait déplorable. Esteban termine ses confidences en  se proclamant prêt à participer aux grandes batailles à venir. Mais avec sa machette.

Le sort des esclaves m’a émue, la guerre d’indépendance est affligeante, d’une part à cause des drames générés, d’autre part parce que la victoire de l’armée Cubaine leur a été volée par les Américains.

A l’époque où l’auteur reçu les confidences d’Esteban la révolution Cubaine a eu lieu et Esteban a l’envie de tout raconter, parce qu’à présent il a le droit de parler.

« En passant dans un parc, j’ai vu qu’on avait perché Gomez sur un cheval de bronze. Je suis descendu encore un peu dans le même par cet j’ai vu qu’on avait mis Maceo sur un autre cheval de bronze. La seule différence, c’est que Gomez regardait vers le Nord et Maceo vers le peuple.
Cela, tout le monde doit le comprendre. C’est la clef même de notre histoire. Je passe mon temps à le répéter, car on ne peut cacher la vérité. Je peux mourir demain, je marcherai jusqu’au bout la tête haute. Mais si le ciel m’en laissait le temps, je raconterais tout. Car, autrefois, à l’époque où j’allais nu et sale dans les bois et où les soldats espgnols étaient propres comme des sous neufs et biena rmés, il fallait se tarie. Maintenant, non ! »



mots-clés : #esclavage #guerre #independance
par Bédoulène
le Sam 3 Déc - 23:53
 
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