Des Choses à lire
Visiteur occasionnel, épisodique ou régulier pourquoi ne pas pousser la porte et nous rejoindre ou seulement nous laisser un mot ?

Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 10 Juil - 5:42

79 résultats trouvés pour essai

Oliver Rohe

A fendre le cœur le plus dur
avec  Jérôme Ferrari
Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Fendre10

Ce texte est paru, initialement aux Editons Inculte dont Olivier Rohe est l'un des créateurs,   dans le cadre de l'exposition éponyme qui exploite des archives mêlant  photographies et textes d'un écrivain-reporter de guerre, Gaston Chérau, envoyé en Libye lors de la guerre italo-turque en 1911. Quelques photos reproduites donnent un reflet de ce terrible corpus de plus de 200 clichés.

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Chyrau10

Passée la sidération de la découverte de clichés reproduisant la pendaison de 14 rebelles dans une mise en scène soigneusement organisée, les auteurs les mettent en perspective avec le reste du corpus, et  réfléchissent  à la propagande photographique en temps de guerre, et au sens à décrypter à travers ces cliches, à la question de la représentation de la  violence dont l'obscénité même justifie, ici, la nécessité.

Ce texte est constitué de petits chapitres qui lui donnent un côté un peu disparate. Il laisse un petit goût de superficialité cachée derrière une rhétorique pompeuse, qui le mène parfois à la limite de l'obscur. On regrette que la seule réflexion soit mise en avant, au détriment d'une connaissance du photographe, Gaston Chérau, dont la position face à ces clichés n'est que vaguement ébauchée (à tel point qu'on ne peut savoir si elle s'appuie sur l'analyse des documents écrits, ou s'il s'agit d'une interprétation des auteurs). Il n'en demeure pas moins qu'il pose de bonnes questions, fait émerger des documents jusque là oubliés quoique primordiaux, et qu'on y trouve quelques idées à glaner. L'exposition devait être passionnante!

mots-clés : #colonisation #essai #guerre #violence
par topocl
le Jeu 15 Fév - 13:32
 
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Sujet: Oliver Rohe
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Stefan Zweig

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 512kcf10

Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoievski

Originale: Drei Meister. Balzac, Dickens, Dostojewski (Allemand, paru en complet en 1920)
séparé le Balzac 1908, le Dickens 1910 et le Dostoievski en travail sur plusieurs années (sept?!) jusqu’à une première parution en 1919

En ces trois romanciers du XIXème siècle Zweig voyait un peu des génies encyclopédiques, le summum des possibilités, en ce qui concerne le premier pour aller le plus loin dans une analyse d’une société, le deuxième dans les rapports familiaux, et le troisième, visiblement choyé par Zweig, comme celui qui a le plus exploré le lien entre l’individu et les questions existentiels.

Les deux premiers „maîtres“ trouvent des essais plus courts que je n’ai pas lu pour l’instant, étant concentré sur Dostoïevski.

Il ne s’agit PAS de biographies qui ne nécessitent pas un certain savoir de l’œuvre littéraire de ces auteurs. Au contraire: même s’il présente certaines lignes fondamentales de la vie de Dosto, les références fusent, et on comprend aisément que Zweig a du travailler l’œuvre de Dostoïevski du début jusqu’à la fin, inclus le Journal de l’écrivain, et des œuvres secondaires. Sa capacité d’en former une vision de l’œuvre, d’analyser des lignes essentielles m’a vraiment époustouflé, et j’aimerais conseiller ces essais d’un total d’environ 120 pages pour tous les amateurs de l’auteur russe. Sensiblement il y a de l’admiration chez Zweig pour l’auteur russe. Il arrive si bien de montrer celui-ci dans ces tiraillement entre les différents pôles des questionnements existentiels: oui, il parle volontiers d’un certain dualisme. Vouloir réduire ce Russe à un pôle, à un coté de la balance, cela serait déjà enlever quelque chose de la complexité de ce personnage et de son œuvre, entre réalisme et rêve, entre doute et foi, extase et souffrance etc.

On retrouve – en ce qui concerne les amateurs de Zweig lui-même, son langage magnifique et riche, des fois légèrement pathétique (?). C’est bien de se rappeler que ce grand romancier a alors travaillé sur beaucoup de biographies sur les „génies“ de l’humanité.

Entreprise réussie!

mots-clés : #biographie #creationartistique #essai
par tom léo
le Lun 12 Fév - 16:59
 
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Sujet: Stefan Zweig
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Todd Rose

La tyrannie de la norme

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Images80


Cette notion de norme repose sur la théorie moyenniste (Quetelet), apparue au XIXe siècle postulant qu'à partir d'un échantillon d'individus, on pouvait établir une moyenne,  représentative de l' individu moyen. A cela s'est ajouté l'idée (Galton) que quand on était bon quelque part, on l'était à peu près partout. Le taylorisme s'appuie sur ce mode de raisonnement, ne demandant à l'individu que de se conformer à la norme, de la réaliser ou d'être meilleur, sous l'ordre de managers, sans révéler ses talents cachés. Le travail est défini d'après cette norme, à l'individu de s'y conformer.

De nouvelles théories sont venues bouleverser cette conception du monde, montrant que l"individu moyen", n’est en fait le reflet d'aucun individu réel. Elles s'appuient sur le principe de discontinuité (on peut être bon quelque part et  mauvais ailleurs), le principe de contexte (on peut être bon dans une situation et mauvais dans l'autre) et le principe des parcours,  ( le fait qu'on soit rapide où l'on n'implique pas qu'on soit plus ou moins performant au final). D'où  l'idée du livre qu'il faut considérer l'individualité et non le système.

Après ces éléments théoriques, Todd Rose raconte quelques  expériences d'entreprises qui ont basé leur mode de recrutement et de progression professionnelle sur cette négation de la moyenne, cette recherche des talents ignorés dans une conception du  capitalisme comme  gagnant gagnant. Il donne des pistes qui permettraient d'introduire ces principes à l'université, pour le plus grand bénéfice de l'étudiant, futur professionnel, mais aussi des entreprises dans lesquelles il va s'insérer.

Une bonne synthèse, quelques idées nouvelles mais aussi quelques portes ouvertes enfoncées, au total une piste de réflexion qui n'est pas inintéressante.


mots-clés : #education #essai #mondedutravail #psychologique
par topocl
le Lun 15 Jan - 10:22
 
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Sujet: Todd Rose
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Géraldine Schwartz

Les Amnésiques

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 97820810

Géraldine Schwartz, journaliste franco-allemande écrit ce livre sur le travail de mémoire effectué en Allemagne et en France (et dans une moindre mesure dans d' autres pays européens) après la deuxième guerre mondiale, en rapport avec les faits de guerre et surtout  la discrimination des juifs , leur spoliation et leur assassinat. Elle sépare l'attitude de la RFA et celle de la RDA qui a attendu la destruction du mur, et avait alors aussi les enjeux de la dictature soviétique à gérer.  Elle en étudie les freins et les mécanismes d’accélération au fil des décennies et de trois génération successives, et les conséquences sur l'histoire des différents pays, jusqu'à aujourd'hui..
Il s'agissait de comprendre, de reconnaître,  de punir ou amnistier.  Cela s'adressait aux acteurs des fautes , mais aussi à l'ensemble des populations, ceux qui ont simplement suivi, enchaîné le pas, pas fait de vagues, les mittlaufer.

La partie objective de son étude  se nourrit de l'histoire de sa famille (son grand-père qui a racheté une entreprise juive  à bas prix, sa grand-mère qui adorait Hitler, son père qui dans le silence ambiant a fait partie de la génération qui a demandé des comptes et a épousé une française; et sa mère fille d'un gendarme français dont nul ne sait s'il a participé à des rafles ou fermé les yeux sur des personnes passant clandestinement la frontière entre zone occupée et zone libre ). Elle trouve un très judicieux équilibre entre cette histoire familiale et l'histoire des peuples.

Au final, elle questionne notre attitude vis-à-vis des réfugiés et constate que le travail de mémoire plus performant en Allemagne n’est sans doute pas étranger à l’attitude d'ouverture d'Angela Merkel.

C'est très intéressant et instructif, et en outre facile à lire.


mots-clés : #deuxiemeguerre #devoirdememoire #essai #genocide
par topocl
le Mar 2 Jan - 11:29
 
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Sujet: Géraldine Schwartz
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Georges Perec

« Penser/Classer »

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Penser10
Ça y est, je l'ai trouvé... et lu !
Les quatre « champs » de son œuvre, écriture (et énumérations), rangements de bibliothèque, réflexions sur la lecture, sur le souvenir, son analyse psychanalytique, 81 variations de recettes culinaires, de très pertinentes vues toujours d’actualité sur la mode (le diktat de cette manière de paraître), ces treize textes qui gravitent plus ou moins autour de notre façon d’ordonner notre pensée n’ont pas déçu mes attentes. Ils permettent d’approcher mieux l’auteur et ses recherches, et d’aborder des questions (pas toutes sociologiques ou littéraires) qu’en bon lecteur on se pose… Et en plus, c’est plein d’humour.
« Le monde comme puzzle » ‒ ou mosaïque ?

« Comme les bibliothécaires borgésiens de Babel qui cherchent le livre qui leur donnera la clé de tous les autres, nous oscillons entre l’illusion de l’achevé et le vertige de l’insaisissable. Au nom de l’achevé, nous voulons croire qu’un ordre unique existe qui nous permettrait d’accéder d’emblée au savoir ; au nom de l’insaisissable, nous voulons penser que l’ordre et le désordre sont les deux mêmes mots désignant le hasard.
Il se peut aussi que les deux soient des leurres, des trompe-l’œil destinés à dissimuler l’usure des livres et des systèmes.
Entre les deux en tout cas il n’est pas mauvais que nos bibliothèques servent aussi de temps à autre de pense-bête, de repose-chat et de fourre-tout »
« Notes brèves sur l’art et la manière de ranger ses livres »

« …] la mode est entièrement du côté de la violence : violence de la conformité, de l’adhérence aux modèles, violence du consensus social et des mépris qu’il dissimule. »
« La mode accentue l'instable, l'insaisissable, l'oubli : dérision du vécu ramené à des signes dérisoires, aux artifices de la patine et du skaï, à la grossièreté de ses faux-semblants. Dérision d’un vrai lui-même dérisoire, réduit à son squelette frauduleusement authentifié : le petit air vieillot pimpant neuf, la pseudo-imitation du simili-faux strass. Connivence factice, absence de dialogue : on partage la misère d’un code sans substance : le dernier cri.
Le contraire de la mode, ce n’est évidemment pas le démodé ; ce ne peut être que le présent : ce qui est là, ce qui est ancré, permanent, résistant, habité : l’objet et son souvenir, l’être et son histoire. »
« Douze regards obliques »


mots-clés : #essai
par Tristram
le Sam 2 Déc - 22:51
 
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Sujet: Georges Perec
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Ralph Waldo Emerson

Je récupérerai ceci de l'autre forum...

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 41hwdv10

Le scholar américain :

Il est peu d'ouvrages qui nous disent avec force l'esprit qui les anime. Ralph Waldo Emerson a prononcé une conférence en 1837 intitulée «The American Scholar». A posteriori, je devrais faire cette comparaison avec «Le savant et le politique» de Max Weber. Nous disons même que Max Weber fut largement influencé par la branche sociologique états-unienne. Toutefois, il est important d'établir une distinction : Emerson avait un intérêt pour l'histoire états-unienne et était soucieux du patrimoine littéraire. Il est lui-même un poète en prose. Ça transparaît dans sa conférence. Nous pourrions situer ce texte quelque part entre l'essai et la prose poétique. Pierre Monette parle de «scholar» et de l'importance de distinguer ce terme de quelque connotation intellectuelle au sens français du terme.

Le texte est relativement court, comptant trente pages. Nous pouvons aisément le comprendre d'autant plus qu'il s'agit d'une conférence. Dans cette même conférence, Emerson livre un plaidoyer en faveur de la curiosité et de l'importance de savoir dépasser ses propres maîtres. Je retiens un passage fort évocateur qui livre sa philosophie commune :
   
«La littérature du pauvre, les sentiments de l'enfant, la philosophie de la rue, le sens de la vie domestique sont les sujets du jour. C'est un grand pas en avant. N'est-ce pas le signe d'un regain de vigueur lorsque les extrémités se mettent à bouger, lorsque les chauds battements de la vie se font sentir jusqu'au bout des pieds et des mains.»

Ralph Waldo Emerson, Le scholar américain (1837), 2013, Montréal : Triptyque, p. 91.


Nous parlons souvent du transcendantalisme lorsqu'il s'agit d'Emerson. Il nous est permis d'en voir l'expression au cours de cette conférence qui plaide pour l'indépendance intellectuelle de la nation états-unienne par rapport aux contrées étrangères, plus particulièrement en Europe. Nous pouvons sentir une certaine communauté d'esprit avec Les Essais de Montaigne. Emerson prend fait et cause pour le «scholar» qui est détenteur d'un savoir spécialisé. Cette assertion s'oppose à l'intellectuel qui se mêle des choses qui ne le regardent pas à l'instar de la version proposée par Jean-Paul Sartre.

Je le répète ici, Emerson est tellement empreint du sentiment d'appartenir à la littérature américaine. Ça se sent jusqu'au choix de ses termes. Il est si recherché dans sa réflexion que nous flairons les astuces de l'essayiste et du poète qui sommeillent en lui.


mots-clés : #essai #xixesiecle
par Jack-Hubert Bukowski
le Lun 20 Nov - 9:59
 
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Sujet: Ralph Waldo Emerson
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Ralph Waldo Emerson

Relecture de ce que j'écrivais il y a pas loin de quatre ans, pas relecture du texte. Aujourd'hui je me sens toujours fort distant avec ça mais ça m'a aidé à caler ma vision, ma lecture de ces influences américaines.

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 51ha9s10

En avant la récup pour une lecture de  Nature, pour le texte (en vo) : clic

lecture curieuse mais rapide parce que fatigue et parce qu'une partie du texte... tout en reconnaissant que c'est le genre de lecture qui bien que courte pose entre autres questions celle de la distance culturelle : un océan, une langue et bientôt 200 ans. Une distance qui va se mesurer pas tant sur des faiblesses démonstratives (on peut en lire de très actuelles) que sur des références (et encore) surtout un cadre de pensée, des images toutes faites auxquelles il est bien difficile d'échapper : visions standards sur la nature versus  une vision standard d'athée sur la religion et sa place dans le monde des idées !

Donc... Nature. ça serait une heureuse manifestation de Dieu. La vision de la nature est positive voire positiviste avec bienfaits matériels et bienfaits pour l'âme de qui sait voir. La nature représente une source innée d'inspiration et d'images pour le langage, une nourriture essentielle. Le langage lui se doit par justice de revenir à la nature, une réalisation active donc qui apparaît sous plusieurs formes dans l'essai. C'est le mélange de retour à un état originel et une réalisation nouvelle... et sans fin à proprement parler. Il reste une place infinie pour l'intuition.

Tout ça se noie petit peu dans le rapport au temps et à l'éternité entre spirituel et matériel, partie la moins convaincante et qui sert aussi à placer le rapport à Dieu et une certaine transcendance. Mais si on y regarde et même en y trouvant quelques bateaux. L'observation du besoin de nature, l'approche faite du langage et un positionnement vis à vis de l'art (révélation d'une vérité dans l'expression de la nature pour simplifier) c'est assez stimulant.

A coté de ça si on imagine que la vision d'un Dieu dépersonnifié et par là plus universel devait être point de litige on trouve une hiérarchie "moralisée" assez robuste avec de façon schématique ; Dieu, l'Homme puis la Nature. On retrouve une morale économique autour de l'exemple des dettes qui semble un peu rapide.

Je ne suis pas sûr de ne pas avoir commis quelques contresens dans ma lecture mais ça semble à sa manière contradictoire. L'ouverture de l'observation est en effet très limitée par le cadre donné qui n'est pas une interprétation mais un présupposé. On est aussi face à un monde dans lequel la volonté individuelle en somme l'emporte sur les circonstances extérieures (ce qui est une bizarre tentation face à la nature), il n'y a d'ailleurs pas encore de sélection naturelle ! La nature grandiose conforte une sorte de vision de  réussite humaine qu'on peut éventuellement trouver éloignée de préoccupation humanistes.... alors même que plus loin l'homme se doit de se découvrir lui même dans la nature.  

Étrange, déroutant. Porté par quelques énumérations et citations et de vibrantes envolées lyriques. Sans casser des briques du moins vu d'aujourd'hui et à travers un épais brouillard l'essai titille finalement assez pour que l'intérêt compense l'incompréhension et aussi le désaccord (presque le dédain). La vision de la nature est sommaire, de même que l'explication de mécanismes liées à la nature, mécanismes du langage et de la perception mais c'est vivant et met en avant bien que tout soit écrit d'avance une expérience et une vision dynamique de la nature.

Quelque chose qui rappelle de grands auteurs, Ramuz pour prendre un exemple qui me tient à cœur (mais qui renverse presque, presque, le sens des rapports), qui met en lumière une aspiration essentielle et son influence l'expression. Mais on ne sent pas franchement une pensée libre, volontaire. Ambitieuse certainement, mais pas libre, assez hiérarchique voire discriminante elle se prend dans son piège de tout expliquer.

On peut quand même tirer moult citations pratiques pour tout dire de façon un peu simple :

The corruption of man is followed by the corruption of language.

But wise men pierce this rotten diction and fasten words again to visible things; so that picturesque language is at once a commanding certificate that he who employs it, is a man in alliance with truth and God.

Parts of speech are metaphors, because the whole of nature is a metaphor of the human mind.

By degrees we may come to know the primitive sense of the permanent objects of nature, so that the world shall be to us an open book, and every form significant of its hidden life and final cause.

Idealism sees the world in God.


Alors pour en revenir à Thoreau, on le sent bien dans ce moule mais Walden ressemblerait à une mise en application du rapport décrit par Emerson dans Nature, c'est à dire qu'il tire de moins grandes conclusions et à travers la recherche d'un contact plus grand gomme le rapport de supériorité de principe de l'individu à son monde... sans le démunir de sa volonté.

Il y a une forme de romantisme barbare dans cette entreprise dont la durabilité culturelle serait à mettre au compte des grands espaces sauvages du continent/pays ?

mots-clés : #essai #nature #xixesiecle
par animal
le Dim 19 Nov - 14:18
 
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Sujet: Ralph Waldo Emerson
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Henry David Thoreau

@bix_229 a écrit:
Pourquoi ? parce qu'il refusa à un certain moment de payer ses impôts, parce qu'il détestait les règles et les diktats imposés par la société.
Surtout, il s'opposa à l'esclavagisme et à la guerre de conquête au Mexique du gouvernement américain.



Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 61v64y10
La désobéissance civile

En 1849 est publié "La Désobéissance civile" de HD Thoreau (traduction anonyme), cet ouvrage comme il l'écrit est une réaction à l'esclavagisme et à la Guerre du Mexique, il y développe ses idées sur les réactions à avoir face au "Gouvernement."
Pour lui : "le gouvernement le meilleur est celui qui ne gouverne pas du tout" . Il est contre "une armée permanente", le gouvernement ne serait qu'un simple intermédiaire choisi par le peuple pour exercer ses volontés, il est cependant sujet à abus et perversions. Il relève le fait que le gouvernement américain n'est qu'une tradition récente, il n'aurait ni "vitalité ni énergie", car un seul homme peut le soumettre, cependant Thoreau n'est pas Anarchiste, il le dit lui même : "je ne demande pas d'emblée "point de gouvernement", mais d'emblée un meilleur gouvernement"
"Ne peut il exister de gouvernement où ce ne seraient pas les majorités qui trancheraient du bien ou du mal, mais la conscience?"
Il s'oppose à l'esclavage prôné par le monde du commerce : "en d'autres termes, lorsqu'un sixième de la population d'une nation qui se prétend le havre de la liberté est composé d'esclaves, et que tout un pays est injustement envahi et conquis (..le Mexique..) par une armée étrangère et soumis à la loi martiale, je pense qu'il n'est pas trop tôt pour les honnêtes gens de se soulever et de passer à la révolte".
En 1863 les esclaves étaient émancipés alors que la guerre de Sécession avait commencé deux ans plus tôt et que deux ans plus tard Lincoln sera assassiné (premier Président à être assassiné) en 1848 la Guerre du Mexique fut une des causes de la Guerre de Sécession.

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 111

mots-clés : #essai #politique
par Chamaco
le Sam 18 Nov - 14:19
 
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Sujet: Henry David Thoreau
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W.G. Sebald

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Sebald10

SEJOURS A LA CAMPAGNE

Sebald a rassemblé dans ce livre quelques écrivains proches de lui, spirituellement et géographiquement -en gros le paysage préalpin-
Il semble penser qu'à travers les ages et les lieux, se tissent d'étranges parentés, des affinités électives.
Et que la même "mélancolie lyrique" les accompagne.
Et Sebald va plus loin, l'écrivain -un certain type d'écrivain- est un être malade, mentalement malade, moins désireux d'écrire qu'incapable de ne pas le faire.
Autrement dit, l'écriture serait une contrainte tyrannique à laquelle l'écrivain ne peut échapper.
En pensant à ce type d'écrivains, Sebald précise :
"Le trouble du comportement pousse à transformer en mots tout ce qu'on éprouve, et avec une sureté surprenante à passer à coté de la vie".

A propos de Jean Jacques Rousseau :
"...on pourrait aussi comprendre l'écriture comme un acte en permanence contraignant prouvant que l'écrivain, de tous les sujets malades, est peut etre le plus incurable".

A propos de Morike :
"... l'écriture, ce vice qui en un sens permet un peu de compenser et bien souvent ne lache plus quiconque a commencé à s'y adonner".

Ce livre pourrait être lu seulement pour ce qu'il écrit sur Robert Walser, dans le texte intitulé "Le promeneur solitaire", tant Sebald manifeste de sympathie, de clairvoyance, de compassion pour le malheureux écrivain suisse.
Il faudrait tout citer...

"Walser et Gogol ont en commun d'être comme des oiseaux sur la branche, en commun aussi cette terrible fragilité, les changements d'humeur, la panique, l'humour merveilleusement fantasque et empreint d'une noire tristesse, la manie des bouts de papier et justement l'invention de tout un peuple de pauvres ames, d'un défilé ininterrompu de masques servant à la mystification autobiographique..."

Parlant des débuts d'écrivain de Walser :
"Il écrit sans arrêt avec de plus en plus de difficulté, il continue d'écrire jour après jour jusqu'à la limite et fréquemment un peu au delà..."

Dans le contexte des années 30 et la montée du nazisme, Sebald explique l'écriture des microgrammes "comme un exercice préparatoire à la vie en clandestinité, les messages secrets de quelqu'un qui se trouve rejeté dans l'illégalité...
Et c'est aussi le moyen de surmonter l'inhibition qui l'empéchait d'écrire et de tenter de se soustraire aux instances de jugement, de se musser sous le langage et de complètement s'effacer..."


Sebald conclut :
"Walser m'a sans cesse ccompagné. Il suffit que je quitte un moment mon travail quotidien pour l'apercevoir quelque part, à l'écart, figure reconnaissable entre toutes du promeneur solitaire qui contemple un instant le paysage qui l'entoure..."

Sebald, à plusieurs reprises insiste sur l'impossibilité de définir ou d'expliquer la singularité radicale de Walser.
Et j'ajouterai pour ma part que cette impossibilité de définir ou d'expliquer vaut tout autant pour Sebald et pour nimporte lequel d'entre nous.
Mais que la tentative de Sebald est belle et inoubliable !

Rapatrié

mots-clés : #biographie #creationartistique #essai
par bix_229
le Jeu 9 Nov - 17:02
 
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Sujet: W.G. Sebald
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George Orwell

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 51h01m10

Dans le ventre de la baleine et autres essais (1931-1943)

Littérature, parcours personnel, socialisme, engagement, Guerre d'Espagne, fascisme, Angleterre, patriotisme, politique tels sont les sujets abordés dans cette sélection de textes.

Rentre dedans sans se laisser aller au tape à l’œil facile, Orwell a l'air d'un homme en... révolte plutôt qu'en colère, une révolte constante qui ne doit surtout pas exclure le choix et l'engagement, y compris physique, y compris le choix du combat. Ce qui frappe dans son exercice de la critique, car c'est surtout de ça qu'il s'agit, c'est qu'il n'hésite pas plus à relever ce qui lui plait, par exemple chez un écrivain comme Dickens, qu'à nommer ce qui ne luit plait pas. De la même manière sur le versant politique il ne se présente jamais les mains vides, il a des idées et des solutions à essayer.

Avec la touche d'humour et d'ironie qui ne manque pas de faire mouche quand il le faut on tient donc une lecture diversifiée et vivifiante. Je reconnais avoir pataugé un brin dans certaines longues tirades sur l'Angleterre et le patriotisme mais c'est assez emblématique du bonhomme et complexifie sa figure d'homme de gauche contrariant pour tout le monde. Sa défiance envers les grands mouvements politiques ne s'arrête pas à la Guerre d'Espagne et on retombe plus tard sur un jeu de vocabulaire qui laisse penser que des décennies après les occasions ratées sont toujours là.

On peut apprécier qu'il apparaisse plus normal, quoique avec une pensée aussi active... que prophète et goûter ainsi un peu plus pleinement la lucidité qui guide sa démarche. La même lucidité qui motive l'urgence quand le monde s'emballe, abandonne l'Espagne et se précipite à reculons dans notre deuxième conflit mondial.

C'est fort intéressant pour qui est sensible à cet auteur et recoupe ce qu'on apprend de lui au travers de ces romans et récits.

Quelques lignes mal ordonnées (désolé ça mérite tellement mieux) avant de laisser place à des citations/extraits.

Et une pensée pour les lectures communes de Bédou et Shanidar sur la Guerre d'Espagne et les mouvements de pensée du siècle dernier !


Mots-clés : #creationartistique #deuxiemeguerre #essai #guerredespagne #historique #social
par animal
le Jeu 26 Oct - 22:24
 
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Sujet: George Orwell
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Alberto Manguel

Une histoire de la lecture

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Une_hi10

Actes Sud, édition 1998, volume convenable, au format 13x24, au papier agréablement raide, « blanc cassé », illustré (même si les petites images sont parfois peu lisibles), et avec sommaire, notes, index comme il convient, surtout pour un essai : cela devient suffisamment rare pour mériter d’être souligné.

Il s’agit d’un essai sous forme traditionnelle, savant bien sûr, mais que nombre d’anecdotes, personnelles ou pas, rendent d’une lecture facile, « accessible et néanmoins érudit, riche en renseignements et aussi en réflexion. »

Pour se faire une idée, voici la table des matières :

LA DERNIERE PAGE
FAITS DE LECTURE
Lire des ombres
Lire en silence
Le livre de la mémoire
L'apprentissage de la lecture
La première page manquante
Lire des images
Ecouter lire
La forme du livre
Métaphores de la lecture
POUVOIRS DU LECTEUR
Commencements
Ordonnateurs de l'univers
Lire l'avenir
Le lecteur symbolique
Lire en lieu clos
Le voleur de livres
L'auteur en lecteur
Le traducteur en lecteur
Lectures interdites
Le fou de livres
PAGES DE FIN


Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Lecteu10
Lecteurs dans une bibliothèque londonienne endommagée par une bombe en 1940 (photographie commentée par l’auteur).

On pourra se reporter également au texte de Laurent Jenny, Histoire de la lecture, qui s’y rapporte : Université de Genève

Je renverrai aussi au Journal d’un lecteur, du même Alberto Manguel.

Quelques extraits…

« Quand j’ai découvert que Cervantès, dans son amour de la lecture, lisait "jusqu’aux bribes de papier qu’on jette à la rue", je connaissais exactement la nécessité qui le poussait à de telles récupérations. […]
L’expérience m’est venue d’abord des livres. Quand, plus tard dans ma vie, je me suis trouvé en présence d’événements, de circonstances, de personnages similaires à ceux que j’avais rencontrés dans mes lectures, cela m’a souvent donné l’impression un peu étonnante mais décevante de déjà vu, parce que j’imaginais que ce qui se passait à ce moment m’était déjà advenu en paroles, avait déjà été nommé. »
Alberto Manguel, « Une histoire de la lecture », « La dernière page »

« Quand je ne suis pas en train de marcher, disait-il, je lis ; je ne peux pas rester assis à réfléchir. Les livres réfléchissent pour moi. »
Charles Lamb, cité par Alberto Manguel, « Une histoire de la lecture », « La dernière page »

« "Pour comprendre un texte, écrivait le Dr Merlin C. Wittrock dans les années quatre-vingt, nous ne nous contentons pas de le lire, au sens propre, nous lui fabriquons aussi une signification." Dans ce processus complexe, "les lecteurs prennent le texte en charge. Ils créent des images et des transformations verbales afin de s’en représenter le sens. Plus impressionnant encore, ils produisent du sens en cours de lecture en établissant des relations entre leur savoir, des souvenirs de leurs expériences, et les phrases, paragraphes et passages du texte écrit." Lire ne consiste donc pas en un processus automatique d’appréhension du texte comparable à la manière dont un papier photosensible est impressionné par la lumière, mais en un étonnant processus labyrinthique de reconstruction, commun à tous et néanmoins personnel. »
Alberto Manguel, « Une histoire de la lecture », « Lire des ombres »

« La traduction propose une sorte d’univers parallèle, un autre espace-temps dans lequel le texte révèle d’autres significations possibles et extraordinaires. Pour ces significations, toutefois, il n’existe pas de mots, puisqu’elles existent dans le no man’s land intuitif séparant le langage de l’original de celui du traducteur. »
Alberto Manguel, « Une histoire de la lecture », « Le traducteur en lecteur »

« L’illusion caressée par ceux qui brûlent des livres est que, ce faisant, ils peuvent annuler l’histoire et abolir le passé. »
Alberto Manguel, « Une histoire de la lecture », « Lectures interdites »

« Pour qu’un livre nous touche, il faut sans doute qu’il établisse entre notre expérience et celle de la fiction ‒ entre les deux imaginations, la nôtre et celle qui se déploie sur la page ‒ un lien fait de coïncidences. »
Alberto Manguel, « Journal d’un lecteur », juin 2002

« C’est curieux, cette façon dont un lecteur façonne son propre texte en remarquant certains mots, certains noms qui ont pour lui une signification privée, dont lui seul perçoit l’écho, et qui échappent à tous les autres. »
Alberto Manguel, « Journal d’un lecteur », juin 2002



mots-clés : #essai #universdulivre
par Tristram
le Dim 22 Oct - 21:12
 
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Sujet: Alberto Manguel
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Henry David Thoreau

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 19177410

Walden ou la vie dans les bois (1854)

L'heure du commentaire est venue pour cette lecture étrange... il y a des traces sur le fil alors je ne vais pas trop insister : le début est lourd (au sens un rien ch...), une leçon de morale (décroissante) par un petit gars de bonne famille qui part vivre "dans les bois". Même en tentant d'imaginer un contexte mi XIXème états-unien... Difficile de ne pas sentir une forme de morale écrasante (dont il conserve néanmoins des traits) et une machine d'exploitation qui se met en marche avec beaucoup de gens, de pauvres gens qui prennent ce train à la destination incertaine en marche.

Alors la vie dans les bois aux bords de l'étang de Walden pourquoi ? pour écrire, pour réfléchir, pour faire un break peut-être aussi comme on dirait de façon floue... pour chercher, peut-être trouver, esquisse-t-on après lecture.

Des chapitres à thèmes : économie, chauffage l'hiver,... une structure assez carrée avec la volonté d'instruire à travers le récit d'expérience(s) qui se permet des écarts avec un certain 'humour et un trop plein d'amour pour la langue et la culture. Motivation palpable.

Ce carré a un côté de rejet d'une forme de vie, ça apparaît très fermement au début et c'est par reflet fermé. Intéressant peut être ses chiffres du premier chapitre mais partiel. Il y a forcément des manques et on a le droit je crois d'avoir l'impression de subir un genre de littérature d'une mode très éloignée des nôtres (mode XVIIIè ?)... et puis ça se transforme, on entrevoit une longue méditation quelque peu hébétée mais pointilleuse teintée de tradition morale, du pays (le lieu géographique) et de pensées lointaines, indiennes, chinoises et par les courants du moment (transcendantalisme).

Dans cette méditation "l'épreuve" a un rôle non négligeable bien que le zozo avoue apprécier de ne pas travailler toute la journée et trouve aussi de l'aide à l'occasion. et sans doute dans ses réponses plus de doutes qu'il n'a l'air de l'affirmer car l'expérience est conclue comme une parenthèse (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y avait rien dedans).

Le lecteur agacé du premier chapitre (le plus long d'ailleurs) ? aura à traverser d'autres moment d'intérêt moindre surtout dans les accumulations de références et les dérives vers le catalogue documentaire. Ceci ne l'empêchera heureusement pas de suivre avec intérêt les observations sur la formation et la fonte de la glace sur l'étang ou les animaux... et les gens... qui sont eux comme des ombres dans cet univers. Ombres bien vivantes cependant qui rejoignent cette impression de passage, qui se mue aussi presque imperceptiblement en impression de pardon (pour rester dans les références).

Ce qui n'est pas exclusivement un très humain miracle. C'est un des propos de l'auteur à travers la réinvention (ou révélation ?) d'une manière d'attention. une observation soigneuse, curieuse et ouverte... qui cherche la beauté sans masquer certaines taches (intéressant rapport à la prédation et à la nutrition, réflexion autour du végétarisme). Et la beauté de son coin, de son "endroit" qu'il arpente par tous les temps le jour et parfois la nuit, il fait un bel effort pour la partager !

Un résultat étrange, qui tire sur le bancal, dont on a envie de dire si ça devait être nécessaire qu'on doit y réfléchir à deux fois mais beau, motivant, revigorant... et moins certain que la somme de ses affirmations. Une distance à prendre avec le contenu du livre et avec son image devenue quasi-intouchable, iconique, presque impérative. Une approche, un moment de vraie recherche d'une espèce de constante résurrection. Recueillir ou épuiser toute la saveur de l'instant pour qu'il existe pleinement en soi, tenter de le connaître ou de savoir pour... (vivre mieux ?).

Je me suis usé sur les premières pages mais je ne regrette pas et je crois que je lirai volontiers Civil Disobedience qui suit dans le livre. Petit plus personnel dans cette lecture en VO (désolé pour les extraits) ? Livre sorti de la bibliothèque familiale et petites annotations qui vont avec, passage soulignés ou points de vocabulaires.  

(récup certes mais remaniée).

mots-clés : #autobiographie #essai #lieu #nature #xixesiecle
par animal
le Sam 9 Sep - 6:37
 
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Tony Attwood

Le syndrome d'asperger : Guide complet

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Eqfsef10

Etant particulièrement touché par ce syndrome et ce, à plusieurs degrés, étant particulièrement soumis et victime des problèmes de compréhensions des psychologues pas tous formés à ce syndrome et soumis à l'influent et dévastateur lobbying de la psychanalyse (voir le documentaire "Le Mur") ou lire "le livre noir de la psychanalyse" il m'a fallu me documenter et persévérer pour obtenir un corpus de textes concis, clair, étayé scientifiquement et donc utile.

Cet ouvrage fait partie de ces textes. Documenté, sourcé, très pédagogique cet ouvrage est désormais une référence et son auteur également pour ce qui concerne le syndrome d'asperger et l'autisme plus généralement.

Cela permet ainsi d'en finir avec les préjugés, avec les vieilles lunes d'une psychologie et d'une psychanalyse dépassées et de mettre à jour les connaissances que l'on a de cette particularité psychologique.

Dans un pays où nous sommes en retard que ce soit en compréhension ou en encadrement thérapeutique scolaire et professionnel sur ce sujet, c'est un ouvrage nécessaire et important.

Il est d'ailleurs souvent recommandé par les associations sur l'autisme.

Cette lecture aura personnellement changé beaucoup de choses pour moi.


mots-clés : #essai #pathologie
par Hanta
le Jeu 20 Juil - 11:32
 
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Michel Piquemal

Sous le pseudonyme de Kosy Libran :

Le prophète du libéralisme

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 411zrs10

Fiction structurée comme un essai philosophique. En réalité c'est davantage un essai philosophique déguisé en fiction, avec un pseudonyme, avec pour but de brouiller un peu les pistes et peut être d'adjoindre un effet ironique à une critique virulente de la société et surtout de nos élites.

Pas simple donc à catégoriser, cette oeuvre qui ne semble pas représentative du reste de la bibliographie de l'auteur.

Déroulée en petits chapitres thématiques (De la justice, De l'épargne...) nous avons droit au propos d'un grand ponte pendant sa partie de golfe répondant aux questions d'une foule enamourée d'esprits serviles. Certains y verront une caricature de l'ultragauche d'autres reconnaîtront le cynisme ambiant de dirigeants et d'une politique assez répandue dans notre pays.

Le propos est intéressant mais c'est du "déjà-vu", des films comme Wall Street, ou des livres comme Le Capital (D'Osmont), ou les livres de sociologie de Meda, Pinçon Charlot, Piketty et Généreux ont déjà une multitude de fois traité de ces thématiques en dénonçant le discours présenté dans ce livre.

On pourra me répondre : "Oui mais là c'est une fiction cela n'a pas mission de document scientifique".
En effet mais ce n'est pas vraiment mieux écrit qu'un document universitaire. Dès lors l'esthétique séduisante d'une fiction bien écrite n'est pas là.

L'intérêt de lire cet ouvrage perd donc son sens et la mission n'est pas remplie. Dommage car le discours en lui même est intéressant et rappelle cette citation de Buffet souvent (trop ?) ressortie :

Buffet a écrit:il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner



mots-clés : #essai
par Hanta
le Dim 16 Juil - 10:59
 
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Rana Dasgupta

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Unknow10

Delhi capitale

Rana Dasgupta ne connaissait l'Inde que parce que ce pays était celui de son père. Jamais il n'aurait imaginé quitter définitivement le confort de Manhattan pour la cité de Delhi. Et pourtant, il a été aspiré par le pouvoir d'attraction de cette ville dont il est, dit-il, tombé aussi amoureux qu'haineux… Et cette ville, il a eu envie de la comprendre, en se replongeant dans son histoire (récente et plus ancienne), et en allant à la rencontre de ses habitants, plus particulièrement ceux de la classe moyenne, qui sont au coeur de ce livre.

Maintes fois, Delhi a été détruite. Maintes fois, elle a su renaître de ses cendres. Le dernier traumatisme en date étant le drame de la Partition, dont les conséquences ont totalement changé le visage de la capitale indienne, donnant lieu à un vrai bouleversement culturel. L'empire moghol avait laissé en héritage une culture raffinée, un art unique et une langue célébrée des poètes. En exacerbant les antagonismes, la Partition a provoqué la mort de ce subtil sincrétisme hindo-musulman, que l'auteur évoque avec une certaine nostalgie. Cet extrait certes un peu long synthétise bien, je crois, la pensée de l'auteur :

Sans doute pense-t-on qu'un pays indépendant est plus porté à s'exprimer qu'un pays colonisé. Peut-être imagine-t-on l'Indépendance comme un moment où des voix jusque-là muettes se déversent tout à coup en conversation et en chants. Mais, dans l'Inde du Nord, la vérité était plus complexe. On ne lisait plus les ouvrages des grands auteurs en hindoustani, qui contenaient trop d'éléments désavoués et était écrits dans un alphabet qu'on ne pourrait bientôt plus déchiffrer.  Les maisonnées pendjabies, naguère si fièrement littéraires, se mirent à dédaigner les livres. La plupart, tous ceux qui ne servaient pas directement à promouvoir la carrière, représentaient une dépense sans retour sur investissement ; en fait, ils étaient une menace pour la maisonnée post-Partition, dans laquelle reconstruire la base matérielle de la famille était l'unique préoccupation légitime. (…)
Delhi mérita une fois de plus sa réputation de ville ou les langues viennent mourir. Si les réfugiés de la partition oublièrent l'ourdou en une génération, ils éprouvèrent les mêmes des difficultés à transmettre leur langue maternelle, le Pendjabi, dont leurs petits-enfants, dans leur immense majorité, ne connaissaient que des bribes. Beaucoup de membres de la classe moyenne finirent par ne parler correctement aucune langue – ni l'anglais, qui était, néanmoins, leur langue professionnelle, ni le hindi, qu'ils parlaient chez eux avec un vocabulaire limité aux besoins de la vie quotidienne. Le souci de la langue ? Vain et efféminé. La mode fut un certain relâchement dans l'expression, à une ignorance voulue de la grammaire.  (…) L'ancienne largeur de vue disparut. Les gens savaient de moins en moins ce que pensaient ceux qui n'étaient pas comme eux, l'isolement et la suspicion s'accrurent entre les castes.
Ce sont souvent les pauvres migrants des petites villes qui préservaient l'idée de la belle langue. Les réfugiés de la Partition, qui étaient propriétaires, comptaient leurs maisons et leurs économies, se repaissant de leur supériorité face à ces nouveaux venus dépenaillés ; mais parfois, ils entendaient parler les classes laborieuses venues d'autres lieux où l'on avait conservé les éléments poétiques, extatiques de l'hindoustani, et il s'apercevaient alors de tout ce qu'eux-mêmes avaient perdu.


La devise des années Nehru, "frugalité, service, nation", déjà mise à mal sous le régime d'Indira Gandhi, fut littéralement balayée par la dérégulation économique des années 2000. Aujourd'hui, la ville de Delhi se trouve dédiée tout entière à la rentabilité, à la réussite sociale et au consumérisme. L'opulence se doit d'être ostentatoire. Mais si le dynamisme de cette classe moyenne force l'admiration, il n'en cache pas moins des failles : une jeunesse désoeuvrée et en perte de repères, et des cellules familiales déstabilisées par la nouvelle indépendance des femmes, la (relative) libéralisation des moeurs, ou encore le recul de la spiritualité.
Et puis, le pendant de tout cet argent coulant à flot est, on le sait, la corruption endémique qui sévit dans le pays. Le système, loin d'être anarchique, est au contraire soigneusement planifié et entretenu par tous ceux qui y trouvent leur intérêt. Même le système médical est gangrené, les hôpitaux n'hésitant pas à faire payer des sommes ahurissantes des traitement totalement inutiles, voire dangereux pour les patients…
Delhi est en plein boom, Delhi s'enrichit, mais Delhi marche sur la tête…

Bien entendu, les pauvres sont comme toujours les grands perdants dans cette histoire. Les terrains où ils établissent leurs bidonvilles étant régulièrement convoités par les promoteurs, ils sont évincés manu militari, relégués dans les friches insalubres. Là, patiemment, de leurs propres deniers, ils reconstruisent des habitations, des écoles, et adjoignent un système de canalisation, avant d'être, de nouveaux, chassés comme des malpropres. Eternel cycle infernal pour ces déshérités ouvertement méprisés :

Le corollaire de tout cela était que, dans l'esprit de la classe moyenne, les domestiques ne méritaient pas leur salaire. Ce dernier n'était pas le reflet de leur contribution à la maisonnée, mais une espèce d'aumône qui leur était faite en dépit de leur incompétence. (…) Leur représentation des pauvres n'était pas celle d'une formidable force de travail, mais d'une meute de parasites qui vivaient au crochet de l'intelligence et du dur labeur de leurs supérieurs. C'était elle, la classe moyenne, qui boostait l'économie, et elle était déterminée à s'assurer que les fruits de la croissance lui reviennent en propre, et à personne d'autre. (…) « Se faire plumer » par les pauvres étaient quasiment une obsession (…)  Comme si, en réaction à la sempiternelle maxime de l'immédiat après indépendance – « Souvenez-vous des pauvres ! » –, Le temps était venu, semblait-il, de les oublier.


Pour dresser ce portrait contrasté de la ville, l'auteur a interviewé des gens très divers, arrogants, attachants, lucides, déroutants aussi, parfois, qui se sont livrés en toute sincérité. Mais Rana Dasgupta ne se contente pas de nous proposer des témoignages bruts, il fait un véritable travail de mise en perspective, aussi bien culturel que politique, analysant les mutations actuelles à l'aune du passé de la ville et du pays. C'est passionnant, parfois édifiant, et que l'on soit d'accord ou pas avec ses théories, on se plongera avec fascination dans cet essai de quelques 600 pages qui se lit aussi facilement qu'un roman, et livre de Delhi une vision aussi séduisante qu'effrayante.
A l'heure actuelle, Delhi est une ville à l'équilibre précaire, d'autant plus que son approvisionnement en eau est de plus en plus difficile à asssurer. Delhi pourrait donc bien s'auto-détruire. Avant de renaître, encore une fois ?


mots-clés : #corruption #essai #historique #mondialisation #social
par Armor
le Sam 15 Juil - 18:29
 
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Sujet: Rana Dasgupta
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Josef Schovanec

Je suis à l'est!

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Images18

En somme, être normal est bien triste. Je préfère la compagnie des fous.


Josef Scoovanec  nous présente l'autisme, son mode de vie, que d'aucuns nomment handicap, maladie voire folie.

Lorsque je suis seul dans ma chambre, je ne me sens pas autiste (...) Suis-je donc autiste tout le temps ? Quand je suis dehors ? Et si je ne sors plus de chez moi, serai-je encore autiste ?


Il commence par raconter son  cursus (l'apprentissage tardif de la parole, le harcèlement et l'exclusion à l'école, le lycée, Sciences po) faisant émerger les particularité qui ont émaillé sa relation à lui-même et à l'autre, ce handicap social, cette soi-disant psychorigidité. Il montre  l'incompréhension face à sa maladresse, sa bizarrerie,  avec ce cercle vicieux de  la constitution de l'identité par l'exclusion. Mais aussi la tolérance, l'intelligence relationnelle et l'ouverture bienveillante de certains, notamment de ses parents, que la dictature tchécoslovaque et l'exil avaient peut-être préparés à mieux gérer la différence . Et aussi les errances diagnostiques de médecins emprisonnés dans leur égo et leurs croyances,qui ont mené à de catastrophiques prises en charges thérapeutiques, inadaptées et délétères.

Il explique en quoi, en parallèle des acquisitions classiques, le parcours de l'autiste impose tout un apprentissage, fait d'observation, de réflexion, de gaffes et leurs retours plus ou moins destructeurs, pour tâcher d’obtenir un minimum d'adéquation, c'est à dire  d'intégration. Car si pour lui "la règle, c'est la règle" et cela poussé jusqu'au stade le plus ultime, celle-ci n'est pas forcément celle des autres, le point de vue et l’interprétation sont autres.

Il parle de son appétence culturelle qu'il appelle, avec son humour toujours un peu distant,  toxicomanie, qu'on peut voir aussi comme le moteur qui l'a amené à vaincre ses angoisses, ses réticences , ses perplexités dans le seul but de la satisfaire.

Au-delà de l'anecdote quotidienne, il poursuit une réflexion sur la norme, la normalité et la normalisation.

A l'école, quand on veut blâmer un enfant, on lui dit : « Ne fais pas l'intéressant ! » Alors que l'objectif de toute vie artistique, professionnelle, voire de toute vie humaine, et précisément d'être intéressant.


Il repositionne inlassablement l'autiste et le non-autiste, interroge la notion de différence culturelle, d'étrangeté.

Les manques sont toujours très relatifs. Diderot, dans la Lettre sur les aveugles, qui au demeurant lui a valu la prison, compare l'absence de la vision de l'aveugle à la situation du moucheron, qui n'a pas de bras mais a des ailes. Objectivement, la plupart des gens ne ressentent pas le manque d'ailes pour voler, alors même que cela pourrait leur être fort utile.


A distance "l'approche  misérabiliste (montrer la souffrance de l'autiste)" et de "l' approche bling bling (montrer les aptitudes au calcul mental d'un certain nombre de gamins avec autisme)", Josef Schovanec propose "l'approche pragmatique", l'acceptation de la différence, l'ouverture à l'autre, la recherche de solutions adaptatives. Une approche qui, au delà des mouvements associatifs qu'il n'épargne pas,  donne la parole aux autistes, et aussi aux non-autistes, abusivement considérés comme "non concernés", chacun apportant à l'autre sa singularité pour l'enrichir,  dans le but de construire les conditions optimales d'une cohabitation heureuse et fructueuse.

Si la société promet bonheur, longue vie, santé, bon salaire, et que je n'ai rien de cela, et si l'autisme est défini par le trouble social, comment pourrais-je ne pas être au moins un peu autiste ?


Pour conclure
En somme, je crois que l'être humain est très complexe. Que l'on ne peut jamais le décrire par un seul critère. C'est pour cela que je ne peux me définir par l'autisme ; l'autisme est une de mes particularités, comme, par exemple, le fait que je mesure environ 1,95 mètre. La seule grille de l'autisme, à supposer qu'elle existe et soit unique, ne peut pas rendre compte de ma personnalité, comme elle ne rend compte de la personnalité de personne. Je me méfie des théories qui voudraient réduire les êtres humains à un mécanisme d'horlogerie. Je vois que l'être humain est beaucoup plus composite, en mouvement. Ne l'enfermons pas, ne nous enfermons pas dans une case. Il nous en manquerait une.


Josef Scovanec nous achemine vers une meilleure compréhension de l'autre, qu'il soit "avec autisme" ou non, et ce n'est pas la moindre qualité de son livre.


mots-clés : #autobiographie #essai
par topocl
le Ven 14 Juil - 15:44
 
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Sujet: Josef Schovanec
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Darian Leader

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Unknow11

Bipolaire, vraiment ?

A l'invite de Chrysta nous sommes quelques unes à avoir lu ce livre en LC. Voir le fil dans cette dernière rubrique.

J'ai lu ce livre avec intérêt, pas eue l'impression que l'auteur creusait énormément, mais pour autant il y a des idées importantes qu'il met en avant et qui me serviront pour comprendre et penser ce trouble particulier dont souffre une proche. Je pense qu'il s'adresse, d'ailleurs, aux néophytes. Qu'il veut, par ce livre, faire bouger l'opinion.

page 107 :
Tout le monde , on le sait bien, a des identifications bien enracinées à des membres de sa famille. Fry suggère un point important quand il dit devoir au sucre sa vie même, répétant qu'il n aurait jamais existé sans le sucre. Son existence entière se trouve ainsi enchâssée dans un rapport de dette.

Fry est un des patients dont il parle, c est aussi apparemment un écrivain connu.


page 131 :

Une patiente explique que "quand il ne reste plus rien que de la rage, elle se transforme en euphorie. (...° Si on lui demande ce qui peut déclencher ses épisodes, elle répond tout de suite "quand je me mets en colère contre quelqu'un que j aime".


page 132 :
La maniaco-dépression est cet effort pour séparer, pour maintenir une différenciation élémentaire au lieu d'un noeud de contradictions, toujours plus douloureux et plus déroutant.Tel est peut-être le véritable sens de la bipolarité  : non pas l'alternance des humeurs, que l'essentiel de la psychiatrie contemporaine est si prompte à transformer en une pathologie à traiter, mais la recherche d'une bipolarité primaire, d'une scission de base, qui soit un point de repère. (...) la maniaco-depression relève justement de cet effort pour instaurer des polarités extrêmes, pour créer un monde d'opposition (...) de séparer le gris en blanc d'un côté et noir de l'autre.

, soit une forme extrême de la dépression.

L'auteur défend une position qui met l'accent sur le vécu du patient, je crois, il encourage à instaurer une lecture de causalité avant d'enfermer dans une typologie morbide. Disons. je pense que Chrysta sur le fil de LC a d'ores et déjà exprimé et restitué cette position qu'il prend.

Je me questionne : j avais lu que la bipolarité était un type de psychose.
Et que les psychoses se heurtaient à l'échec d'une tentative de transfert, que la construction identitaire ne pouvait structurellement trouver réconfort à passer par le transfert psychanalytique, et que dans ces cas là, le psychiatre prenait un rôle symbolique de "secretaire" vis à vis du patient, que toute la démarche d'accompagnement et de soutien devait passer par cette nuance. Chrysta va voir sans doute ce que je veux dire, je simplifie forcément, car je ne suis pas dutout spécialiste et ne comprends que de loin.
Mais ducoup, Leader m'interroge, il encourage à scruter ou dumoins entendre et comprendre le passé émotionnel et symbolique des bipolaires, mais sous ce rapport il n'évoque pas dutout les résultats ou cadres dans lesquels on peut apporter quelque chose d'aidant. C'est là où je suis un peu sur ma faim. Cette lecture ne peut suffire , elle m'aide à cerner des points de cet univers, mais pas à en comprendre l'accroche, pour y dialoguer et y soutenir un tiers.


mots-clés : #essai #pathologie
par Nadine
le Sam 20 Mai - 10:02
 
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Patrick Declerck

Le sang nouveau est arrivé - l'horreur SDF

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Images78

Patrick Declerck écrit un pamphlet virulent,  pour dénoncer l'abandon dont font preuve les SDF: le mépris qu'ils se voient opposer, l'incompréhension de leurs problèmes (causes et conséquences), le manque de moyens et l'inadéquation du peu qu'il y en a . Il soulève l'idée (non, il décide) qu'il y a là une volonté politique de conserver les SDF au sein de la société comme repoussoir et contre-exemple montrant à quoi mènent l'abandon de la norme, ou le "refus" du travail : "Travaille, mon petit, sinon tu finiras clochard".
Il propose le revenu universel comme solution au problème.
Tout cela est bien intéressant,  un peu simpliste sans doute, et il faut garder en tête que le livre a été écrit en 2005.

Cependant  (malgré une dernière page de remerciements qui rappelle à quel point des gens dévoués et intelligents œuvrent pour cette cause) il eut mieux valu adopter un ton qui ne consistait pas à insulter tout le monde et à montrer  l'auteur comme seul clairvoyant et  détenteur du savoir. Même si je comprends qu'il soit bien énervé par ce qui se passe.


mots-clés : #essai
par topocl
le Lun 17 Avr - 21:11
 
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Michel Rio

Ronde de nuit

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Teeter10

Essai ingénieusement déguisé en roman , relatant un constat des problématiques du monde actuel sous forme prioritaire du dialogue. En effet la narration est très peu présente et lorsque l'on connait le goût prononcé de l'auteur pour le Théâtre on peut fort bien admettre que ce roman puisse être adapté en pièce. La structure des dialogues cadencés, comportant la majorité d'informations, axant son harmonie sur les relations entre les personnages, dont aucune n'est principal rappelle le théâtre et son exercice.

Les sujets comme la crise économique de 2008, la crise sociale, l'Europe, la religion sont abordés sous le prisme de personnages fictifs qui élaborent au cours de débats des thèses critiques des systèmes actuels. On pourrait prendre peur face à cela, car l'argumentation prend parfois le pas sur le récit, mais Michel Rio équilibre cela par des personnages riches en personnalités (presque caricaturaux mais cela permet l'équilibre avec le propos critique), truculents, avec une grande culture, et un causticité jubilatoire.
C'est un propos de gauche si l'on peut dire. un lecteur de droite ou d'extrême droite n'y trouvera aucun plaisir. un lecteur sans orientation politique et concerné par l'état du monde se saisira de cet objet littéraire avec je pense avidité. J'ai beaucoup aimé.


mots-clés : #essai
par Hanta
le Lun 17 Avr - 11:42
 
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Patrick Declerck

Tag essai sur Des Choses à lire - Page 3 Images35

Résumé :

Clochards, nouveaux pauvres, marginaux, mendiants, SDFÀ, exclus… les titres ne manquent pas pour recouvrir ces vies innommables d'un semblant d'identité. À quoi ressemblent-ils, pourtant, ces fantômes de la rue, ces ombres éthyliques qui s'acharnent impitoyablement contre eux-mêmes et détruisent très méthodiquement ce que la vie avait commencé à faire d'eux ? À travers ce voyage ethnologique dans les bas-fonds de l'enfer, Patrick Declerck, psychanalyste et ethnologue qui a suivi pendant quinze ans cette population, nous fait comprendre et ressentir la singularité de ces naufragés qui ne sont ni des victimes, ni des sages, ni des fainéants, ni des réfractaires mais des hommes et des femmes pris dans une logique du pire, embarqués dans un processus intérieur de désocialisation tout aussi violent et imparable que celui de l'effondrement psychotique. Que faire de ces créatures à la dérive ? Le vagabondage n'est plus un délit depuis 1992. Ce ne sont plus des institutions pénitentiaires, des maisons de travail qui accueillent les "exclus". Les lois, les statuts juridiques ont changé. En est-il de même des pratiques et des mentalités ? Quelle place la société peut-elle faire, en son sein, à ceux qui lui tournent le dos ? Jusqu'où ira-t-elle sur la voie du devoir d'asile ? Un regard cru mais humain sur un univers cruel et pathétique. --Emilio Balturi


J'ai lu ce livre il y a déjà quelques années dans une visée de travail. Cette expérience d'immersion dans le "monde" des "clochards", comme l'auteur a choisi de les appeler, de Paris, dans leurs nuits, a été une expérience particulière et très intéressante pour une sorte de prise de conscience de certaines dimensions que l'on occulte en général de ce monde là, pour un décalage dans notre point d'observation, de regard, mais aussi et surtout pour cette expérience qui renvoie à une perte / distorsion identitaire et à un vécu dans son corps de ce qu'il traverse. C'est une perte de coordonnée des repères qui font notre monde, notre réalité, qui s'effondre et amène de ce fait à cette expérience aux tonalités psychotiques.
C'est une immersion dans la plus dure désocialisation, aux côtés et avec des personnes pour lesquelles la misère et l'abandon social se double d'un abandon de soi.

Un livre dont on ne peut sortir indemne, qui vient témoigner de la fragilité de nos assises dans des circonstances telles et de la rapidité avec laquelle il est possible de basculer; un livre qui est une porte entrouverte vers moults interrogations et réflexions quant au vécu des SDF, à leur place dans la société et aux différentes manières qu'elle a d'y faire face (déplacement, soin, etc ...), aux tentatives de leur prise en charge et aux échecs auxquels elle peut confronter, à leur fonction dans le tissu social, etc ...

Un livre pas forcément simple par la prise de conscience qu'il suscite et l'immersion aux côtés de l'auteur dans ce monde parfois chargées de banales horreurs, mais un livre actuel que je recommande


mots-clés : #essai
par chrysta
le Jeu 13 Avr - 10:18
 
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Sujet: Patrick Declerck
Réponses: 6
Vues: 368

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