Des Choses à lire
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Après tout une communauté en ligne est faite de vraies personnes, avec peut-être un peu plus de liberté dans les manières. Et plus on est de fous...


Je te prie de trouver entre mes mots le meilleur de mon âme.

Georges Brassens, Lettre à Toussenot

La date/heure actuelle est Ven 18 Sep - 18:51

51 résultats trouvés pour exil

Karel Schoeman

En étrange pays

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Nous pourrons continuer à vivre ici, dans ce silence, comme les plantes du désert qui poussent dans des  fissures de rochers, en y enfonçant leurs racines pour rester en vie, et leurs petites fleurs sont si minuscules qu'on les voit à peine devant le gravier et le sable dans lequel elles poussent. Il n'y a rien, absolument rien ; mais on peut vivre comme ça.



Certains choisissent la Montagne Magique, Versluis a choisi Bloemfontein, cette ville perdue au milieu du veld - cette terre sans fin, aride, lumineuse et poussiéreuse, fascinante et hostile, réputée salutaire pour les poumons malades. C'est un bourgeois compassé, plein de conventions et de certitudes, pris dans son carcan de célibataire taciturne et hautain. Quoique libre penseur dans un milieu fortement religieux, il s'habitue peu à peu à la communauté européenne.

ce n'était qu'à ce moment, en cet instant fugitif de lucidité, qu'il était capable de mesurer la distance réelle qui existait entre ce pays et le monde d'où il venait - et il devint parfaitement conscient des frontières qui le séparaient de ces gens, des différences infinies entre les mondes respectifs de leurs expériences, de leurs valeurs et de leurs associations.


Il fuit les festivités frivoles au profit d'une relation curieusement intense avec un jeune pasteur et sa sœur infirme, frémissants de passion, ardents d'humanité, écartelés entre deux cultures, courant désespérément vers un accomplissement inaccessible, qui partagent avec lui leurs questionnements existentiels d'exilés.

Nous écoutons Mozart ou Schubert, nous lisons Goethe ou Schiller, et quand nous levons les yeux et voyons cette terre dure et aride nous sommes frappés par la distance qui existe entre ce que nous avons entendu et ce que nous constatons autour de nous - comme si deux réalités entièrement séparées existaient ici, côte à côte, un monde spirituel et celui de notre existence quotidienne. C'est exactement ce qu'Adèle considère comme notre faiblesse, le fait d être écartelés entre deux mondes et, en conséquence, de ne pouvoir vraiment être loyaux à aucun des deux.


Au cœur de ces trois solitudes, la mort, dont, entre gens bien élevés,  on détourne pudiquement le regard, plane, discrète mais inéluctable. Versluis meurt seul, comme il a vécu, mais il meurt sans  angoisse ni regret,  ayant appris le sens du vide  dans ce paysage étranger.

Je crois que progressivement je vois que quelque chose est caché derrière ce vide.
- Non, dit-elle doucement en souriant, alors vous voyez encore mal. Il n'y a rien derrière, il n'y a que le vide. C'est le vide lui-même qui est beau.


Cet enfermement, enrichi de couleurs, de lumières, de bruits et de silence, est un âpre écrin pour des solitudes misérables qui prennent "conscience de l'aspect inachevé de [leur] existence", chacun emprisonné dans un exil différent. Le lecteur se laisse peu à peu envahir par une chape austère, qui l'empêche de lâcher une histoire pathétique et sombre, qui avance à petits pas, pleine de silences, de non-dits et d'envolées fulgurantes, dont il pressent la fin.




mots-clés : #exil #mort #solitude
par topocl
le Mer 6 Sep - 20:46
 
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Sujet: Karel Schoeman
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Joseph Roth

Notre assassin

Tag exil sur Des Choses à lire - Page 3 51hkdv10
C' est un roman très russe, c' est Stefan Zweig qui l' écrit, et c' est vrai, et d' ailleurs, ça se
passe en partie en Russie.
C' est une histoire pleine de cris et de douleur, et dont les personnages, souvent peu glorieux,
essayent de noyer leur culpabilité dans l' alcool.

C' est aussi ce que faisait Joseph Roth, lui-meme, exilé à Paris.


mots-clés : #addiction #exil #identite
par bix_229
le Dim 23 Juil - 16:19
 
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Sujet: Joseph Roth
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Daniel Arsand

En silence

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Un triste jour de 1897, las de la misère ordinaire, Edgar Flétan, sur lequel plane le spectre du suicide de son père, vend ses terre et emmène sa famille à la ville, Roanne, en l'occurrence. Dans cet exil urbain déterminé à défaut d'être choisi, un temps, on veut croire qu'on arrivera à s'y faire : appropriation de lieux, relations et travail. Mais la folie jamais nommée, sournoise, s'invente lyrique et dévastatrice.

C'est un quotidien étranglé de solitude et de déracinement où chacun court après ses chimères et où les fêlures se déchirent en béances.  Derrière un semblant d'assimilation progressive, insensible, la folie rôde et chacun se livre à ses propres errances à la poésie mortifère.

Dans cet exil urbain "abandon de tout ce qui vous  a créés", ce quotidien de petites gens  la fatalité  ne lâche pas les personnages, emportés par leurs attachements, l'amour est aussi fou que délétère, il y a là une austère noirceur.
Ces passions entrent magnifiquement en résonance avec le style tourmenté  et réfléchi de Daniel Arsand.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #exil
par topocl
le Sam 10 Juin - 11:05
 
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Sujet: Daniel Arsand
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Leonardo Padura Fuentes

l'homme qui aimait les chiens

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Tag exil sur Des Choses à lire - Page 3 Barzoi10
Lévrier barzoï


   Ce fut le temps où se concrétisa la grande désillusion.



Padura se fait une fois de plus  virtuose, scrutant l'histoire, emmêlant les destins.
Il relate la biographie sur plusieurs décennies de Léon Trotski, de son assassin Ramon Mercader, et d'un jeune, puis moins jeune écrivain cubain fictif qui a perdu ses illusions. Il relate avec ambition, et réussite, pas moins que les grandes purges de Staline, la guerre d'Espagne, la dictature cubaine.

Ce roman extrêmement riche, instructif, passionnant, foisonnant, parfois un peu trop car Padura est un  grand bavard, qui ne connaît guère les limites, aime les détails à n'en plus finir Il quitte le romanesque au profit de l’encyclopédique, et noit ainsi parfois l'ampleur de son texte. Cela donne des longueurs, d'autant que le récit est souvent fait de deux points de vue successifs sur les mêmes faits (celui de Trotski et de son assassin) mais c'est addictif, et… terrorisant, comme tout ce qui parle de l'histoire du XXe siècle.

Tag exil sur Des Choses à lire - Page 3 Mercad10
Ramon Mercader

Tag exil sur Des Choses à lire - Page 3 Xvm89d10
Trotski et les siens à Mexico

(commentaire récupéré)



mots-clés : #exil #historique #politique
par topocl
le Mar 23 Mai - 14:33
 
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Erich Maria Remarque

Les exilés

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1935-36. Les juifs et les dissidents, évincés d'Allemagne, sans passeport, sans permis de séjour ou de travail hantent un curieux no man' land cosmopolite. Ils se cachent dans des pensions sordides, déambulent , perpétuellement rejetés d'un pays à l'autre, d'une frontière à l'autre, purgeant quelque peine de prison avant de recommencer leur périples traqués d'apatrides... Des solidarités se forment et s'éparpillent, se croisent et se retrouvent;  des amitiés, des amours se tissent, et un peu de chaleur traverse ce néant absurde où l'espoir ne tient qu'à force de volonté. De Prague à Genève, en passant par Vienne et Paris, la peur au ventre,  la faim et le misère au corps, ils se soutiennent (ou se trahissent), échangent  des cigarettes,  les dernières nouvelles et  les bons tuyaux. Tragique quotidien où ces hommes et femmes errants, pour certains abandonnent, et pour d'autres croient encore pouvoir espérer.

C'est un beau roman, d'un classicisme pur et dur, qui raconte des faits accablants, dont l'actualité reste cruciale. Remarque n'élude pas la moindre des ignominies qui frappent ses héros abandonnés à eux-mêmes, mais on sent qu'il veut croire en l'homme, en certains, en tout cas - et notre recul de plus d'un demi-siècle nous autorise à nous demander s'il a raison : n'en sommes nous pas toujours au même point?




mots-clés : #exil
par topocl
le Mer 12 Avr - 20:58
 
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Cécile Wajsbrot

Memorial

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Une femme attend sur le quai d'une gare un train qui n'arrive pas. S'engage alors un long monologue intérieur entrecoupé par des conversations avec des ombres, les ombres de ce père et de cette tante qu'elle a laissé derrière elle. Un père et une tante dont on comprend vite qu'ils sont à l'origine de ce voyage vers une ville et un pays dont on ne découvrira les noms qu'au milieu du récit. D'emblée, les jalons de l'histoire sont posés et reposeront sur l'impossible oubli, sur l'oppression du silence généré par une famille exilée qui refuse de se retourner, de regarder en arrière et de transmettre à sa descendance les mots qui permettent de regarder demain.

On ne s'étonnera donc pas de l'absence totale du vocable attendu : pas une seule fois le mot juif n'apparaitra dans ce long monologue, une fois l'occurrence 'occupation nazie' surviendra tardivement et cette absence est un aveu, l'aveu d'un silence impossible à détruire, le silence d'un père, d'une tante et d'une grand-mère qui ne voulurent pas parler, raconter l'exil forcé, la peur, la traque, le pogrom. Un silence qui se répercute de manière tangible, indépassable dans la vie de notre narratrice : incapable de rester, incapable de partir, incapable de construire, incapable de détruire, de dire 'au-revoir' à un passé dont personne ne parle et contre lequel elle se heurte inexorablement.

Il y a quelque chose de désespéré dans la tentative de notre narratrice d'aller à la fois dans la ville quittée par ses parents et de fouir à l'intérieur d'elle-même, alors que les voix de ce père et de cette tante la hantent nuit et jour. Un père et une tante, eux-mêmes atteints par la maladie d'Alzheimer, maladie qui les précipite dans l'oubli, l'oubli de tout et exile définitivement notre narratrice dans les limbes. Sans nom, sans numéro de rue, sans histoires familiales, elle ne peut que errer dans les rues de la ville et rêver d'un abandon total.

Ce livre est d'une beauté étouffante, la voix qui parvient à s'échapper du long retour sur soi est pleine de ressassement et de ressentiment mais aussi d'un léger espoir : l'espoir de pouvoir enfin trouver sa place dans le monde, dans 'son' temps, une place qui lui apporterait la paix et cette paix elle ne peut la trouver qu'en remontant les traces quasiment invisibles d'un passé qui s'efface, d'un passé que tout le monde tente d'oublier mais que personne ne parvient à dépasser.

Je suis très contente d'avoir pris le train avec Cécile Wajsbrot, très contente d'avoir passé quelques heures en sa compagnie, avec le sentiment très dense d'avoir été un réceptacle à ses questionnements, à son errance, à ses désirs. Ce texte est à la fois très intime et universel, il appelle au silence et cherche en même temps à le détruire, il crie et bâillonne, il est parfois lourd mais c'est ce qui le rend tangible, prégnant. Beaucoup de livres ont été écrits sur la Shoah, moins nombreux sont ceux qui parlent de la douleur, de l'angoisse, de l'impossible oubli des descendants, c'est ce que tente et réussit Cécile Wajsbrot, avec pudeur et avec rage.



mots-clés : #exil
par shanidar
le Jeu 9 Fév - 11:34
 
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Sujet: Cécile Wajsbrot
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Margaret Mazzantini

J'avais adoré La mer, le matin

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Un pays, la Libye, et deux femmes.
Deux femmes qui ne se rencontreront jamais, deux destins contemporains marqués par le bonheur de simplement vivre auprès de ses racines, puis l’arrachement de l’exil.
Angelina, fille des rues et de la mer, dont les grands-parents firent partie de ces juifs italiens qui s'installèrent en Libye au moment de la colonisation, chassée dans  la haine et le mépris à l’époque du coup d’état de Kadhafi, vivant ensuite dans une révolte permanente son exil sicilien. Jamila, à peine 20 ans, petite-fille d’un Berbère érudit, fuyant sur une coquille de noix la violence abjecte du printemps arabe, protégeant son jeune fils, enfant joyeux et confiant en l’amulette qu’il porte autour du cou.

Dans ce court roman, Margaret Mazzantini réussit le tour de force de nous faire vibrer au sort déchirant de ces deux femmes et de leurs  fils, tout en nous racontant un siècle d'histoire de la Libye. Pas une page pédagogique cependant, mais des émotions, des lumières, des enfants heureux, des femmes qui ne renoncent pas, ballottées par la vie. De l'art de ne pas gaspiller un mot, de donner à voir et à ressentir.

Un texte extrêmement, intense, bouleversant, passionnant, dont il est difficile de parler par crainte de le dévaluer, pour une lecture d'une soirée qui enchante, meurtrit, et qui restera.

(commentaire récupéré)



mots-clés : #exil
par topocl
le Mer 1 Fév - 9:10
 
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Sujet: Margaret Mazzantini
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Georges Bartoli

Georges Bartoli
Né en 1957

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Reporter photographe

Né en 1957 en Catalogne, Georges Bartoli a d’abord travaillé dans la presse quotidienne régionale (Midi-Libre, L’Indépendant). Il a ensuite réorienté son activité vers les problèmes de société en France et à l’étranger, en collaboration avec le journal L’Humanité, l’Agence France Presse et REA, puis avec Reuters et Maxppp. Il est actuellement photographe indépendant et ses reportages sur l’altermondialisation, le monde du travail, la Palestine ou le Venezuela, le Chili... sont diffusés sur le site Divergence-images. Il a réalisé les photographies des ouvrages Gens du Rail (Privat, 2010), Cette France là… (Goutte de sable, 2009), Retirada (Actes-Sud, 2009)…


Bibliographie :

Ce monde-là, 2002 (collectif)
La confédération paysanne, 2003 (avec José Bové)
Le train jaune, les enragés du rail, 2004 (avec Joël Mettay)
Cette France-là…, 2009 (avec Thierry Baffou)
Avec ou sans les dents : 42 histoires invraisemblables mais vraies dont un timbre fut un jour le héros…, 2009
La Retirada : Exode et exil des républicains d'Espagne, 2009
Gens du rail, 2010 (avec Didier Daennickx)
Chili, 2013
Compagnons d'utopies : Scènes de la vie du village Emmaüs Lescar-Pau, 2015 (avec Magyd Cherfi)





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La Retirada



Ce livre est l'hommage d'un fils, Georges Bartoli,  à un père et à un oncle, qui firent partie des vaincus de la guerre civile espagnole.
Et à travers eux, à tous ceux qui durent quitter leur pays devant l'avance des soldats franquistes en février 1939.
Ils s'enfuirent dans le froid, tous ceux qui le purent, même les enfants, les femmes, les vieux.

Et lorsque ils franchirent la frontière, ils furent désarmés, arrêtés par les gendarmes français et parqués dans des camps au bord de la mer pour la plupart.
Eux pensaient que la France était une terre d'accueil. Et qu'en défendant leur pays, ils combattaient le fascisme.
Mais le Front Populaire était terminé et le gouvernement Daladier, préfaçait la guerre et Vichy.

Affamés, épuisés, humiliés.
Certains furent déportés en Afrique du Nord. D'autres envoyés dans le camp de Matthausen. Oubliés tout au long de l'histoire qui suivit.
Tragédie humaine. Exil forcé. Blessures inguérissables.
Jamais la France ne reconnut ces espagnols si mal accueillis qui combattirent dans la Résistance et aux cotés du général Leclerc, dans la 2e DB.
Jusqu'à la victoire.

Georges Bartoli raconte le destin de ces exilés. Eux qui furent trompés après la guerre de 40,  alors que les Alliés leur avait promis de les aider à chasser Franco, le général putschiste.
Ils attendirent en vain, en silence. Remachant la défaite, leurs rancoeurs, leur nostalgie. Tandis que la répression de Franco dénombrait 130 000 victimes supplémentaires.
Tandis que que l' Espagne retrouvait une place aux Nations Unies.

Mais les traces sont d'autant plus vives qu'elles sont encore présentes dans les mémoires.
En Espagne même où les partisans des franquistes ont encore nombreux. Où les charniers des exécutions comptent déjà plus de 4000 victimes.
Mais les jeunes, eux, n'ont pas tous oublié, au contraire.
Et c'est un peu la revanche des vaincus.

Georges Bartoli s'est aussi chargé de rendre hommage à son oncle Josep. Lui aussi exilé et qui, dessinateur satirique de grand talent, illustra cette période tragique.
Ce sont ces images que je vais sélectionner.



mots-clés : #exil #guerredespagne
par bix_229
le Mar 31 Jan - 18:06
 
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Sujet: Georges Bartoli
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Antonio Muñoz Molina

Dans la grande nuit des temps

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De Munoz Molina, j'avais beaucoup aimé Sépharade et Fenêtres de Manhattan : ses phrases à rallonges, son rythme enchanteur, ses descriptions à la fois scrupuleuses et nostalgiques, ses retours en arrière, généraient une ambiance à la fois grouillante et intime, unique.

On retrouve tous ces éléments dans Dans la grande nuit des temps, énorme roman de 750 pages écrites serrées. J'en suis à la page 250, et comme depuis 50 page je me demande en soupirant si je ne vais pas arrêter, je vais en rester là, bien qu'à regret, car certains passages sont fort beaux. Mais ouvrir un livre et ne plus savoir si ce passage a déjà été lu ou  non , cela a un petit côté « écrire pour écrire » qui me lasse et me décourage

Ces 250 pages décrivent Ignazio Abel, qui monte dans un train et fuit l’ Espagne de 1936. Architecte de renom qui a réussi grâce à son opiniâtreté, mais aussi aux relations de la riche famille de sa femme, bientôt quinquagénaire, il avait cru devoir admettre le semi-échec de sa vie sentimentale auprès d'une épouse pour laquelle il n'éprouve plus qu'une tendresse fade et distante, au point d'en avoir oublié ses premiers émois. Il va être sorti de cet engourdissement tranquille par Judith, une jeune Américaine qui lui révèle que ses sens, son affectivité et son intellect méritent mieux. À la page 250 où je m'arrête donc, on en est encore là, aux premiers jours de cette nouvelle liaison, avec un sacré parfum de déjà avoir lu cette histoire mille et mille fois.

On aurait pu croire que le style si particulier de Munoz Molina aurait sauvé l'histoire, mais on se trouve finalement dans la même apathie sans affecte que le héros, dans la même lassitude découragée, pas vraiment offensée, mais totalement démotivée. L'idée annoncée par le 4e de couverture que « l'intime rencontre l'Histoire » était aussi une piste tentante, mais pour le moment, « l’Histoire » se limite à cette date de 1936, et une idée très vague de persécution puis de fuite d'Ignazio.

Munoz Molina serait-il meilleur dans des essais  descriptifs brefs que dans un roman-fleuve ambitieux ? Sans doute n’aimé-je pas  assez le style pour m'attacher à ce récit d'une minutie qui rejoint pour moi l'indigeste : aussi je ne voudrais décourager personne tant j'ai l'impression que pour certains tout au contraire le style de Molina pourrait être un cocon moelleux ou se lover, se complaire et ressentir d'étranges émotions envoûtantes.

(commentaire récupéré)


mots-clés : #exil #famille #guerredespagne
par topocl
le Sam 7 Jan - 9:59
 
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Sujet: Antonio Muñoz Molina
Réponses: 12
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Jean Anouilh

Tag exil sur Des Choses à lire - Page 3 41wdoi10

Médée
(Nouvelles pièces noires)

Et ton cas est réglé pour toujours, Médée ! C'est un beau nom pourtant, il n'aura été qu’à toi seule dans ce monde. Orgueilleuse ! Emporte celle-là dans le petit coin sombre où tu caches tes joies : il n'y aura pas d'autre Médée, jamais, sur cette terre. Les mères n'appelleront jamais plus leurs filles de ce nom. Tu seras seule, jusqu'au bout des temps, comme en cette minute.



Antigone et Médée, ce sont comme deux sœurs, chacune son visage, sa personnalité, mais une espèce de pacte commun qui les lie par derrière. Antigone c’est la pure, Médée la sauvage. Toutes deux éprises d’ absolu, promises à un destin tragique.

Médée et Jason, c'est encore la lutte entre la folie et la raison. Un amour fou des années partagé, traînant le poids des ignominies commises en son nom, et un beau jour, les destins qui se séparent : Médée qui ne veut pas renoncer, et Jason qui choisi le chemin de Créon, le chemin des concessions, construire non plus détruire, vivre et non plus dévorer. La passion perdue est le prix à payer. Pas beaucoup de remords, on en aurait sans doute aimé un peu plus…

Et puis il y a toujours la nourrice et le garde, qui s'en foutent, qui ne demandent qu’un peu de pain le matin, et un air frais à respirer…


(commentaire rapatrié)

mots-clés : #amour #contemythe #exil #politique #théâtre #trahison
par topocl
le Dim 4 Déc - 9:24
 
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Sujet: Jean Anouilh
Réponses: 18
Vues: 685

W.G. Sebald

W.G. Sebald (1944 - 2001)

Tag exil sur Des Choses à lire - Page 3 Sebald10

W. G. Sebald, né Winfried Georg Maximilian Sebald le 18 mai 1944 à Wertach en Allemagne et mort le 14 décembre 2001 près de Norwich, dans le Norfolk, en Angleterre, est un écrivain et essayiste allemand.
Sebald a fréquenté à partir de 1954 l'école de Oberstdorf et y a passé le baccalauréat en 1963. Après deux années d'études de littérature à l'université de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), il obtient une licence ès lettres en 1966 à l'université de Fribourg (Suisse). De 1966 à 1969, Sebald a été conférencier à l'université de Manchester. Après une année d'enseignement à Saint-Gall (Suisse), il a enseigné ensuite à partir de 1970 à l'université d'East Anglia (UEA) à Norwich. Il était professeur depuis 1984.

Sebald a haï son prénom Winfried Georg et le qualifiait de « prénom vraiment nazi » ; il préférait s'appeler lui-même "Bill" ou "Max". Son père, sous-officier, est entré juste avant la guerre dans la Wehrmacht et a connu sa mère à l'époque des préparatifs de l'attaque de la Pologne en 1939. C'est pourquoi, selon Sebald, on pouvait le considérer comme un « produit du fascisme ».

Durant sa jeunesse Sebald était horripilé par le silence de la génération de son père sur les évènements de la guerre et sur le manque d'intérêt de la littérature et de la société allemande en général pour la destruction de l'Allemagne par les bombardements alliés de la fin de la guerre.

Parallèlement à sa carrière universitaire, il a poursuivi à partir de la fin des années 1980 une œuvre littéraire, qui a suscité une grande attention avant tout en Grande-Bretagne, aux États-Unis (où Susan Sontag s'est beaucoup engagée en sa faveur) et en France. Sebald a même été pressenti comme candidat sérieux au prix Nobel de littérature. Depuis le milieu des années 1990, la critique littéraire allemande lui accorde également son attention.

Dans ses travaux, Sebald s'est consacré surtout aux étrangers, aux émigrés qui, comme lui, quittent leur pays et tentent une nouvelle orientation. Ses récits, de tonalité très mélancolique, sont toujours accompagnés de photos. Cette forme d'écriture mixte se retrouve aussi dans sa poésie et ses textes critiques. Sebald s'est beaucoup consacré à l'étude de la littérature allemande en Grande-Bretagne et à l'introduction de la littérature de langue allemande dans les pays anglophones.

Il est mort en 2001 d'un accident cardiaque au volant de sa voiture. (wikipedia)


Bibliographie

- Vertiges : Page 1
- Les émigrants : quatre récits illustrés : Page 1
- Les anneaux de Saturne
- De la destruction comme élément de l'histoire naturelle, essai
- Séjours à la campagne : Page 2
- Austerlitz : Page 1, 2 + Lecture commune : clic
- D'après nature : poème élémentaire : Page 2
- Campo Santo: Page 2
- Ombres errantes. Aux limbes de la Création
- Vue cavalière de la Corse
- La Description du malheur. À propos de la littérature autrichienne
- Nul encore n'a dit, avec des lithos
- L'Archéologie de la mémoire : Conversations avec W.G. Sebald : Page 1

màj le 17/04/2018

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quelques mots sur les "Emigrants"


Tag exil sur Des Choses à lire - Page 3 Ymigra10

Sebald nous livre avec beaucoup de tendresse et de respect le vécu de 4 émigrants Allemands. Tous ont emporté dans leur valise des souvenirs , occultés parfois durant des années mais qui ressurgissaient  à la faveur d’un paysage, d’un objet, d’un rêve.  Ils ont éprouvés le besoin d’un jour les délivrer à une oreille attentive et amicale.

Ces hommes  avaient reconstruit leur vie dans des pays étrangers et ma foi avec  une vie professionnelle satisfaisante, mais vieillissants,  fragilisés par le poids trop douloureux  de certains souvenirs  se sont abandonnés au suicide ou  à la maladie.

C’est un voyage dans les souvenirs que nous conte Sebald, ceux de ces émigrants mais aussi les siens car il livre au lecteur son regard sur les hommes, les villes, sur l’Allemagne ; parfois lui-même sur la corde raide

« c'est cet appareil aussi pratique qu'étrange qui, par sa luminescence nocturne, son léger gazouillis le matin et sa simple présence pendant tout le reste de la journée, m'a raccroché à la vie à une époque où, étreint par un sentiment de délaissement pour moi incompréhensible, j'aurai très bien pu m'éloigner définitivement."

Le livre est précieux aussi par les photos incluses qui illustrent ses propos et tout particulièrement une  photo de Nabokov  à la chasse aux papillons,  chasseur de papillons que nous découvrons lors de plusieurs récits comme si les papillons étaient des souvenirs  capturés ou envolés.

L’écriture  a la qualité qui est accordée à l’un des personnage « d’une grande noblesse » !

"message rapatrié"




mots-clés : #exil
par Bédoulène
le Sam 3 Déc - 17:28
 
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Sujet: W.G. Sebald
Réponses: 35
Vues: 1887

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